Bonjour ! ^^

Me revoilà avec la suite !

Comme d'habitude, je remercie avant : Loulou0999, Eileen1976, Wessem Assbai, Diaenolys, Mileminia, Skinfaxi, Zeugma412, Alienor la Fantasque, Newyll, Manon, Rinku13, Acharn, Eladora, Noumea et Margaery30. C'est fou comme vos nombreuses reviews me chauffent le cœur à chaque fois ! O_O Vous êtes trop gentils ! Et moi je vous adore tant !

(La plupart des personnages appartiennent à JK Rowling. La structure de l'intrigue appartient au film "The Proposal".)

Bonne lecture ! :)


Chapitre 6 ― Confession et proposition

De retour au chalet, en compagnie des autres, Hermione enleva avec soulagement ses lourdes bottes de ski et se débarrassa de son épaisse combinaison de neige. Une odeur forte de transpiration se répandit dans le vestibule. Une bonne douche leur ferait tous du bien.

― Alors ? s'enquit le père en s'avançant vers eux, une tasse fumante à la main. Vous avez eu du plaisir ?

― Oui, beaucoup, répondit joyeusement la mère, la frange mouillée de sueur. Le temps était agréable, on a fait plusieurs fois la piste des experts.

― Tu aurais dû voir Severus, se moqua le grand-père en tapotant l'épaule de Rogue. C'était la première fois qu'il skiait et jamais je n'avais autant ri.

Rogue, toujours aussi échevelé, s'éloigna du grand-père en grommelant. Le père regarda alors sa fille.

― Et toi ? Tu t'es amusée aussi ?

Hermione ne répondit pas, encore furieuse contre lui. Lorsque la mère le remarqua, elle perdit sa jovialité et adressa à son mari une mine de reproche.

― Qu'est-ce que ça signifie ? lui demanda-t-elle.

― Rien..., marmonna le père avant de s'éloigner vers la cuisine.

― Comment ça, rien ?

Aussitôt, comme s'ils redoutèrent une tempête, Rogue et le grand-père quittèrent le vestibule et disparurent au salon. Hermione s'apprêta à les suivre, quand Pattenrond surgit à ses pieds en la saluant d'un miaulement. Pendant qu'elle se penchait pour le caresser, elle entendit sa mère exploser de colère dans la cuisine :

― Déjà que notre fille ne vient pas souvent nous rendre visite, il faut en plus que tu t'arranges pour qu'on la voie encore plus rarement ! Tu fais exprès ou quoi ? Je n'ai pas envie qu'on se retrouve tous seuls à cause de toi ! On n'a qu'une fille, bon sang ! Alors, tu vas accepter tout de suite son mariage, comme ses projets de carrière dans son monde, et te réconcilier avec elle !

Sans vouloir en entendre plus, Hermione prit Pattenrond dans ses bras, traversa le salon la tête basse et courut s'enfermer dans sa chambre. Là, elle déposa son chat sur son lit, se saisit de la chaise de chevet qu'elle coinça en angle sous la poignée pour éviter toute intrusion et alluma la chaîne stéréo qui trônait sur la commode, près de la valise de Rogue. Une chanson yéyé s'éleva dans la pièce. Hermione monta le volume et entreprit de se déshabiller en vue de prendre une douche.

Ses parents allaient la rendre folle. Pourquoi fallait-il que ce soit si compliqué ? Ne pouvaient-ils pas simplement la laisser tranquille ? Elle était consciente de devoir les visiter plus souvent. Elle le voulait bien, mais avec la vie mouvementée qu'elle avait toujours menée depuis ses onze ans, rien n'avait jamais été facile. Ils devraient comprendre.

Une fois toute nue, elle examina un instant son reflet dans le grand miroir sur pied, à travers les autocollants en chapeaux pointus collés partout. Elle caressa sa joue, là où Viktor Krum lui avait plaqué un baiser, puis effleura ses lèvres, là où Rogue l'avait embrassée la veille. Un infime frisson lui remonta dans l'échine. Elle grimaça, puis fit volte-face et se dirigea vers la salle de bain.

Lorsqu'elle ouvrit la porte, ce qu'elle vit la figea sur place...

Rogue sortait de la douche, tout nu, les cheveux trempés, le corps ruisselant.

Aaaaaaaaaargh ! hurla-t-elle dans un violent soubresaut.

Rogue s'empara aussitôt d'une serviette et la plaqua sur son bas-ventre. Tout aussi précipitamment, Hermione se cacha la poitrine d'un bras et son sexe de l'autre main.

― Mais qu'est-ce que vous faites là ? s'écria-t-elle, perturbée, tandis que les feulements affolés de Pattenrond se mêlaient à la musique forte.

― Je prenais une douche, qu'est-ce que vous croyez ? répondit Rogue, furieux. Et vous, qu'est-ce que vous faites là ?

― C'est ma chambre ! Vous auriez dû m'avertir que vous y étiez !

― Je n'étais pas discret ! L'eau coulait dans la douche !

― Je n'entendais rien à cause de la musique !

― Eh bien, c'est votre problème !

La serviette toujours pressée sur son intimité, Rogue s'avança vers Hermione qui se plaqua le dos dans l'encadrement de la porte pour le laisser passer. Il s'arrêta alors devant elle, intimidant, le nez à quelques centimètres du sien. En silence, il lui balaya rapidement le corps du regard, en s'attardant sur les endroits qu'elle cachait derrière ses mains, puis il poursuivit son chemin dans la chambre, en plantant derrière lui une Hermione bouillonnante de gêne.

― Bonne douche ! souhaita-t-il froidement.

Puis il trébucha contre Pattenrond qui venait de se faufiler à toute vitesse entre ses jambes. Dans un grand bruit, il tomba par terre en perdant sa serviette. Hermione sursauta à nouveau en fermant les yeux.

― Ah non, mais pourquoi je suis forcée à voir ça ! gémit-elle.

À l'aveuglette, elle se dépêcha de refermer la porte. De l'autre côté, les cris enragés de Rogue jurèrent avec la chanson yéyé qui se poursuivait dans ses derniers refrains.

.

La nuit tombée, après un dîner plutôt silencieux dans une atmosphère de malaise, Rogue rouvrit sa valise et se saisit de sa baguette. Cette fois, lorsqu'il fit réapparaître le lit au pied de l'autre, Hermione ne protesta pas. Elle alla enfiler son pyjama en silence dans la salle de bain, puis revint se coucher sous ses couvertures, les yeux fixés sur le plafond obscur.

Après un long moment, Rogue émit un petit rire sarcastique.

― Face à face..., murmura-t-il. Complètement nus...

― Je ne veux pas parler de ça ! coupa sèchement Hermione.

― Ah non ? railla-t-il. Ça vous gêne tant que ça ?

― J'ai dit que je ne voulais pas parler de ça ! Changez de sujet !

― D'accord... Qu'est-ce qui se passe avec votre père ? Votre mère et vous n'avez pas cessé de lui lancer des regards noirs pendant le dîner.

Hermione claqua la langue avec agacement.

― Je ne veux pas parler de ça non plus !

― Mais il le faudra bien, puisqu'on est censé tout savoir l'un de l'autre.

― Je m'en fiche ! Je ne veux pas parler de ça ! De toute façon, vous gardez vous-même un tas de secrets sur votre vie privée. Je ne vois pas pourquoi je ne pourrais pas me taire sur certains sujets moi aussi !

Le silence retomba dans la pénombre de la chambre. Pattenrond ronronnait bruyamment, couché en boule sur le deuxième oreiller du lit. Ruminant des pensées amères, Hermione ferma les paupières et se força à les tenir closes, mais sans succès. Pendant qu'elle cherchait encore le sommeil, Rogue reprit alors dans le noir, dans un chuchotement résigné :

― Mon père était violent, humiliant et... avare. Je me doutais déjà qu'il se gardait une petite fortune juste pour lui, mais jamais je ne m'étais attendu à un montant d'argent aussi conséquent. Et dire qu'il aurait pu, s'il l'avait voulu, nous éviter, à ma mère et moi, cette maudite vie de misère.

Hermione ouvrit grand les yeux, surprise qu'il décide soudain de se confier.

― Durant toute mon enfance, je n'avais que de vieux vêtements trop grands à porter, qui ont vite fait de moi la risée de l'école, poursuivit Rogue d'un ton machinal. Ma mère s'abstenait de dire le moindre mot contre mon père. Soumise comme quatre, elle se pliait à ses exigences et à ses idées excentriques sans jamais protester. Il la battait souvent... et chaque fois, je me sauvais de la maison pour éviter d'endurer ses cris... Heureusement que... que Lily était là pour moi... Lily savait me réconforter mieux que quiconque... sa présence seule m'emplissait de bonheur... J'étais amoureux d'elle...

Hermione sentit les larmes lui réchauffer le visage, émue.

― Vous ne parlez plus ? demanda Rogue.

― Je... je suis désolée..., souffla-t-elle.

― Ne le soyez pas trop. Malgré ma vie de misère et les moqueries que j'ai dû également subir à Poudlard, j'ai tout de même vécu de bons moments. Pour la première fois de ma vie, à douze ans, je faisais partie d'une bande d'amis... Bon, tous des cons, je l'avoue, mais ils me permettaient de rigoler un peu, malgré tout.

Hermione pouffa de rire.

― Vous ? Rigoler ? se moqua-t-elle gentiment. C'est drôle, je ne vous imagine pas.

― Mais si ! Je rigolais ! Comme la fois, par exemple, où j'avais caché un doxy particulièrement velu dans le sac de Rosier parce qu'il s'était moqué de Lily. Vous auriez dû voir sa tête. Il a hurlé dans toute la classe. À l'époque, le professeur de défense contre les forces du Mal s'appelait Goldstein. Il lui a collé une retenue d'une semaine en raison de tout le tumulte qu'il avait provoqué. Bien sûr, Rosier n'a jamais su que j'étais le coupable, comme Mulciber n'a jamais su non plus que j'étais à l'origine de cette histoire de sourcils mystérieusement rasés un matin. C'était amusant. Après, on se moquait de lui en disant que sa colère ne pouvait être prise au sérieux, puisqu'il ne possédait plus de sourcils à froncer.

Hermione s'esclaffa.

― Vous vous amusiez souvent à faire des mauvais coups, comme ça, à vos amis ?

― Chaque fois qu'on se moquait de Lily. Mon meilleur mauvais coup a été ce jour où j'ai fait boire un puissant philtre d'amour à Avery. Je n'avais jamais autant ri. Le pauvre, il courait partout dans les couloirs derrière un Pettigrow paniqué. Vraiment, ils me faisaient rigoler, mes amis, beaucoup... mais jamais sur le moment, quand ils se montraient méchants envers Lily...

Hermione sourit tendrement dans l'obscurité.

― Vous devez avoir aimé cette fille d'un amour fou...

― À la folie, oui... J'ai voué toute ma vie à Lily. Potter a dû vous raconter toute l'histoire. Je l'ai portée dans mon cœur, dans mon esprit, et d'autant plus depuis cette terrible tragédie où le Seigneur des Ténèbres l'a... Enfin, je ne sais plus si elle s'y trouve encore...

― Que voulez-vous dire... ?

― Je me sens abandonné... Après tous ces efforts acharnés, ma hargne, ma détermination à vouloir me venger de sa mort, c'est comme si elle... je sais, c'est idiot, mais... je la sens encore plus... morte qu'avant... et contrairement à ce que je m'étais attendu, je n'éprouve aucune satisfaction après avoir réussi ma mission... Que de la colère... Je n'arrive pas à me réjouir de la défaite du Seigneur des Ténèbres, si bien que d'entendre constamment parler de notre victoire me rend fou. Je ne me sens pas comme un vainqueur. Je me sens comme un minable... encore et toujours... Et de continuer de vivre à Poudlard, sans même Dumbledore, me devient une torture. Si je pouvais fuir, m'installer ailleurs, me reconstruire une nouvelle vie dans un nouveau décor, j'arriverais peut-être à... l'oublier... et à passer enfin à autre chose...

Rogue se tut durant quelques minutes, pendant qu'Hermione essuyait discrètement ses joues mouillées, puis il reprit dans un souffle presque inaudible :

― Je suis désolé de vous parler de ça... Je ne voulais pas vous ennuyer...

― Mais non, pas du tout. Je comprends maintenant pourquoi vous vous montrez si... sombre, en classe... Je ne savais pas que la mort de Lily vous torturait encore autant... J'espère que... la fortune vous aidera à... changer de vie, comme vous dites... et à passer à autre chose...

― Je l'espère, moi aussi...

Le silence se réinstalla entre eux, accompagné du ronronnement de Pattenrond, et cette fois, aucun des deux n'osa le briser. Hermione fixa longtemps le plafond, avant de s'endormir enfin dans un sommeil parsemé de neige et de vagues baisers.

.

Le lendemain matin, des coups frappés à la porte les réveillèrent en sursaut.

― Petit déjeuner ! annonça joyeusement la mère de l'autre côté.

Hermione se redressa dans son lit, affolée, et pressa Rogue d'un signe de la main pour qu'il fasse vite disparaître son lit. À la hâte, il se jeta sur sa baguette sur la commode et s'exécuta. Une fois toute trace du deuxième matelas effacée, il s'élança vers Hermione en faisant fuir Pattenrond sur l'oreiller.

― Qu'est-ce qu'on fait ? chuchota-t-il.

― Il faut faire semblant d'avoir dormi en amoureux, vite, collez-vous !

Hermione l'invita à entrer sous les couvertures avec elle et Rogue s'installa rapidement en cuillère dans son dos, passant un bras autour de sa taille. Mais Hermione poussa un cri étouffé et s'éloigna aussitôt.

― C'est quoi cette bosse ? murmura-t-elle.

― Désolé, je n'y peux rien, le matin, c'est toujours comme ça !

― Chut ! Ça va ! Revenez vous coller...

Ils s'enlacèrent de nouveau avec maladresse, puis une fois le dos pressé contre le torse nu de Rogue, humant à plein nez son odeur de musc, Hermione cria en direction de la porte :

― C'est bon, tu peux entrer, maman !

La mère entra dans la chambre avec un plateau dans les mains, suivie de près par le père, au grand malaise d'Hermione. Au moins, ce dernier souriait, sans sembler lui chercher encore querelle.

― Bonjour, les amoureux, dit la mère en déposant sa charge près de la chaîne stéréo. Je vous apporte votre petit déjeuner. Wendell vous a cuisiné ses délicieuses pancakes aux pommes.

― Et à la cannelle, précisa le père, fièrement. J'espère que vous aimerez.

― Merci, papa, marmonna Hermione.

Tandis qu'elle surchauffait dans les bras de Rogue, elle attendit patiemment que ses parents ressortent de la chambre, mais au lieu, ils s'approchèrent au pied du lit en se tenant la main, le sourire accentué.

― Quoi ? demanda Hermione avec appréhension.

― Eh bien, commença le père. J'ai eu une idée fabuleuse ce matin.

― Oui, fantastique, ajouta la mère, les yeux pétillants.

― Et si nous célébrions le mariage ici, au chalet, demain, avec toute la famille ?

Le cœur d'Hermione chavira dans sa poitrine.

― Pas question, refusa Rogue, raidi subitement.

― Mais oui ! insista le père. Ici, dans notre monde, l'avantage serait que ton grand-père, Hermione, pourrait assister lui aussi à la célébration, ainsi que toute la famille au grand complet !

Hermione secoua la tête, scandalisée.

― Heu... n-non... je... je ne pense pas que...

― Vous échangerez vos alliances au sommet de la montagne ! retentit soudain la voix chevrotante du grand-père, surgi dans la chambre, rayonnant. Comme plusieurs l'ont fait dans la famille ! C'est une tradition ! Du haut des pistes de ski, la vue est magnifique !

― Allez, Hermione, dis oui ! pria la mère, sautillant comme une petite fille.

― Je souhaite plus que tout au monde d'assister à ton mariage, ma fille, enchérit le père. Entouré de toute la famille entière ! Réunie ! Pour cet évènement unique !

Hermione se mordit la lèvre, hésitante. Elle les observa tour à tour, avec leur expression de bonheur, puis elle soupira avec résignation.

― Bon, d'accord...

Les parents et le grand-père poussèrent simultanément des exclamations de joie.

― Oh, ma chérie, c'est merveilleux ! s'enthousiasma la mère, pleurant presque d'euphorie.

― Vous ne le regretterez pas, promit le père, souriant. Merci à vous deux d'accepter ma proposition.

― Il n'y a pas de quoi, répondit Rogue d'une voix étouffée entre ses dents serrées. J'ai toujours rêvé de me marier en dégringolant une montagne...

La mère vint embrasser sa fille, puis tous quittèrent enfin la chambre en refermant la porte.

Dès le calme retombé, Hermione renversa la tête sur l'épaule de Rogue et expira profondément de découragement.

― Ce sera la catastrophe quand ils découvriront la vérité...

― Mais non, rassura Rogue en lui caressant le ventre. Ils ne sauront rien.

― Ma mère sera effondrée, mon grand-père va mourir d'une crise cardiaque et mon père... D'ailleurs, qu'est-ce qui lui prend ? Comme s'il s'intéressait vraiment à notre mariage ! Tu parles d'une façon hypocrite d'essayer de se réconcilier avec moi !

― Ne vous en faites pas, tout va bien se passer. Personne ne saura rien, personne ne mourra et on s'offrira un glorieux divorce dès que tout ça sera terminé !

Hermione ferma les yeux et se laissa réconforter par la main lourde qui lui frottait doucement le ventre. De petits courants électriques couraient sous sa peau. Le souffle de Rogue dans son cou la fit frissonner.

Tout à coup, elle eut envie qu'il pose sa bouche sur elle comme il l'avait embrassée le premier jour au chalet devant sa famille, dans ce tourbillon d'émotions ardentes...

Dans un sursaut de conscience retrouvée, elle rouvrit brusquement les yeux et chassa immédiatement de son esprit ce désir troublant. Mais à quoi était-elle en train de penser ?

Au même moment, Rogue retira vite sa main et s'écarta d'elle d'un air mal à l'aise.

― Voulez-vous du thé ? demanda-t-il.

― Oui, merci, répondit Hermione en repoussant ses cheveux ébouriffés derrière ses oreilles. Du thé, oui, ça serait bon.

Rogue se leva et se dirigea vers le plateau sur la commode.

― J'espère qu'il ne se cache pas de chocolat chaud là-dedans...

Hermione sourit nerveusement. Tandis qu'il se saisissait de la théière, elle contempla malgré elle les muscles de son torse nu et les fesses moulées dans le jeans noir. Elle déglutit. Le souvenir de Rogue sortant de la douche mouillé lui revenait en mémoire...

― Du lait ? demanda-t-il. Du sucre ?

― O-oui..., balbutia-t-elle en récupérant vite ses esprits. Oui, les deux, merci.

Rogue revint avec la tasse de thé qu'il lui tendit d'un air impassible.

― Voilà, dit-il de sa voix basse. J'espère que ça vous fera du bien.

Hermione se saisit de son thé et but une gorgée chaude avant de reposer la tasse fumante sur la table de chevet.

― Vous avez raison..., murmura-t-elle en hochant la tête. Tout se passera bien. Le divorce réglera tout après ça et personne ne découvrira jamais la vérité...

― Exactement, approuva Rogue qui s'assit auprès d'elle sur le bord du lit. Et en attendant, je vais prendre soin de ma précieuse femme pour éviter qu'elle ne me quitte pour un autre.

Hermione pouffa de rire.

― Ne t'inquiète pas, mon amour, répondit-elle en se prêtant au jeu. Nous sommes encore loin d'être rendus là.

― Vraiment ?

Il plongea alors un regard brûlant dans le sien qui n'avait soudain plus rien de sarcastique. Hermione cessa de sourire, envahie de nouveau par ces étranges bouffées de chaleur. Ils se fixèrent longuement en silence, le souffle coupé, puis Rogue baissa les yeux sur les lèvres d'Hermione en avançant lentement le menton, comme animé d'une soudaine pulsion. Mais il se figea brusquement en plein mouvement.

― Je vais faire un tour..., annonça-t-il d'une voix blanche.

― D'accord..., répondit lentement Hermione, le cœur battant la chamade.

Rogue se releva, attrapa son pull sur le dossier de la chaise, l'enfila et se dirigea vers la porte en ramassant ses chaussettes au passage.

― Attention aux loups, hein ? lança machinalement Hermione.

Rogue sortit sans se retourner ni répondre.

.

Hermione s'installa au salon devant la cheminée, Pattenrond couché en boule sur le tapis, et s'affaira à terminer un devoir de métamorphose. Mais sa concentration n'y était pas.

Par la fenêtre, elle observait Rogue marcher au loin dans la neige. Il ne cessait de se prendre la tête à deux mains, comme si quelque chose l'affligeait. Sans doute que le mariage le préoccupait. Sinon, elle ne voyait pas ce qui pourrait le tracasser. La vérité ne serait jamais dévoilée à qui que ce soit, puisqu'ils s'étaient bien entendus là-dessus. Dans quelques jours, il pourrait mettre la main sur la fortune de son père sans problème et elle pourrait reprendre ses études tranquillement. Tout allait bien.

― Qu'est-ce qui lui prend ? demanda le grand-père, qui s'avançait vers la fenêtre de sa démarche voûtée. C'est cette idée de célébrer le mariage ici qui le rend de si mauvaise humeur ?

― Hein, quoi ? dit Hermione avec surprise. Non, bien sûr que non ! Au contraire, il est très heureux de pouvoir célébrer notre union avec toute la famille.

― Une mauvaise nuit, dans ce cas ? songea le grand-père en caressant son menton rugueux de barbe naissante.

― Oui, sans doute...

Le grand-père émit un reniflement.

― Je vais dans ce cas lui remonter le moral...

― Non ! dit aussitôt Hermione, craintive. Non, ça va, il ne vaut pas la peine qu'on se dérange pour lui. Il va vite s'en remettre tout seul.

Mais le grand-père se dirigeait déjà vers le vestibule.

― Ne dis pas de conneries, Hermione chérie. Tout le monde a le droit d'être consolé. Je vais lui redonner sa bonne humeur, tu vas voir...

Il enfila son manteau de tweed, posa sur ses tempes sa paire de cache-oreilles velues, puis sortit dehors en tapotant sa poche. Hermione frissonna dans le vent gelé qui s'engouffra dans le salon.

― Pauvre Severus..., murmura-t-elle. Pourvu qu'il garde son sang-froid avec grand-papa...

Elle reporta son attention sur son devoir. Un peu plus tard, au moment où elle marquait le dernier point de son travail de métamorphose, sa mère surgit dans le salon avec son sac à main et son sourire étincelant.

― Devine ce qu'on fait aujourd'hui ! dit-elle d'un ton claironnant.

Hermione se méfia de la réponse.

― Tu n'as pas une petite idée ?

― Heu... Tu n'envisages pas une deuxième journée de ski, n'est-ce pas ?

― Absolument pas ! Le temps n'est plus du tout au ski ! On a un mariage à préparer pour demain ! Tu viens avec moi en ville, Hermione, et ensemble on te trouvera la plus belle robe blanche de toutes les boutiques !


Merci d'avoir lu ! ^^

La suite, toujours la semaine prochaine sans faute !