Bonjour ! :D

Je suis heureuse aujourd'hui, parce que je viens de terminer la réécriture de mon roman original ! Ça fait longtemps que je travaille dessus ! Enfin, je le termine et j'espère que cette version-ci sera la bonne ! Je me croise les doigts pour que les éditeurs me prennent. x)

Bon, alors, je tiens encore à remercier tous ceux qui me motivent avec leurs compliments : Zeugma412, Manon, Noumea, Eladora, Rinku13, Mileminia, Alienor la Fantasque, Wessem Assbai, Orpheana, Lady Volderine, Diaenolys, Acharn, Eileen1976, Lexie49 et Petite Lucette. Je vous adore toujours. C'est grâce à vous si j'atteins mes rêves ! :')

(La plupart des personnages appartiennent à JK Rowling. La structure de l'intrigue appartient au film "The Proposal".)

Bonne lecture !


Chapitre 7 ― Remords

Hermione et sa mère passèrent toute la matinée à faire les magasins. Elles achetèrent quelques décorations pour le mariage, des fleurs, des confettis, des bonbons, et surtout, elles trouvèrent une magnifique robe d'hiver blanche, garnie d'un col de fourrure soyeuse. Devant le grand miroir de la boutique, Hermione contempla l'étoffe scintiller sur elle, comme des diamants liquides.

― Oh, chérie ! s'exclama la mère, éblouie derrière elle. Tu es ravissante !

Elle réajusta l'ornement d'argent à la ceinture et lissa la fourrure sur les épaules.

― Severus sera renversé en te voyant dans cette robe. Il te faudra aussi quelques bijoux, de belles bottes assorties, une coiffure... je connais une excellente coiffeuse qui fait des merveilles ! Tu es si belle, ma chérie. Et dire que tu vas te marier...

― Maman, ne pleure pas, d'accord ? implora Hermione, mal à l'aise, tandis que les yeux de sa mère se remplissaient de larmes.

― Mais ma chérie, comment voudrais-tu que je reste de marbre ? Mon bébé va se marier ! Il a trouvé l'amour ! Je suis si... émue ! Et tellement heureuse pour vous deux !

Le cœur d'Hermione se serra.

.

De retour au chalet, elles rentrèrent à l'intérieur les nombreux sacs en plastique emplis d'accessoires de mariage, qu'elles allèrent porter dans un coin de la chambre des parents.

― Il ne faut pas que Severus voie un seul bout de ta robe, Hermione, dit la mère, surexcitée. Ce sera une surprise.

Le père lisait un livre dans le salon, devant le feu de la cheminée. Hermione lui adressa un furtif sourire et entra dans sa chambre. Rogue n'était pas là.

― Papa, tu sais où est Severus ? demanda Hermione en revenant au salon.

― Il est encore dehors, ma chérie, répondit le père sans lever les yeux de son livre. Il est avec ton grand-père. Je les ai entendus rire, tout à l'heure, en passant près de la forêt.

― Ils sont encore dehors ? s'étonna Hermione. Depuis tout ce temps ? Et ils... riaient ? Severus aussi ?

― Mais va les rejoindre, ma chérie, et vois par toi-même.

Incrédule, Hermione renfila son manteau, ses bottines, son écharpe, son bonnet et ses gants et retourna dans le froid de l'hiver.

Plus elle approchait des arbres, plus elle discernait les voix de son grand-père et de Rogue. Son père avait raison, ils riaient. Et encore plus incroyable encore : ils chantaient !

― Aouiiigna han haaaan ! J'ai perdu ma deeeeent ! Je l'ai perduuuue avec mon soupeeeer !

Hermione était dépassée. Sans bruit, elle s'approcha de la petite clairière d'où les voix provenaient, se cacha derrière un large tronc de sapin et les observa avec des yeux écarquillés.

Le grand-père et Rogue étaient assis côte à côte sur un épais rondin enneigé et se partageaient une grosse flasque en acier. À en juger par leur teint rougi sous leur bonnet et les rires avinés qu'ils poussaient en tapotant le dos de l'autre, pliés en deux, ils étaient complètement ivres !

― Allez, Severus, chante-moi-la encore, veux-tu ? gloussa le grand-père d'une voix pâteuse. Tu as l'une de ces voix de baryton à couper le souffle !

― Je l'ai perduuuue avec mon soupeeeer ! chanta alors Rogue, dont le large sourire le rendait méconnaissable. Je ne voulais paaaas ! Je ne savais paaaaas !

― Je l'ai perduuuuue, gloup !

Gloup ! répéta Rogue, secoué de rires.

― Un peu comme çaaaaaa !

― Aouiiigna haaaaan ! terminèrent-ils en chœur, les bras écartés.

Ils s'esclaffèrent à nouveau.

― Mais où est-ce que vous avez ― hip ! ― appris cette chanson ? hoqueta Rogue.

― Oh, celle-là vient du ― hip ! ― Canada ! répondit le grand-père avant de reprendre une gorgée de la flasque. Dans mon jeune temps, j'avais un ― hip ! ― ami canadien qui venait me ― hip ! ― visiter. Et comme j'étais dentiste, il me chantait toujours ça ! Aouiiigna han haaaaan !

― Vous étiez dentiste aussi ?

― Mais oui ! C'est une tradition, la dentisterie, chez nous ! Aouiiigna han haaaaan ! Hip ! Dommage que ma petite Hermione n'a pas d'intérêt envers notre clinique. Mais je la pardonne. En revanche, elle nous a ― hip ! ― amené un sacré gendre amusant ! Tu veux que je te montre la danse qui va avec ça ?

Et sans attendre la réponse de Rogue, il l'attrapa par le bras et se leva en le hissant debout avec lui. Mais tous deux vacillèrent sur leurs jambes et manquèrent de piquer du nez. Rogue pouffa, penché en avant, cherchant son équilibre, imité par le grand-père, qui lui asséna une tape dans le dos. Rogue s'effondra alors dans la neige en riant plus fort.

Hermione s'esclaffa à son tour.

― Mais qu'est-ce que vous faites ? demanda-t-elle en sortant enfin de sa cachette.

Rogue se tut aussitôt, l'air éminemment gêné. Il se releva précipitamment et enleva la neige sur son jeans.

― Rien, répondit-il en s'évertuant visiblement à retrouver une dignité.

― Arrête, ne dis pas rien quand je viens de t'entendre chanter à tue-tête, railla Hermione. Aouiiigna han haaaan ! J'ai perdu ma deeeeent ! C'est vrai que tu possèdes une belle voix de baryton...

― Ne vous ― hip ! ― te moques pas de moi !

― Je ne savais pas que tu savais t'amuser, mon amour. Dommage, par contre, qu'on doive te soûler avant...

― Je ne suis pas soûl !

― Ah non ?

Espiègle, Hermione s'approcha de lui et le poussa légèrement d'une main. Rogue tituba en arrière et retomba à la renverse dans la neige. Le grand-père se remit à rire, la bouche grande ouverte.

― Comment oses-tu ? s'indigna Rogue, toutefois sans réelle menace dans le ton de sa voix. Attends que ― hip ! ― attends que je ― hip ! ― que je...

― Que tu me hoquettes à la figure ? se moqua Hermione tandis qu'il essayait tant bien que mal de se relever. Allez, rentrons, question de vous dégriser un peu...

Elle aida Rogue à se remettre sur ses pieds et l'entraîna avec elle sur le chemin du chalet.

― Hermione..., souffla Rogue, pendu à son bras, l'haleine empestant l'alcool. S'il vous plaît, dites-moi que vous n'avez rien vu ni rien entendu.

― Je n'ai rien vu ni rien entendu...

― C'est ce... whisky de Moldu... je ne pouvais pas prévoir les effets... Je ne suis pas habitué...

― Chut ! chuchota Hermione. Vous n'avez pas besoin de vous justifier. De toute façon, je viens de vous le dire : je n'ai rien vu ni rien entendu...

― Merci, Hermione, je... je vous apprécie beaucoup, vous savez...

Hermione se sentit devenir aussi rouge que le teint de Rogue. Elle détourna les yeux, émue, mais s'efforça de rester indifférente. On disait souvent n'importe quoi sous l'effet de l'alcool.

.

Rogue et le grand-père s'adonnèrent à une longue sieste après le déjeuner. Hermione se réinstalla au salon, en compagnie de ses parents, à travailler sur ses devoirs dès que sa mère cessait de parler du mariage.

Soudain, on cogna à la porte et la mère alla ouvrir en bondissant de joie. C'était Viktor Krum, à la grande lassitude d'Hermione.

― Herrr-mio-neû ! dit-il en s'avançant dans le salon, souriant. J'ai entendu parrrler du marrriage prrrévu pourrr demain ! Comment vont les prrréparrrations ? Tu as déjà envoyé tes invitations ?

― Je travaille là-dessus en ce moment, dit la mère en montrant la table basse croulant sous une montagne de cartes. Et évidemment, tu seras toi aussi invité. Oh, j'oubliais mes petits gâteaux dans le four ! Je prends de l'avance, vois-tu. Le mariage sera vite arrivé ! Je reviens...

Elle s'éloigna d'un pas stressé et disparut dans la cuisine.

― Tu peux venir m'aider, Wendell ? cria-t-elle. Il me reste encore d'autres gâteaux à préparer et je n'ai toujours pas fait le glaçage !

Le père soupira en déposant son livre et se leva sans dire un mot.

Une fois seul avec Hermione, Krum poussa un fauteuil près du sien et s'assit près d'elle.

― Eh bah, dit-il, les coudes appuyés sur ses cuisses. Tu dois trrravailler toi aussi beaucoup dans les prrréparrrations, non ?

― Non, pas vraiment, répondit Hermione, embêtée de devoir converser avec lui. J'aurais bien aimé, mais je ne peux pas. J'ai encore un tas de devoirs à remettre à la fin des vacances et si je veux passer mes ASPIC avec les meilleures notes possible...

― Ah, comprit Krum. Tes études passent encore en prrriorrrité, à ce que je rrremarrrque.

Un silence s'étira un moment entre eux, durant lequel Hermione put lire un paragraphe de plus dans son manuel des runes anciennes, puis Krum reprit :

― C'est drrrôle, jamais je n'aurrrais crrru que le prrrofesseurrr Rrrogue et toi tomberrriez un jour amourrreux. Pourrrtant, vous êtes si différrrents. Je me demande vrrraiment ce qu'il a de plus que moi...

― Viktor, je suis désolée, mais il faut vraiment que travaille sur mes devoirs...

Mais elle s'interrompit. Krum venait de lui toucher les lèvres du bout des doigts, les yeux soudain aussi flamboyants que les flammes du foyer.

― Je demanderrrais n'imporrrte quoi, Herrr-mio-neû, murmura-t-il, pourrr avoirrr un nouveau baiser de toi... du moins, un derrrnier...

Hermione déglutit.

À ce moment-là, un raclement de gorge s'éleva à l'entrée du salon et Krum retira aussitôt sa main. Rogue s'avança vers eux, la démarche menaçante. Son regard fut si glacial que Krum blêmit.

― Heu... Bonjourrr, prrrofesseurrr..., balbutia-t-il.

― Éloignez-vous de ma fiancée, voulez-vous ?

Krum se leva d'un bond, comme monté sur des ressorts.

― Oui, prrrofesseurrr, absolument...

Puis il se dirigea vers la porte en tremblant.

― Bonne soirrrée à vous deux...

Dès qu'il sortit du chalet, Rogue s'assit à la place que venait de quitter Krum et regarda Hermione avec colère.

― Merci, Severus, dit-elle d'un ton railleur. Ce petit jeu de fiancé jaloux a été très efficace...

― Vous éprouvez toujours des sentiments pour lui ? interrogea-t-il sèchement.

― Quoi ? s'étonna-t-elle. Absolument pas ! Entre lui et moi, ça n'a jamais été qu'un amour de passage. De toute façon, il n'a jamais été très... réfléchi comme gars. Il était plus physique... Enfin, je vous l'ai déjà dit, j'étais ennuyée de l'entendre tout le temps parler de Quidditch et...

― Et ces étincelles dans vos yeux ? interrompit-il. Quand il vous a parlé de vous embrasser, vous êtes devenue écarlate !

― Mais je ne suis pas devenue... !

Elle s'arrêta, bouche bée, puis elle plissa les yeux d'un air scrutateur.

― Attendez... Vous êtes en train de me dire que ce n'est pas de la comédie... ? Vous êtes réellement jaloux... ?

― Je ne suis pas jaloux ! protesta Rogue.

― Ah non ? Alors, c'est quoi, ce comportement ?

Rogue ouvrit la bouche, la referma, puis l'ouvrit de nouveau, comme s'il cherchait ses mots. Enfin, il lança à voix basse :

― Si vous flirtez sans cesse avec lui, comment voulez-vous qu'on prenne notre mariage au sérieux ? Des rumeurs vont commencer à circuler sur nous.

― Ah bon..., dit Hermione en hochant lentement la tête, toujours incrédule. D'accord... sauf que je ne flirte pas avec lui, monsieur-le-fiancé-possessif, c'est lui qui me harcelle !

― Il est déjà parti ? demanda soudain la mère.

Elle venait d'apparaître à la porte de la cuisine, tenant à la main une assiette avec un petit gâteau.

― Dommage, je voulais lui en faire goûter un, pour avoir son avis.

― Ce n'est pas grave, je vais le goûter, moi, dit le père en surgissant derrière elle.

Il enfourna le petit gâteau dans sa bouche et la mère poussa une exclamation de fausse indignation.

― Espèce de goinfre ! Tu en as déjà mangé trois ! Si ça continue, il n'en restera plus pour le mariage !

― Ce n'est pas de ma faute si tu cuisines trop bien ! Ma femme est une déesse de petits gâteaux !

― Grand fou !

Ils se chatouillèrent en riant, puis finirent par s'embrasser contre le mur. Hermione détourna les yeux, gênée.

Le grand-père arriva alors dans le salon, échevelé, le dos voûté dans sa robe de chambre, et scanda joyeusement :

― Je suis en pleine forme ! Le whisky a toujours eu ce don de renforcer mes vieux os, pas toi, Severus ?

― J'ai un peu mal à la tête..., avoua Rogue en se frottant la nuque.

― Viens-là, j'ai quelque chose pour toi.

Il lui fit signe d'approcher. Lorsque Rogue obtempéra, le grand-père sortit de derrière son dos un vieux chapeau démodé qu'il lui posa sur la tête. Rogue grimaça.

― C'est quoi, ça ? demanda-t-il.

― C'est le haut-de-forme de mon costume d'antan. Tu vas porter ça lors du mariage.

― Ah non ! s'affola Rogue. Je ne vais pas porter ce vieux cache-pot !

― C'est la tradition ! coupa le grand-père d'un ton catégorique. Tu porteras la redingote aussi !

Rogue lança un regard désespéré à Hermione qui pouffa dans sa main.

― Il sera époustouflant, commenta la mère, les doigts croisés sous son menton.

― Il faudrait par contre raccommoder le trou derrière le pantalon du costume, intervint le père d'un air incertain. Je me rappelle, à mon mariage, tout le monde s'était moqué de la couleur de mon caleçon...

Hermione s'étouffa de rire de plus belle. Rogue pâlit davantage.

― Franchement, c'est très gentil, mais..., commença-t-il en enlevant le chapeau, mais le grand-père l'interrompit.

― C'est la tradition, j'ai dit ! Au fait, j'ai aussi un cadeau pour toi...

Il plongea alors la main dans la poche de sa robe de chambre et en sortit une ancienne montre à gousset en or, qu'il tendit à Rogue avec un sourire.

― Cette montre fait partie de la famille depuis des générations. Et comme je ne vivrai pas éternellement, c'est à toi qu'elle revient.

― Non merci, refusa Rogue. C'est trop pour moi...

― J'insiste ! Tu fais partie de la famille, maintenant !

Le grand-père reprit son chapeau et lui fourra la montre dans la main.

― Voilà ! dit-il avec émotions, les yeux brillants. Au meilleur futur mari au monde ! Je suis convaincu que ma petite-fille n'aurait pas pu trouver mieux !

Tout à coup, Rogue sembla avoir de la difficulté à respirer. Hermione remarqua sa poitrine se soulever sous son pull au rythme d'un souffle précipité. On aurait dit qu'il luttait maintenant contre les larmes. Brusquement, il se retourna, enfila vite son manteau dans le vestibule et sortit dehors en faisant claquer la porte.

Le grand-père resta perplexe.

― Mais qu'est-ce qui lui prend ? demanda le père, tout aussi étonné.

Hermione se leva de son fauteuil, déposa son manuel des runes anciennes parmi les cartes d'invitation sur la table basse et se dirigea à son tour vers le vestibule.

― Excusez-nous, dit-elle avant d'empoigner son manteau.

.

― Severus ! Severus !

Rogue s'enfonçait dans la forêt d'un pas énergique, écartant les branches basses des sapins sur son passage. Hermione peinait à le rattraper. Avec la neige accumulée au bout de ses bottines, elle trébuchait sans cesse dans les profondes ornières qu'il traçait dans son sillage.

― Severus, arrêtez-vous, tout de suite, et expliquez-moi ce qui se passe !

― J'ignorais ce que c'était, une vraie famille ! hurla-t-il dans le vent sans se retourner. Tout ce que j'ai connu, moi, c'est un père agressif et une mère ignorante ! Je n'avais aucune idée de ce que c'était que d'avoir des parents qui apportent le petit déjeuner au lit, qui savent aimer, qui demandent de venir les voir plus souvent et qui offrent des cadeaux ! Vous avez une chance énorme ! Et moi, je viens tout foutre le bordel !

― Mais non, j'étais d'accord ! protesta Hermione, ébranlée. Severus, mais de quoi êtes-vous en train de parler ? Et arrêtez-vous, bon sang !

Elle bondit en avant et s'agrippa à son manteau de cuir. Rogue fit volte-face et la regarda droit dans les yeux.

― Vous rendez-vous compte à quel point votre famille vous adore ? demanda-t-il d'un ton brusque.

― Mais... oui, mais...

― Et vous allez quand même leur infliger ça ?

― Mais ils n'en sauront rien !

― Imaginez ce qui se passera quand votre grand-père apprendra la vérité...

― Vous l'avez dit vous-même, personne ne découvrira rien !

Mais Rogue ne l'écoutait pas, comme momentanément devenu fou, les yeux exorbités derrière les mèches de ses cheveux.

― Il va mourir d'une crise cardiaque ! glapit-il en lui serrant les bras. Hermione, il sera complètement démoli ! Comme votre mère, comme votre père, comme... comme...

― Mais comme personne ! Vous n'avez quand même pas l'intention de parler ? s'affola Hermione à son tour. Severus, on ne dira rien ! Ils ne sauront rien ! On était tous les deux d'accord sur cette idée ! Maintenant, j'aimerais bien qu'on cesse de se disputer là-dessus, d'accord ? D'accord ?

Rogue regarda par-dessus l'épaule d'Hermione, le visage soudain figé en une expression d'effroi.

― Quoi ? appréhenda Hermione.

― Surtout, ne paniquez pas..., conseilla-t-il.

Hermione se retourna lentement, retenant son souffle, puis son sang se glaça dans ses veines. Une meute de loups, la gueule hérissée de crocs, les entourait. Avec un couinement terrifié, elle recula dans les bras de Rogue.

― Vous n'auriez pas, par hasard, encore une baguette sur vous ? demanda-t-il.

Hermione gémit en secouant la tête. Rogue étouffa un juron.

― Bon... alors, ne bougeons plus, suggéra-t-il en la resserrant contre lui. Si nous n'apparaissons pas trop agressifs, ils partiront peut-être d'eux-mêmes.

Mais les loups continuèrent à les fixer en émettant de sourds grognements, la bave dégoulinant dans la neige.

― Ils... ils ne partent pas..., fit remarquer Hermione, tremblante.

― Non, je sais..., souffla Rogue, tout aussi effrayé. Nom de Merlin...

Brusquement, l'un d'entre eux se rua sur Hermione qui poussa un hurlement. De justesse, Rogue lui asséna un violent coup de pied au museau pour le faire reculer. Mais les autres redoublèrent de fureur.

― Et là, qu'est-ce qu'on fait ? paniqua Hermione, la respiration courte.

― Je ne sais pas, haleta Rogue. Je n'ai jamais appris à me battre à mains nues contre des loups ! Attention !

Dans un même mouvement, la meute fonça sur eux et les gueules baveuses claquèrent dans l'air. Hermione se projeta dans la neige pour les éviter. Un bruit de déchirure retentit près de son oreille. Un loup tirait sur le capuchon de son manteau, tandis qu'un autre s'emparait d'une de ses bottines.

Gémissant de terreur, Hermione se débattit. Après s'être libérée d'un coup de pied, elle allongea ensuite la main vers un buisson proche, et avec la branche qu'elle cassa rapidement, elle frappa le deuxième loup sur elle.

Pendant ce temps-là, Rogue se battait à coups de poing au milieu de la meute. Hermione se releva à la hâte, le cœur battant. Au moment où Rogue s'effondrait au sol sous les loups qui s'apprêtèrent à lui lacérer le visage, elle s'élança, la branche brandie, et cogna sur les fourrures de toutes ses forces. Après plusieurs violents coups reçus partout, la meute s'enfuit enfin au loin en glapissant.

― Severus ! Severus !

Secouée de tremblements, Hermione relâcha la branche et se laissa tomber dans la neige auprès de lui.

― Je vais bien, rassura-t-il en se redressant, le manteau déchiré à plusieurs endroits. Rien de grave. Un coup de baguette et tout sera réparé. Et vous ? Ça va ?

― Oui... je vais bien...

Ils s'enlacèrent avec vigueur.

― Oh, Severus, j'ai tellement eu peur..., sanglota-t-elle, le visage enfoui au creux de son épaule. J'ai eu peur pour... pour toi...

― Moi aussi... j'ai eu peur... pour toi...

Puis il lui faufila les doigts dans les cheveux et lui pressa les lèvres contre la tempe. Hermione ferma les yeux. Jamais elle ne s'était sentie aussi bien dans les bras d'un homme.


Merci encore une fois d'avoir lu ! :)