Bonjour ! ^^

Prêts pour la grande finale ?

D'abord, encore et toujours, je dois remercier tous ceux qui ont pris le temps de commenter le chapitre précédent : Love the Original Family, Loulou0999, Eladora, Manon, Noumea, Mileminia, Zeugma412, Rinku13, Nekozuni, Alienor la Fantasque, Acharn, Margaery30, Eileen1976, Diaenolys et Orpheana. Un infini merci à vous tous ! :)

(La plupart des personnages appartiennent à JK Rowling. La structure de l'intrigue appartient au film "The Proposal".)

Bonne lecture !


Chapitre 9 ― La demande officielle

Lorsque Hermione sortit dehors, la foule d'invités revenait de la montagne dans ce même tumulte perturbé. La mère se rua sur sa fille et l'arrêta en pleine course.

― Qu'est-ce qui se passe ? demanda-t-elle.

― Je dois lui parler, expliqua Hermione, haletante. Il est sûrement dans le bus, en ce moment, et si j'arrive à le rattraper avant qu'il transplane depuis le terminus...

― Tu n'iras nulle part ! s'écria le père qui surgit devant elle, en colère. Tu as conscience de tout ce que tu as provoqué ? Regarde tes invités !

― Je dois y aller tout de suite avant qu'il retourne à Poudlard !

― Pas question !

Le père empoigna le bras d'Hermione et l'entraîna de force vers le chalet.

― Tu as commis amplement de bêtises pour le reste de ta vie ! Tu vas rentrer tout de suite et réfléchir !

― Mais j'ai déjà réfléchi, je veux le retrouver !

― Cet homme n'est qu'une sale crapule ! Dès le début, je savais que ce type n'était pas net !

― Il n'a rien d'une crapule, papa, lâche-moi !

― Ça suffit ! glapit le grand-père dans la foule autour d'eux, les mains plaquées sur ses cache-oreilles. Non, ça suffit, arrêtez ! Ça suffit !

Puis il crispa les doigts sur sa poitrine, les yeux exorbités, et s'écroula dans la neige.

Nooooon ! s'horrifia Hermione.

― Nom de dieu, il fait une crise cardiaque ! paniqua le père en s'élançant aussitôt vers le grand-père. Vite ! Appelez une ambulance !

La mère éclata en pleurs. Les invités autour poussèrent des exclamations affolées. Hermione eut le réflexe d'aller immédiatement chercher sa baguette magique laissée dans sa chambre, mais elle se rendit compte que parmi toutes les formules de secours qu'elle avait apprises, aucune n'agissait contre les crises cardiaques.

Elle s'effondra de terreur. Son grand-père allait mourir à cause d'elle. Tout était sa faute. Elle n'aurait pas dû laisser de telles émotions fortes l'emporter.

.

L'ambulance filait à toute allure dans les chemins de montagne, en direction de la ville. À l'arrière du véhicule, Hermione, encore vêtue de sa robe de mariée, et ses parents étaient regroupés autour du grand-père. Ce dernier était étendu sur une civière, un masque à oxygène sur le nez.

― C'est horrible, répétait sans cesse la mère, les larmes aux yeux. Si horrible...

― Il va s'en sortir, rassura le père en lui tapotant le dos. Il est fort, il va s'en sortir...

Hermione étouffa un sanglot, serrant la main inerte de son grand-père.

― Je m'excuse, grand-papa... je m'excuse... Je ne voulais pas... S'il te plaît, ne pars pas...

Le grand-père ouvrit les paupières, puis, d'un geste tremblant, enleva son masque.

― Non ! dit le père en essayant de l'en empêcher.

Mais le grand-père lui agrippa le poignet et le regarda droit dans les yeux, la respiration sifflante.

― Wendell..., souffla-t-il avec difficulté. S'il te plaît... je ne supporte plus de te voir te battre sans arrêt avec Hermione... Nous sommes une... une famille... nous ne devons pas toujours nous disputer...

― Je... je suis désolé...

― Promets-moi, Wendell..., continua le grand-père. Avant que je meure... promets-moi qu'à l'avenir, tu approuveras les décisions de ta fille, même si tu n'es pas toujours d'accord avec elle...

― Mais... je...

Promets-moi !

― D'accord, je... je le promets..., balbutia le père.

Le grand-père tourna alors ses yeux à moitié fermés vers Hermione et referma les doigts sur les siens.

― Hermione..., murmura-t-il. Ma petite-fille... je t'en prie, promets-moi de venir plus souvent visiter ta famille...

― Je le promets, répondit Hermione d'une voix brisée. Je te le promets, grand-papa, je te le promets.

― Merci beaucoup... maintenant, je peux tranquillement monter au ciel, le cœur léger...

Et il referma les yeux.

Éclatée en sanglots, la mère s'empressa de réinstaller le masque à oxygène sur sa bouche et tous les trois se recueillirent autour de la civière dans un silence de mort.

Hermione ne pouvait pas croire que son grand-père partait déjà. Il avait raison, elle aurait dû faire plus d'efforts au courant de sa vie pour venir visiter sa famille plus souvent. Maintenant, elle perdait son grand-père avec l'impression de n'avoir passé que si peu de temps en sa compagnie. Mais qu'avait-elle fait ?

Soudain, le grand-père arracha le masque à oxygène et se redressa brusquement sur la civière, à la grande stupéfaction de tout le monde.

― Bon, eh bien, j'imagine que le paradis sera pour un autre jour, déclara-t-il tout naturellement. Je vais déjà mieux.

― Quoi ? s'exclama le père.

― Mais qu'est-ce que... ? s'étonna la mère, déboussolée.

Le grand-père se tourna vers le chauffeur et lui cria :

― Changement de programme ! Rendez-vous plutôt au terminus d'autobus ! À pleins gaz ! Allumez la sirène !

― Attends, tu veux dire que tout ça n'était que de la comédie ? comprit le père, tandis qu'Hermione ouvrait la bouche sans parvenir à dire quoi que ce soit.

― Bah, c'est le seul moyen que j'ai pu trouver pour vous réconcilier et rattraper au plus vite ce professeur.

― Mais tu es fou ?

― Tu m'as fait une de ces peurs ! s'exclama la mère, une main sur le cœur.

Le grand-père sourit en leur dévoilant ses gencives édentées et adressa un clin d'œil à Hermione.

― On va le rattraper, tu vas voir. Pleins gaz, j'ai dit ! cria-t-il vers le chauffeur.

― Mais c'est quoi ce délire ? demanda ce dernier.

― Tu n'as pas à comprendre ! Obéie, c'est tout ! Après, je te promets tout un pourboire !

Le chauffeur alluma alors la sirène, accéléra et fonça dans la ville, en direction du terminus. La secousse projeta tout le monde en bas de leur banquette. Hermione se redressa en se hissant sur le bord de la civière et regarda par les fenêtres des portes arrière. Les voitures se jetaient de justesse dans l'accotement pour laisser passer l'ambulance.

En moins de cinq minutes, ils arrivèrent au terminus, au moment exact où l'autobus laissait descendre ses passagers. Le père s'empressa d'ouvrir les portes arrière. Hermione ramassa sa grande robe autour d'elle, sauta sur le marchepied et s'élança sur le trottoir.

Parmi la foule qui déferlait devant elle, Rogue apparut de dos au bout du trottoir, enveloppé de son manteau de cuir, tandis qu'il s'éloignait à grands pas avec sa valise.

― Severus ! cria Hermione en se précipitant vers lui.

Les gens lui jetèrent des regards intrigués, mais elle resta concentrée sur Rogue qui ne s'était pas retourné.

― Severus ! hurla-t-elle à nouveau. Severus, attends !

Elle se déplaçait du mieux qu'elle pouvait, mais la foule était si dense et sa robe si encombrante qu'elle en éprouvait de la difficulté. Et à travers les vrombissements des voitures, Rogue ne l'entendait toujours pas.

― Severus, non ! Arrête-toi ! Severus ! Severus !

Mais c'était inutile. Rogue tourna un coin de rue, et lorsque Hermione s'y dirigea à son tour, il avait déjà transplané. Elle resta alors sur place, déconfite, et saisie d'un sentiment de ridicule dans sa robe de mariée.

Le grand-père et les parents la rejoignirent en courant.

― Alors ? s'enquit la mère, craintive.

― Il est parti, répondit tristement Hermione.

Le père se frappa le front en poussant un juron.

― Mais c'est injuste ! se désola le grand-père, haletant. Tu n'as même pas eu le temps de le lui dire ?

― Non..., souffla Hermione.

― Lui dire quoi ? demanda le père.

― Mais qu'elle l'aime ! répondit la mère sur un ton d'évidence.

― Et comme ça, Severus aurait pu lui dire en retour qu'il l'aime aussi, expliqua le grand-père.

Le père resta perplexe.

― Comment ça, ils s'aiment... ? Depuis quand ? Je croyais que tout ça était des mensonges. Ils s'aiment vraiment... ?

La mère roula les yeux d'un air las.

― Mais oui, ils s'aiment ! Sinon, Severus ne serait pas reparti !

― Ce n'est pas du tout clair ! s'agaça le père.

― Laisse tomber..., soupira le grand-père, découragé.

Hermione demeurait immobile sur le trottoir, à fixer l'endroit où avait disparu Rogue. Il était sans doute retourné à Poudlard. Si elle voulait continuer à le poursuivre, elle n'avait qu'à transplaner à son tour devant la grille du portail. Mais avec son grand-père qui ignorait tout de la magie, elle n'osait pas se le permettre. Elle ferait mieux d'attendre le lendemain et terminer d'abord son week-end avec sa famille. Parce que la famille était aussi importante...

Une main réconfortante lui serra l'épaule.

― Je suis désolé, ma fille, dit le père avec douceur. J'ignorais ce que tu ressentais pour lui...

Hermione se retourna et l'enlaça.

― Ce n'est pas grave, papa..., murmura-t-elle.

― Tu peux partir le rejoindre tout de suite à l'école, si tu veux.

― Non, je lui parlerai demain. Passons une dernière soirée ensemble...

.

Sous le ciel gris, les flocons tourbillonnaient dans le vent froid. Les toits pointus de Poudlard, recouverts d'épaisses couvertures de neige, ressemblaient à d'immenses cornets à glace.

Hermione s'avança vers la grande porte en chêne massif, ses bottines crissant sur la grande étendue blanche, et entra dans le hall, chaleureusement éclairé par la flamme des torches. Pattenrond miaulait d'impatience dans sa cage de voyage. Elle emprunta le grand escalier de marbre, parcourut les couloirs jusqu'au portrait de la grosse dame et entra dans la salle commune bondée.

― Hermione ! s'exclama Neville en se précipitant vers elle, avide. Alors ? Comment s'est passé ton week-end ?

― Plus tard, Neville, coupa Hermione. Je dois d'abord parler à Severus...

― Severus ? s'étonna Neville. Heu... Depuis quand l'appelles-tu Severus ?

Sans rien lui expliquer, Hermione poursuivit son chemin jusqu'à son dortoir, où elle libéra Pattenrond et vida ses poches de ses nombreuses valises rapetissées magiquement pour avoir pu les transporter plus facilement, puis après s'être débarrassée de son manteau, son bonnet et ses gants, elle redescendit dans la salle commune.

― Sérieusement, Hermione, tu dois m'expliquer, insista Neville en la suivant dans le couloir. Est-ce que votre mariage est toujours prévu ? Ou alors tu as réussi à suffisamment le faire suer pour qu'il y renonce ?

― Plus tard, j'ai dit ! s'agaça Hermione.

Neville se tut, mais continua à la suivre, tandis qu'elle se dirigeait vers les cachots.

Son cœur battait à cent à l'heure. Elle ignorait encore ce qu'elle lui dirait exactement, mais elle refusait de le laisser fuir, pas après toute cette aventure passée ensemble.

Dans l'atmosphère humide et froide des cachots, elle le vit enfin : Severus Rogue surgissait à un coin de mur et marchait rapidement dans le couloir, l'air morose, sa légendaire cape aux effluves de moisi voltigeant derrière lui. Hermione sentit Neville frissonner à côté d'elle.

― Hermione ? s'étonna Rogue en s'immobilisant.

Puis il aperçut Neville et se reprit aussitôt en replaçant sur son visage son masque d'impassibilité :

― Miss Granger ! Déjà de retour ?

― Je veux vous parler, déclara Hermione à brûle-pourpoint.

― Vraiment ? Eh bien, je n'ai pas le temps ! répliqua-t-il avec froideur. Comme je suis toujours professeur à Poudlard, et que je dois y rester encore longtemps pour y gagner ma vie, j'ai des travaux de cornichons à corriger, des leçons insipides à préparer, des potions à...

― La ferme, Severus !

Neville s'étrangla de stupeur. Il recula d'un bond, comme s'il redoutait maintenant une horrible tempête de fureur de la part de Rogue. Mais ce dernier demeura calme et froid.

― Pardon ? dit-il d'une voix très basse.

― J'ai quelque chose à dire, alors tu vas te taire et m'écouter jusqu'au bout !

Rogue sembla hésiter entre la curiosité et l'envie de lui coller une baffe.

― D'accord, murmura-t-il en se croisant les bras d'un air de défi. Allez-y...

Hermione prit une profonde respiration.

― Il y a encore trois jours, je te haïssais. Je rêvais que tu t'empoisonnais avec l'une de tes potions ou que tu te faisais piétiner par un hippogriffe...

― C'est très flatteur, merci beaucoup, railla Rogue.

― Je t'ai dit de te la fermer !

Rogue roula les yeux d'un air agacé.

― Je te haïssais ! reprit Hermione d'une voix tremblotante. Et puis il nous est arrivé ce week-end au chalet et les choses ont changé. Tout a changé quand on... on s'est embrassés... quand tu m'as parlé de ton enfance... quand tu m'as regardée pendant qu'on était nus, tous les deux...

Neville poussa une nouvelle exclamation de stupéfaction et Rogue rougit violemment.

― Ce n'est pas ce que vous croyez, Londubat !

― Mais j'ai compris mes sentiments uniquement quand tu m'as abandonnée au sommet de la montagne, poursuivit Hermione sans porter attention à leur embarras. Je me suis sentie si... déçue d'apprendre que l'homme que j'aimais retournait à sa vie de torture d'avant, à son travail qu'il déteste, dans ce décor qu'il ne peut plus supporter, parce qu'il n'a pas les moyens de s'en sortir sans cet argent que lui doit son père avare.

Elle marqua une pause, le temps de ravaler quelques larmes, puis déclara enfin, d'une voix brisée :

― Alors, Severus... épouse-moi ! S'il te plaît, épouse-moi, Severus, je... j'ai envie que tu passes à autre chose... et que tu sois heureux... avec moi...

Neville, qui s'était appuyé contre le mur, comme pour ne pas s'évanouir, les regarda tour à tour d'un air dépassé, les yeux écarquillés. Rogue n'était pas moins bouleversé. Le regard brillant, il déglutit, puis il secoua la tête, effrayé.

― Crois-moi, tu ne veux pas vraiment m'épouser...

― Si, je le veux !

― Non ! Si je n'ai jamais vécu avec une femme, c'est parce qu'il y a une raison. Je ne suis pas fait pour le mariage. En fait, le plus simple pour nous deux serait d'oublier tout ça et de reprendre nos vies normalement chacun de notre côté.

Hermione émit un petit rire triste.

― Tu as raison..., dit-elle en s'approchant de lui. Ce serait plus simple...

À présent face à face, leurs nez à quelques centimètres de distances, ils se fixèrent avec une intensité croissante. Rogue respira plus vite, le teint plus rougi que jamais, les yeux s'emplissant de larmes. Enfin, à bout de souffle, il articula presque silencieusement :

― J'ai peur...

Hermione sourit avec douceur.

― Moi aussi...

Et elle passa la main dans ses cheveux encore soyeux, l'attira contre elle et s'empara de ses lèvres dans un baiser éperdu. Rogue éclata en sanglots en refermant ses bras autour d'elle. Il s'embrassèrent à pleine bouche, frissonnant l'un contre l'autre, envahis de passion l'un pour l'autre.

― Attends, je ne comprends rien, là ! intervint Neville, complètement perdu. Quand tu disais, Hermione, que tu avais d'autres plans en tête au lieu de dévoiler tout de suite la vérité à Gringotts... Eh bien, c'est ça ton jeu amusant ? Transformer la chauve-souris en humain doté de sentiments ?

Sans se relâcher, Hermione et Rogue rompirent le baiser et sourient.

― En fait, dit Rogue d'un air espiègle. Tu n'es pas censée t'agenouiller ?

Hermione éclata de rire.

― Je vais prendre ça pour un oui.

Et ils s'embrassèrent à nouveau, indifférents à l'ahurissement de Neville, indifférents à tout ce qui les entourait, y compris le temps et la suite des choses. Tout ce qui comptait à présent était leur amour plus que sincère.


Merci d'avoir lu ! ^^

J'espère que cette finale vous a plu.

Mais ce n'est pas tout à fait terminé. Je vous réserve un épilogue pour la semaine prochaine. ;)

Gros bisous !