Disclaimer : Supernatural ne m'appartient pas, Teen Wolf ne m'appartient pas, et une grosse idée du scénario a été piquée au jeu « Beyond Two Souls » donc Spoiler Alerte sur ce jeu !

SupersBêtas : TheCrasy, Erika Keysie, Voidonce *Pleindecœurssurvosfaces*

Note Générale de l'auteuse : *Arrive essoufflée* ça y est ! Le voilà, et pour vous rassurer plus d'attente pour les deux derniers chapitres, car ils sont déjà corrigés ! Enfin… Plus d'attente… Tout sera posté avant début novembre. Après ça je me concentre sur une fanfic que je vais écrire à l'occasion de NaNoWriMo \o/

Pour ceux qui ne connaissent pas, c'est le mois national d'écriture de roman (National Novel Writing Month), c'est un projet d'écriture créative dans lequel chaque participant tente d'écrire un roman (ou là une fanfiction) de 50 000 mots en un seul mois. Donc voilà je vais me jeter dans le grand bain avec une histoire sur la colonisation de l'Amérique. Ça fait peur dit comme ça. J'en dis plus sur ma page Facebook (du même nom que celui que j'ai ici). Maintenant je me tais et je vous souhaite une bonne lecture !

[Chapitre 4]

Une fois que les Winchester étaient rentrés au motel, il avait fallu à peine deux heures pour qu'ils reçoivent un SMS de Scott McCall, le véritable Alpha de la meute de Beacon Hills. Le loup les avait contactés dès que le Shérif avait fini son boulot de médiateur. Comme John l'avait deviné, il avait tout de suite accepté de travailler avec eux. Cette confiance avait d'ailleurs beaucoup dérangé Dean, mais il n'avait pas eu son mot à dire lorsque le lendemain, ils avaient pris la route pour Eichen House vers vingt-deux heures comme indiqué dans le message.

Sam et Dean pouvaient se vanter d'avoir vu beaucoup d'endroit glauque dans leur vie. Des lieux qui vous donnaient la chair de poule, rien qu'en posant les yeux sur la bâtisse. Cependant ils devaient avouer que cet hôpital psychiatrique battait tous les records. Il y avait véritablement quelque chose de malsain dans ses lieux et ça ne plaisait ni aux Winchester pur souche, ni à Stiles.

L'immeuble était sombre et il y régnait une humidité permanente qui alourdissait horriblement l'ambiance. Stiles, lui, voyait les choses différemment grâce à S, en plus de cette lourdeur, il pouvait voir les nombreuses âmes en perditions ici. Il se demanda si Castiel pourrait faire quelque chose pour eux, mais avant qu'il ne pose la question à Dean, une Chevrolet Camaro flambant neuve, se gara non loin d'eux.

— Hé bien, alpha ça paye bien comme boulot apparemment.

— Tu sais qu'il peut t'entendre Dean ?

— Et alors ?

Stiles haussa les épaules, après tout c'était sa gorge qu'il mettait en jeu en provoquant un alpha, qui leur avait été décrit comme étant le plus puissant de sa génération.

Les vitres teintées les obligèrent à attendre que l'occupant se décide à bien vouloir sortir pour enfin l'apercevoir. Et ce fut la surprise qui teinta les traits de Dean lorsqu'il vit Derek sortir du côté conducteur. Il n'avait pas prévu de devoir supporter ce loup-là.

Cependant sa surprise n'était rien comparée à celle qui le prit lorsqu'il vit l'alpha. Enfin, pouvait-on appeler alpha un jeune homme pas plus âgé que Stiles ? Et ils voulaient leur faire croire que cela faisait quatre ans que ce type était le véritable alpha de cette ville ? Non rien n'y faisait, Dean n'y croyait pas.

La mâchoire de travers et un sourire idiot sur le visage, le jeune homme ressemblait plus à un adolescent qu'à un puissant loup-garou. Ce fait permit à Dean de desserrer sa prise sur son arme. Il trouvait beaucoup plus utiles de se méfier de Derek qui souriait à Stiles comme s'il avait attendu de le revoir toute la journée. Yeurk, il pourrait bien trouver une excuse pour tester sa résistance à la douleur ? Malheureusement, la voix juvénile de l'alpha l'arrêta dans sa planification. Il tendit la main au plus grand des Winchester avant de se présenter.

— Salut, moi c'est Scott McCall.

Stiles et Sam se gardèrent de montrer leur surprise contrairement à Dean qui serrait à son tour la main du jeune homme.

— Scott McCall, le puissant et véritable alpha est un ado ? Vous vous foutez de moi ?

Ledit ado ne sembla pas se vexer pour un sous et sourit encore plus en serrant la main de Stiles. Sans doute avec un peu trop d'enthousiasme pour les phalanges de l'humain.

— Oh vous savez, ma petite amie dit toujours que l'habit ne fait pas le moine. Et je suis plus âgé que ce que j'ai l'air. Par contre Lydia m'a dit de ne pas espérer ressembler à un Alpha un jour. Enfin c'est pas grave, Derek est là pour les sceptiques. Je suis désolé de mon retard, ma moto est tombée en panne, du coup j'ai dû prévenir Derek au dernier moment. Et puis comme vous vous êtes déjà vu, vous serez sûrement plus à l'aise avec lui.

— Plus à l'aise… avec lui ? Dean grimaça montrant qu'il n'était pas convaincu.

La remarque fit sourire Scott alors que Stiles levait les yeux au ciel face à la réaction puérile de Dean. Finalement ce fut Sam qui se chargea de les présenter et Stiles pu reporter son attention sur l'alpha. Il le voyait comme il avait toujours vu les loups avec S : à savoir que lorsqu'il se concentrait il pouvait voir sa forme lupine se superposer à son visage, mais cette forme était plus humaine qu'animal. Concentré sur lui, il vit sans mal la moue triste traverser son visage lorsqu'il mentionna encore Lydia dans la conversation. Se détachant de la vue de S, Stiles les coupa.

— Et si on y allait ?

Sam acquiesça et proposa à l'alpha de leur faire un topo en même temps. Scott leva les yeux vers lui, éloignant les questions sur sa taille, et hocha la tête. Finalement l'alpha et le géant ouvrirent la marche.

Évidemment, le portail de fer forgé s'ouvrit dans un grincement morbide qui fit frissonner les moins téméraires du groupe (nous ne citerons aucun nom). Puis Dean suivit le duo de tête pour écouter ce que cet alpha avait à dire. Stiles quant à lui resta un peu en retrait pour attendre Derek, mais sans être trop loin pour ne rien louper de la conversation qui se déroulait devant eux.

— Comment se fait-il que tu nous aies demandé de venir aussi tard, les visites ne devraient plus être autorisées ? questionna Dean.

— C'est un lieu… particulier, vous comprendrez vite. Ça fait une semaine que Lydia est ici, on a essayé de la faire revenir à elle comme on a pu, j'ai même essayé de lui prendre ses souvenirs…

Scott marqua une pause en sortant ses griffes pour les montrer à Sam qui ne tressailli pas, et le chasseur l'écouta expliquer le procédé qui retire les souvenirs. Par contre derrière, Stiles vit Dean vérifier si son arme était bien là en regardant les griffes. Chuchotant pour ne pas être entendu, Derek, qui avait aussi remarqué le geste, se pencha vers le plus jeune des chasseurs :

— Il est toujours comme ça ?

— Il a tendance à se méfier des surnaturels quels qu'ils soient. Il a eu des assez mauvaises expériences, et une éducation toute particulière, mais ne t'inquiète pas. Il sait reconnaître lorsqu'il peut faire confiance. Il met juste un peu de temps. Après tout, son meilleur ami était un vampire. Pour ne citer que lui.

Derek se tourna vers le jeune homme, véritablement surpris. Il n'aurait jamais imaginé ce Winchester être meilleur ami avec un être surnaturel, mais alors avec un suceur de sang. Même lui n'aurait pas voulu.

Plutôt que poser des questions sur la vie de l'aîné des Winchester, Derek regarda le jeune homme qui écoutait Scott parler de la meute. Son visage était constellé de grains de beautés et quelque chose dans son visage laissait imaginer qu'il devait être magnifique si un véritable sourire le traversait. À cet instant c'était le visage d'un jeune homme qui avait vu trop de chose que Derek pouvait apercevoir.

Le loup repensa à la culpabilité du jeune homme lorsqu'ils avaient parlé de sa mère la veille. Les émotions du jeune homme avaient fait écho à sa propre culpabilité face à la mort de sa famille. Seulement lui avait grandi depuis, il avait réussi à panser ses plaies. Et étrangement, voir ce jeune homme qu'il connaissait à peine, ressentir cette même souffrance, ça lui avait simplement donné envie de s'occuper de lui jusqu'à ce qu'il puisse à nouveau avancer. C'était la première fois qu'il ressentait ce besoin. Perdu dans ses pensées il ne remarqua pas que c'était le chasseur qui le regardait maintenant.

— J'ai fait des recherches avec les éléments que tu nous as donné.

Derek haussa les épaules alors qu'ils entraient dans le bâtiment qu'il ne connaissait que trop bien. Il se doutait que l'un d'eux le ferait, ils n'étaient pas des chasseurs pour rien. De plus, lui aussi avait fait des recherches sur eux. C'était quelque chose qui semblait normal dans leur monde.

Le hall était toujours aussi grand et insipide que lors de sa dernière visite. Et il y régnait toujours cette atmosphère qui vous donnait tout simplement envie de faire demi-tour. Tout le monde s'en accommoda alors que Scott saluait la personne à l'accueil. L'homme d'à peine une trentaine d'années le reconnu immédiatement et le salua sans un mot avant de leur indiquer la porte derrière lui.

Lorsqu'ils furent engagés dans un escalier qui descendait vers les sous-sols, Stiles décida de reprendre sa discussion avec Derek puisque les autres ne disaient plus rien.

— Je sais pour ta famille. Je suis désolé.

— Il ne faut pas l'être, tout était de ma faute.

— Je suis certain que non, rétorqua Stiles.

— Tout comme je suis certain que tu n'as pas tué ta mère.

Stiles grimaça à la réplique, il s'était fait avoir à son propre jeu.

Il savait que Derek avait raison, mais cela ne changeait rien à son ressenti, ou sa culpabilité. Baissant le regard, il put voir que loup de Derek marchait la tête haute au côté de sa partie humaine et il s'interrogea sur lui-même. Peut-être que tout le nœud de ses problèmes était là. S'il arrivait à se pardonner à lui-même, il pourrait penser à pardonner à son père. Et à ce moment-là il pourrait marcher la tête haute comme le loup. Malgré le poids de son passé. À cet instant, il ne pouvait qu'admirer la force le brun.

Rattrapant leur retard sur le reste du groupe, ils passèrent une première grille et ils continuèrent à avancer jusqu'à ce qui ressemblait à une porte blindée. Scott regarda la caméra dans l'angle et après une courte attente, le cliquetis du mécanisme se fit entendre. La porte s'ouvrit seule pour les laisser passer. Une fois tous de l'autre côté du couloir, la porte se referma dans un claquement morbide. Ils répétèrent l'action quelques mètres plus loin avec une seconde porte blindée avant d'arriver dans le cœur de l'hôpital.

Devant eux le couloir semblait ne pas avoir de fin, sans doute à cause du manque d'éclairage. Sur leur droite, des dizaines de cellules se succédaient, parfois avec des portes métalliques comme celle qu'ils avaient traversées, d'où il sortait toute sorte de hurlement. Parfois avec des parois de verre qui laissait voir les occupants.

Ce fut en passant devant une jeune fille de son âge qui avait les cheveux crépus que Stiles réalisa quelque chose : il aurait pu finir ici. Si son père n'avait pas eu le numéro de John Winchester, grâce à un ancien collègue qui avait eu un problème surnaturel, il serait en ce moment derrière une de ses portes. Réalisant cela, il comprit qu'il avait peut-être était trop dur avec son père. Un tout nouveau genre de culpabilité étreignit Stiles, il aurait aimé ne jamais la connaître. Ce sentiment était étrangement beaucoup trop douloureux.

N'y tenant plus, Derek attrapa le poignet de Stiles pour le serrer doucement dans un geste réconfort silencieux. Il avait senti l'odeur de Stiles changer au fur et à mesure qu'ils avançaient, et autant il aurait pu laisser n'importe qui avec ses sentiments, autant cela avait été plus fort que lui de soutenir cet humain.

Stiles ne fit aucun commentaire, profitant du réconfort offert, mais une voix bien connu pour Derek les ramena sur terre.

— Oh, tout ce monde rien que pour moi ? C'est mon anniversaire ? Désolé, j'ai du mal à suivre les dates ici.

L'homme derrière un mur vitré eut un sourire froid et machiavélique, il n'y avait pas d'autre mots. Stiles se concentra sur l'homme quelque seconde et fut surpris de voir un loup prostré dans le fond de la cellule. Il ne le voyait pas aussi bien que celui de Derek, mais sa forme était vraiment différente de tous les autres. Plus homme-bête qu'un véritable animal, il était véritablement immense et semblait pourtant affreusement faible. Ce qui contrastait avec l'assurance de l'homme qui reprit la parole.

— Mon cher neveu, tu te décides enfin à ramener quelqu'un à la maison ? Et tiens, voilà qui est étonnant… Encore un chasseur. Tu n'as rien appris la première fois.

Comme s'il avait reçu un coup, Derek lâcha la main qu'il n'avait pas eu conscience d'avoir gardé dans la sienne et il se mit à gronder contre l'homme qui l'avait appelé neveu.

— Je vois que vous avez pas qu'un seul problème par ici.

Le loup-garou enfermé se tourna vers Dean qui venait de prendre la parole et son sourire démoniaque se vit grandir.

— Oh ce ne sont pas n'importe quel chasseur en plus, les Winchester. Par contre je pensais qu'ils n'étaient que deux, ajouta-t-il en se tournant vers Stiles.

Le loup prit une grande inspiration pour le renifler à travers les ouvertures de la paroi. Lorsqu'il rouvrit les yeux qu'il avait fermés pour mieux sentir, ce ne fut que pour les voir s'éloigner sans un mot. Bien sûr, le loup ne se tut pas pour autant :

— C'était un honneur de vous rencontrer !

— C'était qui celui-là ?! questionna Dean, agacé qu'un quelqu'un qu'il ne connaissait ni-d'Adam ni d'Ève le reconnaisse (encore).

Scott se tourna et marcha à reculons quelques pas pour lui répondre.

— Peter Hale, c'est l'oncle de Derek. C'est… une longue histoire.

Personne n'ajouta rien, bien que Dean déplorât le fait de garder tous ses monstres en vie en les enfermant simplement. Il avait regardé assez de film de super héros pour savoir qu'une prison n'était jamais assez sûre pour garder les vilains à l'intérieur.

— On y est, annonça Scott.

Sans plus attendre, il leva le crochet de la porte étrangement peu sécurisée et la poussa doucement. Il se tourna vers les quatre autres avant de continuer.

— Je préférerais que seul Stiles entre.

— Va-y Stiles, acquiesça Sam, s'il y a un moindre problème tu n'auras qu'à nous envoyer S.

Le jeune homme hocha la tête, l'alpha avait raison, il ne servait à rien de tous s'entasser à l'intérieur. Et il entra sans plus attendre.

La pièce était capitonnée de blanc du sol au plafond, la seule source de couleur venait des cheveux roux flamboyants de la jeune femme.

Elle était assise à même le sol, au centre de la petite pièce carrée. Elle se balançait doucement, ses bras engoncés dans une camisole aussi banche que les murs et donnait l'impression d'être une enfant qui se faisait un câlin à elle-même pour se rassurer. Seulement la scène était beaucoup plus macabre avec son regard vide de vie.

Scott fut le premier à s'accroupir à ses côtés, très vite suivi par Stiles, intrigué par ce qu'il apercevait. Comme d'habitude, il voyait les deux formes de la personne surnaturelle, mais jamais il n'avait croisé quelqu'un comme elle. Son visage se mélangeait avec son autre forme jusqu'à lui faire oublier son véritable aspect. Elle avait les joues creuses qui lui donnait un aspect décharné. Et cette allure morbide était accentuée par sa mâchoire décrochée qui lui faisait ouvrir la bouche, comme si elle criait en permanence.

Stiles dut fermer les yeux plusieurs secondes pour essayer de mettre de côté cette perception de la jeune femme. Pour s'aider, il écouta Scott lui parler.

— Allison a pas pu venir aujourd'hui, mais j'ai ramené quelqu'un qui pourra peut-être t'aider. Il s'appelle Stiles Stilinski. C'est le fils du shérif. Celui que tu avais vu en photo sur son bureau, tu te souviens ? Tu avais entendu une voix ce jour-là.

La jeune femme pencha la tête, faisant tomber ses cheveux sur son épaule et son balancement hypnotique se stoppa pendant une seconde, avant de reprendre légèrement plus rapidement. Scott se tourna vers le jeune homme.

— Tu penses pouvoir l'aider ?

— Avec S je peux essayer en tout cas.

L'alpha hocha la tête, espérant de tout cœur que le jeune homme y arriverait. Toute la meute avait été choquée lorsqu'ils avaient compris que Lydia ne revenait pas de cet état. Ils avaient même craint que ce soit définitif. Finalement, l'arrivée des chasseurs et surtout de Stiles avait été reçus comme une bénédiction par tout le monde.

À ses côtés, l'alpha vit Stiles prendre le visage de la rousse en coupe avant de fermer les yeux. Le contact avait obligé la jeune femme d'arrêter son balancement, mais elle ne semblait pas plus troublée par le toucher. Stiles concentra toute son attention sur elle. Avec l'aide de S, il finit par réussir à se connecter à l'esprit de la jeune femme. Ce n'était pas quelque chose de douloureux physiquement, mais ce n'était jamais agréable pour aucun des protagonistes.

Maintenant, il pouvait voir tous ses souvenirs. Il voyait tout, son enfance avec sa Granny, son adolescence glorieuse, sa déchéance lorsque tout le monde l'avait prise pour une folle, le moment où elle s'était relevée, il voyait absolument tout. Et même si le film de sa vie passait en accéléré, Stiles avait l'impression d'en vivre chaque seconde pleinement, assimilant tout ce qu'elle avait vécu pour faire d'elle ce qu'elle était.

Il avait l'impression de violer sa vie privée, mais c'était le seul chemin qu'il connaissait pour aider la jeune femme. Et comme il l'avait prévu, il finit par arriver à la veille de l'explosion. Là, les souvenirs se transformèrent, passant d'une suite de souvenirs fluide à une succession d'images douloureuses autant pour le contenu que pour sa façon de s'incruster dans leur esprit.

Il eut d'abord la sensation de dormir, mais des flashs de morts l'en empêchaient et finalement il se leva. Enfin, Lydia se leva. Les flashs étaient toujours aussi percutants, mais la jeune femme se mit en marche, simplement. Accusant le coup des images sanglantes de façon stoïque. Les visions étaient de plus en plus nombreuses, de plus en plus sanglantes, voir apocalyptique. Et sans savoir comment, ils se retrouvèrent au lieu de l'explosion.

Le silence dominait ce lieu, seules les lumières aux fenêtres laissaient présager que des employés étaient présents. Plus aucune image sanglante n'apparaissait. Comme un répit bienvenu, Stiles oublia ce pourquoi il était là, seul S le maintenait conscient de ce qu'il faisait, quand sans prévenir, une explosion assourdissante retentit dans l'immeuble. La détonation avait fait exploser les fenêtres et des flammes se propageaient sous ses yeux à une vitesse fulgurante.

Le lieu si calme se remplit rapidement de cris. Pas des cris de personnes effrayées par l'explosion. Non des cris de peur à l'état pur, des cris qui laissaient paraître une terreur sans nom. Cependant, si Stiles avait pensé que les cris allaient réveiller le quartier, il n'en fut rien à côté de celui que poussa la jeune femme en pyjama à ses côtés.

Comme s'il avait vraiment été là, Stiles se boucha les oreilles en continuant de fixer l'immeuble qui brûlait. Quelque chose n'allait pas, et il comprit lorsqu'il les aperçut. Des entités difformes entièrement noires flottaient autour de personnes qui fuyaient. Les employés préféraient sauter par les fenêtres du sixième qu'affronter ces choses.

Ces Monstres, Stiles les connaissait.

Oubliant que ce qu'il voulait, c'était voir les souvenirs de la banshee, la vapeur s'inversa et sans même comprendre il se mit à partager tous ses souvenirs avec Lydia.

Il les connaissait trop bien. Toute sa vie, il en avait fait des cauchemars, revoyant sa mère projetée par l'un d'eux contre le mur de sa chambre d'enfant. Il revoyait S luter avec une hargne que lui-même ne connaîtra que bien plus tard. Puis il le revit le Monstre se faire happer par une faille, la faille par laquelle il était venu. Alors qu'il s'attendait à rester coincé dans ses souvenirs, un second cri le sortit de sa transe. Celui-ci était bien réel.

— Stiles !

Le cri s'était tu et ce fut la voix inquiète de Dean qui obligea Stiles à ouvrir les yeux. La première chose que fit Stiles fut de se tourner vers la jeune femme avec qui il avait partagé ses pires souvenirs.

Elle se tenait à ses côtés, clignant des yeux comme si elle reprenait ses esprits. La soutenant, Scott lui parlait doucement, s'assurant qu'elle était bien avec lui. Ce fut lorsqu'elle lui répondit sèchement qu'elle allait 'envoyer ses couilles en enfer s'il ne lui détachait pas cette camisole' qu'il fut enfin rassuré.

Alors qu'il les regardait toujours, Dean lui tendit un mouchoir qui détourna son attention.

— Tu as trop forcé Kiddo.

Prenant le tissu Stiles essuya le sang qu'il sentait couler de son nez ainsi que ses oreilles.

— Ils sont revenus Dean. Les Monstres, ils sont revenus.

Le plus vieux des Winchester le prit dans ses bras.

— On sait Kiddo, on t'a entendu.

Le jeune homme resserra ses bras sur celui qu'il considérait comme un frère alors qu'il sentait la grande main de Sam se poser sur son épaule. Il puisa toute la force possible à retirer de cette étreinte familiale. Car maintenant, ils allaient devoir fermer la brèche qui avait été ouverte.

[…]