Chapitre 8 : L'antre des Hale – Partie 2
C'était la première fois que Scott découvrait l'appartement de Peter et il n'était franchement pas déçu, même s'il était loin de se douter de trouver un endroit pareil. Le Hale vivait dans le luxe, tout était impeccable, rangé et nettoyé, chez lui. Pourtant, il doutait que Peter fasse les tâches ménagères. Se payait-il une femme de ménage ? Ou alors... Avait-il une compagne ? Non. Quelqu'un de la meute serait certainement au courant. Ou peut-être pas, en fait, après tout il était tellement mystérieux, on ne savait pratiquement rien de lui à part ce qu'il voulait bien laisser entrevoir.
Le loup-garou de naissance mit tranquillement son tourne-disque en route, laissant entendre une musique classique dont Scott ignorait totalement le nom, avant de se tourner vers lui avec un sourire.
« Un rafraîchissement ? » La demoiselle esquissa un petit sourire. C'est que le Hale était courtois et poli, mine de rien.
« Je veux bien, oui.
- J'ai du café.
- Ce sera parfait, mais pas très frais, du coup.
- Je peux faire un café frappé.
- Vous savez faire ça ?
- Évidemment, pour qui me prends-tu !
- Je veux goûter ça alors ! »
Ils s'échangèrent un regard, un sourire, avant que le plus vieux aille dans la cuisine pour lui préparer un café frappé. Il n'imaginait pas voir un jour Peter avec ce genre de comportement si... doux ? Il avait un il-ne-sait-quoi de charme et en ce moment il avait vraiment l'impression d'être avec un autre Peter que celui qu'il avait connu jusqu'à présent. Était-ce parce qu'il était une fille ? Ou alors l'avait-il mal jugé ? Peut-être aurait-il dû essayer de le comprendre avant de lui jeter la pierre, après tout, Peter n'avait pas eu une vie facile.
Scott s'installa sur le canapé tout en observant le lieu, ça paraissait si calme, si paisible... Il y avait comme une odeur à la fois sucré et relaxante, ça lui donnait presque envie de dormir. C'est peut-être ce qu'il aurait fait, si l'autre n'était pas revenu avec les boissons.
« Ça te plaît, ici ? » Adeline sourit.
« Oui, beaucoup.
- Personne de la meute n'est encore venu ici.
- Pourquoi ça ? » Le Hale haussa un peu les épaules avec un sourire un peu triste.
« Je ne fais pas vraiment partie de la meute, je n'ai pas de raison de partager quoique ce soit avec eux...
- Pourtant vous m'avez amené... » Peter esquissa un sourire en venant s'asseoir à ses côtés.
« Avec toi, c'est différent. Je ne saurais pas dire comment, pourquoi... mais je sens que le courant passe bien. Et tu ne me juges pas sur mes actions passés.
- C'est juste que... On ne devrait pas regarder le passé, mais simplement l'homme que vous êtes aujourd'hui. J'ai bien compris que vous n'étiez pas l'homme le plus sympathique du monde, mais vous n'êtes pas le diable non plus. Vous avez commis des erreurs, mais tout le monde a droit à une seconde chance, non ? »
La vérité ? Scott ne savait pas du tout ce qu'il était en train de fabriquer. Il sentait que c'était les mots que le plus vieux attendaient et ils étaient sortis, juste comme ça. Ça ne voulait pas dire qu'il ne le pensait pas, seulement il y a une marge entre le penser et le dire. Il fut surpris du regard tendre du Hale sur lui. C'était vraiment ce qu'il attendait. Pas forcément quelqu'un qui le comprenne, mais quelqu'un qui lui laisse une chance. Scott se sentait de plus en plus mal-à-l'aise quand au fait de lui mentir.
« Tu es vraiment différente... des filles de ton âge, et même des femmes en générales. Tu m'intrigues.
- Peter... Est-ce que vous êtes en train de me draguer ?
- Non. Bon, peut-être un peu. Je sais que nous sommes très différents, l'écart d'âge est assez important, nous sommes pas de la même meute, nous n'habitons pas la même ville... Mais oui, je l'avoue, tu m'intéresses. Est-ce que ça te dérange ? »
Si ça le dérangeait ? Bien sûr que ça le dérangeait ! Se faire draguer par le psychopathe du coin ! Celui qui l'avait mordu ! Qui l'avait rendu garou, alors qu'il n'avait rien demandé à personne ! Comment en aurait-il pu être autrement ?! Il n'y croyait pas d'ailleurs, comment lui, Scott McCall, ou plutôt elle, Adeline, pouvait-elle intéresser Peter ? C'était improbable.
« Non, c'est même loin de me déranger... »
Et il ne mentait même pas. Il se sentait comme hypnotisé par le regard gris du Hale, il aurait pu accepter n'importe quoi à ce moment-là. Il avait l'impression d'avoir attendu ce moment toute sa vie. Alors que ça n'avait jamais été dans ses intentions de terminer avec Peter. Peter ! Lui et Peter ? Couple improbable. Impossible. L'ancien alpha allait le tuer, à la seconde où il allait savoir que c'était Scott depuis le début. Il retomberait dans ses travers psychotique et ce serait sa faute.
Alors que son regard était fixé dans celui du plus vieux, leurs bouches étaient si proche qu'il pouvait sentir sa chaleur, sa respiration, et aussi étrange que cela puisse paraître, il en voulait plus. Son cœur commençait doucement à accélérait dans sa poitrine... puis, rata un battement.
Il prit soudainement conscience de la situation. Situation complètement absurde soit dit en passant. Il allait embrasser Peter. Lui ? Il allait embrasser Peter Hale ? Non non non. Ce n'était pas possible. Il se mit alors à paniquer et se redressa tout à coup. Peter le regarda, surpris de ce geste soudain.
« Heu... Je... je suis confuse... heu... je dois y aller. »
Ni une ni deux, Adeline prit la fuite et sortie en catastrophe de l'appartement, sans se retourner, sans écouter Peter qui l'appelait. Jamais Scott aurait imaginé une chose pareille. Peter avait des vues sur lui, mais pas lui Scott, lui Adeline, et encore pire, ils avaient été à deux doigts de s'embrasser ! Il se mit à courir dans les bois, tenant ses talons à la main pour ne pas les casser. Une fois suffisamment loin, il appela Stiles.
« Salut, problèmes.
- Ouais, gros problèmes.
- On se retrouve chez toi ?
- À tout de suite. »
Il se retrouvèrent donc chez Stiles, les deux étaient confus et assez partagés sur la situation.
« Derek m'a fait prendre conscience que j'étais amoureux de lui.
- Peter a essayé de m'embrasser et... j'aurais pas détesté.
- Oh putain... » Les deux filles s'étalèrent sur le lit, comme soudainement fatigués.
« Quand est-ce que notre vie est devenue un tel merdier ?
- Au choix, quand je me suis fais mordre ou quand on est devenu des filles... »
Finalement l'après-midi et la soirée passèrent alors qu'elles étaient restées chez Stiles à jouer et regarder des Dvds sans vraiment parler des problèmes.
Cependant, quand elles revinrent au loft le lendemain matin, elles furent surprise de trouver toute la meute – dont Peter – réunis, à faire une mine vraiment pas joyeuse.
« Qu'est-ce qu'il se passe ? Quelqu'un est mort ?
- Jackson part à Londres. »
Répondit simplement Derek, en essayant de rester le plus stoïque possible. Les deux filles se regardèrent. Elles avaient beau ne pas apprécier particulièrement Jackson, elles étaient quand même loin de souhaiter son départ.
