Chapitre 11 : Supercherie.
Cela faisait une semaine ! Une semaine depuis que les deux compères avaient retrouvés leur apparence d'homme. Une semaine que Peter n'avait plus montré le bout de son nez. Scott n'avait donc pas eu l'occasion de discuter avec lui, vu qu'il n'était pas non plus allé le voir.
"Scott..." Le brun haussa un sourcil vers son ami.
"Oui ?
- Tu comptes garder ça encore longtemps ?" Demanda Stiles tout en montrant ses ongles toujours recouvert de vernis à ongles.
"Ben... Ouais ? J'aime bien.
- T'es sérieux là ?
- Pourquoi ? Ça ne me va pas ?"
Stiles entrouvrit la bouche, cherchant un argument, une réponse, quelque chose... Mais rien ne vint. Que voulez-vous répondre à ça de toute manière ? Il secoua la tête d'un air amusé.
"Mais si, tu sais bien que tu es une bombasse." Échangeant un sourire avec son meilleur ami. "Et sinon, Peter ? Il faudrait peut-être que tu lui parles ?
- Pour lui dire quoi ?
- Je ne sais pas moi... Que ça ne change rien que vous soyez tous les deux des hommes ?
- Tu sais très bien qu'il n'y a pas que ça.
- Je sais... Mais je ne l'avais jamais vu aussi bien que depuis qu'il a rencontré "Adeline", ce serait dommage de gâcher ça, quand même...
- Hmm..." Scott pinça les lèvres, songeur. "Je passerais chez lui après les cours."
En vérité, il mourrait d'envie de le voir, mais il appréhendait un peu trop la réaction de Peter. Surtout qu'il réagissait très mal face à la panique. Mais il comprenait le choc de son ancien alpha. Découvrir que la fille que vous aimez est en fait un homme, le bêta qu'on a mordu et essayé de recruter de son côté... en vain. Scott savait que Peter allait finir par l'apprendre tôt ou tard, mais il préférait le plus tard possible. Et pas dans ces circonstances. Malheureusement, espérer ne suffit pas.
C'est ainsi qu'après les cours, comme il l'avait dit, il se rendit chez l'oncle de Derek. Fort heureusement, il connaissait son adresse à présent. Il était d'ailleurs le seul de la meute à la connaître, ce qui lui procurait un sentiment étrange de supériorité, comme si Peter partageait avec lui des choses qu'il ne partagerait avec personne d'autre. Avant de se rappeler que ce n'était pas avec lui, mais avec Adeline. Comment pouvait-il être jaloux de lui-même ? S'il commençait à avoir une dissociation de la personnalité, ça n'allait vraiment pas arranger ses affaires...
C'est en arrivant devant la porte de Peter Hale qu'il se tétanisa complètement. Quelle était la musique qui lui parvenait aux oreilles ? Pas le genre qu'écoutait habituellement Peter, il en était certain, plutôt le genre que Stiles écouterait. Il avait presque peur de comprendre les paroles et préférait entrer dans l'appartement, juste pour être sûr.
Peter était bien là, écroulé dans le canapé, la tête en arrière, les pieds posés sur la table basse – SA table tout droit importé d'Italie à laquelle il ne fallait absolument pas toucher -, des bouteilles d'alcool ça et là. Mais surtout... cette musique infernale qu'il avait apparemment mise en boucle.
"Supercherie, ma super-chérie était un homme en réalité.
Supercherie, ma super-chérie était un homme en réalité.
Elle faisait pipi debout. Elle ne parlait que de foot.
Ça ne me gênait pas du tout. Jusqu'à ce jour...
Supercherie, ma super-chérie était un homme en réalité.
Supercherie, ma super-chérie était un homme en réalité.
Elle distribuait des coups de boule. Le caca n'était pas tabou.
J'adorais ces cheveux courts, jusqu'à ce jour...
J'ai ses couilles sous la douche, j'ai vu son sexe en bleu-blanc-rouge.
Aucun doute sur ce coup, c'est mon épouseuuuh.
Ce sont des couilles sous la mousse du gel douche au pamplemousse.
Dis-moi tout mon amour, tell me the truth...
Ma super-chérie, c'est une supercherie.
Moi qui pensais que tu possédais un sexe féminin. [...]"
C'est à ce moment-là que Scott éteignit la musique, complètement abasourdi par la chanson, les paroles... Ce n'était vraiment, mais alors vraiment pas le genre du Hale d'écouter ce genre de musique. L'autre grogna de désapprobation au fait qu'il ait coupé la chanson avant la fin ! Scott fronça les sourcils et s'approcha de l'ancien alpha.
"Tu m'expliques ?" Le plus vieux haussa les épaules, accompagné d'un petit soupir.
"Expliquer quoi ?
- C'est quoi ce manège ? D'où tu sors cette chanson grotesque, et c'est quoi toutes ces bouteilles ? T'essaye de te saouler ?
- Oui.
- Au cas où tu l'aurais oublié, tu es un loup-garou, tu ne peux pas être saoul...
- C'est l'esprit qui joue, si je peux me persuader que je peux être saoul, je le serai...
- Non mais tu t'entends parler !? Franchement, c'est si horrible que ça de tomber amoureux d'un mec ?" Peter poussa un profond soupir.
"Non, ce n'est pas ça...
- Alors c'est quoi ? Quel est le problème ? C'est parce que c'est moi, c'est ça ? Je ne suis pas assez bien pour le grand Peter Hale ?!" La colère de Scott, en plus d'être audible, était palpable et Peter finit par redresser la tête, haussant un sourcil. Visiblement, quelque chose le chiffonnait.
"Attends... Tu te foutais pas de moi ?
- Quoi ?
- C'était pas un pari d'adolescent ou un truc comme ça ?" Scott était bouche-bée, il ne comprenait pas ce que l'autre racontait.
"Quoi ?
- Tu m'aimes vraiment ?" Scott pouvait enfin plonger son regard dans celui du Hale, il ne pensait pas qu'il doutait encore de cette évidence.
"Oui !"
Mais qu'est-ce que s'était imaginé Peter ? Qu'il avait pris son pied à se faire transformer en fille pour le draguer et le mener par le bout du nez ? C'était quand même bien loin de le connaître ! C'était à se demander s'il l'avait bien mordu. Peter enleva enfin ses pieds de la table basse, semblant comprendre enfin la situation. Il s'était trompé sur toute la ligne.
« Et toi ? » Demanda le latino, anxieux.
« Moi ? Moi quoi ? » Ce n'est pas que Peter était soudainement devenu débile, non. C'est juste qu'il n'avait pas particulièrement envie de répondre à cette fameuse question. Alors il avait l'espoir qu'il se trompait et que ce n'était pas du tout de ça dont Scott lui parlait.
« Tu m'aimes ? » Et mince, c'était bien ça. En plus, le petit brun lui demandait ça franchement, les yeux dans les yeux, sans détour possible.
Il ne pouvait pas lui dire tout simplement ce qu'il ressentait, même s'il le savait mieux que personne, il n'était pas du genre à dévoiler ses sentiments aussi facilement. Il lui faudrait plus de temps. Mais il ne pouvait pas lui dire qu'il ne l'aimait pas non plus, non seulement ce serait complètement faux mais en plus de ça, il ferait du mal à son ancien bêta. Comme s'il ne lui en avait pas déjà fais suffisamment.
« C'est une éventualité que je n'épargne pas… » Finit-il par dire, ne trouvant rien d'autre qu'une pirouette de ce genre qui ne disait ni oui ni non.
Scott s'approcha alors de lui et se pencha sur son visage avant de l'embrasser du bout des lèvres, un peu timidement, s'attendant à ce que le Hale le repousse. Celui-ci n'en fit rien et l'attira un peu plus à lui pour approfondir le baiser, c'était la même odeur, la même sensation…
Et son cœur se sentait apaisé.
Peter, d'aussi loin qu'il s'en souvienne, ne s'était jamais senti comme cela. Peut-être avant l'incendie, mais après tous ces évènements, il n'en avait aucun souvenir. C'est alors que Scott commença à lui grimper carrément dessus, à enlever sa chemise… Le plus vieux haussa un sourcil et le stoppa.
« Je peux savoir ce que tu fais ? » Scott l'observa, surpris.
« Je, heu… je vais plus loin ?
- Il n'en est pas question, je te rappelle que tu es encore mineur. Je suis peut-être un assassin mais pas encore pédéraste.
- Ben… dans un certain sens c'est déjà le cas…
- C'est déjà trop.
- Mais Stiles a pu lui ! » Peter cligna des yeux.
« Attends… Laura c'était… Il est avec Derek c'est ça ?
- C'est ça. » Peter sembla réfléchir un instant.
« Il faudrait que je passe un coup de fil au Shérif, tu as son numéro ?
Heuuu… non….. » Peter esquissa un sourire et lui piqua son téléphone qui dépassait de sa veste.
« Menteur.
- Mais ! Rends-moi ça ! »
S'en suivit alors une sorte de jeu entre les deux où Scott tenta désespérément de récupérer son portable.
De son côté, Stiles était parti retrouver Derek, et se retrouvait à nouveau dans une position assez inconfortable à ses yeux. Si Scott avait gardé ses ongles manucurés, Stiles pour sa part subissait la perversité de son amant qui avait apparemment une obsession pour les petites culottes.
« Tu l'as porté toute la journée ?
- Oui… » Répondit Stiles, se dandinant sur place, mal à l'aise.
« Tu es trop sexy avec… » Murmura Derek tout en se mordillant la lèvre. L'humain sentit ses joues en feu à présent.
« Pervers… On dirait que tu préfères la culotte à moi… » Le loup haussa un sourcil.
« Tu rigoles ? Sans toi, elle n'a aucun intérêt. »
Stiles esquissa un sourire et vint embrasser son Sourwolf, à présent rassuré. Il n'était peut-être pas l'homme le plus patient du monde, mais il savait qu'il allait être heureux avec lui.
Il ne se doutait pas qu'à quelques pâtés de maison, l'autre Hale était en pleine conversation téléphonique avec son Shérif de père…
