Chapitre 2
Paris la ville de toutes les trouvailles

Hé mais tu fait quoi? Demanda Béatriz en fronçant les sourcils. J'étais en train de parler toute seule! y'a longtemps que t'es la? Parce que si c'est le cas, je comprends pourquoi la cliente d'à coté me regardait d'un air bizarre...

Attends je... commença Virginie, elle se retourna cherchant a nouveaux ce regard bleu azur... Mais rien... elle avait disparue!

Béatriz l'entraina à l'intérieur du magasin, jusqu'au parfum qu'elle avait cherché durant des heures. Elle en mit sur son poignet puis tendis ton bras pour le faire sentir a Virginie. Cette dernière était déboussolée par ce qu'elle avait vu dans la rue. Ses yeux bleu semblait si innocent, si perdus... Il était loin du regard confiant et aimant de la Céline qu'elle connaissait.

Et pourtant elle avait ressentit dans ce regard, une pointe de désir comme une envie d'aller vers elle sans le faire pour autan. Elle n'arrivait pas a comprendre pourquoi elle s'était enfuie. Après tout leur rupture datait de plus d'un an maintenant. Elle devait avoir refait sa vie, alors pourquoi n'était elle pas venue lui parler? Leur histoire était derrière elles, Virginie aurait pu surmonter tout ça et Céline aussi non?

Dis donc tu te sent bien? Dit sa coloc, interrompant dans ses pensées sans le savoir. T'as l'air complètement a l'ouest!

Oui-oui, ça va. Dit Virginie avec un sourire sincère. J'ai croisée une amie, mais elle ne m'as pas adressé la parole... Elle m'a juste regardé comme si on se connaissait pas. Continua t elle plus soucieuse.

Ben tien! S'exclama Beatriz en secouant la tête de dépits. Je connais trop ça, les gens qui se croient supérieur au point de t'ignorer dans la rue voir de changer de trottoir juste pour te montrer a quel point il ne veulent pas te voir dans leurs vie! continua t elle d'un ton amer.

En disant ça, l'hispanique pensait surtout a un de ses ex qui s'était amusé a sortir avec deux filles en même temps et qui s'était contenté de l'ignorer lorsque Béa s'en était rendue compte. Comme si c'était plus facile de l'ignorer que d'avouer sa faute.

Alors tu aime? dit Béatriz en tendant à nouveau son poignet vers son amie.

Mouais...

Là, tu viens de me convaincre t'imagine même pas! rétorqua Béatriz d'un air faussement boudeur. J'ai mis 3 heures à chercher la perle rare et toi tu te contente d'un "mouais". Grâce a toi je vais devoir chercher encore pendant des heures un autre parfum.

Virginie chercha des yeux une fiole à sa portée. "Irrésistible - Givenchi". Elle n'avait pas envie de passer des heures dans un magasin alors qu'elle pouvais marcher dans les rues de Paris juste pour flâner et voir les divers monuments. Et ça? elle lui tendit le parfum

Béatriz prit le parfum sans grand conviction, elle huma le bout de carton sur lequel la cheffe de chantier venait de déposer quelques goutes du fameux parfum et son visage changea.

Ah, ouais! j'aime bien!
S'exclama Béa avec un sourire ravi.
Bon ben tu prends ça et on s'en va!
Dit Virginie en lui mettant le flacon dans les mains. Elle l'entraina vers les caisses. Béatriz se contenta d'un petit Hé! mais elle se laissa faire. Elle savait que la patience de Virginie avait des limites.

Okay je prends ça et après tu choisira le reste de la journée ça te va? Dit elle en souriant.
C'est parfait
dit virginie avec un grand sourire au lèvres.

Béatriz paya son parfum et elles sortirent enfin du magasin. Virginie chercha tout de suite du regard Céline, si elle était encore la, mais rien. Elle devait être loin depuis longtemps. La cheffe de chantier se mit à soupirer.

Elle venait de laisser passer sa chance, probablement son unique chance de lui parler, d'essayer de s'expliquer. Cette histoire datait et elles ne s'étaient pas vraiment quittés en bon et du forme. Virginie s'était contenté de disparaitre sans s'expliquer clairement. Mais avait bêtement cru que la blonde aurait voulu une explication. Ou mettre les choses a plat et la, la brune aurait pu avoir l'opportunité de lui dire. Et peut être qui sait, elles se serais revues et de fils en aiguilles...

Virginie secoua la tête préférant oublier ses dernières pensées. Cela faisait un an, il fallait qu'elle passe a autre chose! Céline n'était pas l'unique femme de sa vie. Elle avait eu d'autres histoires avant elle et Virginie avait toujours réussit a s'en sortir et a oublier ce passé douloureux. Avancer sans regarder en arrière. Mais plus elle tentait d'oublier son ex, plus son passé refaisait surface. La preuve, elle venait de la croiser dans la rue alors qu'elle n'avait pas pensé a elle de la journée. Chose assez rare du reste. Mais maintenant elle pouvait etre sûre d'y penser constemment. Jusqu'a espérer de la croiser a nouveau.


Paris, sur les champs a quelques mètres de la.

Céline avait continué d'avancer... Ou plutôt ses jambes marchait sans son accord, le bras de son amie l'avait entrainé à continuer. Elle s'était laisser faire, laissant la seule chance d'en savoir plus, filer sous ses yeux. Elle regarda devant elle, reconstituant doucement ce bout de puzzle. Cette jeune femme était une personne qui avait compté à ses yeux. Mais a part ce petit passage dans son rêve, elle ne se souvenait de rien d'autre.

Elle se retourna espérant croiser encore son regard, mais cette dernière n'était plus la. Céline soupira tout en se laissant porter par le flux des passants du groupe de japonais et d'Anaïs qui lui tenait le bras pour avancer.

Anaïs et Céline pénétrèrent ensuite dans un magasin à quelques mettre de celui ou se trouvait Virginie. Tandis que que la cheffe de chantier vennait tout juste d'y ressortir pour la chercher du regard.

Céline entrait dans le magasin tentant de reconstruire un peu plus que ce petit extrait de souvenir...

Le soir chez Anaïs

C'est fini nous deux...

Céline se réveilla en sursaut. Elle refaisait encore ce rêve, mais une chose avait changé depuis, ce regard. Le même regard que cette femme qu'elle avait vu sur les champs hier. Son visage se superposait a présent sur l'image de cette femme qui s'en allait. Elle souffla tout en se rallongeant doucement dans le clic clac d'Anaïs. Elle fixa le plafond puis passa une main lasse sur son visage. La nuit allait être longue.

Anaïs lui avait gentiment proposé de venir chez elle, cela évitait a Céline d'avoir a faire de nombreuses démarche administrative pour avoir un nouveaux logement. Et elle se rendait compte à quel point l'identité d'une personne lui permettait d'avoir accès a tout. Sans identitée on ne pouvait pas faire grand chose, quand à trouver un emplois... Ça allait être autre chose! Il y avait encore le foyer en dernier recours, ce que lui avait proposé le médecin lors de sa sortie, mais ce n'était pas vraiment le meilleur moyen pour être seule et se focaliser sur ses souvenirs afin d'en savoir plus.

Là, au moins, elle était sur d'être tranquille. Anaïs était souvent absente suite a ses allées et retour a l'hôpital. Son appartement était pratiquement vide toute la journée. Céline passait les trois quart de son temps seule dans ce petit appartement.

Elle jeta un rapide coup d'œil dans l'entrée, le manteau d'Anaïs n'était pas accroché au porte manteau, ce qui signifiait qu'elle était encore à l'hôpital pour une garde. Céline alluma la lumière étant sur de ne déranger personne, elle se dirigea vers la cuisine qui jouxtait le salon. Elle se servit un grand verre d'eau et le bu pratiquement d'une traite.

Elle se maudissait a cet instant de ne pas s'être arrêté pour en savoir plus sur cette inconnue. La jeune femme avait l'air d'avoir un lien avec son passé et tout ce que Céline savait de ce passé à présent, c'était les yeux de cette femme et ces quelques mots d'adieux. Qui était cette femme? Une amie? Une cousine? Pourquoi la seule chose dont elle se rappelait était leurs adieux? A moins que ces deux choses n'aient aucun rapport?

Elle se demandait a présent quels étaient les ressentiments de cette jeune femme lorsqu'elle l'avait vu. Elle tenta de se rappeler son regard, s'il y avait de la peur, de la colère. Ou peut être du regret. Mais c'était difficile de lire dans les yeux de quelqu'un qu'on voyait pour la première fois. Enfin, en quelque sorte. Rien ne lui venait a l'esprit. Elle se rappelait juste de ce regard, comme une sorte de regard vide sans expression. Pourtant il devait y en avoir eu. Mais Céline n'arrivait pas a l'analyser. Peut être que son cerveau ne voulait pas lui donner d'informations. Peut etre qu'il lui bloquait l'acces a ces souvenirs dans un but précis?

Tout était si flou, si incohérent. Tout ça semblait si incompatible. Ce regard , ce déchirement dans cette voix qui la quittait... Peut être était ce la voix de cette femme? Ou peut être pas.

Elle se dirigea vers le salon après avoir laissé son verre vide dans l'évier de la cuisine. Elle colla son front contre la grande baie vitrée du salon et observait la rue d'en haut. La porte d'entrée s'ouvrit doucement alors qu'elle contemplais depuis peut ce spectacle.


A l'hôtel Lutetia.

Virginie n'arrivait pas a trouver le sommeil. Le visage de Céline et son regard si innocent, apparaissaient comme des flash dans sa tête. Elle avait eu l'impression, durant quelques secondes, d'avoir en face d'elle une femme un peu perdue, une femme qui se laissait emporter par les autres sans vraiment savoir ce qu'elle faisait la. Elle était bien loin de la Céline Frémont, femme déterminée plus que jamais!

Enfin! Soupira Beatriz tout en se jetant sur le premier lit venu. Paris c'est sympa, mais beaucoup moins pour mes pieds! dit elle en grimaçant tout en tortillant ses pieds en l'air.

Virginie sourit face a cette scène, elle s'assit sur le deuxième lit et regarda dans le vague. Son esprit était toujours occupé par son ex et cette scène surréaliste qui avait eu lieu quelques heures plus tôt.

Ben dit moi t'es pas très bavarde lança Béatriz tout en s'asseyant a son tour sur son lit pour être en face de sa collègue. C'est la marche dans Paris qui t'as coupé les cordes vocales?

Virginie s'allongea tout en fixant le plafond.

Non non. Tu sais, cette vieille connaissance dont je t'ai parlé?
L'hispanique acquiesça C'est bizarre. Je la trouvais différente... J'ai même l'impression qu'elle ne m'a pas reconnue soupira t elle tout en fixant toujours un point au plafond.

Virginie ne voulait pas s'étendre sur le sujet, sachant que la blessure "Céline Frémont" était loin d'être cicatrisée. Elle n'en avait pas beaucoup parlé a sa collègue, profitant justement de ces nouvelles connaissance en Espagne pour l'oublier et ne pas a avoir a en parler.

Béatriz avait sentit dans le ton las de sa voix qu'il ne fallait pas pousser plus loin. Elle avait appris qu'il ne valait mieux pas en savoir plus, contrairement a elle qui, n'attendait qu'une chose : qu'on lui pose des questions pour qu'elle déballe tout. Elle secoua la tête amusée, pensant qu'il n'y avait souvent pas besoins de poser des questions, tout sortait facilement tout seul.

Ouais... Bizarre. Se contenta de répondre Béatriz. Bon, allez! On va pas rester la a se morfondre comme des pauvres filles! S'exclama t elle après quelques minutes de silence. Elle se leva d'un bond et fouilla dans son sac a la recherche de quelque chose qu'elle ne semblait pas trouver. Virginie la regarda du coin de l'œil légèrement amusée par ses grimaces et ses jurons. Béatriz fini pas vider son sac sur le lit et poussa un cri de satisfaction. Elle regarda Virginie qui continuait de sourire amusée. Béatriz lui répondit comme si c'était évidement. Quoi? C'est le seul moyen de le trouver facilement... Elle brandit alors le portable. Le voila!

Virginie sourit comme pour répondre à cette justification, puis elle tourna la tête et regarda a nouveaux dans le vide.

J'appelle ma cousine, je suis sur qu'elle connais plein d'endroit sympa pour ce soir. Continua sa colocataire tout en fouillant dans son répertoire.

Parce que tu compte sortir?!
dit Virginie en se tournant vers elle et arquant un sourcils.
Ben oui! On est à Paris j'te signale... Et Paris, c'est la ville de la nuit! dit elle avec un immense sourire qui voulait tout dire.
Je croyais que t'avais mal au pieds dit Virginie en arquant un sourcil.
Pas tant que ça, j'exagérais... Enfin tu me connais quoi! Et puis on s'en fou on est la pour s'éclater! Ses yeux pétillaient de malice, imaginant déjà cette soirée, et surtout ces beau parisiens.

Virginie soupira tout en levant les yeux au ciel et en secouant la tête T'es infatigable toi!
Ouais, c'est souvent ce que me disent les mecs quand... Enfin j'te fait pas de dessins.

Béatriz avait cherché le numéro de sa cousine dans son répertoire tout en discutant, elle avait a présent le portable collé à l'oreille attendant qu'on veuille bien lui répondre.


Chez Anaïs, un peu plus tard...

Céline avait discuté avec Anaïs de ce rêve, et surtout de cette femme. Anaïs avait écouté comme elle le faisait si bien depuis qu'elle connaissait Céline. Lorsque celle ci eut fini, elle la regarda d'un air désolé.

Tu aurais pu m'arrêter, on aurait discuté avec cette femme.

Céline souffla. Oui, je sais, mais... Mes jambes ont continué de marcher instinctivement. Comme si mon corps voulait la fuir, alors que mon esprit me dictait l'inverse.

Anaïs hocha la tête... Elle ne savait pas quoi faire pour aidé son amie. Écoute, je pense qu'on devrais sortir plus souvent, je veux dire pas seulement une promenade comme ça, mais... Rencontrer du monde discuter avec d'autres personnes.

Céline se raidit. Elle savait que le doux cocon dans lequel elle était allait tôt ou tard s'ouvrir pour qu'elle "renaisse a nouveaux". La petite sortie d'hier l'avait fait paniquer de nombreuses fois. Comme elle avait passé le reste de son temps a ce remémorer cette scène avec la jeune femme, du coup, elle n'avait pas trop fait attention a ce qu'il se passait autour d'elle. Mais la, si les sorties allaient se faire plus nombreuses, ça changeait la donne! Elle aurait aimé en savoir plus sur sa vie passé avant d'entamer celle du présent.

Anaïs enchaina en voyant l'attitude de Céline. Bon, en ce moment on a pas mal de stagiaires et une épidémie qui vient de se terminer... Bref plus grand chose de palpitant à par remplir des dossiers. J'ai beaucoup plus de temps a t'accorder, alors c'est le moment ou jamais!

Céline souffla, peu sûre de sa réponse. Même si, de toute façon, il fallait a un moment ou a un autre sortir et rencontrer du monde. Elle n'allait pas passer ses journées à ne rien faire dans ce petit studio. Et puis, sortir était surement la meilleure solution pour se rappeler d'une chose ou d'une autre. Si elle n'avait personne dans sa vie, elle se souviendrait peut etre plus d'un lieu ou d'un batiment.

Anaïs bailla tout en s'excusant d'un manque de sommeil, Céline sourit. Anaïs fini par se lever et partit dans sa chambre. Pour elle, la journée avait été éreintante. Elle souhaita bonne nuit à son invitée et s'enferma dans sa chambre.
Céline regarda le réveil qui était posé sur une petite table a coté du lit de fortune qu'elle avait. 3h du matin. Il lui restait encore du temps pour récupérer de cette courte nuit.


Hotel Lutecia quelques heures plus tot.

Béatriz pesta contre son téléphone. Elle raccrocha tout en jetant le portable sur le lit. Ça sert a quoi d'avoir un portable si on est tout le temps sur messagerie?! continua t elle tout en soupirant d'exaspération.

Virginie se rallongea sur son lit tout en fermant les yeux. Ben tant pis pour ce soir alors.
Non pas tant pis! Non pas tant pis!
Elle fit les 100 pas entre sa valise qu'elle avait ouverte et le lit, elle déposait certaines robe sur ce derniers. J'ai dit qu'on sortait ce soir, alors on sortira!
Tu sais on est pas obligées...
Commença Virginie d'un ton las.
Si! En tout cas moi je sort c'est décidé dit elle en ramenant une dernière robe qu'elle posa sur son lit.

Virginie continua sur le même ton monocorde, Ben écoute ça sera sans moi hein.
Béatriz soupira. C'est trop con... On est a Paris pour s'amuser et toi tu passes déjà ta première soirée dans le lit de l'hôtel. Ça promet pour la suite!


Studio d'Anaïs 8h.

Céline tourna la tête pour regarder à travers la baie vitrée, toujours allongée sur le lit. Elle avait dormit peut mais suffisamment pour tenir debout toute une journée. Elle se leva en douceur et se dirigea vers la cuisine. Elle mis la cafetière en route tout en faisant bouillir de l'eau pour son thé. Elle sourit tout en se rappelant de la première fois ou elle avait découvert le gout de certains aliments ou boissons. Le thé vert faisait partit de ce qu'elle aimait, c'était surement une des seules choses qui la reliait à son passé. Enfin, peut etre. Puis que son médecin lui avait dit qu'elle pouvait ne jamais en avoir prit avant et le découvrir seulement maintenant. Que les gouts et les couleurs changeaient dans une vie.
Elle ne savait que peut de choses à par le fait qu'elle aimait bien manger chinois, boire du thé vert le matin et qu'elle détestait par dessus tout les salades. Elle ne savait pas bien pourquoi mais rien que la vue de ces feuille verte ne lui donnais vraiment pas envie

"T'en as peut etre trop mangé, ou il y a surement un lien avec ton enfance" avait dit Anaïs.
Céline avait acquiescé. C'était les seules choses qui pouvaient être plausible après tout. Elle ne connaissait même pas son gout que déjà son esprit se refusait à manger ces choses vertes.
L'eau était en train de bouillir, le bip de la cafetière la fit sortir de ses rêveries Elle prit les bols qu'elle déposa sur la table. Anaïs entra lorsque Céline s'appétait à mettre le pain sur la table. Après un rapide bonjour, cette dernière s'avachit sur la chaise la plus proche.

Tu as réussit a dormir malgré tout?
demanda Anaïs en lâchant un bâillement.
Bof...
Lâcha Céline tout en s'asseyant à son tour sur la chaise d'en face.

Anaïs avait les yeux mi clos et tentant désespérément de lutter contre le sommeil qui refaisait surface.
Et toi? demanda Céline alors qu'un silence venait de s'installer.
Ça va... J'ai connu mieux, mais ça va.

Tandis que Céline secouait son sachet de thé pour que l'eau chaude prenne la couleur voulue, Anaïs prit un bout de pain et le tartina mollement.
Tu as prévu de me faire subir quoi aujourd'hui? Lâcha Céline alors qu'un nouveaux silence avait envahi la pièce.
Petites visites dans Paris dit Anaïs dans un sourire. Les bases quoi, on habite pas à Paris sans connaitre! Continua t elle avait de croquer dans sa tartine beurrée. Quoi que... Continua t elle la bouche a moitié pleine. Je connais des parisiens qui n'ont jamais visité la tour Eiffel.

Céline sourit.

Un long silence s'installa, Céline savait qu'Anaïs n'était pas très bavarde le matin. Seulement... Une multitude de questions se bousculaient dans sa tête. Le fait de sortir et de parler à du monde la stressait. Quand on discutait ne parlait on pas de sa vie? De sa famille? De son travail? Et la première chose, on se présentait! Et vu qu'elle ne connaissait aucunes de ces informations qu'allait elle pouvoir raconter? Céline n'en menait pas large.

Comment on va faire
dit la blonde tout en reposant le bout de pain qu'elle s'était coupé.

Anaïs n'avait pas fait attention à la peur qu'il y avait dans cette simple question, sur le coup, elle répondit d'un ton amusé. Ben comme tout le monde, on va prendre des tickets pour rentrer. Elle mordit a nouveaux dans sa tartine tout en souriant. Puis, elle regarda Céline et lorsqu'elle vit son air apeuré, elle fronça les sourcils. Qu'est ce qu'il ne va pas? Tu ne veux pas faire des visites et voir du monde?

Céline continua, la tête soucieuse. Non. Comment je vais me présenter face a tout ces gens, et pour rentrer dans les musé je fais comment sans identité?

Anaïs reposa sa tartine, fronçant des sourcils. Elle n'avait pas pensé a ça. Heu... Bon commençons par te trouver une identité alors. Comment tu voudrais t'appeler?
J'en sais rien. Lança Céline sans vraiment réfléchir.
T'as pas un prénom qui te viens comme ça? Je sais pas Sara, Mathilde... Ou bien Rebecca tiens!
Céline n'écoutait déjà plus... D'un seul coup un seul nom lui vint a l'esprit. Virginie.

Anaïs sortit de sa rêverie, elle s'était imaginée en train de choisir un nouveaux prénom, une nouvelle identité. Contrairement à Céline, elle aurait voulu tout oublier pour repartir a nouveaux. A commença par cette timidité presque maladive qui l'empêchait d'aller vers les autres. En fait elle avait les mêmes peurs que Céline, sauf qu'elle, elle savait qui elle était.

Virginie? Pourquoi Virginie?
Demanda t elle étonné qu'elle ait lancé si franchement ce prénom.
J'en sais rien, ça m'est venu comme ça... Comme si c'était une évidence.
Alors... Virginie, ça te
tente de voir la tour Eiffel?

Céline sourit en guise de réponse.


A l'hôtel Lutetia.

Virginie ouvrit difficilement les yeux. Elle avait passé une nuit agitée ressassant sans cesse l'image de Céline qui déambulait dans cette foule, l'air perdu. Les souvenirs de cette année fabuleuse qu'elle avait eu avec Céline se mélangeaient a cette image totalement dénuée de sens. Elle se leva doucement en regardant le lit vide de Beatriz. Cette dernière avait surement du trouver "l'homme de ses rêves" soit disant. Mais c'était plutôt l'homme d'un soir.

Virginie se prépara tranquillement avant de descendre prendre son petit déjeuner. Une heure plus tard, Beatriz n'était toujours pas revenue. Il était 8h30 et Virginie en avait marre d'attendre. Elle décida de passer sa journée a faire des visites étant persuadée que Beatriz n'aurait pas aimé. C'était le bon moment.
Elle attrapa son sac, après avoir noté sur une feuille un mot à Béatriz, sortit rapidement de la chambre tout en déposant la clef a l'accueil. Qui sait, Beatriz passerait surement à l'hôtel?

Elle pris le métro en direction du Trocadéro et sortit en regardant son guide qu'elle avait acheté dès qu'elle était entrée dans la ville.
Sac au dos, elle avait dévalé les escaliers en direction de la tour Eiffel. Tout en faisant la queue, elle se plongea dans son guide pour en savoir plus. Elle avançait d'un pas toute les 5 minutes le nez toujours plongé dans son guide.


Tour Eiffel quelques minutes plus tôt.

Céline de son coté avait pris le métro Bir Akheim, c'était le plus rapide selon Anaïs, Elles étaient a présent à la moitié de la file d'attente. Pendant qu'Anaïs lisait le guide à haute voix pour que Céline puisse entendre, cette dernière regardait les personnes qui allaient et venaient autour d'elle.
Derrière elle, une petite fille et sa maman attendait patiemment.

Elle voyait la petite avec ses nattes blonde qui regardait tout comme Céline ce qu'il se passait autour d'elle. De temps à autre, elle lançait de regards furtif vers Céline avec les sourcils froncés. Mais elle ne disait rien, elle se contentait de patienter calmement. Céline savait que son regard pesant devait être du à ce froncement de sourcils. Alors elle regarda ailleurs, tout en s'imaginant à l'age de la jeune fille. Était elle douce et patiente comme elle? Ou était elle effrontée et agaçante? Elle ne le savait pas... Elle espérait juste etre une petite fille sans histoire et comblée.

En repensant a tout ça, elle imagina sa famille, de nombreuses questions se bousculaient encore. Jusque la elle ne s'était même pas imagée avec une famille. Et elle se demandait pourquoi son esprit n'avait pas envie de savoir, comme s ce dernier lui disait qu'il y avait bien mieux a connaitre que sa famille. N'avait elle pas des frères ou sœurs qui la recherchait? Ou était elle fâchée avec eux, d'où le fait que personne de sa famille ne soit venu.

Son regard se posait à présent vers la file d'attente, elle observait une a une les personnes derrière elle. Et la, elle la vit. La jeune fille au cheveux bouclés.

Elle la scrutait se demandant pourquoi elle la croisait tout le temps et pourquoi cette jeune femme plutôt qu'une autre. Durant tout le temps qu'elle l'observait, elles avaient avancé de beaucoup et se trouvait à présent devant la caisse. Céline n'attendait qu'une chose, que la jeune femme brune lève les yeux vers elle et que , comme la dernière fois,qu' elle soit attiré par ce regard noisette sans comprendre pourquoi... Elle sentait le besoin vital de ce regard posé sur elle.. Mais pourquoi?

28 Euros s'il vous plait. Anaïs tendis la monnaie et l'entraina vers l'ascenseur. Céline n'eut pas le temps d'en savoir plus.

Comme elle étaient les premières, elles s'engouffrèrent alors dans l'ascenseur en se calant vers le fond. Céline n'arrêtait pas de jeter des coups d'œil furtif derrière elle. Elle abandonna finalement lorsqu'elle perdit de vue la jeune femme. Elle était persuadée qu'elles ne seraient pas dans le même ascenseur, il y avait bien trop de monde entre elles. Elle regarda Anaïs et décida de ne rien lui dire, elle lui posa des questions sur Paris pour se distraire...


Caisse de La tour Eiffel.

Virginie leva son nez de son guide que lorsque la caissière lui demanda si elle était seule ou accompagnée. Après avoir tendu un billet, Virginie monta dans l'ascenseur, il était bondé. Elle rangea rapidement son guide dans la poche de son sac, avant de rentrer entièrement dans l'ascenseur.
Les portes se fermèrent juste derrière elle, elle poussa légèrement les personnes devant, pour que les portes ne se referment pas sur son sac, tout en s'excusant.

Apres un léger soubresaut, l'ascenseur décolla doucement. Virginie en profita pour regarder rapidement les gens autour d'elle émerveillés du paysage. Son regard fut attiré par une tête familière. Elle était persuadé que son esprit lui jouait encore un tour mais non. Elle eut beau se pincer, la femme était toujours la. Elle n'avait pas changé, à par le fait qu'elle se soit coupé légèrement les cheveux sinon. Rien d'autre.

Elle ne cessait de la contempler, mais Céline était bien trop occupée , s'extasiant sur le paysage tout en souriant et discutant avec une jeune femme a ses coté. Virginie eut un léger pincement au cœur, l'avait elle déjà remplacé? La jeune fille brune semblait vraiment peut trop jeune... ça ne pouvait être possible A moins que...

Virginie secoua la tête, elle se faisait vraiment trop de film! Néanmoins, elle ne pouvait détacher son regard de Céline, elle n'osa pas l'interpeller, la, devant tout ce monde. Elle savait que par la suite tout les regards serait braqués sur elle . Et, en général, elle évitait ça a tout prix. Elle se contenta d'observer, oubliant le paysage de Paris qui se découvrait au fur et a mesure que l'ascenseur montait.

Virginie sentait bien que quelque chose avait changé, Céline n'était pas la même, elle le ressentait dans sa façon d'être, dansses gestes. Elle avait l'impression d'avoir une autre Céline en face d'elle.

Céline était concentrée sur l'extérieur, émerveillée par tout le paysage de Paris... D'en haut, on voyait la ville autrement. Elle jeta un rapide coup d'œil vers Anaïs tout en commentant ce qu'elle voyait. Arrivée au premier étage, le flux poussa tout ceux de l'intérieur vers l'extérieur, Céline agrippa le bras d'Anaïs pour ne pas la perdre mais trop tard! Elle regarda autour d'elle paniquée... Elle n'était plus la!
Elle n'osait pas l'appeler de peur que tout les regard se tourne vers elle, de plus, si jamais on venait a l'aidé elle savait encore moins quoi dire...
Plus elle y songeait plus elle paniquait. Elle ne se rappelait même pas de l'adresse d'Anaïs et encore moins de son nom de Famille.

Virginie! Virginie!

Anaïs tentait de rebrousser chemin malgré le flux qui venait en sens inverse. Céline s'avança vers elle tout en souriant, le stress était passé. Elle lui agrippa le bras et elles se dirigèrent vers le balcon.


Virginie! Virginie!

Instinctivement Virginie tourna la tête vers la personne qui en interpellait une autre. Elle savait que ce n'était pas elle dont il s'agissait mais d'une autre personne qui portait son prénom. Pourtant c'était automatique, dès l'appel d'un prénom elle regardait... Surement pour voir qui était cette fameuse Virginie.
Elle fut on ne peut plus surprise quand elle aperçut la jeune femme avec qui Céline discutait. Elle pensa un instant que cette dernière l'appelait elle, connaissant surement sa situation avec Céline. Mais la jeune femme l'ignorait tout a fait, elle ne la regardait même pas. D'ailleurs, elle se dirigeait désespérément vers... Céline?!

Virginie ne comprenait plus rien... Céline se faisait appeler Virginie? Pourquoi? Avait elle changé d'identité? Si c'était le cas dans quel but? et Pourquoi? Ou tout ça était ce une mauvaise blague?

Virginie suivit instinctivement Céline et la jeune femme du regard afin d'en savoir plus. A peine eut elle fait 3 pas qu'une femme qui venait en sens inverse, la bouscula.

La femme vociféra des injures dans sa langue natale tout en désignant son sac éventré sur le sol. Virginie avait beau s'excuser, et l'aider à ramasser ses affaires rapidement, l'étrangère continuait de plus belle. Virginie jeta un rapide coup d'œil vers l'endroit ou était Céline histoire de vérifier qu'elle était encore la. Mais. Plus rien. Personne... Virginie se leva en lâchant les affaires de la femme, qui continuait de l'injurier, tout en se dirigeant vers l'endroit ou elle les avaient perdu.

Elle regarda a droit puis a gauche. Rien. Elle fit le tour du premier étage espérant les croiser. Toujours personne. Elle soupira tout en s'appuyant sur une rambarde, elle l'avait raté une deuxième fois.

Elle posa son sac tout en regardant une énième fois autour d'elle quand son portable sonna. Elle mis quelques temps avant de le trouvé et décrocha d'un geste lent. Oui?
C'est moi. T'es ou? J'viens d'rentrer et j'ai vu personne... Je m'inquiétais moi! Tu fais les boutiques sans moi?!
plaisanta Béatriz.
Non je visite dit Virginie d'un ton las.
Bah dit moi ça te réussit pas! Aller dit moi ou t'es et je viens te chercher.

Dans le taxi qui les amena au resto qu'avait prévu Béatriz, Virginie ressassait ses questions. Elle ne savait pas quoi penser de tout ça. Céline ou plutôt "Virginie" semblait être une autre personne, pourtant... Derrière ce "masque", elle sentait qu'il y avait quelques chose, quelque chose qu'elle n'arrivait pas a comprendre. A travers ce regard azur, elle voyait bien que Céline se sentait dépassée par tout ce qu'il se passait autour d'elle. Elle avait l'air perdu, a la recherche de quelque chose a quoi s'accrocher. Elle avait besoin d'un reperd, mais Virginie ne comprenait pas pourquoi. Qu'était il arrivé a la Céline qu'elle connaissait?

Quand son regard si perçant rencontrait le sien, elle sentait que Céline avait envie de venir la voir. Seulement... Seulement elle ne venait pas, son corps semblait être prisonnier des autres. Il y avait toujours eu quelque chose ou quelqu'un qui les séparait. Encore.
De ce coté la la situation n'avait pas changé. Toujours quelque chose en travers de leurs bonheur, toujours quelqu'un pour gâcher ce lien qui les unissaient.

Ça va?
lui demanda Béatriz d'un air inquiet.
Oui oui...Elle lui souriait pour la rassurer, mais restait toujours soucieuse.

Le ton de sa voix trahissait son mensonge mais Béatriz ne releva pas. Ce n'était ni le moment ni l'endroit. Elles étaient a présent près du resto chinois que Béatriz avait choisit. L'hispanique marchait devant ne cessant de se retourner histoire de voir si Virginie la suivait toujours. Cette dernière était encore dans ses pensées, elle ne s'était même pas excusée au près du type qu'elle venait de bousculer en rentrant dans le restaurant.
Béatriz lui attrapa le bras et l'entraina vers une table libre.
Alors qu'elles venaient tout juste de s'assoir, de poser leurs manteau et d'observer la carte des plats, Béatriz , qui ne cessait de la regarder, s'écria.

Hey! Youhou! Tu va me dire ce qu'il se passe ou je dois lire entre les lignes? La patiente de sa coloc semblait avoir atteins ses limites.
Virginie avait reposé doucement sa carte et la fixait. Mais tu sais moi même je n'arrive pas à comprendre alors... Te l'expliquer.

Béatriz trop curieuse, mais aussi inquiète pour son amie, continua. Tu sais j'ai tout mon temps la. On est en vacances, à moins que t'ais aussi oublié ce détail?
Mmmhh. Virginie avait repris sa rêverie, elle cherchait le moindre indice qui pouvait l'aider à comprendre l'attitude de Céline.

HE OH! lança Béatriz d'un ton agacé.

Les autres personnes attablés se retournèrent vers elle d'un air étonné. Béatriz continua d'un ton plus calme.
Bon alors tu m'expliques?
Virginie soupira, Rien de grave. C'est juste un coup de blues.

Elle aurait pu tout lui dire, lui avouer ses doutes et partager ses questions. Mais elle préférait en savoir plus avant d'expliquer tout ça, ça semblait être le plus facile. Qu'aurait elle pu dire? à part, peut être, qu'une de ses anciennes compagne faisait tout pour l'ignorer mais qu'elle se faisait, cependant, appeler par son prénom et peut être même son nom!
Virginie ne savait rien de cette nouvelle Céline, il valait mieux en apprendre d'avantage avant de tout dévoiler et passer pour une folle.


3eme étage de la tour Eiffel

Céline admirait la vue splendide de Paris, le ciel était bleu et aucuns nuages n'étaient visible. On pouvait apercevoir tout Paris. Voyant le regard de la blonde s'illuminer, Anaïs la regardait en souriant.

C'est beau hein?
Demanda Anaïs. Céline acquiesça. Voila pourquoi une des premières choses a voir dans Paris c'est la tour Eiffel et c'est encore mieux quand il fait aussi beau qu'aujourd'hui! Regardes, la on voit tout : la scène, l'arc de triomphe...

Pendant qu'elle énumérait tout les bâtiments en les montrant du doigt Céline observait.

C'est une sorte de plan géant en direct. Dire qu'a la base, la tour Eiffel n'était la que grâce à un concours..
Ah bon? Céline la regarda étonnée. Bien sûr, elle avait du l'apprendre. Mais ça, elle ne s'en souvenait plus.

Tu viens on va manger au resto de la tour Eiffeil, on va essayer de se trouver une table près de la fenêtre. Un peut comme dans le film quand l'indien grimpe la tour avec son arc sur le dos.

L'interne se mit a rire légèrement, a chaque fois qu'elle venait voir la tour, elle se rappelait toujours du film et de cette scène. En voyant l'air étonné de Céline, elle lui répondit.
C'est un film que j'ai vu quand j'étais ado.
Un indien dans la ville. J'aimais beaucoup... Et a chaque fois que je viens ici j'y repense. Elle lui sourit.


Resto chinois dans paris.

Virginie se demandait a présent si elle allait encore réussit a revoir Céline . Les deux dernière fois c'était par pur hasard... Mais ne dit on jamais 2 sans 3?

Elles avaient fini de déjeuner, Béatriz proposait une après midi shopping à nouveau mais Virginie avait refusé prétextant un mal de crane. Béatriz avait prit son air boudeur et avait argumenté de plus belle, espérant qu'elle vienne ne serait que quelques heures. Virginie avait fini par capituler mais Béatriz sentait bien que si elle n'avait pas été la, ça aurait été la même chose. Elle avait été la seule a prendre des vêtements et a les essayer. Virginie se contentait de commenter mais sans grandes convictions, elle n'était pas d'humeur, trop de choses se bousculaient dans sa tête. Trop de choses qui concernait qu'une seule personne : Céline Frémont.

Béatriz avait fini par la laisser partir, elles n'étaient pas loin de l'hôtel et Bétriz préférait continuer les boutiques seule voyant que Virginie n'était pas du tout coopérative.


Studio d'Anaïs le soir même.

Elles avaient passé une agréable après midi, visitant tout les monuments incontournables de Paris se délectant des rayons de soleil lorsqu'elles marchaient d'un monument à un autre. En rentrant au studio, elles s'affalèrent sur le canapé qui servait temporairement de lit pour Céline.

Anaïs soupira. J'ferais pas ça tout les jours!

Elles se sourirent bien sûr, cette journée avait été géniale et surtout riche en émotion, mais les marches incessantes entre chaque vieilles bâtisses étaient le plus épuisant. De plus, dans la plupart des musées il fallait rester debout, en prime! Alors qu'elles profitaient du rare moment d'être enfin assise, le téléphone fixe d'Anaïs sonna.

Anaïs se leva avec difficulté tout en clopinant vers le téléphone. Les ampoules qu'elle avait aux pieds avait fini par se réveiller au contact du sol et du frottement de ses chaussures qu'elle n'avait pas pris le temps d'enlever. Allo? lança t elle en souriant.

Céline qui était toujours vautrée sur le canapé voyait l'attitude et surtout le regard d'Anaïs changer. Ses yeux étaient embués de larmes et elle ne répondait que par des timides "oui", Céline avait compris que quelque chose de terrible se passait. Anaïs raccrocha tout en restant planté là, à coté du téléphone. L'interne avait le regard dans le vague. Pour la première fois, les rôles changeait.

Ça ne va pas?
Demanda Céline tout en s'approchant d'elle pour la prendre par l'épaule.

La blonde la fit marcher lentement vers le canapé puis, la fit s'assoir. Anaïs ne disait toujours rien, elle continuait de regarder un point fixe, elle se laissait faire.

Ça va? Ré enchérit Céline de plus en plus inquiète.

Anaïs la regarda dans les yeux et des larmes vinrent a nouveaux faire leur apparition. Ma... Ma Grand mère est... Morte.
Oh... Je... Suis vraiment désolée.
Céline ne savait pas trop quoi dire pour rassurer son amie... Elle n'avait pas l'habitude, ou plutôt elle avait perdu les gestes et les mots à dire dans ses moments la.

Elle se contenta de venir s'assoir à coté d'elle et de lui prendre la main d'un geste affectueux. Les larmes d'Anaïs coulaient de plus en plus. Elle fini par exploser en sanglots dans les bras d'une Céline complètement désemparée.


Le lendemain à l'hôtel

T'es sur que t'as tout prit?
Lança pour la énième fois Béatriz qui apparaissait par la porte d'entrée de la chambre.
Mais oui! Et si tu ne me crois pas vas vérifier toi même! Virginie soupira tout en revenant de la salle de bain, elle se posa sur une des valises dans le couloir et regarda Béatriz qui allait a nouveaux dans la salle de bain.
La cheffe de chantier leva les yeux aux ciel avec un sourire d'amusement. Béatriz revint rapidement et ferma la porte de leurs chambre a clefs.

C'est bon... Cette fois on peut y aller!
lança t elle d'un ton joyeux.
Virginie se leva enfin et pris son sac. Ça faisait une semaine qu'elles étaient arrivé ici et plus de 4 jours qu'elle n'avait pas revu Céline. Virginie avait fini par se faire une raison, elle se l'était imaginé ce n'était qu'un rêve. Elle ne voulait pas avouer que tout ça avait été réel, ça l'avait tellement remuée qu'elle avait préféré faire la chose la plus simple : faire semblant que rien ne s'était passé réellement. Puis, au fur et a mesure, elle était redevenue la même, du moins aux yeux de Béatriz, pour ne pas que sa coloc s'inquiète. Quand au reste... C'était une autre histoire.

Au fond d'elle même, elle se posait encore et toujours les mêmes questions. Elle n'arrivait pas à ôter cette image d'une Céline perdue, elle la chassait de son esprit lorsqu'elle était avec Béatriz, mais... Lorsque venait le soir, ses doutes et cette image revenaient sans cesse attiser ces questions qui restaient, cependant, sans réponses.

Béatriz fit deux tours de clefs, puis, elle attrapa ses valises et les tira, non sans peine, jusqu'à l'ascenseur.
Virginie ne pu s'empêcher de faire un commentaire. C'est ça de faire tout le temps les boutiques... Faut peser tes valises avant parce que déjà qu'a notre arrivée elle pesait une tonne... Alors la... Je n'ose même pas imaginer!

Béatriz avait appuyé sur le bouton de l'ascenseur et s'était assise sur une de ses valises pour reprendre son souffle. Je suppose que tu ne va pas m'aider.. Comme a l'aller...

La sonnerie des portes se fit entendre Virginie sourit à Béatriz tout en lui passant devant sans l'aider. Son sac était déjà assez lourd comme ça, et puis Béatriz avait pris de tout et n'importe quoi, des fringues dont elle ne s'était même pas servit de la semaine. Manquait plus qu'elle lui porte ses bagages! Virginie préféra la laisser se débrouiller pour que la prochaine fois elle puisse en retenir une leçon... Mais ça, c'était moins sur.

Tu suppose bien.
dit Virginie en s'appuyant contre la paroi de l'ascenseur.
Pfff! Si c'est ça les français! Moi je ne retourne plus jamais en France!
De toute façon il nous reste encore plus d'un mois pour nous ré habituer à la vie espagnole
dit Virginie tout en appuyant sur le bouton rez de chaussée.


Appartement d'Anaïs au même moment.

Anaïs plia rapidement un sweet qu'elle jeta dans sa valise ouverte. Elle venait de prévenir son boulot qu'elle allait prendre quelques jours pour cause de décès.
Céline avait décidé d'à commun accord, d'y aller avec elle. Voyant a quel point cela la peinait, elle avait un peu peur de la laissé partir seule, et Anaïs avait peur elle aussi de laisser Céline seule, surtout que la blonde n'avait pas encore tout ses repères.

Céline n'avait pas beaucoup d'affaires personnelle, bien sur, avec Anaïs elles avaient acheté quelques vêtements, mais Céline n'avait rien qui lui appartenait vraiment, et surtout rien qui lui restait de son ancienne vie. A part ce portable fichu et ses clefs inutilisable.

Anaïs ferma sa valise d'un coup sec tout en essuyant quelques larmes qui avaient perlés le long de ses joues.
Céline toujours dans le salon, avait fait son sac depuis longtemps, elle regardait Anaïs d'un air triste. Elle ne pouvait rien faire pour elle... Juste, être présente... De toute façon qu'elle soit amnésique ou non, ne changeait pas grand chose. Les mots ne servaient pas a grand chose pour réconforter quelqu'un qui avait perdu une personne. Anaïs prit une grande respiration et se dirigea dans le salon, a peine se tourna t elle vers la blonde, qu'elle voyait déjà Céline avec son air désolée.

Ne me regarde pas comme ça supplia Anaïs. J'ai besoin de me changer les idées et la. Ça ne va pas m'aider.
Céline hocha de la tête, après tout "faire semblant de ... " et "oublier quelque instant un drame" était encore dans ses cordes. C'etait ce qu'elle faisait presque au quotidien.
Céline avait peur de sortir, de rencontrer du monde mais elle ne le montrait pas, seul son regard et peut être sa démarche légèrement hésitante la trahissait. Sinon de loin, elle paraissait être comme tout le monde, et faire comme tout le monde.

Oublier, c'était la chose qui était peut être la plus dur a réaliser. Jusque la, elle faisait tout pour se souvenir, tout pour retrouver ce qu'il lui manquait. Oublier était justement ce qu'elle ne voulait absolument pas, la moindre chose qu'elle avait apprise elle ne cessait de se le répéter comme si, elle pouvait l'oublier dans le seconde, comme si, c'était une chose importante a sa vie. Comme si toute sa vie dépendait de cet élément, la plus part du temps, insignifiant.

Anaïs avait pris un manteau chaud, même si, la ou elle allaient il avait très souvent du soleil, le vent soufflait fort parfois.

Elle ferma la porte a clefs, et ensemble, elles descendirent les 3 étages avec leurs bagages. Arrivées en bas, elles empilèrent comme elles purent les bagages dans la petite Renaud d'Anaïs et montèrent a l'avant. Une bonne journée de route les attendaient.