Chapitre 6
Deux semaines plus tard.
Le père de Virginie reprenait peut a peut et se déplaçait avec plus de facilité. Ce n'était pas encore tout a fait ça, mais il arrivait a faire certaines choses seul. La fatigue du début était amoindrie et il reprenait le dessus lentement.
Virginie n'ayant pas trouvé la force d'aller voir Céline a nouveau, était resté chez son père et n'était pas retournée sur la plage. De toute façon, leur dernière rencontre et les révélations de la blonde l'avait refroidi. Dans sa tête de nombreuses questions se bousculaient. Elle voulait être au plus clair avec elle même avant de la revoir. Mais... Plus les jours avançaient moins elle arrivait a trier les informations qu'elle avait pu glaner pour se faire une opinion.
Elle s'était donné une semaine mais s'était dégonflée à la dernière minute. Elle avait attendu chaque jours de la semaine suivante sans bouger. Et ce depuis 14 jours a présent... Demain. Demain elle irait lui parler. Elle remettait toujours tout a demain.
Elle ne pouvait, ou plutôt ne voulait pas rester dans le doute. Il fallait qu'elle en finisse. Qu'elle cesse de se prendre la tête constamment. Qu'elle ait des réponses a ses fichues questions. Elle monta sur son scooter et se dirigea la ou elle redoutait tant d'aller. Elle profiterait de cette ballade pour aller faire quelques courses.
Perdue dans ses pensées, tout en étant concentré sur la route, elle remarqua qu'elle avait traversé tout Marseille et qu'elle se trouvait a présent à l'opposé de chez son père. Elle regarda la jauge d'essence qui était presque vide. Soupirant, elle décida de s'arrêter au super marché le plus proche pour faire ses courses et enchaîner avec un plein d'essence.
Alors qu'elle traversait les allées du magasin a la recherche d'une brique de lait, elle ne pu s'empêcher d'écouter une conversation qui l'interpellait. La jeune femme parlait d'une certaine « Céline » et Virginie ne savait dire pourquoi, elle était persuadée qu'elle parlait de la même Céline que celle qu'elle connaissait. Même si la brune n'avait jamais vu ce couple.
… C'est vrai que ça fait longtemps qu'on a pas eu de ses nouvelles lança la femme a son mari.
Elle a d'autres choses a faire... Dit son mari en haussant les épaules. Ce... Vincent ? C'est ça ?
Difficile de faire plus juste. Des Céline et Vincent, ils n'en existaient pas des masses sur Marseille. Virginie était sûre que ces personnes parlaient du couple qu'elle connaissait.
Je ne sais plus. Mais fait moi penser qu'il faut que je l'appelle un de ces jours. Elle doit s'ennuyer beaucoup si son futur mari travaille. Elle doit passer des journées toute seule, ça ne doit pas être marrant.
C'est sûr. On aura qu'a l'inviter ce week-end si tu veux, Amandine? demanda l'homme tout en avançant vers la fin du rayon.
La femme et l'homme tournèrent sur la gauche pour changer de rayon et Virginie n'osa pas les suivre de peur de se faire repérer. Ça faisait déjà 10 bonnes minutes qu'elle inspectait un produit au hasard, histoire de ne pas être vue. Elle esquissa un sourire en voyant qu'elle tenait dans sa main un rouleau de sacs poubelles de 40 litres. Rare était les gens qui passait 10 minutes à scruter ce genre de produit.
La discussion sur Céline et Vincent lui remémora ce douloureux instant ou elle lui avait annoncé ce mariage. Ce fut le déclic. Suite a cette conversation banale, elle décida d'aller la voir. Elle ne pouvait pas laisser passer sa chance, tant pis si elle piétinait une nouvelle fois sa dignité. Virginie n'arrivait plus a survivre dans ce doute. Et, elle savait qu'un jour ou l'autre le mariage aurait lieu et qu'il serait trop tard. Elle avait déjà trop attendu.
Céline avait dit qu'ils allaient se marier, sans préciser de date. Mais d'après ce qu'elle venait d'entendre, Vincent bossait pour deux. La blonde passait donc ses journée seule. Ce qui lui laissait une grande marge pour revenir voir Céline et s'expliquer. Après avoir fait ses achats et prit de l'essence, elle se dirigea vers la plage qu'elle avait longé quelques jours plus tôt. Lors de cette fameuse ballade matinale ou elle l'avait aperçu.
Elle gara son scooter laissant son sac de course dans le petit coffre arrière et se dirigea vers la plage. Elle repéra facilement les trois maisons sur la côte. Bien sur, lorsqu'elle tenta d'ouvrir le petit portillon, il était fermé. Elle emprunta un des chemin qui longeait la maison de gauche pour se rendre vers la rue. Elle inspecta les noms sur les boites aux lettres et trouva rapidement celle de Chaumette. Ce n'était pas si compliqué facilement. Elle sonna, non sans avoir regardé l'heure et si il y avait une voiture dans l'allée. Vincent semblait être absent.
Mais quel ne fut pas sa surprise lorsque, au lieu de trouver une Céline au regard absent, elle trouva un Vincent Chaumette assez soucieux. L'étonnement des deux pouvait se lire facilement sur leur visage.
Virginie ?
Monsieur Chaumette ?
Ils avaient parlé en même temps, Vincent était toujours aussi familier... Ce qui n'était pas le cas de la brune.
Que faites vous ici? demanda t il en fronçant des sourcils. Et depuis quand connaissez vous ma nouvelles adresse ?
Virginie, prise au dépourvue, ne pu mentir.
Heu... Je venais voir Céline, tenta t elle d'expliquer en ignorant sa question.
Céline ? Mais elle n'est pas ici!
Ce fut au tour de Virginie de froncer des sourcils. Elle mit quelques temps avant de reprendre possession de ses moyens.
Pourtant, il. y. a deux semaines... Elle était sur la plage juste devant cette maison quand elle m'a... Annoncé votre mariage...
Excusez moi ? Dit Vincent en riant. Céline et moi mariés ? Vous êtes sur que vous allez bien, Virginie ?
Elle me l'a affirmé elle même il y a deux semaine. Lâcha Virginie énervée a présent.
C'est impossible, vous connaissez notre passé commun... Je ne fais jamais trois fois la même erreur. Dit l'homme avec un sourire en coin.
Donc elle n'est pas ici ?
Bien sur que non !
Bien... Alors désolée de vous avoir dérangé. Au revoir Monsieur Chaumette.
Au revoir Virginie lui sourit il. Puis, il ferma la porte derrière lui.
OUF ! Pensa Vincent en s'appuyant contre la porte. Dire qu'il aurait pu se faire prendre bêtement par cette sale fouineuse !
Son plan n'avait pas marché et il avait du employer les grands moyens. Céline n'était plus vraiment coopérative depuis l'autre fois sur la terrasse, ou il l'avait surprise en train de pleurer. Il avait fallu être plus convainquant, au risque de la bousculer un peu...
FASHBACK
Une semaine et demie plus tot
Céline avait du mal a se concentrer. Depuis l'autre fois sur la terrasse ou elle avait pleuré plus que de raison. Les questions étaient venues la hanter et elle n'arrivait plus a être aussi a l'écoute de ce que disait Vincent. Sans qu'elle ne sache pourquoi, ce dernier semblait perdre peut à peut patience. Sa gentillesse s'effritait et il faisait moins d'effort lorsqu'elle lui expliquait qu'elle ne se souvenait pas ou qu'elle avait oublié ce qu'il avait dit.
De simples mots au départ, il en était venus au mains. Caresses timides au début puis baiser. Céline n'avait pas pu aller plus loin et il s'était énervé. Il l'avait secouée, lui avait crié dessus et Céline en était restée pétrifiée. Le lendemain il avait réitérer ses gestes et Céline s'était simplement tendue. Elle avait fini par se laisser faire, mais avait grimacé lorsqu'il avait voulu approfondir le baiser. De nouveau il s'était énervé alors qu'elle tentait de tout faire pour arrondir les angles. Ce n'était pas facile pour elle de se faire embrasser par un inconnu, même s'ils vivaient ensemble depuis un moment déjà. Le ton de Vincent monta et il en vient a la pousser violemment contre le canapé.
Céline était paralysée et tel une enfant effrayée après un cauchemars, elle n'avait pu se défendre... Restant complètement passive face aux violences de Vincent. Elle ne le reconnaissait plus. Elle ne voyait plus l'homme charmant qui était attentif a ce qu'elle désirait, du début. Elle était terrifiée a l'idée de faire quelque chose de mal. Ou même d'oser se rebeller. Elle se contentait a présent de ne rien dire et de laisser passer le temps. Elle espérait secrètement se rappeler de tout et de redevenir l'ancienne Céline, celle qui aimait Vincent. Celle qui ne devait pas avoir peur. Celle qui savait qui elle était.
Vincent l'avait surpris dehors plusieurs fois et avait du se faire des idées. Céline n'avait prévenu personne, elle le lui avait même juré en tremblant. La blonde pensait qu'il était trop jaloux, peut être un peu trop possessif aussi. Alors qu'il commençait a lui serrer le bras le regard plein de haine, elle lui jura qu'elle n'avait croisé personne et qu'elle s'était juste balader pour prendre l'air. Mais elle n'avait pas du être assez convaincante.
Il avait fini par l'enfermer dans une pièce au sous sol à double tour. Pas de fenêtres, juste un néon qui éclairait faiblement la pièce. Un vieux matelas qui avait fait son temps, était par terre. Des couvertures et quelques vieux meubles entassés. Une chaise qui avait perdu un pied et une table en bois rayée, étaient entreposés dans un coin de la pièce. Céline trouvait difficilement le sommeil dans ce lieu. Elle n'éteignait jamais, de peur qu'une bête qu'elle n'aurait pas vu se faufile entre ses jambes dans la nuit. Elle avait peur a chaque bruits, de l'eau qui s'écoulait dans les tuyaux ou des claquements de portes régulier au dessus de sa tête.
Elle ne comprenait pas pourquoi cet homme si avenant était devenu ainsi du jour au lendemain. C'était le seul a la connaître, en qui elle pensait avoir confiance. Maintenant, qui croire ? Avait il menti a propos de Virginie? De sa vie? La brune ne semblait pas méchante et peut etre que l'histoire était complètement différente de ce que lui avait raconté Vincent. Si Virginie était celle que Céline aimait? Si Vincent n'était qu'un amant jaloux? Avait il profité de son amnésie pour la garder près de lui? Etait ce pour ça qu'il ne lui avait présenté personne depuis qu'elle habitait chez lui? Est ce que quelqu'un l'aurait reconnu et aurait pu lui dire la vérité?
Si elle voulait le savoir, il faudrait il qu'elle puisse sortir pour voir quelqu'un. Elle risquait probablement de rester enfermée ici un bon bout de temps. Après avoir perdus ses souvenirs, voilà qu'elle perdait sa liberté. Elle ne savait pas depuis quand elle était ici, quelle heure il était et surtout pourquoi il s'était subitement mit a changer d'attitude envers elle. Qu'avait elle fait par le passé pour qu'elle se retrouve la ?
Elle essayait vainement de fouiller dans ses faibles souvenirs ou dans ce qu'il avait raconté pour trouver un sens a tout ce qu'il se passait. La seule chose qui lui venait a l'esprit était qu'a partir du moment ou elle avait refusé ses avances physique, il s'était rapidement emporté. Alors... Était ce la le problème ? Parce qu'elle n'avait pas voulu aller plus loin, il l'avait enfermé ? Ça paraissait trop étrange pour être ça. Mais a force de se creuser la tête pour comprendre, les choses devenait plus floues...
Alors que Vincent lui apportait, comme a son accoutumé, son repas de la journée, elle sortit de sa torpeur pour lui parler enfin.
Pourquoi ? Demanda t elle tremblante, les larmes prêtent a ruisseler sur ses joues. Angoissée par la peur de se prendre un coup ou qu'il fasse quelque chose de pire.
Pourquoi ? Dit il avec un petit rire en la voyant ainsi. Il marqua un temps de pause, rendant le silence plus pesant qu'il ne l'était déjà. Tu n'aurais jamais du réapparaître. Si tu étais restée dans ton trou rien de tout ça ne serait arrivé.
Céline lui lança un regard d'incompréhension, les larmes menaçaient de couler.
Le fait que tu soit amnésique arrange les choses mais... J'en avais marre d'attendre. Je pensais qu'on pourrait arranger un mariage afin que je récupère tout ce que tu as et te laisser a la rue. Il soupira. Seulement, tout allait trop lentement. J'ai voulu accélérer le pas mais tu me freinais constamment. Donc, quand j'ai appris que je devais aussi attendre quelques mois avant que tes parts soit remise sur le marché... Eh bien j'ai préféré t'enfermer. Ca m'évitais de faire des gaffes ou de devoir te montrer aux autres. Ils t'auraient tout dit. Et puis, ça fait une bonne année maintenant que tu ne t'es pas manifesté pour Phénicie. Je n'ai pas envie de perdre du temps après ces 6 mois à attendre. Il la regarda pleurer avec un petit rictus.
Il ne restait plus que Charles Frémont, ton père, en travers de mon chemin. Quand il est mort, il n'y avait plus aucuns problèmes... Enfin sauf toi, qui était on ne sait ou dans la nature. Je n'avais qu'a patienter avant que les parts soient remises sur le marché et racheter le tout. Mais les choses ont changés quand tu es réapparue. Il souffla d'exaspération. Il a fallu que tu débarque au pire moment... Avec Nicolas, notre avocat, nous avions la majorité et nous pouvions facilement faire des projets. Nicolas n'a pas été très difficile à convaincre, j'ai pu rapidement le mettre dans ma poche. Mais il restait toujours tes parts et celle de ton père qui te revenaient de droit. Mais ton absence nous permettait de justifier nos choix, d'ailleurs Phénicie n'existe plus... Cette boite s'appelle désormais Chaumette BTP.
Il marqua une courte pause, Céline buvait ses paroles. Il profitait de cet instant, la savoir soumise à sa volonté était quelque chose qu'il attendait depuis pas mal d'années. Tout ça le faisait jubiler.
Nicolas est resté quelques mois avant de me revendre ses parts. Je suis donc majoritairement propriétaire de cette boite. Mais il me reste deux problèmes. Tes 40% de parts. Et ta réapparition. Je veux la totalité.
Céline restait prostrée, complètement abasourdie face a cet homme complètement fou. Si il les lui avait demandé, sur le champs elle les lui aurait donné! Surtout lorsqu'elle avait apprit toutes ces choses sur sa vie d'avant. Elle voulait avancer et ne plus regarder en arrière, en particulier sur les choses concernant sa famille. Toute sa famille ne semblait plus la pour elle et sa vie n'avait pas l'air d'être heureuse. Pourquoi vouloir connaitre ce passif si lourd a porter? Surtout quand le seul homme qu'elle avait connu se mariait uniquement avec elle pour ses biens.
Alors, même si elle avait voulu tout savoir à présent elle préférait ne rien apprendre de nouveau. Après tout, si c'était pour apprendre des choses horribles, il valait mieux laisser tomber et recommencer tout a zéro. C'était peut être une chance. Ce qui effrayait le plus Céline c'était ce que Vincent allait faire d'elle un fois qu'il aurait eu ce qu'il voulait.
Et après? Souffla t elle, une larme s'échappa de son oeil roulant sur sa joue. Elle n'était même pas sur qu'il l'ait entendu son murmure.
Je ne sais pas... Tu sais beaucoup de choses... Il avait un sourire narquois plaqué sur le visage que Céline en eu des frissons. Il laissa sa phrase en suspend et claqua la porte derrière lui, la faisant sursauter.
Tandis que le bruit de la clef se faisait entendre, la blonde se mit a pleurer. Il aller la tuer, elle s'imaginait déjà les pires scénario. Bizarrement, ils avaient tous un rapport avec la mer ou même avec l'eau.
FIN FLASHBACK
Vincent était toujours appuyé contre la porte. Il regardait par le judas, Virginie semblait avoir disparue. Il souffla pour évacuer le stress et retourna a son bureau. Depuis la dernière discussion avec Céline, il ne savait quelle décision prendre. Comme il le lui avait dit, elle en savait trop et s'il la lâchait au milieu de nul part, elle serait capable de le lui faire payer. Même si il savait qu'elle voulait sans doute oublier et couper les ponts avec son passé, il ne pouvait pas être sur a 100% qu'elle le fasse. Céline amnésique ou non, restait Céline. Elle le traquerait une fois qu'elle aurait retrouvé sa mémoire.
Elle qui avait tout oublié et qui avait toujours voulu enterrer leur histoire et leur deux mariages raté, se retrouvait sans aucuns souvenirs et voulant a tout prix se rappeler son passé. Il se mit a rire, c'était un peu le comble quand même! Haussant les épaules, il se dit qu'après tout il pouvait bien engager quelqu'un pour faire le sale boulot. Il n'allait quand même pas se salir les mains pour si peu!
Virginie s'était éloignée de la propriété, mais pas du quartier. Elle s'était assise sur un banc et réfléchissait a tout ça. La version de Céline et celle de Vincent étaient diamétralement opposées. Alors qui croire ? Elle n'arrivait pas a imaginer Céline lui mentant. D'une part, elle avait du forcément rentrer par le portillon d'en bas. Pour se réfugier chez Vincent. Et son regard... Elle ne pouvait pas être si à coté de la plaque. Surtout qu'elles se trouvaient pile en face de la demeure de Chaumette. Ça ne pouvait pas être une coïncidence.
Virginie savait toujours lorsque la blonde mentait. Les yeux azur de Céline prenaient une tout autre couleur et elle semblait trop a l'aise et trop sûre d'elle, mais la, rien n'avait changé dans son regard. Par contre, elle ne pouvait pas dire la même chose de Chaumette. Ce dernier semblait nerveux face a elle.
Ne l'avait elle pas surpris à rire d'un ton faussement léger ? Bon peut être que ça n'avait pas rapport. Peut être qu'elle se faisait des idées. Après tout, elle ne le connaissait pas assez personnellement pour se faire une opinion. Ils n'avaient eu que des relations cordiales au travail. Mais elle avait été assez mise en garde par Céline pour se méfier. Il semblait beaucoup trop décontracté et souriait trop.
Vincent mentait, du moins elle ne pouvait pas voir Céline mentir sur ce genre de sujet. Il fallait donc trouver d'autres preuves prouvant l'innocence de Céline et les magouilles de Vincent.
Première chose, aller faire un petit tour dans la maison... Enfin... Attendre d'abord que le principal intéressé soit parti. Elle décida de mettre en place un plan. Il ne fallait pas attendre trop longtemps, peut être qu'elle était en danger et dans ce cas il n'y avait pas de temps a perdre. Si il n'y avait rien d'inquiétant elle le verrait bien une fois dans la propriété. Ensuite, elle ne passerait plus le reste de son temps à se prendre la tête.
Alors, sans réfléchir elle se trouva un endroit assez loin mais suffisamment près pour voir si quelqu'un sortait de la maison.
Les minutes et les heures défilaient et rien ne changeait. Virginie commençait a fatiguer et avoir faim. Elle sentait quelques fourmis dans ses jambes a force de rester assise. Alors qu'elle commençait sérieusement a envisager de s'en aller, la porte s'ouvrit.
Virginie observa ses moindres gestes essayant de savoir si ils pouvaient le trahir. Que pouvait il avoir dans cette mallette ? Est ce que qu'il avait emporté le tiendrait assez longtemps loin de la maison ?
Vincent vérifia quelque chose sur son téléphone et durant tout ce temps Virginie espérait vraiment qu'il parte et qu'il en ait pour longtemps.
La voiture fini par sortir de l'allée et une fois loin Virginie se décida a sortir de sa cachette. Elle s'étira et vérifia que personne ne l'observait. L'endroit était désert, mais n'ayant pas la clef, elle préféra passer du coté jardin. Il était bien plus facile d'entrer de l'autre coté. Avec un peu de chance, il avait oublié de fermer une fenêtre ou quelque chose dans ce goût la.
Elle enjamba facilement le portillon et scruta la maison du jardin. La baie vitrée était fermée. Elle soupira. Elle ne voulait pas revenir et attendre encore des heures dans sa planque. Elle s'attaqua alors aux fenêtre. Rien a faire. Elle fouilla le jardin a la recherche d'une échelle. Mais, la encore tout était fermé. Virginie fronçait des sourcils, même son père laissait toujours le cabanon ouvert. Même le garage n'était jamais fermé a clef! Vincent avait quelque chose a se reprocher. Malheureusement, elle ne pu en faire d'avantage. Le bruit d'une voiture la sortit de ses pensée. Vincent était rentré.
Le lendemain, dans la maison de Vincent
Virginie avait passé une nuit agitée. Elle avait de nouveau fait un cauchemars, mais cette fois ci impossible de se souvenir. La seule chose qui lui revenait en mémoire était cette peur panique. Elle s'était levée tôt et avait préparé le petit déjeuner.
Tu es tombée du lit? Demanda son père en souriant. Il vint s'assoir sur une ces chaise après avoir embrassé sa fille sur la joue.
Presque. Mauvaise nuit. Se contenta t elle de dire en buvant une gorgée du café qu'elle venait de préparer.
Tu pourras toujours m'accompagner pour la sieste cette après midi. Dit l'homme avec un sourire malicieux.
Oh, ça m'étonnerais. Dit la brune avec un sourire en coin. Elle jouait la fille heureuse, mais son esprit était accaparé par Céline et Vincent. Son père semblait le sentir. Enfin, on verra... Peut être. Dit elle tout en essayant de le faire changer de sujet.
Quelque chose de prévu aujourd'hui? Il se versa du café dans son bol. J'allais faire un tour en bateau avec les collègues... J'avais pensé que tu aurais pu m'accompagner aussi.
Tu crois que c'est un bonne idée?
Peuchère! Je ne vais pas rester allongé sur ce foutu canapé toute la journée! pesta Fernand. Un pécheur n'est pas fait pour ça, tu le sais bien!
Tout comme je sais que tu es têtu... Elle soupira. J'aurais adoré t'accompagner, mais j'ai des choses a faire. Tu me promets de faire attention, hein?
Il souffla exaspéré Tcheudeu! Puis il se mit a grommeler. Un peu plus et je vais regretter de t'avoir hébergé.
Sympa. Dit elle avec ce sourire en coin, plus malicieux cette fois.
Le lendemain, dans la maison de Vincent
Virginie attendit que son père parte a la pèche avant de sortir de la maison. Elle récupéra sa vieille mobylette et retourna la garer sur le parking. Elle préférait l'éloigner au maximum pour ne pas alerter les voisins, ni Vincent. Une fois arrivé devant les 3 maisons, elle enjamba le portillon et fit le tour de la bâtisse a la recherche d'une entrée. les fenêtres étaient de nouveau close, mais par chance la baie vitrée de la terrasse avait été poussée et non verrouillée. Elle l'entre ouvrit et s'y engouffra une fois avoir jeté un rapide coup d'œil aux alentours.
Une fois a l'intérieur elle essaya de se repérer. Cette pièce semblait être le salon et la salle a manger. Il y avait une table entourée de chaises, des étagères le long des murs avec de nombreux livres et des blues ray qui entouraient un grand écran plasma. En face, un canapé en L et une table basse remplissait l'espace. Virginie fit le tour de la pièce et regarda rapidement dans la cuisine, par dessus le bar elle pouvait voir une tasse qui s'égouttait sur l'évier. C'était silencieux, ce qui la fit stressé. Si jamais Vincent débarquait, elle était en très mauvaise posture. Elle fit le tour des pièces avec discrétion. L'ordinateur sur le bureau aurait pu intéressant, mais elle ne voulait pas s'y attarder. Surtout qu'elle ne connaissait pas le mot de passe et n'avait pas beaucoup de temps a perdre.
Elle fit le tour des pièces du rez de chaussé. Les pièces n'étaient pas intéressantes, il fallait monter pour trouver les chambres et les salles de bains. Rien de bien passionnant non plus. L'escalier de verre contrastait avec l'intérieur plutôt ancien. Ce qui correspondait tout a fait au personnage. Vincent avait du dessiner les plans intérieur de sa maison.
Personne n'était la, l'endroit était désert. Mais chaque bruit suspect la faisait sursauter. Chaque bruit de moteur dans la rue lui faisait louper un battement de cœur. Avec précaution, elle redescendit pour vérifier le garage. Elle se demandait si elle n'avait pas imaginer toute cette histoire avec Céline et cette tristesse. Si Vincent la retenait vraiment contre son gré. Virginie dormait mal ces derniers temps, son esprit était constamment accaparé par des questions sur sa façon d'avoir agit.
Alors qu'elle s'approcha d'une porte qu'elle supposait etre l'escalier qui menait au garage, elle entendit du bruit. Un bruit qu'elle n'avait pas entendu depuis qu'elle avait débarquée, trop préoccupée à chercher dans les pièces de l'étage de la maison.
Elle tendit l'oreille pour essayer de capter le son, s'il provenait vraiment de cette fameuse porte. Elle s'approcha et écouta silencieusement. Elle n'arrivait pas a déterminer ces bruit étouffés. Fronçant des sourcils, elle tenta d'ouvrir la poignée de porte. Fermée. Tout le reste de la maison était ouvert, certaines portes n'étaient même pas fermées et il fermait l'accès au garage ?
Le père de Virginie n'avait jamais fermé le sien. Ni même le cabanon du jardin, contrairement a Vincent qui semblait tout verrouiller. Excepté la baie vitré, un oublie surement. C'était trop suspect pour ne pas être vérifié. Elle tenta de trouver la clef, cherchant au hasard dans les meubles d'à coté. Elle aperçu une petite table basse dans l'entrée. C'était presque trop facile et pourtant... Deux clef était la, dans le tiroir au milieu d'un amas de papiers. Elle tenta le coup et fut surprise de voir que Vincent était prévisible. Dès le premier essais, c'était la bonne.
Elle ouvrit la porte doucement, un silence lourd flottait dans l'air et le bruit avait disparu. Elle alluma la lumière et pu apercevoir 2 portes. Une ouverte qui menait dans, ce qu'elle supposait être le garage et une autre porte fermée. Elle descendit et jeta un coup d'œil a la porte ouverte. Malgré la noirceur de la pièce, Virginie savait qu'il s'agissait du garage. Elle décida d'ouvrir l'autre porte avec la seconde clef. Elle était presque surprise de voir a quel point c'était facile. Mais, après tout, Vincent ne devait pas s'attendre a avoir de la visite. D'ou le fait que tout soit a sa place. Rangé et non caché.
Une fois la seconde porte ouverte, Virginie pu voir Céline assise par terre sur un matelas défraichit et raplapla. Recroquevillée sur elle même, elle tremblait de peur. Lorsque la porte s'était ouverte, la blonde avait levé les yeux vers la personne qui rentrait. Virginie pouvait voir dans son regard une incompréhension et une peur mélangées. Qu'avait fait Vincent ?
Virginie se précipita aux cotés de Céline, elle s'accroupit à ses cotés et elle lui remit instinctivement une mèche de cheveux derrière l'oreille. Puis l'enlaça en la serrant un peu fort. Mon Dieu, pensa Virginie qui était sous le choc de cette découverte. Elle aurait voulu ne jamais avoir eu raison. Au bout de quelques minutes, elle s'écarta de la blonde pour la regarder. Elle passait une main rassurante dans son dos, espérant la voir parler. Elle avait besoin d'explications.
Dans les sous sols de la maison de Vincent
Encore une fois, il l'avait laissé seule dans cet endroit. Céline ne luttait plus, elle n'essayait plus de s'échapper. Ou même de forcer la porte. Elle se laissait juste mourir petit a petit. Qui viendrait la chercher de toute façon? Elle avait perdu toute sa famille et Anaïs l'avait pas tellement eu au téléphone ces dernières semaines. Être interne, signifiait ne plus avoir de vie. Céline l'avait rapidement comprit. Maintenant qu'elle avait eu toute l'explication de Vincent, elle devait juste attendre. La seule chose positive était qu'elle n'allait pas mourir dans l'incompréhension totale. Elle pouvait au moins le remercier pour ça.
Elle avait entendu la porte d'entrée claquer, il était sans doute parti travailler. Céline pouvait se laisser aller le temps de son absence et pleurer a nouveau. Ce qu'elle se refusait de faire devant Vincent, sauf quelques rare fois ou elle n'avait plus la force de se retenir. Les vannes s'ouvraient et ne semblaient jamais vouloir se refermer.
Elle était tellement dans un état de dépression et de fatigue qu'elle n'avait rien entendu lorsque la brune avait fait le tour de la maison. Mais lorsque le bruit des clefs se fit entendre, Céline releva la tête, surprise. Ce bruit était trop familier a ses oreilles. Elle le reconnaissait parmi un million de sons. Si Vincent était revenu elle aurait entendu la porte d'entrée claquer a nouveau. Il lui aurait probablement parlé a travers les portes comme il faisait souvent. Ce n'était pas dans ses habitudes d'ouvrir sans faire ses remarques sarcastiques, auquel Céline ne faisait plus attention. Avait il envoyé quelqu'un pour faire son sale boulot ? Déjà? Si tôt? Était ce le moment qu'elle refusait de voir venir ?
Lorsque la personne ouvrit la porte et qu'elle découvrit son visage, Céline la dévisagea sans comprendre. Qu'est ce que c'était que ça? Est ce qu'ils étaient complices ? Elle voyait le mal partout, mais avec ce qui lui arrivait tout était possible. Lorsqu'elle s'avança Céline paniqua. Elle était complètement coincée ici et trop fatiguée pour bouger et s'éloigner de Virginie.
Le regard de la brune fut complètement contradictoire avec ce qu'elle pensait. Elle s'était accroupie à ses cotés et la couvrait de geste tendre. Céline trop faible s'était contentée de se laisser faire, comme une enfant.
Une partie d'elle doutait, cependant. Elle avait fait confiance a Vincent, il avait été gentil et attentionné et voilà ou elle en était. Elle savait qu'elle aurait du mal a refaire confiance à nouveau, même si Virginie semblait vraiment préoccupée par ce qui lui arrivait. Et puis lorsqu'elle la regardait, la blonde sentait ce sentiment qui ne la quittait pas. C'était étrange mais agréable.
Il faut qu'on se bouge la pressa Virginie. Elle lui tendit la main pour qu'elle puisse se lever. Elle ne savait pas si elle devait la suivre et ou si c'était un piège. C'était assez déroutant pour la blonde d'être partagé entre son ressentit et cette peur de faire confiance.
Elle hésita un instant puis leva faiblement sa main pour que la brune l'aide à se relever. Céline avait besoin de parler, elle voulait comprendre aussi ce que Virginie faisait la. Seulement au lieu de lui poser des questions, elle s'était mise a lui déballer toute son histoire. Son amnésie, Anaïs, Paris et son prénom. Elle avait tout dit, la, au milieu de cette salle lugubre. Il fallait qu'elle sache.
Virginie s'était stoppée, puis retournée. Elle ne s'attendait pas a ce qu'elle lui fasse un exposé maintenant, elles n'avaient pas assez de temps. Seulement, les révélations qu'elle entendit lui firent oublier l'empressement et le stress.
Alors dans la tour Eiffel c'était bien toi ?
Céline fronça des sourcils. Donc je n'ai pas rêvé ? Tu étais dans la file d'attente ce jour la aussi ?
Virginie sourit de plus belle, heureuse de savoir qu'elle avait bien toute sa tête et aussi que la blonde l'avait aperçu. Elle acquiesça.
Sur les champs aussi je suppose ? Je pensais que mon esprit me jouais des tours...
Céline se mit alors a lui parler de son rêve et du rapprochement qu'elle avait fait. Le sourire de Virginie se fanna suite a ce souvenir douloureux. Puis Céline abrégea son histoire en parlant de son arrivée ici et de Vincent. La blonde semblait être plus a même de penser, moins dans la léthargie et le laisser aller. Mais, la peur de se faire surprendre commençait à s'immiscer dans son esprit. Le reste des questions seraient remises a plus tard. Je crois... Que nous devrions y aller.
Virginie rageait de savoir pourquoi Céline était enfermée. Comment Vincent pouvait il tomber aussi bas et profiter d'une femme complètement déboussolée ? Son cœur se serra, parce qu'elle se rendait compte que Céline l'avait complètent oublié aussi. Mais d'un coté elle était ravie de voir que Céline se souvenait un petit peu d'elle. Même si ce n'était pas le meilleur souvenir.
Elles montèrent les escaliers et Virginie referma les deux portes derrière elles. Avec un peu de chance Vincent ne se rendrait compte de rien une fois de retour. Ou du moins jusqu'à ce qu'il ouvre la porte du bas. Lorsqu'elles atteignirent la seconde porte, celle de l'entrée claqua. Virginie croisa le regard terrorisé de Céline.
La brune fut prise d'un coup de panique aussi, parce qu'elle n'avait pas prévu ce plan la. Elle plaça Céline derrière elle alors que Vincent entrait dans leur champ de vision. Céline murmura quelque chose que Virginie ne compris pas.
Qu'est ce que vous... ? Commença l'homme.
Il ne pensait pas recevoir de la visite, tout comme elle s'attendait a ce qu'il débarque une fois qu'elles soient sorties.
Bonsoir Vincent. Dit posément Virginie, essayant de relayer sa colère et sa peur au second plan. Elle avait des envies de meurtre, mais il fallait qu'elle fasse quelque chose d'utile et de réfléchit. La colère n'allait pas aider.
Virginie ! Dit il complètement sous le choc. Si vous vouliez prendre un verre avec moi il vous aurait suffit de demander... Et de m'attendre ! Lança t il d'un ton faussement détaché.
Espèce d'enfoiré ! Siffla t elle entre ses dents en s'approchant de lui.
Je ne vous savais pas si mal polie, continua t il de son ton faussement mielleux. Il semblait avoir remarqué Céline, mais ne fit aucuns commentaires. Continuant de discuter comme si la blonde n'existait pas.
Et vous si récidiviste ! Enlèvement et séquestration de personne... Je ne sais pas combien ça fait, mais ça doit valoir quelques années de prison.
Comme vous y allez ! Personne n'est séquestré, ni même enlevé. Céline est ici de son plein gré... Et je la protège contre elle même. Vous avez sans doute entendu quelques frasques de son passé. Dit il avec un petit sourire satisfait. Il semblait avoir déjà tout prévu. Elle a quand même fait de nombreux séjour en hôpital psychiatrique.
Céline était mortifiée, elle s'écartait de plus en plus d'eux pour mettre un espace physique suffisant entre elle et Vincent. Ce dernier avait sourit en la voyant faire, ce qui avait énervé encore plus Virginie. Elle s'était mise a se jeter sur lui en l'incendiant de mots grossiers. Vincent ne semblait pas l'avoir vu venir et ne pu que se protéger de ses mains pour éviter de se prendre un coup. La blonde s'était mis en boule dans le couloir, essayant de s'éloigner un maximum de la scène. Mais le mur la bloquait et les portes étaient fermées, elle n'avait même pas le courage de les ouvrir pour s'y cacher.
Au lieu de le frapper au visage, comme elle pensait le faire au départ. Son cerveau se mit a réfléchir a toute vitesse, si elle le faisait tout ça se retournerait contre elles. Vincent avait eu de nombreux déboires avec la justice, il savait tourner les choses en sa faveur.
La brune se mit alors a le pousser de toute ses forces se disant qu'ainsi, le temps qu'il se relève, elles auraient le temps de fuir. Ce qu'elle n'avait pas prévu c'était l'endroit ou il s'était placé. Il avait perdu l'équilibre et commençait à tomber à la renverse. Virginie réalisa au dernier moment que la tête de Vincent se dirigeait vers le vide... Vers l'escalier qui menait à la « cellule » de Céline. Il tomba tête la première, sans avoir eu le temps de réagir et dévala les marches en débaroulant sans pouvoir s'arrêter.
Céline avait poussé un cri de surprise en le voyant partir en arrière, elle avait pensé qu'il se relèverait aussi vite et qu'il s'en prendrait physiquement a Virginie. Seulement elle écarquilla les yeux en voyant Vincent disparaître à travers la porte. Elle mit quelques secondes avant de bouger pour s'approcher de Virginie, qui était complètement immobile. Le corps de Vincent gisait au bas des marches et une tache sombre commençait a se former par terre autour de sa tête.
Virginie restait pétrifiée face a ce spectacle et ce fut Céline qui la tira par le bras pour s'enfuir par porte de derrière la baie vitrée n'étant pas fermée a clef il fut facile de s'échapper rapidement. Céline en sortit la première, les sens complètement en alerte. Il n'y avait personne dans les jardins, les voisins étaient absents. Elle prit de nouveau Virginie par le bras, celle ci semblait plus coopérative et ensembles elles s'éloignèrent de la maison.
Virginie et Céline montèrent sur le scooter de la brune et se rendirent chez Fernand. La cheffe de chantier semblait peut à peut reprendre ses esprits... Elle avait du mal a concevoir qu'elle avait probablement tué Vincent Chaumette. Devait elle appelé les secours ? Irait elle en prison ? S'enfuir n'arrangeait rien, mais elle n'avait pas le courage de rester chez cet homme tout en appelant la police. Elle ne voulait pas payer pour un connard. En chemin, la brune sentit le malaise de Céline. La blonde avait beau être amnésique il y avait des choses qui ne changeaient pas.
Une fois dans le jardin du père de Virginie, elles enlevèrent leur casque en silence.
Écoutes, ça va être difficile de faire comme si de rien n'était mais...
D'accord. La coupa Céline. On fera comme tu veux.
Virginie écarquilla les yeux, surprise de voir que Céline semblait bien trop soumise pour être normale. Je... Je ne vais pas te faire du mal ok? C'était... Un accident.
Je sais. Dit la blonde en fixant le sol.
Fatche, c'est pas possible ce minot! pesta Fernand en frappant fortement la portière de sa fourgonnette. Il tomba presque nez a nez avec le couple. Virginie? Mademoiselle Frémont?
Virginie souffla. Je t'ai déjà dit de l'appeler Céline.
Fernand se gratta la nuque légèrement mal a l'aise. Oui-oui. Désolée Mad... Céline.
Qu'est ce qu'il se passe papa? Demanda Virginie, trop heureuse de changer de sujet.
C'est Fabien, le minot qui travaille avec nous au bateau. Fatche, ce gosse est une vrai chichourle! Il est bien brave, mais qu'est ce qu'il a deux mains gauches!
Céline ne pu s'empêcher de sourire face a cet argot qu'elle ne connaissait pas. Il n'était pas difficile de comprendre le sens de ces mots inconnus, pourtant.
Tant qu'il veut bosser, c'est déjà bien non? Dit Virginie en lançant un regard amusé a Céline.
Manquerait plus qu'il soit vier, tiens! Fernand marqua une pause avant de regarder la blonde puis sa fille. Tu restes manger ce midi?
Eh bien je pensais... Que nous pourrions inviter Céline? J'ai fait les courses hier.
Eh bè... C'était pas prévu. J'espère que vous avez rien contre le bazard Mad... Céline.
Non. Dit la blonde avec un timide sourire.
Ensemble, ils se dirigèrent vers la maison. Vu qu'il était encore tôt, Virginie lui fit visiter la maison. Elle l'avait déjà fait, mais son père n'avait pas été présent ce jour la. Du coup, il ne trouva pas ça suspect. Céline de son coté essayait de se faire toute petite. Encore une fois elle s'incrustait chez des gens. Sauf que cette fois, Virginie la connaissait. Virginie qui venait de tuer son bourreau. Céline avait du mal a ne pas y penser. Malgré la brune ou les intervention de Fernand, lorsqu'il avait fait un commentaire sur les posters has-been de Virginie dans sa chambre.
Une fois la table mise, Céline avait presque l'impression de se retrouver dans la famille d'Anaïs, ou le bonheur et la joie était au rendez vous. Fernand avait raconté les nombreuses frasque de Virginie lorsqu'elle était ado et la gène de la jeune femme était encore plus risible que les histoires. Céline écoutait avec attention, alors que Virginie tentait sans cesse de détourner la conversation. Bien que au départ, Fernand semblait pas tout a fait a l'aise devant la blonde, il changea rapidement d'avis en voyant sa fille heureuse et aux petits soins. Ce qu'il trouva étrange, cependant, était que Céline restait silencieuse. Il l'avait connu plus bavarde.
Mais alors, vous travaillez toujours dans la boite de BTP? demanda l'homme en posant sa fourchette. Le plat venait d'être dévoré par Fernant et la blonde, qui n'avait pas mangé convenablement depuis des jours.
Papa... Il faut que tu saches. Céline est amnésique.
Hein? Hoï! Qu'est ce que c'est qu'c'est encore cette histoire?
Elle a eu un accident il y a... Elle se tourna vers la blonde. Un mois environs? Céline acquiesça. Et donc, elle est sur Marseille grâce a une amie qui l'y a amené. Virginie n'entrait pas dans les détails, pour ne pas trop embêter Céline. Son père apprendrait bien toute l'histoire un jour ou l'autre.
Boudie! Eh bien, elle t'en aura fait voir cette bourgeoise! lâcha Fernand sous le regard étonné de la blonde, qui n'avait pas idée de ce dont il parlait.
Papa! S'exclama Virginie agacée.
Ça veux dire que vous vous souvenez pas de ma dorade? Ou de notre petite virée en bateau?
Non. Désolée. Dit Céline embêtée.
Essaye pas de la refaire monter sur ton bateau, toi! Dit Virginie en pointant d'un doigt menaçant, son père.
Bah! J'aurais essayé.
Il me semble que je suis phobique de l'eau... Commença Céline en fronçant les sourcils. Comment se fait il que je sois monté a bord?
Parce que vous me l'avez demandé, peuchère! Vous avez passé votre temps agrippée au cordage de la poupe, verte comme une algue. J'ai bien cru que vous y resterez accroché toute la journée!
Céline ne pu s'empêcher de sourire. J'ai vraiment fait ça?
C'est vrai que c'était pas beau a voir... Dit le père de la brune en secouant la tête. Mais vous étiez moins pègue, comme ça, c'était pas plus mal.
Papa... Soupira Virginie en secouant la tête de dépits.
J'imagine que ça devait être drôle pour vous. Dit la blonde avec un sourire. Ce qui surprit Fernand ainsi que Virginie.
Ouaille ! Je vous aime bien mieux que quand vous faisiez des manières!
Mon dieu, papa... Souffla Virginie. Elle se sentait tellement mal a l'aise qu'il parle de l'ancienne Céline si ouvertement. Et encore plus déroutée de voir que Céline s'en amusait.
Le soir venu, Céline se trouva a dormir dans le lit de Virginie, et cette dernière s'était contentée d'un lit d'appoint. Le canapé était inconfortable selon les dires de la brune et n'ayant pas de chambre d'amis, il avait fallu prévoir au mieux. Céline n'avait plus aucunes de ses affaires. Elle ne savait pas ce qu'en avait fait Vincent, d'ailleurs ça la faisait paniquer légèrement. Si il avait gardé son portefeuille, il y aurait des preuves qu'elle était venue chez lui.
Une fois couchée et dans le noir, Virginie se laissa aller au confidence concernant leur couple. Céline en apprenait d'avantage sur son passé. Et cette fois ce n'était pas un mensonge, quoi que Vincent n'avait pas complètement menti sur certaines choses non plus. Il avait juste omis des détails et pas des moindres! Deux mariages!
A présent, il fallait tout recommencer. Céline savait qu'elle pouvait faire confiance a Virginie, parce qu'elle l'avait plus ou moins impliquée dans sa vie en la présentant a son père. Même si ce dernier la connaissait d'avant. Et, contrairement a Vincent elle semblait prête a lui faire des visites et lui faire rencontrer du monde.
C'était déroutant et en même temps agréable. L'ambiance n'avait rien a voir avec les têtes a têtes qu'elle avait eu avec Vincent. D'ailleurs, aucunes des deux n'avait parlé de l'incident... Et Céline savait que tôt ou tard il reviendrait sur le tapis.
Le lendemain matin.
Céline s'était réveillée seule dans la chambre. Le bruit des couverts qui tapaient dans de la céramique la fit sourire. Ils devaient déjà être debout. Elle jeta un œil vers le lit vide de Virginie. Finalement, elle devait être la seule qui dormait encore. Elle sortit de la chambre, tout en enfilant le pull de la veille. Mal a l'aise de se retrouver devant eux avec un des pyjama de Virginie. Il fallait qu'elle trouve aussi des affaires de rechange...
Ah ! Elle est enfin réveillée la marmotte ? Demanda Fernand. Boudie! Il est déjà 8 heures, les infos ! S'exclama t il en saisissant la télécommande. Il alla s'installer sur le canapé et alluma la télévision.
Fais pas attention, si t'es pas debout a 6 heures du matin il te chambrera constamment le matin. Dit la brune en plaçant un bol sur la table. Café ?
Oui, merci. Dit la blonde avec un sourire.
Elle ne savait pas si elle devait aider ou si elle devait s'asseoir. Virginie lui demanda de prendre place, visiblement son père et elle avaient déjà mangé.
En bref de l'actualité, annonça la journaliste. Nous venons d'apprendre la mort d'un architecte réputé, un certain Vincent Chaumette. Connu pour ses nombreuses arnaques et ainsi que l'affaire en cours concernant les trafics de métaux. D'après la police, il semblait que ce soit du a un accident, Monsieur Chaumette aurait glissé dans l'escalier de sa maison. La police tente de trouver le lien entre sa mort et celle d'un ancien mafieux a qui il aurait eu a faire récemment... Sans transition, la nouvelle ligne de train...
Céline s'était figée, écoutant attentivement tout ce que racontait la journaliste. A la fin du sujet, elle s'était retournée vers Virginie qui s'était immobilisée, un paquet de céréale à la main. Elle mit quelques secondes avant de jeter un regard paniqué à Céline. Certes, elles ne devaient pas avoir grand choses a craindre puisqu'il était lié a de nombreuses affaires douteuses. Mais la police pourrait facilement conclure a un accident ou a une vengeance, sauf si ils retrouvaient des preuves. Comme le portefeuille de Céline, avec sa carte d'identité. Avec un peut de chance, il avait balancé toutes ses affaires et l'histoire serait classée sans suite.
Dis moi Virginie, ce Chaumette, tu le connais non ? Demanda son père en se retournant vers elles.
Oui, il travaillait a Phénicie avec Céline et moi.
Je ne savais pas qu'il touchait à des affaires louches... Si j'avais su qu'il était comme ça, ce mariolle, j'aurais pas insisté pour qu'il sorte avec toi.
Il a toujours été comme ça papa... Souffla Virginie un peu agacé qu'il remette cette histoire sur le tapis.
Céline restait en retrait de leur conversation, mais n'avait pas pu cacher sa surprise. Ainsi Fernand avait voulu que Chaumette et Virginie soient ensemble ? Avec ce qu'elle avait appris elle trouvait ça plutôt étrange.
Et vous... Ah c'est vrai, vous vous souvenez pas... C'est peut être pas une mauvaise chose. Continua t il en se tournant vers la télévision.
Au moins, elle était fixé sur le sort de Vincent. Mais pas vraiment sur leur propre sort à elles.
