SANG ROYAL
Chapitre 1 : Par-delà la montagne
Debout dans un grand cimetière nain, Grunlek von Krayn, habillé tout de noir, se recueillait devant la tombe d'Ugryn, celui qui lui avait tout appris. C'était la première fois qu'il s'y rendait depuis le décès de son père, et il avait voulu le faire seul. Une nouvelle page de sa vie s'était tournée définitivement, il avait eu besoin de temps pour s'y faire. Les événements s'étaient enchaînés très vite. Les papiers pour l'instruction de la reine Yolga, les papiers pour la régence de Thrivar von Duröf, les papiers de renoncement à la succession. Il avait l'impression d'avoir passer la semaine dans la paperasse. Il n'avait vu que très peu ses compagnons de voyage, qui restaient compréhensifs malgré tout, en toutes circonstances.
Il s'agenouilla près de la tombe, une rose blanche à la main, qu'il déposa délicatement sur le marbre. A la volonté de Grunlek, la tombe de son père avait été positionnée juste à côté. Une tombe simple, contrairement à la volonté du Haut Conseil qui avait voulu construire une statue en son honneur. Il n'avait pas pour habitude d'être croyant, mais il se plaisait à imaginer Ugryn faire la morale à l'ancien Roi. Un moyen comme un autre de se donner du courage. Il se releva doucement, un léger sourire aux lèvres.
« Je vous promet que tout se passera bien. Yolga deviendra une grande reine, et vous aurez enfin une raison d'être fier de moi. Je vais vous prouver que je ne suis plus un enfant. »
Il resta encore quelques minutes immobile, silencieux, puis se décida à quitter l'endroit. C'était la première fois qu'il avait vraiment du temps libre depuis le début de la semaine, et il en profitait comme il pouvait. Il remonta l'allée commerciale, en se disant que tout le palais devait probablement s'inquiéter de sa disparition. Il était parti sans rien dire, sans vraiment savoir pourquoi non plus. Un simple besoin de changer d'air de toute évidence. De nombreux nains s'inclinèrent à son passage, certains vinrent même lui présenter des produits régionaux, que Grunlek prit plaisir à retrouver. Depuis combien de temps n'avait-il pas manger de spécialités naines ? Il ne s'en souvenait même plus. Il faut dire que ses compagnons étaient tellement difficiles avec la nourriture... Quand il prononçait le mot « ragoût » sans préciser quel était l'animal en question, ça tournait tout de suite en catastrophe. Au moins, Eden était bien nourrie, puisqu'elle finissait la majorité des assiettes de Balthazar et Shinddha. Théo était méfiant envers la bouffe, mais quand il avait faim, il s'en fichait pas mal de ce qu'il y avait dans son assiette.
Il finit par gagner l'entrée du palais une bonne heure plus tard, les bras chargés de divers plats, gâteaux, friandises, fruits et légumes qu'il cuisinerait probablement en cours de route. Les gardes s'écartèrent à son passage, et il finit par gagner le grand hall. Shin était assis sur une des marches de l'escalier montant aux chambres. Il semblait concentré et marmonner une série de chiffres. Grunlek haussa un sourcil.
« Qu'est-ce que tu fais ?
- Je joue à cache-cache avec Yolga.
- Ah. Soyez sages, évitez de mettre le bazar partout. Où sont les autres ?
- Théo est sorti faire un tour dans les jardins, Bob est toujours dans la bibliothèque. Eden est avec Yolga. »
Grunlek hocha la tête et monta dans la chambre. Il déposa ses achats sur le bureau et partit se changer. Il ne portait du noir que pour sortir, il détestait ça. L'ambiance au palais était déjà bien assez déprimante comme ça depuis la mort du Roi. Il quitta la pièce, et eut le temps d'apercevoir Yolga et Eden tourner dans un corridor en courant, ce qui lui arracha un sourire. Il se dirigea à grands pas vers la gigantesque pièce du château qu'était la bibliothèque, située dans l'aile ouest du palais, sur deux étages. Rares étaient ceux qui osaient s'y aventurer, vu la poussière qui s'était accumulé sur les plus gros ouvrages. Grunlek repéra rapidement ce qui l'intéressait ici. Balthazar Octavius Barnabé était avachi dans un fauteuil trop petit pour lui, une pile de livres de chaque côté du meuble, et un énorme grimoire sur lequel il semblait concentré, sourcils froncés. Et il ne l'avait visiblement pas vu.
« Hey Bob. »
Le mage sursauta discrètement, avant de lever des yeux fatigués dans sa direction. Il avait une mine affreuse, des cernes étaient clairement visibles sous ses yeux, il semblait plus pâle que d'habitude également. Il s'étira doucement, en refermant le livre.
« T'as pas dormi depuis combien de temps ?
- J'en sais foutrement rien. Il y a plein de trucs intéressants dans cette bibliothèque. Ça se verra si j'en pique un ou deux en partant tu crois ?
- Non, sers-toi, te gênes pas. Mais tu devrais vraiment dormir. On reprend la route demain et tu tiens clairement pas le choc là.
- Ouais, t'as raison. Je termine ici et j'vais dormir deux heures. Théo est toujours en ville ?
- D'après Shin, oui. »
Il haussa les épaules, attrapa une poignée de livres et passa devant lui. Grunlek jeta un regard à la pièce, puis lui emboîta le pas. Il le laissa rejoindre la chambre, tandis que lui prenait le chemin de la cuisine. Un petit rituel instauré depuis une semaine. Il se sentait obligé d'aller aider en cuisine. Il avait donné déjà pas mal de conseils à la vieille femme qui s'en occupait habituellement, qui n'était autre qu'une de ses nourrices étant enfant, et donc une des rares personnes à qui Grunlek ne voyait rien à reprocher dans ce palais. Même s'il n'était pas très à l'aise dans cette « prison », être en contact avec d'autres nains lui plaisait. Il ne s'était jamais réellement rendu compte d'à quel point les membres de son espèce lui manquait avant de revenir dans sa ville natale.
En arrivant, Darura, la cuisinière, lui fit un grand sourire. Elle adorait le voir devant ses fourneaux. Comme elle disait, en quatre vingt ans, elle n'avait jamais vu un prince aussi proches de ses sujets, même si le prince en question ne se considérait pas vraiment comme tel. Grunlek avait gardé sur lui un des gâteaux qu'il avait acheté, et il lui offrit. Ravie, elle le partagea avec lui, et ils commencèrent à discuter tout en préparant le repas du soir.
« Et où est-ce que vous vous dirigez ?
- Vers l'ouest. Mon ami mage voulait à tout prix y aller. On a trouvé un comptoir d'embauche de mercenaires, on va voir si on peut y trouver du travail.
- J'espère que tout se passera bien pour Yolga, c'est une brave petite, elle est très courageuse. Vous l'auriez vu quand votre père est tombé malade. Malgré la douleur, elle est restée calme, elle l'a soutenu du début à la fin.
- Elle ira bien. Elle semble déjà avoir adopté le groupe. Elle passe beaucoup de temps avec Balthazar et Shinddha. Théo est plus méfiant, il va falloir qu'elle fasse ses preuves pour qu'il lui accorde totalement sa confiance. Mais on est tous passé par là. Elle réussira. Il a l'air un peu froid quand on ne le connaît pas, mais il a un grand cœur. Et je suis certain que lorsqu'il lui apprendra à utiliser une épée il sera ravi de l'avoir dans le groupe. »
Grunlek se concentra sur ses carottes, attrapa son couteau et commença à les couper. A ses côtés, Darura dépeçait deux lapins.
« Je n'ai pas vraiment confiance en ce paladin, dit-elle. Depuis qu'il est là, il n'a causé que du soucis aux employés. Les draps qui ne lui conviennent pas, la nourriture pas assez chaude... Il nous a même demandé si on pouvait faire couler son bain.
- Théo a fait ça ? Ne vous inquiétez pas, je lui en toucherais deux mots. Je n'ai pas eu beaucoup le temps de les voir ces derniers jours.
- Je comprends. Thrivar est très à cheval sur les règles et les papiers, mais vous serez bientôt libre, pas vrai ?
- En effet, on part demain à l'aube. »
La vieille femme parut soudainement très triste. Grunlek posa une main sur son épaule en s'en apercevant.
« Vous allez bien ?
- C'est juste que... Je suis triste de vous voir partir, après tous les efforts que votre père a entreprit pour vous retrouver.
- C'est... C'est mon choix. Je ne supporterai pas d'être enfermé de nouveau, vous le savez mieux que quiconque.
- Je respecte votre choix Majesté. Je n'ai rien pu faire pour vous aider quand vous étiez plus jeune, mais je promet de faire tout ce qui est en mon pouvoir pour que ce royaume aille bien.
- Vous avez déjà fait beaucoup Darura. Vous m'avez accordé de l'attention, c'est tout ce qu'il me fallait.
- Allez donc retrouver vos amis. Je vais terminer le repas. »
Grunlek la prit brièvement dans ses bras, et quitta les cuisines. Il remonta rapidement à l'étage, et entra doucement dans la chambre. Comme prévu, Balthazar était profondément endormi, la tête enfoncée dans un coussin. Dans celui d'en face, Yolga et Shin jouaient aux cartes, Eden à leurs pieds. Le nain se dirigea dans leur direction. La jeune naine sourit à son nouveau mentor.
« La promenade a été bonne Sire Grunlek ?
- Appelle-moi simplement Grunlek. Et oui. J'ai été un peu aider en cuisine.
- Bob a l'air complètement crevé, lâcha Shin en riant. C'est toi qui a réussi à le convaincre d'aller se coucher ?
- Il faut croire. Toujours pas de nouvelles de Théo ? »
Comme pour lui répondre, la porte s'ouvrit sur le paladin, habillé d'une longue tunique blanche aux broderies dorées. Il semblait excessivement ravi, c'était très louche. Il jeta un coup d'œil au mage, et sembla légèrement se crisper, comme si ça le dérangeait.
« Il y a que lui pour dormir au beau milieu de l'après-midi.
- Laisse-le Théo, soupira Grunlek, en le voyant s'approcher du mage. Il a besoin de sommeil.
- Ouais, bah ça se fait pas dans un château. »
Il fit demi-tour et vint s'installer sur le lit où les autres se trouvaient. Yolga jeta un regard méfiant au paladin et se rapprocha sensiblement de Grunlek, juste au cas où. Le nain posa une main réconfortante sur son épaule. Pour tout dire, lui aussi se demandait ce qui ne tournait pas rond chez lui. Shin plissa les yeux et dit tout haut ce que les autres pensaient tout bas.
« Tu comptes remettre ton armure, hein ?
- Bah oui, quand on partira. Pourquoi ? Tous les nai... gens me regardent bizarre dehors. J'ai fait quelque chose de mal ?
- Non, dit calmement Grunlek. C'est bien ça le problème. Tu es beaucoup trop calme Théo. Et exigeant, cette pauvre Darura est traumatisée par tes demandes extravagantes.
- J'ai juste demandé un nouveau drap parce que ton clebs a pissé dessus et de l'eau chaude. En quoi c'est extravagant ? »
Eden grogna légèrement, comme si elle savait qu'on parlait d'elle. Grunlek le crut, étrangement. C'était peut être juste son côté bourrin et sa grande taille qui devait les effrayer, rien de nouveau jusque là. Bob bougea légèrement sous ses draps, et finit par ouvrir un œil. Bien qu'ayant encore de grandes cernes sous les yeux, il semblait plus reposé.
« Ton sac est prêt pour demain Yolga ? Interrogea Grunlek, bienveillant.
- Oui, bien sûr. Il l'est depuis que tu m'as dit qu'on partait à l'aventure. Je ne suis jamais sortie de cette montagne, j'ai hâte.
- Ouais, bah t'as intérêt à marcher, je porte pas les mioches, intervint élégamment le paladin. »
Shin donna une tape dans le dos de l'inquisiteur.
« Aaah, bah enfin ! On se demandait où été passé le vrai Théo.
- Je sais très bien marcher, répondit sombrement Yolga. Et si je devais me faire « porter », ce ne sera certainement pas par un pseudo-guerrier aux allures de paladin.
- Oooooooh, c'était bien envoyé ! Lâcha Bob depuis son lit. Je l'aime bien cette petite, elle a du toupet ! »
Théo, lui, ne semblait pas vraiment avoir apprécié, la défiant du regard, sourcils froncés, visiblement vexé, ou blessé. Un peu des deux. Yolga se sentit immédiatement coupable.
« Je... Je suis désolée, je voulais pas dire ça.
- C'est moi qui suis désolé, grogna Théo. J'aurais pas du commencer. »
Grunlek, qui allait intervenir, ne bougea finalement pas. C'était une bonne chose au final. Si, en plus d'éduquer Yolga, il pouvait apprendre au paladin la politesse et le respect, ça ne pourrait qu'être bénéfique pour leur groupe. Théo sembla se détendre, et finit par gagner la salle de bain. Balthazar s'étira longuement avant de se mettre à faire les cent pas dans la pièce, pour se dégourdir les jambes, sous le regard de ses trois autres compagnons, un peu perdus. Le nain lança un regard à sa louve, profondément endormie à ses pieds, ronflant légèrement.
« Je l'aime bien, dit calmement Yolga.
- Qui ça ? Demanda Bob, qui cherchait un moyen d'engager la conversation.
- Sire Théo. »
Grunlek lui offrit un sourire, qu'elle lui rendit. Le mage plissa les yeux, puis une idée sembla germer dans son esprit. Il s'approcha de l'adolescente, un grand sourire aux lèvres. Ce fut au tour du mentor de la jeune naine de s'inquiéter. Bob était capable du meilleur comme du pire, et il était le premier à provoquer des catastrophes.
« Dis moi Yolga, tu sais lire ?
- Oui, bien sûr Sire Balthazar.
- Bien. Je n'arrive pas à comprendre le nain, j'aurais probablement besoin d'aide pour déchiffrer cette énorme bouquin pendant le voyage. Tu veux bien m'aider ?
- Ce sera avec plaisir. »
Elle se leva, fit quelques pas dans la pièce, puis jeta un coup d'œil vers la porte derrière elle, qu'elle pointa du doigt.
« Je vais me retirer dans ma chambre, je dois vérifier que je n'ai rien oublié. On se voit au repas. »
La louve releva la tête, et suivit Yolga hors de la pièce, la queue battant l'air. Le reste de la soirée se passa calmement. Après le repas, Balthazar commença à ranger ses affaires dans la chambre, essayant de tout caser dans son sac. Théo nettoya son armure, tandis que Shin, épuisé, était déjà parti se coucher. Grunlek était lui dans la chambre de Yolga, assis sur son lit, en train de la border.
« Je ne vais pas réussir à dormir, j'ai tellement hâte.
- Tu as besoin de prendre des forces, le temps est rude dehors, et il faut que tu sois en forme. Dans les plaines froides du Cratère ne survivent...
- … Que les forts. Je sais, il me le disait à moi aussi. Ugryn me manque beaucoup.
- A moi aussi. J'aurais aimé pouvoir lui dire au revoir. »
Yolga enlaça Grunlek, et posa sa tête sur son torse, il sourit et referma ses bras sur elle. Ils restèrent quelques secondes dans cette position, puis Grunlek la fit reculer.
« Allez jeune fille, il est temps de dormir. On a beaucoup de route à faire dans les deux prochaines semaines. Profite bien de ton lit.
- Grunlek ?
- Hum ?
- Toi aussi tu devrais dormir. »
Le nain lui sourit tristement. C'est vrai qu'il n'avait pas beaucoup dormi ces derniers temps. Yolga remonta la couverture jusqu'à son menton. Eden sauta sur le lit, tourna sur elle-même et vint se blottir contre l'enfant. Grunlek lui caressa la tête brièvement et quitta la pièce, pour regagner sa chambre. Théo était en train de se coucher, Shin ronflait et Balthazar était assis sur son lit, plongé dans la lecture d'un gros grimoire. L'ingénieur s'étira, avant de se diriger vers son lit. Les veilles de grand départ le rendait toujours nerveux, celui du jour suivant encore plus que les autres. Ce voyage serait probablement très instructif, mais aussi très dangereux. Après ce qui était plusieurs fois arrivé à leur groupe, il savait que perdre Yolga avant la fin des huit années de préparation était possible. Il secoua la tête. Il ne devait pas y penser, si eux avaient survécu jusque là, elle en ferait tout autant. Grosse responsabilités. Il se demandait bien dans quoi il s'était embarqué encore une fois. Il s'allongea, et ferma les yeux, souriant. Le sommeil le gagna doucement, et il finit par se laisser porter par les rêves.
Il fut réveillé à l'aube par une langue rugueuse, sur son visage. Il ouvrit un œil fatigué et aperçut Eden, au dessus de lui, la queue battant l'air. Derrière elle, adossée contre le mur, déjà habillée, Yolga patientait, visiblement surexcitée.
« Bonjour Grunlek !
- Tu es déjà prête ?
- Je suis debout depuis plusieurs heures. Je n'arrivais plus à dormir. »
Le Nain se leva, et se dirigea vers la pièce principale de la suite. Shin s'éveillait à peine, Balthazar était endormi assis, la tête dans son grimoire. Théo était lui réveillé, en train d'enfiler son armure en silence. Eden sauta sur le lit de Shin et vint lui renifler le visage. Le demi-élémentaire la repoussa d'un revers de main, toujours méfiant envers la louve, même de nombreux mois après. Grunlek se dirigea vers Bob, et le secoua doucement.
« Bob, il est l'heure.
- Gnnnn, pas enviiiiiie. »
Théo poussa un soupir. Il attrapa la couverture à deux mains et tira d'un coup sec dessus. Le mage tomba au sol dans un « boum », qui le réveilla d'un coup et fit beaucoup rire Yolga. Couché sur le dos, les jambes encore dans le lit, Bob n'avait pas fière allure à ce moment précis. Une heure plus tard, le groupe était à peu près sur le départ. Grunlek avait été appelé à l'armurerie avec Yolga et Eden. Le nain qui tenait la boutique avait travaillé dur toute la nuit pour créer trois armures complètes. Celle de Grunlek était un mélange de cuir et de côtes de mailles, très souple et légère, pour ne pas le gêner dans ses déplacements. Celle de Yolga était uniquement en cuir, avec un renforcement en fer au niveau de la poitrine et du ventre. Et enfin, l'armurier se tourna vers Eden, qui coucha les oreilles, méfiantes. Il sortit une armure en cuir, et lui plaça sur le dos. Voyant que Grunlek ne disait rien, elle finit par se détendre et accepter de porter le cuir.
« J'ai cru comprendre que vous teniez beaucoup à cette louve. Tout compagnon digne de ce nom se doit d'avoir une armure.
- Merci beaucoup, dit doucement Grunlek.
- Nous vous avons également préparé deux chevaux, ils sont aux écuries avec le destrier de votre ami paladin. Ils se nomment Courage et Chance. Nous espérons que c'est ce qu'ils vous apporteront. »
Yolga et Grunlek hochèrent la tête et partirent rejoindre le reste du groupe, qui les attendaient aux écuries. Eden semblait plutôt bien supporter son armure, même si elle se résistait pas à mordiller une des lanières de cuir qui dépassait de temps à autre. En arrivant, ils trouvèrent Théo en pleines retrouvailles avec son canasson, qui semblait plutôt content de reprendre la route. Bob invoqua Brasier dans un rayon de flammes, qui fit légèrement reculer Yolga de peur. Les « chevaux » de Grunlek et Yolga étaient eux plus modestes. C'était des poneys Shetland, l'un brun, l'autre noir, en armure eux aussi, arborant sur chaque flanc le symbole de la famille, un dindon, représentant la droiture, la justesse et l'abondance de nourriture. Grunlek laissa sa main traîner quelques secondes sur ce dernier, avant de monter sur le cheval noir, qui, pour une fois était à sa taille.
« Chance, lut Yolga sur la bride de son poney. Tu as donc Courage.
- Vos demi-chevaux vont tenir la route ? Demanda Théo d'un ton moqueur.
- Ils sont probablement plus résistants que ton cheval de guerre, railla Grunlek. Et ils ne craignent pas le froid, eux. Du coup on passe devant. »
Shin grimpa avec Bob sur Brasier. Les gardes nains ouvrirent les portes, et nos aventuriers se prirent une bourrasque glaciale au visage, annonçant la couleur. Grunlek passa le premier la porte, suivi de près par Yolga. Brasier prit la suite et Lumière ferma la marche. Yolga poussa un cri de joie dès que les portes se refermèrent sur eux.
« On est libres ! On... On est sortis de la montagne. J'arrive pas à le croire !
- Et ce n'est que le début, lui répondit Grunlek avec un sourire. Allez, en avant ! »
Courage se mit au trot et s'engagea dans la descente, ses compagnons sur les talons.
Et bim ! On est partis pour une toute nouvelle aventure, qui va durer sur le long terme. J'ai tellemeeeeeeeeent d'idées, ça promet d'être génial. Je ne sais pas si tous les chapitres vont faire cette taille là, mais j'essaye de les travailler au maximum, j'espère que ça vous plaît :) L'intrigue principale sera lancée probablement dans deux ou trois chapitre, le temps que notre petite Yolga s'habitue à son groupe. Vous savez que j'adore papilloner, donc ça prendra le temps qu'il faut ! Dans tous les cas, merci à vous d'avoir été aussi nombreux à lire Lettre d'Héritage, j'espère vous voir sur cette nouvelle fanfiction. N'hésitez pas à me laisser une petite review, c'est ce qui me permet de me motiver et avancer ! Je vous fait de grosses grosses bisouilles, et on se retrouve bientôt avec la suite de Royaume en Perdition !
