BON-SWAR ! Désolée pour le retard sur ce chapitre, j'ai eu beaucoup, beaucoup de choses à faire, parce que je suis une tarée qui ne s'arrête jamais, vous le savez bien :D Bref ! On est repartis pour Sang Royal :3 Merci à Noyale, Loaw, Kalynea et Kimi' pour les reviews, c'est adorable :D Allez hop, on enchaîne !
Chapitre 4 : Reprise
Yolga était allongée sur sa couchette, Eden collée à elle, faisant face à Shinddha, toujours en train de ronfler. Elle écoutait Grunlek, Balthazar et Théo, derrière elle, autour du feu, en train de discuter des récents événements. La fuite avait été rude, les aventuriers étaient tous épuisés.
« Il va falloir mettre des moyens de protection en place, dit calmement Bob. Qu'elle le veuille ou non, Yolga est une noble désormais et les accidents de ce genre vont se reproduire. On doit masquer ses traces, lui trouvait une autre identité quand on traverse des grandes villes, quitte à la déguiser. De même pour toi Grunlek. S'ils s'en sont tirés, ils vont répandre les nouvelles partout dans le Cratère.
- T'en fais trop, grogna Théo. On est quatre, on peut la protéger facilement.
- Contre dix paysans et un vieil inquisiteur peut être, mais contre une armée ? »
Grunlek n'avait rien dit, se contentant de fixer ses pieds. Il releva finalement les yeux et prit la parole d'une voix lasse.
« Je la protégerai de ma vie s'il le faut.
- Grunlek... Tu ne peux pas la protéger tout seul.
- Et qu'est-ce qu'il aurait fallu que je fasse ? Que je la laisse au château ? Elle est jeune et inexpérimentée, elle ne tiendrait pas dix jours sur le trône avant que quelqu'un n'ait l'idée de l'assassiner. Sans compter que c'est une femme, et que tous les hommes de ce maudit royaume pourraient lui vouloir du mal. Je... Je ne comptais même pas l'emmener au trône. Elle sera bien plus heureuse en voyageant avec nous qu'en restant coincée toute sa vie entre quatre murs. Je n'avais pas réalisé à quel point le Cratère est dangereux pour tous ceux qui se disent de sang royal.
- Tu abandonnerais ton peuple ? Tu les laisserais sans dirigeant ? »
Grunlek baissa la tête. Yolga quand à elle sentait son cœur battre à toute vitesse dans sa poitrine. Bien qu'elle n'en ait parlé à personne, être reine c'était quelque chose qu'elle ne concevait pas. Elle n'avait jamais voulu l'être. Mais elle avait également fait une promesse au Roi, et elle s'était refusé le droit de ne pas gouverner. Elle devait le faire pour lui, pour son fils qui avait fui ses responsabilités. Elle était perdue. Une larme coula le long de sa joue, incontrôlée.
« Ils trouveront quelqu'un, continua Grunlek. Il sera peut être mauvais, il me bannira sûrement, moi, Yolga et vous trois, mais ça m'est égal. Je ne compte pas y remettre les pieds. Il n'y a rien qui me rattache à cette ville. C'est vous ma famille. »
Eden poussa la main de sa protégée du bout du museau, inquiète de la voir en train de pleureur. Elle retenait ses sanglots, pour ne pas être repérée. Elle remarqua alors que le demi-élémentaire avait ouvert les yeux. Il la dévisageait, sourcils froncés, mais ne disait rien. Il finit par se lever, et s'étira. Il fit à peine deux pas qu'il regagnait déjà le sol.
« T'as pas bougé depuis quelques heures, laisse le temps à tes jambes de refonctionner correctement, finit par lâcher Bob, moqueur, n'esquissant pas le moindre geste pour l'aider. »
Shin prit appui sur ses bras pour se lever de nouveau. Il jeta un regard perdu autour de lui, puis se gratta l'arrière de la tête.
« On était pas dans une auberge ? Il s'est passé quoi ? Théo a encore tué quelqu'un ?
- Pourquoi tout de suite moi ?! S'indigna le paladin, outré par de telles accusations.
- Quelqu'un en veut à Grunlek et Yolga, expliqua calmement Bob, ignorant Théo en train de divaguer derrière eux sur la petite fille et son sens du devoir. On ne sait pas qui, on ne sait pas pourquoi. Mais on va devoir faire avec, et s'éloigner un maximum des grandes villes, là où on pourraient les reconnaître. »
Grunlek s'assit près de Yolga. La jeune naine ferma immédiatement les yeux et se crispa légèrement. L'ingénieur poussa un soupir, et passa sa main « humaine » dans la fourrure soyeuse d'Eden, qui vint se coller à lui en battant joyeusement de la queue. Elle poussa un petit gémissement, avant de pousser Yolga du bout du museau.
« Tout va bien Yolga ? »
Trahie par la louve, l'adolescente ravala ses larmes, pour essayer de ne pas attirer les soupçons.
« Oui, répondit-elle rapidement, d'une voix tremblante. »
Grunlek se tourna immédiatement vers elle, inquiet. Il lança un regard vers les autres. Balthazar hocha la tête.
« Dis donc Théo, c'est pas l'heure de prendre ton bain du mois ? Ça sent le cheval ici.
- Quoi ? T'insinues quoi là ?
- Que ta douce odeur corporelle pourrait faire claquer ton canasson, Eden et toutes les créatures de cette forêt tellement elle est charmante.
- Oh putain, connerie d'hérésie, j'vais te faire la peau ! »
Bob partit en courant, Théo sur les talons, l'insultant de divers nom d'oiseaux. Shin finit par suivre le mouvement, dépité, mais aussi pour sauver Bob qui risquait vraiment sa peau actuellement, couché au sol, un paladin rouge de colère au dessus de lui le secouant comme un poireau. Grunlek profita de la diversion.
« Qu'est-ce qui ne va pas ?
- Rien, mentit-elle. Je vais aller chercher du bois. »
Elle se leva, fuyant la conversation. Grunlek lui attrapa le bras, elle se retourna, croisa son regard une demie-seconde avant de tenter de partir à nouveau.
« Tu nous a entendu parler ? »
Elle hocha la tête. Grunlek l'attira contre lui, et la serra dans ses bras. Elle se retrouva coincée sous une longue barbe brune mais elle sourit.
« Ne t'inquiètes pas, tu as tout le temps de décider. Si tu souhaites vraiment prendre le trône, je ne t'en empêcherai pas. Mais je veux d'abord te savoir en sécurité et capable de te battre, capable de survivre.
- Je ne sais pas ce que je veux.
- Tu as le temps d'y réfléchir. »
Grunlek et Yolga se tournèrent vers le reste du groupe. Théo était toujours au dessus de Balthazar, l'étranglant, Shin sur le dos tentant de lui tirer les bras tout en tapant dessus avec son arc. Le nain décida d'aller s'interposer, pour éviter que la situation ne dégénère d'avantage. Il poussa Théo d'un coup de poing. Balthazar reprit son souffle, en riant de manière démentielle. Si Yolga ne le connaissaient pas, elle aurait sans doute pris la fuite en hurlant qu'ils étaient fous et qu'il fallait les interner. Mais au fond, c'est ce qui faisait que ce groupe était si proche : leurs différences.
Tout le monde finit par revenir près du feu. Théo broyait toujours du noir, lançant des regards meurtriers au demi-diable qui s'esclaffait toujours, comme s'il était possédé. Shin se massait son bras gauche en grognant, Grunlek restait lui silencieux, les yeux dans le vide. Yolga ne savait plus quoi dire. Bob finit par rompre ce silence pesant.
« Bon, où est-ce qu'on va aller du coup ? On peut aller se balader dans la région des grands lacs, c'est beau en cette saison.
- La dernière fois qu'on y a été, Shin a manqué de se faire noyer par une sirène qui l'avait hypnotisée, confia Grunlek à Yolga dans un clin d'oeil qui fit tiquer le demi-élémentaire.
- Eh ! C'était pour sauver la peau de Théo ! Fallait embrasser une sirène pour qu'elles nous fichent la paix, Théo voulait toutes les buter ! »
Le paladin ne réagit pas, toujours en train de bouder.
« Va pour les grands lacs, finit par lâcher Bob, enthousiaste. Si on part maintenant, on arrivera à Orelön avant la nuit. C'est une ville géniale, j'y suis passé quand j'étais plus petit. Il y avait des femmes magnifiques à mon époque. En fait, c'est une ville avec que des femmes. C'est génial ! Elles voulaient toutes me sauter dessus. En plus j'étais en manque d'amour à l'époque parce que l'Eglise de la Lumière me poursuivait et du coup, j'avais besoin de réconfort. Et ensuite... »
Plus personne ne l'écoutait. Le mage continuait de monologuer tout en rangeant ses affaires, sautillant presque sur place. Yolga suivit le mouvement. Elle avait un peu retrouvé le sourire. L'idée de courir vers de nouvelles aventures lui plaisait particulièrement. C'était toujours mieux que de rester assise à ne rien faire. En une heure à peine, le camp était démonté, les sacs accrochés aux chevaux et tout le monde monta en selle. Théo, qui avait enfin retrouvé un semblant de dignité, prit la tête du groupe, suivi de près par les poneys de Grunlek et Yolga, Brasier juste derrière avec Bob et Shin sur son dos.
Ils marchèrent toute la journée. Bob entreprit de donner une petite leçon d'herboristerie à Yolga, qui l'écoutait d'une oreille, plus occupée à regarder un troupeau de biches les suivant de loin. Eden s'amusait à les courser dans les bois, le groupe pouvait en voir une de temps à autre passer devant eux, une grande louve blanche sur les talons. Elle ne les chassaient pas, elle s'amusait avec. C'est tout du moins ce que Grunlek rabâchait au groupe depuis leur apparition, pour couper court aux insinuations sordides de ses compagnons. Shin n'avait lui eu que faire de ses états d'âme. Il banda son arc et abattit d'une flèche habile un des animaux traversant devant eux. Les autres se retournèrent vers lui d'un mouvement commun.
« Pourquoi t'as fait ça ? Demanda Grunlek, choqué. »
Shin leva les yeux en l'air.
« Tu sais que les machins que tu cuisines ils sont vivants avant de finir dans ta casserole, pas vrai Grunlek ? Et on a plus de viande. Et j'ai pas envie de manger des légumes pendant encore trois semaines. Et puis Théo est chiant quand il a pas son steak. »
Le paladin plissa les yeux, n'appréciant pas d'être mêlé à cette affaire. Shin attacha la carcasse à Brasier et le cortège put repartir tranquillement. En arrivant dans les environs de la ville, ils cachèrent la biche dans un coin, avec les chevaux et Eden, ne se doutant pas une seconde en voyant la louve se lécher les babines qu'ils ne retrouveraient jamais leur prise du jour. Ils entrèrent dans la ville.
De jeunes filles, de six ou sept ans, les accueillirent immédiatement, certaines maquillées exagérément. Balthazar se gratta nerveusement la tête. Les petites leur faisaient des avances, c'était de coutume. Avoir une relation sexuelle avec un parfait étranger était un grand prestige ici. Ils ne tardèrent pas à être envahis de jeunes femmes, de tous âges, leur faisant la cour. Si Shin était aux anges, Théo se crispait à chaque fois qu'une main se posait sur lui, repoussant la fille d'un geste sec de bouclier. Yolga, intimidée, collait Grunlek.
« Papa ! »
Shin blêmit en voyant une gamine courir dans sa direction. Oh non, pas encore... pensa t-il, avant de lâcher un soupir de soulagement en la voyant courir vers un homme en robe, qui leur semblait étrangement familier. La mâchoire de Bob manqua de se décrocher devant la scène irréaliste qu'il avait devant lui. Enoch Lennon venait d'attraper une petite fille de deux ou trois ans à peine et la serra contre lui, en lui embrassant la joue, sous le regard de plus en plus colérique de celui qui se considérait comme son fils légitime.
« Bonsoir Fiston, tu as fait bon voyage ? »
Et c'est tout pour ce chapitre ! J'espère qu'il vous a plu, n'hésitez pas à me laisser une petite review si le cœur vous en dit et on se retrouve très vite pour le premier chapitre de mon spin-of d'Aventures :3 Et probablement deux One Shots à venir très prochainement. Je vous fais des bisouilles, à la prochaine !
