Marinette passait une excellente soirée.

Elle n'avait pas mis longtemps à rejoindre l'appartement d'Alya, les deux amies n'habitant guère loin l'une de l'autre. Par un heureux hasard, elles avaient en effet chacune trouvé un logement dans deux quartiers voisins.

Alya l'avait accueillie avec enthousiasme quand elle était arrivée, la serrant dans ses bras avant de l'entrainer vers le salon pour lui présenter le fameux Adrien dont elle lui avait parlé quelques instants plus tôt. Marinette y avait découvert Nino grande conversation avec un jeune homme blond et élancé, qui s'était tourné vers elle pour la saluer en lui adressant un chaleureux sourire.

Elle n'avait pas pu s'empêcher de lui sourire en retour.


Ils étaient maintenant passés à table. Alya avait ouvert en grand les fenêtres, laissant la brise s'engouffrer dans son minuscule appartement pour essayer de faire tomber la température étouffante qui régnait encore malgré la tombée de la nuit.

Les quatre amis passaient un très bon moment, savourant leur repas tout en parlant de tout et de rien. Nino avait décidé de se charger de l'ambiance musicale de la soirée et une sélection de ses morceaux préférés faisait office de fond sonore, meublant agréablement les rares moments où le volume de la discussion était assez bas pour pouvoir entendre autre chose que la voix des quatre jeunes gens.

Chacun avait toujours une nouvelle histoire à raconter, une nouvelle question à poser, une nouvelle plaisanterie à faire, et la conversation n'était quasiment interrompue que par des éclats de rire.

« Sinon, comment va ton petit Adrien ? », lança soudain malicieusement Alya à l'attention de Marinette.

Celle-ci se sentit rougir légèrement face à Adrien – le garçon – qui leva vers elle un sourcil interrogateur.

« Il va bien, merci. C'est… c'est mon chat », bafouilla-t-elle en à l'attention du jeune homme. « J'aime beaucoup ce prénom, que veux-tu », conclut-elle avec un petit rire.

Adrien sembla trouver l'anecdote amusante, éclatant de rire à son tour.

La conversation se poursuivit joyeusement, les minutes défilant à toute vitesse.

Marinette se servit un autre verre de vin. Elle se sentait légèrement euphorique, et elle ne savait pas exactement si c'était à cause de l'alcool ou de la présence d'Adrien.

Probablement un subtil mélange des deux.

Car ce garçon lui plaisait, aucun doute là-dessus.

Certes, il y avait son physique. Alya lui avait parlé de ses cheveux blonds et de ses yeux verts, mais elle avait négligé de lui dire à quel point son visage était séduisant et combien son sourire pouvait être ravageur.

Mais il y avait plus que ça.

Marinette se sentait sincèrement à l'aise avec lui. Ils plaisantaient et discutaient avec une telle familiarité qu'il était difficile de dire qu'ils s'étaient rencontrés quelques heures plus tôt seulement. Elle découvrait quelqu'un de vif, chaleureux et prévenant, et elle était ravie de passer ce moment en sa compagnie. Elle avait également réalisé avec une surprise teintée d'amusement que le jeune homme semblait avoir un certain faible pour les jeux de mots, dont il agrémentait régulièrement la conversation quand l'occasion s'en présentait.

Quoi qu'il en soit, s'il lui avait tout de suite paru sympathique quand elle l'avait rencontré, là elle était clairement sous le charme.

Il faudrait qu'elle songe à remercier Alya, se disait-elle.


Marinette et Adrien discutaient avec animation, tellement absorbés par leur conversation qu'ils ne remarquaient même pas les petits sourires de connivence qu'échangeaient régulièrement Nino et Alya.

Dehors, le vent soufflait de plus en plus fort, gonflant les rideaux d'Alya, mais la température de la pièce ne semblait pas vouloir redescendre.

« Je reviens tout de suite », lança soudain Marinette en se levant pour se diriger vers la salle de bain pour essayer de se rafraichir un peu.

Elle ferma la porte derrière elle, puis elle fit couler un filet d'eau glacé sur ses doigts avant de passer avec délice sa main sur sa nuque. Elle frissonna de soulagement au contact du liquide avec peau brûlante.

Il faisait beaucoup trop chaud.

Marinette jeta un regard vers le miroir, qui lui renvoya l'image d'une jolie jeune femme dont les yeux d'un bleu de ciel d'été pétillaient de joie.

« J'ai bien fait de mettre cette robe », murmura-t-elle avec un petit sourire satisfait en lissant l'étoffe rouge du plat de sa main, admirant la façon dont la coupe mettait ses formes en valeur.

Elle se sentait belle et confiante, et c'était un très agréable sentiment.

Alors qu'elle regagnait sa place, elle crut surprendre un regard admiratif de la part d'Adrien. Alya étouffa un petit rire malicieux avant de se pencher vers elle en lui chuchotant :

« Et bien, tu as vu la façon dont il t'a regardée ? »

« Alyaaa », maugréa Marinette, faussement contrariée.

Elle était aux anges.


Le temps fila à toute vitesse, et quand Alya commença à s'endormir sur sa chaise, tous décidèrent d'un commun accord que le moment était venu de mettre fin à la soirée. Adrien appela un taxi, qu'il proposa de partager avec Marinette.

Bien que tentée, celle-ci déclina son offre. Elle avait chaud et elle avait la tête qui tournait légèrement, marcher un peu lui ferait du bien.

« Et puis tu sais, je n'habite vraiment pas loin », précisa-t-elle avec un sourire pour adoucir son refus.

Adrien remercia Alya pour son invitation puis salua ses camarades avant de descendre attendre son taxi dehors. Marinette l'accompagna, profitant de l'occasion pour passer encore quelques minutes avec lui avant de rentrer chez elle.

Personne n'avait remarqué que la brise s'était peu à peu transformée en un vent d'orage, ni que de lourds nuages sombres s'étaient amoncelés dans le ciel, dissimulés par la noirceur de la nuit.

Alors qu'ils étaient à peine sortis de l'immeuble, Marinette sentit une lourde goutte s'écraser sur son épaule.

« Oh non… », grimaça-t-elle.

Elle avait espéré toute la journée qu'il pleuve pour que les températures redeviennent de nouveau décentes. Et il fallait que ça arrive pile au moment où elle s'apprêtait à marcher plusieurs minutes dehors sans plus de protection qu'une légère robe rouge et un sac à main.

Un mouvement attira son attention.

Devant elle, Adrien venait d'ouvrir un parapluie.

« Ils avaient annoncé de l'orage ce soir », expliqua-t-il face à l'air étonné de Marinette. « Tiens, tu peux le prendre, je rentre en voiture », poursuivi-t-il le tendant vers elle.

Marinette se saisit du parapluie, ses doigts effleurant délicatement ceux d'Adrien au passage.

Elle se sentit rougir.

Puis elle entendit un bruit semblable à un claquement et tout devint soudain noir.

Le parapluie venait de se refermer brusquement sur elle.

Rougissant de plus belle, elle souleva légèrement un coin de la toile. Face à elle, Adrien la fixait, les yeux ronds, avant d'éclater de rire.

« Oh mince… Je suis… je suis désolé », s'exclama-t-il, à la fois contrit et amusé par la situation. « Attends, je vais t'aider », reprit-il en se rapprochant rapidement d'elle.

Il l'aida à écarter doucement l'armature, prenant soin de dégager délicatement les quelques mèches de cheveux de la jeune fille qui risquaient de rester coincées.

La pluie tombait à présent à grosses gouttes, plaquant le tissu de la chemise d'Adrien contre sa peau, mais il ne semblait guère s'en soucier.

Les joues de Marinette avaient pris de superbes nuances de pourpre à ce spectacle, mais ça ne faisait que la rendre plus charmante. Elle garda ses immenses yeux bleus rivés sur Adrien durant les quelques instant qu'il lui fallut pour l'aider à se dégager du parapluie.

« Voilà », souffla le jeune homme en s'écartant. « Encore une fois, je suis désolé » s'excusa-t-il en se grattant nerveusement l'arrière du crâne.

A son grand soulagement, Marinette lui adressa un lumineux sourire.

« Ne t'inquiètes pas, tout va bien », lui répondit-elle. « Par contre tu es sûr que je peux le prendre ? Tu ne risques pas d'en avoir besoin plus tard ? »

« Oui, oui, pas de soucis », répliqua Adrien. « Tu peux même le garder pour toi si tu veux. Enfin, sauf si… »

« Sinon on pourra toujours se revoir plus tard pour que je te le rende ? » lui proposa brusquement Marinette, ne lui laissant même pas le temps de finir sa phrase.

Adrien lui sourit chaleureusement.

« Tu lis dans mes pensées. »

Le chauffeur de taxi, arrivé entretemps, commença à manifester son impatience. Adrien lui jeta un regard légèrement irrité, avant de se retourner vers Marinette. Sortant un carnet de sa poche, il griffonna rapidement quelque chose avant d'arracher la feuille et de la tendre à Marinette.

Puis il se pencha vers elle et déposa un léger baiser sur sa joue.

« J'ai passé une très bonne soirée, Marinette. Rentre bien », murmura-t-il avant de s'éloigner vers le taxi et de grimper dans le véhicule.

Marinette lui adressa un grand sourire tout en lui faisant au-revoir de la main. Elle regarda la voiture s'éloigner dans la nuit, avant de tourner les talons pour faire route vers son immeuble.

Elle marchait d'un pas dansant. Les gouttes de pluie clapotaient irrégulièrement autour d'elle, leur son cristallin créant une douce musique qui l'accompagnait le long de son chemin.

Régulièrement, elle dépliait le morceau de papier qu'elle tenait serré fermement entre ses doigts, son sourire s'élargissant un peu plus à chaque fois qu'elle relisait ce qui y était inscrit.

Sur la feuille était noté le numéro de téléphone d'Adrien.


J'avais prévu de ne faire qu'un one-shot, sincèrement... ^^'
Et puis finalement, voici une suite, que j'ai quand même hésité à poster parce que j'aime bien le 1er chapitre tout seul. Mais bon, voilà :)

Il y aura peut être encore une suite de la suite, je ne vous cache pas que je ne sais pas trop où je vais avec cette histoire, ce sont de petits chapitres que j'écris entre midi et deux quand je n'ai rien d'autre à faire :p. Je vais juste essayer de faire des chapitres pour lesquels l'histoire pourrait très bien s'arrêter là, dans la mesure où je n'ai aucune idée de si ça va continuer.

Et le clin d'oeil à l'épisode des Origines avec le parapluie est tout à fait volontaire ^^ .

Merci de m'avoir lue :)