Se sentant rougir, Adrien releva les yeux vers Marinette, dont le regard pétillait de malice. La jeune femme avait du mal à dissimuler son amusement face à la réaction de son partenaire. Elle était très fière de cette robe, qu'elle avait elle-même fabriquée et dont elle savait qu'elle la mettait parfaitement en valeur.

La plupart des vêtements que créait Marinette étaient conçus pour être pratiques, pour qu'elle puisse les porter au quotidien ou lors de soirées entre amis. Cette robe était une exception, un pur caprice qu'elle s'était autorisé quelques mois plus tôt. Elle avait passé des semaines à travailler sur son design, s'était payé le luxe d'investir dans des étoffes sortant largement de son budget habituel, et avait consacré des soirées entières à sa confection, sans même savoir si elle aurait un jour l'occasion de la porter.

Dès qu'Adrien l'avait invitée, elle avait su que l'occasion en question venait de lui être offerte sur un plateau d'argent.

Impossible pour elle de résister à la tentation.

Ce garçon lui faisait tourner la tête comme personne ne l'avait fait auparavant, à un point dont il ne se rendait probablement pas compte, la faisant frissonner de tout son être dès que ses doigts ne faisaient ne serait-ce qu'effleurer sa beau et la faisant fondre au moindre baiser.

Le moment était à présent venu pour elle de lui rendre la politesse, et elle n'avait pas été déçue lorsqu'elle avait constaté l'effet que sa tenue avait eu sur son compagnon. Ses yeux d'un envoutant vert émeraude s'étaient écarquillés de surprise et elle avait même cru le voir rougir. Et lui qui était si prompt à laisser échapper une parole espiègle ou un jeu de mot s'était pour une fois trouvé sans voix, preuve évidente de son trouble face à la jeune femme.

Marinette laissa échapper un petit rire, avant de déposer de nouveau un aérien baiser sur les lèvres de son compagnon.

« Adrien ? », l'interpella-t-elle avec un léger sourire.

Sortant de sa stupeur au son de sa voix, le jeune homme secoua la tête, avant de prendre sa main dans la sienne et de la porter à sa bouche pour embrasser délicatement ses phalanges.

« Pardon, ma Lady, j'étais sous le charme », répliqua-t-il d'un ton malicieux.

Marinette ne put s'empêcher de s'esclaffer en entendant l'affectueux surnom qui glissa avec un naturel déconcertant des lèvres de son compagnon. Adrien semblait avoir retrouvé ses esprits, mais elle était ravie de constater qu'il continuait de la dévorer du regard. Elle glissa son bras sous le sien, et tous deux se dirigèrent vers l'entrée de l'exposition.

La soirée passa à une vitesse folle pour Marinette, qui n'arrivait pas à se détacher de l'agréable impression qu'elle était en train de vivre un rêve éveillé. L'exposition s'avérait absolument passionnante et inspirante, et elle était qui plus est agrémentée d'animations et de rencontres avec de grands noms de la mode spécialement mises en place pour la soirée d'inauguration. Ils passèrent des heures à arpenter les couloirs du musée, admirant les minutieuses présentations et découvrant une foule de choses nouvelles malgré leurs connaissances assez approfondies de l'univers de la mode.

Marinette n'en finissait pas de remercier Adrien, pour qui le visage rayonnant et les yeux remplis d'étoiles de la jeune femme étaient la plus belle des récompenses.


Lorsqu'ils quittèrent enfin le musée, tous deux étaient absolument ravis de leur soirée. Ils profitèrent de la douceur de la nuit pour marcher un peu dans les rues illuminées de Paris tout en discutant avec animation, avant de finalement s'arrêter sur les bords d'une charmante petite place et de se décider à appeler un taxi pour la fin du trajet.

Le véhicule s'arrêta tout d'abord au pied de l'immeuble de Marinette. Au moment de descendre, le visage de la jeune fille s'empourpra légèrement tandis que ses yeux semblaient prendre un éclat presque surnaturel à la douce lueur des lumières parisiennes. Elle se pencha vers Adrien et au lieu de l'embrasser, lui proposa dans un souffle de l'accompagner jusque chez elle.

En voyant son sourire mi-timide, mi-enjôleur, le jeune homme saisit immédiatement le sous-entendu caché derrière son invitation.

Jamais il n'était sorti d'une voiture aussi vite.


Ils étaient à présent devant la porte de l'appartement de Marinette, la jeune femme tentant de retrouver son trousseau de clefs perdu au fond de son sac à main, tandis qu'Adrien faisait de son mieux pour la distraire.

Il s'était placé derrière elle, profitant de la coupe avantageuse de la robe de Marinette pour glisser une main le long de sa taille, ses doigts s'aventurant en dessous de la douce étoffe. Il avait placé son autre main sur son épaule et déposait des lignes de baisers brûlants le long de sa nuque, rendant la jeune fille parfaitement incapable de penser à quoi que ce soit.

Elle laissa échapper un léger rire de gorge, faisant affectueusement remarquer à Adrien qu'ils risquaient de finir la soirée coincés devant sa porte s'il continuait ainsi, et qu'elle ne comptait pas particulièrement dormir sur son propre paillasson en robe de soirée.

Tout en précisant avec un clin d'œil espiègle que ça serait fort dommage, dans la mesure où il était tout à fait possible qu'elle ôte ladite robe une fois la porte de l'appartement franchie.

Les mains d'Adrien se crispèrent brusquement sur sa taille à cette déclaration tandis qu'un léger gémissement lui échappa. Ses lèvres se décollèrent instantanément de la pâle nuque de Marinette, mais il laissa néanmoins ses doigts reposer sur sa taille. Sa compagne réussit enfin à mettre la main sur le trousseau de clef récalcitrant, avant d'entrainer Adrien dans son appartement dans un nouvel éclat de rire face à la précipitation qui saisit le jeune homme dès que la porte fut ouverte.

Et si ouvrir la porte avait été compliqué, la fermer le fut au moins tout autant, Marinette se retrouvant soudainement au milieu d'une tempête de baisers brûlants qui la rendaient incapable de se concentrer sur quoi que ce soit d'autre que sur le charmant jeune homme qui semblait avoir décidé de mettre son épiderme en feu.

La jolie robe de Marinette s'envola rapidement loin de sa propriétaire, presque aussitôt suivie par une chemise grise, puis par un pantalon et d'autres vêtements encore, les différentes pièces de tissus traçant un chemin irrégulier à travers le salon depuis la porte d'entrée jusqu'à la chambre de Marinette.


Quelque part dans l'appartement, un chaton noir se faufila aussi loin que possible de la pièce en question, laissant sa maitresse à ses divertissantes activités nocturnes et cherchant un endroit ou finir tranquillement sa nuit.


Le lendemain matin, Adrien – le jeune homme – fut brutalement tiré d'un paisible sommeil lorsqu'Adrien – le petit chat – décida arbitrairement de s'asseoir sur sa tête. Il poussa un grognement face à ce réveil intempestif, maudissant intérieurement le minuscule animal qui trouvait manifestement que son crâne faisait un coussin plus qu'acceptable.

La journée commençait mal.

Cependant, sa mauvaise humeur se dissipa instantanément lorsqu'il sentit une fine paire de mains déloger délicatement le chat de sa figure et qu'il entendit un rire argentin tinter agréablement à ses oreilles. Marinette chassa rapidement le félin du lit, puis se pencha vers le jeune homme pour déposer un doux baiser sur ses lèvres.

Un sourire espiègle naquit aussitôt sur le visage d'Adrien. Il attrapa le poignet de la jeune femme pour l'attirer de nouveau dans ses bras, lui arrachant au passage un nouvel éclat de rire avant qu'elle ne commence à couvrir son visage de baisers aussi légers que des plumes.

La journée commençait merveilleusement bien.


Hop, voilà la suite du chapitre d'hier ;)

J'espère que ça vous a plu, et merci de m'avoir lue jusqu'ici ^^