La canicule avait implacablement repris ses droits sur la ville, écrasant les rues de Paris sous une chaleur accablante. Le bitume avait atteint des températures telles que l'air se déformait pour créer au loin des effets d'optique, donnant l'illusion que de multiples flaques de lumières miroitaient à la lueur du soleil.
Marinette avait l'impression de fondre, littéralement. Son corps lui semblait fonctionner au ralenti, engourdi par la fournaise ambiante, tandis que son cerveau devait probablement se liquéfier dans sa boîte crânienne.
Elle s'éventait paresseusement de la main tandis qu'Adrien et elle faisaient la queue devant l'entrée d'une piscine municipale. A l'origine, ils avaient prévu de profiter de ce samedi ensoleillé pour se promener en ville, mais les températures indécemment élevées leur avaient vite fait revoir leurs projets et ils avaient décidé d'un commun accord qu'une bonne baignade serait certainement l'idéal pour se rafraîchir.
Des cris de joie et des clapotis résonnaient allègrement dans les airs, faisant trépigner la jeune fille d'impatience.
Enfin, ils atteignirent le guichet et payèrent leurs entrées avant de se séparer pour rejoindre leurs cabines respectives. Marinette se changea rapidement, passant un maillot deux-pièces bleu à pois blancs, avant de quitter avec soulagement la moiteur étouffante des vestiaires.
Elle sorti du bâtiment pour rejoindre la piscine extérieure. Après l'ombre des vestiaires, la lumière du soleil qui miroitait sur l'eau claire l'éblouit un instant, lui faisant cligner des yeux le temps que sa vision s'adapte de nouveau. Une fois que sa vue fut de nouveau acclimatée à l'aveuglante lueur du jour, elle se mit à la recherche d'Adrien. Ils avaient convenus de se retrouver près du bassin principal, et il ne lui fallut guère de temps pour repérer son compagnon.
Elle sentit son cœur s'accélérer à la vue de sa familière silhouette, rougissant légèrement alors qu'Adrien se tournait vers elle avec un franc sourire. Lui aussi portait uniquement un maillot de bain qui ne dissimulait pas plus de chose de son anatomie que ne l'auraient fait de simples sous-vêtements. Marinette l'avait déjà vu aussi peu vêtu, voire même moins, mais le spectacle la fascinait toujours autant. En plus d'un visage parfaitement ciselé, ce garçon était également pourvu d'un corps de rêve, ce qui ne lassait pas d'enchanter Marinette. Et à en juger le regard appréciateur dont la gratifia son compagnon, celui-ci appréciait également la vision de la jeune fille en tenue légère.
- « Bon, on y va », lui lança-t-elle avec un grand sourire, tentant de dissimuler son trouble sans pour autant réussir à faire disparaître la légère couleur rosée dont venaient de se parer ses joues.
- « Après toi, ma Lady », répliqua Adrien dans un éclat de rire, et tous deux se dirigèrent vers le bassin le plus proche.
Ils s'assirent au bord de la piscine, Marinette glissant doucement ses jambes dans l'eau, frissonnant légèrement à ce contact. La température de l'air ambiant était si élevée qu'en comparaison le liquide cristallin semblait presque glacé.
A ses côtés, Adrien fit plonger ses doigts dans la piscine, avant de passer sa main mouillée sur sa nuque. Marinette observa avec fascination les gouttelettes rouler sur le dos du jeune homme, suivant lentement la courbe de chacun de ses muscles avant de descendre paresseusement vers le creux de ses reins, traçant d'humides sillons qui étincelaient sous les éclatants rayons du soleil.
La jeune fille poussa un léger soupir en sentant le sang qui courrait dans ses veines s'embraser à ce spectacle. Elle était venue ici dans le but de se rafraîchir, et voilà qu'à cause d'Adrien elle avait à présent plus chaud que jamais. Il lui faudrait définitivement une bonne douche glacée si elle voulait éviter de se consumer sur place.
Voire une douzaine de douches glacées, rectifia-t-elle en voyant le jeune homme s'étirer de tout son long, avant de se glisser dans l'eau d'un mouvement fluide.
Il enfonça sa tête sous la surface, avant de rejaillir brusquement à l'air libre, secouant sa tête de part et d'autres pour projeter d'étincelantes gouttes d'eau dans toutes les directions, dont en particulier sur Marinette.
La jeune fille éclata de rire et Adrien s'approcha d'elle, des vaguelettes clapotant de façon irrégulière contre son torse. Il passa doucement sa main le long de la cheville de Marinette, faisant délicatement courir ses doigts jusqu'à son mollet. Marinette sentit un violent frisson la parcourir, partant de la pointe de ses orteils pour traverser sa colonne vertébrale avec la même intensité qu'une décharge électrique, la faisant se cambrer légèrement.
Un immense sourire illumina le visage d'Adrien, avant qu'une inquiétante lueur espiègle ne traverse ensuite son regard.
- « Oh, chaton, tu n'as pas intérêt… », l'averti Marinette, notant son soudain changement d'expression.
Le sourire malicieux d'Adrien se fit plus large encore, et ignorant les menaces de la jeune fille, il raffermit sa prise sur sa jambe avant de la tirer brusquement dans la piscine.
Marinette laissa échapper un glapissement de surprise, avant d'atterrir dans le bassin en soulevant une immense gerbe d'eau. A présent intégralement trempée, elle remonta à la surface sous les éclats de rire d'Adrien. Fermement décidée à prendre sa revanche, elle se jeta sur son dos, essayant de le faire tomber à son tour. Plus musclé qu'elle, le jeune homme se moqua de ses piètres tentatives de le déséquilibrer, jusqu'à ce que la jeune fille ne décide sournoisement que l'usage des chatouilles allait s'avérer nécessaire pour rééquilibrer les forces.
Adrien glissa sous l'eau sous l'effet de la surprise, mais Marinette n'eut guère le temps de profiter de sa victoire. Le jeune homme ne perdit pas une seconde et reprit tout de suite pied sur le fond de la piscine, se redressant tout en saisissant Marinette par la taille pour la soulever et la projeter un bon mètre plus loin.
Ils luttèrent ainsi durant plusieurs minutes au milieu des éclaboussures et des éclats de rire, sans qu'aucun des deux ne réussisse réellement à prendre le dessus sur l'autre. Adrien était plus fort, mais Marinette était plus agile et se faisait un plaisir de lui glisser entre les doigts dès qu'il tentait de la saisir.
Adrien fini néanmoins par réussir à immobiliser sa compagne, la serrant entre ses bras pour la plaquer contre son torse. Leurs respirations étaient lourdes, tous deux étant à présent à bout de souffle suite à leur amical affrontement.
- « Je croyais… qu'on était venus ici… pour se détendre... », haleta Marinette.
- « Mais on se détend », rétorqua son compagnon. « Par contre, on ne se repose pas. La nuance est subtile. », souligna-t-il avec un petit clin d'œil effronté.
- « ça, je te l'accorde », répondit la jeune fille en riant. « Sinon, tu comptes me laisser repartir un jour ? », poursuivit-elle en désignant du menton les deux bras du jeune homme, toujours fermement passés autour de son torse.
- « Je ne sais pas », répliqua Adrien avec un large sourire. « J'aime beaucoup la vue que j'ai depuis ici », précisa-t-il en baissant ostensiblement les yeux vers le décolleté de Marinette.
Cette dernière écarquilla les yeux, ses pommettes se colorant délicatement de rouge. Puis un sourire machiavélique traversa son visage, et elle se redressa sur la pointe des pieds, approchant ses lèvres de l'oreille d'Adrien. Nul autre que lui n'entendit ce qu'elle lui murmura alors, mais la nuque d'Adrien s'empourpra furieusement avant que Marinette ne s'écarte de lui, ses yeux brillant d'un éclat rieur.
Adrien poussa un profond soupir et baissa la tête, appuyant son front contre l'épaule de la jeune fille.
- « Et moi, je croyais que j'étais venu ici pour avoir moins chaud », grommela-t-il.
L'éclat de rire cristallin de Marinette fut sa seule réponse, avant qu'elle ne s'éloigne d'un souple mouvement de brasse, se laissant doucement porter par l'eau claire dont le clapotis des vaguelettes chantait à ses oreilles tandis qu'Adrien lui lançait un regard suggérant qu'il ne la laisserait sûrement pas s'en tirer à si bon compte.
Il la rejoignit ensuite rapidement, et tous deux continuèrent à profiter tranquillement de leur après-midi de baignade, savourant la fraicheur de l'eau sous l'étouffante chaleur parisienne.
Ils barbotèrent ainsi jusqu'à ce que le soleil décline franchement dans le ciel et que l'heure de la fermeture ne les pousse à partir. Une fois qu'ils furent sortis du bâtiment principal, Marinette passa ses doigts dans ses cheveux détachés, constatant que la température ambiante était déjà en train de les faire sécher. Il ne faudrait sûrement guère longtemps pour que les bénéfices de cet après-midi passé dans l'eau ne s'évanouissent, et que la jeune fille ait de nouveau l'impression de se liquéfier sous l'effet de la canicule.
Elle poussa un profond soupir, jetant un regard chargé de regrets vers la piscine.
- « On pourra revenir demain ? », demanda-t-elle d'un ton plein d'espoir.
Adrien laissa échapper un petit rire, saisissant sa main pour déposer un doux baiser sur sa peau qui dégageait encore un léger parfum de chlore mêlé de savon.
- « Tes désirs sont des ordres, ma Lady. »
Encore un chapitre écrit à midi :) (enfin, écrit sur 2 pauses de midi pour être honnête, parce qu'il est un peu plus long ^^ )
J'espère que ça vous a plu !
