Adrien se réveilla doucement, émergeant petit à petit d'un profond sommeil. Le jour s'était visiblement levé bien avant lui. De fins rayons de soleil filtraient entre les volets de la chambre, faisant scintiller de fines particules de poussière qui dansaient indolemment dans les airs. Le jeune homme commença à s'étirer paresseusement, faisant délicatement rouler chacun de ses muscles sous sa peau, avant d'étendre le bras de l'autre côté du matelas.
Et de n'y rencontrer rien d'autres que des draps froissés.
Adrien poussa un léger soupir. Pour une fois, Marinette était manifestement debout avant lui. Il roula sur lui-même, enfouissant son visage dans l'oreiller de la jeune femme. Elle ne devait pas s'être levée depuis très longtemps, il pouvait encore sentir la douce chaleur que son corps avait laissé avant qu'elle ne parte.
Fermant un instant les yeux, il prit une forte inspiration, s'enivrant du doux parfum de Marinette qui imprégnait encore les draps et flottait dans les airs.
Il rouvrit ensuite les paupières tout en se redressant lentemment, laissant son regard errer sur la pièce. La chambre de Marinette n'avait rien de comparable avec la sienne. Elle était minuscule, remplie à ras-bord d'un assortiment hétéroclite d'objets en tous genres. Des souvenirs de voyage côtoyaient des livres de mode, des piles de vêtements s'entassaient péniblement dans un placard, et dans un coin gisait un aquarium vide dont l'occupant avait malencontreusement disparu quelques jours après que Marinette ait adopté son chat. La jeune femme avait aussi réussi à caser péniblement un élégant bureau dans un angle de la pièce, et ce malgré son immense lit qui occupait la quasi-totalité de la surface au sol.
Marinette avait recouvert un mur entier de photos, d'elle et d'Alya essentiellement, mais il pouvait aussi apercevoir la silhouette familière de Nino sur certaines d'entre elles. Et pour sa plus grande satisfaction, son propre visage avait également fait son apparition sur ce mur depuis quelques temps.
Adrien se sentait presque chez lui ici. Il était rapidement devenu un habitué des lieux et cela faisait à présent trois jours qu'il n'était pas rentré chez lui, passant systématiquement ses soirées et ses nuits chez Marinette. Il préférait de très loin la chaleureuse atmosphère de son appartement à celle de son propre logement, trop grand et trop austère à son goût. Et surtout, vide de l'affectueuse présence de Marinette.
Laissant échapper un bâillement, le jeune homme décida finalement de se lever, passant rapidement un boxer avant de se diriger vers la pièce principale.
Marinette était en train de s'affairer dans le minuscule coin cuisine de son salon, finissant de laver quelques pièces de vaisselle. Elle avait manifestement décidé de déjeuner sans l'attendre, ayant visiblement préféré laisser son compagnon faire la grasse matinée en sachant qu'il avait eu une rude journée la veille.
Entendant le jeune homme s'approcher, elle se tourna dans sa direction avec un lumineux sourire tout en agitant ses doigts fins dans les airs pour chasser les dernières gouttes d'eau qui s'y attardaient encore.
- « Bonjour », le salua-t-elle d'une voix tendre.
- « Bonjour », répliqua-t-il d'un ton similaire, déposant un doux baiser sur ses lèvres, avant d'attraper un bol de céréales, une bouteille de jus de fruits, et de s'installer à table.
Il englouti pensivement son petit-déjeuner, dévorant la jeune femme des yeux. Elle était vêtue d'une légère robe d'été dont le tissu aérien tombait délicatement au-dessus de ses genoux et ses cheveux encore ébouriffés caressaient doucement ses épaules. Même au saut du lit, il la trouvait absolument ravissante.
Marinette s'activait à présent dans un autre coin du salon, quelques mètres plus loin.
- « Oh, Adrien ! », s'exclama-t-elle tout à coup, d'un ton rieur.
- « Oui ? », répondit le jeune homme, avant de réaliser qu'elle ne s'adressait pas à lui mais au chaton noir ronronnait entre ses jambes, frottant affectueusement sa tête contre le galbe ses mollets.
Adrien poussa un soupir amusé. Ce n'était pas la première fois qu'il se faisait ainsi avoir, à ne pas savoir si elle s'adressait à son chat ou à son compagnon.
La jeune femme entretenait joyeusement la confusion, les appelant chacun tour à tour « Adrien » ou « chaton » selon l'humeur du moment. Adrien, quant à lui, surnommait affectueusement Marinette « Ma Princesse » et « Ma Lady ». En revanche, il refusait fermement d'appeler le chat « Adrien ».
Le jeune homme n'était pas du genre à se compliquer la tâche pour ce qui touchait aux noms d'animaux, il avait donc arbitrairement décidé de rebaptiser le chat « Chat ». Il fit part de ses réflexions à Marinette, et quand elle lui fit remarquer en riant qu'il manquait singulièrement d'imagination, il lui répliqua qu'il préférait dire qu'il était pragmatique. Il n'y avait aucune raison qu'un chat ne puisse pas s'appeler Chat, après tout. De même, s'il avait eu un cheval, il l'aurait certainement appelé Cheval, s'il avait eu un corbeau il' l'aurait appelé Corbeau. Rien de plus simple.
- « Et comment est-ce que tu feras si tu as plusieurs chats ? » demanda Marinette dans un nouvel éclat de rire.
Adrien fit mine de réfléchir, avant de répliquer avec un grand sourire :
- « Et bien, c'est facile, je rajouterai des caractéristiques physiques. Chat Blanc, Chat Tigré… Ou mieux ! », s'exclama-t-il en claquant des doigts. « Je les numérote ! Chat Un, Chat Deux, ça sonne pas mal tu ne trouves pas ? »
Marinette frissonna théâtralement d'horreur pour marquer son effroi face à l'idée que sa boule de poil adorée se fasse rebaptiser Chat Un. Elle attrapa son chaton dans ses bras, lui grattouillant affectueusement la tête tout en murmurant :
- « Ne t'inquiète pas, Adrien, je ne le laisserai pas t'appeler comme ça. »
Adrien était en train de ranger les restes de son petit déjeuner lorsque Marinette se rapprocha à son tour du coin cuisine, s'apprêtant manifestement à nourrir son chat dont elle tenait la gamelle vide entre les mains. Elle tourna le dos au jeune homme pour atteindre le placard dans lequel se trouvait la pâtée du félin affamé.
Un petit sourire aux lèvres, Adrien s'approcha d'elle, la saisissant par la taille avant de déposer un doux baiser sur la peau pâle de son épaule. Fascinante épaule, par ailleurs, légèrement constellée d'élégantes tâches de rousseurs, et qui n'était recouverte que par la fine bretelle de la robe qu'avait passée la jeune femme. Les doigts d'Adrien s'aventurèrent le long du bras de Marinette, attrapant la mince lanière de tissu pour la faire glisser doucement le long de sa peau, centimètres par centimètres, accompagnant ce mouvement d'une fervente ligne de baisers.
Marinette se cambra presque imperceptiblement, frissonnant sous cette amoureuse caresse.
Un miaulement autoritaire les fit soudain tous deux sursauter. Aux pieds de Marinette, le petit félin les fixait sans ciller de ses yeux verts, exigeant visiblement l'attention de la jeune femme.
- « Désolée, je crois qu'on me réclame », s'excusa Marinette avec un petit rire, embrassant Adrien avant d'aller nourrir son envahissant animal de compagnie.
Le jeune homme poussa un soupir contrarié. Le petit chat lui disputait jalousement l'affection de sa maîtresse, et il semblait avoir développé un talent tout particulier pour interrompre les élans amoureux d'Adrien.
Heureusement pour lui, Marinette ne semblait pas décidée à se laisser accaparer par son chaton et elle revint rapidement à ses côtés, se glissant entre ses bras avant de se redresser sur la pointe des pieds pour mieux pouvoir l'embrasser. Le jeune homme ne put s'empêcher de sourire tandis que les lèvres douces comme de la soie de Marinette caressaient langoureusement les siennes.
Adrien 1 – Chat Noir 0
Je continue tranquillement ma petite fic, j'espère que ce chapitre vous a plu :)
Merci de m'avoir lue !
