Allongé sur le dos dans le lit de Marinette, Adrien fixait distraitement le plafond de la chambre, tandis que les matinaux rayons de soleil de ce printanier week-end filtraient paresseusement à travers fentes des volets encore fermés.

Marinette, quant à elle, était encore plongée dans un profond sommeil. Adrien ignorait si c'était parce qu'elle recherchait instinctivement la chaleur de son corps, mais la jeune femme s'était douillettement pelotonnée contre lui, passant un bras autour de sa taille et enfouissant sa tête dans le creux de son cou. Non pas que le jeune homme s'en plaigne, au contraire. Il savourait avec un plaisir non dissimulé la présence de la jeune femme, allant jusqu'à bouger précautionneusement pour entourer de son bras les épaules nues de Marinette et la serrant ensuite un peu plus fort contre lui.

Il passait à présent ses doigts dans la chevelure d'un noir bleuté de sa compagne, jouant négligemment avec ses mèches soyeuses tout en s'enivrant de leur parfum. Un léger soupir s'échappa des lèvres entrouvertes de la jeune femme, caressant doucement la peau d'Adrien qui se sentit frémir à cet éphémère contact. Le regard d'Adrien erra un instant vers le visage de sa compagne, suivant la délicate courbe de son nez, admirant le dessin de sa bouche superbement ourlée, avant de glisser vers ses épaules rondes et de descendre jusqu'à sa fine taille. Les vagabondages des yeux du jeune homme s'arrêtèrent là, le reste de l'anatomie de sa compagne disparaissait ensuite à son grand regret sous les draps dans lesquels elle était encore à moitié emmitouflée.

Poussant à son tour un infime soupir, Adrien ramena péniblement ses pensées sur le point auquel il réfléchissait avant que son attention ne soit happée par l'envoutante proximité de Marinette, tout en continuant de jouer machinalement avec ses cheveux bruns.

Fronçant légèrement les sourcils, le jeune homme effectua un rapide petit calcul mental. Neuf, dix, onze… Cela faisait à présent onze jours qu'il n'avait pas remis une seule fois les pieds dans son propre appartement. Et encore, il n'était pas sûr que la dernière fois puisse réellement compter, dans la mesure où il s'était juste contenté de passer chez lui prendre quelques chemises et autres affaires supplémentaires, avant de repartir directement chez Marinette. S'il devait faire une estimation, Adrien dirait qu'il passait 95% de son temps chez sa charmante compagne, 3% de son temps chez lui accompagné de Marinette, et 2 malheureux % seul dans son gigantesque appartement. De telles statistiques donnaient depuis quelques temps de nouvelles idées au jeune homme, d'autant que Marinette et lui sortaient ensemble depuis maintenant presque une dizaine de mois.

Un léger grognement le tira soudain de ses réflexions.

Les paupières de Marinette papillonnaient mollement, laissant entrevoir ses yeux dont le bleu lumineux perçait à travers le voile de sommeil qui embrumait encore son regard.

- « Bonjour, Princesse », murmura Adrien avec un tendre sourire.

- « Mmmm, bonjour, mon chaton », répondit-elle en s'étirant paresseusement, avant d'étouffer un léger bâillement. « Bien dormi ? »

- « Très bien », répondit Adrien en se penchant pour déposer un délicat baiser sur ses lèvres encore entrouvertes. « Et toi ? »

- « Très bien aussi… Mais j'apprécie surtout le révei-iiiiiiiiiiiiiiiiiiiil ! » glapit-elle brusquement quand son compagnon la saisit soudainement par la taille pour la faire rouler par-dessus lui.

A présent allongée sur Adrien, Marinette porta vivement sa main à sa figure pour écarter de son visage les mèches brunes qui lui bouchaient la vue, découvrant par la même occasion le sourire malicieux qui dansait sur les lèvres de son compagnon. Les yeux verts de ce dernier étincelaient d'une lueur espiègle alors qu'il relevait la tête pour déposer un léger baiser sur le bout du nez de Marinette.

- « Je retire ce que j'ai dit », souffla la jeune femme d'un ton faussement contrarié. « J'appréciais le réveil avant. »

- « Moi qui pensais que voir mon merveilleux visage d'aussi près te ferait plaisir… », rétorqua son compagnon d'une voix taquine.

- « Tant de modestie dès le réveil… » répliqua Marinette sur le même ton.

- « A quoi bon être modeste quand on est le meilleur, ma Lady ? » rétorqua aussitôt le jeune homme d'un ton goguenard.

- « Quel dommage que je ne sorte pas avec toi pour ton visage, je serais comblée », se moqua-t-elle gentiment tout en lui donnant une affectueuse pichenette sur le nez.

Alors qu'Adrien haussait un sourcil malicieux, comme pour la défier préciser ses pensées, elle se redressa légèrement en prenant appuis sur un de ses bras.

- « Je sors avec toi uniquement pour ça », poursuivi-t-elle en passant vicieusement un doigt le long des côtes de son compagnon, qui tressaillit vivement alors que cette légère caresse sur sa peau sensible manquait de lui arracher un éclat de rire. « Tu fais un oreiller très acceptable, et c'est extrêmement pratique. »

- « Quelle tristesse, moi qui pensais que tu étais au moins un peu sensible à mon charme… De mon côté, je dois avouer que je n'ai pas à me plaindre de la vue », répliqua-t-il en baissant ostensiblement les yeux vers la gorge de la jeune femme. « Mais comme tu as décidé de sortir la carte des chatouilles… »

Avant que Marinette n'ait pu émettre le moindre son de protestation, les doigts agiles d'Adrien se mirent à courir le long de sa taille, s'attaquant sans la moindre pitié aux zones où la jeune femme était la plus sensible.

- « Ah ! Non ! S-Stop ! », hoqueta Marinette, se tortillant comme elle le pouvait pour tenter d'échapper aux mains d'Adrien.

Mais malheureusement pour elle, son compagnon la maintenait fermement contre lui de son bras libre, l'empêchant résolument de fuir.

- « C-C'est d-de la triche ! », balbutia-t-elle péniblement entre deux éclats de rire. « T-Tu… Stop ! »

- « Pardon ? » répliqua malicieusement le jeune homme en poursuivant sournoisement ses assauts. « Tu peux répéter ? J'ai mal compris… »

S'étouffant presque à force de rire, Marinette se débattait comme elle le pouvait, essayant à son tour de chatouiller traîtreusement son compagnon pour réussir à se dégager. Les deux jeunes gens roulèrent l'un sur l'autre dans un confus mélange de draps, de doigts et corps, luttant durant de longues secondes sans que ni l'un ni l'autre ne réussisse à prendre l'avantage.

D'un brusque mouvement de hanche, Marinette fit de nouveau pivoter Adrien pour s'asseoir à califourchon sur lui, avant d'attraper brusquement ses poignets.

- « S-Stop », haleta-t-elle, cherchant désespérément son souffle. « J-Je… Je n'en peux plus… »

Adrien approuva d'un signe de tête, sa poitrine se gonflant et s'abaissant violement tandis que le fantôme d'un éclat de rire s'attardait encore sur ses lèvres. Il relâcha précautionneusement les muscles de ses bras tout en tendant les paumes de ses mains vers le ciel en signe de reddition.

Satisfaite, Marinette se pencha vers lui pour déposer un léger baiser sur son front, avant de se redresser et de libérer enfin ses poignets.

Le jeune homme la dévisagea avec admiration. Avec ses cheveux en batailles, le délicat pourpre qui rehaussait ses joues et ses superbes yeux azur dont l'éclat n'avait d'égal que le lumineux sourire qui illuminait son visage, Marinette offrait un magnifique spectacle dont il était sûr de ne jamais pouvoir se lasser. Elle était belle, mais elle était aussi vive, surprenante, intelligente, merveilleuse…

Adrien était amoureux fou de cette fille, aucun doute là-dessus.

- « On devrait emménager ensemble », lâcha-t-il soudainement.

Marinette se figea brusquement, ses immenses yeux bleus se dilatant sous l'effet de la surprise au point de de ressembler à deux fascinants lagons dans lesquels Adrien pourrait volontiers se noyer. Le cœur de se dernier se mit à battre à tout rompre, le jeune homme réalisant tout à coup qu'il venait ni plus ni moins que de formuler à voix haute la question qui lui brûlait les lèvres depuis maintenant des semaines.

Il sentit une brusque onde de chaleur envahir sa poitrine sous l'effet de l'adrénaline, avant de lever légèrement les mains pour empêcher sa compagne de répondre immédiatement.

- « Enfin, s-si tu veux bien », se reprit-il, tentant désespérément de ne pas perdre l'usage de la parole sous l'effet de l'émotion, avant de se passer nerveusement la main dans les cheveux. « J-Je suis désolé, j'avais prévu te demander ça en y mettant un peu plus les formes, mais… Je me disais qu'on pourrait prendre un appartement ensemble, notre appartement. Enfin, si tu n'as rien contre le fait de déménager. Ni de t'installer avec moi. Quoique pour ce dernier point, je vis pratiquement ici donc tu ne devrais pas avoir trop de surprise, mais voilà, si tu veux bien y réfléchir… »

- « C'est d'accord », l'interrompit brusquement Marinette, tout en rougissant délicatement.

- « D'accord pour y réfléchir ? », demanda le jeune homme en levant un regard d'espoir vers sa compagne, un large sourire se dessinant sur son visage tandis que son cœur se faisait soudain plus léger.

Un rire merveilleusement cristallin s'échappa des lèvres de Marinette, qui inclina doucement la tête pour embrasser langoureusement Adrien. Elle se redressa ensuite légèrement pour sourire au jeune homme avec une infinie tendresse, avant d'articuler soigneusement sa réponse.

- « D'accord tout court. »


Deux chapitres pour le prix d'un aujourd'hui ^^ ! J'espère que celui-ci vous a plu !

Sinon, à titre informatif : Bien que j'aime très très fort cette fic, je pense l'arrêter au chapitre 30 (ce qui est une taille plus qu'honorable pour une fic, personnellement ça explose largement mon record xD ). Je commence à m'approcher tranquillement du chapitre que j'avais défini comme chapitre de fin, donc voilà :)

Merci à tous pour vos favs, vos follows et surtout pour vos reviews qui me font vraiment extrêmement plaisir *^* ! ça m'encourage énormément et cette fic n'aurait certainement jamais été aussi longue sans votre soutien. Merci beaucoup !