- « Et donc », lança soudainement Marinette, « tu ne veux vraiment pas me dire où on va ? »
- « Hors de question, Princesse », répliqua Adrien avec un malicieux éclat de rire, tout en tapotant gaiement des doigts sur le volant de sa voiture. « Si je te dis tout, ça ne sera plus une surprise. »
La jeune femme laissa échapper un soupir faussement boudeur, assortie d'une légère grimace que son compagnon réussi à saisir du coin de l'œil.
- « De toute façon, on n'allait pas rester à préparer nos cartons le soir de l'anniversaire de nos un an », poursuivit-il joyeusement.
Un large sourire illumina le visage de Marinette à la mention de ces deux évènements marquants de sa vie. Adrien et elle étaient effectivement en plein dans les préparatifs pour intégrer l'appartement de leurs rêves, dont ils récupèreraient les clefs dès le week-end suivant, et aujourd'hui, cela ferait exactement douze merveilleux mois qu'ils sortaient ensemble.
Adrien avait choisi de marquer leur anniversaire en proposant à sa compagne de sortir pour fêter ça, tout en refusant fermement de lui dévoiler le programme qu'il avait concocté pour eux. Il conduisait à présent habilement dans les artères parisiennes, passant souplement d'une file de véhicule à une autre pour conduire Marinette jusqu'à une destination qui restait pour l'instant encore inconnue de la jeune femme.
Alors qu'ils s'arrêtaient à un feu rouge, le jeune homme tendit la main pour presser délicatement le genou de sa compagne, laissé nu par la courte mais fort charmante robe dont elle était vêtue.
- « A partir de maintenant, ferme les yeux », lui ordonna-t-il avec un léger sourire. « Je ne voudrais pas te gâcher la surprise trop tôt. »
Marinette leva dramatiquement son regard limpide au ciel, mais obéit sans discuter. Les paupières désormais closes, elle n'avait plus aucun moyen de savoir où l'emmenait réellement son compagnon. Elle pouvait sentir les mouvements de la voiture, les virages, les coups de frein, mais elle aurait été bien incapable de dire dans quelle partie de Paris ils se trouvaient exactement. Au bout de plusieurs longues minutes, le véhicule ralenti enfin, puis s'arrêta.
Après avoir demandé à Marinette de garder les yeux fermés encore quelques instants, Adrien sorti vivement de la voiture pour aider la jeune femme à descendre. Il lui fit faire quelques pas sur le côté, puis lui demanda de l'attendre une poignée de secondes, le temps de finir de se garer correctement.
Il fut de retour auprès d'elle en un temps record, puis, saisissant délicatement Marinette par la main, il la guida à l'intérieur d'un bâtiment. La jeune femme entendit nettement le son d'une porte qui s'ouvre puis se referme, et ses talons hauts se mirent soudain à claquer distinctement sur des dalles de marbre.
- « Attention », lui souffla soudainement Adrien. « On monte. »
Il glissa son bras autour de la taille de Marinette, l'accompagnant dans la lente montée d'un escalier. Une main posée sur la rampe, l'autre fermement enroulée autour des doigts d'Adrien, la jeune femme progressait avec précaution, posant un pied, puis l'autre, veillant à ne pas tomber. Dès qu'elle chancelait ne serait-ce qu'un peu, la poigne ferme et rassurante de son compagnon l'aidait instantanément à retrouver son équilibre, et c'est sans rencontrer le moindre problème que le jeune couple réussit à atteindre le premier étage.
- « Encore quelques secondes », lui annonça le jeune homme.
Marinette entendit le son distinct d'un cliquetis métallique, puis elle sentit de nouveau la chaleur de la paume d'Adrien entre ses omoplates.
- « Cinq pas droit devant toi, puis tu pourras ouvrir les yeux », murmura-t-il au creux de son oreille, avant de déposer un amoureux baiser sur sa joue puis de reculer légèrement.
La jeune femme hocha la tête, puis avança avec hésitation, toujours soutenue par la main d'Adrien.
Un.
Deux.
Trois.
Quatre.
Cinq.
Marinette ouvrit brusquement les paupières, avant de laisser échapper un hoquet d'incrédulité.
L'appartement.
Elle était dans leur futur appartement.
- « Mais… Mais… », balbutia-t-elle en se tournant vers son compagnon, abasourdie. « Je croyais qu'on ne pourrait pas récupérer les clefs avant trois jours ? »
- « Les propriétaires sont revenus de congés plus tôt », lui expliqua Adrien, un immense sourire illuminant ses superbes traits tandis qu'il savourait la surprise de sa compagne. « Ils m'ont appelés la semaine dernière pour me prévenir. »
Les yeux de Marinette se mirent à étinceler d'excitation, telles deux magnifiques étoiles dans un ciel d'été.
- « Alors… On est chez nous ? » lui demanda-t-elle avec une joyeuse incrédulité.
Le sourire d'Adrien se fit plus large encore, et il sortit de sa poche deux trousseaux de clefs qu'il agita devant le visage émerveillé de sa compagne.
- « On est chez nous », confirma-t-il avec délectation. « Tu veux lequel ? », poursuivit-il en présentant les deux jeux de clefs à sa compagne.
L'un d'eux était orné d'un porte-clefs en forme de chat noir, tandis que l'autre était décoré d'une petite boule rouge à poids noirs.
- « Je prends celui-là », répondit Marinette sans hésitation, refermant ses doigts sur le porte-clefs représentant un minuscule félin. « J'ai toujours eu un énorme faible pour les chats noirs », précisa-t-elle avec un rire cristallin.
- « Je m'en doutais, ma Lady », approuva Adrien avec un léger clin d'œil. « Donc, je récupère la coccinelle », conclut-il en jonglant malicieusement avec le second trousseau de clefs.
- « Une coccinelle ? Ce n'est qu'une balle rouge et noire », répliqua sa compagne en haussant un sourcil circonspect.
- « C'est une coccinelle si je décide que c'est une coccinelle », rétorqua malicieusement le jeune homme. « Et puis, j'ai toujours eu un énorme faible pour les adorables petites choses en rouge et noir », reprit-il d'une voix plus basse, presque caressante.
Le changement de ton envoya un délicieux frisson droit dans la colonne vertébrale de Marinette, qui ne put s'empêcher de s'empourprer face à cette allusion aux deux couleurs qu'elle aimait tant porter. Elle leva ses yeux d'un bleu intense vers son compagnon, qui la regardait comme si elle était la plus précieuse chose qu'il avait au monde.
- « Ah oui ? », murmura Marinette, tout en glissant ses bras autour de la nuque d'Adrien pour l'attirer vers elle.
- « Ah oui. », chuchota-t-il en retour, avant de répondre avec ardeur à l'invitation des lèvres entrouvertes de la jeune femme.
Il emprisonna la bouche de la jeune femme dans un profond baiser, mordillant sans vergogne la chair tendre et rosées de ses lèvres tandis que ses mains enthousiaste couraient sur le corps de Marinette. Cette dernière était quant à elle tout sauf passive dans cette étreinte passionnée. La jeune femme se pressait contre Adrien, l'embrassant de tout son cœur, de toute son âme, mêlant langue, dents et lèvres à cette sensuelle danse, tandis que ses doigts se perdaient dans les boucles blondes de son compagnon.
Les lèvres des deux jeunes gens ne se séparèrent que de longues minutes plus tard, tandis que leurs propriétaires respectifs restaient encore un instant tendrement enlacés. Quand Marinette releva enfin la tête, son souffle était encore un peu trop court, et ses joues d'un rouge soutenu faisaient un charmant rappel à la couleur de sa robe. Adrien était quant à lui plus qu'échevelé, ce qui ne le rendait que plus séduisant. Un gigantesque sourire barrait son visage, donnant envie à Marinette de l'embrasser une fois de plus.
Luttant contre cette vive impulsion, la jeune femme se contenta de déposer un chaste baiser sur le front de son compagnon avant de finalement reculer d'un pas. Ses doigts étaient toujours entrelacés à ceux d'Adrien, qui laissa échapper un léger rire.
- « On est chez nous », lui lança-t-il avec bonheur.
- « On est chez nous », répliqua Marinette en souriant autant que le lui permettaient les muscles de ses joues.
Adrien porta les doigts de la jeune femme à ses lèvres pour y déposer un tendre baiser, avant de laisser échapper une légère quinte de toux.
- « Hem… Sinon, je t'avais promis un dîner », commença-t-il, « et j'ai pensé que ça pourrait être une bonne idée. »
Saisissant sa compagne par les épaules, il la fit pivoter sur ses talons pour lui montrer à quoi « ça » faisait allusion. Marinette effectua quelques pas de plus, avant de découvrir une immense nappe étendue au milieu du salon encore vide de meubles. Des pièces de vaisselles et divers petits fours étaient disposés sur ce gigantesque carré de tissu, tandis qu'une indécente quantité de couvertures et de coussin recouvraient le splendide parquet de la pièce.
- « Le frigo et le four fonctionnent », poursuivit Adrien. « J'ai commandé des plats chez le traiteur, je vais les mettre à réchauffer tout de suite. Et il y a aussi du champagne », précisa-t-il avec un clin d'œil malicieux, tandis que Marinette se tournait vers lui avec le plus radieux des sourires. « On a tout ce qu'il faut pour fêter notre anniversaire ici. Alors, qu'est-ce que tu penses de mon idée ? », conclut-il en rougissant légèrement.
Marinette jeta ses bras autour du coup d'Adrien, plaquant un baiser sonore sur ses lèvres avant d'éclater d'un rire cristallin.
- « C'est une idée parfaite », répondit-elle avec ferveur.
L'appartement, le retour :) . J'espère que ce petit chapitre vous a plu, ça a été un vrai plaisir de l'écrire !
Merci pour vos favs, vos follows, et pour vos reviews *-* !
