Lion's Pride

« Debout sur ses pattes postérieures, et se précipitant sur une proie,

La noble constellation du Lion salue la Majesté du jour. » Aratos


Chapitre 18 :

Le Lion et l'étoile du matin

Léo ferma les yeux. Parfois, s'il se concentrait fortement, il pouvait sentir des choses à propos de Lucy. Il savait toujours quand elle était en difficulté, mais parfois il ressentait d'autres émotions. Il se sourit à lui-même. Aujourd'hui, Lucy était heureuse. Il l'entendit rire comme dans un écho lointain.

« Je suis heureux que tu ailles bien, mon amour » murmura-t-il en regardant par la fenêtre. Parmi les étoiles, il vit Regulus briller fièrement et fermement. « Ô Regulus ! Fairy Tail est sa famille. Fais qu'ils prennent bien soin d'elle jusqu'au moment où je pourrai être à nouveau à ses côtés. » Il baissa tristement la tête. « Et puisse ce jour venir rapidement. »

Il entendit derrière lui des sabots claquer « Penses-tu qu'il t'entende, Léo ? »

Le visage du lion se ferma. Il reconnaissait les pas de Caprico sans avoir besoin de regarder. « Si je prie sans cesse, Regulus finira bien par m'entendre. »

Les pas claquants s'arrêtèrent près de lui, mais hors de sa portée. « Regulus-sama s'en est allé. Ainsi que les autres. Le prier ne servira à rien. »

Léo gronda de colère en montrant les dents. « Qu'en sais-tu, vieux Bouc ? Je fais appel à Regulus quand je me bats. Je ressens sa puissance. Tu l'as ressentie aussi. Il n'a pas complètement disparu d'entre nous. »

Caprico soupira et croisa les bras. « Certes, tu m'as accordé l'utilisation de la puissance de Regulus-sama une fois, alors je te dis… tout ce que tu sens est le fragment qu'il a abandonné derrière lui. Tu m'as parlé de ton combat contre Piscis Austrinus-sama, et il avait raison. Ce n'est pas la vraie puissance de Regulus-sama. Regulus-sama s'en est allé. Tout le monde l'a accepté, tout le monde sauf toi. »

« Et le Poisson Austral ? » foudroya Léo. « Je l'ai vu, Caprico. J'ai vu lorsque ce fichu Poisson a fusionné ses pouvoirs avec Fomalhaut. C'était Formalhaut. De tous ceux d'ici, je le connais mieux que quiconque. C'était définitivement lui. Les Etoiles Royales n'ont pas complètement disparu. »

« Fomalhaut, le nom actuel de l'ancienne Etoile Royale d'Haftorang. Il faisait partie des Etoiles Royales des temps anciens : Aldébaran, Antarès, Fomalhaut et Regulus. » Caprico secoua la tête. « Notre monde a été mis sens dessus dessous quand elles nous ont quittés. Tu ne nous as vraiment pas aidés ! »

« Je sais » reconnut à regret Léo. « C'est le péché que je dois porter. »

« Et penser qu'elles pourraient être de retour ! Tu n'aurais jamais dû dire cela au roi des Esprits. »

Léo avait envisagé cette possibilité. « C'était ma seule carte à jouer. »

« Et ça a échoué. Misérablement ! Si Fomalhaut-sama est vraiment de retour, et s'il est aussi désireux de ramener Regulus et de te rétablir… crois-tu sincèrement que le Roi des Esprits veut que ça se produise ? Ce serait le même bouleversement qu'il y a 400 ans, et à une époque où nous devons être prudents. »

« Prudents ? » demanda farouchement le lion. « Tu veux dire à cause de mon fils ? »

« Précisément ! »

« Pourtant tout se passe exactement de la même manière que la première fois ! » rugit Léo, sautant sur la barrière brillante qui le séparait du Bouc. Ses yeux se rétrécirent, et ses cheveux orange en bataille avaient l'air encore plus l'air indisciplinés depuis son incarcération. « Il m'a gardé loin de Naomi malgré les projets de Kéfira. Il m'a enfermé pour trahison, tout en ne tenant pas compte de la menace directe venant de Piscis Austrinus. Et à cause de ces deux-là, à cause de leur intervention, et parce que le Roi des Esprits n'a rien fait pour les arrêter avant qu'il soit trop tard, » cria-t-il en tremblant d'émotion, « Zeref est devenu le mage le plus sombre de l'histoire. » Leo frappa la barrière, et elle grésilla autour de son poing. « Ce qui se passe maintenant est l'exacte réplique de ce qui s'est passé avant ! » hurla-t-il de rage.

« Sauf que cette fois, » dit fermement Caprico, « nous allons tous protéger Lucy-sama. »

Léo recula. Sa rage fondit devant la sincérité du visage du Bouc.

« Elle est vraiment précieuse pour toi » réalisa Caprico. « Je ressentais la même chose envers Layla-sama lorsque je lui ai juré de protéger les générations futures de sa famille. Non, tu as encore plus de sentiments pour Lucy. »

« Elle… me rend plus fort » répondit doucement Léo en se laissant retomber sur le lit de sa cellule.

Caprico acquiesça pensivement. « Je sais exactement comment tu te sens. Tu aurais ressentis la même chose avec Layla si elle t'avait possédé à l'époque. »

« Je me souviens que vous m'aviez parlé d'une charmante humaine qui vous rendait plus forts. Je pensais que toi, Taurus, Cancer et Verseau étiez fous. Aucun humain depuis Cheveyo ne m'a jamais fait me sentir plus fort. Layla… et maintenant Lucy, hein ? »

« Je n'ai jamais pu exactement faire de recherches, mais je crois qu'elles sont de lointaines descendantes de la fille de Cheveyo-sama. »

« Ah, elle était également assez forte d'après mes souvenirs. »

« Alors, » demanda Caprico en appuyant son dos contre le mur et en croisant les bras, observant le long couloir de la prison, « quand as-tu remarqué pour la première fois la force de Lucy ? »

Léo rechercha dans ses souvenirs. « Je crois que je l'ai remarqué le premier jour où elle est entrée à la guilde. Après trois années dans le monde des Humains, je testais tout ce qui me détournerait d'esprit de la douleur que je ressentais : les femmes, l'alcool, les missions. Je voulais juste me sentir brumeux, perdu. Je portais des lunettes teintées car le soleil était trop lumineux, et un manteau l'été car je ressentais toujours un froid glacial. Tous les sens dans le monde des Humains se ressent dix fois plus fort, en particulier la douleur.

« Ce jour-là, je me sentais horriblement mal, alors j'avais deux de mes plus jolies conquêtes avec moi pour me distraire de l'agonie croissante. Ca ne marchait pas, quand soudain quelque chose changea en moi, comme si un médicament dont j'avais désespérément besoin se mettait finalement à marcher. Cela agissait comme un aimant, mes yeux se rivaient sur la porte d'entrée, mais je ne pouvais rien voir derrière la bagarre qu'avait déclenchée Natsu. Et finalement je l'ai aperçue au travers de la bataille. Elle paraissait timide et choquée, un peu comme tous les nouveaux arrivants réagissent… et elle était si belle ! Je me sentais instinctivement attiré par elle. Je la désirai ! Pas de la manière dont je séduisais simplement les autres femmes, mais… plus. Beaucoup plus ! C'était un besoin, un désir instinctif ! Je voulais qu'elle me remarque, mais tout ce qu'elle a vu était un playboy avec une femme à chaque bras. Quand elle nous a quittés pour trouver un logement, ce sentiment d'accomplissement partit avec elle.

« Il était enfin là, mon remède ! J'étais déterminé à faire d'elle ma partenaire, à la garder à mes côtés. Puis j'ai vu pourquoi il y avait cette résonnance entre nos âmes. Elle était un mage des Esprits Célestes. Ses autres clés chantaient pour moi, me rappelant à la maison… un chez-moi où je savais que je ne pourrais pas retourner. Cela a rendu ma nostalgie encore plus forte.

« Je l'ai su dès que je suis venu près d'elle… Lucy est forte, plus forte qu'elle ne l'imagine ! Je savais que si j'allais trop près d'elle, elle finirait par me sentir. Si elle appelait un de ses Esprits, il saurait instantanément qui j'étais. Pourtant, je l'ai observée et je me suis battu pour elle. Le simple fait d'être près d'elle m'a aidée à tenir quelques semaines de plus que ce que j'avais prévu, et pourtant j'étais terrifié par elle. Non, pas d'elle, » réalisa-t-il, « mais de vous autres, les Esprits. J'avais trop honte, j'étais trop fier pour vous laisser me voir » admit-il amèrement. « Léo le lion : le leader des douze Esprits du Zodiaque, réduit à cette coquille faible et mourante. Alors je suis resté loin d'elle, redoutant qu'elle invoque un Esprit et que je sois découvert !

« Mais quand la guilde des Phantom Lord attaqua, je l'ai sentie… au plus profond de moi. Elle résonnait juste ici, » dit-il, le poing posé sur sa poitrine, « droit au cœur. Je n'avais pas ressentis une telle sensation depuis quatre cents ans, depuis le temps où j'étais avec Regulus. J'ai pensé que c'était peut-être ses clés, mais j'ai réalisé qu'elle les avait perdues. Ce n'était pas ses clés qui chantaient encore pour moi, mais son âme. Et je le ressentais si fort… » soupira-t-il dans un sourire, qui baissa lentement quand il s'est souvenu de ce qui s'était passé ensuite. « Cependant, j'étais trop faible. Je ne prenais que des missions faciles pour conserver mes forces. Utiliser Regulus pour combattre Gajeel… même avec Lucy à proximité, j'ai ressentis la douleur, et c'est ce qui m'a fait perdre. J'ai réalisé alors à quel point j'étais pathétique !

« Après que ce fut terminé, j'ai suivi l'écho des voix que j'entendais, et j'ai trouvé ses clés sur le sol dans la rue. Des artefacts aussi précieux tombés alors qu'elle était capturée. J'étais vraiment terrifié de les toucher, mais je ne pouvais pas laisser là les clés de mes anciens amis pour être perdues, ou pire, pour être ramassées par quelqu'un de cruel. Je savais trop bien ce que c'est qu'un mauvais maître, et je pouvais voir que Lucy était un bon maître, donc je me suis forcé à les ramasser. C'était une agréable sensation de chaleur au toucher, mais la nostalgie s'accentua davantage. A ce moment, je m'étais presque éteint. Le combat contre Gajeel m'avait retiré toute l'énergie que Lucy m'avait redonnée inconsciemment. J'avais l'intention de donner ses clés à ses amis et de filer discrètement.

« Et puis… elle était là, ce jour. Je savais que ce serait ma dernière mission. J'avais été un imbécile envers tant de femmes, dans ma quête pour me détourner de la douleur et pour oublier Karen, que j'avais l'impression que je pourrais me racheter en pourchassant quelques petits pervers. Je ferais ma dernière bonne action dans ce monde, puis je m'éclipserais furtivement comme un chat qui s'isole pour mourir. Pourtant Lucy était là, comme victime de ces hommes ! Ironie du sort, elle était celle que je devais sauver.

« J'ai de nouveau sentis cette connexion. Je sentais dans mon cœur la puissance, la force qui venait d'elle. Je voulais l'étreindre et ne jamais la laisser partir. Je venais d'accepter la mort, et soudain je voulais vivre. Je voulais la tenir dans mes bras et exister avec elle… pour toujours ! Je ne voulais pas la quitter, mais je ne voulais pas devenir un fardeau pour elle. J'ai finis par lui avouer mon état terminal, mais je ne voulais pas que ça la rende triste. A la place, j'ai dit quelque chose de stupide et ça l'a mise en colère.

« Mais j'ai été négligent. Le Nikora qu'elle a appelé Plue de façon rigolote, m'a vu lorsque Lucy a envoyé mes lunettes de soleil voler au loin. » Léo fit une pause et rit pour lui-même. « C'était comme un déguisement stupide de super héros, de mettre des lunettes et d'espérer que personne ne me reconnaitrait. Mais Nikora m'a vu sans elles, et il a su immédiatement qui j'étais. Je n'ai vu son visage que brièvement : la surprise, la joie, l'inquiétude, le tout mélangé sur sa tête un peu niaise. Heureusement, il ne pouvait rien dire à Lucy. De toute manière, il avait probablement réalisé… à ce moment-là, il ne me restait que très peu de temps.

« Malgré le fait d'avoir essayé de la repousser, elle m'a poursuivi et me sauva la vie. Elle s'est presque sacrifier pour un type misérable comme moi. Je suis alors littéralement tombé amoureux d'elle. C'était comme si je savais que tout ce qui s'était passé avant n'était que de simples passades, mais à cet instant, alors que je voyais sa détermination et que je sentais cette réserve de pouvoir cachée, je compris que cette même résonnance que j'avais sentie lors de notre première rencontre… c'était l'amour, l'amour vrai et sincère !

« Alors le Roi des Esprits a fait d'elle mon maître. Tu sais, » dit Leo en riant gaiement tout en s'allongeant sur son minuscule lit, « ce vieux schnock peut être un abruti autoritaire, mais à cet instant je savais qu'il avait ressenti l'amour dans mon cœur. Peut-être que c'était sa façon de s'excuser pour ces trois années de torture. » Il regarda par la fenêtre. Les étoiles s'étaient effacées, et seule l'étoile du jour brillait. « Je souhaiterais presque que Lucy puisse venir ici et lui montrer de nouveau, lui montrer la force de notre amour. Tu aurais dû la voir ce jour-là ! Je n'avais jamais vu une telle puissance depuis Cheveyo. »

« Etre capable d'appeler les douze signes du Zodiaque » dit Caprico en hochant de la tête. « Peut-être qu'elle est vraiment sa descendante. »

« Lucy n'est même pas totalement entrainée, et elle est encore trop jeune pour posséder sa pleine puissance » mentionna le lion, se sentant vraiment fière d'elle. « Encore cinq ou dix années et je pense qu'elle atteindra le niveau de Cheveyo, voire même qu'elle le surpassera. »

« Elle est douée, mais pourtant je pense que tu lui accordes trop de crédit. »

Léo se sourit à lui-même. « Tu n'es pas avec elle depuis assez de temps. Elle est immensément puissante, mais sa puissance est cachée. Elle peut appeler plusieurs Esprits en même temps. Elle sait même à présent comment lancer le sort Urano Metria. » Cela fit lever un sourcil à Caprico derrière ses lunettes de soleil. « Elle a la capacité de lancer de la magie de haut niveau. Elle pourrait faire tellement plus encore mais elle manque juste de connaissances. En ce qui concerne la quantité de puissance magique potentielle de son corps, je dirais qu'elle est à égalité avec Natsu. La magie de Natsu vient de son apprentissage avec le dragon Igneel. Si Lucy pouvait être formée… si je pouvais la former… »

Il laissa cette pensée en suspens avec regret. Pourquoi n'avait-il pas commencé à la former ? Même Caprico lui avait donné des exercices d'entrainement à travailler. Il n'arrêtait pas de vouloir l'entrainer, mais ce n'était jamais le bon moment. Si elle avait pu être aussi forte que le célèbre mage Constellationniste du passé, Cheveyo, qui avait aidé à vaincre Zeref, alors peut-être que rien de tout ceci ne se serait produit. Peut-être qu'elle aurait été assez forte pour passer au travers de la barrière magique de cette prison, comme Cheveyo pouvait le faire.

« Le bébé devrait naître bientôt » réalisa Léo, détournant la conversation de ce regret particulier. « Et une fois encore je manque une occasion si importante. » Le lion fixa fermement le Bouc. « Je te fais confiance, mon vieil ami. Continue de la protéger… je t'en supplie ! »

Caprico acquiesça solennellement. « Comme je l'ai juré à Layla-sama, je veillerai sur sa famille à présent et pour toutes les générations à venir. »

Ils entendirent des pas s'approcher. Léo sentit la forte présence et s'assit rapidement. Il essaya d'arranger sa cravate et son costume, et se prépara mentalement pour ce qu'il pensait être une autre séance de torture. S'il devait à nouveau être battu, il l'accepterait sans perdre sa dignité.

Le premier Esprit qu'il vit fut les gémeaux Gemini avançant avec impatience en sautillant, main dans la main. Puis vint l'Esprit du Verseau, flottant sur le chemin avec sa queue relevée avec arrogance. Un peu cachée à côté du Porteur d'Eau se trouvait Ariès, qui fit un sourire timide mais heureux à Léo. Finalement venait le Roi des Esprits, les yeux rouge brillant. Il n'avait pas l'air très content, ce qui inquiéta un peu le lion.

« Vous avez des alliés fidèles, mon vieil ami » commença le roi des Esprits. « Caprico et Scorpion ont argumenté avec véhémence pour votre défense. Ariès a affronté sa propre terreur de me parler, et a même osé me crier que j'étais, je cite, un vieux con têtu. »

« Je suis désolée » dit en tremblant le timide Bélier.

« Virgo m'a proposé un peu trop volontiers de prendre sur elle votre punition au centuple. Cancer m'a menacé de me raser la moustache. Taurus a saccagé ma chambre privée et il est temporairement puni en étant enfermé pour détérioration et entrée par effraction. Les dommages que le Verseau a causés prendront du temps pour être réparés. »

« Ce n'est pas de ma faute si ces conduites d'eau étaient rouillées » soutint-elle obstinément, et pourtant une lueur dans les yeux de la sirène montrait son espièglerie.

« Presque chaque Esprit du Zodiaque, et de nombreux Esprits mineurs, sont venus plaider en votre faveur. Gemi et Mini ont été les plus convaincants. Ils ne l'ont pas fait pour vous mais pour votre propriétaire, Lucy Heartfilia. C'est une femme honnête, un noble mage, aimée de tous ses Esprits… même d'Aquarius. »

« Pardon ? » rugit le porteur d'eau, mais elle fit rapidement marche arrière. « Je veux dire, j'estime/je pense que cette garce honore au moins mes demandes de vacances. »

« Nos amis » poursuivi le roi des Esprits, « peuvent parfois être plus convaincants que nos propres mots. Aries m'a dit que peut-être la dernière fois Zeref a mal tourné parce qu'il n'avait pas eu de figure paternelle. Si son intuition féminine est correcte, alors le fils que vous avez inconsciemment engendré a besoin d'un père. Par conséquent, je vous accorde une libération conditionnelle de courte durée. »

Léo sourit immédiatement à cette nouvelle et eut envie de rire de soulagement.

« Vous pourrez passer votre porte librement durant cette période, mais lorsque vous rentrerez vous retournerez dans cette cellule. Vous n'êtes autorisé à aller nulle part ailleurs dans le monde des Esprits. Assistez à la naissance de votre enfant. Soignez votre femme pendant qu'elle se repose er récupère. Montrez-lui votre soutient. Toutefois, vous n'êtes pas encore libre. Au moment de la nouvelle année humaine, lorsque le dernier pétale des cerisiers arc-en-ciel tombera dans la ville de Magnolia, les douze Esprits du Zodiaque se réuniront à nouveau. A cet instant il faudra décider de votre sort : soit vous permettre de séjourner ici en tant qu'Esprit Céleste mais limiter vos contacts avec votre propriétaire, soit vous permettre de vivre avec votre famille au détriment de votre statut d'Esprit du Lion. »

« Je vais vous le faire savoir dès maintenant » glissa Léo. « Je préfère vivre quelques décennies et mourir de vieillesse que d'être séparé à nouveau de Lucy. »

« Il n'est pas uniquement question de votre immortalité » l'avertit le roi des Esprits. « Vous serez également dépouillé de vos pouvoirs. Vous n'aurez plus aucune magie. »

Léo hésita, désemparé par cette menace. Sans magie, il ne serait pas en mesure de protéger facilement Lucy. Il ne pourrait pas l'accompagner en missions. Il ne serait pas en mesure d'apparaître à ses côtés au moindre signe de problème. Bien sûr, elle aura toujours ses autres Esprits, mais il serait un énorme obstacle pour elle, un fardeau impuissant qui la ralentirait.

« Vous avez six mois pour peser le pour et le contre » clama le roi des Esprits. « Aussi, je ne devrais pas avoir besoin de vous dire cela, mais si vous cherchez Piscis Austrinus pendant cette période, ou la Clé du Cœur du Lion, votre vie vous sera ôtée. »

« Et s'il vient à moi ? » demanda Léo avec scepticisme. « Lui et la reine Kéfira sont toujours après Lucy et le bébé. »

« Nous sommes déjà à la recherche de ce monstre déloyal. S'il s'approche de vous, ou si vous vous approchez de lui, nous le saurons avant même que vous vous rencontriez. S'il y a une erreur de notre part… j'espère que dans ce cas de figure vous serez prudent, et ne l'affronterez plus seul à nouveau. Même si un seul autre esprit est avec vous – tous sauf Taurus et Scorpio – alors ça devrait bien se passer. »

Léo savait pourquoi il avait ajouté cette clause. Taurus et Scorpio avaient été eux-aussi alignés avec les Etoiles Royales. Voilà ce que craignait le roi des Esprits, tout comme Caprico l'avait dit. Si les quatre constellations alignées avec les Etoiles Royales se révoltaient, cela créerait un autre énorme bouleversement dans le monde des Esprits. Seulement, au lieu d'une place vide laissée derrière lorsque les Etoiles Royales sont parties, ce serait un coup d'état contre le roi des Esprits.

« Vous avez ma parole en tant que Lion que, sur mon honneur et ma fierté de leader du Zodiaque, je ne chercherai pas cet ancien pouvoir » acquiesça Léo.

« Très bien. Vous avez six mois, mon vieil ami. Après la chute du dernier pétale de cerisier, il sera décidé de votre sort. Mettez vos affaires en ordre, et prenez soin de votre famille du mieux que vous le pourrez dans ce laps de temps. Soyez reconnaissant envers l'orientation des étoiles. »


Lucy sortit du hall de la guilde en bâillant. Le soleil se levait, mais les volutes brumeuses couleur lavande du fleuve cachaient ce disque enflammé. La guilde avait fait la fête toute la nuit. Lucy avait plus mangé en un jour que ce qu'elle mangeait normalement en une semaine. Elle avait même gagné un concours du plus gros mangeur de viande contre Natsu.

D'une façon ou d'une autre, elle s'était endormie sans s'en rendre compte. Elle s'était alors réveillée sur un lit de l'infirmerie de la guilde, se demandant d'un air endormi qui avait bien pu la porter lorsqu'elle reconnut le manteau blanc drapé sur elle. Gray veillait vraiment sur elle, et elle appréciait le soutien qu'il lui apportait. Elle sourit devant les ombres argentées présentes dans Magnolia, et devant le calme qui semblait être étouffé par le brouillard, ressemblant à la vapeur d'un cuiseur à riz. Derrière elle, elle entendit les autres commencer à s'éveiller, certains avec la gueule de bois, d'autres avec les pieds douloureux d'avoir dansé toute la nuit. Ça lui donnait l'impression d'être encore plus liée à eux. Fairy Tail combattait comme une famille et faisait la fête en famille. Cette pensée la réchauffa dans le matin morne.

Le brouillard lui laissait de l'humidité sur les joues, et ainsi elle avait l'air parsemée de poussière de fée. Elle resserra le manteau de Gray autour d'elle et décida de sortir. Mais d'abord elle s'empara de ses clés.

« Ouvre-toi, porte du Petit Chien ! Nikora ! » La jolie… chose… blanche apparut. « Tu vas me raccompagner à la maison, n'est-ce pas, Plue ? » gloussa-t-elle en commençant à avancer.

« Puu-Puun ! » répondit-il en commençant à la suivre. Puis Plue s'arrêta et émit un son qui ressemblait à un questionnement. « Puun ? » Il mit son espèce de patte au-dessus de ses yeux noirs et loucha à travers le brouillard. Puis il haleta. « Puun ! Puu-puun, Puu-puun ! Puuuun ! »

Lucy s'arrêta et le regarda s'agiter. « Qu'est-ce qu'il y a ? »

« Pardonnez-moi, mademoiselle » l'appela une voix séductrice, « mais je crois qu'il vous faudrait bien plus qu'un petit chien pour vous protéger lorsque vous rentrez chez vous. Que diriez-vous d'un Lion ? »

Elle haleta et couvrit sa bouche. Le soleil transperça le brouillard, les volutes de brume pourpre fondirent, et le monde s'illumina d'un éclat doré. Au milieu de la lumière jaune éblouissante, une forme sombre s'avança, une grande et mince silhouette avec une démarche calme, les cheveux en bataille, et des chaussures qui claquaient sur le sol d'une semelle dure. Comme un voile se retirant pour laisser passer un roi, le brouillard s'écarta sur le côté, et le noble Lion s'avança. Loki eut un sourire qui ferait s'évanouir toutes les femmes, mais il n'avait d'yeux que pour sa lionne.

« Léonita… Pardonne-moi d'être en retard pour la fête. »

Lucy s'élança dans un cri. Le manteau de Gray tomba de ses épaules et flotta jusque sur le trottoir tandis qu'elle sautait dans les bras de Loki. Il a failli la soulever d'un coup pour la faire tournoyer comme dans les films, mais il réalisa que ça serait mauvais pour le bébé. Au lieu de cela, Loki serra Lucy contre lui et colla ses lèvres contre les siennes. Il avait désespérément besoin de leur goût. Il avait besoin de savoir qu'elle était réellement là. A l'embrasure de la porte, Erza, Wendy, Shalulu, Happy, Natsu et Gray les regardaient, le sourire aux lèvres.

« Je suis content qu'il soit de retour » dit Gray en soupirant de soulagement.

Natsu pourtant n'était pas satisfait. « Oi, Loki ! »

Erza essaya de l'attraper alors qu'il s'élançait. « Imbécile ! Laisse-leur au moins le temps de se retrouver. »

« Ce que j'ai à lui demander est plus important ! » Il fronça les sourcils alors qu'il avançait vers le couple. Loki fit face à Natsu, mais il ne pouvait pas déjà quitter les bras de Lucy. Natsu s'arrêta en face d'eux. « Une bonne fois pour toutes » cria-t-il, « c'est moi ou lui ? » Son doigt pointa Gray. « Qui est le parrain ? »

Loki rit doucement à la question. « Eh bien, Natsu, j'ai effectivement réfléchis longuement et profondément à cette question. Ce sera un bébé spécial. Il aura besoin de deux fois plus d'amour et de protection. Par conséquent, je pense qu'il devrait avoir deux parrains… et deux marraines. Toi et Gray, Erza et Wendy. » Il regarda vers Lucy. « Qu'en penses-tu ? »

Elle était encore trop émue pour pouvoir parler, alors elle hocha juste la tête et se pencha vers lui.

« Je vais devenir une marraine ? » demanda Wendy, choquée. Elle se couvrit la bouche et rigola. « Je suis comme sa marraine la bonne fée. »

« Les deux, hein ? » réfléchit Natsu. « Eh bien… je pense que c'est pas mal. Mais je devrai porter des habits trop cool et m'occuper du chat. »

« Aye ! » intervint Happy. « Et moi ? Je n'aurai pas quelque chose à faire de spécial ? »

Natsu eut un grand sourire. « Tu devras être mon chat ! »

Happy fit la moue. « Plus que ça. »

« Bien sûr que si » dit Loki en souriant. « Tu devras être le parrain-chat. »

« Parrain… chat ? » Happy eut des étoiles plein les yeux. « J'aime ce titre. Parrain-chat ! Hé, Shalulu, tu as entendu ça ? Je suis le parrain-chat. »

« Hum, le ''mauvais parrain-chat'', peut-être » dit-elle dans un calme exaspéré.

Il vola vers elle et lui sourit avec embarras. « Je vais partager avec toi. Tu pourras être la marraine-chat, si tu veux. »

Le titre piqua son intérêt, et son visage tiqua tandis qu'elle tentait de réprimer un sourire. « Ce titre sonne… plutôt de façon attrayante. »

« Hé Loki ! » l'exhorta Natsu. « Tu dois venir voir les cadeaux que Lucy a reçus. Elle a dit que le mien était parfait. »

Loki leva la main pour calmer l'adolescent hyperactif. « Attends un peu, Natsu. Je voudrais d'abord regarder le lever du soleil avec Lucy. » Il la prit par la taille et l'emmena en direction du dortoir de Fairy Hills.

Gray attrapa Natsu par l'épaule et le força à s'arrêter. « Donne-leur un peu de temps seul à seul » fit-il en connaissance de cause.

« Mais je voulais… »

« Natsu » dit fermement Gray. « Tu es vraiment un idiot sans cervelle. »

« Qu'est-ce que tu viens de dire, espèce de bâtard givré ? » cria-t-il, prêt à se battre.

Gray poussa juste un soupir d'exaspération. « Donne-leur un peu de vie privée. Aller, va demander à Mira de faire un bon petit-déjeuner pour Loki. »

Le dragon slayer cria tout haut. « Je ne ferai pas ce que tu m'ordonnes de faire. »

Erza tapa du pied devant lui. « Natsu ! Petit-déjeuner ! Maintenant ! »

Il s'écarta d'elle en tremblant. « A-a-aye sir ! » Puis il courut à l'intérieur annoncer à tout le monde que Loki était de retour.

Erza tapota l'épaule de Gray, qui trébucha sous la force du coup. « Tu as vraiment mûri, Gray. Je suis impressionnée. »

« Cela n'a rien à voir avec le fait de mûrir » dit-il avec une moue, en réfléchissant. « Je me suis assis à ses côtés et je l'ai soutenue pendant tant de nuits, tandis qu'elle pleurait. J'étais prêt à me battre pour le récupérer, et à partir de maintenant je vais me battre pour m'assurer qu'il restera à ses côtés. Je veux qu'elle soit heureuse, et c'est tout (ce qu'il y a à en dire). En plus… » Il se mit à rire doucement tandis qu'il se penchait pour ramasser son manteau blanc au sol. « … ils font un joli couple. »

« Aye ! » acquiesça Happy.

Fin du chapitre 18


J'espère que ce chapitre vous a plu moi je l'ai trouvé très rigolo ^^ a bientôt pour le prochain ^^