Me voilà de retour, je vais normalement reprendre un rythme de parution plus rapide ayant plus de temps devant moi. Merci aux reviewers.


Chapitre corrigé par le Lutin de Cornouailles


Chapitre 7: Ce que je désire

Un mois passa, les cours se passaient bien, voir très bien. J'avais même fait gagner pas mal de points à notre maison et nous étions en tête. J'avais reçu plusieurs lettres de mes parents et ils étaient heureux de ne plus avoir eu de lettres relatant mon mauvais comportement. Le professeur Rogue aussi n'avait rien eu à me reprocher. J'arrivais à avoir la moyenne en potion grâce à Benjy qui lui était toujours victime de la discrimination du professeur. J'avais dû travailler plus que je ne le pensais mais finalement les cours de Sortilèges et de Métamorphose étaient vraiment contre j'avais abandonné l'idée d'avoir de beaux points en Histoire de la Magie et en Botanique c'était limite.

Le cours de Défense a commencé depuis une heure, je suis à côté de Blaise au deuxième rang. Ce cours est étrange, le professeur Belicail semble nous analyser à chaque cours. Toutes les réponses que nous donnons ont l'air d'avoir plus d'importance que dans les autres cours. Il donne son cours pourtant d'une manière attrayante. J'ai beaucoup appris notamment sur les formes de magies, d'où elles viennent,… Son apprentie est rarement là et quand elle est là, elle est au fond de la classe et n'ouvre jamais la bouche. Et malgré ce fait, tout dans son attitude reflète le respect, la soumission envers son Maitre. Je n'arrive toujours pas à me faire à l'idée que quelqu'un veuille être l'esclave volontaire d'un autre. L'école est là pour apprendre pas besoin de se mettre à genoux devant quelqu'un pour faire la même chose.

- "Bien nous arrivons tout doucement à la fin de l'année. Nous avons parlé des cœurs magiques, des auras, des liens et maintenant vous allez rechercher votre propre cœur magique. Sachez que votre cœur ou noyau a une certaine quantité de magie. La quantité est différente pour chacun, mais quand le niveau descend en dessous de 50 % vous ressentirez une fatigue, en dessous de 30 vous aurez des difficultés à effectuer de la magie et même de bouger. En dessous de 10 vous risquer de perdre l'usage de la magie voir de mourir. Connaitre son niveau, savoir voir son cœur pourrait vous sauver la vie. Maintenant je veux que vous fermiez les yeux comme lors de nos séances de méditation. Je veux que vous écoutiez, sentiez votre source de magie."

Je ferme les yeux comme le reste de la classe. Il est rare qu'un élève lui désobéisse, il a une autorité naturelle. Je me concentre sur ma magie, je la sens, je la ressens d'une couleur mauve, chaude, mais c'est étrange. C'est comme si elle était attiré, tirée ou incomplète.

- "Stop!" La voix du professeur me fait rouvrir les yeux d'un coup. "Que ceux qui ont réussi lève la main". Je la lève ainsi que Blaise, Théo et une fille de Gryffondor." Ce n'est pas trop mal pour une première. Monsieur Zabini qu'avez-vous ressenti?"
- "Une chaleur."
- "Et rien de plus? Une couleur peut-être." Mon ami semble réfléchir je le regarde et une couleur me vient en tête.
- "Vert." Je l'ai murmuré et pourtant les deux hommes semblent l'avoir entendu.
- "Qu'avez-vous dit?"
- "Quand je pense à sa magie, je vois du vert". Le professeur semble m'analyser un moment avant de dire.
- "Intéressant et la vôtre?"
- "Mauve mais c'est comme si elle était incomplète."
- "Parce que vous avez un lien."
- "Je ne suis liée à personne." je me défends, je ne suis liée à personne, je suis indépendante.
- "Je ne parle pas d'un lien comme celui que j'ai avec mon apprentie. C'est celui de vrais "jumeaux". " Je me tourne vers mon frère qui est deux bancs derrière moi à ma gauche, il hausse les épaules. Je me retourne vers le professeur.
- "Nous sommes des triplés et des faux."
- "Oui c'est appelé comme ça parce que les triplés et au-delà restent rares. Autant vous êtes des faux jumeaux autant vos noyaux sont complémentaires. Ils formaient un tout qui s'est divisé en chacun d'entre vous. Bien pour le cours suivant je veux que chacun trouve son noyau et m'en dise le plus possible. N'oubliez pas que la méditation et le sport sont deux moyens d'y arriver. Miss Potter, restez s'il-vous-plait." Je reste alors que la classe se vide, je me dirige vers mon professeur qui m'attend.
- "Monsieur?"
- "Quelle couleur voyez-vous en moi?" J'hésite un peu surprise par sa question, je laisse mon esprit le sonder. Je perçois de l'orange vif et un bleu pâle qui se mélange comme le Yin et le Yang.
- "Un mélange d'orange et de bleu." dis-je doucement pas certaine de ma réponse. "C'est possible?"
- "L'orange appartient à mon apprentie et le bleu c'est mon noyau."
- "Vous garderez toujours ce lien?"
- "Non, quand elle aura fini son apprentissage, nous déferons le lien." Il semble nostalgique puis soudain il redevient sérieux. "Voir les auras des autres n'est pas donné à tout le monde."
- "C'est pas comme la divination?" Ma mère dit que c'est la matière la plus inutile et il pense surement la même chose vu le froncement de sourcils qu'il fait.
- "Non c'est une capacité."
- "Inutile." Pour la première fois, il semble se vexer de ma remarque.
- "Si je vous l'apprends c'est qu'il y a une utilité. Pouvoir connaitre l'état de faiblesse d'un adversaire ou de soi-même est important." Effectivement je n'avais pas vu les choses sous cet angle.
- "Les couleurs sont-elles importantes?"
- "Oui à la naissance tout les sorciers ont leurs noyaux blancs, sauf qu'il est parfois petit. En grandissant, le noyau grandit, change devient plus foncés ou reste lumineux."
- "C'est comme une âme."
- "On peut dire ça." dit-il en croisant les bras.
- "Est-ce qu'un noyau noir existe? Est-ce qu'un noyau foncé peut redevenir clair?"
- "Je n'ai vu qu'un seul noyau complètement noir et oui, le noyau est en évolution constante. Même s'il est plus facile de noircir un cœur plutôt que l'éclaircir. Chaque couleur a une signification mais cela reste plus hypothétique. On dit par exemple que l'orange est signe de joie, créativité, communication, sécurité, optimisme. Le mauve lui est signe de rêve, de délicatesse, de paix, d'amitié, de méditation mais aussi de solitude et de mélancolie." Un mélange qui me correspondait assez bien.
- "Et le bleu?"
- "Rêve, sagesse, sérénité, vérité, loyauté, fraîcheur." C'était dit comme un texte récité sans émotion. "Je vous ai assez retenue."
- "Merci pour ces précisions."
- "Bonne journée miss."

Le soir pendant mon rituel avec la carte des Maraudeurs, je vois Benjamin sortir de sa salle commune après le couvre-feu. Je le suis des yeux alors qu'il se dirige vers le couloir interdit du deuxième étage. J'essaye la connexion mentale mais avec lui ça ne marche pas encore. Il reste là pendant une heure et puis il disparaît. Le lendemain je n'ai pas l'occasion de le croiser mais la nuit je le vois refaire le même chemin. Curieuse, je me lève doucement avec ma carte et ma baguette. Je mets ma cape et je sors de la salle commune. Je suis les couloirs sans rencontrer personne. J'arrive à la porte interdite, je l'ouvre doucement et la referme. Je ne vois personne pourtant je sais que mon frère est là. En tout cas j'espère parce que je ne suis vraiment pas rassurée.

- "Ben?" murmuré-je en m'avançant dans la pénombre. Il sort de derrière un objet imposant. Il est surpris de me voir et semble un peu gêné.
- "Charlie qu'est-ce que tu fais là?"
- "Et toi?" Je m'avance à sa hauteur pour voir ce qui le rend si mal à l'aise. Je vois un grand miroir avec des inscriptions au sommet. Il est vraiment beau. Mais mon frère se met entre le miroir et moi complètement paniqué.
- "Je…. Non! Ne regarde pas!" Je le regarde septique
- "Pourquoi?"

Je regarde dans le miroir et je me vois. Mais je me vois plus grande, avec l'uniforme de Gryffondor où se trouve la médaille de préfet en chef, papa et maman me serrent dans leur bras. Je crois que je viens d'être diplômée. Ils ont l'air si fières de moi. Benjamin me tire de ma contemplation en disant.
- "Ce n'est pas ce que tu crois." Il est livide et je ne comprends toujours pas sa réaction.
- "Quoi?"
- "Tu ne me vois pas?" il regarde le miroir mais je ne le vois pas, il n'y a que moi et les parents.
- "Non, je me vois moi. Et toi qu'est-ce que tu vois?"
- "Pas d'importance." Il semble soulagé et reprend sa cape d'invisibilité qu'il avait posée par terre. "On devrait partir d'ici."
- "On a encore un peu le temps non?" Il me regarde puis il regarde le miroir, il s'assied et je me mets à ses côtés. Je ne sais pas pourquoi cette vision a quelque chose de captivant. Et en même temps je ne la comprends pas. Ça ne peut pas être un miroir qui montre le futur vu que je ne changerai jamais de maison.

Nous restons là un moment assis à contempler ce miroir. Puis soudain un bruit nous fait sortir de notre torpeur. Je me tourne vers Benjy qui regarde la porte.
- "Tu as entendu?"
- "La cape!" Il me jette presque la cape dessus avant de se glisser dessous.

Nous sortons couvert mais nous ne voyons rien. Par contre sur la carte nous voyons que Rogue est proche de nous mais aussi Rusard et son chat. Je commence à trembler malgré moi. Je m'en veux d'être sortie et j'ai peur de me faire avoir.

- "Prend la cape et la carte et retourne à ton dortoir."
- "Et toi?"
- "J'aurai une punition, toi tu risques plus gros."
- "On a qu'à se rendre tous les deux." Je ne suis pas très chaude mais c'est encore le mieux à faire.
- "Et abandonner la carte et la cape?" Nous ne les récupérerions jamais surtout avec Rogue.
- "Où on va à deux jusqu'à ma salle commune et puis tu repars à la tienne."
- "Trop dangereux, ils savent que quelqu'un se promène." Vu comment ils tournent c'est très probable.
- "Tu es sûr?"
- "Certain." Il sort de sous la cape, seule protection qu'il me reste.

Je ne l'ai jamais vu si déterminé et en réalité je suis assez contente de sa proposition. Je fourre la carte dans ma poche arrière et doucement j'avance. J'entends à peine la voix de mon directeur quand il attrape mon frère. Mais alors que je pense être hors de danger, je sens deux mains saisir mes épaules. Un faible cri sort de ma bouche quand la cape est enlevée et je me retrouve sans protection devant mon professeur de Défense. Il a le regard sévère cependant il n'ouvre pas la bouche mais il me fait entrer dans son bureau. Il referme la porte derrière lui, il examine un moment la cape. Finalement il se tourne vers moi semblant plus amusé que contrarié.

- "Miss Potter dois-je comprendre que vous aimez vraiment être punie?"
- "Non, je vous en prie ne dites rien à mes parents."
- "Où avez-vous eu ceci?" dit-il en montrant la cape, je n'ai aucun intérêt à lui mentir.
- "C'est à mon père"
- "Donc il ne devrait pas vous faire grand-chose." Au sens propre du terme non, sauf que maman va être fâchée contre lui et donc contre moi.
- "C'est mon frère qui l'avait."
- "Bien et que devrais-je faire selon vous maintenant?"
- "Je sais que j'ai fait une bêtise mais…" Je sais que mes excuses seront vaines mais il m'arrête avant que j'essaye.
- "Je suis prêt à fermer les yeux et à vous rendre votre cape sans en parler à personne." J'écarquille les yeux.
- "C'est vrai?"
- "Oui. Répondez juste à cette question. Qu'est-ce que vous voulez le plus au monde? Prenez votre temps." Je suis étonnée par sa question et il semble réellement attendre une réponse. La question n'est pas vraiment difficile mais pas facile pour la cause. Pendant que je réfléchis il prend quelque chose dans le tiroir de son bureau. Et puis, je repense au miroir, c'était ça que je voulais le plus.
- "Je veux être meilleure que Benjamin." Il semble analyser ma réponse et fait une sorte de moue indescriptible avant de noter quelques choses sur le calepin.
- "Voilà une réponse honnête, je vais vous raccompagner à votre salle." Il pose le bloc avant de me tendre ma cape.
- "C'est quoi?" Je demande en montrant le carnet.
- "Ma liste. Elle contient les peut-être et ceux à qui je vais proposer d'être apprenti."
- "Suis-je dessus?" La curiosité a pris le dessus et je rougis face à ma question.
- "Non."

Je ne réponds rien, de toute façon je n'avais aucune envie d'être apprentie. Et dans l'histoire j'ai tout gagné, pas de punition, la cape et la carte sont toujours avec moi et s'il tient sa promesse, mes parents ne seront pas au courant. Je vais donc me recoucher tout en pensant au miroir du couloir interdit. J'avais aimé me voir à Gryffondor mais c'est plus le regard de mes parents qui m'avait touchée. Je pense que jamais en étant à Serpentard, je ne verrai cette fierté. Je peux toujours me donner à cent pour cent, qu'il y aura toujours cette retenue en eux. À quoi bon se donner à fond si personne ne s'en préoccupe?
Le lendemain, j'apprends que Benjamin est en retenue avec Rogue pour une semaine. Je compatis et je lui rends sa cape. Il a l'air content que je n'ai rien. Et heureuse de constater que le professeur a tenu parole mais je garde cette anecdote pour moi. Je retrouve Harry à la bibliothèque. Il est en compagnie de Neville et d'Hermione. Je m'installe en face de mon frère et à côté de Neville qui recule un peu. Ce qui est habituel depuis notre altercation.

- "Bonjour. Je peux travailler avec vous?" Neville grommelle, je m'en moque ce n'est pas à lui que je parlais. La brune, elle, rougit, et est en train de rassembler ses livres qui sont éparpillés.
- "Je peux partir si vous voulez…" Je m'assieds et je ne comprends pas sa réaction.
- "Non pourquoi?"
- "Les Serpentard ne m'aiment pas trop." me dit-elle en baissant les yeux, rouge comme une pivoine.
- "Ils la traitent de miss Je-Sais-Tout mais les Gryffondor font pareil…" fait mon frère voulant surement la réconforter, tout en continuant d'écrire son devoir.
- "Tu essayes de lui remonter le moral, là? Cela ne me dérange pas que tu sois là, après tu étais là avant moi donc si ça te pose problème que moi je sois là, je peux partir." Elle me sourit timidement.
- "Non, aucun souci." J'ouvre mon livre de Sortilèges et elle me dit. "Ça à l'air d'aller mieux en Sortilèges."
- "Oui, je crois que je m'étais mis trop de pression." Harry rigole.
- "Pour une fois." Je lui tire la langue.
- "Si tu aimes les Sortilèges le professeur m'a conseillé ce livre." Elle me tend un volume rouge que je ne connais pas. "Je viens de le finir si tu veux."
- "Cool, merci." Je le feuillette alors qu'elle ouvre un livre de potion.
- "Benjy m'a dit que vous deviez me montrer un truc mais que ça devrait attendre la fin de sa retenue."
- "Quand il aura fini les retenues avec Rogue, je t'assure qu'il réfléchira avant de ressortir."
- "Il me fait peur" gémit le copain de mon frère, je jubile, c'est bien fait.
- "Il ne va pas te manger non plus Neville." dit Harry pour le rassurer et pour une fois je suis bien contente que Rogue lui fiche la trouille. "Tu devrais le voir au cours, Neville a déjà fait fondre deux chaudrons." Il n'y a pas à dire mon frère est le roi pour remonter le moral alors que son ami se ratatine encore un peu sur sa chaise.
- "Deux de moins à laver par Benjy."

Nous passons le reste de l'après-midi à faire nos devoirs. Hermione est d'une compagnie agréable et une vraie encyclopédie, je comprends pourquoi mon frère s'entend bien avec. Il m'apprend que lui, Neville et Hermione vont souvent chez le garde-chasse, chose que je trouve absurde mais passons. J'ai fini mes devoirs et de retour dans ma salle commune, je retrouve les autres devant le feu. Il faut dire que même si le temps se réchauffe, la salle commune reste quand même sombre et humide. Le soleil manque un peu mais l'ambiance est reposante plus qu'oppressante je trouve. Drago est dans un fauteuil tandis que Blaise, Pansy, Milicent partagent un divan. Annie dessine assise par terre, je me mets à ses côtés. Elle dessine le parc c'est assez bluffant.

- "Tu étais où?" demande Drago, il aime bien connaître le moindre de mes faits et gestes.
- "À la bibliothèque"
- "On ne te reconnait plus ma parole." Blaise rigole après sa remarque qu'il veut marrante.
- "C'est gentil ça."
- "On parlait d'où on allait partir en vacance. Tu vas où toi?" me questionne le blond d'un ton supérieur, il a surement une super destination de prévue.
- "Si je continue à me tenir à carreau sans retenue, je pars les deux mois faire un voyage en Amérique avec ma marraine."
- "Cool." Commente Blaise et pour une fois Milicent et Pansy n'ont rien à ajouter.
- "Oui je le prépare depuis toute petite, on a une liste de choses à faire et à voir"
- "C'est qui ta marraine?" fait Drago en levant un sourcil, devant son regard acier, j'hésite. Je sais que c'est moche mais je dis.
- "Tu ne la connais pas, c'est une parente du côté de mon père." Je prie pour qu'elle me pardonne. Je n'ai pas honte d'elle, c'est juste que ça ne peut pas lui faire du tord et si ça m'aide, je ne vois pas où est le mal.
- "Aucune chance que tu viennes chez moi alors?" redemande mon ami, je lui fais une tête d'excuse.
- "Je n'aurai pas le temps."
- "Et toi Annie, encore à coller Dray?" intervient Pansy moqueuse ou jalouse, je ne sais pas. Annie devient rouge et bredouille quelque chose que personne de comprend.
- "Fous-lui la paix, Pansy, celle des deux qui colle ici c'est toi." Annie a rassemblé ses affaires et s'en va dans le dortoir. Je me lève et je la suis. Quand j'entre, je la vois couchée sur le lit et je m'assieds à ses côtés.
- "Tu veux en parler?"
- "Non enfin….?" Elle semble hésiter, je ne sais pas comment lui faire comprendre qu'elle peut avoir confiance en moi.
- "C'est quoi le truc entre toi et Drago?"
- "Il y a aucun truc entre lui et moi, on est de la même famille c'est tout. Mes parents sont partis et je vis avec eux." C'était donc ça.
- "Pourquoi ça te gêne?"
- "Pour rien. Laisse tomber." Elle se tourne de l'autre côté me faisant bien comprendre qu'elle ne veut plus parler.
- "Ok"

Je la laisse mais je ne comprends pas, être de la même famille que Drago n'est pas génial mais ce n'est pas non plus le pire. En plus la ressemblance n'est pas frappante à part le côté aristocratique. Je me couche sur mon lit ouvrant un livre sur Gilderoy Lockhart.
Un mois de plus passe et bien qu'on arrive à la fin de l'année, je dois dire que Poudlard est aussi bien que mes parents l'avaient dit. Même apprendre est plus passionnant qu'autre part, à part l'Histoire. Alors que je mange à la grande table, j'entends quelqu'un crier.

- "Charlie!" S'en suit une douleur vive à la tête.
- "Aie!" dis-je, Annie me regarde soucieuse.
- "Ça va?"
- "Oui, je me suis pris le pied de la table." Elle n'a pas l'air de gober mais reprend sa conversation avec Milicent. "Quoi?" Je me concentre sur Benjy et je lui envoie moins fort que lui. Il a encore des difficultés à utiliser la télépathie.
- "Ce soir on repart voir le miroir avec Harry, tu viens?"
- "Tu es sûr après la dernière fois?"
- "Oui, on ne restera pas si longtemps. Et puis j'y suis retourné deux fois et sans problème." L'envie de revoir le miroir est grande mais j'ai peur de me faire rattraper. J'hésite un moment et puis je lui renvois.
- "Ok, ok"
- "On se rejoint juste avant le couvre feu dans les toilettes du deuxième étage."
- "Encore ces toilettes?"
- "Oui encore elles."

Ce plan foireux à quelques jours de la fin des cours ne me plait pas mais je n'ai pas envie d'abandonner mes frères. Le soir je les retrouve à l'endroit prévu, nous arrivons à nous glisser à trois sous la cape. Sans bruit nous parcourons les couloirs, arrivés derrière la porte, je range la carte et nous enlevons la cape.

- "Alors c'est quoi votre truc?" demande Harry ne voyant pas grande chose dans le noir de la pièce. Benjy le tire par le bras et l'amène devant le miroir éclairé d'un faible rayon de lune.
- "Ça."
- "Un miroir?" il semble déçu.
- "Regarde!"

Alors que mes frères parlent, j'ai comme un flash fugace comme si je voyais la scène de derrière moi. C'est bref et ça s'accompagne d'une douleur au poignet. Mes frères grimaces aussi, je me retourne et je vois l'ombre de la Forêt. Harry réagit le plus vite et se met entre la chose et moi. Mais d'un geste de la main, elle l'envoie valser. Harry se cogne la tête et il ne bouge plus. Je recule alors qu'une voix rauque s'élève.

- "Où est-elle? Elle doit forcément être ici où aurait-il pu la mettre d'autre? Tant pis tue-les!"

Je n'arrive pas à bouger mais Benjy me pousse vers Harry. Je tombe par terre et m'accroche à Ry pour le réveiller mais rien n'y fait. Ben parle toujours à la chose qui enlève sa capuche. J'ai envie de vomir quand je vois deux tête en une. L'une est celle d'un homme normal mais de l'autre côté c'est un homme ou un serpent horrible. Benjamin c'est rapproché de moi mais il regarde toujours la chose. J'ai ma main dans celle d'Harry, le monstre saute sur Ben qui tombe à la renverse. Il se bat mais l'autre est plus fort. Benjamin me regarde implorant de l'aide, je suis impuissante, j'ai peur, je ne pense même pas à ma baguette. Il me tend sa main et sans lâcher la main de mon frère inconscient, je l'attrape. Une chaleur se répand en moi, comme si tenir ces mains me donnait du courage. Là, le monstre crie et se recule. Ces mains se désintègrent et dans un cri il s'évapore en poussière. Le temps passe et je regarde toujours le tas de cendre.

- "C'était quoi ça?" dit Benjamin en se relevant.
- "Il faut appeler de l'aide, Harry ne se réveille pas." Je panique et secoue le corps inerte, j'entends juste la voix de mon frère.
- "Charlie attention!"Un fantôme noir me transperce et je tombe inconsciente.

Je me réveille dans un endroit que je ne connais pas mais que je devine facilement être l'infirmerie vue l'odeur. Il fait noir et j'ai mal à la tête. J'essaye d'appeler mes frères par réflexes mais personne ne me répond. Je me sens seule et je dois me rendormir car quand je rouvre les yeux c'est le matin. A peine ouvert qu'ils sont cachés par une masse rousse.
- "Enfin tu te réveilles."

Maman me serre dans ses bras, je remarque enfin où je suis et ça doit être l'hôpital. La pièce est blanche et il n'y a que mon lit. Mon père a l'air fatigué assis sur son fauteuil en face d'où je me trouve.

- "Qu'est-ce que je fais ici?"
- "Tu ne te réveillais pas et nous ne savions pas ce que tu avais."
- "Ta mère a préféré te transférer à Sainte Mangouste." Mon père semble trouver que ce n'était pas vraiment nécessaire et à vrai dire je me sens bien.
- "J'ai toute confiance en madame Pomfresh mais elle reste une infirmière d'école." Et puis maman travaille ici donc elle a confiance en ses collègues.
- "Et alors? Je vais bien."
- "À proprement parlé, oui. Mais je préférerais que tu restes quelques jours de plus pour être sûr."
- "Je vais louper la fin de l'école."
- "Il ne reste plus que quelques jours, tu ne manqueras rien." Elle passe une main dans mes cheveux, c'est étrange, elle n'a jamais voulu qu'on loupe l'école.
- "Et Harry? Et Benjy?"
- "Harry a eu une légère commotion mais il va bien. Benjy va bien aussi."

Un médicomage vient m'ausculter, me pose une tonne de questions mais moi je me sens bien. Mes parents semblent rassurés. Même si ma mère parle longuement avec lui. Elle revient et s'assied sur le bord de mon lit, elle semble soudain très sérieuse.

- "J'ai parlé à ta marraine et je préfère repousser le voyage d'une année." Là, je me sens mal, tous mes efforts réduits à néant.
- "Quoi? Non."
- "Après ce qu'il vient de t'arriver..."
- "J'ai fait des efforts."
- "C'est une question de santé, si quelque chose de magique t'arrivais là-bas que ferrait-elle?" Je vais bien et elle se base sur un truc hypothétique qui n'a aucune chance d'arriver.
- "Elle ferrait comme vous, elle m'emmènerait à l'hôpital"
- "Moldu. Non nous ne pouvons pas prendre ce risque." Pour une née moldue, je la trouve très critique.
- "Ce n'est qu'une année de plus." Essaye de me rassurer mon père. Voyant que je suis en colère, ma mère passe en mode chef de famille.
- "Nous savons pourquoi vous étiez debout cette nuit. Je ne suis pas fière de vous, vous auriez pu mourir. Sois contente de n'avoir pas d'autres sanctions." Donc c'est bien ça, elle s'en fiche de ma santé, elle veut juste me punir.
- "C'est une protection ou une sanction?" Elle me regarde et je soutiens son regard.
- "Prends-le comme tu veux." Je baisse finalement les yeux sentant les larmes monter et une question me vient, je me tourne vers mon père, il est Auror, il doit savoir.
- "Qui était-il?" Il ouvre la bouche mais maman le coupe
- "Tu n'as pas à le savoir" Là, je suis révolté plus qu'en colère.
- "Il a essayé de nous tuer."
- "Charlie!"
- "On a le droit de savoir."
- "Rien du tout. Et je ne veux plus que tu en parles, ni toi, ni tes frères. Benjamin a eu assez à affronter." Mais bien sûr, Benjamin encore et toujours. Il faut protéger Benjamin, il faut qu'il passe avant tout et tout le monde. Elle sort en rage et je rumine aussi. Papa vient prendre sa place à mes côté. Il met sa main sur la mienne.
- "Ta mère s'inquiète pour vous. Et je regrette de vous avoir donné notre héritage si tôt."
- "On voulait juste faire comme vous." Les larmes coulent maintenant et il me prend dans ses bras. Il m'embrasse le sommet du crâne tout en me berçant.
- "Je sais mais les choses ont changé. Je te jure que j'aurais aimé que vous fassiez comme nous."

Je sors de l'hôpital un jour avant que mes frères reviennent à la maison. Je me retrouve fille unique pour un jour et c'est flippant. La maison est trop calme, je n'ai personne à embêter et ils me manquent. Nous n'avons jamais été séparés aussi longtemps. Je suis toujours en froid avec maman, papa ça passe encore. La situation est un peu bloquée et dans ces cas-là c'est souvent Harry ou Benjy qui la débloque. J'aurai voulu dire au revoir à mes amis et participer au repas de fin d'année. Je suis dans ma chambre quand j'entends qu'ils sont là. Je descends quatre à quatre et je leur saute carrément dessus. Nos parents nous regardent attendris mais bientôt leurs visages redeviennent sérieux. Et nous sommes tous conviés à aller dans le salon. Nous sommes tous les trois assis dans le canapé et nos parents sont devant nous.

- "Maintenant que vous êtes tous à la maison, il faut qu'on parle. Vous allez être punis, pour être sortis après le couvre-feu"
- "Benjamin pas de Quidditch pendant un mois. Harry tu n'iras pas chez Neville comme c'était convenu en juillet, nous verrons pour aout. Charlie…" Avant qu'elle n'en dise plus je lui coupe la parole.
- "J'ai été assez punie non?" Mon ton est plus insolent que je ne l'aurais voulu, je crois que la rancœur accumulée les derniers jours a envie de sortir.
- "Non, pour ton insolence que je n'aime pas jeune fille tu seras privée de courrier pendant un mois."
- "Ron peut toujours venir la semaine prochaine?"
- "Oui mon chéri."Elle lui fait un sourire comme je n'en ai pas eu ces derniers jours. Je sens la main d'Harry dans la mienne, je comprends le message, je me calme.
- "Il y aura aussi une réception Benjamin y est invité par le ministre en personne, nous ne pouvons y déroger." Je suis étonnée car le Survivant a déjà été convié à moult réception et nous n'avons jamais été.
- "Pourquoi? On l'a bien fait avant."
- "C'est différent maintenant que vous êtes dans le monde magique."
- "On peut rester à la maison nous? Puisque seul Benjamin est invité?" demande Harry, lui et le monde ça fait deux.
- "Non, nous irons tous en famille." Je lâche un petit rire.
- "La dernière fois que tu as dis ça."
- "Tu as été punie, c'est ta chance de montrer que tu peux faire des efforts aussi."

Après cette joyeuse annonce, nous nous retirons dans ma chambre. Je m'effondre sur mon lit alors que les deux garçons s'assoient dessus.

- "Punis dès le début des vacances." débute Benjamin, ça résume bien la situation bien que lui soit assez épargné. Je me relève pour être à ses côtés.
- "Tu parles tu as le droit de voir tes amis. Dois-je te rappeler à cause de qui nous sommes sortis?" C'est un coup bas, il ne nous avait pas menacés mais quand même. Il baisse la tête.
- "Je suis désolé." Je me blottis contre lui et je commence à pleurer. J'ai eu si peur, pour lui, pour Harry, pour moi. Quand nous nous séparons je regarde Harry qui a pleuré aussi. Nous essuyons nos larmes et finalement je leur demande.
- "Vous en savez plus vous?"
- "Non." me répond de suite Harry cependant Benjy ne dit rien.
- "Benj?"
- "Il s'appelait Quirrel et il devait normalement être notre professeur de défense. Il cherchait la pierre philosophale." Ce nom me dit quelque chose, je fouille dans ma mémoire et mes yeux se posent sur l'Histoire de Poudlard posé sur ma table de chevet.
- "Celle de Nicolas Flamel?" Il est le seul à avoir créé une pierre pouvant donner la vie éternelle.
- "Exact mais elle n'était pas à Poudlard, Dumbledore a fait un coup de bluff et l'a rendu à Nicolas qui l'a détruite."
- "Il voulait attirer Quirrel à Poudlard?" Attirer un psychopathe dans une école, c'était un peu dangereux.
- "Il devait surement avoir un plan mais il ne savait pas que c'était Quirrel et…" Il s'arrête brusquement.
- "Et quoi?" Je m'impatiente mais Harry semble avoir compris son blocage.
- "C'était qui derrière sa tête?"
- "Vous-Savez-Qui." Un frisson me parcours, c'est impossible, il est mort.
- "Il est mort." Fait comme un écho à mes pensées Harry.
- "Apparemment pas totalement." Pas totalement et maintenant où est-il? Est-ce qu'il squatte un autre?
- "Et maintenant?" Je demande mais il hausse les épaules.
- "Rien, je n'en sais pas plus."
- "C'était déjà plus que nous. Pourquoi les parents te l'ont dit à toi et pas à nous?" demande Harry, il a surement posé les mêmes questions que moi aux parents, pour la même réponse. Mais le Survivant, lui, doit savoir.
- "Bête question." Je me laisse aller sur mon matelas.
- "Tu lui dis ou je lui dis?" dit Harry en regardant Benjy, je me remets sur mes coudes.
- "Quoi encore?"
- "Qui a gagné la coupe de quatre maisons?"
- "Serpentard nous avions une longueur d'avance."
- "Pas après les points que le professeur Dumbledore a rajouté à Gryffondor pour son courage." Son courage? Il n'a rien fait, moi non plus mais je n'ai pas eu de points pour la cause.
- "Sérieusement?"
- "Mais toi sinon tu vas bien?" demande Benjamin esquivant mon coussin.
- "Oui impec rien d'anormal mais ne change pas de sujet!"
- "Tu ne vas pas me prendre la tête pour ça pendant deux mois."
- "Je n'ai que ça à faire pendant deux mois. Je suis privée de voyage, privée de courrier et privée d'amis. Et en prime je vais devoir me coltiner l'autre gugus. "


Une fin d'année un peu rapide mais j'ai hâte d'avancer bon les réponses étaient unanimes vous ne voulez pas m'aider :-). Non, je plaisante, vous me faites confiance, c'est bien ou suicidaire, je ne sais pas encore. Le prochain chapitre, racontera le début des vacances.