Chapitre 5 : Le Roi de pique
Mon pas était nerveux. Il faisait nuit noire et le fond de l'air glacial s'incrustait dans mes os, je ne savais pas du tout à quoi m'attendre et ça me foutait sérieusement les jetons. Je me doutais toutefois de la tournure que pouvait prendre les événements si Alphonso faisait le con et ça, j'aimais pas du tout.
Elle m'attendait de l'autre bord de la rue, en face du restaurant. Adossée à un lampadaire, un nuage de fumé entourait son visage et flottait autour d'elle, la lumière jaune jetant des ombres sur ses traits tout en lui conférant un air sibyllin. Ses yeux fixaient l'enseigne brillante du diner d'Alphonso et continuèrent de le faire tandis que je m'approchais d'elle. Elle prit lentement une dernière bouffée de sa cigarette avant de la jeter dans le caniveau et se tourna vers moi.
-Prêt? me demanda-t-elle d'un ton morne, presque ennuyé.
-Mouais, prêt, répondis-je d'un ton résolu, sachant pertinemment que je ne l'étais pas.
-C'est toi qui le dis. Allez, amène-toi, fit-elle en s'allumant une autre clope.
-Tu poses pas de question sur ce que je veux qu'Alfonso me dise?
Elle se tourna vivement vers moi, plongeant son regard sombre dans le mien et gardant le silence quelques secondes.
-Rien à foutre de ce que ce bâtard a à te dire, je sais bien pourquoi tu fais ça, c'est pour une fille. Tu n'aurais jamais rappelé si tôt si c'était pour quoi que ce soit d'autre. Maintenant, on va entrer et tu vas fermer tous les stores aux fenêtres.
Je la coupai avant qu'elle puisse continuer :
-Qu'est-ce qui te dit qu'Alfonso est là?
-Deux gars qui travaillent pour Falcone viennent de sortir, il est forcément là. Maintenant, ferme ta putain de gueule et suis-moi.
Nous traversâmes la rue d'un pas rapide. Je jetai un regard aux alentours : personne, pas même un clochard ou un ivrogne en vue. Nous étions seuls, ce qui, je ne savais pas si devait me rassurer ou m'inquiéter.
Arrivés face à la porte, la fille tenta de l'ouvrir. Verrouillée. Elle soupira puis sortit nonchalamment un assez gros marteau d'une des poches de sa redingote. D'un coup incroyablement fort qui me fit sursauter, elle frappa la vitre qui se cassa bruyamment et, pas du tout inquiète d'avoir alerté qui que ce soit, fit passer son bras dans l'ouverture. Elle tâtonna le cadre de porte puis fit tourner le loquet avec un air satisfait. Le bruit avait attiré l'attention d'Alphonso qui, en jurant comme un sale bûcheron, sortit de son bureau pour voir ce qui se passait. Tandis qu'elle ouvrait la porte en grand, son regard tomba sur le gros plein de soupe enragé qui se tenait devant elle, ce qui la fit éclater de rire.
-Ouhou, il est pas content le petit monsieur! Ferme les stores, Jack! On va rire un coup.
-Qu'est-ce qui se passe ici, bordel de merde? Jack, qu'est-ce que t'as foutu à ma porte? Et c'est qui cette sale garce…
Il fut coupé par le poids du marteau que la fille lui lança au visage à une vitesse prodigieuse, l'atteignant au menton.
-Putain de conne! T'es débile ou quoi? C'est quoi ton sale problème, espèce d'arriéré? Je connais des gens, moi! De sales gars qui n'attendent que ça, de donner des leçons à des petites putes comme toi!
N'ayant que faire des menaces du gros lard, elle sortit élégamment son révolver et dans un geste des plus gracieux, le pointa vers le genou d'Alphonso avant de tirer. Ce dernier éclata dans une explosion d'hémoglobine et de cartilage, Alphonso s'écroulant sur le sol dans un cri de douleur.
Je me figeai d'horreur et fixai l'homme se tenant le genou, un masque grotesque collé à son visage. Il se tordait dans tous les sens et convulsait tellement la douleur semblait grande. Il me lança un regard d'incompréhension, un regard qui appelait à la pitié. Je savais qu'il n'en aurait pas eu pour moi, ce qui me rasséréna. Sortant de ma torpeur, je ne fis que secouer ma tête, dégoûté. Il l'avait cherché, ce sale con. Je me précipitai aux fenêtres, observant les alentours pour voir si on avait alerté quelqu'un. Aucun mouvement dans la rue. Tant mieux. Je fermai les stores prestement. Alors que je retournais auprès du blessé, la fille fumait tranquillement sa cigarette, un sourire au coin des lèvres alors qu'elle s'amusait à appuyer son pied contre la plaie béante d'Alphonso, qui ne retenait pas ses cris de souffrance. Voyant que j'étais revenu auprès d'elle, elle sortit un couteau à cran d'arrêt de ses poches et se pencha sur sa victime. D'un coup, la lame sortit du manche et elle la posa sur la gorge du sale porc.
-Mon copain ici a quelques questions à te poser, si ça ne te dérange pas trop bien sûr.
-Allez vous faire foutre, enfoirés de merde! Vous allez payer pour ça!
-Bon, monsieur ne semble pas trop comprendre quand on lui parle… Peut-être que ça va lui rappeler comment.
Elle leva la main et d'un coup leste, taillada la pommette du vieil italien crasseux, lui arrachant un grognement de douleur. Le sang coula lentement, son doux flot carmin glissant lentement dans l'œil droit de son propriétaire, qui ne pouvait relever la tête, plaqué au sol par une psychopathe.
-Bon, on va répondre aux questions maintenant?
Il lui cracha au visage comme seule réponse.
Se relevant lentement, elle essuya le filet de bave qu'elle avait reçu à la figure du revers de sa main gantée. Ses yeux semblaient perdus dans le vide, comme obnubilés par quelconques pensées profondes. Elle fixa longuement ses mains, troublée. Elle se tourna finalement vers moi, retirant ses gants et les rangeant dans ses poches sans se presser. Un sourire s'étira progressivement sur ses minces lèvres rouges, qui se transmit ensuite à sa bouche entière. Un rictus déformé par une sorte d'amusement malsain transforma son visage en un sombre présage qui m'inspira une peur profonde. Ses yeux s'illuminèrent d'une haine indicible qui balaya toute trace d'humanité de ses traits. Elle avait l'air d'un pantin fou, marionnette d'un démon intérieur qui tentait de déverser toute sa colère en un seul regard. J'étais effrayé, je voulais sortir du restaurant le plus rapidement possible, mais quelque chose me poussait à rester. Une curiosité morbide montait en moi et s'emparait de mes sens, m'intimant de rester où j'étais et de supporter cette vision d'horreur des plus complètes. J'étais fasciné par cette bestialité, même si elle m'inspirait une frayeur peu commune, paradoxale, mais profondément ancrée en mon fort-intérieur, comme si elle avait toujours été là, attendant le moment opportun pour sortir. Une peur qui me donnait envie de m'y perdre, comme une forêt aux ombres noires qui cachent plus de secrets qu'elles ne le laissent paraître.
Toujours avec le même regard malsain, elle se retourna vivement vers Alphonso puis s'accroupit à ses côtés.
-Tu sais, je ne pensais pas faire ça ce soir, mais toi mon cher, tu t'es avéré être l'exemple parfait.
Elle pencha sa tête vers son oreille puis lui murmura quelque chose qui m'échappa. Une expression terrifiée apparut sur le visage d'Alphonso. Elle lui caressa doucement les cheveux puis se releva. Se tournant vers moi, elle me dit tout simplement :
-On passe à la vitesse supérieure.
La lumière des néons de la cuisine sautait, sa lumière froide figeant la scène comme sur du papier glacé, un regard cru et implacable jeté par un photographe post-mortem dans un cliché morbide et fatidique. J'étais assis par terre, adossé au mur, le regard dans le vague. Je n'arrivais pas à bouger, j'étais figé sur place. La nausée s'emparait de mes sens, l'odeur de chair brûlée me prenant à la gorge de manière sournoise. Je n'arrivais pas à m'enlever ces images de la tête, ces cris… Kathleen. Les larmes me vinrent aux yeux. Je les essuyai rapidement du dos de la main, ce n'était pas le temps ni le moment. Je me fis de glace, ma carapace habituelle reprenant ses droits. Je lissai mes cheveux vers l'arrière et risquai un regard en direction de la fille. Elle fumait assise sur le comptoir, perdue dans ses pensées. Elle ne semblait pas trouver la situation difficile, au contraire, elle semblait l'évaluer de manière logique. Calculatrice. Mes yeux retournèrent vers le centre de la cuisine, où se trouvait Alphonso.
Il était ligoté sur sa chaise de bureau. Sa main pendait mollement sur son flanc, des gouttes de sang dégoulinant sur le linoléum crasseux. Main… Mouais, le terme n'était plus très approprié, ce n'était qu'un amas de chair mise à vif, la peau ayant fondue et pelée. Tout son avant-bras y avait passé aussi. La friteuse ne lui avait pas laissé une chance. Son teint était livide et cireux, il avait l'air d'un mannequin, ses yeux voilés amplifiant davantage l'illusion. Sa langue sortait de sa bouche, à jamais tordue dans une expression de douleur. Toutefois, ce qui était le plus choquant, c'était l'arrière de sa tête. Plus aucun cheveu noir ne parcourait sa surface, elle était entièrement brûlée. Parmi cette vision sanguinolente, on pouvait distinguer son crâne, bouts d'os blancs parmi un océan de rouge. C'est comme ça qu'il est mort, en hurlant parce que ce n'était même pas l'avant de son visage qui baignait dans l'huile, arrachant chaque parcelle de sa peau et noyant ses hurlements. Non, c'était l'arrière de sa tête qui bouillait alors qu'il ne pouvait qu'assister, impuissant, à sa propre mort qui ne vint qu'au bout de plusieurs minutes. Je le regardais souffrir, debout à ses côtés, droit comme une barre, les mains dans le dos, comme un juge après avoir énoncé la sentence. Je ne ressentais rien, à part de la haine envers le condamné. Il méritait ce qui lui arrivait, surtout après ce qu'il venait de me dire. Elle, elle lui maintenait les épaules pour ne pas qu'il bouge, une lueur sadique scotchée à ses prunelles alors qu'elle luttait pour ne pas lui plonger la tête entière dans l'huile. Après tout, il fallait savourer le moment, mais plus important encore, il fallait que les flics soient capable de reconnaître son cadavre pourrissant. Le visage était donc intouchable. Lorsqu'il a cessé de lutter, elle l'a lâché brusquement, a éteint la friteuse, puis a donné un coup de pied à la chaise qui roula jusque dans le milieu de la pièce, directement sous les néons.
Elle s'en approcha, déroulant les manches de sa chemise blanche maintenant tachée de sang, agrippa sa redingote qui traînait sur le sol et remit ses gants de cuir. Elle revêtit son manteau de velours rouge puis sortit quelque chose de ses poches, qu'elle déposa solennellement sur le cadavre. En m'en approchant, je vis que c'était un as de pique. Elle se tourna vers moi, puis me dit :
-C'est pour laisser un message. Falcone n'est plus le seul dans la partie.
Elle sortit ses cigarettes et une flasque, dont elle prit une grande lampée avant de me la tendre. Je l'attrapai et bu une gorgée qui s'étira, pour oublier.
-T'as bien tenu le coup, je savais que ce serait le cas.
Je lui retendis sa flasque sans même la regarder, mon regard fixé sur la chambre froide.
-Tu veux aller voir où tu veux que je le fasse? s'enquit-elle.
-J'y vais, c'est à moi de le faire et pas à personne d'autre.
Je me dirigeai vers le fond de la cuisine, là où se trouvait la pièce où Alphonso entreposait toute la viande et les produits frais. Je marchais d'un pas lent, mais décidé. Je savais qu'est-ce qui m'attendait derrière la porte et je ne pouvais faire marche arrière. Ma main se posa sur la poignée, mais se figea. J'avais peur. Je restai un bon moment debout, fixant le loquet. Une main douce se posa sur la mienne, me forçant à l'actionner. Je me tournai vers elle, qui se tenait à mes côtés, m'encourageant d'un mouvement de tête. Je savais ce qu'il me restait à faire. J'ouvris la porte puis mis un pied dans la fraîcheur glaciale du réfrigérateur. J'allumai la lumière et pu observer les nombreuses étagères garnies de produits de toutes sortes qui formaient un corridor vers le fond de la pièce, là où l'on entreposait la viande autre que celle des boulettes de viande des burgers. Un grand rideau fait de longs morceaux de plastique jauni cachait cette partie de la chambre que je n'avais jamais observée auparavant. Je le passai en me frayant un passage entre deux languettes. De grandes carcasses étaient accrochées au plafond, oscillant légèrement lorsque je passais à leur côté. De la buée s'échappait de ma bouche, des frissons parcouraient mon corps transi par le froid ambiant.
Alors que j'atteignais le fond de la pièce, mon regard se posa sur une silhouette emballée dans un drap blanc à même le sol. Je me penchai vers elle puis fit glisser le tissu qui dévoila le visage de Kathleen, blanc comme la mort. Sa gorge était tranchée, le sang coagulé était devenu noir. Ses cheveux blonds, autrefois brillants, étaient ternes et cendrés. Ses lèvres, bleues, étaient tirées dans une expression de douleur. De la glace avait formé des perles sur ses longs cils noirs, qui encadraient ses grands yeux bleus. Les mêmes que j'avais retrouvés sans vie sur le canapé du salon un dimanche matin, ceux de ma mère. Je me levai précipitamment, suffoquant. J'avais échoué. Elle aussi était morte et je n'avais pu rien faire. Je sortis en courant, me cognant à plusieurs carcasses glacées. Je ne ressentis même pas la douleur, obnubilé par celle que je ressentais à l'intérieur. Revenu dans la cuisine, je couru vers le mur le plus loin de la chambre froide et me laissai glisser sur le sol, dévasté. Je revivais la même scène que lorsque j'étais enfant, sauf que là, je n'étais pas soulagé, parce qu'elle, elle n'avait rien demandé. Ma mère s'autodétruisait, mais Kathleen, elle, n'était que là, souriante, alors qu'elle me racontait comment une de ses amies lui avait organisé un rencard avec un gars complètement idiot. Ou qu'elle avait fait brûler des biscuits en mettant le four à 500 degrés. Même quand elle chantait une chanson débile qu'elle adorait, c'était drôle. Kathleen était innocente, c'était une des dernières parts de pureté que comprenait mon quotidien et on l'avait assassiné. C'était ça Gotham, il n'y avait pas de pitié envers ceux qui ne se souciaient pas de son ombre. La maladie qui rongeait la cité l'avait engloutit, elle et son insouciance, et c'était dur. Très dur. Parce que ça ne laissait rien présager de bon pour moi.
Je revins à la lueur des néons qui sautaient. La fille avait cessé de fumer et me fixait.
-Les flics vont venir te poser des questions.
J'acquiesçai, évidemment qu'ils allaient le faire.
-Ils ne savent pas encore que tu travailles pour l'As de pique, alors t'inquiète. Mon boss va se charger d'eux.
-Tu parles du proprio?
-Hum, hum, il a des relations un peu partout. Il trouvait qu'il était temps d'entrer sur le terrain et ta situation n'était que trop parfaite. En même temps, ça me permettait de voir si tu étais à la hauteur du job.
-Du job, hein, murmurai-je. Je sais en tout cas que je vais trouver le gars qui a fait ça à Kathleen.
- Rappelle-moi son nom déjà?
Le souvenir d'Alphonso qui criait alors qu'elle plongeait doigt par doigt sa main dans l'huile bouillante me vint à l'esprit.
-Zsasz.
Un silence pesant s'installa entre nous. Elle s'alluma une autre cigarette, alors qu'elle prenait une bouffé, elle se tourna vers moi :
-Le gros a dit qu'il était un de ses clients. Si ça se trouve, peut-être qu'il a recommencé avec d'autres filles. Peut-être qu'il est même déjà venu à l'As de pique.
Je fermai les yeux en soupirant.
-Bordel, j'arrive pas à croire qu'il l'ai forcé à faire ça! Kathleen, elle n'était pas ce genre de fille…
-Il a dit que sa mère était à l'hôpital, dans des situations désespérées, les gens font ce qu'ils peuvent pour s'en sortir. Elle, elle a décidé de devenir une pute pour payer les traitements de sa vieille. Un moyen comme un autre, j'imagine.
Brusquement, j'étais sur mes pieds, à quelques centimètres d'elle.
-Ne parle pas d'elle comme ça! hurlai-je, furieux.
Je sentis la pointe d'un couteau contre mon abdomen, ce dernier refroidissant mon élan de colère comme un sceau d'eau glacée. Je reculai, le regard assassin de la fille rivé sur mon visage. J'avais été trop loin.
-Nah, c'est toi qui ne me parle pas comme ça. J'ai été gentille, j'ai tué ton petit copain ici et t'as eu les infos que tu voulais. Ta copine s'est fricotée contre des trucs plus grands qu'elle et elle en a payé le prix, c'est tout. Il n'y a rien de plus à ajouter. Maintenant, tu m'écoutes. Je t'aime bien, t'es plutôt allumé tout en gardant ton petit côté de loser sympathique. Et tes cheveux verts lookent bien. C'est pas mal tout ça, mais moi j'ai besoin de gars qui m'obéissent, tu comprends? Et si toi, Jack, n'es pas capable de le faire, tu vas les rejoindre, eux, tu saisis? me dit-elle doucement en pointant Alfonso avec son cran d'arrêt. Alors, je veux que tu arrêtes de chialer comme une petite conne et que tu me suives, pigé?
Je la regardai, interdit. Je serrai les dents avant de souffler :
-Ouais. Compris.
Exténué, je la suivi en dehors du restaurant. La rue était pareille, les bâtiments n'avaient pas changé et la lune brillait toujours avec la même intensité, compétitionnant avec les lampadaires pour éclairer la ville. Toutefois, moi, je ne les voyais plus de la même façon. Tout était différent, rien n'était pareil. J'avais vu la mort deux fois ce soir, et c'était deux fois de trop. Comme si elle avait noté mon changement d'attitude, elle se tourna vers moi, ses longs cheveux flottant dans la nuit. Elle me tendit la main.
-Ophélie.
Je la regardai, perdu. Puis, au bout d'un moment, je la serrai. Elle aussi me semblait différente. Auparavant, je la trouvais distante, éloignée. Un peu comme si elle comprenait quelque chose qui, moi, m'échappait. Maintenant, on semblait baigner dans le même univers. Un univers plein de rouge. Les masques tombaient et je voyais au travers, que des squelettes à l'âme si noire qu'elle se perdait dans les ténèbres des ruelles. Nous étions taillés dans la même étoffe, maintenant j'en avais la certitude.
-À bientôt, Jack, me dit-elle, lâchant ma main.
Elle me jeta un regard curieux puis s'éloigna, l'astre lunaire brillant au-dessus d'elle et de la fumée entourant sa tête, comme à son habitude. Je l'observai rapetisser au loin, toujours sur le trottoir en face du restaurant.
Ophélie.
Curieux nom pour une psychopathe.
Pardonnez-moi mon retard, rares et précieux lecteurs. Je sais qu'il y a fort longtemps que j'ai publié quoi que ce soit, mais j'étais en proie à un vide intérieur assez dérangeant durant la dernière année. Maintenant que j'étudie les lettres, le goût d'écrire me revient peu à peu. Jack m'avait manqué, ça c'est bien vrai. En espérant avoir répondu à vos attentes avec ce chapitre assez... Sanguinolent. Je ne ferai pas ma pute à review, si vous avez quelque chose à me dire, faites-le, sinon, vivez votre vie comme vous l'entendez.
Merci de votre lecture.
Mad-tea-cup
