Disclamer :
Rien ne m'appartient, à part les idées tordues qui, je l'espère, feront de cette fic une histoire intéressante. La trame de fond (lieux, personnages, termes magiques -sauf les miens !-) est l'entière propriété de Mrs J.K Rowling (la veinarde !), et je ne touche rien pour faire profiter les lecteurs de mon imagination débordante (dommage… é_è).
Hello !
Voici le deuxième chapitre de cette journée infernale. Cela dit, il va falloir bien plus qu'une journée supplémentaire à Harry pour réussir à changer les choses et surtout, à comprendre.
Et puis juste un truc : puisqu'il y a des bugs sur l'apparition des reviews sur le site, je me base sur les mails d'alerte que j'ai reçus pour vous répondre.
Bonne lecture !
Comme d'habitude, j'ai répondu aux reviews signées en MP et je remercie encore une fois Luna Black1, Orpheana et Malicia Malfoy d'avoir laissé un p'tit mot.
Pour les RAR non-signées :
Vic : je suis ravie de voir ton intérêt pour ce début d'histoire. La « boucle temporelle » que tu mentionnes pourrait bien prendre des allures de « spirale infernale » ! Merci d'avoir laisser un commentaire, j'espère que la suite te plaira !
Arthemius Black : c'est vrai que la fin de la journée est une véritable calamité et si c'est pas facile à lire, ça ne l'a pas été non plus à écrire. Je n'aime pas faire souffrir mes persos inutilement, alors je fais comme toi : je compte sur Harry pour améliorer tout ça ! lol. Merci pour ta review !
Elodie29 : il fallait bien que ce soit « tordu » pour que tu puisses avoir la suite que tu attends ! lol. Merci pour ton commentaire !
Rose : et oui je me lance à nouveau dans l'écriture. J'espère que la suite te plaira ! Merci pour ton passage !
Chapitre 2 - Mardi
Le lendemain, Harry se réveilla dans le silence du dortoir qui ne lui était jamais apparu aussi pesant depuis qu'il était au collège. Que dirait-il à Ron si celui-ci ne parvenait pas à affronter la journée ? Et puis d'ailleurs, McGonagall maintiendrait-elle les cours en sachant que plusieurs dizaines d'élèves avaient été touchés par les évènements de la veille ?
Harry se surprit à penser à ce qu'aurait décidé Dumbledore s'il s'était trouvé en pareille situation et, pour la première fois depuis des heures, il ressentit un pincement au cœur en repensant au vieil homme qui n'était plus et qui avait été si proche de lui depuis ces cinq dernières années. Dumbledore était mort. Non, c'était impossible, impensable même… Qu'allait-il advenir du monde de la magie sans le plus grand sorcier de tous les temps ? Est-ce que Volde…, mais Harry préférait ne pas y penser. Le Seigneur des Ténèbres ne pouvait pas régner à nouveau sur le monde. Il devait bien y avoir quelqu'un quelque part qui saurait quoi faire pour l'en empêcher…
Chassant ses sombres réflexions de sa tête, Harry s'apprêtait à écarter le rideau de son lit flottant doucement au gré du courant d'air qui s'engouffrait par la fenêtre ouverte. Quand, tout à coup, ce qu'il entendit lui fit arrêter son geste dans un moment de stupeur. Un coassement indigné retentit dans le silence du dortoir doucement éclairé par les premiers rayons de soleil du matin.
- Trévor ! murmura Neville. Mais qu'est-ce que tu fais là ?!
Harry entendit Neville marmonner une excuse au crapaud sur lequel il venait de marcher. Puis, il distingua le bruit caractéristique des livres scolaires qu'on enfouissait rapidement dans un sac. D'un geste brusque, Harry écarta le pan de velours qui l'empêchait de voir si ce qu'il entendait appartenait vraiment à la réalité.
- Neville ? s'étonna-t-il en apercevant son camarade qui préparait ses affaires.
- Ben oui ! Qui veux-tu qui commence la journée en marchant sur son crapaud ! plaisanta l'adolescent au visage encore ensommeillé.
Harry inspira profondément. Il y avait forcément une explication pour que Neville manque d'écraser Trévor deux jours de suite, ou alors, il avait rêvé à un moment ou à un autre… Il se pinça le bras pour s'assurer qu'il ne dormait pas et grimaça en ressentant la douleur.
Ron, Dean et Seamus émergèrent à leur tour. Un à un, les trois adolescents se levèrent sous l'air ébahi de Harry.
- Tu vas bien ? lui demanda Ron en réprimant un bâillement.
- C'est à toi qu'il faut demander ça ! répondit Harry qui trouvait plutôt bonne mine à son ami pour quelqu'un qui venait de perdre deux êtres chers.
- Quoi ?
- Rien, murmura Harry en fronçant les sourcils.
Il était un peu tôt pour remémorer à Ron des souvenirs douloureux. Après tout, il avait peut-être accepté la disparition d'Arthur et de Percy plus facilement que Harry ne l'aurait pensé. Il détourna les yeux de Ron, toujours debout au milieu de la pièce, et prépara lui aussi ses affaires avec des gestes maladroits. Il sentait le regard de l'adolescent, posé sur lui, et qui essayait de comprendre.
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Harry marqua un temps d'arrêt lorsqu'il découvrit les élèves agglutinés dans la salle commune. L'image qu'il percevait était la même que celle de la veille. Quelques élèves se rejoignaient pour aller prendre leur petit déjeuner ensemble tandis que d'autres révisaient en prévision des examens de fin d'année qui approchaient.
Hermione se leva en apercevant les deux garçons, sans lâcher le livre dans lequel elle venait de se plonger. Après quelques banalités échangées, les trois adolescents descendirent dans la Grande Salle où les conversations ensommeillées des élèves résonnaient mollement sur les murs de pierre du château.
Harry eut un choc en apercevant Albus Dumbledore assis à la place centrale de la table des professeurs et qui plaisantait avec le professeur Flitwick. Décidément, quelque chose n'allait pas. L'adolescent perdu commençait à se demander s'il n'était pas en train de devenir fou et entendit à peine la dispute entre Ron et Hermione qui se chamaillaient au sujet des examens. Hermione, furieuse, ferma le livre qu'elle étudiait d'un coup sec, attrapa ses affaires et quitta la Grande Salle.
Pour éviter les longues heures de réconciliation de ses deux amis, Harry donna quelques recommandations à Ron pour lui faire prendre conscience qu'Hermione était sur les nerfs à cause des examens et qu'il devrait peut-être essayer de faire un effort pour ne pas l'énerver davantage. Puis, les cinquième année de Gryffondor traversèrent le parc pour un cours de Botanique.
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Il n'aurait su dire pourquoi, mais Harry ne fut pas surpris de découvrir les saules cogneurs que le professeur Chourave s'était évertuée à placer sur une longue table et elle demanda aux élèves de s'approcher pour assister à une démonstration de la façon dont il fallait s'y prendre pour réussir à les tailler.
- Oserai-je demander s'il n'y a pas un moyen plus simple d'y arriver ? pensa Harry en observant ses camarades du coin de l'œil. Naaan, je crois qu'il est plus prudent de ne pas faire référence à une technique qui n'est apparemment valable que pour le saule cogneur du château.
Et cela lui évita le froncement de sourcil d'Hermione qui n'avait pas trouvé très judicieux, la veille, que Harry laisse entendre aux autres élèves que l'arbre du parc était peut-être plus inoffensif qu'il n'y paraissait. Il se contenta de tailler son saule en silence en prenant soin, cette fois, de positionner sa main juste au-dessus des premières branches pour éviter de recevoir des coups. Harry commençait à comprendre…
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Il ne put retenir un sourire lorsque les Gryffondor rejoignirent la cabane de Hagrid pour un cours de Soins aux créatures Magiques. Il repensait au kneazle de Pansy qui avait donné naissance à une portée de huit petits et qui avait été un des moments les plus drôles de la sombre journée que Harry savait maintenant être le seul à avoir déjà vécue.
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Mais il perdit bien vite sa bonne humeur en se dirigeant ensuite vers les cachots où l'attendait un cours de Potion des plus désagréable. Neville allait immanquablement faire exploser son chaudron, s'attirant les foudres d'un Rogue particulièrement furieux. Et ce que Harry redoutait arriva. Neville fit bel et bien exploser son chaudron. Harry, lui même, eut beau se concentrer sur les quantités, sur la température précise qui variait selon l'étape de la préparation, sur le temps de pause qu'il fallait respecter entre chaque ingrédient versé avec prudence dans le chaudron bouillonnant, il fut lui aussi prié de refaire la potion de Vérité que le professeur trouvait trop claire et pas assez consistante.
La cloche libératrice retentit enfin, quelque part dans le château, et les élèves affamés se rendirent dans la Grande Salle pour aller déjeuner.
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Harry regarda longuement le directeur du collège qui n'avait rien perdu de la bonne humeur qui l'animait depuis le matin, tandis que les Gryffondor s'énervaient et débattaient du comportement de Rogue, encore plus exécrable depuis quelques temps.
- Si ça peut vous rassurer, intervint George. Nous aussi on a eu droit à son humeur massacrante la semaine dernière. Je ne sais pas ce qu'il a en ce moment, mais ça fait plusieurs jours qu'il s'en prend à tout ce qui bouge.
- Ouais, confirma Fred. Jeudi dernier, il a même rembarré le professeur Flitwick qui lui parlait simplement d'un truc qu'ils devaient faire ensemble, en vociférant qu'il n'avait pas le temps.
- Pourtant Flitwick est toujours de bonne humeur, argumenta Lavande. Ce n'est vraiment pas quelqu'un qui donne l'impression de pouvoir énerver qui que ce soit !
Mais Harry n'écoutait plus et, de toute façon, il avait déjà assisté à cette conversation la veille. Il lui vint soudain une idée.
- Hermione, appela-t-il en réfléchissant encore à ce qu'il allait dire. Est-ce que tu as une idée de ce qui n'a pas marché dans ma potion tout à l'heure ?
Elle avala poliment ce qu'elle avait dans la bouche avant de répondre.
- Mmm, je crois qu'il faut attendre que les pattes d'araignées aient complètement fondu avant d'ajouter les feuilles de valériane, expliqua-t-elle. La recette préconise un temps d'attente de deux minutes, mais si l'eau n'était pas assez chaude au départ, je pense qu'on peut rajouter trente secondes de plus avant de poursuivre.
Comme d'habitude, Hermione avait réponse à tout et Harry se demanda si il aurait réussi sa potion en posant la question à Hermione un peu plus tôt. Car ce qu'il avait en tête en cet instant, était de savoir s'il lui était possible de changer les évènements de la journée qui ne se répétait peut-être pas sans raison après tout.
Pour en avoir le cœur net, il fallait qu'il essaye quelque chose. Il ne pouvait plus supporter de voir Dumbledore, à qui il ne restait que quelques heures à vivre, plaisanter avec ses collègues sans rien faire. Qu'avait dit le professeur McGonagall déjà, au sujet du hibou ? Argh ! Tout se bousculait dans la tête de Harry qui n'arrivait à se souvenir que des moments terribles vécus ensuite par ses camarades. Aaah, si ! Elle avait parlé de l'après-midi, mais cela restait tellement vague… !
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Peu à peu les élèves retournèrent à leurs cours mais le temps ne jouait pas en la faveur de Harry. Aussi, il prit la décision de ne pas assister au cours de Divination et d'essayer de prévenir Dumbledore le plus tôt possible. Il fut obligé de monter chercher ses affaires dans la tour de Gryffondor avec les autres, pour ne pas éveiller les soupçons, puis s'excusa rapidement auprès de Ron en prétextant qu'il avait oublié quelque chose.
Il courut jusqu'au bureau du directeur où la gargouille de pierre pivota à l'annonce du mot de passe. Dumbledore n'était pas là et Harry commençait à sentir la sueur perler sur son front. Où pouvait bien être le vieil homme ? Il décida d'aller voir dans la salle des professeurs mais n'y trouva que Madame Bibine qui s'apprêtait à partir.
- Je ne sais pas, Mr Potter, répondit-elle lorsque Harry lui posa la question. Je ne l'ai pas vu depuis le déjeuner…
Harry, livide, fut pris d'une soudaine panique. Et si Dumbledore avait déjà reçu la lettre et qu'il était déjà parti ?
- Mon dieu, non… ! murmura-t-il pour lui même, adossé sur le mur du couloir où l'avait laissé Madame Bibine.
Il resta un moment à réfléchir, anxieux à l'idée ne pas trouver de solution avant la catastrophe. Puis, finalement, il repensa aux paroles du professeur McGonagall. Elle avait bien précisé que Dumbledore n'avait été prévenu que dans l'après-midi, pas au début de celle-ci !
- Alors il reste peut-être une chance, se dit Harry en reprenant espoir.
Il fallait qu'il se poste quelque part en attendant " la lettre ". La terrible lettre qui ferait immanquablement basculer le monde de la magie dans une vision d'horreur. Le parc lui semblait être le meilleur endroit pour attendre car il aurait une vue imprenable sur le bureau de Dumbledore, au cas où le hibou rejoindrait directement sa fenêtre, mais aussi sur la volière du Château et pourrait ainsi intercepter tous les hiboux qui tenteraient de s'y introduire.
Le seul problème était qu'il ne devait pas être vu. Trop préoccupé pour avoir les idées claires, Harry se sentit désemparé sur le moment puis, repensa à la cape de son père.
- Quel idiot ! se reprocha-t-il en filant à travers les couloirs.
Mais il ne retourna pas à la tour de Gryffondor car il venait également de se souvenir qu'il était sorcier, en se maudissant de plus belle, et fit venir sa cape directement à lui au moyen d'un sortilège d'Attraction. L'étoffe argentée descendait doucement depuis la fenêtre du dortoir des garçons et Harry s'empressa de s'en recouvrir avant que quelqu'un ne le voie.
Il resta pendant plus d'une heure à scruter l'horizon, la cime des arbres de la forêt interdite, les eaux calmes du lac et les grilles du parc, pour finalement avoir l'impression qu'il ne voyait plus rien du tout. A force de se concentrer, Harry sursautait même au moindre bruit quand soudain, il le vit. Un grand duc survolait les sangliers ailés fièrement posés sur leurs piliers de pierre à l'entrée du château et Harry brandit sa baguette en essayant de maintenir sa cape sur sa tête.
- Expelliarmus ! lanca-t-il. Accio !
Le hibou fut surpris de voir la lettre, qu'il tenait fermement dans ses serres, lui échapper et bifurqua pour se lancer à la poursuite de son précieux chargement. Il gagnait d'ailleurs de la vitesse par rapport à l'enveloppe légère qui semblait mettre un temps fou pour rejoindre Harry et celui-ci dut user d'un sortilège d'Expulsion pour repousser le hibou qui allait parvenir à ses fins. L'adolescent gagna contre le rapace qui revenait déjà à la charge et s'empara de la lettre en se baissant de justesse pour ne pas prendre le hibou, furieux, en pleine figure.
Toujours caché sous la cape, Harry regarda un instant l'oiseau qui décrivait des cercles à la recherche de cette chose étrange qui s'était permis de faire échouer sa mission. Mais il reporta rapidement son attention sur la lettre, qu'il tenait d'une main tremblante, et fut soulagé d'y découvrir le sceau officiel du ministère de la Magie et le nom d'Albus Dumbledore inscrit à l'encre violette sur l'enveloppe.
Harry ferma les yeux et inspira profondément pour retrouver ses esprits. Il n'avait jamais volé de courrier avant aujourd'hui mais il fallait qu'il s'assure qu'il s'agissait bien de la lettre qui avait attiré Dumbledore dans un piège. Il déchira le parchemin et commença la lecture du message qui avait l'air d'avoir été rédigé dans la précipitation.
Cher professeur Dumbledore,
Il me faut m'entretenir avec vous d'une affaire de la plus haute importance.
Celle-ci requiert impérativement votre présence
dans les locaux du ministère dans les meilleurs délais.
Vous comprendrez sûrement que je ne puis vous en dire davantage
par simple courrier, aussi, j'attends votre visite de toute urgence.
Cornelius Fudge, Ministre de la Magie
Ainsi donc, c'était bien cette lettre qui avait été à l'origine des terribles évènements de la veille.
- Très bien, pensa Harry. Voilà au moins un problème résolu !
Mais il restait les employés du ministère. Comment faire pour les prévenir à temps eux aussi ?
Dumbledore. Le vieil homme était sûrement retourné dans son bureau à présent. Harry fourra la lettre dans sa poche et rentra au château. La cape lui fut utile pour pénétrer dans le hall sans être vu, mais ensuite, Harry se rendit compte qu'il ne pouvait pas avancer efficacement, il perdait trop de temps. Son sac était déjà plein de ses affaires scolaires et il ne lui restait donc qu'une solution : rapporter sa cape dans son dortoir.
Un peu avant d'arriver devant le portrait de la grosse dame, il replia sa cape qu'il dissimula sous ses vêtements, formant une grosse boule au niveau de son abdomen. Il fit pivoter le tableau et monta les marches quatre à quatre pour remettre la cape dans sa valise, puis, dévala à nouveau les escaliers et se rua hors de la salle commune.
- Eh ! Mais qu'est-ce qui vous prend ! s'indigna la grosse dame qui n'aimait pas être bousculée.
Harry ne prit pas la peine de s'excuser et fonça aussi vite qu'il le pouvait à travers les couloirs quand soudain, il s'arrêta dans une longue glissade à peine contrôlée. La voix du professeur Dumbledore retentit dans les haut-parleurs magiques de l'école.
- Tous les résidents du château sont priés de me rejoindre immédiatement dans la Grande Salle, annonça-t-il avec gravité. L'ensemble des élèves et des professeurs y sont attendus de toute urgence et sans détours.
Harry, essoufflé, se plaqua sur le mur le plus proche. Ses jambes le portaient à peine et il écarquilla les yeux de stupeur en prenant conscience qu'il était déjà trop tard pour les gens du ministère. D'un geste mécanique, il consulta sa montre et frappa du poing sur le mur en comprenant qu'attendre le hibou lui avait fait perdre trop de temps. Pourquoi ne s'était-il pas rendu compte qu'il pouvait intervenir sur les évènements plus tôt ?! Il aurait pu se rendre à la volière avant le déjeuner pour mettre le ministère en garde parler à Dumbledore avant qu'il ne disparaisse dieu sait où ou peut-être juste prévenir Dumbledore qui aurait lui-même pris les mesures qui s'imposaient pour mettre les employés à l'abri…
Ne sachant plus où il en était, Harry obéit aux injonctions du directeur et descendit rejoindre ses camarades dans la Grande Salle où les visages inquiets s'interrogeaient déjà les uns les autres.
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Il alla s'asseoir entre Ron et Hermione comme il l'avait fait la veille. Revoir Ron, en cet instant, fut un des moments les plus difficiles que Harry n'ait jamais eu à vivre. Dans quelques minutes, son meilleur ami allait apprendre le décès d'Arthur et de Percy et plusieurs dizaines d'élèves allaient longuement pleurer des êtres chers disparus.
Dumbledore s'attarda un moment sur Harry qui ne pouvait cacher ses préoccupations puis, se tourna vers les professeurs qui venaient d'arriver et leur murmura des paroles à voix basse. Le professeur McGonagall se laissa tomber sur une chaise à l'annonce de ce qu'elle venait d'entendre et plusieurs de ses collègues émirent des exclamations de surprise, en essayant toutefois de se contenir pour ne pas inquiéter les élèves.
- Votre attention s'il vous plait ! commença Dumbledore en parcourant la foule par-dessus ses lunettes en demi-lune. Il vient de se produire une terrible attaque contre le ministère de la Magie. Les bâtiments ont subi des dommages considérables et, malheureusement, nous ne connaissons pas encore l'identité ni le nombre exact des personnes qui ont eu à souffrir de cet assaut.
Les élèves des quatre maisons frémirent d'un même élan horrifié. Cette fois, Harry eut la présence d'esprit de poser une main sur le bras de Ron pour lui témoigner son soutien.
- Oui, je sais, je sais…, reprit Dumbledore en faisant taire les élèves d'un geste apaisant de la main. Vous êtes nombreux à avoir un parent ou une connaissance parmi les membres du ministère, mais je vous demande de garder votre calme et surtout, l'espoir de les voir rentrer chez eux sains et saufs. Après tout, nous ne devons pas perdre de vue qu'il s'agit de sorciers qui sont tout à fait capables de se défendre, tenta-t-il de les rassurer.
Mais l'assemblée sursauta soudain, à l'exception de Dumbledore et de Harry, lorsque les portes de la Grande Salle s'ouvrirent à la volée. Rogue s'avança d'un pas déterminé vers le directeur qui soupira profondément à son approche, redoutant déjà de recevoir de sombres nouvelles.
Le maître des potions parla longuement au vieil homme qui parvint à conserver un air impassible pour ne pas affoler les élèves déjà inquiets. Dumbledore remercia son interlocuteur dans un murmure et regarda le sol, il semblait réfléchir.
Après avoir jeté un bref coup d'œil au professeur McGonagall, il se tourna vers Hagrid qui essuyait ses larmes d'un revers de sa manche et rejoignit le directeur, comprenant qu'il aurait besoin de son aide. Les deux hommes échangèrent quelques mots et Dumbledore reporta à nouveau son attention vers les élèves.
- Pour répondre aux inquiétudes de certains d'entre-vous, reprit-il. Je vous ai assuré en début d'année que Poudlard était un endroit sûr, mais je crains devoir revoir ma position.
Les élèves s'agitèrent à nouveau dans de nouvelles exclamations angoissées. Dumbledore redoutait-il une attaque de l'école ?
- Non, non, continua-t-il. Soyez rassurés, Voldemort n'oserait jamais s'en prendre au collège. D'ailleurs, il ne le pourrait pas… Je voulais juste vous informer que nous devons tout de même prendre quelques précautions, et c'est pourquoi je vais devoir annuler les cours qui sont habituellement assurés par le professeur Chourave et Hagrid. Je vous demanderais également, et je suis sûr que vous comprendrez, de ne pas sortir du château. Mais dans l'immédiat, je voudrais que vous retourniez dans vos salles communes en attendant l'heure du dîner, pour ceux qui souhaiteront s'y rendre…, ajouta-t-il d'un air compréhensif.
Hagrid avait patiemment attendu que Dumbledore précise ce dernier point, et il se dirigea vers les jumeaux, Ron et Ginny tandis que la Grande Salle se vidait peu à peu. Harry savait déjà qu'il leur demanderait de le suivre pour les accompagner dans le bureau du professeur McGonagall, et qu'ils feraient leur retour une heure plus tard dans la salle commune bondée, annonçant à tous le décès de leur père et de Percy. Aussi, il évita le regard de Ron pour lui laisser profiter des quelques minutes qui lui restait avant de recevoir la terrible nouvelle. Il soutint simplement celui d'Hermione, comme il l'avait fait la veille, et sortit avec les autres élèves qui retournaient dans les salles communes en laissant aller leurs émotions.
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- Tu ne crois pas que McGonagall va leur annoncer qu'il est arrivé quelque chose à Arthur ? demanda Hermione à Harry, alors qu'ils suivaient les autres dans le grand escalier de marbre. Et peut-être même à Percy ?
Harry savait déjà ce qu'il répondrait à l'adolescente, pour l'avoir déjà vécu. Il inspira profondément.
- Si, Hermione, lâcha-t-il dans un souffle. Ça ne peut être que ça…
Ils se regardèrent un instant, et aidèrent Dean et Neville à réconforter Parvati qui était bouleversée. Une fois dans la salle commune, ce fut Natalie McDonald, en deuxième année, qui s'effondra en pleurs dans le fauteuil le plus proche.
- Mais pourquoi ils ne nous disent rien ! s'énerva-t-elle entre deux sanglots. C'est insensé à la fin ! Combien de temps allons-nous devoir attendre ! Toute ma famille travaille là-bas… !
Les élèves qui ne connaissaient personne au ministère étaient livides. Les autres, trop affligés par ce que Natalie venait de révéler, étaient pétrifiés à l'idée qu'eux aussi aient pu perdre plusieurs parents car la plupart d'entre eux n'avaient pensé qu'aux êtres les plus proches sur le moment. Hermione fut la première à réagir et s'accroupit auprès de Natalie pour la consoler.
Dennis Crivey tremblait d'inquiétude et Harry alla lui chercher un verre d'eau. Il fut rapidement sollicité par d'autres élèves qui avaient l'impression qu'ils se sentiraient mieux s'ils buvaient quelque chose. Devant l'affluence des demandes, Harry proposa alors de descendre aux cuisines pour rapporter des jus de citrouilles et il demanda à Hermione, Seamus et Neville de bien vouloir l'accompagner. Ils étaient pratiquement les seuls à n'avoir personne au ministère et finalement, ils étaient soulagés de pouvoir aider leurs camarades les plus meurtris en se rendant utiles.
Les jumeaux, Ron et Ginny revinrent peu après que Harry soit remonté des cuisines, et l'instant qu'il redoutait tant de devoir revivre se produisit à nouveau. Ron se jeta sur lui et Harry consola son ami du mieux qu'il put tandis que George annonçait la terrible nouvelle. Fred soutenait sa sœur qu'il amena dans un fauteuil et resta de longues minutes à lui chuchoter des paroles réconfortantes à l'oreille, mais l'adolescente semblait ne pas les percevoir. Harry n'était pas inquiet car il savait qu'elle irait mieux dans quelques heures. Puis, d'autres élèves revinrent peu à peu et il fallut à nouveau faire preuve de patience et de soutien pour les aider dans leur détresse.
A l'heure du dîner, quelques élèves descendirent dans la Grande Salle, plus pour essayer d'en apprendre davantage que par réelle faim, et la salle commune redevint plus calme, apportant une sérénité passive qui plongeait les élèves dans une torpeur apaisante.
Puis, les Gryffondor qui s'étaient absentés revinrent avec des visages défaits. D'autres noms avaient été prononcés lors du dîner et de nouvelles larmes coulèrent à leur annonce.
- Dumbledore nous a aussi demandé de vous prévenir que certains parents passeront chercher leurs enfants demain, les informa une jeune fille de deuxième année. Pour les autres, le Poudlard Express partira à onze heures de Pré-au-lard. Des professeurs accompagneront les élèves jusqu'à Londres parce qu'apparemment, on ne sait toujours pas qui a fait le coup exactement et Dumbledore est toujours aussi inquiet.
Quelques élèves eurent encore assez de forces pour remercier la jeune fille de les avoir prévenus tandis que d'autres avaient simplement enregistré l'information, sans se soucier de ce qu'elle impliquait. Ce fut Hermione qui réagit la première.
- Je crois qu'on devrait oublier les bagages pour ce soir, suggéra-t-elle avec douceur. On pourrait attendre demain matin pour ça, et ceux qui sont sûrs de rester aideront ceux qui partent à rassembler quelques affaires ?
Plusieurs élèves acceptèrent la proposition avec soulagement, car personne n'avait envie de penser à cela pour le moment et les heures se poursuivirent dans les consolations nécessaires dont certains avaient vraiment besoin.
Le professeur McGonagall fit son apparition sur les coups de dix heures. Son visage marquait toujours la tristesse qui l'avait accablée lorsque Dumbledore avait annoncé la nouvelle, mais elle semblait pouvoir se contenir et s'inquiéta surtout des Gryffondor qu'elle ne s'attendait pas à trouver dans cet état.
Elle resta un instant à les consoler de son mieux avant de quitter la salle commune en regrettant déjà d'avoir divulguer quelques noms supplémentaires sous la pression des élèves qui avaient insisté pour savoir.
Puis, ce fut au tour de Madame Pomfresh, accompagnée de Rogue, qui, à la demande du professeur McGonagall, vint proposer aux élèves de passer la nuit à l'infirmerie. Elle fut émue de l'élan de solidarité dont les Gryffondor firent preuve pour rester ensemble et n'insista pas car quelques élèves les plus raisonnables avaient réussi à convaincre leurs camarades de prendre au moins une potion de sommeil pour passer une nuit tranquille. Elle sollicita juste l'aide du maître des potions pour préparer une quantité suffisante et quitta la salle commune pour ne revenir qu'une heure plus tard.
Le reste de la soirée prit alors une tournure différente. A présent, certains commençaient à accepter le mal qui les frappait et les conversations montraient bien que chacun essayait de comprendre, d'émettre des hypothèses et même, des solutions que ne manquerait pas de trouver Dumbledore qui inspirait toujours la confiance.
Mais Harry n'y croyait pas. Il était maintenant allongé sur son lit, car ses camarades épuisés étaient tous montés se coucher, et repensait à cette deuxième journée d'horreur. Il se surprit même à songer qu'il était prêt à revivre une journée comportant un cours de Potion, deux interminables heures de Divination et un cours d'Histoire de la Magie, si seulement il était sûr de pouvoir rattraper ses erreurs et épargner les vies pour lesquelles il n'avait rien pu faire aujourd'hui. Est-ce que la journée se répèterait à nouveau ? Harry n'en avait aucune idée mais élaborait déjà des plans en espérant que ce soit le cas.
Vous vous doutez que le chapitre suivant sera mercredi (j'ai pas été chercher bien loin, hein ?). Et puisque l'expression « chaque jour en son temps » existe, j'attends vos impression pour celui-ci !
Bises à tous…
Volderine
