Disclamer :
Rien ne m'appartient, à part les idées tordues qui, je l'espère, feront de cette fic une histoire intéressante. La trame de fond (lieux, personnages, termes magiques -sauf les miens !-) est l'entière propriété de Mrs J.K Rowling (la veinarde !), et je ne touche rien pour faire profiter les lecteurs de mon imagination débordante (dommage… é_è).
Hello !
Voici le troisième chapitre. Je n'ai pas eu le temps de faire les RAR (sauf les signées au fur et à mesure de leur arrivée), week-end chargé oblige ! Par contre, je ne voulais pas vous laisser sans publication, donc vous avez au moins le chapitre 3 à peu près dans les temps.
Je remercie très sincèrement Arthemius Black, Lyriana, Marion Snape75, Rose, Luna Black1, Elodie 29 et guest (anonyme). Je reçois tous vos compliments et commentaires avec un réel plaisir. J'espère que la suite vous plaira toujours autant !
Bonne lecture…
Chapitre 3 - Mercredi
Harry se réveilla encore plus tôt cette fois et, attendant de voir s'il aurait une autre chance de pouvoir agir, il revit une fois de plus ce qu'il avait décidé de faire la veille.
Les bras croisés sous la tête, il fixait le plafond et profitait de la fraîcheur du courant d'air qui s'engouffrait par la fenêtre. Cette attente aurait dû être d'une angoisse insoutenable pour Harry, mais l'enjeu était si important qu'il se sentait plutôt animé d'une puissance soudaine qui, il en était sûr, lui serait indispensable pour réussir.
- Les Moldus appellent ça l'adrénaline, pensa Harry. Espérons que cela suffise…
Il n'eut pas longtemps à attendre avant d'entendre Neville s'étirer paresseusement et poser la main sur le rideau de son lit.
- Fais attention à Trévor, Neville…, recommanda Harry presque sur le ton de la plaisanterie.
Au lieu d'entendre la plainte du crapaud, Harry perçut le bruit caractéristique d'une chute et d'un juron agacé. Neville avait réussi à éviter Trévor mais il l'avait payé en s'affalant par terre.
- Merci, Harry, grinça Neville en se relevant. Je ne l'avais pas vu. Mais, comment tu as fait pour savoir ?
- Laisse tomber, mon vieux, répondit Harry. En fait, je plaisantais.
Heureusement que Neville ne pouvait pas voir le sourire qui illumina soudain le visage de Harry, car il se serait posé des questions. Mais lui, avait enfin la confirmation qu'il attendait depuis des heures : la journée se répétait bel et bien comme il l'avait tant espéré.
Harry se leva, presque serein, et fut bientôt imité par Ron, Dean et Seamus.
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Lorsque les cinq adolescents descendirent dans la salle commune, les Gryffondor ensommeillés commençaient à sortir pour aller prendre leur petit déjeuner. Les plus courageux d'entre eux, levés de bonne heure pour réviser, se décidèrent à fermer leurs livres et suivre les autres.
- Un conseil, murmura Harry à Ron. Evite de faire des réflexions à Hermione au sujet des examens.
Ron ne répondit pas, sur le moment, mais le regarda d'un air surpris.
- Je n'ai encore rien dit ! s'étonna celui-ci en écartant les bras. Aurais-tu d'un seul coup des dons de voyance ?
- C'est à peu près ça, oui, répondit sombrement Harry. Je t'expliquerai… Viens, il faut que j'en parle aussi à Hermione.
Ron ne comprit rien à l'attitude de son ami, mais l'avancée d'Hermione dans leur direction ne lui laissa pas le temps d'essayer d'en savoir davantage.
- J'ai une faim de loup ! annonça-t-elle en lançant son sac sur son épaule.
Ron, encore perturbé par la remarque de Harry, ne répondit rien et poussa le portrait de la grosse dame en réprimant un bâillement. Ils allèrent s'installer à la table des Gryffondor.
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Hermione cala son livre d'Arithmancie sur son verre de jus de citrouille et se plongea dans sa lecture sans vraiment faire attention à ce qu'elle mettait dans son assiette.
- Hermione, commença Harry avec prudence. Est-ce tu pourrais laisser tomber ton livre cinq minutes ? Il faut que je vous parle.
- Tiens ! ironisa Ron en regardant en l'air. Je croyais qu'il fallait éviter les sujets qui fâchent !
Hermione regarda les deux garçons en fronçant les sourcils.
- Harry, enchaîna-t-elle avec sérieux. Les examens sont dans quinze jours et il me reste encore une tonne de choses à réviser. Ça ne peut pas attendre ?
Harry s'apprêtait à répondre mais il fut interrompu par Fred.
- Un livre sur la table à huit heures du matin, se moqua-t-il. Et vous deux qui faites des têtes comme si vous sortiez d'un cours de potion ! Y a pas à dire, on ne peut pas imaginer meilleur tableau pour commencer la journée !
A cette remarque, Ron retrouva sa bonne humeur, Hermione referma rageusement son livre et le rangea dans son sac, Harry se força à sourire mais il ne parvint pas à avoir un peu d'intimité pour parler à ses deux amis comme il avait l'intention de le faire.
Le reste du petit déjeuner fut donc consacré aux plaisanteries des jumeaux qui, il faut bien le dire, détendirent l'atmosphère pesante qu'avait apporté l'approche des examens.
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Les Gryffondor de cinquième année suivirent ensuite les Poufsouffle jusqu'aux serres pour un cours de Botanique.
- Aujourd'hui, vous allez avoir besoin de vous armer de patience et mettre vos gants, surtout, commença le professeur.
Mais Harry ne l'écoutait plus. Il s'amusa à répéter les paroles, qu'il connaissait par cœur, mentalement en ponctuant les mots dans d'imperceptibles hochements de tête amusés. Puis, quand les élèves en arrivèrent à mettre en pratique ce qu'ils venaient d'entendre, Harry suivit ses camarades, se plaça devant un pot et tailla son saule cogneur en silence. Il réfléchissait au meilleur moment pour enfin pouvoir parler à Ron et Hermione, qui ne se doutaient de rien, et décida que le cours de Hagrid serait idéal pour cela.
A la fin du cours, les élèves allèrent jeter les branches taillées dans les bacs à compost et Harry entraîna Ron et Hermione à l'écart.
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- Il faut vraiment que je vous parle, leur glissa-t-il en sortant de la serre. Et cette fois, c'est urgent !
- Ça ne peut pas attendre l'heure du déjeuner ? demanda Ron en voyant les premiers Serpentard se diriger vers la cabane de Hagrid.
- Non, il sera trop tard ! affirma Harry. Figurez-vous qu'on a déjà vécu tout ça. Enfin, je veux dire qu'il va y avoir une terrible attaque dans quelques heures, rectifia-t-il pour essayer de commencer par le début. Mais on peut peut-être l'éviter parce que la journée se répète et qu'il est encore temps de changer les choses !
Vu comme ça, Harry n'était pas sûr de se faire bien comprendre, mais il n'avait pas le temps de rentrer dans les détails et attendit une réaction de la part des deux adolescents hébétés.
- Mais de quoi tu parles ? demanda Ron. On a rien vécu du tout ! Et qu'est-ce que c'est que cette histoire d'attaque ?
Harry se figea dans un instant de panique. Pourquoi n'avait-il pas pensé plus tôt qu'il ne pouvait quand même pas annoncer à Ron que le ministère allait être la cible ? Ron s'inquiéterait immanquablement pour son père et Percy et ça, Harry ne le voulait pas. Il savait que son ami ne le supporterait pas pour l'avoir déjà vécu deux fois.
- Peu importe, dit-il pour se rattraper. Tout ce que je sais, c'est que ça fait deux jours que tout recommence et qu'on va être les seuls à pouvoir faire quelque chose !
- Deux jours ? répéta Hermione, perplexe. Mais c'est impossible, Harry ! Le seul moyen de revenir en arrière, c'est d'utiliser un Retourneur de Temps. Ces objets sont très rares et, de toute façon, ils ont un nombre de tours limité qui ne permet de ne remonter que quelques heures…
- Je sais bien, reconnut Harry. Mais là, c'est vraiment de la journée entière dont-il s'agit et on a plus beaucoup de temps !
- Ça n'a pas de sens ! se borna Ron en secouant la tête. Si cela existait, on pourrait éviter les accidents, les meurtres, les disparitions. On pourrait se protéger des catastrophes et Tu-Sais-Qui finirait même par tourner en bourrique parce qu'on pourrait retourner annuler chacune de ses actions !
Harry ne savait plus où il en était. Ron avait des arguments qui n'étaient effectivement pas dénués de sens mais pourtant, il n'avait pas rêvé. Il se tourna vers Hermione dans l'espoir d'avoir son soutien mais l'expression du visage de l'adolescente ne laissait rien présager de bon : elle regardait Harry comme s'il était devenu fou.
- Bon, écoutez, reprit-il dans une dernière tentative. Nous allons assister à un cours de Soins aux créatures Magiques. Les kneazles de Malefoy et de Parkinson ont eu des petits et Hagrid va nous annoncer que le ministère enverra quelqu'un les chercher lorsqu'ils seront sevrés. Si le cours se passe exactement comme ça, est-ce que vous me croirez ?
Mais Harry n'en semblait pas si sûr. Ron avait sourit à l'annonce de la naissance des kneazles et maintenant, il éclatait franchement de rire.
- Quoi ?! Oh non, c'est pas vrai ! riait-il. Ne me dis pas que ces deux…
- Hermione, l'interrompit Harry en se tournant vers elle. Dis-moi que toi, au moins, tu m'aideras si ce que je dis est vrai ?
- J'aimerais bien, Harry. Mais je t'assure que c'est imposs…
- Eh ! Vous venez ? les appela Hagrid qui commençait son cours. On attend plus que vous !
Harry fut pris de panique tout à coup. Et s'il n'arrivait pas à les convaincre même après le cours ? Il n'avait pas pensé un seul instant que Ron et Hermione ne puissent pas comprendre et consulta sa montre d'un air inquiet.
- Bon. Dites à Hagrid que j'arriverai en retard ! se décida-t-il enfin.
- Mais, Harry ! Tu es déjà là… ! fit remarquer Ron en haussant les épaules.
- Trouve ! s'énerva Harry. Trouve ce que tu veux mais dis lui que je reviendrai tout à l'heure ! lança-t-il en retournant au château en courant.
En chemin, il pensa à Dumbledore. Et si le vieil homme ne le croyait pas lui non plus ? Harry ne pouvait se résoudre à cette éventualité mais il était évident qu'elle n'était pas à exclure. Aussi, il décida d'aller directement à la volière pour prendre les devants et il irait voir Dumbledore après.
Il s'installa dans un coin au milieu des hiboux et rédigea sa lettre. Il prévenait Arthur Weasley qu'une attaque de grande envergure allait avoir lieu dans l'après-midi au ministère et qu'il devait impérativement mettre le plus de gens possible à l'abri.
Hedwige vint se poser à ses côtés lorsqu'elle le vit rouler le parchemin avec des gestes précipités. Mais Harry choisit le plus robuste des grands ducs alignés sur les perchoirs et fixa solidement le rouleau à l'une de ses pattes.
- Dépêche-toi, dit-il au hibou en le poussant dehors. C'est très urgent et remet-le en mains propres à Mr Weasley, surtout.
Le hibou fila droit vers le sud et Harry se tourna vers Hedwige.
- Désolé, ma belle, s'excusa-t-il en approchant la main pour la caresser. Mais je veux que cette lettre reste anonyme et il ne faut surtout pas que quelqu'un puisse te reconnaître.
Bien peu compréhensive, Hedwige se contenta de s'envoler vers le plus haut perchoir sans laisser Harry la caresser et lui lança toute une série de hululements indignés.
- Bon, comme du voudras. Je n'ai vraiment pas le temps de me pencher sur tes états d'âme ! s'énerva-t-il en tournant les talons.
Il courut jusqu'au deuxième étage pour aller voir Dumbledore. Il n'avait pas encore eu le temps de réfléchir à ce qu'il allait lui dire, mais peu importe. Il prononça le mot de passe et gravit les marches quatre à quatre qui tournaient déjà sur elles-mêmes. Harry frappa à la porte sans obtenir de réponse.
Il se permit alors d'ouvrir la porte mais le bureau était désespérément vide et Harry commençait à s'en agacer.
- Jamais là quand on a besoin de lui ! pesta l'adolescent en dévalant l'escalier de bois.
Mais il regretta ses paroles car il savait bien au fond de lui que le vieil homme faisait sûrement tout son possible pour contrer Voldemort depuis son retour et se doutait que ce n'était pas une tâche qu'on pouvait accomplir en restant assis derrière un bureau.
Il se retint de lui reprocher quoi que ce soit lorsqu'il ne le trouva pas non plus dans la salle des professeurs et se dirigea, résigné, vers la cabane de Hagrid pour suivre la fin du cours avec ses camarades.
Les élèves étaient en train de remettre leur kneazle dans leurs cages respectives et Hagrid finissait de nourrir celui de Harry lorsqu'il vit arriver l'adolescent.
- Désolé, Hagrid, haleta Harry essoufflé. J'avais quelque chose à faire et ça ne pouvait pas attendre.
- Ça ne fait rien, mon bonhomme, assura le géant en lui ébouriffant les cheveux. Et puis Ron et Hermione m'ont prévenu, mais tâche de ne pas renouveler l'expérience avec le cours suivant, si tu vois ce que je veux dire…, ajouta-t-il d'un air entendu.
Harry lui rendit son sourire et se dirigea vers le château avec les autres pour un cours de potion.
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- Alors ? demanda-t-il à voix basse à ses deux amis. Le cours s'est bien passé comme je vous l'avais dit ?
Ron et Hermione paraissaient gênés mais Ron se dévoua pour répondre.
- Je ne comprends pas ce qui se passe, avoua-t-il en fixant l'horizon. Mais Hagrid nous a dit que les petits étaient nés il y a deux jours, ce qui fait quatre si on compte les deux qui sont sensés de répéter indéfiniment. Alors tu ne crois pas qu'il nous en aurait parlé avant si c'était vrai ? Parce que tu aurais dû le voir, il était si content qu'il n'aurait jamais été capable de garder une information pareille aussi longtemps ! Il n'aurait pas pu se retenir d'en parler à tout le monde…, surtout à nous… !
Harry était abasourdi. Comment Ron pouvait-il douter de lui à ce point ? Et Hermione, même si elle restait intriguée, elle n'avait pas l'air de vouloir lui faire confiance… D'un autre côté, c'est vrai que Hagrid était toujours un peu spécial lorsqu'il se trouvait face à de jeunes créatures magiques, mais Harry pensa soudain à quelque chose.
- Pas s'il avait voulu nous faire la surprise ! lâcha-t-il avec colère. De tout façon, ce n'est pas grave. J'ai déjà fait le nécessaire, parce que le temps que vous vous décidiez à comprendre, il aurait été trop tard… !
Harry, furieux, avança d'un pas vif vers Dean, Seamus et Neville pour s'éloigner de Ron et d'Hermione et tous descendirent aux cachots pour un cours de potion.
- Au fait, Neville, se rappela soudain Harry qui dut presque crier pour couvrir les voix des élèves qui se chamaillaient au sujet des kneazles. Essaye de ne mettre que cinq feuilles de valériane dans la potion d'aujourd'hui…
Neville ne semblait pas comprendre et se tourna vers Ron et Hermione, un peu plus loin, qui fronçaient les sourcils en regardant Harry. Rogue ouvrit la porte de la salle de classe et se planta sur le seuil.
- Qu'est-ce que c'est que tout ce vacarme ! tonna-t-il. Faut-il que j'enlève déjà des points pour vous calmer ? menaça-t-il en se tournant vers les Gryffondor.
Les élèves se turent et Harry consentit tout de même à s'asseoir à l'extrémité de la même table que ses deux amis.
- Il serait peut-être bon de rappeler à certains que nous nous trouvons dans une école qu'on pourrait qualifier de " privée ", reprit Rogue en allant s'asseoir à son bureau. Et cela implique une certaine discipline, il me semble ! Ouvrez vos livres à la page 284 et prenez connaissance des ingrédients inscrits au tableau avant de commencer vos préparations. La potion de Vérité que vous allez élaborer n'a rien à voir avec le Véritaserum dont certains d'entre-vous ont peut-être déjà entendu parler. Celui-ci est, bien entendu, très réglementé par le ministère de la Magie et aucune école de sorcellerie n'a l'autorisation de l'enseigner à ses élèves. Ce que nous allons faire aujourd'hui peut, tout au plus, renforcer la lucidité dont chacun est sensé savoir faire preuve et vous mettre sur la bonne voie lorsque vous aurez à prendre des décisions importantes. Alors au travail, et en silence ! exigea-t-il en attrapant sa plume d'un air rageur et se pencha sur ses parchemins.
Harry regarda le tableau sans le voir et prépara ses ingrédients.
- Je vais peut-être éviter à Gryffondor de perdre 50 points, se consola Harry au bout d'un moment en regardant Neville du coin de l'œil. Un… deux… trois… quatre… cinq…, compta-t-il mentalement lorsque celui-ci jeta ses feuilles de valériane dans son chaudron. Je confirme, professeur, ironisa Harry sombrement. Mr Londubat sait bien compter jusqu'à 5… !
Harry ne put s'empêcher de sourire à sa remarque, mais il reprit son air sérieux en voyant Rogue se lever. Le professeur se mit à arpenter les travées, les mains dans le dos, à la recherche d'un reproche à adresser au premier élève qui aurait eu le malheur de rater sa potion, principalement si celui-ci était un Gryffondor. Puis, il s'attarda un instant près du chaudron de Neville.
- Qu'est-ce qu'il vous arrive, Mr Londubat ? demanda-t-il de son ton le plus froid. Votre chaudron est intact…, la consistance de votre potion est acceptable…, elle est un peu pâlotte mais il semble que ce détail n'entraverait en rien son efficacité… Auriez-vous avalé tout un chaudron de la potion d'Aiguise Méninges que nous avons étudiée l'année dernière pour réussir un tel exploit ?!
- Ne dit rien, Neville. Ne répond pas, pria Harry entre ses dents tandis que les Serpentard pouffaient de rire.
Par chance, Neville fut tellement surpris par la remarque du professeur qu'il en resta sans voix. Par contre, Harry jeta un coup d'œil aux potions de Ron et d'Hermione et les compara à la sienne. Elle était une fois de plus beaucoup trop claire et aussi liquide que de l'eau.
- Quel idiot ! se maudit-il en lui-même.
Comment avait-il pu oublier les conseils qu'Hermione lui avait donnés la veille ! Il aurait dû compter trente secondes de plus avant d'ajouter les feuilles de valériane, ou tout simplement attendre que l'eau soit plus chaude au départ ! Et maintenant, il était trop tard pour rattraper le coup car Rogue avançait déjà dans sa direction.
- Vous pouvez me dire ce que vous êtes en train de faire, Mr Potter ? jubila Rogue en se plaçant derrière lui.
L'adolescent se laissa basculer sur le dossier de sa chaise, découragé.
- Appelez ça comme vous voudrez, se résigna Harry qui n'avait plus qu'à attendre que la sentence tombe, et à voir la tête de Rogue, elle promettait d'être terrible.
- Levez-vous, ordonna-t-il d'un ton glacial. Allez vider ce que vous avez vous-même du mal à définir dans l'évier et recommencez. Vous faites perdre 20 points à Gryffondor et votre insolence vous coûtera également une retenue que vous me ferez le plaisir d'honorer ce soir !
- Seulement 20 ? songea Harry. Tiens, il y a du mieux, avec Neville on en avait perdu 60 à nous deux le premier jour...
Harry se résigna à aller vider son chaudron et se dépêcha de préparer de nouveaux ingrédients. Cette fois, il fit une potion parfaite et Rogue semblait presque regretter de lui avoir demandé de la refaire car cela l'obligea à lui accorder une bonne note.
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L'heure du déjeuner fut largement consacrée à la potion réussie de Neville. Les Gryffondor de cinquième année ne tarissaient plus d'éloges à son encontre, mais Harry n'écoutait déjà plus. Il regardait Dumbledore, toujours assis à la table des professeurs et soudain, il comprit. Il comprit pourquoi il n'avait pas pu le trouver la veille, car le vieil homme se leva discrètement et s'éclipsa par la porte de derrière. Ainsi donc, le directeur était parti un peu avant la fin du déjeuner…
Ça ne fait rien, songea Harry. Après tout, il savait à quelle heure arriverait le hibou du ministère. Il lui suffisait juste d'être là au bon moment pour l'intercepter. Seulement cela coïncidait également avec son cours de Divination. Aussi, il prit à nouveau la décision de ne pas y assister du tout et aurait ainsi le temps nécessaire pour agir.
Il remonta dans la tour de Gryffondor pour aller chercher ses affaires et n'eut pas cette fois à prétexter un livre oublié puisqu'il était toujours en froid avec Ron et Hermione. Il prit simplement la précaution de glisser sa cape d'invisibilité dans son sac, à l'abri des regards, et sortit avant les autres.
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Les couloirs bondés des élèves qui rejoignaient leurs salles de classes étaient un sérieux obstacle pour permettre à Harry de se cacher sous la cape. Mais il parvint à le faire, en se plaçant dans un renfoncement, et regarda passer ses camarades en se plaquant au mur. Les Gryffondor de cinquième année avançaient parmi la foule et Harry vit Ron et Hermione, un peu à l'écart, qui chuchotaient à voix basse.
- Tu ne crois pas qu'on devrait essayer de faire quelque chose ? demandait Hermione d'un air inquiet.
- Bon, si tu veux, je lui parlerai pendant le cours de Trelawney, répondait Ron sans enthousiasme. Tu avoueras quand même que c'est un peu difficile à croire !
- Je sais bien, mais Harry n'est pas du genre à raconter n'importe quoi, rétorquait l'adolescente. Et s'il dit la vérité, cela pourrait avoir des conséquences terribles.
Harry, toujours immobile, n'entendit pas la fin de leur conversation. Hermione se sépara de Ron pour son cours d'études des Runes et Ron suivit les autres vers la tour nord.
Harry eut ensuite tout le loisir de rejoindre le parc. Il resta assis au pied du château, adossé contre un mur, et contempla ce qui lui apparaissait à présent comme l'endroit le plus merveilleux qu'il n'ait jamais vu. L'herbe un peu haute ondulait doucement sous la brise chaude et légère d'avril. Les fleurs s'épanouissaient depuis déjà quelques semaines et embaumaient l'atmosphère printanière qui baignait la région toute entière. Les eaux du lac n'étaient troublées que par les soubresauts d'une quelconque créature et la cabane de Hagrid, un peu plus loin, ressemblait à la description d'une maison en pain d'épice dont se souvenait Harry pour l'avoir lu dans un conte Moldu.
- Au fait, qui est-ce qui tond la pelouse, ici ? se demanda-t-il en reportant son attention sur l'herbe à ses pieds. Sûrement les elfes ? Non, avec un sortilège, ça doit être plus rapide. Et puis on aurait déjà entendu les tondeuses en cinq ans…
A bien y réfléchir, Harry ne se souvenait pas avoir déjà vu l'herbe plus haute ou plus rase que ce qu'elle était aujourd'hui et finit par en déduire qu'elle était peut-être ensorcelée pour ne jamais grandir.
- C'est quand même incroyable, se dit-il à nouveau. Il y a quelques heures, le collège tout entier sombrait dans la détresse et moi je suis là, aujourd'hui, à me demander si l'herbe pousse…
Il regarda sa montre. Dans un quart d'heure, il verrait arriver le hibou portant dans ses serres le coup d'envoi du plus ignoble complot qu'on puisse imaginer.
Harry se leva pour se tenir prêt et commença à scruter l'horizon. Puis, la masse sombre du rapace se dessina au loin. L'adolescent sortit sa baguette magique et la pointa sur le hibou qui s'approchait de la fenêtre du bureau de Dumbledore.
- Expelliarmus ! lança-t-il. Accio !
Il n'attendit pas plus longtemps pour rajouter un sortilège d'Expulsion en direction de l'oiseau pour permettre à la lettre d'atterrir dans sa main. Le hibou fit un tonneau dans les airs et revint à la charge mais Harry avait déjà dissimulé la lettre sous sa cape et commençait à l'ouvrir. Quelle ne fut pas sa surprise en découvrant que ce n'était pas la même que la dernière fois ! Celle-ci venait également du ministère, mais Harry se sentit désemparé en lisant son contenu.
Cher Professeur Dumbledore
Il règne une pagaille indescriptible ici. Tout le ministère est en effervescence
à cause d'une lettre anonyme qui nous est parvenue ce matin.
Le mystérieux expéditeur annonçait un assaut de grande ampleur contre les bâtiments
du ministère et nous avons dû, par simple précaution, évacuer les employés qui
à présent s'en prennent à nous en nous reprochant d'avoir cru à une telle ânerie.
Je ne crois pas que nous devions prendre cet avertissement à la légère,
aussi, je pense que nous avons bien fait d'agir et nous sommes
maintenant entourés d'Aurors qui se tiennent sur leurs gardes.
Mais, si cet indicent parvenait jusqu'à vous, je vous demande de bien vouloir
rassurer les élèves car rien ne laisse penser qu'une attaque va effectivement
avoir lieu. Vous savez comme moi que, par les temps qui courent,
l'effet d'une telle annonce va avoir un impact considérable sur le moral
des sorciers déjà très inquiets…
Arthur Weasley
Harry plaqua une main sur sa bouche sous l'effet de la surprise. S'il avait pu s'attendre à ça ! Certes, il aurait sauvé la vie de Dumbledore en interceptant le parchemin qui lui demandait de se rendre de toute urgence à Londres, mais cette lettre, il était vraiment important que Dumbledore la reçoive et Harry regardait l'enveloppe déchirée d'un air ahuri. Comment allait-il réparer son erreur maintenant que tout le monde pouvait voir que la lettre avait été lue ?
Sans réfléchir, il se rua vers la volière. Il arriva hors d'haleine au milieu des hiboux battant des ailes à son irruption soudaine. Il en attrapa un au hasard et s'empressa d'y fixer la lettre en conservant l'enveloppe dans sa poche. Après tout, le parchemin était encore intact et l'enveloppe n'avait que peu d'importance, songea Harry.
- Apporte ça à Dumbledore, dit-il au hibou déconcerté qu'il jeta dans les airs.
Toujours essoufflé, Harry resta un moment appuyé contre un mur et s'attarda sur les hiboux qui se calmaient enfin. Il repéra Hedwige qui le regardait sans réelle expression en se passant de commentaire cette fois.
Puis, il lui revint en mémoire qu'il lui restait juste assez de temps pour rapporter sa cape dans son dortoir et reprit son chemin. Il attendit dans la salle commune que les deux heures de Divination soient passées en espérant, cette fois, que la vie reprendrait son cours normal.
La cloche résonna au loin et Harry regarda sa montre. Dans quatre minutes, la voix du professeur Dumbledore annoncerait que le ministère avait été pris d'assaut si son plan avait échoué. Et si c'était le cas, la journée de demain serait-elle à nouveau la même ?
Trois minutes…
Que pourrait faire Harry si le temps se répétait une fois de plus ? Ron et Hermione le croiraient-ils plus demain qu'aujourd'hui ?
Deux minutes…
Il irait peut-être prévenir Dumbledore le matin même, ou bien serait-il plus prudent de le faire dès ce soir ?
Une minute…
Harry ferma les yeux et écoutait son cœur battre à tout rompre dans sa poitrine quand soudain, le portrait de la grosse dame s'ouvrit à la volée.
- Qu'est-ce que tu fais là ? demanda Seamus en s'arrêtant net devant Harry.
- Et toi ? répliqua celui-ci, livide.
- Je suis venu chercher mon livre d'Histoire de la Magie, se défendit Seamus d'un air étonné. Le cours commence dans cinq minutes.
Cinq minutes ? Harry regarda sa montre une fois encore. L'heure fatidique de l'annonce venait de passer sans même qu'il s'en rendre compte. Le ministère avait donc été épargné, pensa-t-il.
Accoudé sur son fauteuil, Harry posa son visage dans ses mains et inspira profondément. Il avait réussi…
- Tu ne viens pas ? demanda Seamus en regardant bizarrement Harry.
- Oooh que si…, j'arrive… ! lâcha Harry en se levant difficilement.
Il eut du mal à tenir sur ses jambes et attrapa son sac qui lui parut peser une tonne avant d'emboîter le pas de Seamus pour rejoindre les autres. Jamais Harry n'avait été aussi ravi d'aller assister à un cours d'Histoire de la Magie.
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En entrant dans la salle de classe, Harry avait presque le sourire aux lèvres, ce qui lui valut de nombreux regards en coin. Non seulement il avait raté un cours, mais en plus, il avait l'air presque joyeux en arrivant à celui du professeur Binns. Voilà qui ne manquait pas d'éveiller bien des curiosités…
Il s'installa à la même table que Ron et Hermione mais le silence qui régnait d'ordinaire dans ce cours ne les incita pas à lui poser des questions, ni même à envisager une réconciliation.
Comme d'habitude, l'heure fut d'une morosité sans pareille et les élèves apathiques se traînèrent jusqu'à leur salle commune pour y faire leurs devoirs.
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Harry s'installa seul sur une table près du feu et fit semblant de ne pas voir Ron et Hermione qui avançaient dans sa direction.
- Harry, où étais-tu ? demanda Ron, sans préambule, à Harry qui sortait ses affaires.
- Faire une bêtise improbable pour éviter une catastrophe improbable ! répliqua celui-ci d'un ton dur.
- Ne soit pas bête, tenta Hermione d'une petite voix. On a fini par se dire que tu avais sûrement raison et on regrette de ne pas t'avoir aidé plus tôt.
- On a fini par… ?! répéta Harry, agacé. C'est bien, vous êtes en progrès ! La prochaine fois, essayez de ne pas mettre une journée avant de vous décider à faire quelque chose, parce qu'à l'heure qu'il est, des centaines de familles devraient être en train de pleurer leurs proches !
- Tu parles vraiment sérieusement ? ne put s'empêcher de lâcher Ron sans s'apercevoir qu'il émettait à nouveau des doutes.
Mais Harry préféra ne pas insister. Hermione était au bord des larmes et Ron était si pâle que Harry avait presque envie de lui laisser son fauteuil.
- Oublions ça, dit-il en détournant les yeux. Asseyez-vous, proposa-t-il aux deux adolescents qui restaient sans bouger devant lui. Je vous assure qu'il n'y a rien d'autre à faire de mieux pour l'instant.
- Tu as raison, approuva Ron. Et puis si on descend dîner de bonne heure, peut-être que Rogue te lâchera plus tôt pour ta retenue.
- Ma retenue ! répéta Harry. Quelle retenue ?!
- Celle que tu as eue en cours de potion pour l'avoir ratée, lui rappela discrètement Ron.
- Ça… ne s'est pas passé comme ça les autres fois ? hésita Hermione avec prudence.
- Aaah, non ! démentit Harry. Neville a fait exploser son chaudron et c'est lui qui a écopé d'une retenue. Moi, j'ai bien raté la mienne mais ça n'a coûté que dix points à Gryffondor. Enfin, 20 depuis ce matin…
Ron commençait à sourire.
- Quoi ? fit Harry en écartant les bras.
- Tu veux dire qu'en vivant deux fois le même cours, tu n'as pas réussi à faire ta potion une seule fois ? se risqua Ron en haussant un sourcil.
- Trois, rectifia Harry. J'ai vécu trois fois la même journée. Et oui, je sais… Je devrais monter une école avec Neville pour ça, on me l'a déjà dit si tu te souviens bien. Mais tu sembles oublier que j'avais d'autres choses en tête, tenta-t-il de s'excuser.
A voir la tête de Ron, son pardon était tout accordé car il était évident qu'il regrettait déjà sa remarque et Harry lui sourit pour le rassurer.
Finalement, le temps sensé être consacré aux devoirs fut celui des révélations, mais Harry se garda toutefois de mentionner le fait qu'Arthur et Percy avaient péris dans l'attaque du ministère. Les deux adolescents avaient été abasourdis d'entendre Harry raconter les trois derniers jours et Hermione envisageait déjà de se rendre à la bibliothèque pour voir ce qu'elle pourrait y trouver concernant la remontée du temps.
L'heure du dîner arriva enfin et ils descendirent dans la Grande Salle, aussi unis qu'auparavant. Après de longues excuses réciproques, les trois adolescents avaient à nouveau scellé leur amitié et se jurèrent, qu'à l'avenir, ils mettraient un point d'honneur à s'accorder la confiance qui leur avait tant manquée aujourd'hui.
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La Grande Salle avait déjà accueilli la plupart des élèves et Harry, Ron et Hermione s'installèrent à la table des Gryffondor sans apercevoir l'air inquiet qu'affichaient certains visages à la table des professeurs. Ce fut Hermione qui ramena les deux garçons à la réalité en adressant un signe de tête vers le fond de la salle où le professeur McGonagall était livide.
Harry s'assit lentement sur sa chaise et se mit à réfléchir en fixant son assiette.
- Est-ce que j'aurais oublié quelque chose ? se demanda-t-il dans un murmure.
- Tu ne pouvais pas faire mieux, lui assura Hermione qui ne comprenait pas non plus.
- Et où est Dumbledore ? lâcha Ron en le cherchant des yeux.
Le sang de Harry ne fit qu'un tour. Il tourna brusquement la tête vers la table des professeurs et ne put que constater, lui aussi, que le vieil homme n'était pas là.
- Les hiboux…, se souvint-il soudain. J'ai intercepté celui que j'ai envoyé ce matin à ton père, précisa-t-il en regardant Ron. Et qui rapportait sa réponse. Mais si l'autre était arrivé un peu après et que l'attaque ait réellement eu lieu… !?
- C'est impossible, tenta Hermione presque pour se rassurer elle-même. L'heure concordait bien, ils auraient dû tout au plus arriver en même temps.
- Pas si, comme moi, quelqu'un a changé quelque chose et que le hibou du ministère soit parti après celui du collège.
- Alors tu crois que…, commença Ron sans parvenir à continuer sa phrase.
- Si seulement McGonagall avait la bonne idée de sortir, ragea Harry qui s'en voulait déjà d'avoir pu omettre un point important. Je crois que je lui sauterais dessus pour savoir !
Ils ne parvinrent pas à manger grand-chose et la seule chose à faire était d'attendre que le professeur sorte de la salle pour essayer d'en savoir plus. Elle non plus n'avait pratiquement pas touché son assiette, en fait elle était simplement venue dans la Grande Salle pour informer ses collègues et faire, en quelque sorte, acte de présence pour ne pas inquiéter les élèves. D'ailleurs, dès que les premiers étudiants sortirent, elle leur emboîta le pas et Harry en profita pour la suivre.
Il se fraya un chemin au milieu des élèves et s'arrangea pour rejoindre le professeur au moment où elle s'engageait dans le couloir de son bureau.
- Professeur McGonagall ! l'interpella Harry. Il faut que je vous parle !
- Mr Potter, ce n'est vraiment pas le moment de…
- Si justement ! insista Harry en essayant de garder son calme. Où est le professeur Dumbledore ?
- Cela ne vous regarde pas, s'indigna-t-elle. Veuillez retourner dans votre salle commune, je vous prie.
- Non. Euh, je veux dire…, j'y retournerai après, mais je dois savoir où est Dumbledore en ce moment !
- Il a dû s'absenter, s'impatienta McGonagall qui commençait à trouver l'attitude de Harry vraiment impertinente. Et si vous ne retournez pas immédiatement dans votre salle commune, Mr Potter, j'enlève 50 points à Gryffondor, même si c'est ma maison !
- Bon, s'énerva Harry à son tour malgré le fait que le professeur semblait réellement abattu. Je sais, enfin je me doute qu'il y a eu une attaque au ministère et j'ai besoin de savoir si le professeur Dumbledore s'y est rendu.
- Vous quoi ? s'étonna McGonagall encore un peu plus livide. Comment savez-vous que… ?
- Alors c'est bien ça ! s'horrifia Harry. Et il y est allé, n'est-ce pas ?
- Mr Potter, j'ignore comment vous avez réussi à avoir cette information alors que tout le pays fait son possible pour la garder secrète, et je vous interdit d'en parler à qui que ce soit, ici !
Mais elle semblait déjà regretter ses paroles en regardant l'adolescent dont le visage marquait une profonde déception mêlée de crainte.
- Bon, puisque vous… enfin, rassurez-vous, se décida-t-elle, en baissant la voix, émue par la détresse de Harry. Par un curieux hasard, le ministère a pu être prévenu à temps et le professeur Dumbledore va très bien. Avec les Aurors, qui sont arrivés en force cet après-midi, ils ont déjà procédé à de nombreuses arrestations mais cela ne doit pas se savoir car d'autres mages noirs pourraient bien arriver en renfort s'ils venaient à apprendre que les Mangemorts sont en difficulté.
Harry n'en croyait pas ses oreilles. Puis il repensa à la lettre qu'il avait interceptée dans la journée. Effectivement, Arthur Weasley informait Dumbledore que des Aurors étaient déjà présents pour pallier à toutes éventualités. Comment avait-il pu l'oublier ?
- Alors finalement, ce sont les Mangemorts qui sont tombés dans un piège…, lâcha Harry dans un souffle.
- On peut dire ça comme ça, en effet, reconnut McGonagall avec prudence. J'espère qu'à présent, vous êtes rassuré ? s'inquiéta-t-elle en regardant Harry d'une étrange façon.
Harry respira profondément et acquiesça en silence.
- Excusez-moi, je ne voulais pas paraître impoli, mais…
- Ce n'est rien, Mr Potter, assura-t-elle, soulagée de voir enfin Harry un peu plus détendu. Mais surtout, je vous rappelle qu'il est important de ne rien dévoiler à vos camarades. Nous devons à tout prix éviter qu'ils s'inquiètent, c'est bien compris ?
- Oui, bien sûr, promit Harry dans un murmure.
Il ne sut comment mais il arriva devant le portrait de la grosse dame sans se rendre compte du trajet qu'il venait de parcourir.
- Espérance, prononça Harry d'une voix sans timbre au portrait qui pivota aussitôt.
Il s'ouvrit sur la salle commune bondée et bruyante des voix enjouées des élèves qui ne se doutaient de rien. Seuls Ron et Hermione attendaient Harry au coin du feu et sursautèrent en le voyant arriver.
- Alors ? demanda Ron, livide.
- Alors ça va, répondit Harry. Je crois qu'on s'est inquiété pour rien, enfin j'espère…
Il leur raconta ce que le professeur McGonagall venait de lui dire et se rendit, le cœur un peu plus léger, dans les cachots de Rogue pour sa retenue.
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Le professeur n'avait pas vraiment apprécié de le voir arriver avec un air aussi serein et pensait pouvoir se venger en lui faisant éviscérer des cadavres de rats. Mais Harry n'avait eu qu'à s'imaginer voir en chacun d'eux un hypothétique « Queudver » et les deux heures qu'il passa dans le silence du cachot lui permirent enfin de faire le point sur les épreuves qu'il venait de vivre. Enfin soulagé, il en arriva plutôt satisfait à la conclusion que c'était une journée pleine d'espoir : le ministère avait été évacué à temps les Aurors avaient pu se préparer à riposter et d'après McGonagall, plusieurs Mangemorts avaient déjà été arrêtés.
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C'est donc le cœur léger que Harry retourna dans la tour de Gryffondor où la plupart des élèves étaient déjà couchés. Il avait demandé à Ron et Hermione de ne pas l'attendre et, après avoir salué les quelques élèves qui veillaient dans la salle commune, monta dans son dortoir, se changea et s'enfonça sous les couvertures de son lit.
Il n'avait pas vraiment sommeil et, pour la première fois depuis trois jours, il était inquiet à l'idée que la journée puisse se répéter à nouveau. Maintenant qu'il avait réussi à sauver plusieurs centaines de personnes, le temps allait-il tout simplement reprendre ses droits ? Après tout, Harry ne savait toujours pas ce qui avait provoqué ces retours en arrière qui ne semblaient pas avoir de fin.
Au bout de quelques minutes, il lui vint soudain une idée. Il se releva sans bruit et alla fermer la fenêtre en pensant qu'il lui serait insoutenable le lendemain d'avoir à attendre que Neville se réveille pour avoir enfin la réponse à la question qui le tourmentait depuis des heures. Au moins, si elle était toujours fermée, cela voudrait dire que tout était enfin fini… !
Ce chapitre est l'avant dernier. Dans le prochain, vous aurez… nan, je ne dis rien vous laisse la surprise. Peut-être que la journée va se répéter encore une fois pour être encore pire que la première ! En attendant vous avez le droit de laisser vos impressions pour celle-ci !
Bises à tous…
Volderine
