Chapitre 5 en ligne, mes amis !
2ème jour à Washington
Dean suit gentiment l'homme en face de lui. Son regard se pose sur ses cheveux bruns en bataille, sur sa nuque découverte, ses frêles épaules. Castiel est donc un sous fifre, un de ces soldats qui agissent sans réfléchir. Dean se mord la lèvre, il ne deviendra jamais comme lui. Comment pouvait il en être aussi sûr ? Ash, Jo, Bobby, Charlie et Sam le sont pourtant, Dean a toujours pris les rennes, il ne leur a jamais laissé l'occasion de prendre eux mêmes des décisions... Non, c'est différent, Dean les écoute, leur demande leur avis, il ne les oblige pas. Jamais.
- C'est ici.
Il sursaute et s'arrête. Ses yeux fixent la porte devant lui et Castiel l'ouvre sans préambule. Dean entre en premier et son coeur se serre en voyant la personne étendue sur le lit. Claire, la petite Claire. Branché à des machines, les fils entrant et sortant de son nez, sa bouche, son cou, au creux de ses coudes. La petite chétif qui souriait, la seule enfant que Dean avait vu jusqu'ici depuis tout… ce merdier. Une larme s'agglutine dans son oeil mais il la chasse d'un revers de la main.
- Merde.. Claire..
- Elle n'a pas été mordu.
Dean s'approche lentement. Il remarque des bandages sur ses bras, un pansement au niveau de son ventre et de sa cuisse droite. Il s'assied sur le lit et sa main trouve sa place dans la sienne, sa toute petite main fragile et froide. Il serre son étreinte et écarte une mèche blonde de son front.
- Alors, qu'est ce que c'est que tous ces bandages ? Elle a quoi au ventre ?
- Une balle s'est logée dans son estomac.
Dean tourne son visage vers l'homme et son regard devient meurtrier.
- Ah ouais ? Vous avez tiré sur une gamine ? C'est vrai qu'elle a l'air super méchante, hein ?
- C'est… C'était un accident.
- Un accident ? Tu as tiré sur cette gamine par accident ? Depuis quand ton groupe bute des êtres vivants ?
Castiel s'avance, tout penaud, et laisse son regard dévié sur la jeune fille avant de le poser sur le châtain.
- Nous n'avons pas eu le choix, les rôdeurs étaient partout… Balthazar ne l'avait pas vu, il… Notre acte n'est pas pardonnable, nous le savons, Dean, mais elle ira mieux dans quelques semaines.
- Elle ira mieux ? Tu as tué sa mère et son père et tu penses qu'elle ira mieux ? Merde, mec, le virus a décimé tes neurones !
Dean est sur le point de prendre son couteau et de le planter dans le coeur de cet homme. Comment peux t'il penser qu'une fillette de dix ans ira mieux quand elle apprendra qu'elle n'a plus aucune famille ? Ils auraient mieux fait de l'achever.. C'est horrible de penser ça mais comment pourrait t'elle vivre avec ces bourreaux ?
- Qu'est ce qu'il s'est passé, réellement ? Et je t'assure que tu as intérêt à tout me dire, dans les moindres détails.
Castiel se recule un peu en entendant la haine que Dean déverse. Il baisse les yeux, les ferment et se concentre sur le déroulement de la veille.
"Castiel venait de rentrer de leur ravitaillement. Rien ne s'était déroulé comme prévu, Anna avait été blessé, Gabriel avait fait une crise et Linda et Kévin auraient pu se faire tuer par un groupe. Non, vraiment, ça avait été une catastrophe. Il arrêta le pickup qu'il avait trouvé sur la route devant le portail et son frère, Balthazar, était venu à sa rencontre. Il ouvrit la portière tandis que Linda, Kévin et Gabriel se dépêchaient de sortir Anna du véhicule pour l'emmener dans une civière.
- Bon sang, Cassie, on s'attendait à vous voir revenir hier, il s'est passé quoi ? dit Balth en guettant l'éloignement des quatre autres.
- Anna est tombé dans un ravin, elle s'est prise une branche dans le ventre, Linda a pu la soigner un minimum. soupire t'il dans un souffle.
- Ah merde... La galère. Tu as raté un sacré événement aujourd'hui.
- Quoi donc ?
- Un groupe de survivant est venu toquer à notre porte, un vieux alcoolique avec sa bande, ils voulaient entrer mais Zach… Zach leur a donné un ultimatum.
Castiel fronça les sourcils, qu'est ce que Balthazar voulait dire ?
- Comment ça un ultimatum ?
- J'sais pas, il a discuté seul avec le vieux et, quand ils sont sortis, le vieux avait la mine blafarde, le teint pâle et Zach continuait à lui dire qu'il était gagnant si il acceptait le marché."
Castiel lève les yeux vers Dean, ce dernier le scrute sans sourciller. Ash et Bobby les avaient bien vu échanger devant le véhicule marron, cette nuit.
- Quel ultimatum ?
- Je.. ne sais pas. Zach n'a pas voulu me le dire. avoue Castiel de plus en plus mal à l'aise.
- Continue.
Castiel baisse à nouveau les yeux et se concentre à nouveau.
"Castiel avait essayé de tirer les vers du nez à son chef mais il n'avait eu droit à aucune réponse satisfaisante. Pour autant, il ne chercha pas à en savoir davantage. Zach était celui qui l'avait sauvé, il avait foi en lui. Quand Balthazar était venu à lui, le matin suivant, il lui avait appris qu'une trentaine de rôdeurs s'agglutinaient autour du camp que les réfugiés avaient pris. Ils s'étaient armés et avaient dévalé les rues de Washington pour les secourir. Les cris humains, quand ils escaladaient un pont, leur avait appris qu'ils arrivaient trop tard. Balthazar avait, alors, sorti son arme à feu et avait tiré à l'aveugle dans le tas. Lorsque tous les rôdeurs et humains étaient à terre, Castiel avait choisi de les enjamber... au cas où.
- Tu crois qu'il y a des survivants ?
- Je ne pense pas, c'était trop tard, Cassie.
Pourtant, Castiel avait entendu un gémissement plaintif et, en enlevant un mort carbonisé, il l'avait repéré, la petite fille se tenant le bas du ventre."
Castiel entend un soupir et sent une main se poser sur son épaule.
- Je… Balthazar a eu raison, mourir d'une balle est toujours mieux que de mourir déchiqueté. J'aurais, sans doute, agi de la même façon. Et puis, vous avez quand même sauvé la vie, à cette gamine. Vous avez sauvé une vie.
- Nous aurions dû nous concentrer sur les rôdeurs, nous aurions pu sauver plus de vies.
Castiel lève les yeux et ses iris se noient dans ceux de Dean.
- Non, vous n'auriez pas pu parce que vous auriez mis plus de temps à vous concentrer sur chaque rôdeurs et… Claire aurait eu le temps de se faire mordre.
- Peut-être...
Dean l'observe, sans détour, comme si il avait devant lui une toute nouvelle personne. Et c'est le cas, pour lui. Le saphir des yeux de Castiel lui transmet le désespoir de n'avoir rien pu faire, la tristesse d'avoir vu des hommes mourir devant lui, l'incompréhension de son chef et la satisfaction d'avoir sauvé la vie à cette jeune enfant. Dean se surprend à le trouver courageux et il ne ressent plus de colère à son égard. Pourquoi en avait il eu déjà ? Il ne s'en souvient plus.
- C'est brave d'avoir voulu sauver la vie à des gens que tu ne connaissais pas.
- Vous l'auriez fait aussi, je peux le lire en vous.
Dean sourit, Castiel aussi et ils restent, un moment, tous les deux, à savourer l'instant. Puis, le cerveau du châtain se remet à fonctionner et ses sourcils se froncent.
- Rowena a dit que Bob avait tiré sur l'un de vous mais, d'après ton histoire, il n'a rien fait de la sorte.
- Non, Zach a donné une autre version.
- Le vieux que te décrivait ton frère, ce devait être Bob. Pourquoi Zach aurait menti ?
- Pour que notre communauté reste dans la peur, si les hommes deviennent des monstres, personne n'aura l'idée de partir d'ici.
Dean ouvre de grands yeux. Comment pouvait on être aussi manipulateur ? Et pourquoi Castiel ne semble t'il pas plus dérangé que ça par cette façon de faire ?
- C'est malsain, putain ! Comment peux tu laisser une chose pareille se faire ? C'est de la manipulation !
- Nous n'avons pas le choix, Dean. Si les gens décident de fuir, nous serions plus vulnérables et la vulnérabilité suffit à nous rendre faible. Ecoutez, je n'approuve pas toujours le choix de Zachary mais il m'a sauvé, je lui en serais à jamais reconnaissant. Partez si cela vous chante, toi et ton groupe, mais laissez-le. Notre communauté fonctionne sans problème, nous n'avons que peu de pertes dans nos rangs, nous survivons.
Dean se mord la lèvre et enlève sa main de l'épaule du brun. Il ne s'était même pas rendu compte de l'avoir laissé tout ce temps.
- Nous partirons avec la gamine, elle nous connaît et je ne veux pas qu'elle reste ici. J'en parlerais avec mon groupe, pendant ce temps, on fera profil bas, on aidera votre communauté. Ca te convient ?
Castiel hoche la tête et son regard dévie vers le corps inerte sur le lit.
- Elle sera plus en sécurité avec vous. Je vais voir Zach et lui expliquer la situation. Faites comme chez vous, Dean.
Castiel s'éloigne et disparaît dans le couloir. Dean se retourne, embrasse le front de la petite et s'éclipse à son tour, une haine viscérale contre le dirigeant de cette collectivité.
Dean ouvre la porte de leur dortoir en se frottant un oeil, il est fatigué, il a mal au dos et il pense à la bande de Bob, bon sang, ils y sont tous passés. Bob, Achille, Emilie… Emilie. Son coeur se serre et il revoit ses yeux verts, son nez fin aquilin, son sourire charmeur, ses longs cheveux auburn, ses seins fermes, sa cicatrice dans le dos, ses fesses musclés.. Il regrette de ne pas avoir pu apprendre à la connaître plus, mieux.
- Dean ?
La voix de son frère le sort de ses songes et il ferme la porte rapidement. Puis, il se concentre sur les personnes présentes : Sam, Ash, Jo, Charlie et Bobby. Il soupire de soulagement et s'installe, dos contre l'armoire, les bras croisés sur sa poitrine.
- Bon, on est dans la merde pour quelques semaines. J'ai vu Claire, la gamine, elle est la seule survivante et… elle est dans un sale état. J'ai parlé avec Cas mais…
- Cas ? demande Ash en fronçant les sourcils.
- Castiel, le mec en trench. répond Dean en haussant les épaules.
- C'est bizarre comme prénom, non ? Le nom d'un ange ? Ils étaient tarés ses vieux. déclare Charlie dans un sourire.
Sam observe son frère, un sourcil relevé, mais Dean continue son monologue en oubliant l'air dubitatif qu'il lui transmet.
- Bref, Cas..tiel m'a donné la version de l'histoire et figurez vous que Zach n'a rien d'un ange. Ce serait même un sacré trou duc. Il a posé un ultimatum à Bob qui a refusé et ce matin, des bouffeurs se sont pointés vers eux. C'était trop tard alors ils ont tirés dans le tas, Claire ne s'est pas fait mordre mais elle s'est pris une balle dans l'estomac. J'en sais pas plus sur l'ultimatum mais on reste le temps que Claire se soigne et on s'barre de ce patelin, on trouvera mieux ailleurs.
- Attends, attends ! Rowena nous a dit que…
- Ouais, je sais ce qu'elle a dit mais Zach a tout inventé pour que le reste de la communauté est peur des gens de l'extérieur, me demandez pas pourquoi, hein ? Ils ont tous un grain, ici.
Sam est de plus en plus dubitatif et son cerveau tourne à plein régime. Bobby se redresse en enlevant sa casquette.
- Tu crois que c'est judicieux d'emmener une gamine avec nous ? Leur camp a l'air de plutôt bien tenir, tu crois qu'elle sera plus en sécurité avec nous ? questionne ce dernier.
- Tu veux laisser cette petite dans les bras de ses bourreaux, sérieux ?
- Hors de question ! Elle vient avec nous, si tu penses que ce camp cache un truc alors on ne la laisse pas ici ! crache Jo, le regard meurtri.
- Ah ouais ? Tu penses qu'on est apte à la protéger des bouffeurs peut-être ? C'est une gamine, Jo ! grogne Ash en apportant son appui à Bobby.
- Et alors ? Tu penses que c'est une bonne décision de la laisser là, entre ces murs ? intervient Charlie en prenant le bras de sa partenaire.
- Ok, Zach et Rowena ont l'air d'être des gens mauvais mais y'a pas qu'eux ici, Castiel a l'air d'être correct et y'a Kévin et Linda, elle sera bien entourée. continue Ash en se tournant vers les filles.
- Tu t'écoutes parler ? Ils ont buté SA famille et tu veux la laisser là ? crie Jo, son index pointé vers le sol.
Jusqu'ici, Dean les observe échanger sans un mot mais le ton qu'ils emploient commence à l'énerver. Il jette un oeil vers son frère qui écoute attentivement l'opinion de chacun.
- Ca suffit ! parle Dean calmement en détachant bien ses mots.
Le silence se fait et il se détache de l'armoire. Il passe une main sur son visage, lasse. Ce n'est pas le temps des conflits, ils ont besoin de repos et pour le moment, c'est le plus important. Ils reprendront cette conversation quand leur estomac sera bien rempli et rempli d'autres choses que de la viande séchée et quand ils auront atteint les huit d'heures de sommeil qui leur manquent cruellement.
- Cette conversation ne rime à rien, on est à cran, on a besoin de repos et de manger, nous verrons ça plus tard. Pour le moment, on fait profil bas, on obéit sans protester.. D'accord Ash ? On se fait passer pour des gens respectables et serviables, on partira le moment venu, ça vous va ?
Tout le monde hoche la tête, certains plus mécontents que d'autres. Puis, tout le monde se sépare et Dean se laisse tomber sur son lit en maugréant. Il est crevé, il a mal à sa cheville, il repense à Bob, Emilie, à Claire aussi… Et il se rend compte qu'Ellen n'est plus là. Il n'a pas eu le temps de faire son deuil et il n'en a toujours pas maintenant. Il soupire, son coeur se serrant.
- Dean ? interroge Sam d'une voix brisée.
L'une des raisons qu'il a de tenir le choc, c'est son frère. Son petit frère. Son rôle n'est pas de l'accabler, de se rendre faible à ses yeux, il est là pour le protéger, le conseiller, l'épauler et Dean ne compte pas déroger à ces règles.
- Ouais, Sammy ?
- J'en reviens pas que Bob… Qu'ils ne soient plus de ce monde.. Tu.. Tu penses que leur sort aurait été différent si nous avions accepté qu'ils fassent la route avec nous ?
Sam s'en veut parce qu'il faisait parti des personnes qui ne voulaient pas d'eux. Dean se redresse, comprenant parfaitement la réaction de son petit frère.
- Peut-être, peut-être pas. Ne culpabilises pas, tu n'as pas été le seul à prendre cette décision.
- Tu t'en veux ?
- Je regrette simplement de ne pas avoir eu le temps d'apprendre à mieux les connaître.. Chacun.
Sam hoche la tête en s'allongeant sur son matelas, Dean fait de même, ses yeux fixés sur le plafond neutre de la pièce.
- Je suis désolé pour Emilie, Dean.
- Moi aussi, Sam.
Ses yeux se ferment, le sombre l'emporte.
Voilà plusieurs jours que Dean explore la communauté. Dans l'ensemble, les survivants sont sympathiques et agréables. Pourtant, il a hâte de quitter ses murs, il se sent de trop. Malheureusement, Claire n'a toujours pas repris connaissance mais Linda est persuadée que ce n'est qu'une question de temps. Elle a perdu beaucoup de sang et sa chute contre le bitume a enclenché une petite hémorragie.
- Dean ?
L'interpellé lève les yeux de sa nourriture pour se poser sur l'homme en face de lui. Son sourire s'élargit et sa main l'invite à s'asseoir.
- Cas. Alors, quoi de neuf ?
Castiel s'installe sur le petit tabouret en face de Dean et ses deux coudes se posent la table. Le châtain reprend son repas, ses yeux rivés sur son steak.
- Zach aimerait que vous nous accompagnez. Nous avons repéré du mouvement au nord, nous allons y faire une descente.
- Ah ouais ? Et pourquoi moi ?
- Pourquoi pas ?
Dean sourit en fixant son interlocuteur et ce dernier y répond de la même manière. Dean s'essuie la bouche et laisse de côté son délicieux repas.
- Ok, pourquoi pas.
Castiel se lève aussitôt mais sa paume reste ancrée sur la table.
- Dans trente minutes, dans la cour ?
- Dans trente minutes, dans la cour.
Le brun hoche la tête tout sourire avant de, finalement, disparaître du champs de vision de Dean. Les lèvres de ce dernier s'étirent en le regardant s'éloigner. Il en avait eu la frousse au début, à l'heure actuelle, il l'appréciait. Sans doute, grâce à l'échange dans la chambre de clinique de Claire. Il s'était trompé sur son cas, finalement, Cas est quelqu'un de courageux.
- Je peux savoir pourquoi tu souris comme un idiot ? demande Sam en s'installant à côté de lui.
- J'ai pas le droit d'être content ?
- Si, bien sûr, mais je me demandais si c'était pas à cause de ce gars là ? Cas ?
- Et alors, si c'était à cause de lui, où est le problème ?
- Y'en a pas, frérot ! Il te voulait quoi ?
Dean pioche dans son assiette, vite suivi par son frère. Voilà bien longtemps qu'ils n'avaient pas pris le temps de se poser ensemble devant un bon repas. Dean ne se rappelle même pas de leur dernière fois. Sam non plus.
- Je pars faire une excursion avec lui, y'a du mouvement au nord.
- Tu veux que je t'accompagnes ?
- Non, toi, tu restes au chevet de Claire. Je veux pas qu'on la quitte des yeux une seule seconde, elle aura besoin d'explications quand elle se réveillera.
- Jo ou Charlie peuvent s'en occuper.
- C'est à toi que je le demande, Sammy.
Ce dernier lève les mains en signe de capitulation. Puis, Dean et lui continuent leur repas dans le silence. Ils n'ont plus rien à se dire. Au bout d'une quinzaine de minutes, Dean se lève, passe dans sa chambre, prend ses armes et se retrouve dans la cour de l'hôpital, entouré des bouffeurs. Il se décide d'en approcher un à l'allure d'une vieille femme. Il grimace en observant les dégâts sur son corps, une fine robe l'habille et pourtant, rien ne cache son ventre noirci ni ses cuisses flétries.
- Une horreur, hein ?
Dean se retourne et son regard se pose sur Gabriel vêtu d'un jean délabré, d'une chemise à carreau aux couleurs criardes et d'un fusil d'assaut qui a trouvé sa place dans son dos.
- Pourquoi tout ça ? se décide t'il à dire en reportant son attention sur le mort.
- Habituellement, les survivants ne prennent pas le temps de s'arrêter ici quand ils les voient, sauf vous, bien sûr. C'est une sorte de mise en garde.
Gabriel se positionne à ses côtés, son regard posé sur la créature.
- Comme pour Bob et son groupe ? crache t'il, sa colère revenant au galop.
- As tu remarqué que nos rôdeurs n'ont plus de mâchoires ? dévie Gabriel.
Dean lève un sourcil et se focalise sur le visage du bouffeur, tant pour reprendre contenance que pour comprendre. En effet, il observe que le menton de la vieille n'est plus et qu'elle ne possède plus, non plus, de dents sur la rangée restante.
- Pour quelle raison ?
- Éviter la morsure. Ce sont simplement de gentils toutous, maintenant.
Pour confirmer ses dires, l'index de Gabriel trouve sa place dans l'ancienne mâchoire de la créature. Dean observe. Si il veut mourir, soit, Dean ne l'en empêchera pas. Mais rien n'arrive, Gabriel touche même la glotte noire du monstre sous le regard curieux du châtain.
- Tu vois ? Des toutous immondes mais des toutous quand même !
- Gabriel ? Cesse de jouer avec ces créatures.
Le châtain et le blond se retournent pour apercevoir Castiel derrière eux, enfournant un petit sac sur ses épaules.
- Je montrais juste à Dean-o nos petits chiens de l'enfer.
Dean hausse ses épaules vers le nouvel arrivant puis, son regard le scrute.
- Tu as laissé tombé le trench, Cas ?
L'interpellé lève un sourcil et son visage se penche légèrement sur la droite.
- Non, Dean, je l'ai simplement rangé dans mon armoire.
Gabriel soupire alors que Dean hoche la tête. Castiel a revêtu un jean noir, des tennis, un tee-shirt bleu et une veste de jogging foncée. Dean approuve nettement plus cette tenue que le costard-cravate et trench.
- Vous êtes prêts ? questionne Castiel.
- Attends, on part que tous les trois ?
- Oui, nous allons devoir être discret.
- T'inquiètes Dean-o, je protège ton petit cul ! sourit Gabriel en tapotant son épaule.
Puis, Castiel ouvre le portail et s'éclipse dans la rue. Dean et Gabriel suivent la marche, ce dernier refermant derrière lui et ils galopent en direction du nord.
Ils longent des immeubles, se cachant à l'intérieur à certains moments quand les bouffeurs se font trop nombreux, escaladant les étages jusqu'au toit, sautant de l'un à l'autre le plus silencieusement possible. Dean est ébloui par la grâce de Castiel, il enjambe chaque débris, chaque recoin tel un fauve. Dean n'est pas aussi silencieux et souple ni même Gabriel. Pourtant, ils arrivent à faire plusieurs kilomètres sans qu'aucun monstres ne se rendent compte de leur présence et ça, bien parce que c'est Castiel au commande. Ce dernier stoppe ces gestes en haut d'un immeuble et intime aux deux autres de faire de même. Il enlève son sac qu'il dépose devant lui et fouille l'intérieur sous le regard des deux hommes. Puis, il en sort des jumelles de la taille d'une main et insère ses yeux vers les lentilles. Dean et Gabriel scrutent les environs silencieusement en attendant que Castiel prenne la parole. Chose qu'il fait au bout de cinq minutes.
- Mon dieu ! déclare t'il dans un souffle.
- Quoi ? demande Dean en essayant d'observer dans la même direction.
- Regardez dans la rue à côté de la plus grande tour, vous voyez les rôdeurs ? Et bien, avec ma jumelle, j'arrive à voir jusqu'à l'entrée de la ville tout au bout et il y en a autant.
- Ca veut dire quoi ?
- Il faudrait descendre plus bas mais si la route est bondée jusque là-bas alors ça veut dire qu'il y a une centaine même un millier de rôdeurs…
- Et ils se dirigent droit sur nous…
Castiel hoche la tête en abaissant la jumelle et en observant Dean, le regard angoissé. Gabriel jure avant de se faire réprimander par Castiel et ce dernier range son outil dans le sac.
- Combien de temps avant qu'ils atteignent l'hôpital ?
- Moins de 24 heures... et encore... et nos murs ne sont pas assez solides s'ils décident de pénétrer dans l'enceinte.
- On peut jouer la carte du silence, Cassie. Si personne ne les attire à nous, ils passeront simplement et continueront leur route.
Castiel se mord la lèvre, son regard rivé sur le nombre impressionnant de cadavres déambulant dans les rues de Washington.
- Et si pour une raison quelconque, ils arrivent à entrer ? Nous serions tous condamnés, Gaby.
- Alors c'est un risque que nous ne devons pas prendre. déclare Dean calmement.
- Il faut prévenir Zach dans un premier temps.
Gabriel se lève et reprend le chemin en direction de l'hôpital. Castiel se redresse à son tour et décide de le suivre mais Dean l'arrête en l'agrippant par le bras.
- Ecoute, Cas. Peu importe la décision de Zachary, on doit déguerpir. Toi et mon groupe, avec Claire.
- Non, Dean. Toi et ton groupe, moi, je reste avec Zach.
Castiel s'enlève de son étreinte et s'éloigne rapidement sans un regard en arrière. Dean suit le mouvement, l'appréhension dessinant ses traits.
Youh youh ! Pas de repos pour nos loulous (y'a que des problèmes dans c'monde x))
Qu'en pensez vous ?
