Bonjour people !
Piouh, voilà le chapitre 9 (Ça devient de plus en plus chaud d'être dans les temps) mais, bref, j'espère que ce chapitre va vous plaire.
Bonne lecture,
Arrivée à destination : Détroit
- Descends, Claire !
Un feu ardent transperce l'air pour anéantir l'amas de bouffeurs agglutinés autour d'eux. Jody avait bien fait de prendre ce lance flamme. Ils ne meurent pas mais leur peau se disloque en une fondue bien dégoulinante rendant leur démarche plus lente. Suffisamment pour que Jody et Donna aient eu le temps de descendre en direction des égouts. Dean repasse un jet de flammes avant de se tourner vers Castiel.
- Descends, je te suis.
Il entend le bruit commun des chaussures dévalant les marches en ferraille. Un coup de couteau à sa droite pour anéantir un zombie et à son tour de passer par la trappe qu'il referme rapidement. Malheureusement, l'échelle fragile se détache du béton et Dean se voit retomber au sol dans un fracas, son dos s'amortissant douloureusement.
- Dean !
Deux bras musclées l'aident à se redresser. Dean laisse quelques minutes s'écouler afin de reprendre son souffle. Et voilà, encore une fois la malchance est de son côté. Il se relève en étirant son dos. Heureusement que les égouts ne sont pas profonds, une chute de 2 mètres passe encore. La lampe des filles éclaire la froideur du lieu mais rien n'est aussi exécrable que l'odeur à cet instant.
- Ça va, Dean ?
L'interpellé hoche la tête vers Castiel en lui souriant.
- J'suis solide comme le roc, Cas, t'inquiètes pas.
Il observe le couloir bétonné, le noir du tréfonds et soupire. Vraiment charmant comme endroit. Merci rôdeurs.
- Bon, dès qu'on trouve une sortie, on la prend. Il faut qu'on arrive à choper un plan de Détroit. Ce doit pas être compliqué de trouver l'installation d'un labo, si ?
- Et bien, si on part du principe qu'ils se sont installés dans ce genre d'endroit alors non, je sais où est implanté le laboratoire de recherches mais… Ils peuvent s'être délocalisé ailleurs.
Dean jette un nouveau coup d'œil vers Castiel, surpris. Qu'est ce qu'il ne sait pas ce type ? Décidément, c'était une vrai perle, ce mec.
- Sérieux, Cas, t'es une machine ou quoi ?
- Non, un humain cultivé.
- Evidemment. En dehors du boulot, j'suis sûr que tu étais le prototype même du mec qui passe son temps à la bibliothèque, hein ?
- J'veux pas vous déranger les garçons mais on devrait avancer, non ? demande Donna en éclairant le visage de Dean qui grimace.
Chacun reprend sa route, silencieusement, tendant l'oreille, les armes prêts à être utilisés. Jody et Donna ouvrent la marche, Claire juste derrière eux tandis que Cas et Dean la referment, protégeant leur arrière en cas de pépin.
- J'adorais m'enfermer dans ce genre d'endroit, c'est vrai, mais je ne pense pas être le "prototype même du mec qui passe son temps à la bibliothèque". murmure t'il à l'oreille du leader au bout d'une dizaine de minutes.
- J't'ai pas demandé mais t'es marié ?
Dean referme la bouche en se mordant la lèvre. C'était quoi cette question ? Quel était le rapport avec les bouquins ? Et puis, pour quelle raison espère t'il que sa situation matrimoniale soit indiqué célibataire ? Bien sûr, comme si l'ange allait lui sortir qu'il est resté pur pour lui, évidemment… P.. Non mais c'était quoi ses pensées ? Nom d'un chien, il est hétéro ! A 200% en plus.
- Enfin, je veux dire.. Tu vois.. Je me pose des questions, quoi.. Comme je connais rien à ta vie et…
- Il y a une échelle, on sort là ? interroge Jody en s'arrêtant devant ladite sortie.
Dean l'aurait embrassé, épousé pour l'avoir sorti de ce mauvais pas. Il soupire à la hâte et se décide à monter l'échelle. Il soulève la plaque d'égout tranquillement, le plus silencieusement possible et observe les environs. Deux bouffeurs vers la gauche dans la ruelle, autrement, calme plat. Il coulisse la plaque et se soulève rapidement pour vider la rue. Lancement de sa machette vers le crâne immonde et décapitage de la deuxième tête avant qu'il intime aux autres de revenir à la lumière. Une fois tout le monde dehors, le leader posa sa main sur l'épaule de Castiel.
- Bien, à toi de nous guider maintenant, Cas.
Le susnommé hoche la tête et ouvre la marche.
Le laboratoire de recherches est impressionnant et forme une bulle gigantesque. La bande de survivants se stoppe pour admirer la devanture de l'immense bâtisse. Le gouvernement avait du pognon, à n'en pas douter. Les entrées du bâtiment sont recouvertes par un rideau de fer interdisant la pénétration de l'extérieur. Dean soupire en frappant le volet de son poing.
- Y A QUELQU'UN LÀ D'DANS ?
Il remarque des caméras de surveillance au dessus de chaque porte. Il fait un signe de la main vers l'une en souriant.
- Bonjour, bonjour. Vous pouvez nous ouvrir ? C'est pas comme si y'avait pas de danger à l'extérieur, hein, prenez votre temps surtout !
Un sourire cynique se dessine sur ses lèvres alors qu'il tape toujours le volet de son poing.
- Youhouh ! On est là, ouvrez nous ! Sinon, on se laisse se faire dévorer devant vos caméras et vous aurez notre putain de mort sur la conscience !
- Dean…
- Ta gueule, Cas. Ils vont finir par ouvrir !
Dean continue son manège un moment et Jody se met à faire de même sur les rideaux de fer.
- Il n'y a personne, Dean.
- Bien sûr que si, il n'y aurait pas toutes ses protections autrement !
Au bout de cinq minutes d'acharnement, des zombies font leur apparition au bout de la rue en entendant le vacarme de la bande. Dean sort son sniper et vise les têtes tout en hurlant.
- Ouvrez nous, 'spèce d'enfoirés ! On a des gosses avec nous ! Putain ! Ouvrez cette put…
Un cliquetis singulier s'échappe dans l'air et l'un des volets s'ouvrent à mi-hauteur. Dean se retourne vers la bande et incite à Claire, Donna et Alex de passer sous l'ouverture.
- Allez ! Grouillez, les bouffeurs se rapprochent !
En effet, une dizaine de rôdeurs viennent de rentrer dans un périmètre proche des cinq mètres. Castiel en supprime trois avant de se baisser pour entrer. Jody le suit de près tandis que Dean s'y insère de dos pour détruire le cerveau de ceux les plus proches. Puis, le rideau se referme juste devant lui et il se redresse serein en posant sa paume sur la grille.
- Bande de tocards, vous l'avez dans le cul !
- DEAN !
Il a juste le temps de se retourner que deux longs bras musclés se referment sur lui dans une étreinte agréable. Il a retrouvé son abruti de frère, enfin ! La joie qui se dessine sur leur visage est indescriptible et des larmes heureux se profilent sur leurs cils.
- Mon dieu, Sammy…
- Je le savais… Je savais que tu étais en vie ! C'est si bon… Si bon de te revoir parmi nous !
Dean brise leur étreinte sans pour autant enlever son bras de celui de son cadet et il le tapote gentiment de la paume. Il casse leur échange visuel et se tourne vers le hall d'entrée pour apercevoir tous les membres de sa famille: Bobby, Ash et…
- Ou est Charlie ?
- Elle va bien, Dean. Elle.. Elle se repose dans une chambre. lui apprend Sam dans un sourire compatissant.
Dean se masse la nuque en se mordant la lèvre.
- Je l'ai vu.. Jo.. J'ai un truc à vous annoncer mais… Merde, venez là les mecs, j'suis tellement content de vous revoir sain et sauf.
Bobby et Ash se laissent entraîner dans un câlin de retrouvailles fort attachant. Bon sang, Dean est tellement heureux. Il salue d'un signe de tête Gabriel et Balthazar ainsi que Benny. Personne d'autre en vu de connu mais un homme en blouse blanche se situe à l'écart et Dean s'y approche tandis que les autres se présentent ou s'enlacent. L'homme en question a les cheveux courts, il est très fin, maigre même mais il a un sourire éloquent et lorsque Dean se trouve devant lui, il l'étreint sans que le châtain est le temps de répliquer.
- C'est tellement chouette de voir de nouvelles têtes dans cette apocalypse de dingue !
Il se repousse dans un sourire, sourire encore plus équivoque quand il observe le regard perdu de son interlocuteur.
- "Je suis Garth, fan des câlins. Tout le monde va y passer !" dit il en regardant les autres survivants, son index dirigé vers eux. "Tu es Dean, hein ? Et bah, tu es une vraie star ici, j'ai entendu ton nom une bonne vingtaine de fois, je vais peut-être te demander un autographe si tu…"
- Bon, écoute, mon vieux, je suis à deux doigts de te péter le nez si tu m'expliques pas pourquoi il t'a fallu une dizaine de minutes pour ouvrir cette saloperie de volet !
Garth cesse de sourire mais ses yeux dévoilent toujours de la satisfaction.
- Il a fallu que j'enclenche le processus d'ouverture par voie tech..
- Dix minutes pour bidouiller sur tes machines ? On a failli passer à la casserole, mec !
- J'ai essayé d'être au plus rapide et puis, tout le monde va bien, pas la peine d'en faire toute une histoire !
Dean crispe sa mâchoire, prêt à défoncer la gueule devant lui. Il se reprend en le foudroyant du regard et se retourne vers son frère.
- Bon, trêve de bavardage, j'ai un truc à vous avouer.
Tout le monde se tut et le dévisage. Claire se pince les lèvres en se collant davantage à Castiel. Décidément, ils s'étaient parfaitement trouvé ces deux là. Ce dernier hoche la tête pour l'intimer de continuer. Dean lui sourit, heureux d'avoir son feu vert sous le regard de son frère.
- J'ai… Jo...
Il souffle, reprend contenance avant de se lancer.
- "Quand nous sommes arrivés devant l'Impala, Jo était un… rôdeur. Stop. Je continue." Il lève la main vers Ash qui a ouvert la bouche. "Avec Cas, nous l'avons regardé et, ouais, elle n'avait aucune morsure ni rien mais… Ash, s'il te plaît… Claire nous a appris que nous avions tous le virus en nous."
Il observe la réaction de son auditoire. La plupart des personnes sont perturbés et un brin choqués sauf le fameux Garth qui fronce les sourcils.
- Vous ne le saviez pas ?
- Comment veux tu qu'on le sache ? Nous ne sommes pas des rats de laboratoires, nous ! hurle Ash dans sa direction.
Garth lève les bras en l'air en signe de respect.
- Hé ! M'sieur le Rockeur, j'suis juste curieux ! Vous êtes dans ce monde depuis presque un an, vous n'avez jamais eu la malchance de tomber sur un mec mort de vieillesse ou autre ?
- Non. répond Cas en plissant les yeux.
Garth secoue les épaules en reportant son attention sur le leader du groupe.
- Bref, la mauvaise nouvelle. Et sinon, Garth, je suppose que c'est toi le patron de ce… bunker, non ? Un remède ?
- Malheureusement, non. Toujours au même point sur la séqu…
- Putain ! T'es entrain de me dire qu'on est là pour rien alors ?
Garth bascule la tête en arrière dans un soupir avant de la redresser.
- Je peux te proposer des bons steaks saignants, des douches chaudes, de l'alcool à te tuer les boyaux, des lits hyper conforts et tout ça dans un endroit aussi sécurisé que la maison blanche, mon pote !
Claire sourit et c'est ce qui achève Dean qui acquiesce. Cette petite méritait un repos. Elle avait été parfaite, elle ne les avait pas mis en danger alors que, mince, c'est une gamine dans un monde d'horreur. Dean observe sa petite main se faufiler dans la main de Cas et sa petite tête se pose sur son flanc. Dean sourit à son tour et croise le regard de son ange où un sourire timide se dessine sur son visage. Encore une fois, Dean se perd dans les pupilles de son sauveur. Il ne pourrait dire ce qu'il ressent pour cet homme. Un mélange de tendresse, de respect, d'attention, d'amour aussi et de peur. Parce que ouais, il est pas censé éprouver toutes ces émotions sur une seule et même personne, merde ! Un mec d'autant plus.
- Dean, ça va ?
Il sort de ses pensées et remarque le regard de son frère passer de lui à Cas dans un froncement de sourcils.
- Tout baigne, frérot !
- Est ce que… Est ce que je peux te parler ? En privé ?
A son tour de froncer les sourcils mais il hoche la tête.
- Ça tombe bien, je voulais que tu me fasses visiter les lieux.
Sam sourit et le dépasse tandis que Dean jette un dernier regard vers le brun avant de le suivre. Ils inspectent le rez de chaussée, Sam expliquant que cet étage sert d'entrepôt de stockage. Bouffes, boissons, produits d'hygiènes, literie, ballons d'eaux chaudes etc…
- Et genre les provisions, elles sont énormes ? demande Dean alors qu'ils atteignent une porte.
- Du genre à nous permettre de survivre à 20 pour les dix prochaines années.
- 10… ? Nàh ?
Sam hoche la tête avec gravité et Dean avale ses paroles. Dix ans sans s'emmerder à sortir dehors ? Ok, il adopte ce lieu avec plaisir, peu importe qu'il trouve ou non ce foutu remède. Son frère ouvre la porte faisant apparaître des escaliers qui semblaient sans fin, se creusant dans le sol.
- C'est un bunker ?
- Ce bâtiment a été pensé par des chercheurs français. Tous les étages se situent dans le sous-sol, il y a huit étages. Les cinq derniers servent essentiellement pour les recherches d'après Garth et il faut un pass pour y pénétrer donc, bref, on n'y a pas accès.
Il dévalent les premières marches pour arriver au -1. Sam s'arrête devant une porte blindée qu'il ouvre et laisse son frère y entrer.
- Cet étage est le réfectoire. Cuisine, dépôt, salle de détente aussi.
Celui ci laisse son aîné jeter un coup d'œil dans toutes les pièces, un sourire sur son visage en le voyant s'enthousiasmer pour la machine à café ou le nombre de bouteilles d'alcools.
- Dean ? Il se passe quoi avec Castiel ?
L'interpellé se retourne en plissant les yeux.
- Comment ça y'se passe quoi avec Cas ? Y'a un problème ?
- Non, je veux dire, qu'est ce qu'il s'est passé dans votre escapade ?
- Bah rien, on a essayé de survivre tous les trois et puis, on est tombé sur Jody, Donna et Alex. Pourquoi ?
L'aîné ne comprenait pas où voulait en venir son frère. Il s'approche de lui en croisant ses bras sur son torse.
- J'sais pas, j'vous trouve euh… plus proche.
- Hé, assbut, tu sais qu'c'est la fin du monde, hein ? Tu sais, l'apocalypse zombie ? Alors ouais, on a dû endurer deux trois trucs ensemble et puis merde, j'sais même pas pourquoi j'me justifie !
Sam lève les bras en l'air pour apaiser son frère qui semble sur le point de frapper le mur.
- C'est juste… Comme ça, t'inquiètes.
Il fait demi-tour pour descendre au deuxième sous-sol suivi de près par Dean.
- Cet étage sert de bibliothèque, salle de sport, piscine aussi, y'a un bar, une sorte de mini discothèque aussi.
- Sérieux ? Pourquoi tout ça ?
- Et bien, Garth nous a appris que ce bunker a vu le jour pour survivre en cas de bombardement nucléaire. L'air est filtrée au cas où l'air devient irrespirable à l'extérieur. Bref, il a été pensé pour éviter n'importe quelle catastrophe.
- Et donc, ils se sont dit "tiens et si on s'faisait un p'tit paradis sous terre"... Ils avaient pas autre chose à penser, sérieux ?
Sam continue la visite vers le troisième et lui explique qu'il sert de couchage, toilette, salle d'eau. Puis, il s'approche d'une porte dans un couloir et il murmure.
- Charlie est là-dedans. Elle a besoin de toi, Dean.
Dean hoche la tête et observe son frère s'éclipser. Il se frotte la nuque et tapote trois coups avant de l'ouvrir et d'y pénétrer. Charlie est assise en boule contre un matelas et ses larmes filtrent avec abondance. Elle relève un peu la tête et se met à pleurer encore plus.
- De..Dean.. Je..suis..Je suis tellement heureuse..de te revoir.
Elle se jette dans ses bras tout en reniflant. Il répond à son étreinte avec douleur. Lui aussi ne se remettait pas de la perte de ces deux femmes et il comprenait son malheur. Il avait tellement perdu lui aussi. Il laissait de légers baisers sur ses cheveux tout en caressant son dos. La perte, il connaît. La douleur aussi. Et rien de ce qu'il dira pourra soulager sa conscience. Le temps fera les choses.
- Je suis désolé Charlie...
Désolé de ne pas l'avoir sauvé, de ne pas avoir été là, de n'avoir pu rendre la vie plus agréable pour tout le monde. Un leader de merde, voilà ce qu'il était. Ce bunker était sa sortie à lui, il ne peut pas continuer à se montrer fort, indestructible. Il en avait assez de ce rôle de chef. A son tour, il voulait se laisser porter par quelqu'un, se laisser guider. Il n'avait jamais été fait pour ordonner. C'était à lui, maintenant, de faire son deuil, de pleurer la tristesse du monde, de se laisser bercer par la fatigue. Quelqu'un d'autre prendra la relève, lui, il avait besoin de temps, de repos, de silence. Il abandonne Charlie et se dirige vers le bar au deuxième sous-sol. Il n'a qu'une idée en tête, boire jusqu'à ne plus penser à rien, jusqu'à même ne plus se souvenir de son prénom parce qu'il en a marre d'être le héros. Ce soir, il sera mort.
Petit topo sur ce chapitre ?
Merci encore à toutes les personnes qui me suivent même le plus discrètement possible. J'espère sincèrement que cette suite vous satisfait !
A bientôt !
