Coucou, Je n'avais pas prévu de poster le chapitre 1 avant ce week-end mais bon, c'est la fête nationale alors allons-y ! :p

Par contre le chapitre 2 sera bien posté le week-end prochain, il faut bien que je suive un minimum mon programme de publication ;)

RAR :

Cinnam : Je te remercie, ma première review sur cette histoire ;) j'espère que la suite te plaira !

Deseria : Merci beaucoup et j'espère que ta soirée s'est également bien passé :) Espérons que la suite te plaira aussi !

Et merci à ceux/celles qui ont décidé de mettre cette histoire en favoris, c'est également un compliment ! :)


Chapitre 1 : Rencontre Impériale


La première fois que Rose Weasley avait posé un pied en Russie, elle avait 10 ans. Elle et sa famille étaient venus en voyage familial pour rendre visite à Viktor Krum, un ami de sa mère que son père détestait. Rose se doutait qu'il devait être un peu jaloux car son oncle George lui avait dit que Viktor était sorti avec sa mère à Poudlard.

Célèbre joueur de Quidditch, il jouait pour un club russe, les Nundu de Novgorod, et les avait invités à passer quelques jours avec sa famille. Katinka Krum ne lui avait pas laissé un souvenir impérissable, une gentille femme comme on en trouvait partout. En revanche elle avait toujours trouvé Viktor Krum fascinant. Pas parce que c'était un des plus grand attrapeurs de sa génération. Ni parce qu'avec les années il avait gagné un charme indéniable, perdant cet air maladroit qu'il avait étant adolescent et qu'elle avait déjà vu dans de vieux magazines. Non ce qui lui avait plu, c'était son accent.

Et alors qu'elle posait de nouveau un pied en Russie, c'est cet accent qui lui revint en mémoire. L'employé du palais impérial russe qui lui adressa la parole après l'arrivée de son portoloin parlait anglais de la même façon, en roulant étrangement les –r et donnant parfois à ses phrases des sonorités abruptes.

- Bienvenu en Rrrussie, mademoiselle Weasley. Je suis Feodor Igorovitch Smirnov et je serrrais votrrre guide pour cette prrremière jourrrnée en tant qu'ambassadrrrice Brrritannique dans notrrre beau pays. Si vous voulez bien me suivrrre, je vais vous conduirrre à son altesse impérrriale l'Empereur Vassili Nikitaevitch Andropov, qui a vrrraiment hâte de vous rrrencontrer.

- Je vous remercie, répondit Rose avec un sourire poli, c'est un honneur pour le Royaume Uni ainsi que pour moi-même d'être reçue par l'Empereur sorcier de Russie en personne.

Désabusée, la jeune femme se dit que comme tout politicien digne de ce nom, Andropov était tenu de la saluer. Tout d'abord parce qu'il voulait garder de bonnes relations avec l'Angleterre, ensuite car il était d'usage de rencontrer chaque nouvel ambassadeur étranger – il fallait évidemment connaître chaque menace sur son propre sol – et enfin car être vu en train de serrer la main de la fille prodige d'un couple de héros de guerre ne pouvait que lui faire de la bonne publicité, même si en tant que souverain apprécié, il n'en avait pas vraiment besoin.

Après quelques minutes de marche dans les couloirs du Palais d'Hiver où le Portoloin de Rose avait atterri, ils arrivèrent dans un luxueux salon aux tapisseries d'un bleu très doux. Agréablement surprise, la jeune rousse supprima intérieurement l'idée qu'elle avait émise un peu plus tôt : l'Empereur ne cherchait visiblement pas du tout à gagner encore plus de notoriété. Une rencontre informelle dans son salon personnel était tout à l'honneur de ce souverain et donnait à Rose une première impression plutôt positive. Et le physique de l'Empereur Vassili n'était que la cerise sur le gâteau.

Très loin des stéréotypes populaires véhiculant une image des monarques comme de corpulents enfants gâtés auxquels les intérêts de leur pays étaient étrangers, l'héritier de la Grande-Duchesse Anastasia Nikolaïevna Romanova était un grand homme brun d'une quarantaine d'années à la peau agréablement halée, au corps mince et musclé témoignant d'une activité physique régulière, et aux yeux d'un brun chaud dont la profondeur cachait ses véritables intentions. Louable pour son pays la plus part du temps, mais également fatale pour d'autres dans certains cas son impassibilité était entrée dans la légende, tout comme sa volonté de toujours obtenir le meilleur dans l'intérêt de la Russie. C'était d'ailleurs à cause de cette indéfectible loyauté que le peuple Russe aimait tellement son dirigeant.

A ses côtés, l'Impératrice Sofiya exhibait avec beaucoup d'élégance son ventre arrondi de femme enceinte dans un tailleur aubergine griffé. Dans son joli tailleur pantalon ardoise signé Patil, Rose se trouvait affreusement banale, mais il était hors de question de le montrer à qui que ce soit.

C'était d'ailleurs la chose la plus importante qu'elle avait apprise dans sa vie : ne jamais montrer ses faiblesses et ses doutes à qui que ce soit. Sans cette règle, elle aurait été depuis longtemps submergée par les attentes écrasantes que faisait peser tout le monde sorcier sur ses épaules. Tout particulièrement ses parents qui, à force de toujours espérer le meilleur d'elle, avaient petit à petit perdu leur fille, même s'ils ne s'en étaient jamais aperçu.

- Mademoiselle Rose Weasley, Votre Altesse Impériale, la présenta Feodor après une révérence en bonne et due forme.

En voyant ce cérémonial, Rose se remémora ces longues heures, à Poudlard, quand elle ne savait plus quoi lire tellement la bibliothèque n'avait plus de secrets pour elle. Un après-midi, elle avait trouvé ce livre, sur les Aristocrates Britanniques, aussi appelés Sang Purs trente ans auparavant. L'ouvrage montrait toutes les armoiries, les devises, les titres et les héritiers dans l'ordre de succession ainsi que d'innombrables informations historiques et financières.

Tout d'abord, elle s'était demandé comment quelqu'un pouvait savoir tout ceci et pourquoi en écrire un livre. Après tout, les grandes familles étaient farouchement protectrices envers leur patrimoine. Puis, en parcourant la préface, elle avait compris que ce qu'elle tenait n'était pas vraiment un livre, mais plutôt un recueil d'archives mis à jour par toutes les familles d'aristocrates sorciers grâce à leurs propres archives familiales.

Affreusement curieuse, Rose avait examiné la table des matières, étonnée de voir le nombre de familles éteintes depuis plus de cinq cent ans. Certaines apparaissaient tandis que d'autres disparaissaient, et en creusant elle était tombée sur son patronyme. Très étonnée, elle avait trouvé le chapitre réservé à la famille Weasley, qu'on lui avait toujours présenté comme respectable, mais loin d'être aussi respectée que ces anciennes familles telles les Bones ou les Potter devant qui tout le monde s'inclinait. Au fur et à mesure de sa lecture, la jeune Rose de quinze ans avait été happée par les péripéties de ses ancêtres, ces nobles gentlemans se battant contre un tyran, ou sauvant la vie d'une jeune fille de noble lignée qu'ils finissaient pas épouser, foudroyés par l'amour.

Puis, après avoir terminé de lire les histoires familiales de tous les aristocrates de Grande-Bretagne, elle s'était intéressée à leur monde. Après tout, en tant que fille de héros de guerre elle savait comment fonctionnait le monde sorcier dans les hautes sphères, mais même avec toute la notoriété de ses parents, elle n'avait jamais été invitée aux bals de la Saison Londonienne auxquels sa cousine Lily participait chaque été. Jusqu'à maintenant, aider la cadette des Potter à se préparer pour cet évènement ne l'avait jamais embêté, la perspective de se faire marcher sur les pieds toute une soirée ne l'intéressait guère. Mais, elle avait su que cette année-là, la voir partir dans sa robe de princesse serait un crève-cœur, car Rose ne pourrait pas venir avec elle.

Malgré tout, la jeune fille avait conservé l'espoir qu'un jour, Lily lui proposerait peut être de l'accompagner. C'est pourquoi elle s'était plongée à corps perdu dans l'étude de l'étiquette que, malgré les mœurs plutôt libérales des Potter, James, Albus et Lily avaient dû pratiquer tous les étés jusqu'à leurs treize ans, lorsqu'ils étaient « entrés dans le monde ».

Mais elle avait vite déchanté après une franche discussion avec sa cousine Victoire – qui lui ressemblait plus que les gens ne pouvaient l'imaginer avec son fort caractère atténué par l'importante pression familiale des Weasley qui pouvait vite devenir insupportable, et ses pouvoirs de Vélane qui la rendaient encore moins confiante car éternellement effrayée de ne devoir ses succès qu'à son apparence. La fille aînée de Bill et Fleur – bien plus épanouie depuis qu'elle avait surmonté ses insécurités en choisissant de faire de son apparence un atout et non plus un boulet en devenant mannequin – avait remarqué la nouvelle passion de Rose pendant les vacances avant sa sixième année et avait décidé de venir lui expliquer clairement que jamais elle ne pourrait faire partie de ce monde dans la situation actuelle.

Habituée à toujours être la meilleure, car c'était ce que tout le monde attendait d'elle et que la seconde place n'aurait jamais été suffisante, apprendre qu'à cause de l'étroitesse d'esprit de ses parents elle ne pourrait jamais faire partie de ce monde qui la faisait rêver avait vraiment ébranlé Rose. En effet, Victoire étant la fille de Bill, l'aîné des Weasley et héritier du titre de Baron transmis de génération en génération, elle pouvait participer à la Saison mais elle savait que les autres Grandes Familles avaient accepté de réintégrer William Weasley dans leur cercle privilégié seulement car il avait de bonnes relations avec les gobelins, un compte en banque bien rempli, une femme issue de la noblesse française, bien que d'une branche mineure, et un esprit suffisamment large pour compter des amis parmi eux depuis Poudlard.

Malheureusement pour Rose, Ronald Weasley n'était ni l'aîné, ni marié à une sorcière à la lignée prestigieuse, ni ouvert d'esprit, et sa richesse, bâtie sur les récompenses de l'après-guerre, ne pouvait masquer sa jalousie traduite en mépris pour tous ceux qui possédaient plus que lui.

C'est à partir de cette discussion que Rose avait commencé à entretenir une certaine rancœur vis-à-vis de ses parents. Car après tout, Victoire était dans le vrai : son père, malgré ses médailles, ne pouvait toujours pas rester dans la même pièce qu'un Serpentard sans l'insulter, même si son nom de famille n'était relié à aucun Mangemort connu. Quant à sa mère, son orgueil, hérité de ce qualificatif de « sorcière la plus intelligente de sa génération » qui la suivait depuis Poudlard, avait pris le pas sur tout le reste, en particulier sur ses qualités.

Son combat pour les elfes de maisons était une sorte de défi lorsqu'elle était entrée au Département de contrôle et de régulation des créatures magiques mais avec les années, alors que le monde sorcier dans son entier, et en particulier les elfes de maison eux-mêmes, refusait fermement toute loi sur le sujet, c'était devenu une sorte d'obsession. Il avait fallu qu'Hermione Weasley voit d'elle-même les dégâts que pouvait causer le manque de maitre chez un elfe : une grave dépression, puis la lente descente aux enfer suivie par la mort. Le corps décharné de Winky avait été l'élément suffisamment grave qui l'avait faite reculer, bien que grâce à une étude approfondie, une loi sur l'obligation de salaire et la possibilité de demande de jours de repos ait été promulguée.

En effet, le lien entre un elfe et son maître était primordial pour leur survie, fournissant aux petites créatures une énergie vitale que même leurs prodigieux pouvoirs ne pouvaient combler, mais il n'était pas non plus obligatoire de les maltraiter. C'était, pour Rose, un exemple de l'obstination aveugle de sa mère qui avait tellement confiance en son absolue connaissance qu'elle ne se remettait en question que quand elle avait la preuve choquante de son erreur, le fait que ses intentions soient bonnes au début la dédouanant encore moins.

La jeune fille, déjà plutôt solitaire dans sa famille hormis avec son frère Hugo de qui elle était très proche, s'était encore plus renfermé. Mais tant qu'elle continuait à être la meilleure, ses parents ne remarquaient rien, ce qui l'éloignait d'eux encore davantage. Désillusionnée sur la réalité de sa famille – une mère carriériste à l'égo de la taille de la tour de Serdaigle, un père éternellement insatisfait de sa vie et en voulant toujours plus – elle s'était fait la promesse qu'une fois Poudlard derrière elle, elle serait la meilleure possible pour montrer une image plus positive des Weasley, qui méritaient un digne représentant, et malheureusement dans le monde sorcier international, ce n'était pas l'apprécié Bill que les gens connaissaient mais l'arrogant Ron. Son plan de carrière avait également contenu la clause primordiale d'éloignement familial, le seul qu'elle voulait vraiment voir en dehors de la réunion annuelle des Weasley au Terrier étant son frère. C'est ainsi qu'elle était entrée au Département de la coopération magique internationale, et qu'elle se trouvait où elle était aujourd'hui.

Sortant de ses pensées qui n'avaient pas pris plus de quelques secondes pour défiler dans son esprit, la jeune Ambassadrice s'inclina devant l'Empereur, avant lui présenter ses respects dans un russe impeccable, quoi que mâtiné d'un charmant accent anglais.

- Vous me surprenez, Mademoiselle Weasley, fit remarquer l'Empereur Vassili avec un imperceptible sourire, on m'avait informé que vous parliez un nombre impressionnant de langues mais je n'imaginais pas que vôtre russe était si parfait.

- Je vous remercie Votre Altesse Impériale, répondit Rose avec un très léger rosissement de plaisir – une réaction que même après des années de politique elle ne pouvait pas contrôler et que par conséquent elle ne cherchait même plus à masquer, j'ai commencé à le parler quand j'avais dix ans et je n'ai pas arrêté de le pratiquer avant qu'il ne soit à la hauteur.

- A la hauteur de quoi, exactement ? s'enquit l'Impératrice Sofiya d'une voix douce qui aurait trompé Rose, comme elle trompait tous les autres, si la jeune Weasley n'était pas persuadée que jamais un requin comme Vassili Andropov n'aurait épousé une fragile petite créature tout juste bonne à lui donner un héritier. La preuve en était qu'à trente-cinq ans, et par choix, la femme la plus importante de Russie n'était enceinte que de son premier enfant alors que la plupart des souverains sorciers du monde entier étaient parents avant d'avoir passé la trentaine.

- De vous deux évidemment, plaisanta la jeune femme avec un grand sourire et un délicat éclat de rire, il n'était pas conseillé de monter sa gorge dans les hautes sphères.

Et puis Rose n'allait pas avouer que ce lapsus faisait référence aux attentes toujours plus grandes de ses parents qui ne lui auraient pas pardonné de ne pas maîtriser parfaitement quelque chose qu'elle avait commencé à apprendre.

Le couple l'accompagna dans son rire, après tout la flatterie était toujours la bienvenue tant qu'elle était bien dosée. Quelques minutes plus tard, après avoir échangé quelques banalités sur la beauté du pays (que Rose n'avait pas encore eu le temps de voir depuis la dernière fois qu'elle était venue quinze ans auparavant) et sur la politesse des employés du palais (Rose n'en ayant rencontré qu'un seul et très brièvement), l'Impératrice s'éclipsa, un rendez-vous important l'attendant, et Rose pu enfin entrer dans le vif du sujet.

- Bien, j'ai été ravie de discuter aussi agréablement avec votre femme et vous, Votre Altesse Impériale, mais maintenant que nous sommes seuls, j'aimerais aborder les dossiers que mon prédécesseur a laissé en suspens.

- Eh bien, on ne peut pas vous reprocher votre franchise, Mademoiselle Weasley, mais il est vrai que les mondanités ne sont pas davantage nécessaires. De quoi aimeriez-vous parler exactement ?

Tactique élémentaire, Vassili Andropov lui laissait le choix du sujet à aborder afin de ne pas trahir les cas les plus épineux – ceux qui n'allaient pas dans son intérêt et qu'il ne voulait surtout pas approuver – tout en s'assurant de ne pas vexer son interlocuteur, au risque de provoquer un incident diplomatique. Néanmoins, Rose n'était pas née de la dernière pluie et le perfectionnisme de sa mère, bien qu'insupportable, lui avait au moins appris une chose : il fallait toujours faire ses devoirs, et en faire trop était préférable, même si à la fin il fallait supprimer quelques informations anecdotiques. Car parfois, les petits détails que beaucoup jugeaient sans importance étaient la clé de la réussite, ce qui faisait sortir vôtre copie du lot, ou ce qui vous permettait de comprendre les manœuvres de l'ennemi.

- J'aimerais que lors de nos prochaines conversations, nous nous penchions sur le cas BorderFlash.

Bien que le visage de l'Empereur n'ait pas bougé d'un iota, Rose su immédiatement qu'il ne s'attendait pas à cette entrée en matière. Souvent, lorsqu'un nouvel ambassadeur était nommé, le temps qu'il s'imprègne vraiment des dossiers de son prédécesseur, le pays d'accueil avait eu le temps de faire quelques bonnes affaires en misant sur la connaissance seulement partielle et récente des faits de la nouvelle recrue.

Mais Rose avait fait ses devoirs : elle avait contacté l'ancien ambassadeur des mois à l'avance pour qu'il lui transmette ses problèmes en cours, en accord avec la procédure préliminaire à la passation du poste, mais elle s'était également rendue en personne auprès de son assistant alors qu'il était rentré en Angleterre pour les vacances du Noël – ou du Solstice d'Hiver pour tous les sorciers qui suivaient encore les antiques traditions druidiques, comme les aristocrates. Très surpris de cette visite, le jeune homme lui avait néanmoins fourni de bonne grâce toutes les précisions qu'elle avait demandées, ainsi que la promesse de la tenir au courant de tout changement ou de la moindre évolution car dans le métier, l'assistant en savait au moins autant, si ce n'était plus, que l'ambassadeur lui-même. Rose savait donc très bien que le problème de l'entreprise BorderFlash était un sujet épineux. Mais c'était également un problème urgent car le P-DG, un ami de beaucoup de politiciens haut placés dont le Ministre de la Magie, faisait jouer toutes ses relations afin que cette affaire trouve une issue au plus vite.

- BorderFlash … Vous voulez parler de cette compagnie de transport international par Portoloin qui s'est basée à Londres il y a dix ans. Je ne comprends toujours pas pourquoi l'Angleterre se mêle de ce désaccord, après tout, Josh Hamilton est américain aux dernières nouvelles.

Le ton un rien méprisant était exactement calculé pour faire réagir la jeune femme. Toute personne normalement constituée aurait au moins tiqué devant cette insulte à peine masquée, car Vassili ne critiquait pas moins que l'absurdité des décisions du Ministre Britannique. Malheureusement, Rose n'était pas la plus grande fan de Conor Deauclair et le fait que Josh Hamilton et lui aient fait leurs études ensemble à l'Université Sorcière de Carmela dans l'Etat de New York lui était complètement égal.

La seule chose qui comptait était que l'installation du siège social de BorderFlash sur le Chemin de Traverse avait rapporté des million de gallions au Ministère, ce qui avait permis de financer des recherches importantes à Sainte Mangouste ainsi que la création d'une Université Sorcière sur l'île de Wight, permettant ainsi à tous les étudiants sorciers ayant fini Poudlard de continuer leurs études tous ensembles et non en apprentissages spécialisés comme cela se faisait depuis des siècles au Royaume-Uni. Par conséquent, c'était un sujet important et l'Empereur Vassili en était bien conscient.

- Exactement, je voudrais parler de cette affaire. Et pour votre information, Votre Altesse Impériale, le fait que Monsieur Hamilton ait épousé une sorcière anglaise – la sœur du Ministre de surcroit – et qu'il travaille en Angleterre rend ce dossier tout à fait compatible avec les intérêts du Royaume-Uni. Maintenant, ce que je voudrais savoir, c'est à quel point vous comptez approuver les termes de l'arrangement proposé par les avocats de BorderFlash. Ainsi je pourrais travailler de mon côté à satisfaire les deux parties.

- Je vois que les cours de droit sorcier et de négociation de votre cursus universitaire ne sont pas tombés dans l'oreille d'une sourde, malheureusement pour vous ils ne vous seront d'aucune utilité. J'admirais votre franchise tout à l'heure, je vais donc vous faire l'honneur de répondre de la même manière, nous éviterons de perdre notre temps en palabres inutiles de cette façon. Cet accord est inacceptable et je le refuse en bloc.

Ce fut au tour de Rose d'être surprise. Après tout, même si les entreprises faisaient partie du secteur privé, les Etats intervenaient souvent auprès des autres en faveur de celles présentes sur leur sol. Or le refus pur et simple de Vassili Andropov était très perturbant venant d'un homme responsable d'un pays où la frontière entre l'Etat et les entreprises était très mince. C'était, par exemple, l'Empereur qui autorisait chaque contrat d'exportation, d'importation, chaque investissement direct à l'étranger, il possédait un siège au conseil d'administration de toutes les entreprises russes et pouvait faire tomber un P-DG en une journée. En quoi autoriser l'implantation d'une entreprise de transport florissante et efficace pouvait être un problème ?

- Pourquoi avez-vous laissé mon prédécesseur vous en exposer tous les aspects si vous ne comptiez pas accepter dès le départ ? Faire durer un accord est inutile puisque, de toute façon, vous êtes tenu de rendre une réponse officielle six mois après la première étude du dossier, c'est-à-dire dans quatre mois.

- Vous êtes brillante, Mademoiselle Weasley, c'est indéniable, mais vous êtes aussi sans grande expérience, hormis les trois années que vous avez passées en tant qu'ambassadrice en Inde. Et malheureusement pour vous, mes méthodes de négociation sont loin de ressembler à celle d'Adhira Nagra. Votre prédécesseur, Monsieur Sidwell, était un politicien de la vieille école, il aimait les longues discussions pendant lesquelles, un verre de vodka à la main, nous faisions valoir nos intérêts tout en essayant de discrètement piéger l'autre. Malheureusement pour lui, aussi bonne cette technique soit elle, c'était également sa faiblesse et contrairement à vous il n'a jamais compris à quel point l'accord avec BorderFlash posait problème. Maintenant c'est à vous de choisir : soit vous essayez vainement de me faire changer d'avis tout en perdant un temps précieux, soit vous sortez votre épingle du jeu et vous vous rabattez sur un autre accord que je serais en mesure de vous accorder.

C'était une offre intéressante qui n'était pas dénuée de bon sens, car il était évident que l'Empereur de toutes les Russie ne changerait pas d'avis, et rester en négociation pendant des mois, pour n'obtenir au final aucun résultat n'était pas la bonne solution. Néanmoins, au vu de l'importance de ce dossier aux yeux du ministre, elle devait tout de même essayer de faire quelque chose, au risque de se retrouver au fin fond des archives ministérielles lors de sa prochaine affectation. Les conversations avec les contrats vieux de cent cinquante ans seraient surement passionnantes !

- Vous ne changerez pas d'avis, j'ai compris le message, seulement j'aimerais comprendre ce refus brutal. BorderFlash est une entreprise solide, des milliers de sorciers partout dans le monde profitent des Portoloins internationaux rapides et abordables que proposent les multiples succursales que Josh Hamilton a fait implanter, même dans certaines régions reculées. Pourquoi ne voulez-vous pas signer cet accord de libre-échange entre la Russie et toutes les agences BF autour du globe afin de faire profiter votre peuple de Portoloins à un prix raisonnable ?

- J'imaginais que vous aviez compris, Mademoiselle Weasley. Vous me décevez, mais je vais tout de même vous expliquer. Vous connaissez certainement notre système de Portoloins, qui est très surveillé par rapport à ceux de beaucoup d'autres pays. Malheureusement, ce que ne comprennent pas ces autres pays, c'est que je suis à la tête du plus grand pays du monde, où une multitude de richesses sont présentes. Que se passerait-il si nous ouvrions davantage les frontières ? D'autres entreprises essaieraient de s'implanter pour exploiter ces richesses, mais ils ne dépenseraient pas leur argent chez nous, ils enrichiraient bien sagement leur pays d'origine, privant d'un même coup les Russes d'une partie de leurs biens et détruisant progressivement notre économie. Aujourd'hui, nous n'exploitons que quarante pourcent de nos ressources, qu'il s'agisse d'ingrédients végétaux ou animaux de potions rares que nous sommes les seuls à pouvoir fournir légalement, de cristaux éternels que nous sommes les seuls à savoir ensorceler pour qu'ils contiennent des souvenirs indéfiniment, ou encore du savoir millénaire des multiples cultures qui composent le peuple russe et dont parfois nous sommes les seuls à pouvoir nous souvenir. Si des sources extérieures viennent à proposer les mêmes services, les prix baisseront et nous en pâtirons. Et en ouvrant les frontières, c'est ce qui arrivera inévitablement, car mon contrôle sur la bonne marche de l'économie du pays en sera amoindrit, tout comme mon influence sur les décisions pour qu'elles soient en faveur de la Russie deviendra de moins en moins important.

L'explication de l'Empereur était claire et Rose pouvait le comprendre, d'autant plus que son intérêt pour son peuple était plus que louable. Malheureusement, elle n'était pas née de la dernière pluie et elle savait très bien que derrière son inquiétude pour les Russes, Vassili Andropov cherchait également à conserver son pouvoir presque absolu sur le pays entier.

- Mais d'autres entreprises étrangères se sont déjà implantées sur votre sol sans que cela ne pose problème ! fit remarquer la jeune femme en espérant le piéger, bien que sans trop d'espoir : cette affaire semblait perdue d'avance.

- Bien sûr, mais aucune n'est une Firme Transnationale qui pourrait concurrencer sérieusement les entreprises locales. Nous avons une succursale de Farces Pour Sorcier Facétieux à Moscou, une filiale sorcière de Barnes and Noble à Saint-Pétersbourg et plusieurs autres boutiques étrangères, mais aucune qui ne soit une menace pour la stabilité économique du pays.

- Si je comprends bien, vous pouvez exporter autant de choses que vous voulez dans le monde entier et au prix que vous avez choisi, mais en retour, aucune entreprise importante ne peut vous rendre la pareille. Vous savez que c'est un procédé incroyablement déloyal ! Lorsque vous importez des céréales venant d'Amérique du Sud et qu'ils vous demandent une baisse des prix des produits que vous leur vendez, faites-vous décroitre les prix de quelques noises avant de leur répondre que s'ils ne sont pas contents, vous irez vous approvisionner ailleurs ? Ce qu'eux ne peuvent pas faire bien entendu !

Très agacée par cette façon de faire les choses complètement différente de son pays d'origine, Rose était également fascinée par ce débat qui mettait en concurrence deux visions très différente sur la manière de diriger un pays. En Angleterre, depuis la fin de la Seconde Guerre contre Voldemort, le pouvoir du ministère sur les sociétés était devenu très restreint – notamment après la propagande réalisée par le biais de la Gazette du Sorcier – et la politique en vigueur était de laisser tout le monde tenter sa chance et de voir les plus faibles s'écrouler jusqu'à ce qu'il ne reste que les plus forts, à l'image de la politique Américaine.

Au contraire, en Russie, même si le peuple n'avait pas autant de pouvoir qu'en Europe, la pauvreté était beaucoup moins importante car le fossé entre la classe fortunée et les autres était plus restreint, et les productions locales et traditionnelles étaient privilégiées, ainsi que la transmission des savoirs ancestraux, à l'image des pays d'Asie. C'est d'ailleurs pour cela que les cours tenus à Durmstrang étaient si variés et si secrets. Une légende disait même qu'à leur arrivée à l'école, en première année, les élèves devaient tous recevoir un sort assez semblable à celui jeté aux Langue-de-Plomb du ministère afin que les secrets de l'école restent inconnus aux non-initiés.

- Déloyal pour qui, Mademoiselle Weasley ? Ma politique est justement loyale aux intérêts de mon peuple. Mais nous nous embourbons dans un débat stérile qui ne mènera nulle part. Puisque vous voulez absolument me faire accepter cet accord, alors que de mon côté je refuse, nous suivrons strictement la loi et vous, ainsi que les acteurs de ce dossier, connaîtrez ma réponse officielle dans quatre mois. Maintenant, je pense qu'il est temps de vous présenter à mes conseillers à qui vous aurez surement affaire.

En se levant, clôturant clairement la conversation pour de bon, l'Empereur Vassili se tourna néanmoins dans sa direction, un sourire étrangement malicieux sur les lèvres. Immédiatement, Rose hésita à prendre ses jambes à son coup, inquiète par ce comportement inhabituellement joyeux de la part de ce souverain décrit comme éternellement sérieux.

- Vous savez, Rose, que pendant que nous parlions vous avez oublié plusieurs fois, pour ne pas dire un nombre incalculable de fois, de vous adresser à moi eu égard à mon titre. C'est une faute inacceptable que j'aurais immédiatement signalée s'il s'était agit de quelqu'un d'autre. Heureusement pour vous, votre intelligence m'intrigue, je passerais donc l'éponge. (La jeune anglaise soupira discrètement de soulagement) Néanmoins, la prochaine fois je ne serais surement pas aussi magnanime, d'autant plus si cette erreur devait se répéter en public. Je suis sûr que vous connaissez le châtiment pour un crime de lèse-Majesté.

Son sourire déstabilisant toujours aussi éclatant, il tourna les talons et disparu dans le couloir, attendant visiblement qu'elle le suive. Mais avant qu'il ne se retourne, Rose avait eu le temps de croiser son regard, et elle avait très clairement compris que si son ton sous-entendait qu'il plaisantait, ses yeux eux ne riaient pas.


l'ambassadrice


Quelques minutes plus tard, après que Rose eu enfin rattrapé l'Empereur, ils pénétrèrent dans une salle de réunion très sobre, bien que luxueuse, aux murs lambrissés de bois précieux aux reflets pourpres et qui ne contenait qu'une grande table rectangulaire et des chaises à l'aspect antique, à l'opposé des quatre écrans magiques – inspirés des télévisions moldues – projetés sur chaque mur de la pièce et diffusant silencieusement des séries de chiffres. A leur entrée, toutes les personnes présentes se levèrent avant d'incliner légèrement le buste, salut beaucoup moins profond que celui de l'employé qui avait accueillis Rose ce qui témoignait de l'importance de ces conseillers, ainsi que du respect que l'Empereur leur accordait.

- Messieurs, je vous présenté Mademoiselle Rose Granger, commença Vassili Andropov en présentant à la jeune femme un siège, qui a été nommé ambassadrice en remplacement de Monsieur Robert Sidwell. Elle fera dorénavant la liaison entre le gouvernement sorcier britannique et notre propre gouvernement.

Pendant ce petit discours d'introduction, les conseillers avaient tous repris leur place et observaient Rose avec plus ou moins de curiosité. Habituée à cette réaction causée par sa jeunesse autant que par son sexe ou la couleur de ses cheveux, la jeune Anglaise n'y fit pas attention, extrêmement soulagée que l'Empereur ait respecté le vœu qu'elle lui avait soumis (avec toute la politesse possible, bien évidemment) peu avant d'arriver à la salle de réunion.

Bien que connue en Angleterre à cause de ses parents, Rose était une anonyme dans le reste du monde : seuls les magazines britanniques s'intéressaient à sa vie, et en utilisant le nom de sa mère, Granger, elle s'assurait ainsi encore plus d'anonymat car le nom de Weasley faisait toujours son petit effet, même au fin fond de la Sibérie. En supprimant cette notoriété de l'équation, son auditoire n'avait aucune attente la concernant autre que celle qui était liée à son poste et la jeune rousse pouvait ainsi travailler plus efficacement car personne ne prenait de gant avec elle lorsqu'elle n'était plus connue comme la fille de Ron et Hermione Weasley.

Détournant son attention de ses propres pensées, elle se reconcentra sur les hommes et les femmes qui l'entouraient. Au bout de la table, présidant l'assemblée, se tenait l'Empereur. A sa droite, un homme corpulent aux cheveux noirs cachant à grande peine une calvitie prononcée avait les mains posés sur son ventre proéminent. Ce fut lui qui pris la parole quand l'Empereur se tut.

- Je vous souhaite la bienvenue, Mademoiselle Granger, de la part de tous les conseillers impériaux, commença-t-il d'un ton un rien pompeux, je suis Konstantin Ivanovitch Litovski, conseiller principal, vous aurez donc souvent affaire à moi, tout comme à mes collègues Vera Yurievna Silina et Anatoliy Pavelovitch Nikolov, qui sont respectivement Conseiller de la diplomatie et Conseiller de l'économie.

Adressant un signe de tête poli à la femme très blonde d'une cinquantaine d'années à la minceur confinant à la maigreur et au jeune et fringant jeune homme d'environ trente-cinq ans aux courtes boucles brunes et aux yeux foncés, Rose s'étonna intérieurement de la diversité de genres présente à la table du Conseil Impérial. Tous les âges entre trente et soixante ans étaient représentés, ainsi que toutes les ethnies, du Sud du pays aux influences moyen-orientales, au Nord où la blondeur semblait être dans toutes les séquences génétiques.

- Il est néanmoins possible que vous ayez besoin de vous adresser à un autre conseiller, dit Konstantin Litovski en continuant son tour de table, je vous présente donc Milena Nicolaïevna Prokofieva, notre Conseiller de l'éducation, Alena Igorovna Simonova, Conseiller de la justice, Daniil Antonovitch Troubetskoï, Conseiller des loisirs magiques, Grisha Vladimirevitch Droski, Conseiller de la protection du patrimoine et enfin Dimitri Gavriilovitch Dolohov, conseiller militaire.

Rose salua chaque Conseiller avec la même politesse mais elle eut malgré tout un infime temps d'hésitation en entendant le nom du dernier. Dolohov n'était pas un nom inconnu en Angleterre, loin s'en fallait, et la jeune femme se souvenait très bien des innombrables histoires que son père lui racontait le soir quand sa mère travaillait tard. D'après les dires de Ronald Weasley, Antonin Dolohov avait été un Mangemort et bien que la parole de son père ne soit pas infaillible, elle ne doutait pas de cette vérité car la liste des criminels avérés au service de Voldemort était gravée au fer rouge dans sa mémoire depuis le jour où elle l'avait lue, pendant un stage au ministère alors qu'elle étudiait les sciences politiques et la diplomatie.

Rose, lors de ce léger flottement, avait rapidement décidé que puisque le nom d'une personne ne devait pas influer sur le jugement des autres alors elle ne ferait pas subir à cet homme ce qu'elle-même subissait à cause de son nom. Elle ne l'accablerait pas de sa méfiance et de son mépris comme l'auraient fait beaucoup de sorciers britanniques, elle serait impartiale et se ferait sa propre opinion. Malheureusement, il sembla à la jeune femme que son hésitation n'avait pas été aussi discrète qu'elle le pensait, et le séduisant blond à la posture militaire la dévisagea de manière insistante, son visage vide d'expression dissimulant ses véritables sentiments. A n'en pas douter, sa réaction l'avait blessé et tout soldat qu'il fut, les hommes avaient tous leur fierté.

- J'espère que le nom de famille de mon cousin ne vous pose pas de problèmes, s'enquit brusquement l'Empereur avec un coup d'œil menaçant, il serait regrettable que je doive vous renvoyer chez vous si vite …

Décelant clairement la menace, Rose ne broncha pas et soutint le regard de Vassili Andropov, absolument pas intimidée. Après tout, elle était innocente des préjugés dont il l'accusait de manière voilée.

- Il n'y a aucun problème, assura-t-elle fermement, j'ai simplement été surprise de découvrir une branche d'une si prestigieuse famille en Russie. Mais il est vrai que j'aurais dû m'en douter, les premiers membres de la branche anglaise ayant immigré dans le début des années mille neuf cent. Je suis ravie de faire la connaissance de votre cousin, le prochain héritier du titre de Vicomte des Dolohov en Grande-Bretagne, si je ne me trompe pas.

- Effectivement, vos connaissances sur ma famille sont presque exactes, Mademoiselle Granger, intervint Dimitri Dolohov avec un calme déstabilisant. Malheureusement, si vous aviez mieux étudié les branches annexes des familles d'aristocrates britanniques, vous auriez vu que je ne suis que le deuxième dans l'ordre de succession. Mon grand-père se porte très bien et il n'est pas encore prêt à mourir.

L'ironie sous-jacente avec laquelle le jeune homme d'une trentaine d'années l'avait mouché impressionna Rose autant qu'elle la mortifia. Après tout, c'était la première fois depuis un moment qu'elle se faisait reprendre sur un sujet qu'elle pensait connaitre sur le bout des doigts. Quand vous faisiez de la politique et de la diplomatie, il fallait connaître les personnes importantes, même si vous ne les aviez jamais rencontrées !

- Parfait, s'exclama l'Empereur en mettant fin à la gêne de la jeune femme, puisque vous êtes réconciliés, Dimitri pourra vous faire visiter l'ambassade, ou plutôt les locaux que nous loue votre pays à Saint-Pétersbourg, ainsi que les endroits qu'il faut connaître et où vous devrez surement vous rendre. Nous devrions avoir fini cette réunion dans environ deux heures, vous le rejoindrez ici à onze heures et demi.

Comprenant qu'elle se faisait courtoisement congédier, la jeune femme se leva et quitta la pièce, sentant un regard insistant la brûler entre les omoplates et devinant, avec certitude, qui lui jetait ce regard noir. Après tout, ça ne devait pas faire partie des rêves de ce Dimitri de faire visiter la ville à une pauvre anglaise qui l'avait presque insulté par inadvertance.


l'ambassadrice


- Mais enfin, Vassili, qu'est ce qui t'a pris !? s'exclama Dimitri quand Rose referma la porte derrière elle, ça ne fait pas parti de mes attributions de jouer les guides pour une gamine qui vient tout juste d'entrer dans la cour des grands ! Tu n'as pas compris que son petit numéro sur ma famille était destiné à nous impressionner !

Ignorant les vociférations étonnantes de son cousin, d'habitude si maître de lui-même, l'Empereur Vassili Andropov se gratta distraitement le menton, un tic qu'il avait quand il était plongé dans ses réflexions. Cette visite de la ville était une excellente idée, qui lui était venu sur le vif, mais qu'il ne regrettait pas d'avoir mise en pratique.

Bien sûr, il se doutait qu'avant de passer outre cette plutôt mauvaise première impression, il faudrait quelques heures à ces deux têtes de mules, mais une fois qu'ils auraient enfin cessé de se chamailler, ces deux-là deviendraient d'incroyables atouts. Il suffisait de les faire travailler ensemble sur un projet qui les passionnerait. Et Vassili savait déjà lequel il choisirait. Il fallait juste attendre et semer les graines, pour que Rose Weasley ne se doute jamais que l'idée n'était pas venue d'elle.


l'ambassadrice


Deux heures plus tard, ravie d'avoir eu le temps de flâner distraitement dans les petites rues autour du palais impérial et de boire un bon café dans un adorable bistro niché dans un angle, Rose se présenta de nouveau dans la demeure de l'Empereur. La perspective de connaître un peu plus la ville enchantait la jeune femme, mais la simple idée de devoir cette expérience, et surtout de la partager, avec cet odieux Dimitri Dolohov lui donnait des frissons. Arrogant et méprisant, il n'avait pas hésité à se moquer d'elle et à l'humilier devant les personnages les plus importants de Russie. Fabuleuse première impression pour les sept autres conseillers ! Et le fait qu'elle-même ai voulu lui clouer le bec avec ses connaissances sur sa famille ne justifiait certainement pas ce comportement !

Tiraillée entre la colère, surtout nourri des plaintes de son orgueil blessé, et la culpabilité, la fille aîné de Ronald et Hermione Weasley ne remarqua même pas l'arrivée du cousin du souverain. Il dû passer plusieurs fois la main devant son visage pour obtenir une réaction.

- Oh ! hum… excusez-moi, j'étais plongée dans mes pensées, avoua Rose en espérant que faire amende honorable pour cette faute-là redorerait son image auprès du Conseiller militaire après le fiasco de la réunion de présentation.

- Je vois… murmura-t-il d'un ton vaguement méprisant en la dévisageant du haut de son mètre quatre-vingt-dix, j'imagine parfaitement à quoi vous pensiez. De nouvelles chaussures que vous avez repérées pendant votre petite balade ? Ou, non, surement un sac à main, les femmes raffolent des sacs à main…

Ecœurée par ce discours délibérément sexiste, la jolie rousse se retint à grande peine de le gifler et redressa la tête, hautaine, oubliant toute idée d'excuse pour son comportement précédent.

- En fait, Dimitri, je me demandais comment m'y prendre pour rendre les prochaines heures que nous passerons ensemble les plus insupportables possibles. Je vous promets que vous vous en souviendrez jusqu'à la fin de vos jours !

Puis, très contente de sa petite tirade, la jeune femme tourna les talons, se dirigeant vers la sortie du palais, avant de se retourner, royale, pour lui lancer un « Qu'est-ce que vous attendez, au juste ? » aussi méprisant que les paroles de Dimitri quelques secondes auparavant.

Un sourire incrédule discrètement plaqué sur les lèvres, le grand russe leva les yeux au ciel, réaction très étonnante de sa part, et emboita le pas à son invitée, étrangement impatient de vivre cette journée qui promettait d'être intéressante.