Salut,

Désolé pour le petit retard, j'ai été très occupée avec le boulot cette semaine (ma dernière semaine! youpi!)

voilà donc le chapitre 7, j'espère qu'il vous plaira : )

RAR :

Guest : merci beaucoup pour ta review ! et je suis désolé de ne t'avoir pas reconnu :/ mais je trouve ton nouveaux pseudo très sympa : )

concernant l'intrigue, elle tourne surtout autour de l'histoire d'amour de rose et Dimitri, qui sont réunis par l'affaire borderflash, et aussi autour des conflits familiaux chez les Weasley : ) j'espère que ça t'aidera


Chapitre 7 : BorderFlash

Quelques heures après leurs retrouvailles brulantes dans le salon Tourmaline, Rose et Dimitri étaient assis côte à côte dans le salon de l'appartement de ce dernier, attendant avec impatience l'arrivée des invités. Les premiers furent Leynah et son fils Raj, qui sauta au cou du Russe dont il s'était beaucoup rapproché.

- Oncle Dimitri ! s'exclama le petit garçon avec un sourire édenté, regarde j'ai un trou dans la bouche.

L'excitation de l'enfant était contagieuse et c'est avec un sérieux à toute épreuve dissimulant son rire que le grand blond s'agenouilla pour examiner la dentition que son petit invité lui désignait.

- Je vois ça, tu deviens un grand maintenant Raj, déclara Dimitri en ébouriffant les cheveux du garçonnet, une intense émotion le prenant à la gorge alors que ce dernier refermait ses petits bras autour de lui pour une étreinte qu'il n'aurait jamais imaginé possible quelques semaines plus tôt.

En entamant sa relation avec Rose, il avait pensé que sa meilleure amie et colocataire se montrerait un peu méfiante et que, peut-être, elle n'autoriserait pas son fils à l'approcher tant qu'elle n'aurait pas été convaincue du sérieux du lien entre lui et la rousse. Mais contrairement à ses pronostics, elle n'avait mis aucun frein à la naissance de cette affection envers un presque inconnu et la première fois que Raj l'avait appelé « oncle Dimitri », elle avait paru aussi surprise que ravie.

Etonnement, c'est le Russe qui avait été le plus surpris de l'attachement que lui manifestait le petit garçon – même s'il se doutait que l'absence de père dans sa vie devait jouer un rôle – car il n'avait jamais été très doué avec les enfants. Bien sûr, il voyait sa filleule Katya de temps en temps, mais recevoir des cadeaux et avoir un compagnon de jeux pendant quelques heures avait toujours semblé suffir à la fillette de cinq ans. Aujourd'hui, Dimitri se demandait si ce fait n'était pas un résultat du milieu familial étendu et aimant dans lequel la fillette grandissait, car après tout avec deux parents toujours à ses côtés, des grands-parents absolument gaga et des oncles et des tantes à foison, avoir un parrain quelque peu indiffèrent ne devait pas être si problématique. Pour Raj, en revanche, qui n'avait ni père, ni grands-parents et qui grandissait entouré de femmes, une présence masculine stable était presque primordiale.

En son for intérieur, le Russe se surprenait à apprécier ce rôle de mentor, de protecteur, comme une sorte d'entrainement pour plus tard, quand lui et Rose auraient des enfants – ce dont il ne doutait pas, après tout Natashka avait prédit qu'ils étaient faits l'un pour l'autre – mais il espérait aussi, pour Raj comme pour Leynah, qu'un jour cette dernière trouverait quelqu'un qui pourrait vraiment être un père pour son fils.

Dans le salon de l'appartement, Dimitri prit dans ses bras un Raj très fier d'avoir perdu une dent pour le déposer sur le canapé à côté de lui, pendant que Rose et sa meilleure amie se racontaient les derniers évènements qui étaient survenus dans leurs vies respectives, l'un des inconvénients de l'emménagement partiel de la jeune anglaise chez son petit-ami étant qu'elles ne se voyaient plus aussi souvent – c'est-à-dire seulement tous les deux jours au lieu de tous les jours – et qu'il leur fallait donc rattraper toutes les conversations qu'elles avaient en retard à chacune de leurs rencontres.

« Heureusement que les autres invités ne sont pas encore là, elles vont avoir le temps d'échanger les derniers potins » songea le Russe avec un amusement teinté de tendresse pour la femme qui ne quittait jamais totalement ses pensées. Malheureusement, il devait avoir pensé trop vite car des coups résonnèrent à la porte au même moment, annonçant l'arrivée de ses meilleurs amis.


l'ambassadrice


- Bon, ça c'est plutôt bien passé, souffla Rose en enlaçant son petit-ami allongé dans leur lit.

Il était trois heures du matin et Kirill, Evgeniya, leur fille Katya, Arkady, Leynah et Raj venaient juste de partir. La soirée, première rencontre officielle entre les proches de Dimitri et de la jolie rousse, avait été une réussite, malgré quelques accros ou malaises prévisibles qui avaient été très vite réglés.

Les deux enfants, après s'être observés timidement à distance quelques minutes, avaient finis par devenir inséparables, à la plus grande joie des adultes qui avaient pu les surveiller de loin tout en apprenant à se connaître.

Les plus rapides à sympathiser avaient été Evgeniya et Rose, qui s'étaient déjà croisées rapidement au bal du palais. La douce et parfois timide Leynah n'avait pas tardé à s'intégrer, les quelques remarques sarcastiques qu'elle avait laissé échapper à l'occasion amusant beaucoup la petite brune aux yeux bridés. Il fallait aussi avouer que, en accord avec son éducation que Dimitri avait deviné être celle d'une jeune femme de bonne famille en Inde, la jeune maman était une véritable commère et les histoires croustillantes de la femme de Kirill avaient régalé Rose et sa meilleure amie.

En voyant sa petite-amie si animée, si heureuse, se comportant comme n'importe quelle jeune femme de son âge, il avait été heureux qu'elle ait trouvé la jeune indienne, peu importait comment, car elle était certainement celle qui avait réussi à réparer cette partie un peu enfantine qu'Hermione Weasley avait si désespérément cherché à faire disparaitre.

De son côté, il avait trouvé ces retrouvailles avec ses amis très agréables – bien qu'il ait déjà vu Arkady quelques jours plus tôt – et avait beaucoup rit en écoutant les mésaventures de Kirill avec son adorable petite fille.

- Vous imaginez !? J'ai tourné la tête juste quelques secondes, en elle en a profité pour disparaître. Il a fallu qu'un passant me dise de lever la tête pour que je m'aperçoive qu'en fait elle flottait dans les airs pour essayer d'attraper une feuille morte, avait-il raconté avec un air désolé, vous n'imaginez même pas à quel point Jénia s'est moquée de moi quand je lui ai raconté cette histoire.

Pliés en deux, Dimitri et Arkady s'étaient regardés et avaient ri de plus belle, imaginant aisément la scène entre leur ami et sa femme.

Au cours de la soirée, en partageant un repas dont Rose disait tenir le secret de sa grand-mère paternelle Molly et qu'ils avaient tous dévoré avec plaisir, les deux groupes s'étaient mélangés et des affinités surprenantes s'étaient créées.

Tout d'abord, Leynah et Kirill s'étaient découvert la même passion pour les vêtements, la première travaillant comme couturière dans une boutique de tailleur féminin haut de gamme appartenant au deuxième. Ils avaient été incroyablement étonnés de faire cette découverte, surtout après l'aveu du succès de ce magasin de la part du Russe, et lors du départ de tous les invités, Dimitri avait très bien vu que son ami semblait décidé à aider la jeune indienne en lui offrant peut-être une promotion, tout en s'assurant la fidélité de cette talentueuse couturière que semblaient apprécier ses clientes les plus fortunées.

Les seconds à se découvrir des points communs avaient été Arkady et Rose, le médicomage donnant à la jeune femme des nouvelles de son pays d'origine sans le parti pris des journaux ou de sa famille. Elle avait aussi été ravie d'apprendre que sa cousine Lily Potter, toujours étudiante en médicomagie, avait commencé un stage à Saint-Mangouste avec succès.

- Lily a toujours été faite pour ça, soigner les autres c'est une sorte de vocation, avait déclaré la jeune anglaise avec un étrange sourire, je crois que c'est autant pour le prestige du poste que pour avoir l'impression de faire quelque chose d'important pour le monde sorcier. Avoir Harry Potter comme père est la meilleure solution pour souffrir d'une volonté irrépressible d'apposer sa marque dans l'histoire.

Sous l'ironie, Dimitri avait très bien su entendre la profonde compréhension, après tout Rose avait souffert du même problème étant jeune avec cette fascination qu'elle avait développé pour ses nobles origines familiales, mais contrairement à la jeune Lily, elle n'avait pas bénéficié de l'appui de parents aimants pour surmonter ce complexe vis-à-vis de la célébrité de ses parents.

En ce qui le concernait, il avait passé un très bon moment en discutant avec l'adorable Evgeniya qui n'avait pas arrêté de l'interroger sur sa relation avec Rose, toute excitée par cette première relation sérieuse entre son ami et une femme. Pour lui faire changer de sujet, il avait posé des questions sur les nouvelles matières qu'ils envisageaient d'enseigner dans les écoles préparatoires dont elle s'occupait, car le domaine de l'éducation était très loin de son champ d'expertise et il écoutait rarement les détails des rapports de la Conseillère Milena Prokofieva. A son plus grand étonnement, il avait été passionné par les idées de son amie et il n'avait pu s'empêcher de penser que, l'année suivante, Raj et Katy entreraient dans une école préparatoire de Saint-Pétersbourg et il se surprit à se sentir farouchement concerné par ce qu'ils y apprendraient. Son instinct paternel avait vraiment choisi le moment idéal pour se manifester, justement alors qu'il entamait une relation avec une femme qu'il savait pouvoir aimer pour un bout de temps. Mais il était encore trop tôt pour y accorder plus qu'une pensée distraite.

Maintenant, allongé auprès de Rose, alors qu'il repensait à cette soirée, il sourit. Leurs amis s'appréciaient, les enfants de leurs amis s'appréciaient, que demander de plus ?

Peut-être que, puisqu'il était peu probable que leurs familles parviennent à s'entendre un jour, alors avoir l'avis de ses parents concernant sa petite-amie serait une bonne idée. Il fallait juste trouver comment organiser une rencontre.


l'ambassadrice


Trois jours après cet agréable dîner entre amis, à quelques jours du terme de la période de délibération de l'affaire BorderFlash durant lequel ils devraient présenter la proposition d'accord qu'ils avaient mis en place, Dimitri demanda à Rose si elle voulait rencontrer ses parents.

Il avait réfléchi pendant des jours à la manière de lui présenter cette requête, sachant à quel point elle était novice en matière de relation amoureuse et ne voulant pas aller trop vite, mais il avait fini par déterminer que le meilleur moyen de la convaincre était de lui donner une explication franche : il voulait la présenter à sa famille car elle comptait pour lui, mais aussi d'une logique froide et rationnelle : ils avaient besoin de se changer les idées avant la date fatidique qu'ils redoutaient depuis des mois et voir des gens était un moyen comme un autre de prendre du bon temps.

Bien sûr, la jeune anglaise paniqua au début, arguant qu'elle n'avait aucune idée de la manière dont elle devrait se conduire avec les personnes qui connaissaient l'homme qu'elle aimait depuis toujours, mais le Russe réussit vite à tuer dans l'œuf cette embryon de peur et elle n'eut d'autre choix que d'accepter. Après tout, il connaissait un moyen très simple de lui faire perdre la tête et dire oui à tout ce qu'il lui demandait, et la jolie rousse était incapable de résister à la séduction toute masculine –force tranquille et douce tendresse – qu'il utilisait pour la faire toujours tomber un peu plus amoureuse de lui.

C'est ainsi qu'ils se retrouvèrent chez les Dolohov le sept décembre, jour de noël pour les sorciers de religion orthodoxe comme les parents de Dimitri et beaucoup d'autres Russes. Assez stressée et en même temps incroyablement excitée à l'idée de rentrer encore plus dans le monde de Dimitri, la jeune femme n'avait aucune idée de ce qu'elle allait dire ou faire alors que son compagnon – petit-ami était vraiment trop étrange pour deux adultes engagés dans une relation sérieuse – frappait à la porte de l'hôtel particulier de Moscou où il avait passé son enfance.

- Mon petit Dima, comment vas tu ? s'exclama en russe une femme qui devait être la vieille gouvernante en leur ouvrant, attrapant la main que le grand blond lui tendait pour la serrer entre les siennes avec affection.

- Bien, Talia, et toi ? J'espère que père et mère ne te chargent pas de trop de travail, à ton âge c'est toi qui devrait te faire servir, et pas le contraire.

Bien que dit sur le ton de plaisanterie, la question trahissait l'inquiétude sincère du Russe qui semblait beaucoup tenir à cette femme qui paraissait le connaître depuis très longtemps.

- Ne t'en fais pas, mon garçon, intervint un vieil homme vêtu d'une tenue qui rappelait beaucoup celle des majordomes moldus que Rose avait déjà vu en photo, je suis là pour la surveiller quand elle en fait trop !

Saluant avec affection celui qu'il nomma Valery et qu'elle devina être le mari de Talia, Dimitri entra dans le grand hall d'entrée, dévoilant sa compagne qui se dissimulait derrière sa large silhouette depuis le début de la conversation.

- Oh ! mais qui nous as-tu amené, Dima ? dit la gouvernante avec une air de ravissement sur le visage identique à celui sur le visage de son époux.

Il semblait à la jeune femme que nombreuses étaient les personne à désespérer que son Russe préféré ne trouve quelqu'un avec qui vivre et, peut-être, fonder une famille. Si les domestiques étaient si surpris, quelle serait la réaction des maîtres de maison ?

- Je suis Rose Weasley, enchantée de vous connaître, se présenta la jeune rousse avec un sourire un peu crispé, ne sachant pas trop si ce qu'elle disait n'était pas maladroit ou trop guindé.

Heureusement, le couple ne sembla pas voir son malaise et ils la saluèrent avec la même effusion que lorsqu'ils avaient vu Dimitri à la porte. Peut-être que finalement, cette visite serait plus tranquille que ce qu'elle avait imaginé, après tout.

Mais, quand elle pénétra dans le salon où les attendait la famille du Conseiller, elle se dit qu'en fait elle avait eu raison d'avoir peur. Incroyablement belle, tendue de tapisseries inestimables et décorée de meubles anciens en bois précieux, la pièce était un exemple marquant du statut de la famille Dolohov en Russie, et par conséquent du statut de Dimitri en tant qu'héritier après son père. De quoi intimider n'importe quelle femme, même celles comme Rose qui avaient été élevées dans la richesse par des parents désireux de paraitres plus raffinés qu'ils ne l'étaient tout en haïssant ces aristocrates tous tellement parfaits et qu'ils n'arrivaient jamais à égaler.

Assis sur un sofa de velours crème, droits et dignes, les parents de son compagnon gardaient un visage impassible en les observant approcher et la jeune femme envisagea de s'enfuir, sérieusement inquiète de ce manque de réaction. Heureusement, elle fut vite rassurée car, alors qu'ils n'étaient plus qu'à deux mètres du couple, une paire de jumeaux surement à peine majeurs déboula dans le salon. Souriant et visiblement excités à l'idée de revoir leur frère, ils lui sautèrent dessus, entamant une de ces bagarres affectueuses entre frères qu'affectionnaient encore ses oncles Bill et Charlie.

Un peu perdue maintenant que son compagnon n'était plus à ses côtés, la jeune anglaise décida de prendre son courage à deux mains et s'approcha des parents des trois belligérants d'un pas supplémentaire. Puis, levant les yeux du parquet parfaitement verni et recouvert de tapis luxueux, elle croisa le regard d'un bleu intense de la femme la plus blonde qu'elle n'avait jamais vu. Grande et mince, à première vue, Bogdana Dolohova avait un visage très anguleux : un nez droit et un peu long, des pommettes hautes et marquées, et des lèvres fines bien que parfaitement dessinées. Parmi ces caractéristiques, il semblait que Dimitri et ses frères aient tous hérités du nez de leur mère, qui était bien plus seyant chez des individus de sexe masculin, mais en dehors de cela, seul son compagnon ressemblait vraiment à la maitresse de maison, avec ses yeux bleus, ses cheveux pâles et ses lèvres fines. Au contraire, plus semblables à leur père, les deux plus jeunes enfants Dolohov étaient bruns et avec leurs yeux gris et leurs traits plus mutins, ils avaient le même air farceur que leur père, Gavriil.

- Alors c'est vous la fameuse Roza dont Natashka ne cesse de chanter les louanges, s'exclama soudain Bogdana en russe, interrompant la contemplation de la jeune rousse.

La voix de la femme était douce et d'une grande amabilité contrairement à ce que son physique pouvait laisser penser et Rose fut immédiatement plus à l'aise.

- Oui, je suis Rose Weasley, enchantée de vous rencontrer enfin Bogdana Josefevna, (Elle tourna la tête vers le père de Dimitri) ainsi que vous Gavriil Germanovitch.

Si le salut de sa femme avait été chaleureux, celui de ce dernier fut bien plus froid, la jeune femme se sentant jaugée par ce brun massif surement encore plus grand que Dimitri, un véritable exploit. Consciente que le premier héritier des titres des Dolohov – en Russie comme en Angleterre – aurait surement été plus satisfait si elle avait originaire de son pays, de famille noble digne d'intérêt et dotée de relations importantes dans le monde entier (bien que le fait qu'elle ne remplisse pas certaines de ces conditions était discutable), elle décida de se taire et de le laisser se forger une opinion. Peu importait qu'elle soit bonne ou mauvaise car si elle avait pu tenir tête à ses parents, elle pouvait aussi le faire pour ceux de son compagnon jusqu'à ce qu'ils l'en trouvent digne.

- De quel Weasley êtes-vous la fille ? demanda-t-il abruptement et à la plus grande surprise de Rose. Ce n'est surement pas William, dont j'ai déjà rencontré les enfants et je crois savoir que Charles est devenu père il y a environ dix ans seulement. Quant aux autres…

Si même une grande famille comme les Dolohov connaissait à peine son existence au sein de la célèbre famille de roux, il y avait de quoi être vexé, surtout en vue du sous-entendu à peine voilé de Gavriil concernant l'importance de ses différents membres. Bien sûr, Bill était le tenant du titre depuis la mort de son père et Charlie était très apprécié dans le beau monde, mais cela ne faisait pas des autres enfants de Molly et Arthur des personnes sans importance ! George était devenu très riche avec son entreprise de Farces et Attrapes, Percy avait fait une grande carrière au Ministère et Ron, même s'il ne brillait pas par son intelligence, avait malgré tout une bonne situation financière et une épouse brillante. Même si elle n'était pas en très bon termes avec les Weasley, il était hors de question qu'elle laisse un aristocrate inconnu les critiquer : elle était l'une d'eux après tout.

- Je suis la fille de Ronald et Hermione Weasley, et bien que je n'en sois pas forcément fière, je suis la seule à pouvoir les insulter.

Son ton froid et incisif ne sembla pas surprendre ou impressionner le chef de famille qui se contenta d'un haussement de sourcil hautain pour toute réponse. Cependant, en l'entendant, Dimitri interrompit la gentille bagarre qui l'opposait à ses frères pour venir la soutenir face à ses parents.

- Que s'est-il passé ? Qu'est-ce que vous lui avez dit, père ?

Il semblait hésiter entre la colère et l'exaspération blasée, comme s'il savait que cette rencontre se passerait exactement de cette manière. Soulagée qu'il se soit enfin aperçu que le courant entre elle et son père passait mal, Rose posa néanmoins une main sur son avant-bras, un geste qui lui disait clairement de ne surtout pas s'en mêler. Si le grand blond réglait la situation aujourd'hui, Gavriil Dolohov ne la respecterait jamais et c'était une chose qu'elle ne pouvait pas accepter, elle avait travaillé si dur pour gagner le respect des gens indépendamment du fait qu'elle était une Weasley – ce qui pouvait être positif et négatif. Mais, avant même qu'elle ait pu ouvrir la bouche, le père de Dimitri se leva et marcha vers une porte qui devait certainement mener à la salle à manger.

- Je ne pense pas que tu aies besoin de t'inquiéter pour elle, Dima, elle semble savoir se défendre. (Il lui jeta un regard par-dessus son épaule) Et en dehors de ces cheveux roux elle semble tout à fait correcte.

Outrée par ces remarques – non mais de quel droit se moquait-il de ses cheveux ?! – elle fut néanmoins impressionnée par son aplomb. Son père aurait été jaloux de la facilité qu'avait Gavriil à assener des piques assassines tout en semblant n'y accorder aucune espèce d'importance.

Sans commentaires supplémentaires, ils suivirent le chef de famille dans la salle à manger, comme l'avait deviné Rose, où les attendait déjà un couple de personnes âgées d'au moins soixante-dix ans et aux traits trahissant leur parenté avec Gavriil.

- Père, commença ce dernier quand tout le monde fut dans la pièce, je vous présente la compagne de Dima, Rose Weasley.

Plutôt surprise par cette présentation succincte – pas de critiques, ni d'allusion piquantes ? – la jeune femme suivit Dimitri qui s'avançait vers son grand-père. Très brun, tout comme sa femme, il avait les traits fins mais très marqués, comme taillés à la serpe, et un regard alerte qui ne la quittait pas. Même quand il prit son petit-fils dans une étreinte un peu guindée, il ne quitta pas la jeune anglaise des yeux, ce qui la mit un peu mal à l'aise bien qu'elle n'en montre rien.

- Vous êtes la rousse de Natashka, alors… murmura-t-il un fois les saluts effectués.

Un peu agacée, la jolie rousse se fit intérieurement la remarque que dans cette famille, la couleur de cheveux semblait être une obsession, tout comme les visions de l'Impératrice douairière.

- Je suis le comte German Isaakovitch Dolohov. (Il lui jeta un regard un peu hautain, comme si elle n'était même pas digne qu'il lui tende la main) J'ai déjà entendu parler de vos parents, des gens à l'opposé de ma définition de respectable.

Dite sur le ton de la constatation indéniable, sa phrase et son comportement en général, tout comme celui de Gavriil, lui rappelait Drago Malefoy, la bête noire de son père et l'homme le plus désagréablement aristocratique qu'elle n'ait jamais rencontré. Tout en fierté et arrogance, il se croyait la personne la plus importante du monde et le faisait savoir à tout le monde, même ceux qui ne voulaient pas l'entendre. Mais, contrairement à la gentille Bogdana, la femme de German, Darya, semblait être du même avis que son mari.

Agacée de se faire observer sous toutes les coutures par cette famille qui, vraisemblablement, ne la trouverait jamais digne de Dimitri, elle décida d'essayer sa meilleure imitation de Drago Malefoy, haussant un sourcil avec un regard ennuyé, avant de renifler légèrement avec dédain.

- Je vois, à votre accueil – incroyablement grossier il faut le noter – que je ne suis pas la bienvenue. Je vous rassure immédiatement, après ces quelques minutes en votre compagnie je suis aussi d'avis que vous n'êtes pas des personnes que je gagnerais à connaitre.

L'expression offensée de ces vieux snobs contenta la partie de Rose qui voulait absolument se venger de leurs piques répétées, mais celle plus importante, qui était folle amoureuse de Dimitri et rêvait d'être intégrée à sa famille, ne voulait pas les vexer trop gravement et elle décida de leur tendre un rameau d'olivier. Le seul qu'elle leur proposerait alors ils feraient bien de réfléchir à son offre avant de la rejeter en bloc.

- Néanmoins, je pense que Dima mérite que nous mettions nos divergences d'opinions de côté pour essayer de ne pas gâcher ce dîner qui, sinon, ne sera qu'un échange supplémentaire d'insultes plus ou moins voilées. Je n'ai pas l'intention de quitter votre fils, ou petit-fils, de sitôt et il est inutile de faire de nos futures rencontres des calvaires alors qu'avec un peu de bonne volonté nous pourrions tout à fait trouver des sujets sur lesquels nous ne sommes pas en désaccord.

Le silence régna quelques instants, les plus âgés étant surement trop surpris pour parler, et ce sont les deux frères de Dimitri qui prirent la parole les premiers.

- Eh bien, je vois que tu n'as pas choisi n'importe qui, grand-frère, s'exclama celui qui était le plus proche de Rose attrapant la main de cette dernière pour y déposer un baiser théâtralement. Je suis Pavel Gavriilovitch Dolohov et voici mon frère Nicolaï.

Imitant son jumeau, ce dernier lui pris ensuite le bras pour le poser sur son propre coude alors que Pavel faisait de même avec son autre bras et, en sandwich entre les deux jeunes hommes, la jeune anglaise n'eut d'autre choix que de les suivre jusqu'à une place à peu près au centre de la table.

- Si mademoiselle veut bien se donner la peine, badina Nicolaï en lui présentant une chaise sous les regards très agacés des autres Dolohov.

Puis, alors que tout le monde semblait avoir décidé de suivre le mouvement des jumeaux, l'un d'eux murmura à la jolie rousse qu'elle « aurait mieux fait de choisir un autre Dolohov, ce qui lui aurait demandé moins de travail » de manière très indiscrète.

- Kolia, Pacha ! s'exclama Dimitri avec humour mais aussi une pointe de sérieux en venant s'installer juste en face de sa compagne, arrêtez tout de suite de draguer Roza ! Je crois qu'elle a vu suffisamment des mauvais côtés de cette famille pour aujourd'hui. C'est Noël, et il faut s'amuser lors de cette fête, prendre du bon temps, alors père, grand-père, arrêtez de tester sa force de caractère ou toute autre chose que vous voudriez voir chez elle et profiter juste du fait que je vous ai enfin présenté une femme avec qui j'entretiens une relation sérieuse parce que je sais que vous en mourrez d'envie.

Un peu surprise de la franchise avec laquelle il venait juste d'aborder les évènements des dernières minutes, elle le fut encore plus quand le même sourire fleurit sur le visage de Gavriil et son père, tandis que Bogdana et Darya échangeaient un coup d'œil complice. Alors depuis son arrivée, ils ne faisaient que l'insulter pour la pousser dans ses retranchements et voir ses réactions face à ce genre d'attaque, qui en tant que compagne d'un aristocrate, ne manquerait pas d'arriver ! Vicieux mais efficace, elle ne pouvait pas dire le contraire, et après coup, elle était plutôt fière de la manière dont elle avait réagi, ce que ne manqua pas de lui confirmer la comtesse avec une voix si adorable que la jeune femme devina pourquoi elle n'avait pas prononcé un mot pendant cet étrange test. Impossible de passer pour quelqu'un de détestablement snob avec une voix aussi chaude, transpirant la gentillesse et l'amour pour ceux qui constituaient sa famille.

Plutôt amusée en fin de compte, la jeune femme ne put s'empêcher de penser qu'ils avaient vraiment bien préparé leur coup et que, si c'était comme ça qu'ils accueillaient les nouveaux membres de la famille, elle comprenait que Dimitri n'ait jamais ramené personne chez lui. La confiance qu'il lui accordait, en l'invitant aujourd'hui, était le cadeau le plus inestimable qu'il ne lui avait jamais offert.


l'ambassadrice


Cinq jours plus tard, tétanisée par le stress mais bien décidée à ne pas le montrer, Rose faisait les cent pas dans son bureau à l'ambassade en attendant l'arrivée de Dimitri accompagné de l'Empereur. Bien que ça ne soit pas vraiment en accord avec le protocole, elle avait convaincu son compagnon de persuader son cousin qu'il était plus raisonnable de déterminer la réponse de l'Empire Russe à l'offre de la société BorderFlash de manière officieuse avant de faire une annonce officielle.

Son travail était de défendre les intérêts de son pays et, sur le plan économique actuel, cela se traduisait par le fait d'obtenir des promesses de contrats privilégiés entre les entreprises basées sur le territoire anglais et la Russie, dont BorderFlash qui rapportait au Ministère des milliers de gallions de taxes chaque années. Habituellement, ce n'était pas l'aspect le plus difficile de son poste car les différents gouvernements dépendaient les uns des autres et donc étaient ouverts à la négociation.

Seulement, en vue de la mauvaise volonté de Vassili Andropov, qui lui pouvait se permettre de refuser à peu près toutes offres qu'il voulait sans trop endommager son économie, elle n'était absolument pas sûre de pouvoir le convaincre de signer l'accord qu'elle avait écrit concernant l'entreprise de portoloins, et malheureusement le Ministre Deauclair avait été très clair quand il lui avait confié le poste d'ambassadrice en Russie : si elle échouait sur le dossier BorderFlash, il faudrait qu'elle mène à bien de nombreuses autres négociations, diplomatiques comme économiques, pour contrebalancer cet échec. Or elle savait qu'en quatre mois elle ne pouvait pas faire les deux et son goût agaçant pour les défis avait poussé Rose à choisir de privilégier le dossier le plus compliqué, mettant donc son poste entre les mains de l'Empereur.

En entendant des pas dans le couloir, la jeune anglaise se dépêcha de se rasseoir à son bureau, attrapant les premières feuilles qui lui tombaient sous la main pour avoir l'air occupé. Entouré d'une escouade de gardes du corps, son altesse impériale l'Empereur Vassili Andropov fit son entrée, suivit par son cousin qui se contenta d'une arrivée plus discrète. Ils s'assirent dans les fauteuils qu'elle leur proposa et, après avoir fait sortir tous ceux qui n'étaient pas concernés par cet accord – tout le monde sauf la jeune ambassadrice et ses deux invités – ils se décidèrent à aborder sans attendre le sujet pour lequel ils étaient réunis tous les trois dans ce bureau.

- Si j'ai bien compris ce que m'a expliqué Dimitri, votre travail commun sur le dossier BorderFlash a porté ses fruits et vous avez pu trouver un arrangement qui devrait me satisfaire autant que l'entreprise de Josh Hamilton, lança Vassili en entrant dans le vif du sujet.

- Oui, c'est exactement ça, répondit posément le grand blond, tout à fait détendu dans son fauteuil alors que sa compagne arrivait à peine à masquer son appréhension.

- Eh bien, je vous en prie Mademoiselle Weasley, expliquez-moi en quoi consisterait cet accord.

La jeune femme prit une grande inspiration, puisa de la force dans le regard encourageant de son Russe préféré et commença à parler.

- En fait, le point le plus important que nous avons pris en compte lors de l'écriture du contrat, c'est votre refus catégorique de permettre l'implantation d'une entreprise concurrente étrangère sur votre sol. Or, cela posait un problème majeur puisque c'est justement ainsi que fonctionne l'entreprise BorderFlash qui en plus est en pleine expansion partout dans le monde, surpassant tous ses adversaires et acquérant de nombreux marchés.

Le hochement de tête de l'Empereur rassura Rose : elle avait donc bien analysé le problème que posait le dossier original et cela signifiait qu'il y avait de bonnes chances que sa nouvelle proposition soit bien reçue.

- J'ai donc eu l'idée de supprimer cette difficulté en réécrivant l'accord sous un angle complètement différent. En fait, au lieu de prévoir l'implantation d'une entreprise, je demande plutôt une fusion partielle de la branche russe de BF avec votre entreprise de portoloin nationale.

- Et quels avantages en retirerait la Russie ? Notre système actuel fonctionne très bien et contente tout le monde.

- Pour les voyages nationaux, il est effectivement irréprochable, mais concernant les flux entrants et sortants du pays, c'est une autre affaire. Vous m'avez expliqué que vous souhaitez garder le contrôle des allées et venues sur votre sol mais le fait d'autoriser les portoloins internationaux vers la Russie à partir exclusivement de vos ambassades rend tout voyage bien plus contraignant. Si vous collaboriez avec BF, qui a pour objectif de justement rendre tout voyage par portoloin le plus simple possible, vous libériez vos employés d'ambassade de leur rôle de douaniers pour laisser ce travail à BorderFlash qui en échange s'engage à contrôler étroitement les identités de tous les voyageurs selon vos consignes. Bien sûr, l'entreprise s'engage également à employer tous les employés qui travaillent actuellement dans ce secteur à l'étranger ainsi qu'à utiliser les structures de départs et d'arrivées que vous utilisez déjà.

- Je vois que vous avez beaucoup réfléchit à la question, mais vous avez dû parler de ce projet à votre ministre ainsi qu'à ce cher Josh Hamilton, alors que demandent-ils en échange ?

- La moitié du chiffre d'affaire sur les voyages entre la Russie et l'étranger, à égalité avec votre entreprise nationale, une coopération entre cette dernière et BF concernant les voyages nationaux afin de pouvoir prévoir efficacement les déplacements de leurs clients sans avoir à les abandonner une fois dans le pays et une réduction des taxes pour le passage des frontières afin de faire plus de bénéfices en gardant les prix en vigueur aujourd'hui. (Elle sembla hésiter quelques instants avant d'ajouter un autre argument.) J'ai effectivement parlé à Monsieur Hamilton et il m'a demandé de vous faire passer le message suivant : en acceptant cette offre, vous feriez augmenter les rentrées d'argent liées au tourisme, et lui-même pourra enfin promettre à ses clients des déplacements faciles et entièrement préparés à l'avance partout dans le monde, au lieu de devoir simplement leur dire qu'une fois en Russie ils devront se débrouiller avec l'entreprise locale pour leurs déplacements.

Songeur, le souverain s'enfonça davantage dans son fauteuil, réfléchissant aux tenants et aux aboutissants de toute cette affaire. Il semblait vraiment réfléchir, et donc la possibilité qu'il accepte était bien réelle, à la plus grande joie de Rose, qui savait néanmoins qu'il ne fallait pas vendre la peau de l'ours avant de l'avoir mangé.

Quelques minutes plus tard, il se leva, attrapa le dossier contenant la révision du contrat et les différentes propositions que les équipes de BF avaient faites selon l'idée de l'ambassadrice, puis il lui serra la main avec un air impassible et dit simplement qu'il allait y réfléchir, contacter Josh Hamilton et qu'elle saurait ce qu'il en était en même temps que le monde entier. Le lendemain.