Désolé, je poste en retard et en plus un chapitre non corrigé !
Dès que j'ai des nouvelles de ma béta je ferai une update, promis.
Merci beaucoup à Cinnam et Guest pour les commentaires, je suis toujours super contente de les lire !
Update 15/09/16 : voilà le chapitre corrigé !
Chapitre 9: Visites surprises
Le soir du six janvier, la veille du retour de Dimitri et, accessoirement, le jour de son vingt-sixième anniversaire, Rose buvait un verre de vin blanc en observant la cheminée d'un œil absent. Comme tous les ans à cette date, Hugo la contacterait via le réseau de cheminette pour lui souhaiter un joyeux anniversaire et papoter une heure ou deux en parlant de leur travail respectif tout en glissant de temps en temps des nouvelles de leur famille.
La jeune femme avait hâte que ce petit rituel survienne, chaque année, mais cette fois, elle était encore plus excitée que d'habitude. C'était ce soir qu'elle avouerait à son frère sa présence en Angleterre le mois suivant et elle était impatiente de voir sa tête en apprenant la nouvelle. Elle se rappelait encore leur première conversation après son arrivée en Russie, quand elle lui avait dit de manière catégorique qu'elle ne viendrait au Bal des Potter pour rien au monde.
Comme son avis avait changé depuis ! Elle aussi avait changé, d'ailleurs. Dimitri lui avait permis de refermer certaines blessures et elle espérait que ce séjour dans son pays d'origine y contribuerait également.
A vingt heure pile, le feu dans la cheminée vira au mauve, le signal de l'enclenchement d'une communication internationale, et la jeune femme jeta un sort de déblocage, pour autoriser la liaison de sa cheminée avec celle d'Hugo, ainsi qu'un sort de projection. Quelques secondes plus tard, la tête brune de son frère apparut dans les flammes, un grand sourire barrant son visage.
- Joyeux anniversaire, Rosie ! Tu deviens tellement vieille qu'à chaque fois j'ai peur de découvrir des rides !
Heureuse de retrouver l'humour bon enfant du jeune homme à qui elle n'avait pas parlé depuis la semaine passée, la jeune femme dû lutter contre un étrange instinct qui la poussait à aller le prendre dans ses bras et se contenta de rire à sa plaisanterie avec bonne humeur.
- Moi aussi je suis contente de te voir, Hugo.
- Ne soit pas si rabat-joie, grande-sœur, tu sais très bien que tu seras toujours la plus jolie. Mais il faut bien que tu vieillisses un peu pour me laisser une chance !
Le ton faussement plaintif du brun la fit rire de nouveau, et son cœur se serra au souvenir de la dernière fois où elle avait vu son frère en chair et en os. Cela remontait déjà à six mois … La perspective de son retour semblait rendre le manque encore plus vif.
Ils discutèrent pendant environ vingt minutes de choses et d'autres, heureux de se retrouver même s'ils parlaient ensemble chaque semaine, puis Rose décida que c'était le moment de lâcher la bombe.
- Il faut que je te dise quelque chose, commença-t-elle alors qu'il finissait juste de lui parler du dernier accident magique cocasse qu'il avait dû effacer de l'esprit des Moldus. Tu es au courant que je sors avec quelqu'un en ce moment …
- Oui tu me l'as dit il y a un mois, Rosie, pourquoi ? C'est finis entre vous ? S'il t'as fait du mal, il va devoir surveiller ses arrières !
- Non, non ! Ce n'est pas du tout ça ! s'empressa de le corriger la jolie rousse alors que son frère s'énervait à vue d'œil. C'est juste que je ne t'ai jamais dit comment il s'appelait.
- Je sais, mais je pensais que c'était parce que ce type n'avait aucune importance. En quoi son nom pourrait-il m'intéresser ?
- Pas important !? Hugo, tu trouves que je suis le genre de personne à enchainer les aventures sans lendemain ?
- Non, c'est vrai. Alors, comment s'appelle-t-il puisque cela semble tellement important ?
La jeune anglaise eut une brève hésitation, se demandant si elle n'aurait pas finalement dû d'abord révéler sa présence au bal avant de parler du sujet délicat. Elle savait très bien que ce point ne poserait pas de problème à Hugo, mais elle avait voulu procéder de cette manière pour jouer une sorte de tour à son frère, qui comprendrait exactement quelles seraient les réactions des autres Weasley et en rirait. Maintenant il était trop tard pour faire autrement, mais elle priait pour que le jeune homme le prenne comme elle l'escomptait.
- Il est Russe, commença-t-elle avec précaution, et il travaille au palais impérial.
- Rose, je me fiche qu'il soit Chinois, Espagnol ou Français, et encore plus de son boulot ! C'est son nom que je veux connaître, surtout s'il est aussi difficile pour toi de me l'avouer.
Il y eu un bref silence avant que la rousse ne dise finalement le mot fatidique à toute vitesse.
- Est-ce que tu peux répéter, je n'ai rien compris.
- DO-LO-HOV ! Il s'appelle Dimitri Dolohov, voilà !
Hugo resta bouche bée quelques secondes avant de sourire.
- Ah, je vois … certainement la branche principale de cette famille, non ? Il n'a aucun lien avec les Mangemorts ?
Elle secoua la tête en signe de dénégation et son frère l'enveloppa d'un regard de tendre indulgence, comme si pour une fois, ce n'était plus elle l'aînée.
- Et alors, Rosie, quel est le problème ? Tant que ce Dimitri ne te fait pas de mal, je ne vois pas ce qui pourrait être si grave au point que tu sois gênée de m'en parler.
Un peu soulagée, la jeune femme décida de continuer sur sa lancée et lui avoua avec beaucoup moins de difficulté qu'elle serait en Angleterre du douze au quinze février. En compagnie de Dimitri. Cette nouvelle sembla réjouir son frère qui pleura de rire pendant cinq bonnes minutes.
- Oh mon dieu, Rosie ! ça c'est vraiment bien joué ! Agiter ton Mangemort de petit-ami à la soirée de l'année, juste au nez et à la barbe de nos parents, c'est grandiose. Ils vont en faire une syncope, c'est obligé !
- Alors ça ne te pose pas de problème ? Je veux dire, ils vont certainement être très énervés et tu es plus proche d'eux donc … je ne veux pas que ça te retombe dessus !
- Je ne suis pas plus proche d'eux, Rose, et tu le sais, répondit-il tout à coup bien plus sérieux. Ce n'est pas parce que je supporte leur présence plus souvent que toi que nous partageons quoi que ce soit.
Se mordant les lèvres, un peu honteuse de s'être si mal exprimée et d'avoir blessé son frère sur un sujet aussi sensible, la jeune femme décida de recourir à la tactique préférée d'Hugo pour se sortir des situations délicates, l'humour.
- Je suis désolée, petit-frère, je ne voulais pas dire ça. C'est juste que, comme tu viens de le dire, tu les vois régulièrement aux repas de famille, et tu sais que j'ai vendu mon appartement Londonien il y a deux ans …
- Et tu veux venir squatter chez moi, c'est ça ?
Il sembla plus apaisé que quelques secondes plus tôt et il sourit même à Rose avec sa malice coutumière.
- Je te préviens, Rosie, si vous venez dormir dans mon appartement, hors de question que je sois témoin de quelques galipettes que ce soit !
Amusée par le premier sujet de préoccupation de son frère, elle éclata de rire et lui promis de prévenir son compagnon qu'ils seraient astreints à la chasteté pendant ces quatre jours. Mais elle perdit un peu de sa joie quand Hugo lui demanda s'il ne pouvait pas rencontrer tout de suite l'homme qui avait réussi l'exploit de conquérir sa sœur.
- En fait, c'est impossible. Il a été absent toute la semaine pour son travail et il ne reviendra que demain.
- Il a raté ton anniversaire ?
Son frère semblait scandalisé.
- En fait pas vraiment, sourit-elle en exhibant sa nouvelle bague, il m'a simplement offert un cadeau un peu en avance, et un autre arrivera à son retour.
L'air admiratif d'Hugo étonna un peu la jeune femme, mais elle s'écroula de rire quand il laissa échapper que c'était une bonne idée qu'il réutiliserait surement.
Ils terminèrent la communication quelques minutes plus tard, après que Rose ait transmis à son frère un message de sa part pour le directeur Flitwick, et la jeune femme sourit, seule dans le salon de l'appartement de son compagnon. Cette petite discussion avec Hugo lui avait fait beaucoup de bien, d'autant plus qu'elle savait maintenant que la personne de qui elle avait été la plus proche pendant la majeure partie de sa vie acceptait Dimitri sans aucun problème. Dorénavant, le rejet de ses parents était la dernière épreuve qu'ils auraient à affronter, et ensuite ils pourraient vivre leur vie ensemble sans avoir à se préoccuper de l'avis de quiconque.
Le lendemain matin, elle se leva une heure plus tôt que d'habitude, trop impatiente de revoir son compagnon pour dormir plus longtemps. Il transplana dans son appartement vers huit heure, juste le temps de déposer ses valises et un baiser sur les lèvres de Rose, avant de retourner au palais pour faire un rapport à son cousin. C'est seulement lors de sa pause déjeuner que la jeune femme put échanger quelques mots avec lui.
- Alors ce sommet ? Quelles nouvelles des sortilèges interdits ?
- Eh bien, pas grand-chose dans l'ensemble. Assez peu de pays ont fait évoluer leur législation concernant ce sujet. Soit ils sont trop laxistes, soit trop strictes, mais en tout cas, le fait le plus marquant concerne l'Angleterre qui a adopté des nouvelles mesures plutôt intéressantes.
- Oh, tu parles surement de l'interdiction d'utiliser les sortilèges inventés par les Mangemorts pendant la dernière guerre ! s'exclama la jolie rousse. Je parlais justement de ça avec le Ministre lors de notre entretient la semaine dernière. Qu'en penses-tu ?
- Pour moi, c'est une bonne idée qui aurait dû être mise en place plus rapidement, après tout cela fait presque quarante ans ! Mais bon, il vaut mieux tard que jamais.
- Oui, je sais, mais il faut aussi prendre en compte le fait que les précédents gouvernements se sont surtout concentrés sur les réformes pour diminuer la mainmise des aristocrates sur le pouvoir politique. Je crois que beaucoup ont aussi imaginés qu'en ne remettant pas le sujet de ces sorts sur la table, tout le monde les oublierait.
Le ton de sa voix laissait clairement deviner que la manière dont les politiciens de l'époque avaient géré la situation n'était pas la meilleure, mais Rose savait aussi qu'un pays mettait du temps à se remettre d'une guerre civile, et encore aujourd'hui, certaines cicatrices n'étaient toujours pas totalement refermées. Même si cette nouvelle loi était seulement un petit pas en avant, c'était tout de même une avancée importante dans une société très attachée aux traditions ancestrales et aux méthodes du « bon vieux temps » comme la société sorcière britannique. Elle était toujours effarée de voir que depuis la création du ministère au dix-septième siècle, assez peu de choses avaient changé, autant en ce qui concernait les procédures que les lois. En Angleterre, chaque petit progrès était important, même si plusieurs projets avaient été lancés sous le mandat de Conor Deauclair. Avoir fait ses études aux Etats-Unis avait donné à ce dernier une idée assez innovante de ce que le rôle de ministre impliquait, et il avait beau être d'une insupportable arrogance, il n'en restait pas moins plus efficace que tous ceux qui l'avaient précédé.
A la fin de la journée, Rose et Dimitri se retrouvèrent dans le restaurant où ils avaient pris leur premier repas, lors de l'arrivée de la jeune femme en Russie, et le grand blond décida de dévoiler à sa compagne la seconde surprise qu'il lui avait préparé pour son anniversaire.
Après s'être fait servir deux shooter de Vodka, ils portèrent un toast aux vingt-six ans de la rousse puis il lui tendit un petit paquet rectangulaire. Incroyablement curieuse, elle s'empressa de déchirer le papier cadeau pour découvrir le présent dissimulé à l'intérieur, mais elle ne put s'empêcher d'afficher une mine déconfite quand elle se rendit compte que la boite était vide.
- Dima, qu'est-ce que … commença-t-elle en retournant le paquet dans tous les sens, mais elle ne finit pas sa phrase car une sorte de halo l'entoura.
La sensation fut brève, comme si elle s'était mise à flotter quelques secondes avant de redescendre sur Terre, et elle crut presque avoir rêvé. Mais le regard plein d'attente de son compagnon lui fit comprendre que ce qu'elle avait ressenti était bien réel et, quoi que fut ce sortilège, il s'attendait à ce qu'elle comprenne d'elle-même de quoi il s'agissait.
Malheureusement, son cerveau semblait incapable de faire les connections qui d'habitude lui venaient d'elles même, et elle dû réfléchir pendant cinq bonnes minutes sous le regard scrutateur de Dimitri, avant d'avoir le déclic. Et même à ce moment-là, elle se demanda si elle n'était pas en train de prendre ses rêves pour des réalités. Il fallut que le grand russe réponde par un sourire et un hochement de tête confiant à son regard incrédule pour qu'elle parvienne finalement à y croire un tout petit peu.
- Tu es sur de toi ? C'est assez définitif comme proposition…
- Roza, commença-t-il en lui attrapa la main pour déposer un baiser sur son dos, j'ai pensé à ce moment pendant des semaines. Bien sûr que je suis sûr de moi ! Si je me retenais de te le proposer plus tôt, c'est simplement pour te laisser le temps de t'adapter à la situation, de ne pas te sentir entrainée dans quelque chose que tu ne pouvais plus maitriser.
Le sourire qui fleurit sur le visage de la jolie rousse valait toutes les réponses du monde et elle se demanda à partir de quel moment cet homme incroyable avait compris ses inquiétudes. Aujourd'hui, elle n'avait plus peur de s'engager durablement avec lui, mais au début de leur relation, elle était tellement peu habituée aux relations sincères de la part d'étrangers, et principalement masculins, qu'elle serait surement partie en courant.
- Alors c'est entendu ? Tu vas t'installer chez moi ? Parce que le sortilège d'acceptation n'est valable que dix heures et si tu ne déverses pas un peu de ta magie dans les sorts protecteurs de mon appartement, je devrais te le relancer.
La plaisanterie la fit rire, mais elle compris tout de même que derrière cet humour, l'inquiétude qu'elle refuse sa demande avait tiraillé Dimitri. Il semblait prendre leur relation aussi au sérieux que Rose, ce qui lui fit très plaisir même si elle l'avait déjà compris quand il lui avait présenté sa famille. Savoir qu'il voulait toujours être avec elle malgré ses défauts et sa propre famille qu'elle trainait comme un boulet était très réconfortant.
Elle se leva, pleine d'enthousiasme et, oubliant le repas qu'ils attendaient, elle attrapa la main de son compagnon pour l'entrainer vers la sortie en laissant quelques gallions sur la table pour leurs boissons. Maintenant qu'elle pouvait appeler l'appartement de l'île de Kronshtadt leur chez eux, elle n'allait pas attendre une minute de plus pour le célébrer, de préférence avec Dimitri et dans leur chambre.
– l'ambassadrice –
Le 12 février, un peu plus d'un mois plus tard, ils prirent un Portoloin international pour l'Angleterre – un des tout premiers résultant de l'association entre la Russie et BorderFlash. En sortant de la salle des arrivées, ils se retrouvèrent face à Hugo, qui avait hâte d'enfin rencontrer l'homme pour qui sa sœur changeait toutes ses habitudes.
- Petit frère ! Je suis super contente de te voir, s'exclama la jeune ambassadrice en le prenant dans une étreinte, je te présente Dimitri Dolohov. Dimitri, mon frère Hugo Weasley.
Un peu nerveux mais utilisant tout son talent pour le cacher, le Russe tendit la main au brun qui la serra après l'avoir dévisagé d'un air pensif, comme s'il se demandait ce que Rose avait bien pu lui trouver.
- Ravi de vous rencontrer enfin, dit le jeune homme au visage couvert de taches de rousseur, j'ai vraiment hâte de voir la tête des parents quand ils feront votre connaissance.
- Je ne sais pas si je dois me sentir flatté ou si je dois plutôt partir en courant.
Le ton plein d'ironie du Conseiller Militaire fit apparaître un rictus sur le visage du fils de Ron et Hermione Weasley.
- Je ne sais pas comment je réagirais à votre place mais, il était grand temps que quelqu'un bouscule leurs petites habitudes. Que ce soit la fille prodigue au comportement habituellement parfait et raisonnable qui le fasse est simplement la cerise sur la gâteau.
- Bon, maintenant que les présentations sont faites, je crois que ce serait une bonne idée d'aller nous installer chez toi, les interrompit la jeune femme en levant les yeux aux ciel aux paroles de son frère.
Franchement, est-ce qu'il était obligé d'essayer d'effrayer son compagnon ? Heureusement que Dimitri savait déjà ce qui l'attendait ! De la part de leurs parents tout du moins car elle ne pouvait que faire des suppositions sur les réactions du reste de la famille.
Ils transplanèrent donc sur le chemin de traverse, couverts de puissants sorts de discrétions pour éviter qu'on les reconnaisse, et rejoignirent une des rues résidentielles, perpendiculaire à la célèbre allée. Hugo vivait dans un grand appartement à la décoration mélangeant monde moldu et sorcier qu'il avait pu s'offrir grâce à l'héritage de leurs grands-parents maternels. Un adorable vieux couple typiquement non-sorcier qui avait cessé d'essayer de comprendre leur fille après ses sept premières années dans son nouveau monde.
Cette distance qu'elle avait mis entre eux les avaient toujours fait beaucoup souffrir, mais après qu'elle leur ait effacé la mémoire et les aient envoyé en Australie pendant un an, le lien entre eux avait été définitivement abimé. Ils avaient cependant mis un point d'honneur à s'occuper de leurs petits-enfants autant que le faisaient leurs grands-parents Weasley et Rose et Hugo les avaient toujours adorés. Cela n'avait donc rien eu d'étonnant qu'au lieu de léguer leurs biens et leur argent à leur fille unique, ils sautent une génération et fassent de ses deux enfants leurs seuls bénéficiaires.
Cupide comme il l'était, Ron avait failli s'évanouir en apprenant que sa femme, et donc lui par association, n'obtiendraient rien. Le coup de grâce avait d'ailleurs été vraiment jouissif pour la jeune rousse et son frère car, alors que leur père s'était ressaisit – surement en se disant que lui ou Hermione seraient nommés administrateurs de ce capital jusqu'à la majorité de leurs enfants et qu'ils pourraient donc s'arranger pour en garder un peu pour eux – le notaire moldu avait ajouté qu'il avait été chargé par ses clients de faire fructifier leur argent jusqu'à ce que Rose et Hugo puissent s'en charger seuls. La jeune femme n'oublierait jamais le choc qui avait figé le visage de son père.
Elle avait dix-sept ans à l'époque et, même si c'était l'âge de la majorité dans le monde sorcier, elle avait dû attendre une année de plus avant de pouvoir toucher son héritage, en accord avec les lois moldues. Elle se souvenait encore du regard de convoitise dont l'avait enveloppé son géniteur ce cinq janvier deux mille vingt-quatre lorsqu'elle avait reçu un courrier du notaire qui requérait sa présence le plus rapidement possible afin de la rendre officiellement responsable de son nouveau capital. A ce moment-là, elle avait vraiment été soulagée que ses grands-parents ne l'aient pas nommée administratrice de celui de son frère jusqu'à sa majorité car elle aurait certainement giflé son père avant les seize ans d'Hugo la même année.
Mais, malgré les nouvelles tensions qu'il avait engendré, cet héritage avait également été une véritable bénédiction. En effet, cela avait offert à Rose, et plus tard à Hugo, l'indépendance financière dont ils manquaient pour être en mesure d'échapper à leurs parents. Grâce aux défunts, la jeune femme avaient pu s'offrir son premier appartement, en plein cœur du Londres moldu, au milieu de la foule des anonymes qui défilait chaque jours devant les panneaux publicitaires de Piccadilly Circus et qui ne traitait pas la jolie rousse comme la progéniture inintéressante d'un couple que tout le monde trouvait incroyable. Plus tard, après de bons placements de la part des gobelins sur plusieurs années, elle s'était rendu compte qu'elle était en possession d'une jolie fortune et qu'en faisant attention, elle n'aurait même pas besoin de travailler pour vivre. Cela n'avait jamais été son objectif, mais elle avait malgré tout retiré une grande joie du fait de savoir qu'à seulement vingt-deux ans, elle était à moitié aussi riche que son intéressé de père. Bien sûr elle ne lui l'avait jamais dit !
Pour en revenir à l'appartement d'Hugo, à chaque fois qu'elle y pénétrait, elle revivait les souvenirs joyeux qu'elle avait de ses grands-parents, et à son avis, se servir de leur argent pour se construire un endroit où vivre heureux était un excellent moyen de se souvenir de Miranda et John Granger.
Il était midi quand le couple eut fini de s'installer et ils décidèrent de manger quelque chose de rapide en compagnie d'Hugo avant qu'il ne doive les abandonner pour retourner au travail. Il avait déjà été chanceux que son patron accepte de lui accorder la journée du quatorze pour qu'il puisse soutenir sa sœur pendant sa préparation pour le bal – il craignait d'ailleurs une crise de stress – il n'allait pas tenter le sort.
Une fois qu'il fut parti, Rose prévint son compagnon, avec un sourire un peu incertain, qu'elle lui avait préparé une surprise. Il l'interrogea pendant au moins dix minutes, le temps de jeter quelques sorts de nettoyage et de verrouiller l'appartement, mais elle ne lui donna aucun indice quant à leur destination. Elle avait l'air excité, comme une petite fille qui fêtait Noël, mais également tendu. Elle semblait ne pas savoir comment il accueillerait sa surprise. Toujours incognito, ils se rendirent dans la rue, hors des limites des protections anti-transplanage de l'immeuble, et la jolie rousse lui pris le bras pour disparaitre vers un endroit inconnu dans un crac sonore.
- Bienvenue à Poudlard ! s'exclama un petit homme aux cheveux blancs alors que le couple apparaissait devant lui. Je suis ravi de vous revoir, Mademoiselle Weasley ! Et qui est votre accompagnateur ?
Dimitri reconnu rapidement le directeur de l'école de sorcellerie britannique, Fillius Flitwick, et il laissa ce dernier lui serrer la main, un peu confus. Pourquoi Rose l'avait-elle amené ici ?
- Je suis très contente de vous revoir moi aussi, professeur, sourit-elle, et je vous présente mon compagnon, Dimitri Gavriilovitch Dolohov.
A la mention du nom du Russe, le demi-gobelin ne sourcilla même pas, ce qui surpris agréablement le cousin de l'Empereur.
- D'après la lettre que m'a confié votre frère, vous voulez une autorisation de visite du château ?
- Oui, enfin, simplement du septième étage, si vous voyez ce que je veux dire, monsieur.
Le ton de conspirateur des deux Anglais mit la puce à l'oreille de Dimitri. Sa compagne lui préparait une surprise, et il semblait que le professeur Flitwick ait deviné ce dont il s'agissait.
- Je n'y vois pas d'inconvénient, mais seulement à condition que ce petit arrangement reste entre nous. Je ne voudrais pas que cet endroit devienne la nouvelle attraction à la mode. Je vous fais cette faveur parce que vous êtes une des meilleurs élèves qu'ait connu Poudlard, ne trahissez pas ma confiance.
- Je vous promets que personne ne sera jamais au courant, Monsieur. J'aimerais simplement montrer à Dimitri là où mes meilleurs souvenirs d'école se sont déroulés.
- Dans ce cas, je vous souhaite une bonne après-midi, lança le petit homme en les abandonnant devant les portes du château. J'espère vous voir au bal après demain !
- Nous vous saluerons, professeur ! s'exclama la jolie rousse, mais surtout n'oubliez pas, cela reste entre nous.
Une fois qu'il eut disparu, la jeune femme se tourna vers son compagnon, un grand sourire aux lèvres.
- Maintenant, nous pouvons profiter de cette journée, viens !
Elle rit, lui attrapa la main et l'entraina à sa suite dans les escaliers du grand hall, laissant à peine le temps au Russe d'admirer le sol de marbre et les nombreux tableaux accrochés aux murs. Elle semblait concentrée sur son objectif : aller au septième étage.
Ils étaient tous les deux essoufflés quand ils atteignirent un couloir au mur orné d'une ridicule tapisserie représentant des trolls dansants. Mystérieuse, Rose lui demanda de rester immobile et se mit à faire des allers-retours en marmonnant dans sa barbe. Après trois passages, une porte apparut sur le mur qui faisait face à l'amusante œuvre d'art et elle s'empressa d'aller l'entrouvrir pour jeter un coup d'œil furtif à l'intérieur de la pièce qui se trouvait derrière. Apparemment satisfaite, la jolie rousse revint vers lui pour l'entrainer à l'intérieur.
- Bienvenue dans la salle sur demande !
La révérence avec laquelle elle prononça le nom de cet endroit étonna Dimitri. C'était comme si elle s'attendait à ce qu'il le connaisse, même en n'ayant jamais mis les pieds à Poudlard.
- Mince, j'ai oublié qu'en tant que Russe, tes cours d'histoire de la magie ne devaient pas être aussi axés sur la guerre contre Voldemort que pour nous, s'exclama-t-elle avec une grimace comique. Enfin, en résumé, cette pièce est très célèbre en Grande-Bretagne car c'est ici que se sont cachés beaucoup d'élèves dissidents lors de l'année maudite, lorsque le Professeur Severus Rogue était à la tête de l'école.
Le cousin de l'empereur, fronça les sourcils, un peu confus.
- Je croyais pourtant que Rogue était un des grands héros de la dernière guerre, en tant qu'espion je crois. Pourquoi l'appelez-vous l'année maudite ?
- Oh, mais le nom ne fait pas référence au directeur de l'époque, plutôt aux professeurs Mangemorts qui terrorisaient les élèves, les Carrow. Nous avons entendu parler de ces évènements des centaines de fois, par nos parents, nos professeurs, dans les livres même. (Elle eut un regard vague pendant quelques secondes, comme perdue dans ses souvenirs.) Enfin ! Pour en revenir à la salle sur demande, elle est absolument géniale car elle permet à ceux qui sont à l'intérieur d'obtenir ce qu'ils désirent, d'une manière ou d'une autre. Enfin dans la mesure du possible bien sûr !
Dubitatif sur l'existence d'un tel lieu, surtout en plein cœur d'une école remplie de dizaines d'adolescents aux hormones très actives, il arqua un sourcil sceptique. Il n'était pas bien difficile de deviner ce qu'ils pouvaient bien demander à la salle.
- Si je t'assure ! Faisons un essai, vas-y ! Pense à quelque chose que tu aimerais voir, ou faire.
Amusé par l'engouement que cet endroit suscitait chez Rose – qu'avait-elle bien pu faire ici pendant ses années d'études ? profiter d'une bibliothèque géante ? – il se pris au jeu et ferma les yeux, se concentrant afin de trouver une chose amusante.
– l'ambassadrice –
- Hey, ne te moque pas de moi ! s'exclama la jeune ambassadrice en tapant légèrement l'épaule de son compagnon, confortablement installée contre son torse. Je n'avais jamais fait ça avant.
- Ca je m'en serais douté, plaisanta le Russe en posant son menton sur le haut du crane de la jeune femme. Mais bon, ce n'était qu'un tout petit manèges de rien du tout. Je n'ose même pas imaginer ce qu'il se serait passé si j'avais conjuré une véritable montagne russe.
- Oh ça va…
Elle était tellement adorable quand elle ronchonnait de cette manière que le grand blond ne résista pas à son envie de l'embrasser, malheureusement, alors que le baiser se transformait en quelque chose de plus passionné, le bruit de la cheminée qui se reliait au réseau de cheminette les interrompit.
Avec un grognement de frustration, la jeune rousse se leva, accepta la communication d'un mouvement de baguette et se tint devant l'âtre, prête à renvoyer cet inopportun droit chez lui. Elle fut très surprise quand ce fut sa meilleure amie qui débarqua, les bras encombrés de volumineuses housses.
- Leynah ? Mais qu'est-ce que tu fais ici ?
- Salut Rose, Dimitri. Je suis contente de vous voir moi aussi ! ironisa la jeune indienne en déposant son fardeau sur un fauteuil.
- Désolé, c'est juste que nous ne t'attendions pas …
- Je sais ! Je voulais vous faire la surprise !
Elle paraissait très contente d'elle-même et, avec un sourire d'anticipation, elle attrapa une des deux housses qu'elle avait apporté pour la tendre au blond.
- Tiens, voilà pour toi Dimitri. (Elle attrapa la seconde housse.) Et voilà celle de Rose.
- Qu'est-ce que c'est ? s'enquit la jeune anglaise, ayant déjà presque deviné la réponse.
- Mais, des robes de soirée enfin ! Tu ne crois quand même pas que nous allions vous laissez vous rendre à un bal aussi prestigieux dans autre chose que du Zakhoïev ?! J'ai travaillé pendant des jours pour vous créer les tenues parfaites. Enfin, ne t'inquiète pas, Dimitri, j'ai fais un véritable effort de sobriété pour toi.
La dernière phrase de la jeune femme rassura le grand Russe, qui pendant quelques secondes avait eu peur de se retrouver affublé d'une robe de sorcier aux allures de clown à la soirée où il devait rencontrer les parents de sa compagne.
Excitée comme une puce par ce somptueux cadeau, la jeune ambassadrice remercia sa meilleure amie d'une étreinte et s'empressa d'emmener sa nouvelle robe dans sa chambre pour des essayages. Dimitri sourit à cette réaction qui, par sa démesure, trahissait déjà l'état de stress dans lequel se trouvait Rose à quelques dizaines d'heures du bal, et il ne remarqua tout d'abord pas que Leynah, au lieu de suivre son amie comme il s'y serait attendu, était toujours debout à quelques mètres de lui.
- Tu as quelques chose à me dire ? s'enquit-il enfin après un silence un peu gênant sous le regard scrutateur de la jeune Indienne.
- En fait oui.
Sa voix était ferme, son ton résolu, comme si elle avait dû longuement réfléchir avant de se décider à aborder le sujet qui allait suivre.
- Je voulais juste te prévenir, parce que Rose ne le fera surement pas. Ce n'est pas parce qu'elle te ment ou quoi que ce soit, c'est simplement qu'elle penses que tu le sais déjà. Enfin, bref, tout ça pour dire que ce bal, où vous vous rendez … il était à l'origine organisé comme une sorte de contrepoids joyeux à la célébration annuelle en l'honneur des victimes de la Seconde Guerre contre Voldemort.
Le grand blond fronça les sourcils, se demandant où la jeune femme voulait en venir exactement. Il savait évidemment tout de l'histoire de ce bal – enfin tout ce qui était disponible dans les archives publiques – car il était de son devoir de se renseigner sur un évènement avant de s'y rendre.
- Qu'est-ce que tu veux me faire comprendre exactement, Leynah ?
- Dimitri, soupira-t-elle, juste … veille sur elle d'accord, parce que le fait que tu l'accompagnes ce soir ne sera certainement au gout de tous. Je ne la laisserai pas souffrir autant que j'ai souffert à cause de ma famille.
C'était la première fois que la jeune maman parlait ouvertement de son passé devant lui et le Conseiller Militaire, curieux depuis déjà un moment, se demanda s'il ne pourrait pas essayer d'en savoir plus, entre autre sur les circonstances de la rencontre entre Rose et sa meilleure amie. Il s'approcha donc de la jeune Indienne et lui désigna le canapé d'un geste. Comme recroquevillée sur elle-même, elle paraissait plus petite qu'elle ne l'était réellement et il eut presque des remords à l'idée de remuer de mauvais souvenirs. Cependant, à son plus grand étonnement, c'est elle qui décida de continuer sur ce sujet.
- Je me doute que tu dois te poser beaucoup de questions sur moi, sur mon passé. (Elle eut un rire sans joie) Après tout, pourquoi une jeune Indienne et son fils vivent-ils avec une ambassadrice Britannique ?
Silencieux, Dimitri posa précautionneusement une main sur son épaule qu'il pressa brièvement. Un geste de réconfort plutôt maladroit mais qui sembla faire plaisir à Leynah.
- Pour comprendre comment nous en sommes arrivés là, il faut remonter il y un peu plus de cinq ans. Rose n'était pas encore ambassadrice en Inde et nous ne nous étions donc jamais rencontrées. J'étais une jeune fille heureuse, gâtée, ayant toujours vécu dans un milieu privilégié avec des parents plutôt indifférents et un frère que j'adorais. (Pendant quelques secondes, la souffrance crispa ses traits) Il avait quelques années de plus et, contrairement à moi, il avait toujours été intéressé par ce qui se passait hors de notre bulle de familles riches et influentes. Il voulait devenir médecin, aider les plus pauvres. Un véritable samaritain !
La tendresse qui colorait sa voix ne laissait aucun doute : elle devait beaucoup admirer son grand frère. Néanmoins, l'usage du passé laissait peu de doutes sur le fait qu'il ne devait plus être de ce monde pour veiller sur elle aujourd'hui.
- Il est même tombé amoureux d'une fille de classe inférieure. Oh pas pauvre ou quoi que ce soit ! Simplement de la classe moyenne avec une famille heureuse qui était ravie que leur enfant ait trouvé le bonheur avec un homme qui pourrait prendre soin d'elle. Malheureusement, ça ne s'est pas passé comme ça. Mes parents étaient malades à l'idée que leur précieux héritier épouse une femme du peuple !
L'ironie dans sa voix était aussi mordante qui la souffrance qui semblait la dévorer de l'intérieur alors qu'elle remuait ses souvenirs.
- Leur plan était maléfique. Au début, ils ont fait semblant d'accepter, d'être heureux du bonheur d'Amal. Mais ensuite, ils ont demandé une dot d'un montant si élevé que la famille de Priya n'aurait pas pu la payer sans se ruiner. C'était la parfaite excuse. (Elle croisa les bras, comme pour se protéger) J'avais à peine vingt ans, je rentrais à la maison après avoir passé l'après-midi chez une de mes amies. Ils ne m'avaient pas entendu arriver, ils étaient trop occupés à essayer de taire les cris de Priya.
Elle avait un regard hanté, les images du visage couvert de contusions de la fiancée de son frère étaient encore imprimés sur ses paupières et la narguaient dès qu'elle fermait les yeux.
- Je suis resté figée, cachée derrière une porte, et je les ai vus la bruler vive. Ils l'avaient passé à tabac avant bien sûr, pour faire bonne mesure. Mais je n'oublierais jamais les hurlements d'agonie qu'elle a poussé. A ce moment-là, j'aurais dû m'en aller, mais je suis resté figée. Je crois que je ne voulais pas la laisser mourir seule avec mes parents.
Elle se tourna vers lui, les yeux brillants.
- Je suis quand même partie, une fois le silence revenu. Je voulais prévenir mon frère. Je savais à quel point il était amoureux et je crois qu'à ce moment-là, j'étais tellement effrayée par ce que pouvaient faire mes parents pour arriver à leurs fins que je voulais qu'il me dise quoi faire. Mais ce n'est pas ce qui est arrivé. Quand Amal a appris ce qu'ils avaient fait à Priya, il est devenu fou de douleur. Il a pris sa voiture – il était fan de ces bolides moldus – et est parti de la maison pour aller chez son meilleur ami.
Elle eut un sourire rêveur, un peu nostalgique, une de ses premières manifestations de joie depuis le début de son récit.
- Taj était merveilleux. Il connaissait Amal, et donc ma famille, depuis son enfance. Nous évoluions dans les mêmes cercles, avec les mêmes personnes. Il connaissait Priya également et l'appréciait beaucoup parce qu'elle rendait mon frère heureux. Enfin, … Amal est donc parti chez Taj pour, je ne sais pas, se confier ou discuter d'une manière de faire payer mes parents. Mais, à un moment donné, ils ont dû décider de venir à la maison, peut-être pour les confronter, et alors qu'ils étaient en voiture, un camion leur est rentré dedans. Ils sont morts sur le coup.
Après ces révélations, ce ne fut pas très difficile pour Dimitri de combler les blancs et ce fut plus une affirmation qu'une question quand il demanda à Leynah si Taj était le père de son fils. Leurs prénoms étaient tellement semblables que l'hommage était flagrant.
- Oui, c'est vrai. S'il avait vécu assez longtemps pour vivre la cérémonie, Raj serait vraiment un Khan aujourd'hui. C'était le nom de Taj, précisa-t-elle en croisant le regard interrogateur du Russe, mais puisque nous ne nous sommes jamais mariés, je n'ai normalement aucun droit de le porter. Rose a réussi à réussit à m'obtenir des papiers à ce nom quand elle était ambassadrice en Inde.
- Mais pourquoi es-tu partie de chez toi ? et comment vous êtes-vous rencontrés ? Parce que si je comprends bien tu es tombée enceinte d'un homme qui prévoyait de t'épouser, qui t'aimait et venait d'une bonne famille. Tes parents n'auraient rien eu à redire, non ?
- Non n'étions pas mariés, Dimitri, alors bien sûr qu'ils auraient été en colère. Ils m'auraient peut-être même fait subir le même traitement que Priya. Alors je me suis enfuie, tout en ne sachant pas vraiment comment je pourrais m'en sortir avec un bébé de quelques mois dans le ventre.
Elle caressa son abdomen d'un air absent, comme si la sensation lui revenait avec les souvenirs.
- Je te l'ai dit, j'étais une fille de riches, je ne savais pas me débrouiller toute seule. J'ai donc vite été sans ressources et je me suis tourné vers des amis de la famille que je pensais connaître suffisamment pour savoir qu'ils ne parleraient pas de ma visite. Seulement j'avais tort, et pendant deux semaines j'ai dû fuir plusieurs fois les hommes de mes parents. C'est lors d'une de ces parties de cache-cache que j'ai atterri à l'ambassade britannique. Je me terrais dans les toilettes, affamée, terrifiée, et c'est là que Rose m'a trouvée. (Son sourire, empli de gratitude, illumina ses traits) Elle m'a nourrie, habillée, a payé un médicomage pour qu'il suive ma grossesse de façon discrète et, après l'accouchement, elle s'est occupée de mon bébé avec moi. Je ne sais pas ce que j'aurais fait sans elle, mais en tout cas peu importe, elle m'a sauvée.
Elle se tourna vers lui et planta ses yeux dans les siens, brusquement sérieuse.
- Rose a été mon ange gardien quand j'en avais le plus besoin, et maintenant qu'elle aussi s'apprête à affronter des moments difficiles avec sa famille, je ferais tout ce qui est en mon pouvoir pour l'aider. Tout comme toi. Je te fais confiance, Dimitri, je penses que tu t'occuperas bien d'elle.
Son sourire un peu triste, comme si elle-même se demandait si un homme ne le ferait jamais pour elle, fit de la peine au grand blond mais avant qu'il n'ait pu bouger un muscle, elle se leva, lui fit un signe de main et rejoignit Rose dans la chambre.
Pour infos, ce genre de châtiment était possible en Inde en réponse au non payement d'une dot.
