Les quelques jours qui suivit la transformation d'Édesse furent très difficiles pour cette dernière. Elle était dans l'incapacité de pouvoir nier que tout ceci n'était qu'une mauvaise farce en raison de sa nouvelle nature elfique qui la laissait encore confuse. Le premier jour, la jeune femme était restée barricadée dans sa chambre, refusant de voir quiconque même son pseudo-ami, Aragorn. Elle avait pleuré du matin jusqu'au soir jusqu'à ce que ses larmes se tarissent et qu'elle sombre dans un sommeil profond. Son ancienne vie sur Terre lui manquait plus que tout autre chose. Elle s'ennuyait de ses parents, de sa meilleure amie, de son chat et de la technologie du 21e siècle qui chose si importante pour une adolescente. Ne pas avoir en main son cellulaire ou son IPad était une vraie torture. Le deuxième jour, Édesse s'était levée avec en tête l'idée de se couper le haut des oreilles avec un malheureux coupe-papier qui traînait dans l'un des tiroirs de la coiffeuse. Prenant le bistouri dans ses mains, elle dégagea les cheveux de ses oreilles avant de se regarder dans le miroir. Elle déglutit péniblement. Ses yeux fixaient la lame avec une certaine crainte. La jeune femme resta ainsi quelques minutes avant de lâcher le coupe-papier comme s'il était devenu brûlant. Pauvre folle ! Je suis en train de devenir folle ! Le troisième jour, elle ne quitta pas non plus sa chambre malgré les protestations des elfes qui trouvait son comportement des plus capricieux. Le quatrième jour, elle passa la journée entière assis dans un coin de la pièce avec un livre à la main quoique ses yeux fixèrent pendant plusieurs heures la même page. Au matin du cinquième jour, Édesse s'éveilla très tôt en raison des oiseaux qui gazouillaient gaiement sur un arbre à proximité de son balcon. Avec son ouïe elfique, les sons lui paraissaient beaucoup fort que d'habitude. Désormais, elle pouvait entendre le moindre bruit. La jeune femme se dirigea vers la salle d'eau en vue de prendre un bon bain. Voilà plus de cinq jours maintenant qu'elle ne s'était lavée et changée de tenue. Elle ajouta dans la baignoire le contenue d'une petite fiole qui dégageait une odeur de lavande afin d'aider à se détendre. L'eau chaude lui fit relaxer ses muscles et elle manqua une fois de plus de s'endormir dans la baignoire. Une fois lavée et séchée, elle se dirigea vers son armoire pour y prendre au hasard une robe d'un beige crème. Avant de sortir, elle se jeta un regard dans la glace et son reflet la fit frissonner de peur. Elle était grande et très mince. Sa longue chevelure couleur noire corbeau encadrait son visage encore plus blanchâtre que d'habitude et ses pupilles n'avaient pas du tout changées. Elles étaient toujours aussi rouge. Un rouge sang. Ses deux oreilles pointues émergeaient de ses cheveux et quiconque pouvait aisément les voir. Prenant son courage à deux mains, elle ouvrit la porte et tomba nez-à-nez avec le rôdeur qui avait de nouveau revêtu sa tenue de voyage.

« Vous partez quelque part ? lui demanda Édesse. »

« Oui, répondit-il. Mithrandir m'a fait part d'une grave nouvelle et je ne puis rester longtemps en ces lieux. J'étais venu vous dire au revoir. »

La jeune femme resta surprise.

« Ah, je vois, dit-elle. Faites attention à vous Aragorn. »

« Ne vous faites pas de souci. Tout va bien aller. »

« Bon voyage mon ami. »

Le rôdeur inclina la tête.

« Je suis heureux de constater que vous avez enfin pris la décision de sortir de votre chambre, lui dit-il. Prenez soin de vous Édesse. Je vous promets que nous nous reverrons dans un proche futur. Votre mère était forte et parfois bornée quand elle désirait quelque chose et je suis certain que vous avez ceci en vous. »

« Vous la connaissiez ? s'enquit Édesse qui était surprise par de tels propos. »

« J'ai connu votre mère alors qu'elle venait de quitter Fondcombe. Nous nous sommes rencontrés à Bree quelques mois après sa fugue. Nous avons erré ensemble quelques temps avant que nos chemins ne prennent des directions différentes. Elle vous ressemblait beaucoup. Vous avez les mêmes pommettes et des caractères de cochon. »

La jeune femme éclata de rire en entendant ses trois derniers mots. Elle sera le rôdeur dans ses bras et ce dernier fit de même.

« Au revoir mon amie, déclara-t-il avant de tourner les talons. »

Édesse le regarda partir jusqu'à ce que sa silhouette disparaisse au loin. Le cœur gros, elle laissa ses pas la guider dans ses nombreux couloirs interminables. Elle ne rencontra personne sur le chemin ce qui la rassura. La jeune femme n'avait pas envie d'être de nouveau un élément de curiosité aux yeux des elfes de Fondcombe. Elle finit par s'arrêter devant une porte qui dégageait une drôle d'énergie. La jeune femme avait l'impression que la porte l'appelait. Prenant son courage à deux mains, elle actionna la poignée avant d'ouvrir la porte qui émit un long couinement. La pièce était plongée dans la pénombre en raison des lourds rideaux qui masquaient les rayons du soleil qui tentaient désespérément de se frayer un chemin au travers de la fenêtre. Une forte odeur de renfermée lui frappa les narines. Ça doit faire un bout de temps que personne n'est venu ici. Une fine couche de poussière recouvrait le plancher tel un mince voile. Édesse passa l'un de ses doigts sur l'un des meubles qui laissa une marque nette parmi toute cette poussière. Elle essuya son doigt sur sa robe. Elle marcha jusqu'à la fenêtre et tira d'un coup sec les rideaux. La lumière lui fit mal aux yeux et éclaira la chambre. De la poussière était en suspension dans l'air. Ils ne font pas souvent le ménage. Maman en aurait pété sa coche. Son cœur se sera davantage à la pensée de sa mère, Alexandra, qui devait se faire un sang d'encre pour sa fille. Son esprit était incapable de se remémorer le doux visage de cette femme qui l'avait élevée. Édesse laissa couler le long de sa joue une unique larme de frustration. Les souvenirs qu'elle avait de sa vie sur Terre était en train de se détériorer. Dans quelques jours, elle aurait tout oublié de sa précédente vie.

« Tu as trouvé sa chambre. »

La jeune femme sursauta. Elle n'avait point entendu le seigneur Elrond arriver. Ce dernier jeta un regard rempli de tristesse à la pièce.

« Je n'y étais pas retourné depuis sa fugue, lui dit-il. »

Il se dirigea vers la coiffeuse pour y prendre une belle brosse qui était-là depuis une éternité.

« Personne n'a déplacé ses affaires. Maiwen était une honte pour notre famille et pour l'ensemble de la race elfique, mais avant tout elle était ma petite sœur. Aimer un elfe noir a été l'élément qui marqua sa fin. »

Il ouvrit un petit coffre à bijoux avant d'en ressortir un médaillon ovale sur lequel était gravé une rose. Ce dernier pendait le long d'une longue chaîne en argent.

« Elle aurait souhaité qu'il te revienne, déclara le seigneur Elrond en le tendant à sa nièce. Tout ce qui se trouve dans cette pièce est désormais à toi. »

La jeune femme prit le médaillon d'une main tremblante.

« Où se trouve son corps ? demanda-t-elle. »

« Il a pourri sur le champ de bataille, déclara Elrond avant de tourner les talons et de s'éloigner. »

Édesse resta seule encore un moment dans la pièce. Une boule d'angoisse et de tristesse lui nouait la gorge. Elle finit par enfiler le médaillon autour de son cou et ce dernier pouvait aisément se dissimuler sous son vêtement.

Deux mois plus tard

Les semaines qui suivirent le départ d'Aragorn et la découverte de la chambre de Maiwen passèrent très rapidement aux yeux d'Édesse quoique son ami lui manqua beaucoup. Elle s'était rapprochée de la fille d'Elrond, Arwen, et de ses frères jumeaux, Elrohir et Elladan qui ne manquaient jamais une occasion pour la faire rire devant leurs blagues idiotes. Ils étaient très aimables avec elle, mais ce n'était pas le cas de tous les habitants de Fondcombe. La plupart d'entre eux la fuyaient comme la peste même si elle était la nièce du seigneur Elrond. Elle était une elfe noire, voilà la réponse. Le seigneur Glorfindel avec qui elle passait beaucoup de temps lui avait appris que les elfes noirs et les orques étaient au même niveau, ils étaient tous les deux des monstres sanguinaires qui aimaient voir le sang de leur ennemi couler et ils n'avaient pas d'âme. Cependant, la meilleure surprise que la jeune fille ait eu c'est lors de sa rencontre avec un tout petit homme qui lui arrivait à peu près au niveau de la ceinture. Il avait les même oreilles qu'un elfe, sa tête était couvert d'une tignasse bouclée grise et ses pieds étaient grands et surtout poilus ! Ce curieux personnage se prénommait Bilbon Sacquet et il était un hobbit. Édesse découvrit rapidement que le semi homme avait un talent inouï pour raconter les histoires. Il n'était pas rare de voir l'elfe noire et le hobbit assis ensemble dans les jardins de Fondcombe alors que le vieil homme racontait maintes aventures. Bilbon apprit à la jeune femme l'histoire de la Terre du Milieu ainsi que celle de chacun des peuples qui y habitait et il lui parla longtemps de sa généalogie qui se révéla être très compliquée à suivre. Une véritable amitié s'était créée entre eux ! Un soir d'été alors que Bilbon lui racontait sa mésaventure avec des trolls, il y eut de l'agitation sur la place publique. Tous deux s'empressèrent d'aller voir ce qui se passait. Un cavalier venait d'arriver dans la cité à dos de cheval en tenant quelque chose dans ses bras. Immédiatement, sous l'ordre du seigneur Elrond, des serviteurs s'étaient dépêchés à installer sur une civière la chose qui se révéla être un hobbit en très mauvais état.

« Frodon ! s'écria le vieil hobbit. »

Édesse savait qu'il s'agissait de son neveu puisqu'il avait évoqué son nom maintes fois. Bilbon suivit la civière que les serviteurs amenaient dans la maison de guérison.

« Arwen ! s'exclama la jeune femme à sa cousine qui descendait de son cheval avec une mine épouvantable et une légère coupure au niveau de l'une de ses pommettes. Que s'est-il passé ? »

« Pas maintenant Édesse, lui répondit-elle avant de s'entretenir rapidement avec son père en sindarin. »

Bien que la jeune femme ne comprit aucun mot de la discussion, elle devina fort bien que quelque chose de terrible était arrivé. Le père et la fille se précipitèrent vers la maison de guérison. Édesse resta seule sur la grande place ne sachant pas quoi faire. Que peut-il bien s'être passé ? Elle resta perdue dans ses pensées pendant de longues minutes lorsque des pas et des voix l'obligèrent à sortir de sa rêverie. La jeune femme aperçut le rôdeur suivi de trois autres semi hommes.

« Aragorn ! s'écria-t-elle. »

« Édesse ! »

Tous deux se jetèrent dans les bras l'un de l'autre.

« Que s'est-il passé Aragorn ? questionna-t-elle précipitamment. Arwen est revenu avec le neveu de Bilbon dans les bras ! »

« Comment va monsieur Frodon ? demanda l'un des hobbits. »

« Il a été amené dans la maison de guérison et le seigneur Elrond va s'occuper de lui. »

« Des cavaliers noirs nous ont poursuivi, lui apprit Aragorn. »

Édesse haussa un sourcil. Elle n'avait jamais entendu prononcé ce nom auparavant.

« Les Nazgûl, déclara le rôdeur. Anciens rois et hauts seigneurs corrompus par le port d'Anneaux de Pouvoir donnés par Sauron, le Seigneur des ténèbres. »

La jeune femme tiqua à ce nom. Glorfindel lui en avait touché un mot il y a une semaine en lui racontant l'histoire de la défaite de Sauron par l'héritier du Gondor, Isildur.

10 jours plus tard

Édesse se réveilla tôt ce jour-là. Son oncle l'avait prévenu qu'un conseil de la plus haute importance allait se dérouler le lendemain avec tous les représentants des races de la Terre du milieu pour discuter de quelque chose de très grave. Le matin même, elle fila rapidement dans la baignoire pour se laver avant d'enfiler quelque chose de très sobre. Elle croisa dans le couloir le rôdeur qui avait revêtu pour l'occasion une tunique des plus propre. Ensemble, ils se dirigèrent vers l'endroit où le conseil d'Elrond allait se tenir sous peu. Le seigneur de Fondcombe avait choisi un lieu à l'écart des yeux et des oreilles indiscrètes. Ils furent les premier à arriver. Ils s'installèrent sur des chaises qui avaient été placées en cercle afin que tous et chacun puissent se voir.

« Tout va bien aller, lui dit Aragorn en voyant les mains de la jeune fille trembler. »

Édesse lui adressa un mince sourire avec de se cacher soudainement derrière ses longs cheveux. Surpris de son comportement, le rôdeur tourna la tête vers la source du problème et remarqua que les autres personnes qui avaient été convoquées prenaient place sur les autres chaises. Édesse jeta un coup d'œil subtil vers les nouveaux arrivants. Parmi eux, elle reconnut le dénommer Frodon Sacquet qui était assis au côté de Mithrandir, le magicien, le seigneur Elrond qui siégeait sur la chaise d'honneur et le seigneur Glorfindel qui lui adressa un signe courtois de la tête. Par la suite, son regard se porta sur les nains. Ceux-ci étaient des gens de petite taille comme les semi hommes, mais leur torse était massif de même que leurs bras et jambes. Ils avaient de longue barbe qui pouvait se rendre jusqu'à leur nombril. Ils portaient des tuniques sombres faites de cuir et de tissu. Tous, sans aucune exception, abordait un air bourru. Au côté des nains, il y avait des hommes. L'un d'eux attira le regard de la jeune fille. Il était grand et son visage affichait un air noble et supérieur. Ses cheveux châtains lui arrivaient à la hauteur de ses épaules et il portait une longue tunique sur laquelle il y avait attaché un cor au niveau de sa ceinture. Et puis, il y avait les elfes. Ces derniers étaient comme ceux de Fondcombe excepté leur couleur de cheveux qui était d'un blond presque blanc. Ils avaient revêtu des tuniques aux couleurs de la forêt.

« Étrangers venus de Terres lointaines, amis de toujours, vous vous êtes rassemblés ici afin de répondre à la menace du Mordor. La Terre du Milieu est au bord de la destruction, nul ne peut y échapper. Vous vous unirez ou vous serez vaincu. Chaque race est liée à ce destin, à ce sort commun. Montrez leur l'Anneau Frodon, commença Elrond en prenant la parole. »

Le hobbit se leva de son siège et alla déposer l'Anneau sur la stèle qui était en avant du seigneur Elrond. Aussitôt, un murmure s'éleva de l'assemblée. Chacun était occupé à fixer cette petite chose comme si elle était un trésor inestimable.

« Alors c'est vrai, déclara un homme du Gondor. Lors d'un rêve, j'ai vu à l'Est le ciel s'assombrir, mais à l'Ouest une pâle lueur persistait et une voix s'écriait : Votre fin est proche ! Le fléau d'Isildur a été retrouvé. »

Tout au long de son discours, l'homme aux cheveux châtains s'était rapproché de la stèle où reposait ledit Anneau.

« Boromir ! s'exclama le seigneur Elrond alors que ce dernier tendait une main pour la prendre. »

Au même moment, le magicien gris prit la parole dans un étrange langage et soudainement, le ciel s'assombrit.

« Jamais de mots ont été prononcés en cette langue ici, à Imladris, lui reprocha le seigneur Elrond. »

« Je n'implore pas votre pardon maître Elrond ! Car le parler noir du Mordor peut déjà être entendu dans toutes les régions Ouest. L'Anneau est totalement maléfique. »

« Cet anneau est un don, un don fait aux ennemis du Mordor, le coupa le dénommer Boromir qui continuait sa longue tirade. Pourquoi ne pas s'en servir ? Depuis longtemps mon père, l'intendant du Gondor a tenu à distance les forces du Mordor, c'est grâce au sang de notre peuple que vos terres sont encore en sécurité. Donnez au Gondor l'arme de notre ennemi et laissez-nous l'utiliser contre lui ! »

Édesse roula des yeux dans ses orbites alors qu'Aragorn prenait la parole :

« On ne peut le contrôler, aucun d'entre nous ne le peut ! L'Anneau unique ne répond qu'à Sauron ! Il n'a pas de maître ! »

« Et qu'est-ce qu'un rôdeur connaît à ces choses ? demanda brusquement Boromir en montrant les dents. »

« Ce n'est pas un simple rôdeur ! protesta un elfe à la chevelure blonde. C'est Aragorn, fils d'Arathorn, vous lui devez serment d'allégeance. »

« Aragorn ? Le descendant d'Isildur ? s'enquit l'homme du Gondor d'une toute petite voix. »

Édesse jeta un coup d'œil surpris à son ami. Ce dernier ordonna à l'elfe de se rasseoir dans la langue elfique.

« Le Gondor n'a pas de roi, il n'en a pas besoin ! »

Il alla reprendre place sur son siège.

« Aragorn a raison. Nous ne pouvons l'utiliser, renchérit Gandalf. »

« Qu'attendons-nous pour le faire ? s'écria alors un nain en bondissant sur ses deux jambes en brandissant sa hache qu'il abattit de toutes ses forces sur l'Anneau qui ne se brisa point. »

« L'Anneau ne peut être détruite, Gimli, fils de Gloin, par aucun moyen en notre possession. L'Anneau a été forgé dans les flammes de la Montagne du Destin. Il n'y a que là qu'il puisse être détruit. Il faut l'emporter dans les profondeurs du Mordor et le jeter dans l'abîme flamboyante d'où il est apparu autrefois. L'un de vous devra le faire, annonça le seigneur Elrond. »

Un long frisson parcouru l'échine d'Édesse qui n'osait même pas imaginer cette montagne.

« On n'entre pas si facilement en Mordor, rajouta Boromir. Ses portes noires ne sont pas gardées que par des orques. En ces lieux, il y a un mal qui ne dort jamais. Et le Grand Œil est toujours attentif. C'est une terre dévastée et stérile, recouverte de braises, de cendres, de poussières. L'air que l'on y respire n'est que vapeur empoisonnée. Même 10 000 hommes n'en viendraient pas à bout, c'est une folie ! »

« Vous êtes sourd ou quoi ! s'exclama la jeune femme que personne n'avait remarqué depuis le début. Mon oncle nous a dit que le seul moyen était de le détruire ! Alors arrêter de nous faire chier avec vos tirades à la con et taisez-vous ! »

Aragorn avait tenté de l'arrêter alors que des murmures de stupéfaction s'élevaient de l'assemblée. Pendant son discours, la jeune femme avait rejeté ses cheveux en arrière afin que tous puissent voir ce qu'elle était.

« Une elfe noire, murmurait-on. »

Elle continuait de fusiller l'homme du Gondor de ses yeux rouges qui ne cessaient de lancer des éclairs.

« Et vous êtes ? demanda-il. »

« Édesse Peredhil, déclara le seigneur Elrond en jetant un lourd regard à l'assemblée qui s'était enfin calmée. Ma nièce. »

« C'est une elfe noire ! protesta un elfe venu de la Lorien. Ce sont des monstres seigneur Elrond ! Vous savez ce que leur peuple a fait par le passé ? J'y étais ! C'était un vrai carnage ! Ils les ont tués et ensuite démembrés avant de les faire brûler ! »

« Elle n'a rien à voir avec tout ceci, dit le seigneur Elrond afin de mettre les choses au clair. Elle n'a pas vécu parmi eux et ignore absolument tout de leurs pratiques barbares ! De plus il s'agit de ma nièce ! Alors je vous demanderais à tous de la respecter ! »

« Mon frère a péri sous leurs mains, déclara un autre elfe qui fixait la jeune femme avec tellement de mépris qu'il aurait tué si ses yeux pouvaient assassiner. Nous n'avons retrouvé que sa tête ! »

« Je vais le faire ! s'était écrié Frodon afin de mettre un terme à cette conversation. Je vais porter l'Anneau en Mordor ! Bien que je ne connaisse pas le moyen. »

Gandalf se leva à son tour pour aller rejoindre le semi homme en affirmant qu'il allait lui aussi l'aider dans cette quête.

« Si par ma vie ou par ma mort, je peux vous protéger, je le ferais ! déclara Aragorn en s'agenouillant au pied de Frodon. Mon épée est votre ! »

« Et mon arc est votre ! s'exclama l'elfe blond en allant rejoindre la troupe qui commençait à se former. »

« Et ma hache ! s'écria Gimli. »

« Vous avez notre destin à tous entre vos mains, petit homme ! Et si telle est la volonté du conseil, le Gondor se joindra à vous ! »

« Hey ! Monsieur Frodon n'ira nulle part sans moi ! déclara Sam qui émergeait de derrière un buisson, là où il était caché depuis le tout début. »

« Non en effet, il n'est guère possible de vous séparer, le réprimanda le seigneur elfique. Et cela même lorsqu'il est convié à un conseil secret et vous non ! »

« Nous venons nous aussi ! s'exclama deux autres hobbits qui arrivaient au pas de course. »

« Neuf compagnons, qu'il en soit ainsi … »

« Maître Elrond, commença Gandalf. Vous savez aussi bien que moi que votre nièce à un rôle à jouer dans cette quête. Nous ne l'avons pas caché du Grand Œil pour rien. Souvenez-vous de la prophétie. Les Valars lui ont réservé tout un destin. »

L'elfe se mordit les lèvres. Il est vrai que les cinq Istaris l'avait envoyé sur la Terre dans le but de la protéger des forces maléfiques du Mordor. Il jeta un coup d'œil à sa nièce qui le regardait sans rien dire.

« À toi de décider mon enfant. »

Édesse dégluti douloureusement. Que dois-je faire ? Non je ne veux pas y aller ! Je veux retourner à la maison ! Merde, je n'ai plus de maison et ma famille doit me croire morte. Ahhhhh j'arrive même plus à me rappeler leur visage. Aidez-moi quelqu'un ! Et puis bon, Dieu n'existe même pas !

« Je vais vous suivre, annonça-t-elle à regret, pas trop sûr de son choix. »

Son oncle la regarda un instant avec tristesse. Il devait revoir sa jeune sœur une nouvelle fois. Il inclina la tête en signe de consentement.

« Soit, dix compagnons. Vous formerez la communauté de l'Anneau. »

« Chouette ! déclara un hobbit. Où est-ce qu'on va ? »

Édesse lui jeta un certain regard amusé devant tant d'enthousiasme. À la fin du conseil, tous partirent vaquer à leurs occupations. Alors qu'Édesse repartait dans sa chambre en vue de préparer ses bagages pour la quête, elle sentit quelqu'un la bousculer violemment et cracher à ses pieds. Il s'agissait de l'elfe qui avait déclarer que son frère avait été décapité par sa race. Elle lui jeta un regard noir tout en levant son doigt d'honneur, bien haut dans sa face. Son ami le rôdeur la rattrapa et tous deux continuèrent la route.

« Aragorn ? demanda-t-elle. Pourriez-vous m'apprendre à me battre ? »

« Pas de problème ! »

Ils prirent la direction du terrain d'entraînement.

O0o0o0o0o0o0o0o0o0o0o0o0o0o0o0o0o0o0o0o0o0o0o0o0o0o0o0o0o0o

Et voilà un long chapitre ! Espérant qu'il vous ait plu gang xd à la prochaine !