En allant me coucher après que Nicky est pris de mes nouvelles, je me suis soigné mes nouvelles plaies faites cette fois-ci sur les bras. Je ne les ai pas toutes guéris car je n'avais plus assez de potion. J'espère qu'elles ne s'infecteront pas, bien qu'elles me laisseront des cicatrices indélébiles...

Nicky est adorable, il m'a confectionné un oreiller en assemblant des vieux chiffons ensembles. Et je me sers comme couverture mon vieux chiffon qui me servait de vêtement. Ainsi, avec mon compagnon de misère les nuits deviennent plus tenables. Enfin, c'était avant que les cauchemars n'arrivent...

Nous nous levons très tôt ce matin, il fait encore nuit. Mais il faut s'occuper des repas et des bagages de ses Messieurs. J'espère de tous mon cœur que Draco a parlé à sa mère et qu'il ne m'arrivera rien de fâcheux pendant leurs absences.

Pendant que je me charge de traîner les valises des hommes dans le vestibule, je remarque que Narcissa est levée et habillée, ce tenant droite et digne devant son mari. Elle lui lisse le col de sa chemise en replaçant correctement sa riche robe sombre. Je remarque que celui-ci ce tient raide et distant, il me jette un coup d'œil qui me fait rougir sans que je comprenne pourquoi. Pour cacher mon trouble, je me concentre sur le poids de ses fichus valises et de la douleur dut aux blessures sur mes poignets.

Narcissa remarquant que son époux ne lui prête guère d'attention elle embrasse son fils qui lui murmure quelque chose. Puis elle repart avec fierté, je la plains vraiment. Cette femme fait tous ce qu'elle peux pour sauvegarder les apparences en espérant que Lucius lui remarquera ses efforts. Je me demande si ils ce sont réellement aimés un jour. Ou si leurs mariage n'a été qu'un arrangement et que leur couche n'a servi qu'à fabriquer un héritier.

Avant de partir, Lucius s'avance vers moi et me saisit par la taille pour m'attirer contre lui, il murmure à mon oreille :

-Pendant mon voyage ne t'avises pas à batifoler avec un visiteur, sinon je le saurais et tu le payeras très chère. N'essaye pas non plus de t'enfuir, tu portes la trace sur toi. La maison te tueras. Compris ?

Je hoche la tête apeurée par la violence de son étreinte. Ses ongles me rentrent dans la hanche et sa main qui tient mon bras me serre cruellement à me faire bleuir la peau.

Après le départ des maîtres, je file me réfugier dans la cuisine quand la fichue cloche de Narcissa tinte. Comme je ne suis pas un elfe de maison qui transplanne au seul son de son prénom, elle n'a rien trouvé de mieux que de m'appeler avec ce fichu objet que je lui fera bien avaler !

Je me plante devant elle, en faisant une petit révérence :

-Oui, Maîtresse ?

-Apporte moi du thé esclave ?

Je m'exécute et une fois revenue je demande :

-Ce sera tout maîtresse ?

-Non, écoute moi bien petite traînée. Si je te laisse la vie aujourd'hui et toute cette semaine c'est parce que mon chère fils me l'a demandé. Il est persuadé que grâce à toi, la fille dont il s'est épris tombera dans ses bras. Dit elle avec un petit rire sarcastique.

Je m'incline profondément en murmurant hypocritement :

-Ma Maîtresse est trop bonne.

Elle ne daigne même pas me répondre et me congédie d'un geste de la main agacée. Malgré toutes ses tortures et ses punitions injustes, je n'arrive pas à lui en vouloir. Si mes parents n'étaient pas mort et que le seigneur des ténèbres n'était pas revenu aux pouvoirs. Je me serais très certainement retrouvée dans la même situation, mariée à un homme que je n'aime pas et qui ne me considère pas. Peut-être, selon le contexte aurais-je eu les mêmes réactions extrêmes et la même haine envers tout ce qui m'éloignait de mon époux.

les jours s'écoulent plutôt bien, Narcissa est souvent absente ce qui nous laisse carte blanche dans les tâches ménagères. Je peux faire du bruit sans risquer d'être punie. Avec Nicky, nous avons trouvé au fond d'un placard une vieille radio magique qui à un mode « incognito ». c'est à dire que des que quelqu'un de nouveau pénètre dans la maison, la radio s'arrête d'elle même, super pratique !

Du coup, nous en profitons pour écouter de la musique quand nous sommes occupés dans la cuisine. Nicky semble revivre, les elfes ont un sens incroyable de la musique et du rythme. Il m'arrive parfois de pousser la chansonnette les mains dans la vaisselle sale. Ces moments me surprennent toujours autant, bien qu'éphémères, ils me font retrouver le goût du mot « joie ».

Retrouver sa saveur m'a fait un bien fou car après, tous n'a été que souffrance et déchirement...

ça c'est passé le dernier soir de la semaine, un jour avant que les maîtres reviennent. Narcissa nous avait demandé de préparer un repas pour deux car elle recevait un invité.

Je m'occupais du service quand je vis que le fameux invité n'était d'autre que Macnair. Je n'ai jamais aimé ce type et papa non plus. Il disait qu'il empestai la mort à plein nez. Il avait tellement raison...

après le repas, la Maîtresse nous a ordonné de ne plus les déranger, sous aucuns prétextes. Je suis donc allée en cuisine faire la vaisselle pour ensuite savourer quelques restes avant de prendre une douche bien mérité. Quand je suis sortie de la salle de bain, Nicky n'était plus là. Je m'en souviens comme si c'était hier...

J'entends des bruissements et des sons étouffés dans la salle à manger. Je ne sais pas quoi faire, Narcissa nous a demandé de ne pas la déranger. Pourtant, on dirait qu'elle ce fait agresser et aussi méchante qu'elle soit avec moi elle ne mérite pas ça. Pendant un instant je pense à prévenir Nicky mais je me ravise, l'elfe ne fera rien de peur qu'on le punisse pour avoir désobéi.

Je prends un lourd chandelier pour assommer Macnair si jamais je le trouve en train de violenter Narcissa. Je n'aurais jamais cru voir ce que je vais voir. En pénétrant discrètement dans la pièce, je tombe sur Macnair en train de prendre bestialement la maîtresse qui à le buste appuyer sur la table, les yeux mis-clos de plaisir, les jupes relevées jusqu'au dessus des fesses. Je voudrais effacer cette image de mon esprit à jamais, la rayer, la supprimer. Je me demande l'espace d'un instant comment peut elle avoir jeter son dévolu sur Macnair mais après tout, qui suis-je pour la juger ?

Je m'apprête à reculer lentement mais Narcissa choisi ce moment pour ouvrir grand les yeux qui tombe pile sur moi. Elle hurle, scellant mon destin...

Macnair ce retire prestement en remontant son pantalon, tandis que la maîtresse saute les deux pieds en sol avec une souplesse et une aisance que je ne lui soupçonnait pas. Elle lisse calmement ses jupes avant de s'exclamer la voix tremblante de haine et le regard fou :

-Torture la, tues la si tu veux ! Qu'elle paye !

J'essaye de m'enfuir mais c'est peine perdue, je me retrouve suspendue magiquement en croix à 60 centimètres du sol. Macnair me regarde avec cette lueur meurtrière dans les yeux, qu'il réserve d'habitude à ses victimes animales. Je le dévisage avec dédain bien que la peur enfle dans ma poitrine et que l'envie de m'uriner dessus soit de plus en plus présente.

L'homme défait mes vêtements dans un ordre méticuleux presque religieusement sous les yeux de Narcissa. Je rougis de honte une fois entièrement nue mais sans pour autant détourner le regard. Je sais que je vais mourir, je suis pas idiote alors autant le faire avec la force et la classe des sangs purs.

Macnair fait apparaître sur la table une sacoche rempli d'outil étrange et tranchant alors la peur engourdie mes membres. Et dans son regard je croise la mort, le sang et toute les tortures que l'homme a sut récréer par ses inventions diaboliques.

Il s'approche de moi avec un simple scalpel en main et au premier coup, le long de mes côtes je ferme les yeux en serrant les dents, mes mains refermant leurs prises sur les liens invisibles.

Les coups s'enchaînent avec une lenteur millimétrée mais je n'hurle pas, je me mûre profondément derrière une barrière mentale puissante loin de toute cette douleur inhumaine. Quand le fouet incrusté de piques rentre en contact avec la peau de mon dos, je ne sens rien. Je suis loin, loin de toute cette souffrance, je cours libre dans les prés, le soleil caressant mon visage et je tourne ivre de bonheur. Une larme de bonheur s'échappe en même temps que le dixième coup de fouet tandis qu'un sourire ce peint sur mon visage.

Mais quand je sens la lame d'un couteau glissé sous mes côtes et les soulever une par unes alors mes barrière mentales s'effondrent et je sens leurs désirs sexuelles qui m'horrifie et me dégoûte bien plus que la torture que je suis en train de subir. Et pour la première fois, je gémis et je crie avant d'hurler en espérant idiotement que quelqu'un m'entendra.

Quand Macnair m'a broyé les orteils je n'avais même plus la force de crier. Je n'était qu'un résidus humain la tête roulant sur mes épaules.

Je ne sens même pas que l'on me détache, je n'entends pas non plus les plops sonores et les bruits de sorts qui fusent dans la pièce.

Il n'y a que mon gémissement qui fend mes ténèbres. Je suis étendue sur le sol gelé, lamentable déchet d'humanité martyrisé au delà du possible. Je crois que je vais rendre mon dernier souffle. Je l'espère avec mon dernier sursaut de volonté, que la mort me cueille et me donne enfin cette délivrance tant attendue.

Mais je me rend compte, que même au plus profond des ténèbres, il n'y a toujours pas de lumières...