Je suis dans le lit depuis plus de deux heures les yeux grands ouverts, j'attends patiemment l'heure de la passe. Au dîner, je me suis forcé à manger plus que d'habitude pour avoir assez de force au cas ou les choses tourneraient mal. Mais j'espère ne pas avoir à me défendre ou à fuir.
Lucius dort profondément à côté de moi, j'entends sa respiration calme et apaisante quand soudain une explosion ce fait entendre dans le salon me faisant sursauter violemment et réveillant brusquement mon mari.
Il grogne en mettant pieds à terre, se saisissant de sa baguette. Je me redresse inquiète et il pose une main rassurante sur mon épaule en se frottant les yeux :
-Ne t'en fais pas, c'est simplement une alerte envoyée par le ministère qui requière ma présence. Rendors toi.
-Pourquoi on t-il besoin de toi à cette heure-ci ? Je demande feignant une voix ensommeillée.
-Aucunes idées. Sûrement un peu de grabuge, rien de bien grave je pense. Répond Lucius en haussant les épaules.
Malgré la chance que me procure cette intervention pour pouvoir aller espionner les passeurs en toute tranquillité, je ne peux m'empêcher d'être inquiète pour Lucius.
Quand il sort habillé du dressing, je me lève et me sers contre lui, savourant sa chaleur et sa douceur. Il murmure :
-Je reviens vite et si ce n'est pas le cas, je t'enverrais une lettre par le réseau de cheminée. Reste à l'intérieur temps que je ne sais pas ce qu'il ce passe, c'est bien compris ?
Je hoche la tête silencieusement contre son torse, sachant que je ne tiendrais pas cette promesse. Lucius se dégage de mon étreinte avec douceur avant de descendre pour se rendre au ministère tandis que je m'assois sur le lit patientant encore une demie heure avant que 23h00 ne sonne...
…
je me désillusionne avant de sortir du manoir, ne sachant pas où aller pour avoir le meilleur point de vue, je décide de me rendre vers l'écurie. Ainsi j'aurais une vision imprenable sur l'ensemble du domaine et de la maison de Roger. Malgré le printemps, maintenant bien avancé, la nuit reste encore fraîche et humide et je regrette de ne pas avoir pris ma cape mais d'un côté, elle m'aurait plus trahit qu'autre chose.
Je scrute la forêt depuis maintenant dix bonne minutes quand je vois enfin du mouvement. Une colonne d'environ 20 personnes s'avance silencieusement dans la pénombre, à peine éclairée par la lune. Je décide de me rapprocher discrètement pour me mêler à la foule et ainsi pouvoir pénétrer dans la maison de Roger.
Je garde tous de même ma baguette bien en main si jamais les choses tournent mal. Me fondant au milieu des personnes, je remarque tous de suite que ce sont bien des anciens esclaves ou des sangs impurs qui se cachent depuis de nombreuses années. Une immense peine et colère m'envahissent devant leurs visages décharnés et je me fais violence pour ne pas aider un gamin à se relever. Je remarque qu'il y a quatre silhouettes encapuchonnées, dont une qui est celle de Roger. Celle qui ferme la marche me paraît étrangement familière mais je n'arrive pas à me souvenir d'où.
Nous pénétrons enfin à l'intérieur de la maison du Jardinier et je manque de me faire coincer les doigts dans la porte d'entrée.
La voix de Roger s'élève calmement devant les visages inquiets des impurs :
-N'ayez crainte, vous ne risquez rien entre ses murs. Vous allez prendre la poudre de cheminette, notre réseau n'est pas surveillé, aucuns risques de ce faire attraper. Vous prononcerez la destination de « la chaumière aux coquillages » et vous serez pris en charge là-bas. Notre résistance a prit bien soin de protéger ce lieu. Il est incartable, introuvable par les sbires de Vous-Savez-Qui. C'est l'endroit le plus sûr que nous ayons pour vous protéger. Mais vous vous rendrez compte de tous ça une fois là-bas. Allez-y deux par deux, prenez la poudre qui ce trouve dans le pot sur le rebord de la cheminée.
Je regarde émerveillée les esclaves partir deux par deux. Je n'ai jamais put aller à cette chaumière, bien que beaucoup entendu parler. Avec mes parents nous essayons de nous y rendre mais comme vous le savez, nous avons été raflés avant.
Perdue dans mes pensées, je ne fais pas attention aux personnes derrière moi quand soudain, un homme rentre en collision contre mon corps et je m'étale de tous mon long, pendant que la personne hurle de terreur.
Les autres personnes encapuchonnés jusque la silencieuses, ce mettent en action alors que l'homme crie :
-J'ai touché quelque chose alors qu'il n'y avait rien !
Je n'ose même plus bouge , bien que je sais être fichue. Une silhouette pointe sa baguette vers moi en disant rapidement :
-Finite incantatem !
Et je ferme les yeux sous le poids de la fatalité avant de réapparaître devant les yeux effarés des impurs encore présent. Je me relève aussi rapidement que mes maigres forces me le permettent tenant ma baguette devant mon visage. Quand un des hommes s'exclame la voix déformée magiquement :
-Épouse de Lucius, tu vas regretter ton geste !
-Qui te dis que ce n'est pas toi qui va regretter de m'attaquer ! Je provoque bien que la peur me scie les jambes.
Une autre personne masquée lance alors :
-Expelliarmus !
Et ma baguette me saute des mains avant de ce retrouver dans celle de la personne. Je grogne de mécontentement tout en cherchant une issue de secours mais là, je n'en vois aucune. Je demande hargneusement en relevant le menton :
-Et maintenant ?
Au moment ou l'on s'apprête à me répondre, un encapuchonné apparaît dans les flammes vertes de la cheminée et se fige devant la scène. Je l'entend balbutié des propos incohérents avant d'abaisser son capuchon et de s'exclamer :
-Ruby... ? C'est toi ?
Mes yeux manquent de sortir de ma tête quand je reconnais Tom, l'un des garçons du groupe de résistants dont je faisais partie. Je manque de m'écrouler sous cette apparition et je dis la voix entrecoupée d'émotion :
-Mon dieu ! Tom... Tu n'es pas mort... J'ai cru... j'étais persuadée avoir vu ton corps lors de la rafle au pub...
-Non ! Dit-il en s'approchant. J'ai fais semblant. J'ai essayé de te retrouver quand j'ai entendu les rafleurs vouloir t'emmener au manoir Malfoy mais il est in-cartable. Quand j'ai rencontré Roger et qu'il m'a dit que tu étais devenue son épouse, j'ai été fou de rage. Je pensais que tu avais changée de camp mais si tu es là, c'est qu'à l'évidence non ! Comment ai-je put douter de toi ! Regarde ta maigreur !
Des larmes de joie ce mettent à couler le long de mes joues pendant que Tom demande à l'autre encapuchonné qui me tient en joue, de baisser sa baguette. Tom n'a pas bougé d'un pouce, il est toujours cet homme fort de 20 ans avec ce sourire joviale qui me réconfortait même dans les jours les plus sombres. Ensemble, nous prenions tous les risques pour faire des actions au nom de la résistance. Il n'y a que ses cheveux châtains clairs qui ont poussés, retombant en mèches désordonnées sur ses yeux. Je m'avance vers lui pour le serrer dans mes bras et il répond avec force à mon étreinte alors que je respire son odeur qui n'a pas changée non plus. Il murmure tristement :
-Tu es si maigre, je lui ferais payer...
je me sépare doucement de lui et je dis :
-Nous verrons ça plus tard. Vous ferriez mieux de finir d'envoyer ces personnes en sécurité. Lucius peux revenir d'un moment à l'autre.
-Oh pas avec la rumeur qu'on a rependu ! S'esclaffe une voix féminine sous sa capuche.
-Vous ne pourriez pas enlever vos déguisements, on dirait des Mangemorts ! Je souffle agacée.
-On ne sais pas si on peux te faire confiance, tu es mariée à l'un d'eux ! Répond un encapuchonné.
-Je pense avoir vraiment risquée ma vie pour la résistance ! Tom peut confirmer ! Et je pense bien plus que toi, jamais du temps ou j'étais active on ne se serait abaissés à ce cacher le visage sous des capuches ! Nous étions fiers ! De vrais guerriers, clamant haut et fort notre appartenance ! Nous n'étions pas des rats terrorisés à l'idée de ce faire découvrir !
J'entends dans mon dos Tom partir dans un grand rire avant de dire hilare :
-C'est bon, on peux lui faire confiance. Son discours suffit pour comprendre qu'elle n'a pas changé. Par contre, Ruby tu ferais mieux de t'asseoir, tu risques d'avoir un choc !
Je le regarde sans comprendre alors que les capuchons s'abaissent dévoilant le visage de Roger, Severus, Draco et Astoria...
