Bon je ne m'attendais pas du tout à ce revirement en écrivant ce chapitre c'est autant la surprise pour moi que pour vous. J'espère qu'il vous plaira, on ce retrouve après =)
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Le lendemain matin, je sens Lucius essayer de m'embrasser pour me réveiller et je le repousse d'un geste rageur. Il s'exclame :
-Mais enfin qui a t-il ?
-Rien ! Je crache en me levant du lit.
À peine ai-je claqué la porte de la salle de bain que je l'entends toquer contre le bois foncé. Je me laisse glisser contre la porte en étouffant un sanglot quand l'image des enfants traverse mon esprit. Je le sens lui aussi glisser et s'asseoir par terre. Je demande à travers le bois :
-Tu savais ?
-Savoir quoi ?
-Pour les enfants d'esclaves ?
Il ne réponds pas, des larmes coulent sous le poids de cette trahison. Je reprends la voix tremblante :
-Alors ?
-Oui...
Il l'a chuchoté tellement bas que j'ai cru ne pas comprendre sa réponse. Je me lève brusquement en ouvrant la porte comme une furie et je crie hors de moi :
-Pourquoi tu ne m'as rien dis ? Pourquoi ?
-Parce que je craignais ça, justement...
Il à l'air réellement embêté mais je continue de crier :
-Et quand tu m'as acheté tu comptais faire de même avec moi ? Comment peux-tu supporter ça ? Ce sont des enfants Lucius ! Des enfants innocents !
-Non ! Il s'écrie. Non, je ne comptais pas faire du commerce avec toi ! Et puis d'abord comme l'as-tu sut ?
Je me met une grande claque mentale en maudissant mon caractère qui me pousse à agir plutôt que de réfléchir. Je déclare d'une voix que j'espère sûre :
-Margaret me l'a dit ! Et puis là n'est pas la question ! Est-ce que tu cautionnes ça ?
-Je... Après tous c'est dans les droits des propriétaires de faire ce qu'ils souhaitent avec leurs esclaves ! Et cela reste des enfants d'impurs !
Je recule comme si ses paroles m'avaient brûlés et je crache avec toute ma haine :
-Tu me dégoûtes Lucius !
Mon mari m'adresse une révérence moqueuse et je vois que ses yeux brûlent autant de rage que les miens. Comme il s'apprête à partir en claquant la porte, je lui demande tremblante de sanglots :
-Est-ce que tu vas aller la rejoindre ?
Lucius me regarde légèrement surpris avant de transplanner et de me laisser seule dans la chambre. Je tombe à genoux sur le tapis en pleurant à chaude larmes. Je ne pourrais jamais le faire changer ! Jamais ! Croire le contraire ne me fera que du mal. Il est bien trop accroché à ses idées de sangs purs et de classes sociales. Je sanglote éperdument même quand Nicky vient me prendre dans ses bras et je ne me calme toujours pas bien qu'il reste à côté de moi me serrant contre lui, comme pour prendre un peu de ma douleur.
Mon échec est bien trop cuisant, je ne peux pas rester avec cet homme, je ne peux pas. Vendredi, je prendrais mes affaires et je m'en irais de ce maudit manoir. J'irais retrouvé ma vie d'antan et mon âme de révolutionnaire, loin de lui, loin de ses yeux gris qui m'ensorcellent...
…
Après avoir mangé, je suis allé voir Silver mais je n'ai pas eu envie de monter. Je me suis contenté de serrer sa grande tête contre mon cœur. J'ai enfouis mes mains dans son épaisse crinière et j'ai senti sous mes doigts le touché satiné de son crin si doux. J'ai laissé filer ma main qui a trouvé comme d'habitude sa veine qui palpite au rythme calme de sa respiration et je suis resté des heures durant contre lui, plongée dans une profonde mélancolie. Il allait tellement me manquer, mon si beau Silver. Mon petit cheval sauvage qui galope dans bois, libre et inépuisable...
…
quand je suis rentré au manoir la mort dans l'âme, j'ai remarqué que Lucius était rentré. En regardant l'horloge, je remarque que 19h00 est déjà bien passée. Je croise mon mari qui sort du salon pour se diriger vers son bureau, sur son passage une odeur de parfum féminin embaume l'air. Je la connais bien cette odeur, je me retourne brusquement et Lucius fait de même. J'articule silencieusement « Tu m'avais promis... ». Mon mari hausse des épaules en fermant derrière lui la porte de son bureau. Claquant ainsi mes derniers espoirs, ma dernière parcelle d'amour pour lui. Renforçant ma décision de partir, de me détacher de lui, à tous jamais.
Après avoir mangé seule, je décide de monter me coucher car je suis exténué mentalement. Avant de m'endormir dans les draps qui me paraissent désormais gelés, une pensée me traverse l'esprit. Peut-être aurais-je dut écrire aux filles. Mais non, il ne vaut mieux pas... Je ne veux pas les lier à quoique ce soit avec ma fuite. Je ne souhaite pas qu'elles aient des ennuis par ma faute. Elles vont tellement me manquer...
Quand je me réveille à 5h00 du matin, Lucius n'est pas dans le lit. Il n'y viendra plus...
…
Nous sommes enfin Vendredi, les jours se sont écoulés avec une lenteur infinie. Avec Lucius nous n'avons pas reparlés. Il me fuit comme la peste et le trou dans mon cœur ne cesse de s'agrandir. J'ai profité de son absence au travail pour faire mes adieux à tous le monde.
Après avoir fais le tour du manoir et de mettre imprégnée de chaque souvenirs bons ou mauvais que les pièces me rappelaient. Je me suis rendu aux écuries où j'ai pleuré comme un enfant en embrassant Silver une dernière fois.
Le plus dur fut de dire au revoir à ma fille. Mais j'emporte avec moi son souvenir, mon cœur pourra toujours continuer de lui parler et ma présence continuera de la faire vivre. Je sauverais ces enfants en son nom, en sa vie...
j'ai préparé discrètement un sac emportant avec moi juste quelques affaires mais aucuns cadeaux que Lucius ne m'a offert, je ne veux rien me rappelant sa présence, le quitter étant déjà assez difficile comme ça.
Des larmes coulent quand je pense au pauvre Nicky qui va se retrouver seul de nouveau avec cet homme aigri et triste. Je secoue la tête en cachant mon sac dans mon armoire avant de descendre prendre le repas les yeux rougis.
Lucius déjà attablé en train de lire le journal avec toujours cet entêtant parfum féminin s'écrie :
-Tu pourrais au moins faire l'effort de te montrer avec une attitude correcte !
Je le fusille du regard avant de me lever brusquement et de quitter la table en claquant la porte, le corps parcourut de sanglots irrépressibles. Je me réfugie dans les escaliers en ramenant mes genoux contre ma poitrine, je gémis à m'en fendre l'âme. Et moi qui avait sottement espérée jusqu'au dernier moment que Lucius me prendrais dans ses bras, m'inventerait une histoire sur cette femme et me rassurais, me voilà bien trompée !
Je me balance d'avant en arrière, essayant de tarir mes sanglots, priant comme une idiote que Lucius arrive... Il ne viendra pas...
…
Quand j'entends la porte d'entrée claquée à 23h00, je sors du lit et m'habille avec une lenteur désespérante. Il n'est même pas venu me prévenir et mon cœur me fait douloureusement sentir le manque de ses bras rassurants autours de mes hanches. Mais je sais que plus jamais je ne tolérerais ses caresses et ses baisers. Pas après ce qu'il a dit à propos des enfants d'impurs. Pourtant, il me manque...
Je descends dans le salon, mon sac à dos négligemment jeter sur l'épaule et je saisie un parchemin vierge. Je lui écris quelques mots avant de poser mon alliance dessus et de claquer à mon tour la porte du manoir sous le regard inquiet de Nicky.
…
Arrivée devant la maison de Roger je fais tous ce que je peux pour essayer de me ressaisir avant d'actionner la poignée. Je rentre dans la maison dans un état second adressant des sourires aux esclaves présents qui commencent à partir vers la chaumière. Je rassure les deux enfants présents en leurs parlant avec douceur pour essayer d'oublier le trou dans mon cœur.
Soudain, je sens la main de Severus sur son épaule qui me force à plonger mon regard dans ses yeux noirs. Il dit très bas :
-Votre détresse est si puissante qu'elle me met mal à l'aise. Que ce passe t-il Ruby ?
-Je... Je quitte Lucius... Severus, je voudrais aller trouver refuge à la chaumière dès ce soir. Je balbutie.
L'homme acquiesce gravement de la tête avant de reprendre :
-Si vous faite cela, vous ne pourrez plus revenir en arrière. En êtes-vous consciente ?
-Oui, je ne peux pas vivre avec un homme qui considère des enfants comme des déchets ne méritant pas de vivre.
Je m'aperçois que Draco n'a pas manqué une miette de notre échange et je me tourne vers lui avec un pauvre sourire :
-Tu devrais te réjouir, tu n'auras enfin plus à me supporter comme belle-mère..
Comme Draco ne réponds pas, Severus reprend :
-Bien, alors si vous êtes prête Ruby. Vous irez à la chaumière avec les enfants. Ne vous inquiétez pas, l'ordre est prévenu de votre nouvelle mission. Là-bas, vous leur expliquerez votre requête. Ils vous accepteront, n'ayez crainte.
Je hoche la tête avant d'attraper sous mes bras avec douceur les deux enfants apeurés et d'entrer dans la cheminée.
Avant de partir je regarde Draco dans les yeux et lui dis :
-Prend soin de Silver et ne laisse pas ton père se faire du mal. Adieux...
…
Quand j'arrive à la chaumière, je relâche mon étreinte sur les enfants qui sortent de la cheminée. Je croise avec surprise le regard de Tom qui ne dit rien. Il comprend en voyant mes yeux rougit et il me prend dans ses bras en me berçant pendant que je fonds en larmes.
Quand il redresse ma tête, je croise son regard empli d'amour et d'une tendresse si puissante et profonde que je sens mes jambes plier sous mon poids. Quand il pose avec douceur et prévenance ses lèvres sur les miennes, je me fige, n'osant esquisser le moindre gestes...
…
Pendant ce temps au manoir, Lucius est rentré et il court dans sa demeure ne trouvant pas sa femme avant de tomber sur mon message et l'alliance posée dessus. Il lit alors :
« Je t'ai dit le jour de notre mariage que la mort ne nous séparera pas... Nous nous retrouverons quand celle-ci nous auras fauché.
Ton Émeraude. »
Lucius tombe alors à genoux en hurlant de désespoir sur le tapis avant de fondre pour la première fois depuis longtemps en larmes...
