Je suis encore sous les lèvres de Tom, les yeux grands ouverts de surprise sous cette caresse chaude que je ne pensais ne jamais ressentir. Son baiser est tellement différent de ceux de Lucius. À ce nom, je me raidis et me retire de l'emprise de mon ami, rouge et gênée.

Je détaille alors mon environnement pour découvrir une magnifique maison en bois brut. Les pièces sont tordues et des coquillages sont incrustés dans le mur. On ce croirait dans un monde sous-marin. D'ailleurs les embruns de la mer viennent me chatouiller agréablement le nez et je les inspirent profondément.

Une tête rousse prends la parole :

-Bonsoir, je suis Bill Weasley et voici ma femme Fleur. Je suppose que tu dois être Ruby mais je ne comprends pas pourquoi tu es là. Severus nous avez confié que tu aiderais pour les enfants, pas que tu les accompagnerais.

-C'est vrai. Je réponds impressionnée de parler à un célèbre Weasley. Mais il c'est passé des événements inattendus. J'ai décidé de quitter mon époux Lucius Malfoy, j'ai cru qu'il changerait mais ce n'est pas et ça ne sera jamais le cas. Je ne peux plus rester avec lui et je veux aider pleinement la résistance comme avant !

Je me félicite intérieurement, ma voix n'a pas tremblé une seule fois malgré l'émotion que me procure la seule pensée de Lucius. Un grand homme noir prend la parole en coupant Bill :

-Tu ne peux pas rester à la chaumière, tu mets tous le monde en danger tant que tu restes liée à Lucius par le contrat magique du mariage. Il pourrait te retrouver, certes difficilement mais vous êtes unis. Tu dois rester dans ce que nous appelons, la zone de quarantaine le temps que nous trouvions un enchanteur qui défera à tous jamais ce lien.

Je hoche la tête gravement horrifiée par ses révélations bien qu'un peu peiné, je comprends parfaitement et je suis heureuse qu'ils m'acceptent malgré tous. Je craignais tant de me faire rejeter. Je murmure :

-Vous êtes Kingsley Shacklebolt, n'est ce pas ? Grand aurore disparut lors de la prise de pouvoir du seigneur des ténèbres ?

L'homme en question acquiesce silencieusement, un peu étonné que je le reconnaisse. J'inspire un grand coup avant de répondre :

-Bien entendu, j'accepte vos conditions, elles sont toutes à fait compréhensibles.

Les habitants soupirent de soulagement et Fleur me dit :

-Viens je vais t'y conduire, prends tes affaires.

-Non ! S'écrie Tom. Je veux aller avec elle !

-Hors de question. Réplique Kingsley sur un ton sec. Les nouveaux arrivants ont besoin d'être guidés, c'est ton devoir.

J'adresse un petit sourire à Tom en évitant son regard avant de ramasser mes affaires et de suivre Fleur qui embrasse son époux avec tendresse.

-Voilà, on y est ! Désolé ce n'est pas le grand luxe mais ce n'est pas pour longtemps.

-ça sera très bien, ne t'inquiète pas.

Nous sommes dans une petite ruine à quelques kilomètre de la chaumière. La ruine a été restaurée au mieux. Protégeant ainsi du vent, du froid et de la pluie. Elle ce trouve sur une falaise en surplomb de la mer déchaînée. Elle n'est composée que d'une seule pièce avec des paillasses posées à même le sol et d'une grande cheminée le long du mur. Fleur reprend :

-Il faut que je regarde de ton sac si tu n'as pas du polynectare ou des choses de ce genre. Tu comprends ?

J'acquiesce et lui fait signe qu'elle peux regarder sans aucuns soucis pendant que je me promène dans la pièce, ouvrant les placard, tombant sur quelques provisions.

Je demande :

-Quand est-ce qu'il trouveront quelqu'un pour me défaire magiquement de Malfoy ?

-Je pense que ça prendra quelques jours, une semaine grand maximum. Me répond Fleur en refermant mon sac. C'est bon, tu es clean. Je te laisse, je dois y retourner. Chaque jours, des membres de l'ordre viendront te voir. Bonne soirée.

Je la salue de la tête en regardant sa cascade blonde s'éloigner dans la tempête, me rappelant douloureusement la chevelure de Lucius.

après mettre fais à manger au dessus du feu de la cheminée, je me roule en boule dans une couette sur ma paillasse froide. Mes pensées dérivent sur Silver qui me manque horriblement. J'essaye de me concentrer sur les bons souvenirs de nos galops dans les grands champs abandonnés mais des larmes coulent quand même. Je me fais violence pour tenter de me ressaisir pourtant quand je m'endors mes joues sont trempées...

Du bruit me réveille en sursaut et je percute qu'il fait encore noir. Je cherche à toute allure ma baguette posée à côté de ma paillasse en criant un « Lumos » et j'aperçois avec soulagement, Tom qui me dévisage avec un regard d'excuse. Il murmure :

-Désolé, je ne voulais pas t'effrayer. Placer les nouveaux arrivants m'a pris plus de temps que je le pensais. Mais je ne voulais pas te laisser passer la nuit seule, pas dans cet endroit sordide. Et puis, je suis désolé de t'avoir balancé toutes ses horreurs lors de nos retrouvailles.

Je secoue la tête, interdite, pour lui faire comprendre que ce n'est pas grave. Je réponds néanmoins sur le même ton :

-Ce n'est rien. J'aurais sûrement réagis de la même manière. Je me suis trompé sur Lucius, voilà tout. Tom... Pourquoi m'as-tu embrassé ?

Je sens ma voix perdre son assurance quand je lui pose la question et ses yeux tressaillent étrangement. Il s'approche de moi et je recule un peu effrayée pour me retrouver coincée contre le mur. Son souffle chaud me chatouille le front et j'ose plonger mon regard dans ses yeux rieurs. Il murmure en rapprochant ses lèvres des miennes :

-Te faut-il vraiment une explication ?

Je pose alors ma main sur son torse, les yeux humides remplis de crainte et d'appréhension osant franchir les derniers centimètres qui me sépare de lui. Quand je rencontre ses lèvres, une larme glisse le long de ma joue tandis que ses mains m'entourent la taille pour me coller contre lui. Nos souffles s'accélèrent dangereusement et nos baisers se font plus passionnés. J'arrache avec une aisance que je ne me connaissait pas, la veste de Tom en glissant mes doigts sous son tee-shirt noir. Je découvre alors un corps très différent de celui de Lucius. Il est ferme, musclé, chaud et très doux. Je m'amuse à laisser glisser mes mains pour le parcourir, le connaître et l'appréhender. Tom se fait alors plus pressant en m'allongeant sur la paillasse avant de me déshabiller sans ménagement. Cette lutte bestiale me va très bien, elle me permet de ne pas penser, je me noie dedans comme une naufragé ayant perdu toute espoir d'être sauvée.

La langue de Tom glisse sur mon corps ce faisant ardente, je me cambre sous ses mains au creux de mes reins. Quand il enlève son pantalon, ma poitrine se soulève à toute allure sous le rythme de ma respiration et quand il rentre en moi, je gémis en lui griffant le dos...

Un rayon de soleil vient me chatouiller le nez et j'ouvre difficilement un œil remettant ainsi tous le événements de la veille en place. Je percute que ma tête est posé sur le torse nu de Tom, qui dort profondément. Je me lève sans un bruit enfilant mon jean et une polaire chaude avant de sortir de la ruine pour aller m'asseoir au bord de la falaise.

La mer n'est pas calmée, tout comme moi d'ailleurs. Je remonte mes genoux contre ma poitrine ne posant la tête dessus et mes pensées dérivent vers le manoir tandis qu'une larme s'écrase sur mon jean.

Un constat net et froid s'impose dans mon esprit. Même Tom n'arrive pas à me faire oublier ces deux yeux glacés qui hantent mes rêves parfois délicieux et parfois ignobles...