Je reste la tête appuyée dans son dos à sangloter en tenant contre moi son corps inerte. Ses cheveux pendent lamentablement dans le vide et sa tête roule sur ses épaules. Je n'ose pas y croire, il ne peux pas être mort. Il n'a pas le droit, je ne peux pas le perdre maintenant, pas comme ça.
Cela fait plus de 10 minutes que je suis dans cette position, assise par terre, le parquet souillé de vomis. Mon cœur se brise en mille morceaux et je sens au fond de moi les éclats de celui-ci tomber dans un fracas assourdissant. Je hurle folle de chagrin en martelant de coup son dos :
-REVEIL-TOI ! REVEIL-TOI ! LUCIUS !
Et je continue de frapper sa peau comme si ça pouvait changer quelque chose alors que je suis bien consciente que quoique je fasse, il ne reviendra pas. Idiot, Imbécile ! Boire ne te suffisait pas, il a fallut que tu t'empoisonnes ! Crétin, regarde dans quel état tu me laisse !
Au moment, ou je trouve la force de me dégager de derrière lui, je le sens frémir. Sur le coup, je n'ose y croire, mon cœur manquant un battement, je suis figé. Je l'entends alors reprendre sa respiration de manière saccadée mais rassurante et je me précipite devant lui pour prendre son visage entre mes mains. Il murmure en attrapant mes doigts :
-C'est toi ? Mon émeraude ? Tu es rentrée ?
-Oui. Je souffle. Oui Lucius, c'est moi. Viens, lève toi.
J'ai envie de fondre en larmes quand je croise son regard et ses yeux remplis de joie et d'espoir. Mais je me concentre sur ma tâche, l'aider à gravir les escaliers jusqu'à notre chambre. Une fois arrivé, je prends le rôle qu'il tenait d'habitude. Je fais couler un bain tiède, pas trop chaud pour le déchoquer. Je m'empresse de le déshabiller en évitant de respirer trop profondément car l'odeur de vomis et d'alcool est puissante. Je l'aide à se glisser dans le bain avant de me dévêtir à mon tour et de le rejoindre en m'installant à califourchon sur lui. Je saisie un gant de toilette et je commence à laver son visage des dernières traces d'alcool et de larmes. Puis je saisis avec douceur le jet pour laver ses cheveux sales et ternes. Je remarque que Lucius ne me touche pas, il semble être dans un état second comme si il avait peur que je disparaisse. Je lui murmure d'une voix apaisante :
-Chut...Chut Lucius... Je suis là maintenant. Nous parlerons demain après une bonne nuit de sommeil.. Je suis là... Lève le menton s'il te plaît...
Je prends son rasoir pour lui couper cette fichue barbe une bonne fois pour toute. Ce faisant, je me maudis d'être aussi attentionnée envers lui. J'aurais mieux fait de le laisser à sa condition une fois le poison régurgité. Mais je ne peux pas lui résister, je m'en suis bien rendu compte lors de mon séjour dans la ruine. Je ne peux pas vivre sans lui, c'est assez clair dans mon esprit. Il a dit, bien qu'alcoolisé que « tous ça ne servait à rien sans moi », peut-être y a t-il un espoir pour nous deux ?
Je secoue la tête en posant le rasoir sur le côté de la baignoire en regardant mon mari qui retrouve peu à peu ses traits. Je me dégage doucement de ses genoux et en saisissant sa main je lui dis tranquillement :
-Viens, lève toi.
Il obéit comme un enfant à sa mère et je l'aide pour sortir du bain avec de lui lancer un sort de séchage. Lui faire passer un pyjama a été une grande étape. Il tremblait tellement de froid et de fatigue qu'après avoir réussi à mettre le pantalon, j'ai abandonné l'idée de lui faire passer la chemise. Je me sèche à mon tour avant d'enfiler une chemise blanche et de nous diriger vers le lit. Je remarque tous de suite que les draps n'ont pas été changés depuis mon départ et je fais s'asseoir Lucius sur la chaise de la coiffeuse avant de mettre une literie propre à l'aide de la magie. Deux minutes plus tard, nous sommes au lit. Je caresse les cheveux encore humides de mon époux qui a enfouit sa tête dans mon ventre, me serrant contre lui comme un petit garçon. Je reste pensive sur sa façon d'agir. Lucius me dévoile son vrai visage, celui d'un homme meurtri et brisé par les épreuves de la vie et que son éducation lui a fait endurer. Je me recroqueville alors pour poser ma tête sur la sienne en lui chuchotant que je suis là, que je ne le laisserais pas...
…
Quand j'ouvre les yeux, je met quelques instants avant de comprendre que je suis dans le lit et que Lucius dort encore profondément. Je caresse son dos nu en respirant son odeur avec délectation et je percute que je n'ai pas fait de cauchemars. Je le sens trésailler sous mes caresses et je souris en dégageant les mèches de cheveux qui cache son visage. Quand ses yeux s'ouvrent et me transpercent par leurs lueurs, je glisse mes mains le long de son torse. Mon mari murmure d'une voix rauque :
-Est-ce bien toi ? Ou est-ce que je suis encore en train de faire un de ces délicieux rêves ?
Pour réponse, je lui pince le bras et il grimace avant de croiser mon regard taquin. Je chuchote :
-Est-ce que cela réponds à ta question ?
-Oh mon Amour... Il souffle en se redressant pour prendre mon visage entre ses mains.
Je caresse ses doigts, me sentant enfin en paix je gémis :
-Embrasse moi Lucius...
Il réponds aussitôt à l'ordre et ses lèvres chaudes se posent sur les miennes avec délectation. Je soupire de bonheur sous son étreinte sentant le trou dans mon cœur ce combler. J'approfondis ce baiser en glissant ma langue entre la barrière de ses dents alors que ses mains glissent le long de mon corps.
Soudain, il me fais basculer sous lui et sa chaleur et son odeur m'enveloppent avec douceur. Il chuchote en glissant ses lèvres sur ma joue, mon cou et mes épaules :
-Pardonne-moi... Pardonne-moi mon émeraude. Je ne voulais pas te faire du mal...
je me cambre sous ses mots en gémissant alors qu'il commence à défaire les boutons de ma chemise en continuant de murmurer des paroles rassurantes. Une fois le vêtement défait, il écarte avec précaution le tissu en soufflant sa main posée sur mon ventre :
-Tu es si belle...
je m'agenouille face à lui en rougissant en laissant glisser la chemise sur mes pieds me retrouvant ainsi nue devant l'homme que j'aime. Lucius m'enlace tendrement en me caressant avant de me recoucher gentiment sur le lit et de glisser entre mes cuisses. Son regard ne me lâche plus et je reste accrochée au sien alors qu'il me prend avec douceur et amour. Je me retiens à grandes peines de gémir mais finalement, je me laisse aller quand son odeur m'enivre totalement...
…
Le soleil fait étrangement briller la peau pâle de Lucius que je m'amuse à caresse en riant à chaque fois que je touche une zone sensible. Nous sommes tous les deux encore nus, allongés sur le lit défait. D'ailleurs l'état entier de la chambre témoigne de la violence et de la passion de nos retrouvailles. Mon époux se tourne vers moi et en m'embrassant il chuchote :
-Merci...
-Pourquoi merci ? Je demande choqué qu'un Malfoy sache remercier.
-Pour m'avoir sauver. Pour m'avoir ouvert les yeux et pour être revenue.
Je cache mon visage dans son torse avant de dire plus gravement :
-Lucius, tu sais que ça ne pourra pas durer... Nous n'avons pas les mêmes idées. Les tiennes me blessent et me tuent. Les miennes ne sont plus compatibles avec le monde dans lequel nous vivons. Mais je préfère mourir que de vivre avec quelqu'un qui considère les enfants comme des marchandises.
Le blond s'assoit alors dans le lit et je fait de même. Il tourne vers moi un regard déterminé et il annonce sérieusement :
-Alors apprends-moi.
-Comment pourrais-je faire rentrer quelque chose dans ta tête déjà bien pleine ?
-Elle n'est pas si pleine que ça. Tu as eu un aperçu hier. Tous ça, tous ce luxe et ces apparences ne servent à rien si tu n'es pas là. Je pourrais même me contenter d'une vieille maison croulante si tu es avec moi, ça me va. Quand j'ai compris que tu ne reviendrais pas et que je ne pourrais pas te retrouver je suis devenu fou, fou de chagrin ! Même Draco n'arrivait pas à me faire réagir. Quand le ministère m'a demandé de rester chez moi, je m'en suis contre-fiché ! Plus rien n'a d'importance si tu ne partages pas ma vie. Apprends-moi Ruby ! Apprends-moi à voir le monde de tes yeux, il doit être plus joli que des miens.
Je suis bouche-bée par sa déclaration, si bien que je n'ose plus esquisser le moindre gestes. Au lieu de parole des larmes coulent en abondances sur mes joues en même temps qu'un large sourire qui ce dessine. Lucius, ne sait plus trop comment réagir mais je m'en fiche. Je me jette dans ses bras en m'exclamant :
-Oh mon Amour ! Si tu savais à quel point je rêvais que tu me dises tous cela ! Je t'aime et à partir de maintenant nous irons bien !
