Dans un sursaut d'instinct pur, Harry hurla :
« NON ! »
Les trois autres lui jetèrent des regards désolés, ils le connaissaient tous suffisamment bien pour savoir que c'était la dernière chose que pouvait souhaiter le jeune Lord. Et pourtant, le choix ne lui appartenait déjà plus, en réalité il n'avait jamais été le sien.
Doucement, Gripsec posa une main sur le bras de son ami :
« Je suis navré, Harry. Je sais que vous ne souhaitez pas cela, mais les signes sont tous là. »
Harry serra les dents, et refoula ses larmes, pourquoi fallait-il toujours que ça tombe sur lui ?
« Quels signes ? Une obscure prophétie, qui peut être interprétée de cents façons différentes ! »
Lady Londubat secoua doucement la tête :
« Non, Harry. La première phrase dit déjà tout ce qu'il faut savoir ! »
Le jeune homme la regarda sans comprendre, et la matriarche expliqua :
« Le roi caché travailleras la terre de ses mains, Mordred quitta Avalon, pour se fondre dans la population et devint potier ! J'imagine que vous comprenez, et même si cela ne suffisait pas, la suite est sans ambiguïté.
Ses descendants à la première place siègeront, votre famille est la première de notre monde. Les mains innocentes sont celles d'un enfant, ce que vous étiez quand vous avez tiré l'épée. Vous avez affronté Tom Jedusor, mais également un basilic, un dragon, des araignées géantes, un sphinx, des détraqueurs et tant d'autres choses, des exploits dignes d'un chevalier. La trahison, je suppose que vous comprenez, l'égal de Merlin, eh bien, votre puissance magique est déjà sans équivalent, alors quand vous aurez atteint votre maturation magique, je n'ose même pas y penser. Le seul point obscur est la référence à la déesse-mère. »
Harry échangea un rapide coup d'œil avec Gripsec, ce que ne manqua pas Amélia :
« Visiblement vous savez de quoi il est question ! Vous avez parfaitement le droit d'avoir vos secrets, Harry. Que vous ne vouliez pas de cette charge ne m'étonne pas, nous savons tous que ce n'est pas dans votre nature. Mais j'aimerais que vous considériez trois points ! En premier lieu, si vous devenez roi du monde magique, vous pourrez faire interroger n'importe qui, même les membres du magenmagot sous veritasserum. Ensuite, vous pourrez restaurer les relations avec les « créatures magiques », sans offense maître gobelin – Gripsec hocha la tête en souriant – Et surtout, en tant que roi, descendant d'Arthur, de Morgane et de Merlin vous pourrez accéder à Avalon et de là, raviver la magie dans notre monde. – Harry, qui n'avait toujours pas lâché l'épée, haussa un sourcil interrogateur – Notre monde meurt, Harry, les enfants sorciers sont de moins en moins nombreux, et de moins en moins puissants, prenez cette épée, elle a été forgé par Merlin et Viviane, mais aujourd'hui même les gobelins seraient incapables d'en forger une équivalente, et je ne parle même pas des sorciers. Nos ancêtres ont fait des choses incroyables, que nous ne sommes plus en mesure de faire, par Merlin, Harry, il a suffi de 4 sorciers pour construire Poudlard, aujourd'hui, 4 sorciers pourraient à peine construire une cabane qui tiendrait debout !
Avalon a été, selon les versions, soit scellé, soit caché, dans un cas comme dans l'autre, la source de magie qu'elle abritait n'abreuve plus le monde, et la magie va en déclinant, dans quelques générations, il n'y aura plus de sorcier en Grande-Bretagne !
- À ce point ?
- Oui, c'est un fait que mes prédécesseurs ont soigneusement dissimulé, mais notre population ne cesse de décliner, que ce soit en nombre ou en puissance.
- Amélia, quelle différence entre scellé et caché ?
- Eh bien, « caché » ne veut rien d'autre. Mais « scellé », implique que l'île a été soustraite à la trame même du temps, ce qui impliquerait que Merlin et Morgane seraient encore vivants, vous imaginez à quel point cela nous serait précieux dans la guerre ?
- Oui, mais pour cela, je dois prendre le pouvoir, Vous prendre le pouvoir !
- Harry, pensez-vous vraiment que je vous aurais parlé de ça, si je n'étais pas prête à vous suivre ? De toute façon, même si cela n'avait pas été le cas, le ministère, et les gouvernements précédents, ce sont tous engagés par magie à s'effacer si un descendant légitime d'Arthur se révélait ! Le royaume magique de Camelot, n'a jamais disparu, il est seulement resté en sommeil, nous n'avons fait qu'assurer l'intérim ! Si maintenant, vous revendiquiez le trône, l'ensemble de la population magique de notre pays le saurait immédiatement, et aucun fonctionnaire ou membre du magenmagot ne pourrait faire autre chose que de vous confier toute ses prérogatives. Le sortilège qui lie le peuple à son roi, a été lancé par Merlin, Morgane et Arthur, même vous n'avez pas la puissance pour aller contre cela.
- Je n'ai pas le choix, en fait.
- Je crains que non, Harry. Nous ne parlons pas d'une prophétie faite par une voyante mineure, comme celle qui vous a finalement liée à Tom Jedusor, et qui aurait pût être invalide. Nous parlons d'une prophétie faite par Merlin et Morgane ! Deux pratiquants des arcanes tellement puissants qu'ils sont quasiment déifiés.
- Cela à au moins le mérite de la franchise, merci Lady Londubat. Je… j'ai besoin d'y réfléchir ! »
Les autres approuvèrent, et la petite réunion pris fin, Harry ramena Gripsec dans le royaume souterrain, et retourna à son manoir, totalement assommé par ce qui venait de lui tomber dessus.
Comme toujours, il gagna la piscine, c'était son refuge, l'endroit où il pouvait réfléchir posément en faisant travailler ses muscles, ou simplement en se laissant porter.
Par Merlin ! Comme si cela ne suffisait pas d'être l'élu, le survivant, le premier Lord sorcier, et l'homme le plus riche d'Europe ! Non en plus de cela, il était roi ! Et pas roi de n'importe quoi, non, il était censé dirigé rien de moins que le royaume magique de Camelot ! Et être le descendant de Merlin et Morgane !
Il profita d'être seul pour hurler sa frustration ! Pourquoi fallait-il toujours que ça tombe sur lui ?
Il rumina pendant encore un moment, jusqu'à ce que Drago et Théo, qui avaient été avertis par Kery de sa présence de son humeur, ne le rejoigne pour savoir ce qui n'allait pas.
Harry avait posé l'épée sur la petite table où il prenait régulièrement le thé, et les deux serpentards se figèrent en la voyant. Ils échangèrent un regard, avant de laisser leurs yeux aller de l'épée à Harry et de Harry à l'épée.
Élevés tous les deux dans la plus pure tradition magiques, les deux sang-purs avaient identifiés l'épée, et avaient compris. Dans un même mouvement, les deux adolescent mirent un genou en terre et baissèrent la tête :
« Votre majesté ! »
Harry glapit de rage :
« Ah non ! Pas vous aussi ! »
Les deux serpentards échangèrent un regard et se mirent à rire, Drago dit :
« Harry, mon ange, il n'y a que toi pour râler à l'idée de devenir roi ! »
Théo approuva :
« Il a raison, tous les petits sorciers ont rêvés d'être le fameux roi caché. Et le seul qui ne veut pas l'être, tire le bon numéro ! »
Mais Harry ne rit pas, et les deux garçons comprirent que cela était un vrai problème pour leur petit ami et amant. Ils plongèrent dans l'eau et se blottirent contre lui, l'embrassant tour à tour. Le blond dit :
« Mon ange, je sais que tu déteste te mettre en avant, mais pense à toute les bonnes choses que tu pourrais faire avec ce pouvoir. »
Harry gronda :
« J'y pense, évidemment ! Et je pense aussi au futur ! Drago, je compte élever mes enfants pour en faire des gens biens, des personnes bienveillantes, qui se soucient des autres, et je ferais en sorte que mes petits enfants reçoivent la même éducation. Mais après ? Une fois que je ne serais plus là ? Combien de temps faudra-t-il avant qu'un de mes descendants se révèlent être un tyran sanguinaire ? C'est le problème des pouvoirs absolus, quand c'est un individu droit et honnête qui le manie, ça permet de faire de grande chose, mais le pouvoir finit toujours par corrompre, et alors l'injustice et le malheur règne ! »
Théo l'embrassa doucement :
« Je comprends, Harry, mais tu omets un détail, l'épée ne peux être maniée que par un homme au cœur pur, un tyran ne pourrait même pas l'effleurer. Merlin et Viviane n'étaient pas des imbéciles, et ils ont fait en sorte qu'aucun tyran ne puisse monter sur le trône, c'est aussi pour cela que Lancelot n'a pas réussi à prendre le pouvoir. Si tu as plusieurs enfants, ce n'est pas toi ou le droit d'ainesse qui choisira l'héritier du trône, mais l'épée. »
Le jeune Lord hésita entre laisser transparaître son soulagement et reprocher à Théo d'avoir rendu caduque un excellent argument pour refuser le trône. Il chercha d'autres raisons de refuser :
« Mais je vais être le centre de l'attention !
- Tu l'es déjà, mon lion ! dit le blond
- Tous le monde va critiquer ce que je fais !
- C'est déjà le cas, mon ange, murmura Théo
- Mais….
- Mais rien, Harry ! Lâcha Drago.
- La seule chose que cela va vraiment changer, c'est que tu auras le pouvoir de te défendre contre les attaques ! Imagine ce que tu aurais pu faire à Skeeter si tu l'avais su à l'époque.
- Théo, à raison, mon ange. Au final, tout ce que tu gagneras ce seras tu temps ! Plutôt que de faire tes coups en douce pour changer les lois, tu vas pouvoir les imposer, bien sûr, il te faudra des conseillers. Mais Hermione, Amélia, Lady Londubat et Remus seront déjà une très bonne base.
- Pas toi ? S'étonna Harry.
- Non, je serais toujours prêt à te donner mon avis, mon amour, mais je me connais assez pour savoir que le pouvoir est quelque chose de dangereux, pour moi. »
Harry était à la fois très fier de la réflexion de son petit ami, mais aussi dévasté, quand on lui avait appris la vérité, la seule chose qui l'avait rasséréné avait été d'avoir Drago à ses côtés. Or là, il semblait évident que le blond, sans disparaître totalement de sa vie, n'avait pas l'intention de se tenir trop près.
« Tu… tu… compte me laisser ? »
Drago le regarda sans comprendre pendant une seconde, avant de percuter et de l'embrasser profondément :
« Bien sûr que non ! Je resterais avec toi aussi longtemps que nous en aurons envie, mon stupide lion. Je ne parlais que d'un point de vue politique.
- Je vais devoir me marier, encore plus qu'avant ! »
Le blond rougit, le sous-entendu était tellement évident qu'il n'en était plus un, mais il confirma, et répondit à la question informulée :
« Oui, mais tu peux épouser qui tu veux, garçon ou fille, et comme les pays ne concluent plus d'alliances de cette façon, tu n'auras que ton envie à prendre en compte. »
Drago se retrouva presque étouffé dans les bras puissants de son petit ami. On était loin de la demande officielle, mais cela signifiait tout de même beaucoup.
« Donc si je résume, j'ai tout à gagner, et rien à perdre ? »
Les deux serpentards tempérèrent la déclaration :
« N'exagère pas, tu seras davantage surveillé et adulé, dit Drago.
- Oui, et tu devras certainement présider à différentes cérémonies, rajouta le petit brun.
- C'est un lourd travail qui t'attends, surtout les premiers temps, mon lion. Tu vas devoir restaurer Camelot, refonder l'ordre des chevaliers-sorciers, retrouver Avalon, ça sans même parler de la guerre contre le seigneur des tarés. »
Harry grogna, il allait effectivement être très occupé, mais Amélia avait raison, s'il acceptait la couronne, il pourrait faire beaucoup de bonnes choses, il pourrait rendre leur vrais place aux peuples magiques, il pourrait faire tomber tous les mangemorts connus qui siégeaient encore au magenmagot, il pourrait faire en sorte que le monde magique soit plus juste, plus ouvert, plus dynamique !
Oh, il n'avait pas la prétention de tout savoir sur tout, mais son petit groupe le seconderait et le conseillerait efficacement, il n'avait pas le moindre doute à ce sujet, Amélia, Lady Londubat, Hermione, Remus, McGonagall, et Killian ! Qui mieux que le prince de Gaïa pourrait l'aider à faire ses premiers pas dans le métier de roi ?
« D'accord ! Je serais roi. »
Les deux serpentards, qui étaient encore blottis contre lui furent brusquement éjectés dans l'eau, par une petite explosion de magie, et l'épée vola jusqu'à se nicher dans la main du jeune prince, et vibra, produisant un son d'une pureté sans pareille.
Théo et Drago sortirent de la piscine, et mirent un genou en terre, tandis que le survivant se mettait à flotter au-dessus de l'eau, en tenant l'épée pointée vers le ciel. Une lumière d'un blanc éclatant entoura le corps du brun pendant quelques secondes, avant de disparaître. Harry, flottant toujours au-dessus de l'eau, était désormais habillé, et paré des symboles de la royauté.
Il portait un pantalon de fin cuir de dragon noir, une chemise à lacets blanche, recouvert d'un gilet de cuir pareil à son pantalon, sur ses épaules reposait un long manteau de velours pourpre bordé d'hermine blanche, et, niché dans ses épais cheveux noir, un simple cercle fait des mêmes métaux que son épée, deux larges bandes blanches entourant une fine ligne noir.
Marchant dans l'air comme s'il était sur un escalier, il se posa sur le bord de la piscine, face à ses deux amis. Même s'ils étaient aussi nus que le jour de leur naissance, les deux adolescents se tenaient avec une dignité que peu de gens habillés pouvaient avoir, ils inclinèrent tous les deux la tête, et dirent d'une seule voix :
« Votre majesté, nous sommes à votre service. »
Harry, se doutant que les autres résidents du manoir allaient débarqués sous peu, les habilla d'un mouvement de main, avant de répondre :
« Relevez-vous, mes chers amis. »
Les deux garçons obéirent et aucun d'eux ne cacha les larmes qui emplissaient leur yeux, un nouveau roi s'était levé, et ils se sentaient privilégiés d'avoir été les témoins de son accession à la couronne.
Les portes de la piscine s'écrasèrent contre les murs, révélant les autres résidents du manoir, qui restèrent figés un bref instant devant le spectacle du jeune homme brun, désormais roi.
Remus fut le premier à réagir, entrainant les autres, tous s'agenouillèrent et répétèrent les mots des garçons.
Tout en sachant que c'était une démonstration sincère de respect, Harry se sentit très gêné de voir, ces gens qui étaient comme une famille pour lui, s'agenouiller devant lui. Il les fit se relever et précisa :
« Je vous en prie, quand nous sommes entre nous, pas de « majesté », juste Harry. »
Remus sourit et le pris dans ses bras en murmurant :
« Tes parents et Sirius auraient été si fier de toi, louveteau ! Et tu n'imagines pas à quel point, moi je suis fier de toi ! »
Harry retint difficilement ses larmes, et hocha la tête en silence, il ne faisait pas confiance à sa voix à cet instant.
Les autres le félicitèrent avec chaleur, jusqu'à ce que Narcissa se mette à râler en souriant :
« Il va falloir totalement changer l'organisation du bal, Harry ! Vous auriez pu attendre, je vais devoir tout recommencer ! »
Le jeune roi sourit, et s'excusa très exagérément. Ils échangèrent un sourire, puis Franck dit :
« Harry, tu dois te faire connaître, va au ministère en premier lieu, pour recevoir officiellement tes pouvoirs régaliens. »
Le survivant approuva, et dit :
« Il risque d'y avoir pas mal de grincements de dents, je préfèrerais que vous restiez ici, en sécurité. »
Alice et Narcissa approuvèrent, mais les autres grimacèrent, ils n'étaient pas tranquilles à l'idée de laisser leur tout nouveau roi sans protections, même en sachant qu'il était parfaitement capable de se défendre seul.
« Harry, tu te dois d'avoir une escorte, même si nous savons tous que tu es bien plus puissant que nous, c'est une question d'apparat autant que de sécurité. »
L'adolescent brun fit la moue, mais hocha la tête aux paroles de son ami loup-garou :
« Très bien, Lord Londubat, Remus, vous m'accompagnez. »
Les deux hommes hochèrent la tête, et Harry métamorphosa leurs vêtements, quitte à jouer aux gardes royaux, autant qu'ils en aient l'air. Les deux hommes se retrouvèrent donc à porter un ensemble similaire à celui du jeune roi, à la différence qu'il s'agissait de cuir brun, et que leurs capes étaient noires et sans fourrure.
Sur ce, les trois hommes transplanèrent dans le hall du ministère.
Que ce soit par hasard, ou bien par réflexion, l'atrium étant le seul endroit assez vaste pour accueillir tous ceux qui travaillaient au ministère, l'endroit était noir de monde. Comme l'avait dit Amélia, tous les sorciers avaient sentis qu'un roi s'était levé, après presque 1700 ans, de nouveau quelqu'un avait ceint la couronne d'Arthur.
Le craquement du transplannage ne fut remarqué que par ceux qui étaient proche du point d'arrivé, mais quand ces derniers virent l'épée et la couronne, ils répandirent la nouvelle, et bien vite, l'atrium fut entièrement silencieux. Amélia et Augusta apparurent à ce moment-là, de l'autre côté de l'atrium, et la foule de fonctionnaire s'écarta, créant une haie d'honneur qui mena la ministre, et la présidente du magenmagot jusqu'au large cercle vide où se tenait le nouveau roi, et ses deux gardes.
Arrivant dans le cercle, les deux Lady échangèrent un sourire avec le roi, et s'agenouillèrent, avant de déclarer d'une voix commune qui résonna dans l'atrium silencieux :
« Votre majesté, nous sommes à votre service. »
Les autres sorciers présents, comprenant qu'il n'y aurait pas de guerre de pouvoir entre la ministre et le jeune monarque, suivirent leur exemple, et s'agenouillèrent tous pour prononcer les mêmes mots.
« Mesdames, je vous en prie, relevez-vous. »
Amélia et Augusta, qui dut tout de même prendre appui sur le bras du roi, se relevèrent donc, et Harry déclara d'une voix forte :
« Il n'y auras pas d'affrontements pour le pouvoir, entre ces grandes dames, et moi-même ! Je compte bien qu'elles acceptent d'ailleurs de me conseiller et de jouer un rôle dans la nouvelle organisation de notre royaume. Lady Bones, je souhaiterais que vous preniez la tête du ministère de la justice, et que vous siégiez au haut-conseil, je m'assurerais que personne ne soit hors de portée de la justice ! Lady Londubat, j'aimerais que vous preniez la tête du haut-conseil. Acceptez-vous, mesdames de continuer à servir notre peuple ? »
Les deux Ladys s'inclinèrent avec respect et acceptèrent.
Harry leur sourit, et dit :
« Que monsieur Alexandre McKinnon veuille bien s'avancer. »
Celui qui avait remplacé Amélia à la tête de l'ancien DJM, fendit la foule et vint s'agenouiller devant le roi, qui se pencha et murmura à son oreille :
« Prenez tous les aurors dont vous êtes sûr, et arrêtez tous les membres du magenmagot pour interrogatoire sous veritasserum, je ne tolérerais plus aucune malversation ! »
L'homme approuva en souriant, enfin il allait pouvoir faire tomber tous les pourris qui gangrénaient encore le ministère. Il disparut dans la foule, alors qu'Harry disait à tout le monde de se relever.
« Que les chefs de départements, et les membres du magenmagot nous attendent ici ! Que les autres retournent à leurs occupations ! Madame la ministre de la justice, madame la présidente du haut-conseil, permettez-moi de vous escorter. »
Disant cela, il leur tendit un bras à chacune, et ils remontèrent l'allée qui ne s'était pas refermée, jusqu'aux ascenseurs.
Sitôt que la cabine eut disparut, l'atrium éclata en exclamations plus ou moins joyeuses. Certains pensaient que la restauration de la monarchie était la meilleure chose qui pouvait arriver, d'autres étaient moins convaincus, et certains désapprouvaient totalement. Parmi ces derniers, une partie était contre par principe, et l'autre était composée de mangemorts ou affiliés.
Alexandre McKinnon ne perdit pas de temps, et rapidement, tous les membres du magenmagot ainsi que les chefs de départements furent conduits, plus ou moins discrètement, dans les geôles du ministère.
Autant dire que pour une première action, celle-ci donnait le ton de la suite, personne ne serait à l'abri, quel que soit son rang ou sa fortune, celui qui suivait Tom Jedusor de son plein gré serait traité sans égard, et ceux qui abusaient de leurs privilèges devraient en payer le prix.
Pendant que certains des plus grands noms de la Grande-Bretagne sorcière étaient arrêtés, le jeune roi était tranquillement assis dans l'habituel petit salon en compagnie de la nouvelle ministre de justice, de la nouvelle présidente du haut-conseil, ainsi que du fils de cette dernière, et de Remus.
« Bien, mesdames, avant tout, quand nous sommes entre nous, « Harry » est amplement suffisant. »
Les deux Ladys approuvèrent en souriant, et le jeune roi continua :
« Pour ce qui est des autres grands ministères, Remus, j'aimerais que tu prennes en charge celui, qui je l'espère, sera temporaire, et chargé des relations avec les autres peuples magiques du royaume. »
Le dernier des maraudeurs sourit :
« Quoi de mieux qu'un loup-garou comme ministre pour montrer que tu n'as pas les préjugés des sorciers.
- En effet, j'ai bien pensé à Gripsec, mais je pense qu'il serait plus à sa place à l'économie.
- Deux « créatures », sans vouloir vous offenser Remus, vous donnez le ton tout de suite, Harry. Si vous n'étiez pas roi, je vous conseillerais d'agir plus discrètement, mais puisque vous l'êtes par la magie !
- Oui, même si j'entends déjà un bon nombre de dents grincer, ma chère Amélia.
- Sans vouloir vous offensez, Harry, ne vous limitez pas à vos proches pour pourvoir les postes importants.
-Vous êtes la présidente du haut-conseil, Lady Londubat, en tant que telle j'attends que vous me donniez votre avis, aucune offense. D'ailleurs je suis d'accord avec vous, et comme Amélia a déjà fait un grand ménage au ministère, la majorité des chefs de départements garderont leurs places, tant qu'ils acceptent le changement. À la différence qu'ils porteront désormais le titre de ministre, et qu'ils devront tous faire des efforts pour réorganiser leurs services de façon à les rendre plus efficaces, même si cela implique de changer beaucoup de choses ! J'ai cru comprendre, que Lady Marchebank était toujours très ouverte aux changements ?
- En effet, Griselda tente depuis longtemps de remettre à jour les programmes scolaires, mais sans grand succès.
- Bien, elle sera donc parfaite en tant que ministre de l'éducation. J'irais voir le professeur McGonagall tout à l'heure, il est temps de dépoussiérez Poudlard, c'est même une priorité selon moi. Je veux profiter de ce moment de grâce, durant lesquels les gens sont trop surpris pour protester, c'est maintenant que je peux faire de grandes réformes sans avoir trop de protestations. »
Les deux Ladys approuvèrent, elles étaient des femmes politiques, et comprenaient la logique de vouloir en faire le maximum dans le temps le plus court possible.
« Amélia, j'ai demandé à Monsieur McKinnon d'arrêter tous les membres de l'ancien magenmagot ainsi que les directeurs de départements, et de les interroger sous veritasserum, chaque crime doit se payer ! Je compte sur vous pour que toute personne impliqué dans une malversation soit punie ! Les mangemorts seront confiés à la guilde des mentalistes sitôt que cette dernière, et les autres guildes, ce seront engagées à servir la couronne. Une fois qu'ils auront livrés tous leurs secrets, ils seront exécutés, plus d'emprisonnement pour ces meurtriers ! Si on avait exécuté les mangemorts arrêtés il y a 15 ans, Tom n'aurait pas pût avoir une telle force de frappe !
Ceux qui ont été enrôlés de force, seront soigneusement interrogés pour savoir ce qu'ils ont faits exactement, chaque cas sera examiné avec attention !
Je veux que le département des mystères travaille sur un moyen de détruire les détraqueurs ! Ces horreurs n'ont plus leur place dans notre monde !
Pour les affaires courantes, l'ancien système ministériel restera en place pour le moment.
Un dernier point, Amélia, j'aimerais que vous réfléchissiez à un nouveau code pénal, quelque chose de plus clair et moderne, de plus juste aussi. Je veux bien accorder certain privilèges aux Lords et Ladys, mais dans les limites du raisonnable.
Des questions ? »
Le jeune homme ne s'en rendait pas compte, mais pour les autres personnes présentes, c'était flagrant, Harry était véritablement royal à ce moment. Sûr de lui et de son bon droit, il avait, en quelques phrases, laissé entrevoir une vision du futur, un monde magique qui serait plus juste, plus ouvert, plus progressiste, une vision pour laquelle les autres avaient envie de tout donner.
N'ayant pas de réponse, il dit :
« Bien, je vais aller voir la nouvelle directrice de Poudlard. Ensuite, en fonction de l'heure, j'irais voir le grand maître des mentalistes, et peut-être d'autres, ensuite je rentrerais chez moi. »
Lady Londubat le stoppa :
« Harry, il faut également que vous vous rendiez à Avalon. »
Le jeune roi hocha la tête :
« Je sais, ma chère, mais cela n'est pas nécessaire, en acceptant la couronne j'ai reçu un message, quelqu'un va venir me trouver. »
Les autres approuvèrent, et le nouveau roi demanda :
« Autre chose ? »
Tout le monde secoua la tête, et Harry lâcha :
« Parfait, je vais aller visiter la guilde des mentalistes, pour leur demander de venir interroger les prisonniers, mais également de convoqué le grand conseil des guildes. Mesdames, Messieurs, vous pourrez me trouver au manoir ce soir. »
