Sur ce, il disparut pour réapparaitre au siège de la guilde des mentalistes. En tant que maître mentaliste, avant d'être roi, il avait le droit d'être là, mais personne d'autre dans son entourage ne pouvait l'accompagner, à part peut-être Subaru, mais Harry ignorait s'il était enregistré auprès de la guilde britannique.

Réglant son esprit de la façon adéquat pour se faire reconnaître par les défenses et les gardes, le jeune roi pénétra dans le grand bâtiment bas qui abritait la guilde. Il n'eut qu'à faire quelques pas, pour sentir l'appel mental du grand maître, qui le guidait jusqu'à lui.

Le vieil homme qui l'avait reconnus comme maître mentaliste, et qui dirigeais la guilde, le mena jusqu'à un salon où il discutait avec d'autres maîtres, sans vanité, Harry était prêt à parier qu'ils parlaient de lui.

Le jeune roi s'amusa de l'air de surprise sur les visages des hommes et femmes présents, quand ils comprirent qu'il était le nouveau roi ! Le grand maître, malgré son âge, fut le plus prompt à réagir, il se leva pour mettre un genou en terre :

« Votre majesté, c'est un grand honneur ! »

Harry retint un sourire, tous les autres lui avait dit être à son service, mais ce vieux renard avait visiblement envie de jouer.

« Grand maître, mes chers frères et sœurs mentalistes. »

Il allait devoir jouer le jeu, le vieillard n'était pas méchant, mais visiblement les hommes d'un certain âge avaient des passe-temps particuliers.

Harry choisit donc de jouer au roi, et s'assit sans attendre d'invitation, si les autres maîtres présents semblèrent mal à l'aise, le dirigeant de la guilde lui ne sembla s'en émouvoir.

« Le royaume compte sur vous, grand maître, vous et la guilde, pour aider à mettre fin à cette guerre, et souhaite que vous convoquiez le grand conseil des guildes ! »

Pas de demandes, pas de suppliques, des faits ! Ce n'était pas non plus un ordre, c'était à la limite entre les deux, Harry ne souhaitait pas se montrer trop présomptueux, mais ne voulait surtout pas avoir l'air de quémander !

Encore une fois, les autres maîtres présents semblèrent mal à l'aise, et pour cause, une part d'eux-mêmes était fidèle à la guilde et sa hiérarchie, et donc n'aimait pas le ton et les manières de l'adolescent. Mais une autre partie de leurs esprits étaient excités et enjoués à l'idée qu'un nouveau roi, qui appartenait à leur guilde, se soit levé, et de ce point de vue-là, ils étaient tous prêts à jurer fidélité à la couronne.

Les guildes, bien qu'elles disposent toutes d'un conseil dirigeant, restaient des structures pyramidales avec le grand maître chapeautant tout ! Seul un vote unanime du conseil dirigeant pouvait contrecarrer une décision du grand maître, mais les conseils étaient également ceux qui élisaient les grands maîtres, et ils étaient généralement d'accord avec leurs décisions.

Ainsi c'était au grand maître de décider si oui ou non, la guilde des mentalistes se mettrait au service de la couronne. Le vieil homme avait déjà pris sa décision, dès qu'il avait sentis dans la trame de la magie l'émergence du roi, mais il estimait qu'à son âge, il n'y avait pas de mal à s'amuser un peu.

« Votre majesté, vous n'êtes pas sans savoir que les guildes ont toujours été des organisations indépendantes.

- Indépendantes des ministères, et des gouvernements précédents, cela grâce aux prérogatives que mon ancêtre leur a accordés ! Et contre la promesse de toujours servir la couronne, et uniquement la couronne ! »

Le vieil homme fit la moue :

« Vous me gâchez mon plaisir, votre majesté ! »

Harry sourit :

« J'en suis navré, grand maître, mais comme vous vous en doutez j'ai beaucoup à faire ! »

Le grand maître grogna :

« Moui, j'imagine, juste une question, comment saviez-vous pour cet accord ? Seuls les membres des conseils et les grands maîtres sont au courant que nous devons notre indépendance face au ministère contre la promesse de servir la couronne ? »

Le jeune roi sourit :

« En acceptant la couronne, j'ai eu droit à quelques précieuses informations qui étaient scellés dans l'épée. »

Le vieil homme hocha la tête :

« Très bien, votre majesté, notre guilde respecteras les accords passés avec votre ancêtre, et je ferais savoir à mes homologues que vous êtes au fait de ces accords. Je vous tiendrais au courant pour la date du grand conseil. »

Harry sourit et inclina la tête :

« Je vous remercie, mon ami. J'ai fait arrêter tous les membres du magenmagot, pour interrogatoire, j'aimerais que vous envoyiez des mentalistes pour aider les aurors.

- Ce sera fait, votre majesté.

- Parfait, dans ce cas, je vous souhaite une bonne soirée. »

Les autres mentalistes répondirent de même en s'inclinant, et Harry disparut.

Il avait été légèrement malhonnête avec le grand maître, l'épée lui avait bien transmis des informations, mais elles ne devenaient accessibles qu'en cas de nécessité, ainsi, il n'avait pas été au courant de l'accord entre les guildes et la couronne, avant que le grand maître ne s'amuse à le faire mariner. Le jeune roi pris note d'intégrer le vieil homme dans son haut-conseil, il serait un atout indéniable.

La rencontre lui ayant pris moins de temps que prévu, il apparut dans les profondeurs de Gringots plutôt qu'à Poudlard. Si, lors de son précédent passage, les gardes s'étaient montrés aimables, là ils semblèrent plus qu'incertains sur la façon de se conduire. Finalement, Gripsec fut appeler, et il s'inclina face au nouveau roi :

« Votre majesté, c'est un grand honneur de vous recevoir dans le royaume souterrain. Si vous voulez bien me suivre. »

Harry suivit donc son ami jusque chez lui, et une fois qu'ils furent seuls, il demanda :

« Gripsec, vous pouvez m'expliquer pourquoi vos compatriotes me regardent tous comme si j'étais une bombe sur le point d'exploser ? »

Le gobelin lui adressa un sourire désolé :

« Navré, votre majesté…

- Gripsec ! Nous sommes entre nous, vous avez été mon professeur, et vous restez mon ami, du moins de mon point de vue, alors je vous en prie, continuez à m'appeler Harry. »

Le gobelin sembla soulagé, et approuva :

« Très bien, Harry, et merci de me faire cet honneur. Pour en revenir au comportement de mes semblables, je vais tenter de vous expliquer. Comme vous le savez, nous gobelins, avons nos propres pouvoirs, et nos propres voyants – Harry hocha la tête – Or, votre venue à également été prophétisé par les gobelins il y a très longtemps. Bien avant que nous ne soyons contraints de nous terrer dans cette seule colonie. Avant cela nous avions des villes à ciel ouvert, et comme je vous l'ai dit lors de votre première venue ici, des colonies sylvestre. L'une de ces villes, était notre centre du savoir, une ville universitaire, un peu comme le magisterium que vous avez fréquenté. Lors d'une guerre entre nous et les sorciers, cette ville a été totalement incendiée par les sorciers et des milliers de nos plus précieux ouvrages ont brûlés. Entre autre, s'y trouvait toutes les prophéties faites par nos voyants, dont celle qui vous concerne.

Comme pour les sorciers, les prophéties n'étaient pas en libre circulation, à moins qu'elles ne se soient déjà réalisées, aussi avons-nous perdu le texte de celle qui vous concerne. Cependant, des rumeurs sont nées, autour de cette prophétie, en résumé, votre accession au trône magique de Camelot, pourrait être, soit le signe de notre libération, soit le signe de notre destruction. C'est pour cela que mes semblables vous ont semblés aussi incertains.

- J'exècre les prophéties, Gripsec. Mais passons, vous me connaissez, vous savez bien que jamais je ne ferais quoi que ce soit pour m'en prendre à votre peuple. Au contraire, j'ai bien l'intention de faire en sorte que vous ayez de nouveau une place au soleil. C'est d'ailleurs pour cela, que je suis ici, je venais vous demander de devenir mon ministre de l'économie. »

Jamais Harry n'avait vu autant d'émotions sur le visage du gobelin, s'y mêlait la reconnaissance, la crainte, l'étonnement, l'affection et tant d'autres.

« Harry… vous… vous réalisez que... cela va vous aliéner une part énorme des sang-purs. »

Le jeune roi sourit :

« Je me moque de l'avis des sang-purs, mon cher. Et d'ailleurs, lequel oserait publiquement dire qu'un gobelin n'est pas le mieux placé pour s'occuper de finance ? Si cela est votre unique raison de refuser, je n'accepterais pas ! Mais, comme je vous sais très occupé, si vous estimez ne pas être en mesure de remplir correctement cette charge, alors je vous demanderais de me désigner un autre de vos compatriotes pour s'en charger ! Les gobelins sont les banquiers de toute la Grande-Bretagne sorcière, vous avez prouvé votre parfaite maîtrise des mécanismes financiers. Alors qui mieux qu'un banquier gobelin, pour gérer les finances de mon royaume ? »

Gripsec se versa un grand verre d'alcool, sans même penser une seconde à proposer quoi que ce soit à son invité, et après avoir avalé une impressionnante gorgée, dit :

« J'accepte, Harry. Par tous les dieux, je serais à vos côtés pour faire bouger les choses dans ce pays ! »

Harry sourit et lui posa une main sur le bras :

« Merci, mon ami. Vous travaillerez avec Lady Bones, qui est en charge de la justice, Lady Marchebank qui est à l'éducation, Remus Lupin qui s'occupera des relations avec les peuples magiques, et Lady Londubat qui présidera ce haut-conseil, auxquels il manque encore pas mal de monde. Votre première mission, seras de réviser l'intégralité des règles d'imposition, je ne veux pas que les plus riches échappent à l'impôt ! »

Le gobelin approuva :

« Très bien, je vais prendre contact avec Lady Bones, pour qu'elle me fournisse les lois relatives à l'impôt.

- Parfait, je vais devoir vous laisser, j'ai prévu de passer à Poudlard avant de rentrer chez moi. »

Ils se saluèrent, le gobelin s'inclinant profondément devant l'adolescent, et Harry disparut pour réapparaître devant les grilles de l'école de sorcellerie.

Le jeune roi sourit, malgré toutes les manipulations et trahisons, Poudlard restait le premier endroit qu'il avait considéré comme sa maison. C'était pour cela qu'il aimait apparaître devant les grilles et faire le chemin à pieds, il aurait pût apparaître directement dans le bureau directoriale, ou dans tout autre lieu du château, mais cette petite promenade sur les terres imprégnées de magie ancienne, valait bien de perdre quelques minutes.

Ce ne fut qu'en constatant l'absence de déplacements dans les couloirs, qu'il réalisa que c'était l'heure du dîner ! Il allait devoir pénétrer dans la grande salle, et faire face à tous les élèves et les professeurs. Il faillit bien renoncer, et aller attendre McGonagall dans le bureau du directeur, mais deux idées l'en empêchèrent. La première, et la plus sérieuse, les élèves allaient tous se précipiter sur les chouettes pour révéler à leurs proches que Harry Potter était le nouveau roi, ce qui ne serait pas un mal et la seconde, beaucoup plus mesquine, était l'idée de voir Rogue s'agenouiller devant lui et ce au milieu de la grande salle, face à tous les élèves.

Pour voir cet immonde bâtard s'humilier ainsi, il ferrait l'effort de se donner un peu en spectacle !

Remontant les couloirs vers la grande salle, il se composa un visage de glace, les cours de Gripsec et Killian lui servaient bien. Arrivant à côté des grandes portes, Harry souffla un bon coup, puis pénétra dans l'immense réfectoire, retenant un sourire en entendant les conversations s'éteindre autour de lui. Neville fut le premier à réagir, il se leva mis un genou à terre, tous les autres élèves qui avaient grandi dans le monde magique, l'imitèrent plus ou moins rapidement, les suivants de Tom renâclant clairement. Les enfants élevés parmi les moldus, bien qu'ayant sentis que quelque chose d'important s'était passé durant l'après-midi, n'avaient pas tous appréhendés la chose, et mirent plus de temps à imiter leurs condisciples.

Harry sourit à Neville qui avait relevé la tête après avoir prononcé les mêmes mots que ceux qui souhaitaient le servir, puis se tourna vers la table des professeurs. Qui avaient presque tous imités leurs élèves, seul Rogue se tenait encore debout. A la fois par esprit de contradiction, mais aussi parce qu'il était figé par la surprise. Le jeune roi retint un sourire mauvais, et patienta, personne ne se relèverais tant que Rogue ne se serait pas agenouillé devant lui !

Les murmures mécontents ne tardèrent pas à s'élever parmi les élèves, et bien vite, McGonagall siffla :

« Severus ! »

Cela sembla suffire à la chauve-souris pour reprendre pieds dans la réalité, il croisa le regard émeraude du nouveau roi, et déglutit péniblement, Potter était tout à fait prêt à obliger toute l'école à rester à genoux devant lui tant qu'il ne se serait pas soumis.

Dans un autre cas, par exemple face à quelqu'un ayant une mauvaise image, son attitude aurait pût lui valoir du respect de la part des élèves et de ses collègues, mais puisqu'il était le professeur le plus détesté de l'école, et que le jeune roi était adulé par les foules, il n'y gagnait que davantage de mépris et de ressentiment.

Sans compter que, depuis le début de l'année, il avait appris à craindre le jeune homme, et il savait que ce dernier n'attendait qu'une occasion pour se venger. Alors Severus Rogue ravala sa fierté, et fit ce qu'il n'aurait jamais imaginé faire, il s'agenouilla devant l'élève qu'il haïssait le plus au monde.

Sachant pertinemment que jamais il ne pourrait faire en sorte que le directeur de Serpentard ait autre chose que de la haine pour lui, Harry ne jugea pas utile de cacher sa satisfaction de le voir ainsi. De toute façon, même s'il s'était retenu, Rogue aurait considéré qu'il se jugeait trop bien pour manifester une émotion, alors autant lui donner une raison valable de le haïr.

« Relevez-vous ! Reprenez votre repas. »

La population de l'école obéit, et Harry s'avança jusqu'à la table des professeurs :

« Madame la directrice, j'aurais souhaité m'entretenir avec vous, mais une fois que vous aurez terminé votre dîner, évidemment. »

La vieille sorcière écossaise, inclina la tête :

« Ce sera un honneur, votre majesté. »

Le jeune roi alla s'asseoir à la table de gryffondor, à coté de Neville, et lui sourit chaleureusement :

« Alors, Nev', tout ce passe bien ici ? »

Celui qui était désormais le « chef » de la maison des lions par intérim, vu le peu de temps qu'Harry passait au château, hocha la tête :

« Très bien, votre majesté, depuis le départ du précédent directeur, l'école est beaucoup plus calme, et la guerre entre les maisons est de l'histoire ancienne. »

Harry sourit :

« J'en suis heureux, et je sais qu'Hermione et toi ferez tout pour préserver la paix entre gryffondor et les autres maisons. »

Bien évidement toute la grande salle avait religieusement écouté les paroles du roi, et le roi venait de désigner Neville et Hermione comme étant des amis proches et donc des gens qu'il valait mieux écouter d'une part, et d'autre part qu'il désapprouvais la guerre entre les maisons. Les deux bruns discutèrent de choses et d'autres, et le reste de la salle cessa de les écouter.

Tout en parlant avec Neville, Harry guettait du coin de l'œil et par magie ceux des élèves qui étaient pro-Voldemort, pas qu'il risque grand-chose, mais il pouvait toujours se trouver un imbécile pour tenter quelque chose.

Il fut soudainement distrait par un éclair de lumière, qui n'avait rien à voir avec un sort, mais qui venait d'un appareil photo, tenu, évidemment par Colin Crivey. Harry retint un sourire pour ne pas écorner son image royale, Colin était toujours aussi enthousiaste, et un de ses fans les plus acharnés.

« Harry ! C'est vrai alors, tu es roi ? »

Le petit châtain, qui se trouvait de l'autre côté de la table, fut doucement soulevé par magie pour atterrir à côté du jeune roi, qui lui murmura :

« Colin, je t'aime bien, mais en public, tu dois respecter l'étiquette, même Neville qui est un de mes meilleurs amis doit m'appeler « votre majesté » quand nous ne sommes pas avec des intimes. Tu comprends ? »

L'adolescent hocha la tête, et s'agenouilla :

« Je vous prie d'accepter mes excuses, votre majesté, je n'aurais jamais dût me permettre d'être aussi familier. »

Harry sourit, et dit :

« Relève toi, Colin, et assieds-toi. Tu ne savais pas, donc il n'y a pas d'offense, excuses acceptées. »

Le jeune né de moldus lui fit un sourire éblouissant, et pour la première fois depuis qu'il l'avait rencontré, le survivant regarda vraiment son condisciple, et compris. Colin n'était pas juste un fan un peu envahissant, il était l'un de ses complémentaires, et vu le regard qu'il posait sur lui, il espérait beaucoup de choses de son héros.

Le jeune roi pris note, Colin était mignon, et tout dévoué, peut-être qu'un rapprochement le calmerait, et même si ce n'était pas le cas, il y avait de pire chose que d'avoir un garçon très mignon qui vous courait après.

Il se pencha pour murmurer dans l'oreille du châtain :

« Nous parlerons tout à l'heure, mon petit Colin. »

Le ton ronronnant du brun, fit furieusement rougir l'adolescent, mais le sourire qu'il affichait prouvait à quel point l'idée d'être plus qu'un ami pour le jeune roi, lui plaisait.

Neville leva les yeux au ciel, Harry était bien trop décomplexé pour lui, d'autant plus maintenant qu'il avait trouvé le courage de demander à Susan de sortir avec lui, et qu'elle avait accepté. Même s'il connaissait les mœurs officieuses des sang-purs en matière d'intimité, il n'envisageait pas d'être infidèle à sa petite-amie, même de façon consentie. Alors voir Harry courir après tout ce qui portait un pantalon, ou presque, ne lui semblait pas très respectueux de Drago. Mais puisque le blond faisait de même de son côté, qui était-il pour juger ?

Le dîner se termina sereinement, aucun des élèves pro-Voldemort ne tentant quoi que ce soit contre le nouveau roi, et Harry accompagna la directrice jusqu'au nouveau bureau de cette dernière. Les traditions avaient un poids incommensurable dans le monde magique, et l'une d'elle voulait que le directeur, ou la directrice, occupe le bureau désigné. Ce qui avait d'ailleurs contrarié la vieille sorcière, elle aimait son propre bureau, elle l'avait occupé pendant plusieurs décennies et s'y trouvait parfaitement à son aise. Contrairement au bureau directoriale qui était, selon elle, toujours entaché des malveillances de son dernier locataire.

Harry et son ancien professeur de métamorphose s'installèrent dans un petit coin salon, qui n'existait pas à l'époque de Dumbledore. Le jeune roi, jeta un coup d'œil curieux aux portraits des anciens directeurs, et afficha un sourire mauvais, visiblement Poudlard n'avait pas souhaité garder trace du directorat du vieux fou. McGonagall, qui avait suivi son regard confirma :

« Le choixpeau m'a confirmer que l'école refusait de lui accorder une place, il n'y a qu'une plaque de calcaire, donnant sa date d'entrée en fonction, et celle de sa chute, assortie d'un commentaire particulièrement désobligeant, mais hélas exact, votre majesté. »

Harry sourit :

« Je ne peux pas dire que cela me tire des larmes, et quand nous sommes entre nous, professeur, appelez-moi Harry. »

La vieille dame le remercia, puis demanda :

« De quoi souhaitiez-vous me parler, Harry ? »

Le jeune roi prit une gorgée de thé, et répondit :

« D'éducation, professeur, et du fonctionnement de l'école.

- Vaste sujet.

- En effet, avant tout, j'aimerais savoir comment l'école est financée. »

McGonagall resta silencieuse un moment, rassemblant ses idées, puis dit :

« A l'origine, l'école avait été dotée d'un capital important, que les directeurs devaient faire fructifier pour permettre de payer les enseignants, et faire fonctionner l'école. Mais suite à des détournements de certains directeurs, ce capital à disparut. Théoriquement, l'école est une institution indépendante, une école privée, mais quand elle n'a plus eu de quoi assurer son fonctionnement, le ministère à dût lui allouer une rente annuelle, ce qui a permis la mainmise du ministère sur l'école, et cela pour une misère. Car le ministère n'a jamais donné que le strict minimum. Et il est arrivé un moment, où cela n'a plus suffit, donc certaines familles, ont payées en échange de la constitution du conseil des gouverneurs, qui n'était pas non plus prévu à l'origine. C'est ainsi que des gens comme Lucius Malefoy se sont retrouver avec des droits sur l'école. Aujourd'hui nous tournons à minima, les professeurs que nous employons le font pour l'amour de l'art ou presque. En-dehors de Sybille, qui ne possède pas de maîtrise en divination, et de Severus qui enseigne par la force de choses, tous les autres sont des maîtres dans leurs domaines, et pourraient gagner beaucoup plus ailleurs.

- Ne pourrait-on pas économiser en ne rendant pas systématique l'internat ? Cela soulagerait l'école de deux repas journaliers !

- La question s'est posée, il y a deux siècles, mais les traditions… »

Harry grogna, c'était la justification la plus stupide qui soit, selon lui.

« Bien, en somme, tout n'est qu'une question d'argent, si vous acceptez celui du ministère, vous devez enseignez le programme du ministère !

- En effet.

- Je parlerais de cela, avec la nouvelle ministre en charge de l'éducation. Maintenant, j'aimerais connaître la capacité maximale du château ?

- En théorie, si l'école était intégralement restaurée, et que nous avions les fonds pour embaucher d'autres professeurs, nous pourrions accueillir jusqu'à 400 élèves en internat.

- Amplement suffisant vue la faible population magique.

- Oui, et chaque année nous amène de moins en moins d'élève.

- Je suis au courant, et il semblerait que je sois à même de trouver une solution à cela. Mais passons ce point, pour le moment. Grâce à Hermione, j'ai entendu parler d'un registre magique qui désigne les futurs élèves, ce qui permet de repérer les nés de moldus. Quand le nom apparaît-il ?

- Je ne peux pas vous le dire avec précision, je sais que ce n'est pas à la naissance de l'enfant, puisque l'ordre dans lequel apparaissent les élèves de votre année n'est pas exact. Peut-être est-ce suite à la première manifestation de magie involontaire.

- Mais ce n'est pas à 11 ans, les noms apparaissent avant ?

- OH ! Oui, plusieurs années avant. »

Harry sourit, ça avait été une des failles de son plan :

« Parfait. J'ai cru comprendre que vous étiez, en règle générale, en charge d'expliquer la situation aux parents moldus ? »

La vieille dame approuva :

« Oui, c'est généralement moi qui m'en occupe. »

Le jeune roi, posa la question qui lui trottait dans la tête depuis sa troisième année :

« Comment faites-vous pour convaincre les parents, de confier leurs enfants à des inconnus, et ça pendant une période allant au moins de septembre à fin décembre ? »

McGonagall soupira :

« Ça n'est pas toujours simple, les moldus tentent toujours de rationaliser les manifestations de magie involontaire de leurs enfants, leur trouvant des explications qu'ils estiment cohérentes. En règle générale, je dois d'abord leur prouver que la magie est une réalité, le fait que je sois animagus aide beaucoup. Ensuite, eh bien, une partie accepte relativement facilement quand ils comprennent que sans cette éducation leur enfant à toutes les chances de provoquer des catastrophes ou d'être étudier comme un rat de laboratoire. Mais une autre est très réfractaire, et les convaincre prends énormément de temps, je dois les initier peu à peu à notre monde, les emmenant sur le chemin de traverse, leur montrant des livres, etc. »

Harry hocha la tête :

« Et j'imagine que vous ne vous étendez pas sur les dangers ou le racisme dont ils seront victimes ? »

Il n'avait jamais vu sa si digne directrice de maison être gênée à ce point, quand elle répondit :

« Effectivement. Je n'en suis pas fier, mais ces enfants doivent être scolarisés pour maîtriser leurs pouvoirs.

- Oh, je ne vous jette pas la pierre. Je comprends parfaitement les raisons qui vos pousse à omettre certains détails. Bien, ceci étant dit, j'ai toutes les réponses que j'espérais. Maintenant voici, ce que j'aimerais faire, et je souhaiterais avoir votre avis, mais je vous prierais de ne pas vous arrêter à des notions de traditions ! »

La vieille sorcière hocha la tête, et le jeune roi expliqua :

« Avant tout, je pense qu'il est indispensable de suspendre la répartition, temporairement, durant les 6 prochaines années, les nouveaux élèves ne devraient plus être répartis, mais divisés en 4 groupes, par exemple selon leurs noms de familles. Jusqu'à ce que les derniers élèves répartis quittent l'école. Ensuite, dans un avenir que j'espère proche, il faudrait mettre en place un système de transport alternatif qui permettrait à certains élèves de rentrer chez eux tous les soirs et de revenir tous les matins. Ainsi, ceux qui ne souhaitent pas mettre leurs enfants en internat, aurait le choix. Un autre point, serait de mettre en place des classes pour des élèves plus jeunes, pas forcément de magie, mais certaines matières, comme les potions, l'astronomie, l'histoire de la magie, enfin les cours ne nécessitant pas l'utilisation d'une baguette, et cela en-dehors du système des maisons. Ainsi les enfants pourraient rencontrer les autres élèves de leur âge et décider de leurs amitiés avant d'être répartis. J'ai remarqué, qu'outre les élèves venant de famille riche, les enfant venant de famille sorcières écrivaient particulièrement mal, et avaient des notions très relatives en matière de mathématique. Cela pourrait être des cours à leurs dispenser dans leur jeune âge.

Tout ceci implique évidemment, d'investir de fortes sommes dans l'école, pour restaurer les bâtiments, payer dignement les professeurs présents, et en engager d'autres. De la même façon que les élèves, les professeurs ne devraient pas être forcés de résider à l'année au château, j'imagine qu'il serait possible d'établir des rotations, et/ou d'engager des surveillants, de jeunes adultes qui pourraient profiter de leur présence au château pour étudier en vue de maîtrises éventuelles.

Qu'en pensez-vous ? »

Le professeur de métamorphose resta ébahit un instant, Harry, son élève préféré, même si elle ne l'avait jamais montré ouvertement, son roi, avait dans l'idée de révolutionné totalement l'enseignement sorcier britannique. Certaines idées qu'il avait énoncé nécessiteraient une infrastructure conséquentes, entre autre celle qui permettrait aux élèves de ne pas être internes, et d'autres étaient bien trop novatrices pour ne provoquer une levée de bouclier dans le conseil des gouverneurs…conseil qu'il comptait dissoudre, mais aucune de ses idées n'était mauvaise. Au contraire, suspendre la répartition pendant quelques années, purgerait l'école des vieilles rancunes, au moins en partie, accepter certains élèves en demi-pension, permettrait d'économiser une jolie somme chaque année, accueillir les enfants plus jeune permettrait de mieux les éduquer, et l'idée des surveillants voulant étudier pour une maîtrise était simplement brillante, puisque cela formerait les futurs professeurs.

« Je suis totalement pour, même si cela risque de couter très cher ! »

Le jeune roi sourit :

« J'en suis conscient, mais outre la guerre, du moins pour le moment, je ne vois rien de plus important que l'éducation des enfants ! Ce qui me fait penser, les professeurs seront également évalués, sur leurs réelles connaissances, ou leurs pédagogies. Soyons francs, combien de véritable voyants n'ont pas continué à exploiter leurs dons à cause de cette ridicule caricature de professeur de divination, combien de chercheurs en histoire n'ont pas continué, dégouter par Binns, et je ne parle même pas des futurs maîtres en potions. »

Bien que n'appréciant pas qu'un élève, car il l'était toujours officiellement, dénigre ouvertement ses professeurs, McGonagall ne pouvait pas lui donner tort. Elle-même avait subi les cours de Binns, et alors qu'enfant, l'histoire la passionnait, passer quelques années avec le professeur fantôme l'en avait totalement dégouté.

« Je comprends, mais vous connaissez les circonstances particulières entourant Sibylle, et Severus. Quant au professeur Binns, eh bien, si les autres professeurs ne sont pas payés à leurs justes valeurs, lui n'est pas payé du tout, puisqu'il n'en a pas besoin.

- Professeur, je ne nie pas que le professeur Trelawney ait un petit don de divination, tout comme je ne nierais pas que Rogue est un grand maître des potions, mais l'un et l'autre, sont des professeurs incompétents. Il y a une différence entre savoir-faire, et savoir enseigner. Je n'ai aucun problème à l'idée qu'un professeur se montre strict, vous-même êtes connue pour l'être, mais malgré cela, les élèves vous respectent, et même les serpentards reconnaissent que vous êtes un excellent professeur. Rogue favorise sa maison, et prend plaisir à insulter et terroriser les élèves, qu'il exige du sérieux me semble normale, mais chez les moldus il pourrait être condamnés pour harcèlement moral. Trelawney également d'ailleurs, à me répéter à chaque cours que je vais mourir. Alors oui, je comprends bien les raisons initiales de leurs présences à tous les deux, mais le vieux bouc les a laissé aller trop loin ! Rogue particulièrement, mais il était là pour me faire détester les serpentards, ce qu'il a parfaitement réussit pendant un temps. »

La vieille dame approuva, consciemment ou non, Rogue avait desservit l'image de serpentard plus surement que n'importe quel élève. Harry reprit :

« Enfin, j'aimerais que vous preniez le temps de réfléchir à tout cela. Mais, je pense vous connaître assez bien, pour savoir que vous êtes sur le point de vous noyer sous les responsabilités, vous continuez à assurer vos cours, tout en étant à la tête de l'école et à celle de la maison Gryffondor, je me trompe ?

- Non, vous avez raison.

- Vous connaissez les autres professeurs mieux que moi, mais je pense que vous pourriez nommer le professeur Chourave comme directrice adjointe, sa neutralité est connue de tous, et Poufsouffle à trop longtemps été considérée comme une maison mineure. Je vous encourage également à prendre contact avec la guilde de métamorphose pour trouver un remplaçant pour vos cours. S'il le faut je paierais moi-même son salaire le temps que nous mettions en place un nouveau capital pour l'école. J'espère que vous resterez à la tête de cette école le plus longtemps possible, et je ne voudrais pas vous voir vous étioler à force de vouloir tout faire en même temps. »

Le professeur sourit, touchée de l'inquiétude réelle du jeune homme, et approuva :

« Vous avez parfaitement raison, Pomona sera une parfaite directrice-adjointe, et je vais rapidement prendre contact avec la guilde. Ainsi je pourrais réfléchir à la mise en place de vos idées. »

Le survivant sourit :

« Parfait, dans ce cas, je vais vous laisser, j'ai promis à Colin de discuter avec lui avant de rentrer chez moi, et il commence à se faire tard. Je vous souhaite une bonne soirée, et une bonne nuit, professeur. »

McGonagall sourit :

« À vous aussi, mon roi. »