Comprenant qu'il s'agissait d'une marque de respect, Harry inclina la tête en remerciement, et quitta le bureau. Il gagna la tour de gryffondor rapidement, et ne fut pas surpris de trouver Colin, seul, encore assis dans la salle commune, à trépigner d'impatience.

Souriant il dit :

« Eh bien, jeune homme, ne devriez-vous pas être couché ? »

Le châtain sourit :

« Et manquer un rendez-vous avec un roi ? Certainement pas, votre majesté. »

Le brun laissa échapper un petit rire, et vint s'asseoir aux côtés du né de moldu, sa jambe touchant la sienne, ce qui fut suffisant pour faire rougir le plus jeune. Harry retint un sourire amusé, il adorait vraiment initier les vierges ! Il se demanda vaguement s'il était normal d'être aussi porté sur la chose qu'il l'était, mais chassa cette interrogation, il avait toujours été honnête avec ses partenaires, du sexe, de l'affection, mais pas d'amour romantique, sauf avec Drago, et, outre Blaise, personne ne disait non à cet arrangement.

« Nous sommes seuls, Colin, plus besoin de me donner du « votre majesté ». »

Le châtain hocha vivement la tête, mais garda les lèvres closes, il avait dans l'idée que s'il tentait de parler, il n'arriverait qu'à couiner pitoyablement, et il ne voulait pas se rendre ridicule devant Harry.

Le brun passa un bras autour des épaules de son cadet et l'attira contre lui :

« Colin, as-tu déjà entendu parler de magie complémentaires ? »

Toujours silencieux, le châtain secoua la tête, et Harry expliqua :

« Chaque sorcier à sa magie propre, une magie qui a une « forme » unique, et si l'a magie d'un autre sorcier à une « forme » qui s'emboite dans celle-ci, on dit que les magies sont complémentaires. Or, la tienne est complémentaire à la mienne, c'est une des raisons pour lesquelles tu es ainsi avec moi. La complémentarité facilite le rapprochement, mais ce rapprochement n'est pas forcément d'ordre physique, par exemple, l'un des sorciers les plus complémentaires avec moi, n'est pas mon amant, et ne le seras jamais, il est mon grand frère, de cœur et d'esprit. La façon dont notre complémentarité va se manifester, dépend de toi, cependant, je ne voudrais pas que tu te fasses des idées. Tu es mignon, et j'aimerais beaucoup t'avoir dans mon lit, mais même si tu pourras toujours compter sur moi, tu ne seras jamais mon petit ami officiel, cette place est celle de Drago, et si j'ai énormément d'affection pour mes amants, il est le seul que j'aime de façon romantique. Tu comprends ? »

Colin réfléchit un moment, comme toute l'école, il avait rapidement appris que le survivant collectionnait les amants, et que son petit ami blond faisait de même, mais c'était d'un commun accord, et il suffisait de voir les deux anciens ennemis ensemble, pour comprendre que rien ne pourrait se mettre entre eux. Harry se montrait honnête, brutalement honnête, il ne serait qu'un ami et un amant, mais jamais plus, la question était de savoir s'il pouvait accepter cela ?

Le petit gryffondor hésita, les rumeurs disaient aussi qu'Harry était un amant doux, prodigieusement doté, et particulièrement doué. Si seulement la moitié était vrai, coucher avec Harry serait mémorable, et en tant qu'adolescent mâle de 15 ans, Colin pensait majoritairement avec son entrejambe, mais serait-il assez mature pour ne pas faire l'amalgame entre affection, sexe et amour ? Pas sûr !

D'un autre côté, était-il prêt à laisser passer la chance de non seulement perdre sa virginité, mais en plus de la perdre avec le survivant, son idole, qui était, en plus, le roi du monde magique ? Posée ainsi, la question n'appelait qu'une seule réponse : non ! Non, il ne raterait pas cette chance !

Il déglutît péniblement et dit d'une voix éraillée par le désir :

« Je ne suis pas sûr, mais je rêve de toi depuis que je ne suis plus un petit garçon. La tête comprends, et il faudrait être aveugle pour ne pas voir ce qui te relis à Drago, mais je ne peux pas être sur du cœur. »

Harry sourit et l'embrassa sur le crâne :

« Ca a le mérite de la franchise, c'est bien. Voilà ce que je te propose, réfléchis-y cette semaine, et ce week-end, je t'emmènerais chez moi, avec les autres, d'accord ? »

Le châtain hocha vivement la tête, et le survivant l'embrassa délicatement sur les lèvres, avant de dire :

« Aller, file te coucher, mon petit Colin. »

Le né de moldu afficha un air particulièrement débile suite au baiser, et fila dans son dortoir, en disant :

« Merci, Harry, bonne nuit. »

Le brun lui sourit tendrement et lui souhaita également une bonne nuit. Colin serait certainement un amant délicieux, comme Drago et Théo, il était petit et fin, et réveillait son côté protecteur. En fait, à part Fred et George, tous ses amants étaient taillés sur le même modèle, il devrait peut-être tenter d'élargir ses horizons dans ce domaine.

Le jeune roi nota cette idée dans un coin de sa tête, et profita d'être seul, pour disparaître directement de la salle commune et réapparaitre dans le hall de son manoir.

Kery apparut immédiatement à ses côtés :

« Maître, monsieur Drago vous fait dire qu'il vous attend, dans vos appartements, seul. Et qu'il espère que vous ne lui avez pas fait l'offense d'honorer quelqu'un d'autre avant lui maintenant que vous êtes roi. »

Harry sourit, heureusement qu'il n'avait pas eu l'intention d'avoir Colin ce soir, sinon son petit dragon aurait sérieusement râlé. Il rejoignit donc ses appartements, et afficha un air de prédateur, en voyant Drago, totalement nu, allonger sur le ventre sur le tapis devant la cheminée de la chambre. Dieux qu'il était beau, son petit dragon, ses magnifiques fesses pâles soulignées par le jeu des flammes dans la cheminée, il lui donnait envie de le prendre tout de suite, sans attendre, sans préparation, de le prendre sur le tapis comme une bête.

Le blond ne l'avait pas entendu entrer, et il sursauta quand le brun lâcha :

« Eh bien, monsieur Malefoy, en voilà une tenue pour vous présenter devant votre roi ! »

Le sourire pervers du blond manqua de le faire gémir, et quand il se mit à genoux face à lui, exposant son corps et sa virilité déjà prête à son regard, Harry se lécha les lèvres avec impatience.

« Mon roi, je suis à votre service, et, comme vous le voyez, prêt à TOUT pour vous satisfaire. »

Le survivant sourit et s'approcha du blond, Drago avait les yeux rivés sur le pantalon de cuir de son petit ami et la proéminence révélatrice qui s'y manifestait. Décidé à jouer le jeu, il leva les yeux vers son roi et dit :

« Puis-je, votre majesté ? »

Harry se mordit les lèvres, hésitant à filer le jeu, pas qu'il n'aime pas cette apparente soumission, mais il ne voulait pas que leurs futurs rapports prennent tous cette forme. Il s'accroupit et caressa la joue douce de son petit ami :

« Mon amour, je ne veux pas que tu te forces, si tu n'as pas vraiment envie de jouer à ça, je ne t'y forcerais jamais. »

Le blond afficha le sourire le plus éblouissant qu'Harry ait jamais vu :

« Mon amour ? Vraiment ? »

Le jeune roi sourit et l'embrassa tendrement :

« Oui, vraiment, Drago ! Je pensais que tu le savais. »

Le blond fit la moue :

« Eh bien, je m'en doutais, mais tu ne me l'avais jamais dit aussi explicitement. Et pour information, mon beau lion, je t'aime aussi. »

Harry sourit, et lui prit les mains pour le faire se relever en même temps que lui, avant de dire :

« Alors laisse-moi te faire l'amour, et pas seulement te baiser. »

Le blond approuva, et il se retrouva vite, porté jusqu'au lit par son petit ami, et c'est avec tendresse que le jeune roi montra tout son amour pour son petit ami.

Les jours suivants furent assez chargés pour le nouveau roi, ses journées commençaient par un passage au ministère, où il prenait connaissance des interrogatoires qui avaient déjà été menés sur les membres du magenmagot. Alexandre McKinnon et la toute nouvelle ministre de la justice n'étant pas des bleus en politique, ils avaient commencé par ceux qui étaient les plus fortement soupçonnés d'être mangemorts, ou assimilés. Les résultats des interrogatoires ayant sciemment transpirés, ceux qui avaient poussés des hurlements d'indignations, qu'ils appartiennent ou non à l'ancienne assemblée dirigeante, durent se tenir coi, ne voulant surtout pas qu'on les associe à des mangemorts.

Fort heureusement, tous ceux qui étaient interrogés n'étaient pas pro-Voldemort, certains partageaient une partie de ses idées, mais ne prônaient pas la violence, et ils furent prestement relâchés. Ce qui conforta l'image positive du jeune roi, il n'était peut-être pas d'accord avec ces gens, mais ne comptait pas les emprisonnés pour autant, tant qu'ils n'enfreignaient pas la loi, ils seraient traités comme n'importe qui.

De cette justice, ce droit de s'exprimer, naquirent deux sentiments parmi les adversaires politiques du souverain, une part lui accorda son respect, et une autre le méprisa pour ne pas avoir saisi une occasion qu'eux-mêmes n'aurait pas manqués.

Mais si tous les membres du magenmagot n'étaient pas pro-Voldemort, et heureusement, un bon nombre avaient, soit accepté des pots de vins, soit abusés de leur position, dans un cas comme dans l'autre, ils furent dûment sanctionnés. Dans les deux cas, ils furent condamnés à de lourdes amendes, et leurs privilèges furent soit réduits, soit transféré à leurs héritiers.

Harry, sans vouloir gouverner sur un système féodal, avec des ducs, comtes, barrons et autres, savait que ces anciennes familles avaient encore un poids indéniable, et faire preuve d'une certaine mansuétude lui assurait que la majorité d'entre-elles comprendraient le message sans pour autant tenter de le renverser, à savoir : « vous n'êtes pas au-dessus des lois ».

Ce système d'amendes, ramena en très peu de temps, les gobelins ne perdant jamais une seconde quand il s'agissait d'argent, une fortune au nouveau gouvernement. Fortune qui trouva de nombreuses utilités, la recherche au département des mystères, Poudlard, la formation et l'équipement des aurors, et beaucoup d'autre.

Harry passait toute sa matinée, et le début de l'après-midi au ministère, le premier jour, il en profita pour déjeuner avec le chef du département des mystères, Mr Primus Stein, qu'il n'avait fait que croiser sans jamais avoir le temps de vraiment lui parler.

L'homme était loin de l'image qu'on pouvait se faire du chef des langues de plombs, au lieu d'un vieil homme échevelé, il avait l'apparence d'un homme d'une bonne quarantaine d'années, portant de courts cheveux blonds, et dotés d'une paire d'yeux d'un vert de forêt.

Ouvert, curieux, intelligent, et sympathique, l'homme était, selon Harry ce que devraient être tous les sorciers.

Ils avaient déjeuné en tête à tête dans une petite salle à manger situé dans les profondeurs du ministère.

« Bien, monsieur Stein, est-ce que vous avez été mis au courant du nouveau défi que je vous demande de relever ? »

Le blond hocha la tête :

« En effet, votre majesté, fort heureusement, vous n'êtes pas le premier à poser cette question, donc nous avons quelques bases sur lesquelles travailler, malheureusement, sans un sujet vivant, nos avances ne pourront être que théoriques. »

Harry savait cela :

« Je m'en doute, malheureusement les détraqueurs ont échappés au contrôle du ministère, et je doute que Tom accepte de m'en prêter quelques-uns. »

Le langue de plomb sourit :

« Oui, il n'est pas connus pour être très prêteur. Mais, si nous pouvons les localiser, il existe des moyens de les enfermer, une forme dérivée de patronus. C'est ce que nous avions utilisé après que Lady Bones les ait relevés de leur fonction, mais il y a eu des fuites, et Tom à briser la barrière.

- Je suis au courant, et le responsable de la fuite a été exécuté, mais c'est toujours quelque chose de savoir qu'il existe une façon de les emprisonner, ce qui me fait penser, sait-on qui à inventer le sort du patronus ? Et d'où sortent les détraqueurs ?

- En fait, non, cependant, il y a une possibilité que vous puissiez nous donner la réponse, votre majesté. »

Harry leva un sourcil, et l'homme sortit de son sac, deux fins grimoires anciens, en disant :

« Ces livres font partie du fonds secret de mon département, du peu que nous savons , ils évoquent les premiers détraqueurs, et le moyen de les repousser. Le problème est qu'ils sont rédigés en fourchlang, à notre connaissance, vous êtes le seul en-dehors de Tom Jedusor, à pratiquer cette langue. »

Le jeune roi ouvrit rapidement un des ouvrages, et lut sans difficulté ce qui y était écrit, après quelques secondes, il expliqua :

« Visiblement, il s'agit d'une sorte de compte rendu d'expérience. – Il revint à la première page – Écrit par un certain Edgar Nox, ce nom vous parle ?

- En effet, c'était un mage noir qui à sévit aux alentours de 1350. Un homme peu suivit, mais très inventif, ce serait lui qui aurai créé ces abominations ?

- Non, de ce que je lis, il aurait créé le patronus, les détraqueurs eux auraient été inventés par son ennemie, une femme à qui il donne des noms peu flatteurs.

- C'est Elena Caldwell qui a tué Nox, elle est considérée comme une héroïne. Mais visiblement elle n'avait pas que des bons côtés. »

Harry haussa les épaules, et ouvrit l'autre grimoire à la première page :

« Effectivement, Elena Caldwell, amusant qu'ils aient été tous les deux fourchlang.

- Rien de surprenant, ils étaient frères et sœur.

- Charmant ! Oui, c'est elle qui a créé les détraqueurs, mais par erreur, visiblement elle cherchait à créer des créatures de lumière immortelles qui soigneraient les gens désignés sur un champ de bataille. Soit elle n'était pas douée, soit quelque chose à très mal tourné.

- Peut-être les deux. Elle développe ses recherches ? »

Tout en avalant une grand quantité de café, Harry parcourus le grimoire en diagonale, heureusement ce dernier ne contenait pas trop de pages :

« Oui, elle a visiblement fait des calculs d'arithmancie poussés, associé à des runes de très haute-magie et à de la nécromancie pour créer ses « guérisseurs », mais je ne suis pas expert dans ces domaines. Je vais traduire cela, peut-être que cela vous permettras de trouver la réponse.

- Sans doute, s'il elle a bien détaillé ses calculs, nous ne devrions pouvoir trouver un sortilège qui inverse les effets.

- Très bien, je tenterais de vous faire cela au plus tôt. Qu'en est-il de notre petite chasse au trésor, de nouvelles prises ?

- En fait, oui, mais cela va poser un problème, l'un des horcruxes est à proximité de Tom Jedusor, mais de là à savoir exactement de quoi il s'agit… »

Le survivant réfléchit, si Tom gardait l'un de ses horcruxes à proximité, il y avait de fortes chances que ce soit quelque chose d'utile et d'important pour lui. Mais outre sa baguette, il ne voyait pas bien quel objet pouvait être utile à son ennemi :

« Une baguette, peut-elle être un horcruxe ? »

Le chef de département secoua la tête :

« En aucun cas, les horcruxes ne peuvent être que des objets en métal ou des êtres vivants. »

Des êtres vivants… Comme lui :

« Monsieur Stein, vous savez que j'ai moi-même abrité un horcruxe de Tom ? – Le blond hocha la tête – C'est grâce à cela que je pouvais voir à travers ses yeux.

- En effet.

- Mais il est arrivé une fois, où ce n'est pas par ses yeux que j'ai vu, mais à travers ceux de son serpent, Nagini. Serait-il possible que ce dernier soit l'horcruxe ? »

L'homme réfléchit un moment, émettant des hypothèses, les réfutant, ou les validant, puis il conclut :

« C'est même très probable, votre majesté. »

Harry afficha un grand sourire :

« Donc, il ne nous en reste qu'un à trouver ! Le journal est détruit, de même que celui que je portais, la coupe, la bague et le médaillon sont en notre possession, Nagini est le numéro 6, et donc, nous sommes presque au bout ! »

Le blond sourit à son tour, mais brièvement :

« En effet, majesté, mais nous n'arrivons pas à localiser ce dernier horcruxe. Pourtant monsieur Lupin et mademoiselle Granger ont fait un travail remarquable, qui a parfaitement fonctionné, mais soit le dernier est en-dehors du pays, soit il est dans un endroit où la concentration de magie est trop forte. »

Le jeune monarque fronça les sourcils :

« Mais vous avez trouvez celui qui était au ministère, alors que c'est un des lieux où la concentration est la plus forte. Quel autre endroit… Poudlard ! Et c'est logique, Tom a toujours été fasciné par Poudlard, l'œuvre de son ancêtre, l'endroit où il a appris qui il était vraiment, où il a pu échapper à son orphelinat, et où il a rassemblé ses premiers adeptes ! C'est forcément à Poudlard ! »

Une nouvelle fois, le chercheur réfléchit, puis donna raison à son roi :

« Effectivement, ça semble logique, mais ce n'est pas à vous que je vais apprendre que l'endroit est immense et truffer de passages secrets ! Et notre détecteur à courte portée ne fonctionnera pas là-bas, pour la même raison que la carte n'a pas détecté l'horcruxe, trop de magie ambiante !

- Vous avez raison, mais je pense qu'un petit tour dans la chambre des secrets ne serait pas une perte de temps, qu'en pensez-vous ?

- Ca semblerais logique, mais ne serait-ce pas un peu, heu… comment disent les moldus… mettre tous ses œufs dans le même panier, du point de vue de Tom ? »

Harry hésita :

« Possible, mais au pire, le château à une forme de conscience, qui se manifeste à travers le choixpeau, et je ne pense pas que l'école apprécie d'abriter une chose aussi noire en son sein. Quoiqu'il en soit, cela va devoir attendre un peu, je dois retourner m'occuper des illustres personnages qui vont bientôt occuper ma prison. »

Harry avait ensuite regagné son bureau. Ses après-midis étaient destinés à convoquer un à un les chefs de service, et potentiels futurs ministres. Si Amélia avait purgé le ministère d'une grande partie des espions de Tom, on ne pouvait jamais être absolument sûr, et le jeune roi avait bien l'intention de s'assurer que, d'une part, tous ses ministres seraient dignes de confiance, et d'autre part qu'ils étaient d'accords sur l'orientation qu'il souhaitait donner au pays.

Il pouvait tout à fait comprendre qu'on ne soit pas de son avis, mais il attendait de ceux qui étaient en désaccord, des critiques constructives et fondées, et pas seulement une justification basée sur « les traditions ».

Malheureusement, la grande majorité des chefs de départements, étaient taillés sur ce modèle, il fallait respecter les traditions ! Bien sûr, il y avait quelques personnes plus ouvertes, comme Arthur Weasley, qui aurait de toute façon sauté dans un volcan si son roi le lui avait ordonné, ou Griselda Marchebank qui rêvait depuis des décennies de réactualiser les programmes scolaires et l'éducation en général. Mais ils restaient une minorité, les chefs de départements étaient généralement des vieux barbons qui avaient obtenus leurs postes grâce aux traditions, et n'avaient donc aucune envie de changer quoi que ce soit au système.

Mais le pire entretien qu'il eut, fut avec Amos Digory, qui, pendant l'année précédente, avait été nommé à la tête du département de contrôle des créatures magiques, chose que le jeune roi ignorait quand il avait désigné Remus comme ministre chargé des relations avec les mêmes créatures.

Bien qu'il regrette de devoir, au moins, rétrogradé le père de Cédric, il n'avait pas oublié l'attitude de ce dernier face à Winky lors de l'apparition de la marque des ténèbres après la finale de la coupe du monde de quidditch. Et l'attitude qu'il afficha face à lui, ne fit rien pour faire revenir le monarque sur sa décision. Il se montra à peine poli, et la petite sonde mentale qu'utilisa Harry sur lui, comme sur tous les autres, lui prouva à quel point l'homme était perturbé. Amos Digory avait visiblement tout mélangé, la mort de son fils unique, la perte de son statut, le retour de Voldemort, et avait désigné le jeune roi comme responsable de tous ces maux.

Même devant cet état d'esprit franchement agressif, Harry tenta de l'apaiser, en lui proposant d'être transféré au département de la justice, pour qu'il aide à arrêter les mangemorts, mais l'homme refusa, et sans la présence de Kingsley et Tonks, qui servaient de gardes du corps au jeune roi, il aurait certainement tiré sa baguette.

« Monsieur Digory, avant que vous ne partiez, je vais me permettre une chose. »

Le père de Cédric le fusilla du regard, ce qui n'impressionna pas le jeune homme, même si cela le blessa, usant de son don en magie mentale, Harry partagea avec lui le souvenir des événements de la fin du tournoi des trois sorciers. Lui montrant comment il avait souhaité être simplement juste avec Cédric, comment il avait été presque instantanément abattus par Pettigrow, et ce qui c'était passé dans le cimetière.

Le transfert mémoriel terminé, le roi lâcha, d'un ton polaire :

« J'avais 14 ans, monsieur Digory, si vous pensez que vous auriez pût faire mieux que moi, dans ce cas je vous enjoins d'aller affronter Tom Jedusor ! Je pleure Cédric, je l'aimais beaucoup, il était un homme bien, honnête et droit, et sa mort est une perte tragique pour notre monde ! Mais même si je regretterais toujours de lui avoir proposé de prendre le trophée en même temps que moi, je ne suis pas responsable de ce qui s'est passé ! Si ça vous soulage de me haïr, continuez, mais n'oubliez pas que ce n'est pas moi qui est tenu la baguette qui lui a ôté la vie !

J'espère que vous reviendrez sur votre décision, et que vous participerez au nouveau gouvernement, mais je ne vous rendrais pas votre poste, vous êtes bien trop engoncé dans les préjugés stupides des sorciers pour cela ! Sur ce, je vous souhaite une bonne après-midi ! »

L'homme sortit, encore choqué, comme beaucoup d'autres il avait toujours refusé de voir que le survivant était un gamin, ou qu'il l'avait été. La majorité des sorciers n'avaient jamais intégré que le fameux garçon-qui-à-survécut, était un être humain, qui avait perdu ses parents ce fameux soir du 31 octobre, un gamin qui avait fait face à Tom Jedusor, à 1 an, 11 ans, 12 ans, 14 ans et 15 ans. Des âges où il n'aurait jamais dût être en danger.

Amos Digory avait vu le souvenir de la mort de son fils, son fils de 17 ans, qui semblait si adulte face à ce petit garçon brun, ce petit brun qui avait affronté Voldemort, qui s'était mis en danger pour lui ramener le corps de son fils, cet enfant qu'il avait haït en le rendant responsable de la mort de son garçon.

Le père de Cédric rentra chez lui totalement dévasté, il avait choisi de détester un enfant plutôt que les véritables responsables de la mort de son fils, et il mourait de honte à cette idée. L'homme pleura dans les bras de son épouse, faisant enfin le deuil de son fils unique, et soulageant sa conscience de toute la haine qu'il avait ressentie pour celui qui avait eu le malheur de survivre contrairement à son enfant.

Harry de son côté, s'était isoler un moment, projeter les souvenirs de la dernière tâche les lui avait fait revivre, et cela restait douloureux, il combattit sa douleur en se remémorant les bons souvenirs qu'il avait de Cédric. Par exemple quand, en troisième année, il avait voulu faire rejouer le match où les détraqueurs s'étaient invités, il était venu le voir à l'infirmerie, et s'était excusé de ne pas avoir réussi à convaincre Mme Bibine. Ou bien quand il lui avait expliqué qu'il fallait ouvrir l'œuf sous l'eau, à l'époque Harry s'était demandé si le poufsouffle ne le draguait pas, et en y réfléchissant, il n'aurait rien eu contre, Cédric était mignon… Oui, peut-être que s'il avait vécu, Cédric aurait pût être plus qu'un ami pour lui.

Il se laissa aller à imaginer quelques instants ce qu'aurait pût être une liaison avec le jeune homme, Cédric aurait certainement été très protecteur avec lui. Souriant un peu tristement à cette idée, il avait regagné son bureau et poursuivit les entretiens.

Au final, bien peu de chefs de départements gardèrent leurs places, la majorité parce qu'ils ne concevaient pas de changer les choses qui, selon eux, fonctionnaient. Or ce n'était absolument pas le point de vue du jeune roi, et bien qu'il regrette de devoir se priver de l'expérience de ces gens, et de leur faire perdre leurs emplois, il n'hésita pas. Les projets qu'il avait pour son royaume étaient trop importants pour qu'il doive compter avec l'immobilisme des responsables politiques.

Il avait fallu plusieurs jours pour en finir avec ces entretiens. Le jeune roi en ressortit assez déprimé, aussi bien de l'immobilisme des sorciers, que du fait d'avoir priver des gens de travail à cause de cela.

Comme toujours, il commença par piquer une tête dans sa piscine, se dépenser physiquement était le meilleur moyen d'oublier ses soucis, et de vider son esprit. Il en était à faire la planche quand Wally apparus, au bord de l'eau :

« Maître, un homme se disant envoyé par Avalon attends devant les barrières du domaine. »