Harry avait découvert que la grande majorité des lois sorcières étaient de véritables reliques, des textes qui dataient de plusieurs siècles, certains remontant même jusqu'à la fondation de Poudlard, et toutes ces lois étaient toujours valables. Ainsi il était permis à un père de battre femme et enfants jusqu'à la mort, tant qu'il ne les achevait pas à l'aide d'un sortilège impardonnable, il ne serait pas inquiété. Mais fort heureusement, même les sorciers britanniques, si obtus qu'ils soient avaient cessés d'appliquer les lois les plus barbares, cependant elles restaient toujours inscrites dans les textes. Cela sans même parler des coutumes, qu'on pouvait assimiler au système de jurisprudence moldu à la différence que les dites coutumes devaient être répétées au moins trois fois sur un période de plus de 90 ans, pour être effective, d'où l'expression « une fois n'est pas coutume ».
Tout cela avait créé un ensemble de lois tellement compliqué et alambiqué que seuls quelques très rares sorciers pouvaient se targuer d'être expert dans ce domaine. Le pire étant qu'il n'existait pas de recueil intégral des lois effectives, il fallait farfouiller dans des centaines d'ouvrages pour avoir une idée à peu près juste de ce qu'étaient les lois du monde magique britannique. Harry avait pensé pendant un court moment à mettre en place un système simple, ou le bon sens prévaudrait, malheureusement il était très vite revenu sur son idée, car le bon sens et la morale était des notions bien trop relatives pour servirent de justice.
Pour le moment, le projet d'Amelia était basique, couvrant le vol, le meurtre, les abus physiques et moraux et la mise en danger du Secret, mais rien de plus, car comme souvent, il fallait qu'un cas original se présente pour que la loi change. Cependant cela restait un progrès incommensurable, et le jeune roi en était très satisfait.
Il était en train d'annoter le manuscrit que lui avait laissé la ministre de la justice, quand Kyle frappa et entra :
« Majesté, Lady Marchebank et le directeur McGonagall.
- Fais les entrer, Kyle. »
Les deux vieilles dames s'inclinèrent et il leur fit signe de s'installer dans le coin salon.
« Mesdames, c'est toujours un plaisir. Bien, alors où en sommes-nous ? »
Après avoir échangé un regard, McGonagall pris la parole :
« Votre majesté, les nouvelles subventions que vous avez allouées à l'école nous ont permis de restaurer les parties les plus abimées du château, et de renouveler une part de notre matériel. Je sais que vous aviez espéré que cet argent serve à payer dignement nos professeurs, mais ils ont tous préférés qu'il soit utilisé de cette façon. Mon remplaçant est arrivé il y a quelques jours, et je suis ravie de dire qu'il est particulièrement efficace, concernant l'histoire, nous avons dû démarcher à l'étranger, mais quelques personnes semblent intéressées. Pour les potions, nous avons beaucoup plus de succès, même si le nombre de nouveaux maîtres dans cette matière à dramatiquement chuter depuis une quinzaine d'années. – Harry leva les yeux au ciel, pas besoin de chercher le pourquoi de cette baisse – Oui, la baisse du nombre de maîtres coïncide avec l'arrivé de Severus. Pour ce qui est de la divination, de la même façon que pour l'histoire, nous avons dû démarcher à l'étranger, avec beaucoup moins de succès, il semblerait que les voyants soient de plus en plus rares dans toute l'Europe. Par contre, pour l'apprentissage des mondes moldus et sorciers, nous avons de nombreux candidats, visiblement certains de nos anciens élèves nés de moldus se sont longuement mordus les lèvres devant la qualité des cours d'étude des moldus. Pour l'initiation au monde sorcier, j'ai reçu une candidate dont j'aimerais parler avec vous. – Harry lui fit signe de continuer – Il s'agit de Narcissa Malefoy.
- Je vois mal qui serait plus indiqué que Lady Malefoy pour initier les jeunes nés de moldus à notre monde. Mais la décision vous appartient, madame la directrice. Si vous trouvez quelqu'un de plus qualifié, engagez-le.
- Très bien, votre majesté, je verrais ce point. Sinon, concernant votre suggestion, nous avons fait venir plusieurs briseurs de sorts de Gringots pour étudier la potentielle malédiction sur le poste de DCFM, et il semblerait qu'effectivement il existe bien une malédiction. De ce que les briseurs de sorts ont détecté, elle aurait été lancée par Tom Jedusor quand mon prédécesseur lui aurait refusé la place. Mais ils n'ont pas pût trouver l'objet sur laquelle la malédiction repose, je pense qu'il serait bon de vérifier la chambre des secrets de Serpentard.
- Oui, vous avez certainement raison, je passerais ce soir ou demain, faites en sorte que Bill Weasley et un de ses collègue soient présents, à nous trois, s'il l'objet se trouve dans la chambre, nous devrions pouvoir en venir à bout. Autre chose concernant l'école ?
- Non votre majesté.
- Très bien, à vous madame la ministre.
- Votre majesté, mon équipe et moi-même avons soigneusement étudié les programmes actuels et ceux du passé, le constat est affligeant, ce que nous demandons aujourd'hui à des élèves de dernière année, était exigé pour des élèves passant leurs BUSES. Depuis quarante ans environ, le niveau à dramatiquement baissé, et encore une fois le responsable en est l'ancien directeur. Bien que j'ignore pourquoi. »
Harry soupira :
« Dumbledore avait un complexe de supériorité de la taille de Poudlard, et il ne voulait surtout pas que quiconque lui fasse de l'ombre. En baissant le niveau des élèves, il se démarquait un peu plus du « commun des mortels ». Le problème va maintenant être de faire remonter le niveau, je pense qu'à part les élèves de première année, et peut-être ceux de seconde, il est trop tard pour les autres. Je crois aussi qu'il y a une trop grande part de théorie dans les cours dispensés, mais je suivrais évidemment votre avis sur ce point. Sinon, j'ai discuté avec le service des transports, il est tout à fait possible d'installer un centre de cheminée sur les terres de l'école, avec un système de sécurité interdisant à toute personne n'étant pas élève de l'utiliser. Le problème serait la poudre de cheminette, les quantités qu'il faudrait fournir couteraient une fortune. D'autant que si les sorciers ont tous une cheminée, ce n'est pas le cas des moldus, les portauloins réutilisables couteraient plus cher à l'achat, mais serait plus rentables sur le long terme. Je pense donc qu'il serait plus avantageux d'adopter un système proche de celui des moldus, à savoir des bus, évidemment magiques, qui passeraient prendre les élèves le matin et les ramèneraient le soir. A priori la majorité des futurs externes, seront des nés de moldus, donc j'ai fait faire une petite estimation du temps nécessaires au ramassage scolaire, et c'est très encourageant, même en allant chercher les élèves devant chez eux. Pour les élèves nés de parents sorciers, ces derniers peuvent tout à fait transplanner devant les grilles le matin, en allant au travail, et le soir ils pourraient prendre également le bus. Enfin, tout cela pour dire que si les gens veulent bien penser différemment, il n'y a aucune raison que ce qui fonctionne chez les moldus ne puisse pas fonctionner chez nous. »
Les deux femmes approuvèrent, avec un peu de bonne volonté, rien n'était impossible, surtout pas en alliant magie et technologie moldu.
« Sinon, qu'en est-il de l'idée d'accueillir des élèves plus jeunes ? »
Ce fut la ministre de l'éducation qui répondit :
« Eh bien, rien ne s'y oppose, votre majesté, bien sûr cela nécessiterait un investissement conséquent, entre autre concernant les aménagements, nous ne pouvons pas laisser de jeunes enfants vadrouiller dans les couloirs, déjà qu'à onze ans ils se perdent facilement. Ensuite, il nous faudrait trouver des spécialistes de l'enfance, ne le prend pas mal Minerva, mais je doute que les professeurs actuels puissent gérer efficacement de jeunes enfants, on ne se comporte par de la même façon avec des enfants qu'avec des pré-adolescents et adolescents. »
La directrice de l'école sourit, elle aimait beaucoup les enfants, mais elle était la première reconnaître qu'il y avait un monde entre passer un moment à garder un enfant, et lui faire la classe.
« Je ne suis pas vexée, Griselda, je suis tout à fait d'accord avec toi. Cependant, il n'existe pas de gens spécialisés dans l'éducation des enfants, du moins pas dans un cadre scolaire. »
Harry hocha la tête :
« Je m'en doutais un peu, nous avons deux solutions, soit recruter des mères dont les enfants sont grands, comme Molly, soit faire suivre à de jeunes maîtres des cours de pédagogie chez les moldus. J'ai rendez-vous avec le premier ministre moldu cette après-midi, nous devrions pouvoir trouver un accord pour qu'il mette des gens de confiance à notre disposition pour apprendre à nos futurs professeurs la façon adéquate d'enseigner à un groupe d'enfants. »
Les deux femmes approuvèrent, ce que le roi allait demander n'était pas grand-chose, et elles lui faisaient confiance pour se montrer suffisamment diplomate et ferme pour mettre en place une relation solide avec le gouvernement moldu.
« Bien, mesdames, y'a-t-il autre chose ? »
Les deux femmes secouèrent la tête et se retirèrent, et Harry appela :
« Kyle, quoi d'autre ? »
Le jeune homme entra en répondant :
« Pour ce matin, vous avez terminé les rendez-vous, vous avez le premier ministre moldu à 14h, le ministre Shacklebolt se propose pour vous accompagner, puisqu'il est le seul à l'avoir déjà rencontré.
- Très bien, pas d'autre sécurité ! Je ne dois pas donner l'impression d'avoir besoin qu'on me tienne la main, je vais déjà avoir assez de mal à me faire prendre au sérieux. »
Kyle fit clairement la moue, mais acquiesça :
« Très bien, votre majesté, mais peut-être devriez-vous prendre le dragon avec vous. »
Kev' leva une paupière paresseuse et siffla :
« Le dragon à nom, blondinet ! »
Kyle sentit sa mâchoire s'écraser par terre :
« Il parle ! »
Harry sourit :
« Brillamment déduit, Kyle. Kev' parle l'anglais moderne, et bien d'autres langues. »
Le secrétaire rougit, et bredouilla :
« Mes excuses, heu… monsieur Kev' ? Mais je… j'ignorais que les dragons parlaient. »
Le saurien voleta pour venir faire face au secrétaire, qui se voyait déjà finir rôtis, mais à la place, le petit dragon se tourna vers le roi :
« Harry, pourquoi tu ne l'as pas pris dans ton harem, celui-là ? Il est choupi non ? »
Le roi sourit alors que Kyle aurait pût servir de feu rouge aux moldus, et répondit :
« Parce que, quand je l'ai connus il était déjà fiancé, et que je refuse de briser un couple, mais tu as raison, il est très choupi. »
Le secrétaire hésitait entre tenter de creuser un trou dans le sol pour se cacher, et se rengorger à l'idée que le roi, son roi, si beau et fort, le trouvait à son goût.
« Tu pourrais faire cuire un œuf sur ses joues ! »
Harry sourit de plus belle :
« Kev', arrête de l'embarrasser ! »
Le dragon affiche une moue boudeuse :
« Maieeuuh ! C'est drôle ! »
Le roi gronda :
« Kev' ! Ca suffit. »
Le saurien lui tira la langue puis retourna sur son coussin en gardant le museau en l'air dans une attitude hautaine qui fit rire les deux humains.
Harry se tourna vers son secrétaire :
« Il n'y a pas de problème pour moi, Kyle. Si tu avais été seul, j'aurais effectivement tenté ma chance, mais je ne jouerais jamais les briseurs de couple ! Épouse ton Julian, et soyez heureux, c'est tout ce que je te souhaite. »
Le blond sourit, il ressentait un mélange d'émotions dont il ne savait que faire. D'un côté il était fier d'avoir attiré le désir de son roi, mais il était aussi gêné à l'idée de leurs futurs rapports, sans compter le fait qu'il aimait sincèrement son fiancé, mais qu'il ne pouvait pas ignorer la pointe de regret à l'idée que Julian n'était pas Harry. De là naissait une certaine culpabilité, ce qui le perturbait encore davantage. Harry sembla comprendre, et mis les choses au clair :
« Kyle, tu sais que j'ai plusieurs amants, mais il n'y en a qu'un seul que j'aime de façon romantique, et même si tu es très mignon et que je t'aime bien, tu n'aurais jamais pu être celui-là. N'ai pas de regrets, sur ce qui aurait pu être, ton Julian est très beau, ne perds pas de temps à te demander ce qui aurait pu se passer, profite de lui, aimes-le tous les jours, fais lui l'amour dès que tu le peux, et tu verras que tu ne regretteras rien. »
Le secrétaire sourit un peu tristement :
« Je sais cela, majesté. Je n'aurais jamais été qu'un amant parmi d'autres, mais vous ne pouvez pas m'empêcher de fantasmer. »
Harry sourit :
« Effectivement, tu peux fantasmer autant que tu veux, tant que cela n'affecte pas notre relation, je ne te ferais jamais d'avances, donc ne cherche pas à interpréter des signes qui n'existerons pas ! Tu es mon secrétaire en qui j'ai confiance, et un ami, point. On est d'accord ? »
L'autre garçon hocha la tête :
« Oui, votre majesté.
- Parfait, dans ce cas, reprenons notre journée, et tu as raison Kev' viendras avec moi, il sera parfait pour rappeler au premier ministre ce que notre monde est.
- En effet, majesté.
- Fais nous monter à déjeuner, s'il te plaît. »
Le jeune homme approuva, et ils déjeunèrent tout en travaillant sur différents papiers.
Harry passa la grande majorité de son temps sur le projet de code pénal de sa ministre de la justice, puis, peu avant 14h, Kingsley apparus.
« Votre majesté, il est presque l'heure. »
Harry hocha la tête :
« Je sais Kingsley. Le temps de me changer, et nous partons. »
Le jeune roi ne s'embarrassait pas de vêtements formels quand il était à son bureau, en l'occurrence il portait un jean et une chemise confortables, mais pour un rendez-vous avec le premier ministre moldu, c'était évidemment hors de question. Un claquement de doigt transforma ses vêtements simples en un ensemble de haut-couture, comprenant un pantalon gris anthracite, une chemise d'un vert sombre qui faisait ressortir ses yeux, un gilet de la même couleur que le pantalon mais rehaussé de broderies d'or, et une robe de combat noir. Ceci sans compter sa couronne et, bien évidemment, Excalibur reposant à son côté.
Kev' vint se percher sur ses épaules, et Harry se tourna vers son ministre :
« Suffisamment royal ? »
L'ancien auror approuva :
« Tout à fait, votre majesté, et le fait de porter un mélange de vêtements moldus et sorciers sera surement apprécié. »
Le 10 downing street, était protégé par magie depuis qu'il était devenus le siège du gouvernement, et seuls quelques sorciers triés sur le volet pouvait y transplanner, Kingsley était de ceux-là, et bien qu'Harry aurait pût ignorer totalement les barrières, ce fut son ministre de la guerre qui le fit transplanner.
Ils réapparurent dans le bureau même du premier ministre, en face de l'homme qui était à la tête de la Grande-Bretagne moldu.
Le premier ministre était un homme d'une cinquantaine d'année, aux cheveux roux déjà rares et mêlés de gris, au teint vif des rouquins, et portants quelques kilos en trop. Son regard bleu se posa alternativement sur ses trois visiteurs, trahissant son incertitude, il avait vaguement été informé que Fudge était tombé, remplacé par une femme qu'il n'avait jamais eu le temps de rencontrer, et que cette dernière avait également abandonnée sa charge, mais personne ne lui avait expliqué pourquoi.
Cependant à voir ce garçon arborer une couronne, il était évident que soit il était victime d'une farce, ce qui l'étonnerait tout de même beaucoup, soit que ce gamin était roi du monde magique, et il n'aimait pas du tout l'idée de traiter avec un gosse.
Tout cela fut visible dans ses yeux, et Harry musela sa colère, l'homme ne le connaissait pas et pourtant il le considérait déjà de haut.
Kingsley s'avança :
« Monsieur le premier ministre, permettez-moi de vous présenter sa majesté Harry James Potter-Black-Pendragon, souverain du royaume magique de Camelot. »
Le regard du moldu se porta directement sur l'épée que le gamin avait sur la hanche, ce à quoi Harry lâcha :
« C'est en effet, Excalibur, monsieur le premier ministre. »
Le premier ministre dévisagea le garçon et déglutît, le regard émeraude de l'adolescent recelait une volonté de fer et un pouvoir que même lui, simple moldu, pouvait sentir.
« C'est un grand honneur de vous rencontrer, monsieur Potter. »
Le dragon siffla méchamment dans sa direction le faisant sursauter, et Kingsley ouvrit la bouche, mais Harry les pris de vitesse tous les deux :
« Soyons clairs, monsieur le premier ministre, je n'ai peut-être que 16 ans, mais j'ai mis à bas, le ministre Fudge, et le professeur Dumbledore, cela avant même de découvrir que j'étais roi, je n'aurais aucun mal à vous faire tomber également. Si vous l'ignorez, apprenez qu'en tant qu'héritier d'Arthur Pendragon, je suis en droit de réclamer la souveraineté sur toute la Grande-Bretagne, sorcière et moldue ! Il y a eu de nombreux pactes magiques pour assurer que quel que soit le moldu qui trône dans votre monde, il n'ait pas d'autre choix que de s'incliner face à moi ! Dois-je aller à Buckingham et réclamer mon droit, parce que vous voulez jouer au plus fin avec moi ? Je suis venu ici pour mettre en place des relations saines entre les deux mondes, contrairement à mes prédécesseurs je ne considère pas les moldus comme inférieurs aux sorciers, alors ne me faites pas l'affront de vous croire supérieur à moi sous prétexte que je suis un adolescent ! »
Le ministre déglutît, Fudge avait été un crétin imbu de lui-même, et Dumbledore un loup déguisé en agneau, mais les deux étaient des politiciens avisés, savoir que ce gamin… ce jeune homme, les avait détruits tous les deux, prouvait qu'il serait stupide de le sous-estimer à cause de son âge. Or, si chez les sorciers, il suffisait d'acheter les voix pour se faire élire, chez les moldus il fallait beaucoup plus d'intelligence pour parvenir à diriger un pays, et donc le premier ministre n'était pas stupide.
Cela sans même parler de la menace de revendiquer le trône moldus, il ne doutait pas une seconde que ce jeune homme lui disait la vérité, ce n'était clairement pas son genre de mentir, bien sûr il ne ferait jamais, du moins pas ouvertement, mais il pourrait très bien diriger en coulisse, derrière la reine et un autre premier ministre. En plus de ces deux points, il y avait aussi la magie qui transpirait par tous les pores du jeune homme, et même un moldu comme lui pouvait sentir à quel point ce jeune roi était puissant.
Il avait joué, et avait perdu, cet héritier d'Arthur Pendragon, était venu à lui dans l'espoir de changer les relations entre les deux mondes, et lui venait de se montrer aussi stupide que l'avait été Fudge avec lui.
« Veuillez accepter mes excuses, votre majesté, vous avez parfaitement raison, je n'aurais jamais dût me montrer aussi condescendant. »
Le regard du roi sembla plonger au fond de son âme, et pour ce qu'il en savait, c'était peut-être le cas, puis l'émeraude se réchauffa sensiblement et le jeune homme sourit :
« Excuses acceptées, monsieur le premier ministre, je veux bien comprendre qu'il soit difficile pour un homme de votre importance et qui à l'âge d'être mon père de me voir autrement que comme un gamin ! Cependant, si je n'ai effectivement que 16 ans, apprenez qu'outre mon statut royal, je suis aussi celui qui a affronté le plus puissant mage noir que l'on ait jamais vu depuis des siècles, pas moins de 5 fois ! Je me suis battus, j'ai risqué ma vie, et vu des proches mourir, alors ne faites plus jamais l'erreur de me voir comme un adolescent capricieux et ignorant ! »
Le ministre hocha lentement la tête, et murmura :
« Vous êtes celui que vos semblables appelle le survivant ?
- En effet.
- Fudge avait peur de vous, et il avait visiblement raison, puisque vous l'avez conduit à sa perte. »
Harry lâcha un grognement méprisant :
« Cette loque stupide et lâche, a creusé sa propre tombe en refusant d'admettre le retour de Tom Jedusor. Enfin, passons, aujourd'hui il est à sa place, en prison, et cette vieille chèvre de Dumbledore a été exécutée. La liste de mes ennemis ne se résume plus qu'à Tom et aux quelques rares chiens qui le suivent. J'espère en terminer rapidement avec lui. Mais d'ici là, je ne compte pas stopper toute activité dans mon royaume, d'où ma visite.
- Je comprends, la guerre ne doit pas empêcher les gens de vivre. Que puis-je pour vous ?
- Rien de bien extraordinaire en réalité, je suis en train de faire de profond changement dans le monde sorcier, des changements que vous avez effectués depuis longtemps, mais les sorciers sont comme des blocs de pierres, dotés d'une inertie sans pareil. L'un de mes premiers chantiers, et sans doute l'un des plus importants, concerne l'éducation.
- La base de tout.
- Nous sommes d'accord. Comme vous le savez peut-être, nous n'avons qu'une seule école pour tout le territoire, et cette école n'accueille les enfants que de 11 à 17 ans, avant ils sont simplement à la charge de leur familles, et après, ils doivent se débrouiller seuls pour obtenir d'éventuels diplômes supérieurs. De là découle un constat simple, nous n'avons de professeurs formés pour prendre en charge de jeunes enfants, contrairement à vous. »
Harry vit un éclair de satisfaction passé dans les yeux du ministre, et il précisa :
« Monsieur le ministre, contrairement à Fudge ou aux autres dirigeants qui l'ont précédés, je ne crois pas que les sorciers soient supérieurs aux moldus, le hasard fait que nous pouvons utiliser la magie, et pas vous, mais ce qui aurait dû être un avantage pour nous, s'est transformer en handicap. Les sorciers ont pris la détestable habitude de se reposer uniquement sur la magie, et n'ont donc jamais cherché à comprendre le monde comme l'ont fait les scientifiques moldus. Je suis parfaitement conscient, que vous avez le pouvoir de nous rayer de la carte avec les armes dont vous disposez. La magie a rendu mon peuple fainéant, et rétrograde, de par les malversations de Dumbledore j'ai grandis dans le monde moldu, ce qui fait que j'en ai une assez bonne connaissance, je sais que vous nous dépassé dans presque tous les domaines. C'est un fait, le nier ne m'apporterait rien, tant mieux si cela vous flatte, mais ne faites pas la même erreur que les sorciers, ne commencer pas à vous croire supérieur, moldus et sorciers sont avant tout humains ! Intrinsèquement égaux, ce n'est qu'aux politiciens du passé que nous devons notre retard sociétale, la curiosité a toujours été brimée, dans le monde magique, mais les sorciers ne sont pas plus stupides que les moldus, simplement on ne leur a jamais appris à se servir de leur intelligence. »
Le premier ministre hocha lentement la tête, le jeune roi avait raison, pour une fois qu'un dirigeant sorcier venait vers lui sans le prendre de haut, il aurait été stupide de sa part d'inverser les rôles.
« J'entends ce que vous dîtes, votre majesté, et j'apprécie votre franchise. C'est quelque chose de rare en politique. Mais je vois mal ce que je pourrais faire pour vous aider.
- Tout simplement nous recommander des personnes aptes à former nos futurs professeurs. Des gens de confiance, proche de vous, ou de sorciers nés de moldus. Malheureusement, le complexe de supériorité des sorciers fait que les responsables de l'éducation ignorent quels sont les emplois des parents des nés de moldus. Or vous gardez une trace de tout cela, puisque chaque enfant qui intègre notre monde doit avoir une « couverture » dans le vôtre qui explique sa disparition.
- En effet, et je n'aurais aucun problème à vous mettre en contact avec le service qui gère ces couvertures. Mais j'imagine que vous ne vous êtes pas déplacé en personne pour quelque chose d'aussi anecdotique.
- Vous avez à la fois tort et raison, notre faible population fait que chaque enfant est important, donc ce n'est pas aussi anecdotique que cela. Mais il y a deux autres points, que j'aimerais voir avec vous. En premier lieu, je compte créer un orphelinat destiné aux enfants sorciers, qu'ils aient perdus leurs parents, ou que ces derniers considèrent la magie comme anormale ou maléfique. C'est malheureusement plus fréquent qu'on ne le croit. J'aurais donc besoin de votre concours sur ce point, car avant de les retirer à leur famille, il faudra mener des enquêtes, et vos services sont bien plus à même de détecter d'éventuels abus, du moins jusqu'à ce que les sorciers aient appris à connaître votre monde. L'autre point consisterait à mettre en place un service accessible aux moldus parents de sorciers, pour qu'ils aient un référent accessible vers lequel se tourner en cas de problème.
- Tout cela me semble parfaitement censé, votre majesté, et je suis au fait de ce que vous avez subit de votre famille, j'ai d'ailleurs le regret de vous dire que les services de police et d'aide à l'enfance avaient reçus des ordres de mes prédécesseurs pour étouffer toute affaire vous mettant en cause.
- Ceci explique cela, je m'étonnais que personne ne se soit jamais intéressé à mon cas. J'imagine que Dumbledore et Fudge ont lourdement insistés.
- En effet, mon prédécesseur m'a avoué lors de la passation de pouvoir qu'il avait tout de même rassemblé un certain nombre de témoignages prouvant les mauvais traitement dont vous avez été victime, quand vous avez porté plainte contre eux, il a discrètement fait passé ce dossier à la cours.
- Je ferais en sorte de le remercier. Un dernier point, Kingsley, ici présent, est mon nouveau ministre en charge de la guerre, j'ai décidé de constituer une unité d'élite qui sache utiliser toute sorte d'armes, sorcières ou moldues. Aussi, je souhaiterais vous acheter des armes, rien de bien extraordinaire, fusils et pistolets, mais pas d'armes lourdes.
- Eh bien, je ne vois rien qui s'y oppose, souhaiteriez-vous que je vous trouve également des instructeurs pour les arts martiaux ?
- C'est très aimable, mais j'ai de très bons contacts sorciers en Asie qui sont des maîtres dans ces domaines.
- Ah, parfait ! Autre chose, votre majesté ?
- A priori, non, je vous remercie. Mais, par contre, j'ai peut-être quelque chose pour vous, en me renseignant, j'ai appris que votre plus jeune fils était très malade, il se trouve que je dispose, entre autre capacité, d'un don de guérison assez poussé. Pour vous remercier je suis prêt à mettre toutes les ressources médicales dont je dispose que ce soit de moi-même ou en tant que roi à sa disposition, si évidemment vous le souhaitez. »
Le ministre resta figé un instant, avant de demander d'une voix incertaine :
« Vous pouvez le sauver ? »
Harry lui adressa un sourire triste :
« Sans l'avoir examiner, je ne peux pas vous l'affirmer, mais je peux vous promettre de faire tout ce qui est en mon pouvoir pour y parvenir. »
L'homme hocha lentement la tête :
« Évidemment, écoutez, si vous arriver à le sauver vous aurez tout ce que vous voulez.
- Monsieur le premier ministre, il ne s'agit pas d'un paiement, simplement d'une preuve de bonne foi, je ne me permettrais jamais de marchander avec la vie de quelqu'un, si vous le souhaitez, je vais examiner votre fils, et faire ce que je peux, cela ne doit pas avoir d'incidence sur le reste ! »
Le premier ministre sourit :
« Vous n'êtes vraiment pas un politicien, votre majesté ! »
Le jeune roi sourit en réponse :
« Non, et je vous avoue que j'en tire une certaine fierté.
- Je peux comprendre votre point de vue, Luc est dans sa chambre, si vous pouvez laisser vos affaires sorcières, et votre heu dragon ici, je peux vous mener à lui tout de suite. »
Kev' ouvrit un œil, puisque, comme souvent il dormait, et lâcha :
« Le dragon à un nom ! Non mais, c'est quoi tous ces gens qui me prennent pour un animal de compagnie ! »
Curieusement, le moldu fut moins surpris que Kyle, car le premier avait souvent entendu des histoires de dragons parlants, alors que chez les sorciers ont considérait qu'ils n'étaient que des animaux.
« Mes excuses, monsieur le dragon. Mais sa majesté n'a pas jugé utile de vous présenter. »
Kev' tendit le cou de manière à pouvoir faire face à Harry :
« Je suis quantité négligeable maintenant, 'ry ? »
Le roi sourit et gratta les écailles du dragon au niveau de la nuque, ce qui déclencha immédiatement un air béat sur le museau du saurien, accompagné d'un ronronnement digne d'un tigre :
« Bien sûr que non, Kev', mais tu dormais, et je ne voulais pas perturber encore davantage le premier ministre. »
Tout en inclinant la tête pour que les doigts du roi s'activent sur le point souhaité, le dragon gémit :
« Mouais… je te pardonne parce que tu sais très bien gratouiller ! »
Le roi approuva, en posant son front sur celui du dragon :
« Je te remercie de ta mansuétude, Kev'. »
Kev' donna un petit coup de langue sur la joue du roi, et lâcha :
« En attendant, je vais rester avec King, voir s'il est aussi doué que toi pour les gratouilles ! »
L'ancien auror jeta un regard horrifié à son roi qui ricana :
« Il ne va pas te manger, King ! Occupe-toi donc de ce gros chat à écailles pendant que je vais voir le fils du ministre. »
L'homme approuva, sans avoir l'air très rassuré, tandis que le dragon marmonnait :
« Tu sais ce qu'il te dit le gros chat à écailles ? »
Une fois Kev' perché sur les épaules de Kingsley, Harry dissimula par magie ses attributs magiques, la couronne, l'épée et la robe de combat, puis suivit le premier ministre dans la partie où résidait sa famille.
