Je me suis réveillée le lendemain matin avec un enthousiasme débordant. La nuit que je venais de passer m'avait donné toute la force dont j'avais besoin pour supporter la visite colérique de mon père au lever du soleil.
- Tu ne comprends pas que tes actions peuvent se répercuter sur toute notre famille? Le Roi t'accorde de l'attention et pour le bien de notre famille tu ne dois pas la perdre! Hurla-t-il en marchant à travers la pièce.
- Père mon voyage avait été épuisant! Je n'avais pas dormi depuis plusieurs jours! Peut-être auriez-vous préféré que je m'évanouisse devant le Roi? Ainsi aurais-je pu attirer assez son attention pour vous et mère! Criais-je à travers la salle.
Je comprend que mon père soit furieux que je sois partie sur un coup de tête mais au bout de quelques minutes il avait abandonné et était sorti de la pièce parler avec ma mère. Il détestait me faire la morale de plus, il savait que je n'avais rien fais. J'étais juste fatiguée.
Pendant que j'étais en train de me coiffer les cheveux pour me préparer pour le déjeuner, quelqu'un toqua à ma porte. Ma femme de chambre partit ouvrir la porte. Croyant qu'il s'agissait de mon mère je ne me suis pas retournée et continuais de me coiffer mes cheveux.
Je n'entendis aucune voix, seulement des pas puis la porte se refermer. Surement une lettre de chez moi ou mes dernière valises.
- J'ai cru comprendre que vous étiez souffrante hier soir.
Ce n'était pas la voix de ma femme de chambre. Je reconnus immédiatement cette voix. Je me suis levée directement pour me tourner face au Roi en personne.
L'anxiété montait de plus en plus. Je ne savais pas quoi dire et cette fois je ne pourrais pas m'échapper, j'étais prise au piège sous son regard de prédateur.
- Majesté... Je n'attendais pas votre visite... Veuillez m'excuser pour ma tenue plus qu'inappropriée.
- Vous n'avez pas à vous excuser vous ne pouviez pas savoir.
Je hochais la tête, soulagée de ne pas avoir des ennuis encore une fois. Un silence gênant s'installa entre nous. Je n'osais pas parler. Je n'en revenais pas, le Roi était en ce moment-même dans ma chambre. Je ne pense pas qu'il y avait un protocole pour ce genre de situation.
- Vous deviez seulement avoir besoin de repos. Vous voilà aujourd'hui rayonnante. Je n'avais jamais vu une telle perfection.
- Majesté...
- Ne vous en faite pas. Je venais juste m'assurer que vous vous portiez bien. Je ne veux pas vous importuner plus longtemps, vous avez surement beaucoup de chose à faire. Dit-il avec un sourire charmeur en ne me lâchant pas du regard.
Un petit sourire se forma sur mon visage ainsi qu'une rougeur sur mes joues. Je déposais alors ma brosse à cheveux sur ma commode avant de m'approcher avec méfiance du Roi. Je me rappelais les paroles de mon père il y a quelques minutes.
Je me suis alors placée devant le Roi avec un petit sourire timide sur mon visage.
- Votre Majesté je suis touchée par votre inquiétude. Je vous remercie j'apprécie beaucoup votre geste. Vous êtes un bon Roi...
Je n'eus pas le temps de finir ma phrase, j'entendis le rire moqueur du Roi s'élever dans les airs. Je me reculais alors de quelques pas. Avais-je dis quelque chose de mal ?
- Qui êtes-vous pour juger si je suis un bon Roi ou non? Me demanda-t-il en me fixant directement dans les yeux.
Je me sentis directement gênée et baissais les yeux pour regarder le sol. Je ne savais pas quoi dire. L'avais-je vexé? Ce n'était qu'un compliment pourquoi le prendre mal?
J'entendis alors des pas s'approcher de moi. Je relevais la tête pour me retrouver à à peine un mètre du Roi. J'eus un sursaut de surprise. La situation devenait de plus en plus gênant et également embarrassante. Mon père ou ma mère pouvaient entrer à tout instant.
- Je m'excuse je ne voulais pas vous offenser votre Majesté. Dis-je avec un révérence inquiète.
- Je voulais simplement voir votre réaction, ne vous en faite pas. Mon frère m'a parlé de vous. Déclara le Roi en commençant à me tourner autour.
- Et que vous a-t-il dit?
Je n'avais pas pu m'empêcher de prononcer ces mots et directement après j'aurais souhaité ne pas avoir dit ceci. J'entendis le Roi lâcher un petit rire quand il était dans mon dos, surement à cause de mon audace devant lui.
Je m'apprêtais à présenter mes excuses quand la porte de ma chambre s'ouvrit pour y laisser entrer mon père accompagné de ma mère. Ils parurent plus que surpris de trouver sa Majesté dans ma chambre et je me sentis aussitôt gênée.
Il y eut un instant de silence remplit de gêne. Mon père s'approcha donc en faisant une petite courbette pour le Roi.
- Majesté, je ne m'attendais pas à vous trouver ici. Déclara-t-il toujours aussi surpris.
- Moi non plus. Répondit ce dernier. Retirons-nous Thomas. Laissons ces dames se préparer, nous avons du travail.
Mon père sembla hésiter avant d'acquiescer et de partir avec le Roi hors de ma chambre. Je me retrouvais maintenant seule avec ma mère.
Dès que la porte se claqua ma mère se précipita vers moi. Elle devait être inquiète.
- Que faisait le Roi dans ta chambre, Maella? Répond moi!
Ou en colère...
- Mère ce n'est pas ce que vous croyez. Je n'y suis pour rien, je vous le jure. Il...
Voyant ma panique, ma mère essaya de cacher sa fureur et m'invita à m'assoir sur mon lit. Elle me prit la main et me regarda avec amour. Un amour sincère.
- Maella tu ne dois pas céder. Ne laisse pas le Roi t'atteindre ou tu te retrouveras piégée pour le reste de ta vie ici. Reste loin du Roi, cette vie n'est pas faite pour toi. Je n'aurais jamais du t'emmener à Versailles, je suis désolée. Nous allons partir, le plus tôt possible sera le mieux.
- Partir? Mais ne devions-nous pas loger ici avec Père? Demandais-je en me levant soudainement.
- Je lui ai parlé, et le fait que tu aies capté l'attention du Roi n'annonce rien de bon. Ton père et moi nous nous inquiétons beaucoup.
- Je ne laisserai pas Père seul ici. Je refuse de partir!
- Mais Maella...
- Non! Je ne partirai pas!
Je me suis alors levée et sortie de ma chambre. Je n'étais pas coiffée, j'avais mes longs cheveux bouclés noirs lâche mais je m'en fichais. J'étais beaucoup trop en colère pour en tenir compte. Comment pouvait-elle vouloir laisser papa vivre ici seul, sans sa famille pour le restant de ses jours?
Je me considérais comme sauvé quand je vis ma femme de chambre, Margot, au loin. Elle m'emmena dans une autre pièce et termina ma coiffure pour que je sois présentable pour le petit déjeuner.
