4.
- Tu es mort, Ghor, en extrayant la Matière Noire du corps de mon père ! se récria Alphang, dans le délire des blessures et autres médications lourdes.
- Oui, mais Ezra avait pris ses précautions, bien avant. J'ai été cloné. Le clone d'un clone, comme la consanguinité chez vous les humains, mais sans dommages en revanche pour nous ! Et j'ai atteint l'âge adulte. Je suis Rohg.
- L'inverse de ton créateur, original…
- Je me fous de tes sarcasmes, humain. J'ai une mission à remplir. Je vais faire de toi un soldat de Gaïa et même le meilleur ! Je prends possession de ton esprit, Alphang fils d'Albator. Et tu vas servir la Coalition Gaïa !
- Jamais !
- La ferme !
Sombrant une fois de plus dans l'inconscience, Alphang s'enfonça dans l'impuissance et la soumission.
Sur pieds, après des semaines de soins et de convalescence, Alphang se présenta devant son nouveau chef.
- Bienvenue parmi les forces de Gaïa.
- A vos ordres, amiral Ezra.
- Rogh vous suivra. Je vous confie le commandement de mon sous-vaisseau-amiral : l'Ocytératops ! Bons combats et atomisez l'Arcadia !
Alphang s'était incliné, soumis, les prunelles désormais d'un noir de jais, sous la domination du Nibelugen qui ne le quittait pas d'un pas.
Ezra eut un large sourire, se frottant les mains, sans s'en cacher.
- Te voilà prêt, mon capitaine de Ocytératops. Je suis tellement heureux !
- A tes ordres, fit docilement Alphang.
- A présent, un seul ordre : va atomiser l'Arcadia !
- A tes ordres, obéit un Alphang dont les prunelles avaient viré à l'ébène sous la domination de l'esprit l'habitant.
Alphang passa la langue sur ses lèvres.
- Tu vas suivre ce que tu dis, Rogh ?
- Oui. Fais-moi confiance !
- J'ai du mal…
- Je suis ton seul allié !
- En pénétrant mes pensées ?
- Le seul moyen. Alphang, tu portes la Matière Dorée créée par ceux que je n'ai pas connu. Et je veux sauver tout le monde, comme toi !
- En commençant par me soumettre à la volonté d'Ezra ?
- Oui. Endors-toi et suis mes instructions !
- Jamais !
- Je ne te demande pas ton avis !
En gestes machinaux, Alphang enfila un uniforme qui évoquait celui de l'amiral de la flotte de Gaïa, mais de loin, hormis les couleurs et le col de métal doré.
- Je suis prêt…
Vrom et Khomir s'annoncèrent au studio.
- J'ai procédé aux soins de l'amiral, fit le premier. Il est prêt à repartir en mission dans l'espace.
- Je t'escorte à ton Ocytératops, fit le second Mécanoïde. Je suis le lieutenant Khomir, et je t'assisterai.
- Me surveiller ? rectifia Alphang.
- Et avant tout ! gronda Khomir. Ne sourcille pas d'un cil ou je t'atomise.
- Tes derniers propos sont risibles au possible. Je suis un humain, mes cils ne cessent de battre !
Mais Alérian s'inclina néanmoins.
- Je suis aux ordres de la Coalition Gaïa.
De retour à son studio, Alphang s'assit sur son lit, un regard neutre vers le verre emplit de liquide vert déjà posé sur une console.
- Un mélange d'hypnotisants, agents chimiques de soumission, somnifères et tranquillisants, expliqua une énième fois de plus Rogh. Bois et ne te souviens de rien, jeune humain.
- Comme si j'avais le choix… Sinon on me le fera ingurgiter de force, j'ai déjà expérimenté !
Et Alphang but tout le verre, s'allongeant, avant de s'endormir pour des heures de sommeil sans rêves.
Dans le parc si apaisant, Albator tressaillit.
- Nami !
- Je suis de retour ! Et je peux veiller sur toi comme je l'ai fait pour Alphie et ses derniers instants.
- Je t'écoute, Nami.
- De mon rêve d'hologramme, j'ai tout vu, impuissante, mes larmes, et par mes yeux de ma sœur…
- Bienvenue à bord, fit simplement Albator.
