Disclaimer : Harry Potter, qu'on ne devrait même plus présenter, appartient à J.K. Rowling. Et moi, à mes heures perdues, j'écris des fanfictions sur cet univers.


Ne jamais mettre Lily en colère.

Lily resserra autour de son cou son écharpe, se maudissant pour la septième fois de l'avoir oubliée lors du dernier entraînement nocturne qu'elle avait fait. À présent, elle avait froid à la gorge, et elle craignait que cela ne s'aggrave. Mais elle n'avait pas le temps de passer voir Hannah entre l'entraînement de Quidditch et son premier cours. Du moins, elle n'en aurait pas le temps si elle comptait aussi prendre un petit-déjeuner. Et comme il était exclu qu'elle rate le petit-déjeuner, sa décision était prise. Elle repoussait le moment où elle irait voir Hannah.

Le froid s'était abattu sur l'Écosse dès que l'automne avait été officialisé par la date, et personne à Poudlard n'était réellement ravi de savoir que, tout à coup, les rares rayons de soleil avaient disparu au profit d'une pluie cinglante et d'un vent mordant. Pour autant, les joueurs de Quidditch ne se plaignaient pas, lors des entraînements. Ils savaient qu'ils avaient plus de chance de jouer des matchs dans ces conditions que sous un soleil doux et réchauffant, alors ils prenaient leur mal en patience, et subissaient le mauvais temps sans trop se plaindre de la situation.

Lily se frotta les yeux, et jeta un regard plein d'espoir vers les vestiaires, avant de se secouer et de se morigéner. C'était elle qui avait mis l'équipe dans une telle situation, en se mettant à dos les capitaines de Serpentard et de Poufsouffle ! C'était à elle seule de s'en prendre pour les horaires indécents des entraînements.

- Bien ! Alors, on va se mettre en cercle, et se lancer le Souafle.

Les six joueurs la rejoignirent aussitôt.

- Avec le vent d'aujourd'hui, qui empêcherait un dragon de voler droit, ça va nous obliger à…

Sa voix mourut dans sa gorge. Les joueurs se tournèrent vers elle, en fronçant les sourcils et en attendant la suite de la phrase de leur capitaine. En vain. Rien ne venait, aucun mot ne venait achever son idée.

- Potter ? s'étonna finalement Marcus. Il y a un problème ?

Les joues soudainement rouges, Lily secoua la tête. Elle ferma la bouche, la rouvrit, et alors que les joueurs étaient persuadés de la voir articuler, aucun son ne franchit la barrière de ses lèvres.

Samantha s'approcha de Lily, à sa gauche, et tendit l'oreille, les traits tendus par la concentration pour écouter les minuscules sons qui sortaient de façon saccadée de la bouche de Lily.

- Elle dit, commença Samantha en servant d'interprète, que ça va nous obliger à nous concentrer. Et qu'au cas où on ne l'aurait pas remarqué, elle vient d'avoir une extinction de voix.

Pendant un très court moment, les joueurs songèrent à se moquer de Lily et de sa soudaine incapacité à donner des ordres. Et puis, tout à coup, ils réalisèrent que si elle ne pouvait pas prononcer de mots, elle n'était en aucun cas incapable de leur faire regretter leur impertinence. Aussi, sagement, les joueurs se mirent en cercle, essayant de passer outre le fait que leur capitaine ne s'exprimait plus que par gestes, et que ses joues rouges ne voulaient pas dire qu'elle était gênée, mais plutôt qu'elle commençait à se mettre en colère. Contre elle-même, certes, et Lily n'était pas réputée pour déverser sa colère contre ceux qui ne l'avaient pas méritée. Cela dit, étant donné qu'elle avait besoin de l'évacuer, il valait mieux éviter de la contrarier. Sinon, elle risquait de crier un long moment, et de leur faire amèrement regretter de l'avoir ne serait-ce qu'un peu dérangée.

Ainsi, les six joueurs décidèrent qu'il était plus prudent de se passer le Souafle, et de deviner par eux-mêmes ce qui n'allait pas lorsque la passe ratait. Et ils comprirent qu'ils faisaient bien lorsqu'ils virent que Lily hochait la tête à chaque fois qu'elle entendait leurs remarques.

S'ils avaient su que ce ne serait pas suffisant pour calmer Lily de la semaine éprouvante qui l'attendait, ils auraient fait en sorte de lui faire encore plus plaisir durant cette séance d'entraînement, ainsi qu'au cours des suivantes.

Malheureusement, la divination est une science nébuleuse, et bien malin aurait été celui capable de deviner que Lily allait être aussi dangereuse qu'un hippogriffe à qui on aurait manqué de respect.

Lily se passa la main dans les cheveux, rencontrant automatiquement des nœuds, et retenant difficilement un soupir.

- Tu te coiffes, des fois ? s'étonna son interlocuteur.

Sortant sa main de ses cheveux, Lily lança un regard noir à Albus Potter, son frère. Il était celui qui ressemblait le plus à leur père, avec ses cheveux indomptables, ses yeux vert émeraude et son air un peu maladroit. La différence avec Harry Potter, c'est qu'Albus était tout sauf maladroit. Son air n'était que ça. Un air. Sinon, il était bien plus assuré que son père. Il savait ce qu'il valait, et n'avait jamais ressenti le besoin de faire preuve de modestie.

- Tu as fait quoi, exactement ? murmura Lily en serrant les dents.

Elle était vraiment contente de pouvoir à nouveau parler, même si elle aurait préféré éviter les leçons de morale d'Hannah. Dix minutes à l'écouter déblatérer sur les dangers de sortir sans écharpe lorsque les premiers froids s'abattaient sur le pays avaient suffi à Lily pour se faire la promesse de rester aussi loin que possible de l'infirmerie pour les prochaines semaines. En attendant, maintenant qu'elle était soignée, elle pouvait discuter avec Albus.

Le plus jeune de ses frères était chez James, le plus âgé des enfants Potter, et en tombant sur le miroir à Double Sens qui permettait à Lily et à James de communiquer lorsqu'elle était à Poudlard, il l'avait emprunté pour annoncer à Lily qu'il avait agi d'une façon qui allait peut-être énerver sa sœur. À la réflexion, il s'était dit que Lily serait même totalement en colère. Et il avait eu raison de penser ainsi.

- Hein ? murmura Albus qui s'était retourné pour parler à James. Ah oui, ce que j'ai fait… Bon, je ne l'ai pas fait exprès, déjà, je trouve que c'est très important de le souligner.

- Ce qui veut dire que tu l'as fait exprès, siffla Lily.

- Euh…

Elle fut contente de voir qu'Albus paraissait confus, même si elle savait que ce n'était pas grand-chose. Tandis que son frère gardait le silence, Lily s'impatienta. Sur le lit à sa droite, Meredith lui lança un regard inquiet, comme se demandant si elle ne ferait pas mieux de fuir la zone de combat. Apparemment, un simple coup d'œil à Lily lui confirma que la fuite était encore la meilleure option envisageable, même en étant une Gryffondor courageuse. Elle referma son livre, et se glissa prestement en dehors du dortoir des filles de sixième année de Gryffondor, suivie peu de temps après par les deux autres filles partageant le dortoir, qui semblaient penser comme Meredith.

- Bon, le truc, c'est que je pensais pas qu'on mettrait autant de temps à la retrouver. Mais elle va bien ! assura-t-il. Regarde comme elle va bien.

Tirant de derrière lui une boule de poils, il montra à sa sœur son fléreur. Ou, du moins, Lily devina qu'il s'agissait de Didi. Elle n'avait jamais vu son fléreur dans un aussi piteux état, même cette fois où l'animal s'était enfui de la maison et avait vécu en liberté totale durant deux semaines. L'animal avait le pelage roussi, plaqué sur son corps, et à plusieurs endroits, il lui manquait des touffes de poils. Une de ses oreilles saignait, et l'animal ne semblait pas en confiance dans les bras d'Albus, se débattant et feulant. Le frère de Lily, pour autant, ne semblait pas perturbé par ce comportement. Après tout, il avait l'habitude de voir le fléreur de Lily lui en vouloir d'exister.

- Al…, gronda Lily.

- Oui, bon ! Je t'explique, murmura son frère. En fait, c'est que, maman partait au travail, et, tu vois, quand les flammes sont devenues vertes, je me suis demandé ce que ça ferait si je lançais Didi dans la cheminée… J'ai jamais entendu parler d'un fléreur prenant la Poudre de Cheminette, je voulais voir ce que ça faisait.

Lily se retint à grande peine de lui faire remarquer que si on n'entendait pas parler de fléreurs prenant la Poudre de Cheminette, c'était certainement parce que ce moyen de transport n'était pas fait pour eux. Elle fronça les sourcils, essayant de ne pas paraître trop énervée, ce qui ne dut pas réussir puisqu'Albus adopta une expression soucieuse et se dépêcha de reprendre son récit.

- Du coup, j'ai lancé Didi dans la cheminée. Et, euh… On vient juste de la retrouver, avoua-t-il. Mais ça va. Elle est juste un peu sonnée. Rien de grave.

James apparut alors dans le champ de vision, et tout à coup, Didi quitta les bras d'Albus pour sauter dans ceux de James.

- Pauvre bête, soupira James en caressant Didi. J'ai pris de quoi la soigner. Heureusement que Mélina l'a reconnue, sinon, elle aurait pu errer encore un long moment sur le Chemin de Traverse...

Lily frissonna. Elle n'aurait jamais dû accepter la chouette de ses frères, elle aurait dû insister pour emmener Didi avec elle.

- Al, je tiens à te rappeler que c'est de la maltraitance envers un être magique, ajouta James en appliquant un baume sur l'oreille du fléreur, qui était bien plus content maintenant qu'il était dans les bras du grand frère.

Albus rougit.

- Je sais, marmonna-t-il. Je ne pensais pas que ça irait aussi loin. Je pensais vraiment qu'elle allait arriver dans le bureau de maman.

- Et comment elle aurait fait ça, alors qu'elle ne sait pas parler ? souffla Lily, dont la nervosité montait de plus en plus.

- Euh…

- Euh ?! explosa finalement Lily. Euh ?! C'est tout ce que tu as à me dire ?! Albus, que tu ne supportes pas mon fléreur passe encore, mais que tu la maltraites, c'est n'importe quoi ! Tu réalises ce que tu as fait ? Pauvre bête…, marmonna Lily. Et pourquoi est-ce que tu as fait ça ? Juste pour une expérience stupide ? La prochaine fois, fais des expériences avec tes fichus chaudrons, et laisse Didi tranquille ! Nom d'un vampire, tu ne réfléchis jamais avant d'agir ? C'est comme avec Faith, évidemment, grogna Lily.

- Eh ! réagit enfin Albus. Je t'interdis de parler de Faith et moi. T'as pas de copain, tu n'as pas à juger.

- Et ne te trouve pas de copain ! enchaîna James.

Il était sorti du champ de vision de Lily, mais de toute évidence, il était encore dans la pièce, puisqu'il les entendait. Cela dit, ce n'était pas la distance qui gênait réellement les frères et sœur Potter pour discuter. Il était connu de toute leur famille que les Potter, parents compris, pouvaient se parler en toute circonstance. La distance et le bruit environnant ne les dérangeaient pas, pas plus que suivre plusieurs conversations à la fois.

- Et pourquoi pas ? s'étonna Lily.

- Parce qu'on ne veut pas, rétorqua Albus. Je ne pourrais pas vous surveiller, ajouta-t-il. Et ensuite, parce qu'il y a déjà bien assez de problèmes de relations amoureuses dans cette famille.

Si Lily avait des choses à redire sur ce que ses frères pouvaient vouloir ou non concernant sa vie amoureuse, elle ne pouvait en revanche nier le fait que toute la ribambelle de cousins ne connaissait que peu de repos dans ses histoires. Entre James dont la petite amie était décédée et qui n'arrivait pas à passer au-dessus de cette fin brutale, Albus qui passait son temps à se disputer, se séparer et se remettre avec Faith Gomenez, la fille qu'il fréquentait depuis sa cinquième année à Poudlard, Fred qui était sorti avec une Poufsouffle à Poudlard, Bethany Jones, qui avait rompu avec elle mais qui lui disait être prêt à revenir avec elle chaque fois qu'elle lui posait la question, Rose qui avait rompu avec Scorpius Malefoy le temps que son père se calme et qui le regrettait amèrement, Molly qui était trop sérieuse pour les garçons qu'elle fréquentait, Dominique qui n'était jamais sûre de si elle préférait les filles ou les garçons, Roxanne qui ne trouvait aucun garçon capable de suivre sa folie perpétuelle, Victoire qui était fiancée à Teddy Lupin mais qui repoussait autant que possible la date du mariage, Louis qui faisait tourner les têtes de toutes les filles, Hugo qui ne se préoccupait d'aucune au risque d'être parfois un peu méchant en les repoussant, Lucy qui ne voulait pas de quelqu'un qui puisse entraver sa carrière, entre tout cet enchevêtrement de relations, les cousins de cette grande famille ne pouvaient pas prétendre avoir des histoires calmes et simples.

Mais au moins, lorsqu'ils se retrouvaient, ils avaient toujours plein d'anecdotes à partager. C'était un avantage indéniable.

Lily soupira, en se disant que finalement, James et Albus avaient raison, et qu'elle ferait mieux de rester seule.

- Je n'oublie pas ce que tu as fait à mon fléreur, reprit Lily. Mais en parlant de toutes ces histoires compliquées… Quoi de neuf, du côté de Rose et de Scorpius ?

- Euh…, murmura Albus en se frottant la nuque. Bah, en fait, euh… Elle va déménager.

- Pardon ? s'exclama Lily.

Rose était la cousine qui était certainement la plus proche de ses parents, et Lily, comme bon nombre de leurs cousins, avait toujours cru qu'elle serait celle qui vivrait le plus longtemps chez eux.

- Je crois que l'ambiance est vraiment difficile, avec oncle Ron, avoua Albus. Elle ne veut pas rester, c'est trop difficile pour elle, elle n'arrive plus à respirer. Elle ne fuit pas la maison, mais disons qu'elle prend ses distances. Hugo ne t'en a pas parlé ?

Lily secoua la tête.

- Bon, en même temps, elle vient juste de se décider. Mais elle a déjà trouvé un appartement, on va l'aider ce week-end, avec James. Victoire viendra peut-être, elle n'est pas sûre, elle a beaucoup de travail. Enfin, bref. Ouais, donc tu vois, ça ne va pas super.

Lily grimaça. Effectivement, pour que Rose prenne la décision de quitter la maison familiale alors que tous pensaient qu'elle serait la dernière à s'en aller, c'est qu'elle devait réellement se sentir mal aux côtés de son père.

- Et oncle Ron, comment est-ce qu'il prend la nouvelle ?

- Plutôt bien, avoua Albus. En tout cas, il donne l'impression de bien la prendre. Ah, tiens, tu ne m'en veux plus, toi ? s'étonna le garçon alors que le fléreur sautait sur la table, se mettant entre le miroir et Albus.

Le fléreur miaula et, sans prévenir, décocha un coup de griffe sur la main d'Albus.

- Sale bête ! rugit le frère de Lily en arrachant sa main aux prises de l'animal. Sale monstre ! Je vais t'arracher les poils, tu vas voir ! commença-t-il en se levant.

- Al ! s'exclama Lily.

- C'est une affaire entre ta bestiole et moi, Lily, reste en dehors de ça !

- Si tu lui fais du mal, et je le saurai, je te jure de te le faire payer !

- On en reparlera. Moi, je pars me venger.

Lily poussa un grognement de frustration, avant de voir apparaître James dans le miroir.

- Ne t'inquiète pas, je vais le retenir, lui dit tranquillement James.

La dernière chose que vit Lily fut le sourire un peu triste de James, et l'absence de vie dans ses yeux. Et puis, la communication fut rompue. La jeune fille pencha la tête en avant, et grimaça en réalisant à quel point elle était tendue. Il fallait vraiment qu'elle trouve une solution à ses muscles noués, avant que ça ne soit trop grave.

Il fallait surtout qu'elle arrête de s'énerver. Ça pourrait beaucoup aider.

Dans la salle de travail, tous les élèves essayaient de se concentrer. Pour certains, c'était plus facile que d'autres. Et pour Lily, c'était particulièrement difficile. Depuis la veille, elle avait froid. Elle ne savait pas pourquoi, mais elle avait toujours froid. Même avec trois couches de vêtements et en étant proche d'une source de chaleur, comme c'était le cas en ce moment même. Elle avait froid, elle était frigorifiée, et Meredith l'écoutait se plaindre à coup de soupirs et de frissonnements. Sa meilleure amie savait qu'il n'était pas utile de dire à Lily que si elle était sur le point de tomber malade (car c'était ce qui se passait, même si Lily refusait encore de l'admettre), c'était parce qu'elle passait beaucoup de temps dehors sans être adéquatement protégée. Oh, non, ça ne servait à rien. Matt le savait aussi, et il se retenait simplement de rire.

Mais d'autres ne le savaient pas. Sean, par exemple, mais il ne dirait rien tant que Meredith ne dirait rien. Basile, en revanche, trouvait très important que Lily sache ce qu'il pensait de son coup de froid. Grand mal lui fasse.

Il ferma son livre de cours, posa le point final à sa dissertation, puis tapota sur le parchemin de Lily pour qu'elle réalise qu'il essayait de lui parler. La jeune fille leva la tête, surprise. Basile sourit gentiment, pensant certainement que son discours allait aider Lily à comprendre ce qu'il voulait lui dire.

- Je sais que le Quidditch c'est important, mais je crois que tu passes trop de temps sur le terrain. Et tu es en train de t'user la santé.

Plusieurs personnes arrêtèrent de travailler, dans la pièce, notamment les joueurs de Quidditch de Gryffondor, et les amis de Lily.

- Je sais que tu n'es pas joueur de Quidditch, alors je vais faire comme si je n'avais pas entendu cette remarque, dit amèrement Lily.

Personne n'aurait cru que quelqu'un était assez téméraire pour oser faire une réflexion de ce type à Lily.

Pas du tout effarouché par cette réponse cinglante à son entrée en matières, Basile haussa les épaules.

- Tu devrais supprimer un entraînement.

- Je crois que je fais encore ce que je veux avec mon équipe, siffla Lily. Je suis capitaine, et je suis celle qui décide des horaires des entraînements, et de leur fréquence.

- Tu es en train de tomber malade.

- Tu es en train de parler de quelque chose que tu ne connais pas, enchaîna Lily.

- Tu devrais ralentir le rythme.

- Tu devrais te mettre à ton devoir de Soins aux Créatures Magiques, tu as eu une mauvaise note la dernière fois, ajouta Lily en essayant de rester calme.

Mais ceux qui la connaissaient bien voyaient qu'une veine de son cou ressortait plus que d'habitude. Basile, de toute évidence, ne la connaissait pas assez pour s'en rendre compte, et il poursuivit sur sa lancée, sans réaliser que Lily ne l'écoutait plus, et qu'elle essayait de faire abstraction des diverses recommandations de Basile. Jusqu'à ce qu'elle réalise que plusieurs autres élèves de la pièce espéraient qu'elle allait bientôt faire taire le jeune homme.

- Et tu devrais te coucher plus tôt, et comme ça, tu…

- Et toi, Basile, tu devrais vraiment te taire, souffla Lily, sans songer à rester discrète.

Elle rougit en comprenant qu'elle avait parlé un peu trop fort, et que plusieurs élèves se mirent à rire, notamment Liz Vanberg, une poursuiveuse de l'équipe de Serdaigle.

Lily aurait voulu que la discussion s'achève là mais, évidemment, avec un Gryffondor en face de soi, la discussion ne pouvait pas s'arrêter aussi facilement. Si Basile était de toute évidence vexé, ce que personne ne pouvait nier, il n'avait pas pour autant terminé de discuter avec Lily.

- Je sais que ça ne doit pas être agréable, mais… il faut bien que quelqu'un te dise que tu n'agis pas de façon sensée.

- Basile, je t'apprécie, d'accord ? Donc je vais rester calme en te disant cela, et tu dois bien comprendre que j'aurais dit ça à n'importe qui d'autre. J'ai deux grands frères, et au risque de te décevoir, non, je ne vais pas te dire qu'ils ont déjà fait ces discours moralisateurs. Au contraire, ils ont tout fait pour me pousser à me dépasser, et ça a eu pour conséquences de me faire perdre la raison de la prudence, ce genre de choses. Alors tu vois, j'ai pour habitude d'écouter mes grands frères. Et quand ils me disent que je fais bien de m'investir à fond dans ce que j'aime, je le fais. Alors oui, je suis un peu fatiguée, mais non, je ne vais pas écouter tes conseils, parce que comme je te l'ai déjà dit, il s'agit de mon équipe de Quidditch, donc je planifie les entraînements comme je veux et comme je peux, et puis c'est tout. Compris ?

Basile parut sur le point de répondre quelque chose à cela, mais Matt lui frappa gentiment le mollet pour lui faire comprendre qu'il était temps pour lui d'arrêter de parler. Alors, bien que cela parût lui être difficile, il se retint de parler, et hocha lentement la tête.

- Ravie de voir qu'on se comprend, dit tranquillement Lily.

Elle reposa sa plume, et jeta un rapide coup d'œil à son devoir qu'elle venait de terminer. Elle avait l'habitude de travailler avec du bruit ambiant, à cause de sa famille, aussi n'avait-elle pas peur d'avoir écrit de grossières erreurs dans sa rédaction, même si elle l'avait terminée alors qu'elle parlait et écoutait Basile. Elle savait qu'elle était trop habituée à ces conditions de travail pour réellement se tromper.

- Je vais me promener un peu. Quelqu'un d'intéressé ? demanda Lily.

Ses camarades secouèrent la tête, et Basile rouvrit son livre, même si Lily avait cru, durant un bref instant, qu'il allait se joindre à elle. Mais, apparemment, il avait changé d'avis, et restait assis bien sagement.

- On se retrouve plus tard, dit Lily en sortant de la salle de travail.

Elle se demanda quelques secondes ce qu'elle pourrait bien faire. Les Poufsouffle avaient réservé le terrain, et elle ne pensait pas que voler était une bonne idée, vu le froid qui la rongeait depuis la veille. Le mieux à faire était d'aller boire une boisson bien chaude. Elle pourrait aller aux cuisines et demander un café latte. Ou elle pourrait aller voir Hagrid, et partager une boisson avec lui. Le garde-chasse avait toutes les boissons possibles et imaginables dans sa cabane, et toujours du temps à passer avec les enfants Potter.

Lily prit donc le chemin du parc de l'école, avant de réaliser qu'une personne était en train de la rattraper. Se retournant, elle vit que la personne qui la cherchait n'était nulle autre que Liz Vanberg.

- Eh, Potter l'Éclair ! s'exclama Liz en employant le surnom complet de l'attrapeuse. Dis, je voulais te demander quelque chose.

Lily regarda par la fenêtre où en était le soleil dans sa course quotidienne. La journée n'était pas encore terminée, et elle ne pensait pas que la discussion avec Liz prendrait beaucoup de temps, elle aurait donc tout le temps de rejoindre Hagrid une fois qu'elles auraient parlé.

- En quoi est-ce que je peux t'aider ? demander Lily.

- C'est à propos de Basile Martell.

Les sourcils de Lily s'élevèrent haut sur son front. De tous les sujets de discussion qu'elle pouvait avoir avec la poursuiveuse, Basile Martell était le dernier auquel elle s'attendait.

- Basile Martell, répéta-t-elle lentement.

- Exactement.

Lily avait donc bien entendu, et elle ne voyait vraiment pas pourquoi cette discussion prenait cette tournure, et ça commençait à l'agacer.

- Bien. Et quel est le problème, avec Basile ?

- Euh…

Liz rougit presque exagérément, et se racla la gorge plusieurs fois. Lily croisa les bras sur sa poitrine, et avisant que Liz ne se détendait pas, elle devina aisément que quels que soient les prochains mots que prononcerait la poursuiveuse, ils ne seraient certainement pas vrais, et Lily serait stupide de les croire.

- J'ai une amie qui s'intéresse à lui, et elle voulait savoir s'il était intéressé par quelqu'un, bafouilla Liz.

Sans même avoir remarqué que Liz s'apprêtait à lui mentir, Lily aurait su qu'il s'agissait d'un mensonge. Liz traînait avec deux filles de Serdaigle, et les deux avaient un petit ami jusqu'il y a peu. L'une aurait rompu la veille, selon les sources de Lily, mais même si c'était bien le cas, elle n'aurait jamais été en état de s'intéresser à Basile alors qu'elle venait de rompre.

Liz dut comprendre que son mensonge ne tenait pas la route, parce qu'elle parut encore plus confuse. Elle regarda Lily, sa gêne augmentant au fur et à mesure que Lily laissait le silence peser entre elles deux, jusqu'à décider qu'il était temps d'arrêter la torture.

- Je ne sais pas. Je ne suis pas assez proche de Basile pour lui demander ça, et pour discuter de ces détails. Si la question t'intéresse vraiment, tu peux en discuter avec ses amis les plus proches, mais pas avec moi.

Liz hocha la tête, les joues toujours rouges.

- Et pendant qu'on y est… Ce n'est pas de ta faute, mais cette semaine, je ne sais pas ce qui se passe, mais rien ne va. J'ai eu une extinction de voix, je me suis pris la tête avec l'un de mes frères, je suis en train de tomber malade et Basile a décidé de se comporter comme l'ami dont je ne peux pas me passer, même si je n'en ai pas conscience. Alors, quand ensuite je quitte la salle de travail, ce n'est pas pour que quelqu'un vienne me demander des informations sur la vie personnelle de l'un de mes amis. Donc si jamais la question t'intéresse à nouveau, débrouille-toi pour me laisser en-dehors de cela. C'est compris ?

- Euh… Ouais, marmonna Liz. Je suis désolée pour ça. Je… je vais y aller, ajouta-t-elle rapidement.

Lily hocha la tête, avant de la secouer en voyant la Serdaigle de son année qui s'éloignait. Elle avait prévu d'aller voir Hagrid, alors, elle allait y aller. Dès maintenant. Au moins, Hagrid ne l'ennuierait pas avec des questions de santé, de vie privée ou d'autres âneries de ce genre.

Lily se pinça le nez, espérant vainement que cela l'empêcherait de couler. Malheureusement, ce geste n'était pas discret, et Sean, à sa gauche, ainsi que l'élève de Poufsouffle à sa droite, Felicity Davies, lui jetèrent un regard surpris. Elle s'excusa d'un regard, et soupira en relâchant la pression sur son nez. Elle renifla violemment, pour essayer de déboucher ses narines. Rien n'y faisait, et elle se résigna à être la seule à ne pas sentir les différentes effluves présentes dans le cachot.

- Tu ne sens rien ? s'étonna finalement Sean.

Lily voulut lui demander ce à quoi il faisait allusion, mais avant qu'il ne puisse parler, leur professeure entra dans le cachot, et le silence se fit aussitôt.

- Bien ! Vous aurez certainement remarqué que des odeurs plutôt entêtantes se bousculent dans le cachot. Sachez qu'aucun d'entre vous ne sent la même chose.

La professeure Misenpot traversa la salle de classe, et se positionna derrière son bureau, avant de désigner le chaudron posé sur celui-ci.

- Je vous présente l'Amortentia. C'est une potion qui…

Alors que la professeure Misenpot avait depuis des années commencé ce cours avec un petit effet de mise en scène, afin d'intriguer les élèves qui, généralement, se redressaient en entendant le nom de cette potion, alors qu'elle avait l'habitude de voir les élèves se captiver immédiatement, pour une fois, pour la première fois depuis qu'elle avait accepté de dispenser cet enseignement, elle dut accepter l'idée que cette année, son effet de mise en scène serait gâché par une élève. Lily Luna Potter, qui se distinguait généralement des autres élèves par ses réponses toujours justes aux questions posées, éternua. Sans prévenir. Sans aucune discrétion. Et pas qu'une seule fois. Une minute plus tard, lorsque sa crise d'éternuements fut enfin calmée, elle constata que l'ensemble de la classe l'observait. Et que Misenpot n'avait pas prévu d'accepter une élève enrhumée dans son cours.

- Miss Potter, si vous trouvez que l'infirmerie n'est pas pour vous, c'est votre choix. En revanche, je refuse que vous perturbiez mon cours avec vos reniflements, éternuements et gênes occasionnelles.

- Mais…, commença Lily.

- Aussi, reprit la professeure Misenpot en élevant la voix, étant donné que ce cours nécessite un odorat certain et dont vous semblez dépourvue aujourd'hui, je vais vous demander de quitter mon cours, et de ne pas revenir. J'espère aussi que vous serez en état de suivre le prochain. Et pour cela, rien de mieux qu'un séjour à l'infirmerie. À présent, je vous demande de sortir.

- Mais, professeur, si je rate ce cours, je vais…

- Devoir travailler plus pour retrouver le niveau de vos camarades, et faire plus de recherches qu'eux pour rendre un devoir convenable, oui. Peut-être que vous y réfléchirez à deux fois avant de refuser de passer par l'infirmerie pour vous faire soigner. Maintenant, si vous voulez bien…

La sorcière tendit la main vers la porte, indiquant ainsi à Lily la sortie. La jeune fille se tourna vers son camarade de Gryffondor, qui grimaça. Apparemment, il n'allait pas pouvoir lui être d'aucune aide en tant que Préfet. Lily devait sortir de classe, et sans discuter.

Rassemblant ses affaires et refusant de montrer qu'elle était en colère à cause de cette décision, la jeune fille obéit sans discuter. Si elle trouvait la réaction injuste, elle n'avait cependant aucune envie d'écoper d'une retenue pour avoir osé répondre à son professeur. Pour autant, après avoir traversé la salle de classe en sentant le regard de ses camarades sur son dos, elle fit bien entendre son mécontentement en claquant violemment la porte derrière elle. Ça ne l'avançait à rien, mais ça lui faisait du bien.

Ça ne l'empêchait cependant pas d'éternuer, réalisa-t-elle lorsqu'elle fut prise d'une nouvelle crise d'éternuements en arrivant dans les ailes plus en hauteur du château. Elle regarda autour d'elle. Les couloirs étaient déserts, tous les élèves étaient en cours, ou en salle de travail. Se disant qu'il n'était jamais trop tôt pour se mettre à travailler, et comme elle aurait du travail à rattraper en Potions, elle ferait bien de se trouver une place en salle d'études, où se trouvaient certains de ses amis.

Éternuant à de nombreuses reprises sur le chemin la menant à sa destination, elle dédaigna les différents conseils des portraits qu'elle croisait, et qui insistaient pour partager leur diagnostic. Ils étaient tous différents, et tous pensaient avoir la bonne réponse, le bon remède. Aussi, ce fut un soulagement pour elle d'arriver enfin devant la porte d'où s'échappaient des conversations.

Elle tenta d'entrer discrètement. Elle baissa la tête, adopta un pas normal, nonchalant. Mais rien n'y fit. Ses amis étaient facilement déconcentrés, et ils avaient tous levé la tête en entendant une personne entrer dans la pièce. Et lorsqu'un nouvel éternuement la prit par surprise, et qu'elle n'eut pas le temps de le dissimuler du mieux qu'elle le pouvait, le reste de la salle de travail leva la tête. Heureusement, comme il s'agissait de la première heure de la journée, il n'y avait pas grand-monde. Mais, tout de même, il y avait plus de personnes que Lily ne le souhaitait.

- Bah, alors, Potter, tu es malade ? se moqua une élève de Serpentard.

Refusant de répondre, Lily essaya de ne pas rougir, et se dirigea vers la table de ses amis, qui l'attendaient en souriant.

- Tu éternues ? s'étonna faussement Meredith lorsque Lily s'installa.

- Le premier qui fait une réflexion concernant le fait qu'on m'avait prévenue et que j'allais tomber malade, je lui lance un sortilège de Chatouilles, grogna Lily.

- Et ils sont puissants, murmura Matt, qui gardait un souvenir plutôt désagréable d'une soirée qu'il avait passée à rire après s'être moqué de la mauvaise humeur de Lily.

- Et pourquoi tu n'es pas en cours ? s'enquit Basile.

- Parce que Misenpot m'a virée. Apparemment, je gênais le cours avec mes éternuements incessants, et de toute façon, je n'aurais pas pu suivre son cours parce que j'ai le nez bouché et qu'on travaille sur l'Amortentia. Voilà. C'est tout. Et je vais devoir travailler deux fois plus, parce que je n'ai pas les cours sur l'Amortentia, donc je vais devoir chercher toutes les informations toute seule.

L'idée d'avoir du travail en plus n'enchantait vraiment pas Lily. Elle aurait encore moins de temps pour elle, et aucunement le temps de profiter de son temps libre. Désespérée, elle se résigna à devoir se mettre immédiatement au travail, si elle ne voulait pas se coucher à plus de deux heures du matin.

- J'ai mes cours de l'année dernière, si tu veux.

Lily se retourna brusquement, en éternuant. Des élèves de Serdaigle étaient derrière la table où étaient installés les Gryffondor, dont Jason, en septième année.

- T'es sérieux ? s'exclama-t-elle.

- Concernant le fait que j'aie encore mes cours de l'année dernière ? Ouais, confirma-t-il. Bon, je ne dirais pas que ce cours était le plus passionnant pour moi, mais au moins, tu n'auras pas à faire toutes les recherches. Tu auras déjà des informations. Je te donnerai ça dans la semaine, si tu veux, continua-t-il en haussant les épaules, comme si cela n'avait aucune importance.

- Merlin, je ne sais pas comment te remercier ! soupira Lily.

La réflexion en fit rire plus d'un.

- Et on remarquera qu'elle dit ça à un type qu'elle connaît depuis à peine six ans, alors que nous, ses cousins, elle ne nous demande même pas de l'aide ! s'exclama Louis, à quelques places de là, riant aux éclats.

Jason et Lily rougirent dans un même ensemble, mais Lily se rattrapa rapidement.

- C'est parce que toi et Hugo, vous écrivez mal, je n'arrive pas à vous lire.

- Et Jay écrit bien ? plaisanta Hugo.

- Mieux que vous, ce qui n'est pas bien difficile, grommela Lily.

Elle éternua une nouvelle fois. Et encore.

- J'en ai marre ! s'exclama-t-elle. Marre, marre, marre et marre…

Son agacement fit rire toute la salle, l'énervant encore plus.

- Vous savez quoi ? rit Meredith en se levant. Je vais l'emmener à l'infirmerie, et la forcer à prendre un remède… Il faut qu'elle soit d'attaque pour son prochain entraînement. Je la ramène en forme, c'est promis, plaisanta-t-elle. Lily, viens, je crois que tu ne peux plus échapper à Abbott…

Sachant par avance que Meredith n'allait pas lui laisser le choix, Lily soupira. Elle n'avait même pas eu le temps de sortir toutes les affaires de son sac, mais tant pis. Elle le remit sur son épaule, et suivit son amie, éternuant de plus en plus.

- Oui, tu en es à un stade critique, se moqua la Gryffondor qui la devançait. Tu as accepté de me suivre sans protester, tu as accepté les notes d'un autre élève pour moins travailler… Il est vraiment temps qu'Abbott te donne un remède, continua Meredith en poussant la porte de l'infirmerie.

- Des élèves aussi tôt ? s'étonna la maîtresse des lieux en sortant de son bureau après avoir entendu la porte s'ouvrir.

Aussitôt, comme pour lui donner la réponse à son interrogation, Lily éternua violemment.

- Premier refroidissement de l'année, devina Hannah Abbott en levant les yeux au ciel. Installe-toi, Lily. On va soigner tout ça. Vous avez bien fait de me l'amener, miss Events. Pour le moment, il n'y a pas encore foule…

Meredith hocha la tête, et força Lily à s'asseoir en lui lançant un regard sévère, que la capitaine des Gryffondor comprit sans peine. Elle avait tout intérêt à ne pas bouger de ce lit avant que l'infirmière lui ait donné un remède. Lily soupira et renvoya son regard à Meredith, mais son amie n'allait pas céder. Et, de toute façon, Hannah revenait déjà de sa réserve, une dose de remède pour sa patiente.

- Bois sans réfléchir à l'affreux goût ! s'exclama joyeusement l'infirmière, retenant un rire en voyant Lily grimacer.

Lily connaissait Hannah depuis toujours, ou presque. Pour cela, lorsque la pièce était presque vide, l'infirmière se permettait d'être familière avec elle, en la tutoyant et en l'appelant par son prénom. En revanche, si jamais il y avait d'autres personnes dans la pièce, autres que Meredith, qui connaissait les différentes relations entre les membres du personnel de Poudlard et Lily, Hannah redevenait l'infirmière et la professionnelle, et ne se permettait aucune familiarité.

Lily se décida enfin à boire la potion, après s'être demandée un long moment quel horrible goût elle allait déguster. Elle ne fut pas déçue. C'était aussi affreux que de manger sept Dragées Surprises aux pires goûts en même temps. Lily savait de quoi elle parlait, elle l'avait déjà fait.

- Beurk.

Si le goût était affreux, Lily ne pouvait nier l'efficacité de la potion. Déjà, son organisme, gelé depuis plusieurs jours, se réchauffait.

- Je ne te le fais pas dire ! Autre chose ? s'enquit l'infirmière.

- Ça ira, soupira Lily. Merci Hannah. Même si ça me fait mal de l'admettre, ce passage à l'infirmerie m'aura fait du bien…

- Tu es bien la fille de ton père, soupira l'infirmière en levant les yeux au ciel. Il préférait ne pas venir par ici s'il pouvait l'éviter, malheureusement, il faisait tout pour se retrouver à l'infirmerie ! À croire qu'il en pinçait en réalité pour Pomfresh… Ne lui dis jamais que je t'ai dit ça, enchaîna Hannah.

Lily hocha la tête en se retenant de rire, puis se leva de son lit. Personne n'aimait passer trop de temps à l'infirmerie.

- Merci encore. On se revoit dans… longtemps ! espéra Lily. Oh ! En fait, non, s'arrêta-t-elle. Est-ce que tu as quelque chose contre les épaules tendues, nouées, et ce genre de choses ?

- Tu veux dire, à part un bon massage ?

- Oui, à part ça.

- J'ai quelque chose, en convint Hannah. Mais c'est un remède qu'il faut prendre doucement, d'accord ?

- Comment ça ?

- C'est une goutte tous les trois jours, dans le pire des cas. Rien de plus. Le mieux, ça reste une goutte par semaine, reconnut Hannah. Et n'essaie pas de dépasser la prescription. Tu seras alors tellement détendue musculairement que tu n'arriverais même pas à bander tes muscles pour lever le petit doigt.

Lily hocha la tête, un doux sourire naissant sur ses lèvres. Les recommandations d'Hannah ne pouvaient dire qu'une chose.

- Est-ce que ça veut dire que tu vas me donner un remède ?

Hannah Abbott soupira, comme n'ayant pas envie de lui confirmer ce dont elle se doutait.

- Je crois bien que oui. Mais je compte sur vous, miss Events, pour vous assurer qu'elle n'en prenne pas plus que nécessaire.

- Bien sûr, assura Meredith.

- De toute façon, je ne vais pas dépasser la dose prescrite, ou je ne pourrais plus monter sur mon balai ensuite, murmura Lily, arrachant un faible rire aux deux autres personnes présentes dans la pièce.

Hannah Abbott leva les yeux au ciel, avant de demander à Lily de patienter quelques secondes, le temps qu'elle aille chercher la potion pour sa patiente.

- Tu ne m'avais pas dit que ça te gênait à ce point, lui fit remarquer Meredith. J'aurais cru que tu me dirais si jamais ton cou te faisait trop souffrir.

- J'ai oublié, avoua Lily. Et puis, j'ai tout le temps mal, alors je ne m'en plains plus, avoua la rousse.

Meredith hocha la tête, mais ne dit rien. L'infirmière revenait déjà.

- Voilà pour toi ! lui dit Hannah en lui tendant la fiole. Et si jamais ça ne va pas mieux, pense à te relaxer, surtout. Je sais que dans ta famille, vous n'en avez pas l'habitude, mais tout de même… La relaxation, ça fait du bien, de temps à autre ! assura Hannah.

- Promis, j'essaierai… Au revoir, Hannah !

Reprenant le chemin de la sortie avec son amie, Lily glissa la fiole dans la poche de sa cape, et referma la porte de l'infirmerie.

- Comment tu te sens ? demanda Meredith.

- Déjà beaucoup mieux, soupira Lily.

C'était la stricte vérité. Son nez se débouchait, à présent que son corps se réchauffait. En même pas dix minutes, elle allait bien mieux, et avait les idées plus claires, ce qu'elle dit à Meredith.

- Tant mieux. Comme ça, tu vas arrêter d'être en colère pour rien. Tu sais que tu as répondu un peu méchamment à Basile chaque fois qu'il te parlait cette semaine ? lui fit remarquer Meredith.

Lily perdit toutes les couleurs de son visage, totalement horrifiée.

- C'est vrai ?

- Vrai de vrai. Le pauvre, il passe de plus en plus de temps avec nous, et il ne doit pas se sentir très apprécié, vu ta façon de lui parler.

- Oh, Merlin, souffla Lily. Je vais me faire pardonner, promis ! Le pauvre…

- Je crois qu'il s'en est plutôt bien remis, avoua Meredith. Mais c'est vrai que si tu pouvais faire un petit effort les prochains jours…

- Promis ! dit Lily. Je commence dès aujourd'hui. Je déteste me montrer méchante avec ceux qui ne le méritent pas…, grimaça-t-elle.

Meredith secoua la tête, amusée. Évidemment, que Lily n'aimait pas ça. Lily détestait les conflits. Et Meredith savait très bien que son amie allait tout faire pour être pardonnée par Basile, et qu'il ne lui en tienne pas rigueur. Jamais. Et puisque Basile passait de plus en plus de temps avec eux, il valait mieux qu'ils soient en bons termes.


Note d'auteur.

A bien y réfléchir, ce titre de chapitre est un peu (beaucoup) mensonger. Tant pis.

Alors, déjà, on remercie DelfineNotPadfoot pour ses corrections. Ensuite, merci à tous pour vos reviews. J'y réponds de plus en plus tardivement, et de façon assez expéditive. J'en suis désolée, mais entre les cours, la connexion internet qui bugue et le fait que j'ai très peu de temps pour moi (et oui, même le week-end !), je suis juste un peu dépassée par les événements. Sans oublier que j'ai beaucoup de paperasse à faire en dehors des cours. Bref, c'est le petit bonheur, et vous vous en moquez totalement, donc tant pis !

Titietrominet, c'est un véritable plaisir, pour moi, de lire ce que tu écris ici, sache-le :). Basile est ce qu'il est, il ne faut pas trop lui en vouloir à ce petit ^^ Et j'espère que ta drogue hebdomadaire de cette semaine t'aura convenue :)

Tiens, en y réfléchissant, j'ai un peu transposé mon caractère, dans ce chapitre ^^'. Je suis aussi exécrable que Lily quand je suis malade. Non, en fait, je le suis encore plus. Généralement, je dis aux autres de ne pas m'approcher, histoire de garder des relations cordiales, ah ah !

Allez, sur ces belles paroles, je vous dis à la semaine prochaine pour un nouveau chapitre !