Disclaimer : Harry Potter, qu'on ne devrait même plus présenter, appartient à J.K. Rowling. Et moi, à mes heures perdues, j'écris des fanfictions sur cet univers.


Premier match de la saison.

Ce qu'attendaient les élèves de Poudlard pour se détendre et profiter de leurs fins de semaines, ce n'était pas les sorties à Pré-au-Lard. Pré-au-Lard, c'était agréable, divertissant, mais ça n'avait rien à envier à ce que Poudlard pouvait proposer pour animer les week-end, et que tous les élèves espéraient avec bien plus d'impatience que n'importe quelle sortie dans un village totalement sorcier qui, en plus, n'était même pas aussi grand que Poudlard. Non, ce qu'ils attendaient tous, c'était assister aux matchs de Quidditch. Et comme il n'y en avait que six dans l'année, alors que les sorciers étaient capables de voir des matchs tous les jours sans s'en lasser, les élèves avaient de moins en moins de patience à mesure qu'approchaient les rencontres. Le premier match était bien entendu le plus attendu. Après tout, cela faisait quatre mois que les élèves n'en avaient plus vus, pour ceux qui n'avaient pas la chance de passer leur été à assister à des matchs de niveau professionnel, et c'était le cas pour beaucoup.

- J'aimerais tellement être sur le terrain, murmura Lily en regardant avec envie les équipes de Poufsouffle et de Serdaigle.

Les quatorze joueurs qui allaient s'affronter aujourd'hui prenaient leur petit-déjeuner dans le silence. Sans être à leurs tables, les deux autres maisons savaient qu'ils étaient tendus, et qu'ils espéraient certainement disparaître de la surface de la terre plutôt que d'être la cible de tous les regards. Le stress du match qui approchait les empêchait de manger correctement, et pour cela, Lily devait bien reconnaître qu'elle ne les enviait pas. Elle pouvait se nourrir sans que son estomac noué ne lui fasse regretter les bouchées qu'elle avalait. Mais pour le reste… l'adrénaline qui circulait dans ses veines avant un match était usante, mais avait aussi l'incroyable faculté de la faire se sentir pleinement vivante, et c'était pour cela qu'elle jalousait les équipes de Serdaigle et Poufsouffle, prêtes à jouer.

- Je croyais que tu préférais attendre avant de lancer ton équipe sur le terrain, s'étonna Basile.

Lily avait fait de grands efforts pour que le garçon ne lui reproche pas son comportement lunatique de la semaine précédente, et, apparemment, pour son plus grand plaisir, il ne lui en tenait pas rigueur. Cela valait mieux ainsi. Elle n'avait aucune envie de gérer une crise avec un de ses amis. Qui plus est, Basile se révélait être d'une compagnie étonnamment plaisante. Elle n'affirmerait pas qu'elle regrettait de n'avoir pas su ça plus tôt, et d'avoir passé cinq années sans vraiment lui parler, mais elle ne niait pas avoir passé des moments agréables avec lui seul, ces derniers jours. Il n'était pas toujours très diplomate, et avec son air gauche et timide, Lily se demandait toujours s'ils pouvaient réellement discuter de sujets sérieux. D'un autre côté, son manque évident d'assurance n'était pas aussi déplaisant que l'aurait cru la jeune fille. Elle aimait bien discuter avec la naïveté de Basile.

Un peu comme aujourd'hui. Il devait être le seul à ne pas comprendre les sentiments ambigus de Lily.

- Bien sûr que je préfère attendre, afin que la cohésion soit la meilleure possible. Mais pour autant, jouer pour un match me manque.

- Tu es déjà trois fois par semaine sur le terrain ! lui rappela Basile, sourcils froncés, en proie à une incompréhension totale.

- Quatre, corrigea Lily. Et c'est totalement différent.

Elle attira à elle une coupe de fruits, et se servant, elle tenta d'expliquer au garçon la différence majeure qu'il y avait.

- L'adrénaline avant un match est tellement vivifiante… Cela n'a rien à voir avec les entraînements. Il y a un enjeu, il y a les interrogations constantes… On n'est jamais certain de l'issue du match, et c'est cela qui est bien plus intéressant, bien plus amusant. Il y a le stress, il y a l'enjeu, il y a la victoire possible, le risque de la défaite…

Lily se tut. Elle se demanda un moment si Basile n'avait pas perdu le fil de la conversation, mais contrairement à ce à quoi elle s'attendait, le garçon l'écoutait avec attention, hochant la tête au fur et à mesure de ses explications.

- Mais donc, si tu préfères jouer les matchs, ce n'est pas trop difficile de simplement regarder un match ?

Lily haussa les épaules. C'était encore une subtilité qui échappait à son camarade, selon toute vraisemblance.

- Pas tant que ça, avoua-t-elle. Enfin, c'est sûr, on a toujours envie d'être sur le terrain, mais il y a tellement à voir et à analyser qu'on pourrait presque oublier notre envie de voler. J'insiste sur le presque, ajouta-t-elle alors que Basile lui lançait un regard entendu. Et puis, c'est aussi un avantage de ne pas ouvrir la saison. On a la possibilité d'observer deux équipes adverses, celles qui seront nos prochains adversaires. Ce qui veut dire qu'on peut mieux développer notre technique avant de les affronter. Tu comprends l'idée ?

- Je crois qu'il va falloir que tu m'expliques ça une fois encore au cours du match, plaisanta Basile.

Lily leva les yeux au ciel sans répondre. Elle savait très bien que Basile n'était pas aussi ignorant qu'il voulait le faire croire en matière de Quidditch. Il recevait un magazine dédié à ce sport, elle l'avait vu dans son courrier la semaine précédente. D'accord, ce n'était pas le meilleur magazine qui soit, mais c'en était un tout de même, et ça prouvait que Basile était loin de ne rien connaître du tout à ce sport.

- Lily est déjà en train de parler Quidditch ? s'enquit Matt en arrivant et s'asseyant près d'eux. Si tu veux un conseil, Basile, il faut faire comme si cela ne t'intéressait pas du tout. Sinon, il est impossible de la faire taire. Il ne faut jamais faire semblant d'être captivé.

- Eh ! protesta Lily.

- Je ne faisais pas semblant ! s'empressa d'ajouter Basile.

- Enfin un qui me comprend, plaisanta Lily en adressant un sourire de reconnaissance à Basile. Vous tous, de toute façon, ne comprenez jamais rien à ma passion pour le Quidditch.

- On essaie, lui assura Meredith, juste derrière Matt. Mais il y a toujours cette nuit où tu m'as réveillée pour parler de Quidditch, et depuis, j'évite de te faire croire que j'apprécie ton intérêt pour ce sport…, plaisanta la jeune fille en ébouriffant la tignasse rousse et emmêlée.

Lily eut à peine le temps de commencer à râler que Sean prenait la parole, décidé à ne pas laisser passer une si belle occasion d'embêter Lily.

- Quelle chance qu'on ne dorme pas dans le même dortoir…, soupira Sean, derrière Meredith en lui tenant la main. J'adore le Quidditch. Mais entendre Lily en parler en pleine nuit doit simplement être épuisant.

- Je tiens à vous rappeler que vous exagérez, soupira Lily en levant les yeux au ciel. Vous savez que je ne parle pas que de Quidditch, loin de là. Mais aujourd'hui, c'est le jour du match d'ouverture, alors forcément, vous allez devoir me supporter, et m'écouter en parler en long, en large et en travers. Vous n'aviez qu'à pas être mes amis, répliqua-t-elle.

- On peut peut-être encore s'arranger pour ça, bougonna Matt, un sourire bourgeonnant sur ses lèvres. Allez, je plaisante, et tout le monde le sait ! s'empressa-t-il d'ajouter lorsque Basile le regarda avec de grands yeux. On a tous envie de voir les Serdaigle écraser les Poufsouffle.

Dire cela à voix haute n'était pas très intelligent, même de la part d'un Gryffondor chez qui le courage et la bravoure associés au manque de discernement et de réflexion avant de parler sont censés être des lignes de conduite. Mais dire cela alors que trois représentants de la maison qu'on souhaite voir écrasée n'était pas du courage. Cela relevait simplement de la pure stupidité.

- Il cherche les problèmes, lui, non ? s'enquit avec une fausse sympathie évidente le Préfet des Poufsouffle, en septième année.

Matt déglutit en regardant le garçon qui lui rendait pas moins de vingt centimètres. À sa décharge, Matt était plutôt petit. Mais tout de même, vingt centimètres, qu'on soit grand ou petit, cela faisait beaucoup.

- Euh…, tenta-t-il de se rattraper de façon pas très intelligente.

- Ne vous inquiétez pas ! les rassura Basile. Il dit toujours des choses insensées les jours de match. Il ne souhaite pas vraiment vous voir écrasés. Matt n'aime jamais quand une équipe perd. Pas vrai, Matt ? enchaîna-t-il en lançant un regard entendu à son camarade.

Privé de sa voix, Matt ne réussit pas à faire plus qu'à hocher lentement la tête en regardant avec de grands yeux ronds le Préfet des Poufsouffle, qui soupira en secouant la tête, avant de s'éloigner en compagnie de ses amis. Quand il fut certain qu'il ne risquait plus rien, Matt se détendit complètement. Ses amis l'empêchèrent cependant de réellement être soulagé de la situation, car il reçut aussitôt plusieurs tapes, censées lui faire regretter son enthousiasme à voir la défaite des Poufsouffle.

- Eh ! protesta faiblement Matt.

- Non mais ça ne va pas de dire des choses pareilles ? siffla Sean.

- Surtout que les Poufsouffle sont loin d'être mauvais, compléta Lily. Ce qui veut dire que la victoire ne va pas être si évidente. Bon, j'y vais maintenant, poursuivit-elle en remarquant que les joueurs qui disputaient le match du jour se levaient. Quelqu'un m'accompagne ?

Seul Basile, qui était descendu en même temps qu'elle, était prêt à venir. Il se leva donc à la suite de Lily.

- On vous réservera des places ! assura la jeune fille en s'éloignant et en slalomant habilement entre les élèves qui se bousculaient dans les passages entre les tables.

Sur le chemin menant au terrain, Basile et elle rencontrèrent beaucoup d'élèves de Serdaigle et de Poufsouffle qui attendaient avec impatience le match, scandant des slogans tous plus entêtants les uns que les autres, lançant des paris sur l'issue de la rencontre, apposant des peintures sur la peau de leurs amis pour qu'ils soient aux couleurs de leur maison. L'ambiance était à la fête, et cela arrachait des sourires de plus en plus grands à Lily, qui résistait tant bien que mal à demander à un élève ayant des peintures à la main de décorer son visage. Non pas qu'elle ne pouvait pas prendre parti pour une équipe, ou même décider de porter les couleurs des deux maisons. Seulement, en tant que capitaine de Quidditch de Gryffondor, elle ne pouvait pas vraiment se permettre de montrer un trop grand intérêt pour un match qui n'incluait pas sa maison, et encore moins clairement sa préférence.

Étonnamment, ils trouvèrent facilement un chemin pour rejoindre les gradins. Si tous les élèves étaient debout, peu étaient déjà installés dans les tribunes. Ils savaient qu'ils avaient encore trente minutes avant le début du match, et que Jason Seek n'arrivait jamais en avance sur le terrain (habitude prise à l'ancienne capitaine), tout comme ils savaient que Sidney McWill retenait ses joueurs dans les vestiaires, et arrivait sur le terrain avec trois minutes et vingt-huit secondes de retard (habitude qu'il n'avait définitivement pas héritée de ses deux prédécesseurs, qui étaient toujours en avance).

- Bon, alors, toi qui es l'experte… Est-ce qu'il vaut mieux être en hauteur, ou, au contraire, en bas de l'estrade ? demanda Basile alors qu'ils grimpaient les premières marches.

Ils dépassèrent miss Sombre et Callie McTomy, déjà installées. La première était plongée dans un livre, se moquant totalement des hurlements environnants. C'était à se demander si elle savait où elle se trouvait. La seconde ne venait, selon la rumeur, que parce qu'elle était Préfète et qu'il était de son devoir d'agir vite si jamais il y avait trop d'agitation. Pour l'instant, elle s'amusait surtout à donner des teintes différentes à chacun de ses ongles.

Lily secoua la tête, dépassée par ces comportements, avant de répondre à Basile.

- En haut, répondit sans aucune hésitation Lily. En bas, on verra passer les joueurs, mais si on veut une vue d'ensemble, c'est en haut qu'il faut se mettre.

- Parce qu'on veut une vue d'ensemble, donc, comprit Basile. Et… pourquoi ça ?

- Certains personnes pensent, à tort, que les joueurs de Quidditch jouent pour eux-mêmes. C'est faux. Les joueurs de Quidditch jouent en équipe. Ce qui veut dire qu'une feinte, une formation, une passe, ou même une simple minute de vol en ligne droite fait partie de toute une machination complète mise en place par l'esprit tordu d'un capitaine qui veut doubler l'autre capitaine.

Elle ne réalisa même pas que Basile se mordait la lèvre pour se retenir de rire en l'entendant expliquer comment était un esprit de capitaine de Quidditch. En fait, elle ne réalisa même pas qu'en disant cela, elle s'incluait dans ces esprits tordus. Ils continuèrent de grimper, Lily saluant Samantha Dubois lorsqu'elle la dépassa. Elle en profita pour regarder si tous ses joueurs étaient présents pour voir le match, mais si c'était le cas, seule Samantha était déjà arrivée.

- Si on est en hauteur, on voit l'ensemble du terrain. Et donc, si on voit l'ensemble du terrain, on remarque la totalité des mouvements des joueurs. Ce qui veut dire qu'on peut mieux comprendre et analyser les différents changements de vol des autres, et assembler un mouvement d'un joueur à un bout du terrain à celui du joueur qui a la balle. Et encore, ça, cela s'applique surtout aux poursuiveurs. Les batteurs, par exemple, jouent séparément, mais savent observer les mouvements de tous, pour éviter de blesser les joueurs de leur équipe en lançant un Cognard sur la trajectoire de l'un d'entre eux. Mais ils doivent aussi vérifier que les joueurs de l'autre équipe ne vont pas changer subitement de chemin.

Lily s'installa sur un siège une fois qu'elle estima qu'ils avaient assez grimpé dans les gradins. Elle était bien trop lancée dans ses explications pour réaliser que Basile ne l'écoutait plus réellement. Il essayait vraiment de la comprendre mais, en réalité, elle l'avait perdu dès qu'il avait compris que Lily analysait réellement tous les mouvements de tous les joueurs en même temps.

- L'attrapeur, c'est le plus difficile à analyser, reconnut de mauvaise grâce Lily. C'est une bonne chose pour moi, parce que ça veut dire que les capitaines adverses ont du mal à connaître ma technique de jeu. Mais cela veut aussi dire que j'ai beaucoup de mal à comprendre comment ils jouent, alors que ce sont mes adversaires principaux… Enfin. Les gardiens, c'est compliqué aussi. Parce qu'ils jouent selon les joueurs qu'ils ont en face, mais ils jouent aussi en fonction de leurs propres défauts. Donc c'est encore plus complexe, finalement. C'est pour ça qu'il faut prendre autant de notes que possible, pour se préparer aux prochains affrontements, termina Lily.

Le ton final qu'elle donna à sa phrase et le fait qu'elle n'enchaîna pas sur une autre explication firent comprendre à Basile qu'elle avait fini son discours. Il n'en avait pas écouté grand-chose et il avait compris encore moins de choses, totalement dépassé par l'enthousiasme de Lily, mais il avait tout de même entendu certaines bribes du monologue.

- Prendre des notes ? releva-t-il. Avec quoi ?

- Avec ma tête. Ma cousine a une mémoire infaillible, pour tout et rien. Moi, j'ai une mémoire infaillible pour les cours et le Quidditch. Et je préfère ne pas prendre de parchemins, de peur que des joueurs des autres maisons tombent dessus.

- Euh… Ce n'est pas un peu exagéré, comme réaction ? s'étonna Basile. Que le Quidditch soit de la compétition, d'accord, mais de là à avoir peur que les joueurs adverses volent des notes prises sur les autres joueurs… Enfin, les matchs entre les maisons ne sont pas si importants, si ?

Lily secoua doucement la tête en souriant.

- Tu n'as même pas idée. Les Serpentard aiment bien traîner vers les vestiaires, heureusement qu'on sait les verrouiller correctement. Et les Poufsouffle, on peut dire ce qu'on veut, mais ils ne se promènent pas vers le terrain aux heures des entraînements simplement parce que la température est plus agréable.

- D'où le fait que tu mettes les entraînements à des heures improbables.

- Euh… Pas uniquement, avoua Lily. En fait, je fais surtout ça parce que les Poufsouffle et les Serpentard n'ont pas trop apprécié mon changement d'équipe. Du coup, ils prennent tout le temps le terrain quand je le veux. Ensuite, il y a bien les Serdaigle qui nous laisseraient la place, je suis certaine que le Vif l'accepterait, mais je ne vois pas pourquoi il devrait subir des horaires indécents par ma faute, ajouta Lily.

Basile grimaça, en réponse à Lily. Ils savaient tous les deux que pour perpétuer la bonne entente qu'il y avait avec les Serdaigle, leur imposer de changer leurs horaires d'entraînements n'était pas une bonne idée.

- Tiens, regarde, Hagrid vient voir le match aussi ! s'étonna Basile en désignant la tribune des professeurs.

Lily tourna à peine la tête vers les sièges où s'installait le corps enseignant de Poudlard. Elle avait repéré quelque chose de bien plus intéressant sur le terrain. Quelque chose qui la fit bondir de son siège, rendant plus facile aux autres Gryffondor de sixième année qui venaient d'arriver de les repérer et de les rejoindre. Mais Lily ne répondit pas à leurs signes de main. À vrai dire, elle n'avait même pas remarqué qu'on la saluait. Elle était bien trop captivée.

- Qu'est-ce que tu as vu ? s'étonna finalement Basile en suivant son regard vers le centre du terrain. C'est qui, ces types ?

Des sorciers qui n'appartenaient pas à Poudlard, que ce soit en étant membres du personnel, élèves, fantômes ou membres du conseil traversaient pourtant en ce moment même le terrain d'un pas assuré, et ils avaient attiré l'œil de Lily.

Ils avaient une allure sportive, parce qu'ils étaient des sportifs ou d'anciens sportifs de haut niveau.

- Qu'est-ce que fiche mon père ici ? siffla Samantha Dubois.

La fille d'Olivier Dubois avait abandonné sa place, quelques rangs plus bas, pour rejoindre la capitaine de son équipe, lorsqu'elle avait vu la même chose que la dirigeante de l'équipe de Quidditch de Gryffondor. Lily secoua la tête, au moment même où Sean, Meredith et Matt s'installaient.

- Aucune idée. Depuis quand est-ce que les équipes officielles se déplacent jusqu'à Poudlard ? s'étonna Lily en fronçant les sourcils. Je vois Flaquemare, les Canons, les Crécerelles, les Frelons, les Tapesouafles, les Enchanteurs…

- Et les Chardonnerets, ajouta Samantha. Et pas de petites équipes. C'est quoi cette histoire ? murmura-t-elle.

- Je ne sais pas…, ajouta Lily sur le même ton. Depuis quand les petites équipes de sélections ne se déplacent pas, mais les équipes de la Ligue, elles, font le déplacement ?

- OK, c'est quoi exactement le problème ? s'enquit Matt en fronçant les sourcils et après avoir tenté de décrypter l'échange entre les deux filles les plus concernées par le Quidditch de tout son entourage. Ce n'est pas une bonne chose ?

Lily et Samantha se regardèrent en même temps, des airs soucieux.

- Ce n'est pas une bonne chose que ce soit des équipes plus importantes qui fassent le déplacement ? insista le garçon.

- Pas forcément, avoua du bout des lèvres Samantha. Surtout si c'est aussi tôt dans l'année. Le premier match de la saison… Ce n'est pas une bonne chose.

- Pourquoi ça ? s'enquit Sean.

- Parce que ça peut vouloir dire deux choses, lui expliqua Meredith. Ou que les équipes de réserve vont bientôt se vider parce qu'il y aura des titularisations, mais dans ce cas-là, il n'y a pas de raison qu'elles fassent le déplacement. Ou alors, ça peut signifier qu'elles sont très contentes de leurs joueurs de réserve, et qu'elles n'ont aucune intention de les remplacer.

Lily fixa sa meilleure amie un grand sourire aux lèvres.

- Et moi qui pensais que tu ne m'écoutais presque jamais…

- La preuve que je t'écoute quand tu parles de Quidditch, plaisanta Meredith en rougissant légèrement.

- Attendez, moi, je n'ai toujours pas compris. En quoi est-ce que ce n'est pas une bonne chose qu'ils soient là, alors ? s'étonna Basile.

Samantha secoua la tête, légèrement désespérée.

- Cela veut dire qu'ils n'ont pas prévu de recruter des joueurs d'ici peu.

- Et donc que les petites équipes ne voudront pas en recruter non plus, parce qu'elles ne pourront jamais leur trouver un contrat dans une équipe de la Ligue en moins d'un an.

L'une comme l'autre se regardèrent en échangeant un regard lourd de sens. Elles pensaient toutes les deux aux joueurs qui méritaient de recevoir une lettre. Et en jetant le même coup d'œil vers la tribune des Serdaigle, elles comprirent qu'elles pensaient avant tout à Jason Seek.

- Mince, souffla Samantha. Ça ne va pas être simple pour lui, cette année.

Lily grimaça.

- Pour qui ? demanda naïvement Basile.

- Jason Seek, répondirent en chœur les deux filles.

- Il n'y a pas beaucoup d'attrapeurs en fin de carrière, en ce moment, pour ce qu'on en sait. Et il n'y a pas non plus eu de rumeurs de transferts. Ce qui veut dire qu'il y a peu de places vacantes.

- Presque aucune, même, soupira Lily.

- Mais, attendez, reprit Sean. Là, on parle des équipes des Ligues de chaque pays. Mais les équipes de sélections, celles qui sont en-dessous des équipes de la Ligue, elles recrutent plus de joueurs, et presque chaque année, pas vrai ?

- Le problème, c'est qu'elles sont étroitement liées aux équipes de la Ligue, expliqua Samantha.

- Je ne comprends pas, avoua Sean. La plupart de ces équipes ne jouent des matchs qu'entre elles, pour passer le temps. C'est simplement pour jouer au Quidditch une fois l'école quittée. Pour faire un peu de sport après le travail. Il n'y a aucun enjeu.

- La plupart, en effet, acquiesça Lily. Mais certaines veulent plus. L'Angleterre est la seule à avoir développé beaucoup de sous-équipes, expliqua l'attrapeuse. On en a une dizaine. Mais il n'y en a que quatre qui ont des contacts directs avec les équipes de la Ligue, et dont tous les joueurs, ou presque, ont fini par entrer dans le circuit professionnel. Si une de ces quatre équipes te contacte, et que tu la rejoins, tu es certain qu'un jour, la Ligue s'intéressera à toi.

- Et donc, si aujourd'hui les équipes de la Ligue ont fait le déplacement en personne, ça veut dire… ? s'enquit Basile, perdu devant leurs explications.

- Cela veut dire qu'ils veulent vérifier s'il y a de l'investissement à long terme. Et s'ils estiment qu'il n'y en a pas, ils le diront aux équipes de sélection, et personne ne recevra de lettre cette année, murmura Samantha, la voix éteinte.

Lily ne put que hocher faiblement la tête.

- Le Vif a intérêt à jouer de façon exemplaire, aujourd'hui, murmura-t-elle entre ses dents. Pour qu'ils sachent qu'il en vaut la peine. Sinon, je vous jure que je lui règle son compte, et que je l'entraîne personnellement pour le reste de l'année, pour ensuite forcer les équipes de sélection à l'observer jouer. Et je vous jure que je le fais, grommela-t-elle.

Sa colère lui valut quelques coups d'œil amusés, et Samantha se leva.

- Eh bien, moi, je vais voir le match avec mes amis. Et sois rassurée, Potter, Jay le Vif est doué. Ils seraient aveugles de ne pas le remarquer. Mais bon, même s'il joue bien aujourd'hui, j'imagine qu'il ne dira pas non à des entraînements personnalisés.

Inattentive à ce qui se passait dans les gradins, et préférant se concentrer sur le cortège des représentants des équipes de la Ligue, Lily hocha la tête, remarquant à peine que Samantha s'éloignait, ou bien que ses amis se retenaient difficilement de rire. Puis, se renfrognant, elle se renfonça dans sa place. Réalisant enfin ce qui se passait autour d'elle, elle se tourna vers Basile, le seul à rester stoïque. Il semblait même être un peu tendu.

- Qu'est-ce qui se passe ?

- La réflexion sur Jason Seek. Que tu es prête à toujours l'aider, ce genre de choses, enchaîna-t-il alors que Lily ne comprenait rien.

- Ah… Le Vif n'a pas toujours besoin de moi, alors je ne l'aide pas toujours, rétorqua Lily. Seulement s'il le demande.

- Ouais, mais…, commença Matt, un sourire aux lèvres.

- Et c'est partiiiiii ! s'exclama le commentateur.

Les Gryffondor ne purent plus ennuyer Lily sur son amitié avec Jason Seek. Dès lors que le commentateur prenait la parole, Lily Potter ne se concentrait plus que sur le terrain. Elle vérifia une dernière fois que les six autres joueurs de Gryffondor étaient bien arrivés, puis, lorsqu'elle fut certaine qu'ils seraient aussi attentifs qu'elle à ce qui se passait sur le terrain, elle se concentra sur les quatorze joueurs prêts à démarrer la saison de Quidditch de Poudlard.

- Nous voici tous réunis pour le match d'ouverture de la saison, opposant Serdaigle à Poufsouffle. Les Serdaigle, menés par Seek l'attrapeur, n'ont presque pas changé leur composition depuis l'année précédente. Vanberg, Falloway et Favor pour les poursuiveurs, Raven et Sonny pour les batteurs et Tremblay au poste de gardien ! Du côté des Poufsouffle, laissez-moi vous présenter le capitaine et gardien McWill. Derrière, admirez la prestance des batteurs Blank et Rangers. Tavitra, Keep et Shepherd pour les poursuiveurs. Et leur attrapeuse, jolie et douée, Silvestrov !

Lily renifla dédaigneusement. On se moquait bien de la beauté de Silvestrov, ce qui comptait, c'était son habileté à voler. D'ailleurs, si on demandait l'avis de Lily, elle ne trouvait pas que ce soit une attrapeuse si douée que cela. Elle se faisait doubler trop souvent, et ne voyait pas lorsque son adversaire la feintait, même lorsque tous les spectateurs le devinaient.

Bon, d'accord, peut-être que Lily était légèrement de mauvaise foi. Silvestrov n'était pas une si mauvaise joueuse. Seulement, elle n'avait remporté des matchs que parce qu'elle avait eu de la chance. Les dents de Lily se serrèrent d'ailleurs lorsqu'elle repensa à l'affrontement entre elles deux, deux années auparavant. Beng, le capitaine des Gryffondor, avait demandé à Lily de laisser une avance considérable à Silvestrov pour la mettre en confiance lors de son premier match. Et c'est ainsi que Lily avait dû perdre. Volontairement. Deux ans plus tard, la défaite était toujours aussi difficile à accepter.

- C'est moi ou Brooke est encore plus amoché qu'avant l'été ? murmura Sean.

Surprise, Lily jeta un coup d'œil à l'arbitre. Effectivement, de nouvelles traces de brûlures venaient d'apparaître aux endroits où la peau était dénudée. La rumeur voulait que leur professeur et arbitre fût un ancien joueur de Quodpot des États-Unis, mais jamais encore il n'avait confirmé ou infirmé celle-ci. Cependant, les élèves avaient accepté de façon unanime qu'il était bel et bien un adepte de ce sport.

- Et tu veux vraiment qu'on apprenne à y jouer ? demanda un Basile horrifié à un Matt qui s'enthousiasmait à la perspective que l'arbitre ait pu se brûler lors de dangereux affrontements sportifs.

- Pourquoi pas ? Au moins, ça serait amusant ! s'extasia Matt.

Lily leva les yeux au ciel, et se concentra sur le terrain. Le coup de sifflet de début de match venait d'être donné.

- Poufsouffle s'empare du Souafle ! Shepherd s'approche des anneaux, et… est contré par Tremblay. Les Serdaigle repartent à l'attaque, menés par Vanberg. Une professionnelle des arrêts glissés, celle-ci, c'était déjà le cas lorsqu'elle a rejoint l'équipe, dommage, ça ne prend pas aujourd'hui…

Comprenant que pour le moment, les poursuiveurs se dérouillaient plus qu'ils ne jouaient réellement, Lily se concentra sur les attrapeurs. Jason et Silvestrov sondaient le terrain, chacun de leur côté.

- Comme toujours, Silvestrov ne regarde pas ce qui se passe du côté de l'adversaire…, murmura-t-elle pour elle-même. Elle est toujours trop inattentive, ça lui coûtera le Vif d'Or, prédit Lily.

Jason, de son côté, regardait tour à tour les joueurs de Serdaigle, l'attrapeuse adverse, les Cognards et les joueurs de Poufsouffle. Il avait des yeux de partout.

- Redresse-toi, murmura Lily. Sinon, tu vas…

Elle étouffa un cri. Un Cognard venait de fleurer le dos de Jason.

- Finalement, ne te redresse pas, murmura-t-elle d'une voix blanche.

La vitesse du Cognard aurait certainement fait tomber Jason de son balai, et moins de trois minutes après le début du match, ce n'était pas une bonne chose. L'attrapeur de Serdaigle sembla penser la même chose, puisqu'il se mit en mouvement en gardant un œil plus attentif sur les Cognards, qui ne cessaient de pleuvoir sur lui. Lily hocha la tête.

- Bien, dit-elle. Parfait. Voilà la stratégie des Poufsouffle. S'acharner sur l'attrapeur. Qu'ils essaient avec moi, on rira bien, murmura-t-elle.

Il fallut encore vingt minutes de jeu avant que les Poufsouffle n'ouvrent finalement le score. Les traits du gardien de Serdaigle se crispèrent, tout le monde pouvait le voir, et Lily était prête à parier que dès le lendemain, Ryan Tremblay ne supporterait aucune réflexion sur la manière déplorable dont il n'avait pas été capable d'arrêter cette passe pourtant pas bien compliquée.

- Pas bien en forme, le gardien, aujourd'hui, marmonna-t-elle lorsque Ryan Tremblay encaissa un autre Souafle.

Heureusement, les deux Souafles qu'il venait de laisser passer parurent le réveiller un peu, et tous purent constater qu'il n'allait pas se laisser faire, à présent. Il arrêta le tir suivant avec une facilité déconcertante, vu la complexité de celui-ci.

- Ah, le bon gardien est de retour, apprécia Lily.

Serdaigle rattrapa ses deux tirs de retard avec aisance. Et Liz Vanberg prouva une nouvelle fois qu'elle savait y faire avec les arrêts glissés en surprenant deux fois McWill. Le score, quarante à vingt en faveur de Serdaigle, n'était pas encore conséquent, mais la volonté des deux équipes à ne pas se laisser distancer laissait présager un match palpitant.

Le premier Cognard réellement dangereux fut réceptionné par Liz Vanberg, après quarante minutes de jeu. Tout le stade put entendre les Serdaigle retenir leur souffle. Lily, du côté des Gryffondor, fut la seule à le faire, comme Young fut le seul du côté des Serpentard. Ils savaient tous les deux que Liz avait souffert d'une mauvaise blessure lors d'un entraînement, en mai dernier, et qu'elle aurait pu ne pas rejoindre l'équipe cette année, du fait de sa gravité. Si sa blessure était trop conséquente aujourd'hui, elle pourrait ne plus jouer. Toutefois, elle rassura tout le monde en secouant rapidement la tête, et en repartant à l'assaut. Ou, à défaut de réellement les rassurer, elle parut assez confiante pour que personne ne s'inquiète trop pour elle.

Le match avança lentement, mais sûrement. Il y eut une fausse alerte du côté des Poufsouffle, au bout d'une heure et demie de jeu, lorsque Silvestrov remonta brusquement en chandelle, mais elle s'arrêta bien rapidement, sans même que Jason ne fasse le geste de la suivre. Apparemment, elle avait été trompée par un reflet quelconque.

- Faute de débutante, marmonna Lily.

- Est-ce que Silvestrov t'a fait quelque chose en particulier, ou c'est simplement parce qu'elle joue contre Seek ? s'enquit Basile.

- Rien à voir, dit Lily en secouant la tête. Mais là, aujourd'hui, elle joue mal. Tout le monde peut le voir.

- C'est vrai que j'ai déjà vu des attrapeurs plus doués, avoua Matt. Mais c'est peut-être dû au fait de retrouver l'ambiance des matchs. Eh ! Faute ! hurla-t-il en sautant sur ses pieds.

Lily rougit de honte, et fit rasseoir son ami en appuyant vivement sur ses épaules, avant qu'il ne hurle à nouveau à la faute.

- Matt ! siffla-t-elle. C'est une faute dans une partie de Quodpot, pas lors d'un match de Quidditch ! Arrête de te donner en spectacle.

- Oups… Désolé, marmonna le Gryffondor qui se rassit bien sagement.

Matt n'était pas le premier des Gryffondor à se mettre en avant. Il était plutôt discret, et était loin d'être considéré comme un perturbateur. Ses amis disaient même que, parfois, il était légèrement peureux, ce qui n'ôtait rien à sa bravoure cependant. Aussi, de s'être démarqué d'une telle façon alors que tout le stade restait assis (ou presque) était mortifiant pour lui. Heureusement, le bruit était tel que peu furent les élèves à le remarquer, mais ceux-ci ne perdirent pas l'occasion de leur lancer un regard moqueur.

- Nom d'une gargouille, Silvestrov s'ennuie sur son balai ? grommela Lily.

- Rappelez-moi de ne plus jamais m'asseoir à côté d'elle lors d'un match, les supplia Basile, qui paraissait se demander si Lily finirait jamais par se taire.

- On te le rappellera, dirent en chœur Meredith et Sean.

- Je laisse toujours une distance de sécurité entre elle et moi durant un match, enchaîna Meredith. Deux sièges, pas moins.

- Moi, je reste pas loin. Ses commentaires sont généralement plus intelligents que ceux du commentateur, expliqua Matt. Et elle m'évite de trop me donner en spectacle.

D'un même mouvement, ils se tournèrent vers la tribune des professeurs, où se trouvaient aussi le commentateur du match, qui à présent se demandait si Silvestrov serait d'accord pour lui parler à la fin de la partie.

- Eh ! s'exclama Lily en se levant de son siège. Mais qu'il regarde un peu le match !

Le mouvement général des gradins, où tous les élèves se levèrent d'un même bond, eut le mérite de rappeler au commentateur que parfois, il se passait des choses intéressantes sur le terrain.

- Le Vif d'Or ! s'exclama le commentateur. Il est repéré !

- Non, tu crois ? grognèrent bon nombre d'élèves.

Tous espéraient qu'un autre élève se décide à prendre sa place mais, apparemment, le commentateur en poste était bien trop content d'être dans la tribune des professeurs pour céder sa place.

Le score était serré. Cent points pour les Poufsouffle, et cent vingt pour les Serdaigle. Celui qui attraperait le Vif d'Or serait assurément le vainqueur.

- Définitivement, je préfère faire la fête dans la salle des Serdaigle que dans celle des Poufsouffle, annonça Lily en se frayant un chemin parmi les élèves qui entouraient l'équipe de Serdaigle, élue vainqueur de la rencontre.

- Et tu préfères celle de Serdaigle ou de Gryffondor ? demanda Léana Raven en éclatant de rire.

- Je suis fière de ma maison. Gryffondor ! s'exclama Lily en levant haut son verre dans un élan de chauvinisme, se moquant de lever un verre à sa maison alors qu'on fêtait la victoire d'une autre.

- Et les Gryffondor n'ont définitivement pas froid aux yeux, murmura le gardien de l'équipe de Serdaigle, Ryan Faucett qui était en même année que Lily, en étouffant son rire dans son verre.

- Pourquoi ? s'étonna Lily en ouvrant de grands yeux.

Le courage des élèves de Gryffondor n'était plus à faire, aussi, entendre une telle réflexion avait de quoi surprendre.

- Tu es entourée de… quinze élèves de Serdaigle. Et tu es la seule à représenter Gryffondor. Tu es certaine que le moment est le plus propice pour pousser un grand cri de patriotisme ?

Lily rougit alors que les éclats de rire se faisaient plus forts chez les Serdaigle ayant assisté à la scène.

- Allez, laissez l'Éclair tranquille, se calma cependant Jason. Vous savez bien que les Gryffondor réfléchissent après avoir parlé… Eh ! s'exclama-t-il après que Lily lui ait gentiment frappé l'épaule.

- Ne blesse pas notre attrapeur, grommela Liz Vanberg, dont le bras était en écharpe.

Sa blessure n'était apparemment pas trop grave, mais elle refusait d'en discuter ce soir.

Lily leva les yeux au ciel, un sourire amusé flottant sur ses lèvres.

- Je viens de lui toucher le bras droit, et il est gaucher. Même si je l'avais blessé, ce n'était pas trop grave, rappela-t-elle.

Elle se sentit particulièrement gênée l'instant qui suivit, en réalisant que tous les élèves avaient arrêté de parler et la fixaient avec grand intérêt.

- J'ai dit une bêtise ? demanda-t-elle dans un filet de voix.

- Je pense qu'on est tous étonnés de t'entendre dire de Jay qu'il est gaucher… On ne savait pas que tu étais aussi intéressé par lui pour savoir ça…, se moqua Serena Falloway, la nouvelle poursuiveuse de l'équipe.

- Allez, arrêtez de l'ennuyer, soupira Jason en souriant doucement.

Aussitôt dit, aussitôt fait. Les élèves de Serdaigle qui étaient venus pour le féliciter ainsi que les joueurs de l'équipe s'enfuirent rapidement.

- Ils sont rapides, dis-donc, plaisanta Lily en s'adossant au mur à côté de Jason.

Il lui offrit un clin d'œil entendu.

- Tu les connais. Plus vite ils s'éloignent de moi, et plus ils sont assurés que je ne leur demanderai pas de travailler leur rapidité lors du prochain entraînement.

Ne réussissant pas à s'en empêcher, Lily éclata de rire. La dureté des entraînements de Jason était connue par toute l'école. Les joueurs de l'équipe de Serdaigle savaient à quoi s'attendre lorsqu'ils passaient les sélections, et ils ne tentaient pas d'obtenir une place sans être certains qu'ils seraient capables de tenir le rythme. Jason ne leur offrait aucun répit. C'était en partie parce qu'il voulait être au meilleur de sa forme pour ensuite intégrer une équipe professionnelle, mais aussi parce qu'il voulait une équipe capable de tenir la distance, et c'était pour cela que les joueurs ne se plaignaient pas (trop). Ils savaient que c'était dans leur intérêt.

- Comment va la blessure de Liz ? s'enquit-elle.

Jason grimaça.

- Elle m'assure que ça va. L'infirmière dit que ce n'est pas trop grave, donc j'ai envie de les croire, mais… Elle ne me l'avait jamais dit, mais elle s'est fracturée le coude quand elle était petite. Même si elle a été soignée à Ste Mangouste, les soins ont été tardifs, et il y a une légère gêne, depuis toujours. Donc le risque que la blessure soit trop gênante est important. Bien sûr, elle ne me le dira jamais. Mais je n'ai pas envie de bousiller son coude juste parce que c'est une superbe poursuiveuse… Rah, je déteste ces situations ! s'énerva-t-il.

Lily tenta de paraître calme, mais en réalité, elle n'en menait pas large. Elle avait lancé la discussion sur Liz Vanberg et sa blessure en espérant que cela suffirait à Jason pour chasser ses soucis, mais de toute évidence, ce n'était pas le cas. Elle connaissait assez bien Jason pour avoir remarqué qu'il était soucieux depuis le début de la fête, même si elle était en l'honneur de son équipe. Et elle se doutait de savoir pourquoi il était soucieux, mais elle ne voulait pas en parler. Elle ne voulait pas qu'ils parlent d'un sujet qui risquait de blesser Jason. Pourtant, il ne lui laissa pas le choix. Il se calma, et posa des yeux doux, tendres et tristes à la fois sur elle, lui laissant penser qu'il n'était pas dupe du tout.

- Bien tenté, Lily, mais j'ai bien remarqué que tu évitais le sujet. Les sélectionneurs des équipes officielles ? Je suis fichu, pas vrai ?

La jeune fille se composa un visage enjoué comme elle le put, et elle crut même réussir à en persuader Jason.

- Non, pas encore Jason ! Cela veut simplement dire qu'il fallait jouer parfaitement aujourd'hui. Et vu comme tu as joué avec les Cognards et réussi à attraper le Vif d'Or, je n'en doute pas un instant, ça va bien se passer. Tu recevras une lettre. Les équipes de la Ligue doivent avoir vu ton potentiel, ce n'est pas possible autrement.

Le sourire de son ami n'était pas totalement sincère et enjoué comme elle l'aurait souhaité, mais c'était déjà bien mieux que le voir afficher une mine sombre et attristée. Elle regarda autour d'eux, et vit que personne n'était à leur recherche. Elle fronça les sourcils en reportant son attention sur l'attrapeur des Serdaigle, qui avait profité de son instant d'inattention pour à nouveau se renfrogner.

- Jason… Est-ce que tu veux vraiment que je passe la soirée à t'expliquer pourquoi tu es un attrapeur exceptionnel, et pourquoi tu recevras une lettre ? Est-ce qu'il faut vraiment ça pour que tu arrêtes de t'inquiéter et que tu profites de la victoire des Serdaigle ? demanda Lily, faussement inquiète.

Son ton moqueur n'échappa pas à son ami, qui retint difficilement un sourire amusé. Il poussa plutôt un soupir déchirant.

- Non, je crois que je vais plutôt me morfondre, seul…

Il fit mine de partir, mais elle éclata de rire et l'empêcha de s'éloigner.

- Reste ici, fichu attrapeur en manque de confiance en soi ! Je vais t'expliquer pourquoi tu es génial, moi, grommela-t-elle en levant les yeux au ciel.

Elle vérifia une dernière fois que personne ne la cherchait. Elle vit bien Basile se tourner vers elle, mais Meredith rattrapa le Gryffondor en voyant avec qui était Lily. Meredith en profita pour adresser un sourire et un clin d'œil à sa meilleure amie, avant de forcer Basile à revenir à leur discussion.

- Tu es prêt à écouter tes louanges ? plaisanta la rousse en s'installant au bout d'une table.

Jason prit quelques réserves de nourriture et de boisson, et se mit face à elle.

- Je t'en prie. Explique-moi en quoi je suis un attrapeur qui manque cruellement de confiance en lui. J'ai hâte, marmonna-t-il.

Lily rit doucement. Jason était incroyable. Il faisait des merveilles sur un balai depuis sa troisième année, avait perdu quelques matchs, certes, mais pas de façon à en rougir, et surtout, ses progrès flagrants et le plaisir qu'il prenait à être sur un balai ne signifiaient qu'une chose. Ce sport était fait pour lui.

Mais comme il était trop modeste pour son propre bien, il fallait souvent que quelqu'un lui rappelle qu'il pouvait tout à fait se permettre une carrière sportive.

Et Lily se débrouillait particulièrement bien pour rassurer son ami sur la possibilité de devenir joueur professionnel.


Note d'auteur.

J'ai un peu du mal à me remettre au rythme français (même des mois après, OUI, je sais, cette excuse n'est pas valable à vie). Bref, c'est la seule explication que je puisse vous donner pour vous dire pourquoi je prends autant de temps à poster, et que j'oublie l'heure qu'il est, et tout ça. Bref. Encore.

Bon, il y a aussi que je minée avec ce qui s'est passé ce week-end. J'espère que vous allez bien. Que le pire n'est pas arrivé dans votre vie. Et dans tous les cas... Je vous envoie du courage.

Merci pour vos reviews, merci à DelfineNotPadfoot pour ses corrections, et merci à titietrominet pour sa review : on est d'accord, être malade, c'est l'horreur ! C'est un peu vrai. Ils sont un peu aveugles, et Jason est telleeeeeeeeeement patient que ça pourrait durer des siècles, cette histoire ^^

Bon, du coup, je suis expéditive, mais c'est parce que j'ai encore du boulot à faire (genre, trouver un stage...), que j'ai grave faim (pour une fois !), et que j'ai trois cent pages à lire pour un cours, et deux cent pour un autre (qui a dit qu'on fait rien en lettres ? Bon, c'est presque vrai, mais quand même...)

Encore deux petits mots : alors, ce premier match pour les Serdaigle, qu'en avez-vous pensé ? Le match Serdaigle/Gryffondor va avoir lieu dans très longtemps, donc pour le moment, on voit les deux équipes affronter d'autres maisons. Mais promis, on verra Lily et Jason sur le même terrain :)

Allez, je vous laisse sur ces bons mots, et je vous dis à la semaine prochaine, avec un chapitre rassemblant Basile, Jason et Lily... ou presque. Sur ce teaser pourri, je vous abandonne (mon ventre crie famine.)