Disclaimer : Harry Potter, qu'on ne devrait même plus présenter, appartient à J.K. Rowling. Et moi, à mes heures perdues, j'écris des fanfictions sur cet univers.


Gryffondor contre Serpentard.

Lily se mit à sautiller sur place au milieu du terrain de Quidditch dans l'espoir de se réchauffer en attendant que Jason arrive, mais rien à faire. Elle avait laissé le froid s'immiscer sous ses vêtements et, à présent, elle le regrettait amèrement.

Elle regrettait aussi que Jason ne soit toujours pas arrivé, mais ça, elle ne pouvait pas lui en vouloir. Elle aussi aurait pris son temps pour venir jusqu'au terrain, à cause de la météo du jour, si la salle commune des Gryffondor n'était pas prise d'assaut par les élèves qui auraient des correspondants de Beauxbâtons et Durmstrang le mois prochain. Elle soupira, et dodelina de la tête. Elle oubliait régulièrement le problème des correspondants, qui les obligeait, elle et ses cousins, à se cacher une semaine durant dans la Salle sur Demande, pour ne pas être assaillis par des élèves d'autres nations à la recherche de ragots sur leur famille.

Lily secoua la tête pour chasser de ses cheveux les gouttes qui s'y étaient accrochées lorsqu'elle était passée sous les gradins du stade. Avec de telles températures, garder de l'eau dans les cheveux signifiait prendre le risque que ses cheveux gèlent.

Elle jeta un coup d'œil à sa montre, et réalisa que Jason avait plus de vingt minutes de retard, ce qui ne lui ressemblait pas. En l'attendant, elle se mit à courir en faisant des petits cercles pour se réchauffer.

Alors qu'elle ne l'espérait presque plus, la silhouette reconnaissable du Serdaigle se dessina finalement à l'autre bout du terrain.

- J'ai failli t'attendre ! lui lança-t-elle en guise de salut.

Jason ne répondit rien, se contentant d'un bref hochement de tête lorsqu'il arriva à côté de Lily. Il affichait une mine grise et mécontente.

- Qu'est-ce qui t'arrive ? demanda Lily, arrêtant de courir en cercles.

Ce dont elle se félicita immédiatement. Elle commençait à avoir le tournis.

- Rien, bougonna Jason.

- De toute évidence, il y a quelque chose qui te chiffonne, pourtant, s'étonna Lily en haussant un sourcil.

Jason leva les yeux au ciel.

- Rien qu'une petite course ne pourra me faire oublier, assura-t-il en se mettant en route. Tu viens avec moi ? demanda-t-il alors qu'il s'éloignait et que Lily restait sur place.

Elle hésita une fraction de seconde, avant de comprendre qu'elle n'obtiendrait rien de Jason en exigeant des explications. Elle aurait plus de chance de réussir à le faire parler en attendant qu'il soit d'humeur loquace et désireux de dire ce qui le tourmentait.

Pour l'un comme pour l'autre, leur petit moment de sport fut horrible. Le sol glissait, le froid brûlait leurs poumons et ils eurent du mal à réchauffer leur corps, malgré l'effort physique.

- Je crois que je vais faire une pause dans les séances de sport, cet hiver, bougonna Lily lorsqu'ils revinrent à leur point de départ. C'était juste horrible…

Jason prit un peu d'avance sur Lily, avant de se remettre à marcher.

- Ne dis pas ça d'un tel ton désespéré, grommela Jason. Ça me donnerait presque envie de ne pas rejoindre la Ligue. Est-ce que tu sais qu'ils ont trois heures d'entraînement sur balai chaque jour, et entre une et deux heures d'entraînements au sol ? Il faut vraiment que je me motive…

Lily éclata de rire.

- J'oublie toujours la durée des entraînements des équipes officielles… Ce n'est pas de la rigolade !

- Jamais avec le Quidditch, reconnut Jason.

C'était un constat que Lily avait déjà fait des années auparavant. Le Quidditch n'était pas une plaisanterie pour quelques sorciers. C'était quelque chose d'extrêmement sérieux.

- Au fait, enchaîna Lily, j'ai demandé à ma mère si ce qui se dit concernant la Ligue est vrai. Elle m'a dit qu'il y avait effectivement des coupes budgétaires, mais ça ne va pas être un problème pour les contrats des nouveaux joueurs. Donc, tu vas arrêter de t'inquiéter, et tu vas rester positif. Ton premier match était super, et les années précédentes, les sélectionneurs t'ont forcément repéré. Donc, je suis certaine que cette année, tu vas recevoir une lettre, avec, à l'intérieur, une proposition de rejoindre une petite équipe qui te permettra de rejoindre la Ligue. Tu n'as qu'à attendre décembre, et tu verras, une lettre arrivera !

Jason, quelques pas en avant de Lily, secoua la tête, clairement amusé.

- Qu'est-ce que j'ai dit ?

- Tu es d'un optimisme plutôt effrayant, lui expliqua Jason en se retournant et en lui faisant un clin d'œil.

- Il faut bien, répondit tranquillement Lily. Dans ma famille, il arrive toujours des trucs graves. Mon père attire tous les problèmes quand il entre dans une pièce, ma mère est plutôt chanceuse de nature, mais vu qu'elle est mariée à mon père, elle en devient malchanceuse. Albus attire les catastrophes et ne sait pas comment gérer sa relation avec Faith, ce qui fait qu'il pense toujours avoir des problèmes dans sa vie, même s'il affirme à tout le monde que tout va pour le mieux dans le meilleur des mondes. Et suis-je obligée de parler de James et de sa dépression qui n'en est pas une, mais dont il n'arrive pas à se sortir ? termina d'un ton morne Lily. Alors, tu vois, dans ma famille, c'est assez bizarre, donc moi, je souris et je dis que tout va s'arranger. Y compris pour toi.

Elle sourit doucement à Jason, pour rassurer son air inquiet.

- Lorsque je dis ça de cette façon, on a l'impression que je suis au bord de la dépression, mais pas du tout ! C'est un peu de fatigue. C'est le froid qui fait ça.

- Et l'approche du match, non ? souffla Jason.

Lily prit une grande inspiration avant de répondre. Évidemment. Jason devait deviner cela, alors qu'elle faisait tout pour paraître confiante et pas angoissée à l'idée que le match était pour bientôt.

- Et l'approche du match, grimaça-t-elle finalement. Mais n'en parlons pas. Après tout, tu es un adversaire, rit-elle en lui lançant un clin d'œil.

Jason soupira et leva les yeux au ciel. La vérité, qu'ils connaissaient tous les deux, c'est qu'ils n'étaient plus de véritables adversaires depuis le jour où ils avaient décidé de devenir amis. Ils savaient que rien, dans leurs discussions, ne serait ensuite utilisé contre l'autre. C'était un accord muet, qu'ils n'allaient pas briser aujourd'hui.

En silence, ils traversèrent le terrain.

- Il faudrait que je dégivre mon balai, aujourd'hui, murmura Lily.

Elle s'arrêta d'un coup, et donna un coup de pied dans une motte de terre. Elle grimaça lorsque ses orteils ne réussirent pas à faire plus qu'à se blesser contre le monticule glacé.

- Oui, vraiment, souffla-t-elle. Sinon, ça va être une catastrophe pour le dernier entraînement.

- Tu veux faire un dernier entraînement avant le match ? s'étonna-t-il.

Lily haussa les épaules.

- Pas vraiment. Je veux aller voler, et attraper le Vif, mais seule. Je laisse les joueurs se reposer. Mais si eux se reposent, moi je veux être sur le terrain, et pour ça, j'aurai besoin d'un balai en état de voler…

- Tu veux encore t'entraîner à attraper le Vif d'Or ? Quoi, tu ne l'attrapes pas déjà assez durant les matchs ? plaisanta Jason.

- Ne me fais pas croire que tu n'as jamais fait un entraînement de dernière minute pour t'assurer que tes réflexes étaient toujours au point ! s'insurgea Lily. Je suis même certaine que tu le fais plus souvent que moi.

Jason ne put que s'incliner devant la justesse de la réflexion.

- Je te l'accorde, convint-il. Tu veux de l'aide ? Je sais qu'envoyer des balles de tennis, ou n'importe quelle autre balle, à soi-même, ce n'est pas bien facile… Si tu as besoin de quelqu'un pour te les envoyer…

- Euh, eh bien, en fait, je…

Lily hésita.

- C'est qu'en fait, je préfère faire ça…

Elle aurait voulu expliquer à Jason que lui demander de l'aide pour cet entraînement en particulier, c'était tout simplement impossible. Lui dire que ce n'était pas de sa faute, et que ça n'avait rien à voir avec lui. Lui fournir des explications qui seraient satisfaisantes, et qui ne donneraient pas l'impression qu'elle le fuyait. Malheureusement, elle n'eut pas la possibilité de faire ça.

Jason s'était arrêté, et lui faisait face – c'est pour cela qu'il fut le premier à voir le nouveau venu sur le stade. Lily, elle, devina la présence d'un intrus lorsqu'elle observa le visage de Jason se tendre, et elle sut qui c'était avant de se retourner, grâce à son adversaire et ami.

- Avec Martell, je suppose ? compléta Jason.

Surprise par le ton glacial qu'il employait pour la première fois avec elle, Lily ouvrit de grands yeux.

- Basile ? balbutia-t-elle. Non ! Pourquoi est-ce que tu dis ça ?

Pour unique réponse, Jason désigna du menton un point derrière Lily. Mue par la curiosité, elle se retourna vivement, pour voir qu'en effet, Basile s'approchait à pas lents, vérifiant à chaque nouvelle avancée qu'il n'avait pas posé le pied sur une plaque de verglas, et ne risquait donc pas une chute dont sa fierté ne se remettrait que difficilement, et uniquement parce qu'il n'aurait eu que deux spectateurs.

Ou une seule, puisque Jason prenait presque la fuite, à présent, comme le constata Lily lorsqu'elle voulut à nouveau lui faire face pour expliquer le malentendu, et qu'elle s'aperçut qu'il s'éloignait vivement, sans un regard en arrière.

Maudissant les garçons et leurs réactions qu'elle ne comprenait vraiment pas, Lily adressa un vif geste de la main à Basile pour lui faire comprendre qu'elle l'avait vu, et qu'ils se parleraient ensuite, avant de se lancer à la poursuite de Jason, en prenant garde à ne pas glisser.

Elle le rattrapa lorsqu'il atteignait la bordure du stade. En sentant qu'elle était prête à se saisir de son bras, Jason cessa tout mouvement, et se retourna pour lui faire face, l'air mécontent.

- Qu'est-ce qui se passe ? demanda-t-il.

- À toi de me le dire, répliqua Lily. Tu es parti sans même me souhaiter une bonne journée.

Elle croisa les bras sur sa poitrine pour prouver ainsi au Serdaigle qu'elle était agacée, mais apparemment, ce ne fut pas suffisant. Il haussa simplement un sourcil énervé, faisant perdre un peu plus de son calme à Lily.

- Bonne journée, l'Éclair. Tu veux peut-être que je te souhaite de ne pas te perdre en retournant au château, aussi ? s'enquit Jason, sarcastique.

Il réussit même à glisser un ton d'humour dans sa voix, ce qui lui permit, inconsciemment, de calmer Lily. Elle n'avait pas besoin de plus.

- Ce serait sympa de ta part, oui, se moqua-t-elle.

Jason secoua doucement la tête, comme pour se moquer d'elle.

- Non, en fait… Je sais que ça peut prêter à confusion, ce qui vient de se passer, murmura Lily. Je te dis que je veux m'entraîner à rattraper le Vif d'Or, que je ne veux pas le faire avec toi, et puis, là, Basile arrive… Mais je te jure que ça n'est qu'une coïncidence, d'accord ? Je ne lui ai pas demandé de venir. Il l'a décidé tout seul. Et donc, je ne vais pas m'entraîner. Ça n'a rien à voir avec toi, c'est juste que… je préfère faire ça seule.

Lorsqu'elle se tut et que Jason la sonda longuement, à la recherche de la moindre trace d'hésitation qui prouverait qu'elle mentait, Lily eut la désagréable impression que si Jason était de mauvaise humeur, ça n'avait pas uniquement à voir avec la possibilité qu'elle lui ait menti. Elle avait la sensation que, peut-être, Jason lui en voulait pour autre chose. Que Jason lui en voulait de la présence de Basile. Alors, elle se sentit obligée de clarifier ce point aussi.

- Je t'assure que je n'ai jamais dit à Basile de venir. Il est venu de lui-même. Ces moments ont toujours été les nôtres, et ceux de Raven, quand elle venait. Mais jamais je n'aurais dit à quelqu'un qui ne fait même pas du Quidditch de venir…

Jason souffla, légèrement soulagé d'entendre cela. Pourtant, ce n'était pas ce qu'il voulait entendre, Lily le voyait bien. Il était toujours contrarié, agacé contre elle, mais contre lui aussi. Et alors qu'elle pensait que la situation ne pouvait pas être plus bizarre – Jason agacé contre elle, c'était encore du jamais vu ! – il la surprit. À nouveau.

- Qu'est-ce que tu penses de Martell, au final ?

Lily recula d'un pas. Elle regarda Basile par-dessus son épaule, qui l'attendait patiemment, puis fixa Jason.

- Basile ?

Lily hésita un bref instant, alors que Jason patientait.

- Pourquoi cette question ?

- Lors de la sortie à Pré-au-Lard, tu m'as dit que tu voulais apprendre à le connaître. J'ai cru que cela voulait dire que le sujet me concernait un peu, donc je te le demande, aujourd'hui : qu'est-ce que tu penses de Martell ?

- Je… je ne sais pas, dit Lily, légèrement confuse.

- Tu passes tes journées avec lui, ou presque. Tu as bien dû te faire une certaine opinion, à force, insista Jason, la mâchoire tendue.

- Pourquoi est-ce que tu me poses cette question comme si ma réponse allait me condamner ? répliqua Lily en relevant le menton, les yeux pleins de défi.

- Je ne fais pas ça, soupira Jason. Je veux simplement savoir.

Lily se mordilla la lèvre, le regard fuyant.

Ces derniers jours, après que le malentendu se soit dissipé avec Matt et Meredith, ces derniers n'avaient rien fait pour interférer lors des échanges de Lily et Basile. Ils les avaient même légèrement encouragés. C'était peu visible, mais c'était une amélioration considérable, quand deux semaines plus tôt, ils faisaient en sorte d'éloigner Basile de Lily. Effectivement, elle avait passé plus de temps avec lui, et oui, ça aurait dû suffire pour qu'elle se fasse une opinion. Pourtant, elle sentait qu'elle passait à côté de quelque chose. Elle ne savait pas quoi, elle n'était même pas certaine que ça ait un lien avec Basile ou avec elle, mais quelque chose n'allait pas, sans qu'elle ne puisse mettre le doigt dessus.

Ce dont elle était sûre, en revanche, c'est qu'à chaque fois qu'elle avait le loisir de penser uniquement à Basile, et à personne d'autre, elle faisait en sorte de penser à autre chose, pour n'avoir aucune obligation à se forger une opinion définitive, une de celles qu'elle pourrait donner à ceux qui, comme Jason, lui poseraient la fameuse question : qu'en était-il de Basile Martell ?

C'était une question qui effrayait légèrement Lily, et la réponse lui semblait encore plus angoissante.

Elle enfonça profondément ses mains au fond de ses poches, et baissa le regard, les joues soudainement brûlantes. Ça, elle le savait, c'était inhérent à la pensée de Basile, et à ces deux questions. C'était un aveu, finalement, même si elle refusait de le voir ainsi. Pourtant, c'était exactement ça : un aveu, une réponse à la question de Jason.

Elle inspira profondément, puis leva les yeux vers son ami.

- Je l'apprécie bien. Plus que bien, même, confessa-t-elle.

Elle crut un instant qu'elle avait imaginé avoir parlé, ou bien qu'elle l'avait fait si faiblement que Jason n'avait pas pu l'entendre. Il ne bougeait pas, ne faisait pas mine de l'avoir entendue, n'avait aucune réaction, ne fronçait pas les sourcils, ne clignait pas des yeux… Rien. Comme si elle n'avait rien dit, rien fait. Comme s'il était pétrifié, comme s'il était immobilisé, stupéfixé. Et puis, lentement, au bout d'une longue minute, il cligna des yeux, et, sans regarder Lily et d'une voix étrangement rauque, comme celle d'une personne qui n'aurait pas parlé depuis des heures, des jours, des mois, il dit :

- D'accord.

Rien de plus, rien de moins. Il hocha la tête, les traits à la fois crispés de colère et affaissés d'une peine que Lily ne connaissait pas.

- Tant mieux. S'il en vaut la peine…, murmura à peine distinctement Jason.

- Je crois que oui…

- Alors tant mieux, murmura Jason. Bonne journée, l'Éclair.

- Bonne journée, le Vif…

En le regardant s'éloigner, Lily pensa très sincèrement que quelque chose n'allait pas avec Jason Seek, et que si elle avait cherché un peu, elle aurait compris quel était le problème. Seulement, elle n'avait pas le temps pour ça. Pas aujourd'hui. Basile était venu la voir jusque sur le terrain de Quidditch, et elle n'allait pas gaspiller le temps qu'elle passait avec lui en songeant aux sautes d'humeurs de l'attrapeur des Serdaigle. Elle fit donc demi-tour, rejoignant son camarade de Gryffondor, en se disant que si le comportement de Jason était étrange, ses questions avaient au moins eu le mérite de l'aider à faire le point sur ce qu'elle pensait de Basile, et même sur ce qu'elle pourrait éventuellement ressentir. Elle penserait à remercier Jason, un jour où il serait de bonne humeur.

Lily regarda l'heure sur le réveil de miss Sombre. Satisfaite de l'heure, et estimant qu'elle pouvait se permettre une petite discussion avec James avant d'aller se coucher, elle sortit de sous son matelas, où se dissimulait un nombre incroyable d'objets, le miroir qui lui permettait de communiquer avec son frère. Elle souffla le prénom de celui-ci sur la surface lisse, et une minute plus tard, le visage de James apparut.

Elle nota immédiatement le changement d'état de James. Au contraire de la dernière fois, il avait les yeux pétillants, et les joues rouges, comme celles d'une personne ayant trop ri.

- Salut, petite sœur ! Comment vas-tu ?

Même sa voix était enthousiaste. Lily retint un soupir de soulagement. James était, aujourd'hui, dans un bon jour. Elle croisa les doigts, et émit le souhait que cela puisse durer plus d'une journée. Elle avait conscience qu'elle se faisait des illusions, mais elle préférait tout tenter.

- Je suis stressée, répondit Lily. Mais toi, tu as l'air d'aller bien !

- C'est grâce à moi ! s'exclama Albus en apparaissant derrière James et en posant son menton sur le crâne de son frère. Je l'ai fait sortir. Avec Faith, clarifia-t-il. On est allés tous les trois dans un pub, et figure-toi qu'il s'est amusé. Incroyable, pas vrai ?

Albus éclata de rire, et Lily en fit de même, principalement parce que James souriait, et ne se renfrognait pas alors qu'on évoquait la mélancolie avec qui il partageait habituellement ses journées.

- Moquez-vous ! Mais je te rappelle, Al, que si je suis d'aussi bonne humeur, c'est grâce aux catastrophes que tu as commises toute la soirée…

Lily rit, contente de les voir aussi joyeux. Alors qu'Albus rappelait à James qu'il avait promis de ne pas mentionner une seule fois ce fait pour les trois prochaines semaines, durée pour laquelle Albus avait accepté de faire le ménage chez son frère, Lily se surprit à croire qu'elle était avec eux, dans l'appartement de James. Elle aurait voulu sortir de Poudlard, quitter l'école sans se retourner, et ne pas y remettre les pieds. Que tout soit fini. Elle n'avait pas envie de vivre ça. Aucune envie de continuer à sentir le stress qui la rongeait, aucune envie de se dire que demain, lorsqu'elle se lèverait, tous les regards seraient posés sur elle et qu'au moindre faux pas, les « On te l'avait bien dit » résonneraient jusqu'à ce que ses oreilles en bourdonnent.

Seulement, on n'a pas toujours ce qu'on veut dans la vie, et Lily le sut à l'instant où ses frères cessèrent de se chamailler pour retrouver des airs sérieux et se concentrer sur elle.

- Tu nous appelles parce que tu es stressée, pas vrai ? grimaça Albus.

En réponse, Lily lui renvoya sa grimace.

- On se doutait un peu que ça arriverait, dit James. C'est normal, après tout. Il s'agit de ton premier match en tant que capitaine, et avec les déboires de début d'année, on peut comprendre que ton stress soit au maximum…

Lily ne répondit rien à cela. Il était certain que son stress était maximal, et elle avait beau tout faire pour ne pas y penser, le simple fait de se dire qu'elle était capitaine lui nouait l'estomac. Cela dit, à bien y réfléchir, elle préférait que son estomac soit noué plutôt que d'avoir envie de rendre tout ce qu'elle avait mangé – et bien plus.

- Tu vas tous les écraser, petite sœur ! lui assura Albus.

Lily soupira.

- Ce n'est pas ça le problème, Al, et tu le sais très bien. L'attrapeur des Serpentard ne fait pas le poids. Il est lent, et ne verrait pas le Vif d'Or, même si on le lui mettait sous les yeux. Et s'il le voyait tout de même, il ne pourrait pas l'attraper, à moins qu'on le lui mette dans les mains. Non, ce qui me fait plus peur, c'est l'équipe dans son ensemble. Je ne suis pas sûre que la cohésion des Gryffondor soit encore assez bonne pour un match…

En fait, Lily était même certaine que ce n'était pas le cas. Sally jouait de son côté, sauf si on lui rappelait à intervalles réguliers qu'il y avait deux autres poursuiveuses avec elle. Seulement, Lily ne pourrait pas le lui dire, demain, lors du match. Gavin se décalait toujours trop sur la gauche, et Lily savait que les poursuiveurs de Serpentard le verraient en moins de vingt minutes. Quant aux batteurs, elle avait plutôt confiance en eux, mais elle n'était pas certaine que Samantha serait capable de tenir tout un match, si celui-ci devait durer longtemps – son endurance laissait encore à désirer.

- Tout va bien se passer, Lily, la rassura James d'une voix douce.

- C'est certain. Les Serpentard vont perdre, et toute l'école verra que tu as bien fait de changer toute la dynamique de ton équipe, ajouta Albus.

Lily sourit faiblement.

- J'aimerais bien que vous veniez, demain…

En disant cela, elle réalisa à quel point cette demande était surréaliste, et puérile. Bien sûr qu'ils ne pourraient pas venir. Ils n'avaient aucune raison de revenir dans l'école pour un simple match entre élèves. Les seuls qui viendraient et qui n'appartenaient pas à l'école seraient des sélectionneurs.

Le simple fait de savoir que des professionnels du Quidditch seraient présents le lendemain, au cours du match auquel elle participerait en tant que capitaine, renoua le ventre de Lily avec violence. Presqu'immédiatement, la douleur disparut, mais des nausées violentes l'assommèrent alors.

- Waouh, siffla Albus. Tu viens de passer par toute une palette de couleurs de visage, c'était plutôt impressionnant…

Lily aurait souhaité lui lancer un regard noir, mais elle ne s'en sentait pas la force, pour le plus grand bonheur d'Albus, qui se garda toutefois de faire le moindre commentaire désobligeant. James, après avoir lancé un regard inquiet à sa sœur, décida d'agir en tant que frère aîné responsable.

- Albus, arrête de l'embêter. Lily, je pense que tu devrais aller te coucher, cela te ferait du bien, et ça t'empêcherait de penser au match.

Elle aurait voulu protester, mais James avait raison. Même si elle détestait le dire, son frère la connaissait bien, et il savait que si elle allait se coucher maintenant, elle serait en forme le lendemain pour le match de Quidditch.

- Très bien, soupira Lily. Merci pour le conseil… et pour la discussion.

- De rien, répondirent Albus et James.

- Et n'oublie pas de nous faire un compte-rendu détaillé, demain ! exigea James avant de couper la communication.

Lily hocha la tête, même si son frère ne pouvait plus la voir. Elle glissa son miroir sous le matelas puis se glissa sous ses couvertures, avant d'ôter ses lunettes.

Plus qu'une nuit de sommeil.

Plus qu'un petit-déjeuner.

Et elle serait sur le terrain.

Doux Merlin.

Lorsqu'elle se réveilla, le matin du match, Lily eut l'impression qu'elle n'avait pas dormi. À dire vrai, le ciel était toujours noir, et un coup d'œil sur le réveil de Miss Sombre après avoir mis ses lunettes sur son nez lui confirma qu'elle venait de gâcher trente précieuses minutes de sommeil. Elle soupira, et laissa ses pensées vagabonder, jusqu'à ce qu'elles arrivent à songer au match qui aurait bientôt lieu. Aussitôt, son estomac se tordit violemment, ses mains tremblèrent, et elle se maudit copieusement de ne pas avoir refusé le poste de capitaine. Si elle n'avait été qu'une simple joueuse, il n'y aurait eu aucun stress. Seulement une vague angoisse à l'idée d'être sur le terrain pour l'affrontement que tous connaissaient et appréhendaient, celui des Gryffondor contre les Serpentard. Peut-être qu'elle pourrait rendre son insigne à la fin de ce match. Cela lui éviterait des douleurs dues au stress lors des prochaines rencontres.

La jeune fille hésita un instant, avant de finalement se décider à se préparer. Elle enfila sa tenue de Quidditch pour les matchs, qu'elle gardait toujours dans son dortoir, puis descendit dans la salle commune. Elle entendit qu'on l'appelait, qu'on lui faisait des signes de la main, mais elle ne répondit pas. Elle ne voulait pas être déconcentrée. Elle se dirigea comme une automate jusqu'à la Grande Salle, évitant les pièges sur sa route par automatisme, preuve s'il en fallait qu'elle connaissait parfaitement le château et qu'elle n'avait aucun besoin d'aide pour s'y repérer.

Lorsqu'elle entra dans la Grande Salle, elle eut la sensation qu'à la fois, tous les élèves la regardaient et, qu'en même temps, aucun ne la regardait. Comme si elle était intéressante, et qu'à la fois, elle était insignifiante. L'une comme l'autre des possibilités la terrifiait.

Elle s'installa à sa place habituelle, le plus loin possible du passage des élèves, pour être certaine qu'elle n'aurait personne dans son dos. Elle regarda autour d'elle. Sally Sloper était déjà là, Samantha Dubois aussi, et Gavin Crivey ainsi que Marcus O'Neil. Il ne manquait plus que Cleo Abercrombie et Juliet Sloper.

Ne pas s'inquiéter pour ses deux joueuses, elles allaient arriver. Elle devait se concentrer sur elle-même. Même si ça lui semblait improbable, à l'heure actuelle, elle devait songer à elle uniquement. Cela commençait entre autre par son petit-déjeuner.

Et le simple fait de penser que de la nourriture pouvait entrer dans son corps lui donna une nausée plus violente que toutes celles qu'elle avait déjà ressenties. Elle remplit tout de même son assiette de tout ce qu'elle trouvait à portée de mains, mais elle n'y toucha pas. Elle se contenta de fixer longuement la nourriture.

Elle la regardait toujours lorsque quelqu'un s'installa en face d'elle. Elle leva rapidement les yeux, puis les rabaissa.

- Salut, Basile.

- Salut… Tu comptes manger, à un moment ? demanda-t-il gentiment.

Lily grimaça, en espérant que cela puisse passer pour un sourire, mais l'expression de Basile lui fit comprendre qu'elle avait lamentablement échoué.

- Tu dois manger, Lily, lui dit-il doucement. Potter l'Éclair n'est pas devenue Potter l'Éclair en allant sur le terrain le ventre vide, lui rappela-t-il.

Cette fois, le sourire de Lily fut presque sincère, et Basile se pencha un peu vers elle.

- Je me doute que ça ne doit pas être facile, et que tu dois être particulièrement stressée, mais tu dois passer au-dessus de cela pour montrer à tout le monde que tu as bien fait de faire ce que tu as fait, et que tes choix en tant que capitaine étaient les bons. Tu comprends ce que je veux te dire ?

- Je crois que oui…, murmura Lily. Mais je ne suis pas sûre que mon estomac accepte de garder quoi que ce soit.

La grimace de Basile était éloquente, et Lily songea qu'elle aurait mieux fait de garder pour elle cette image peu valorisante. Elle rougit furieusement, ce qui fit disparaître le trouble de Basile. Il tendit le bras, et poussa l'assiette de la jeune fille un peu plus vers elle.

- Mange un peu, l'encouragea-t-il.

Lily se mordilla la lèvre. Elle n'avait pas faim, ou, plutôt, elle tentait de se convaincre qu'elle n'avait pas faim. Malheureusement, son estomac gargouilla à ce moment même, convainquant ainsi Basile d'insister encore un peu. Et, chose étrange et inédite, Lily écouta Basile. Elle écoutait les autres, bien sûr, mais généralement, lorsque la discussion portait en partie sur le Quidditch, elle ne faisait confiance qu'à de très rares personnes… dont Basile ne faisait pas partie. Sauf aujourd'hui.

Elle prit sa fourchette, et se mit à manger, arrachant un sourire à Basile, qui lui confirmait qu'elle faisait bien de manger, surtout que les autres joueurs avaient presque terminé de se nourrir, et qu'à ce rythme-là, elle serait en retard sur eux. Or, être la capitaine et être en retard n'était vraiment pas ce qu'elle souhaitait. Au fur et à mesure des bouchées que prenait la jeune fille, le sourire de Basile se faisait plus éblouissant.

La grimace dégoûtée à Jason, à la table des Serdaigle, lui déformait les traits, mais ça, Lily ne le remarqua même pas.

Elle était plutôt concentrée sur Basile qui réussissait à lui faire oublier le stress d'avant-match.

Du haut de son balai, Lily réussissait à garder son calme, malgré tout. Malgré les erreurs stupides qu'avaient commises les Trois Mousquetaires, malgré Gavin qui n'arrêtait pas de se déporter à gauche, malgré Marcus qui avait réussi à rater un Cognard en début de match, Cognard qui avait terminé sa course contre le coude de Lily. Samantha était la seule qui n'avait pas laissé la pression la submerger, et ça, Lily n'allait pas le pardonner à ses coéquipiers.

Ou, plutôt, elle n'allait pas se pardonner d'avoir commis cette erreur aussi stupide de les préparer aussi mal à ce premier match.

Gryffondor était largement mené. Ce n'était pas irrattrapable, mais c'était déjà bien assez, et Gryffondor ne s'en sortirait avec dignité que si elle réussissait à attraper le Vif d'Or avant Liechmann qui, apparemment, avait fait de gros progrès sur son jeu depuis la fin de l'année précédente. Dire que l'année dernière, il peinait à grimper sur son balai dans le bon sens…

Lily serra les dents, et laissa le vent la déporter légèrement de sa trajectoire initiale, évitant ainsi un Cognard. Gryffondor encaissa au même moment un nouveau but, et elle refréna l'envie de fermer les yeux. Le Vif d'Or. Elle devait se concentrer sur le Vif d'Or.

Quatre-vingt-dix points à trente, ce n'était rien. Elle pouvait encore rattraper ça. Elle allait le faire, même.

Elle se remit en quête du Vif d'Or, profitant de s'approcher de la zone des buts pour faire comprendre à Gavin qu'il devait arrêter de tant se déporter sur la gauche, et qu'il ferait mieux de couvrir tous les anneaux. Le message parut passer. En tout cas, il arrêta le Souafle suivant, au grand soulagement de Lily. Celui d'après, en revanche, il le laissa passer.

Les poursuiveuses étaient totalement dépassées. Pourtant, Lily avait cru que Sally et Juliet, cousines qui avaient l'habitude de jouer ensemble, seraient capables de créer une dynamique dans laquelle elles incluraient Cleo. Malheureusement, ce n'était pas le cas, et Sally fatiguait, Lily le notait. Elle qui croyait que la plus âgée serait celle qui serait la plus endurante, elle s'était lourdement trompée.

Elle essayait de retirer du positif de ce match, et elle réussit même à se dire qu'au fur et à mesure que les minutes s'écoulaient, les joueurs prenaient conscience de leurs erreurs, puisque Gavin réussissait à se concentrer sur tous les anneaux, et que Cleo marqua un nouveau but, permettant de monter le score à quarante du côté des Gryffondor.

Seulement, cela n'était pas suffisant, réalisa Lily lorsque Patterson marqua le onzième but des Serpentard.

Elle devait vraiment trouver le Vif d'Or.

Ou Gryffondor allait se faire laminer, et tous ne cesseraient de lui reprocher les choix qu'elle avait faits pour son équipe.

Le point fort des Serpentard était l'attaque. Ils la maîtrisaient à la perfection, et c'était ainsi qu'ils gardaient un certain avantage lors du championnat de Poudlard. Ils étaient capables d'être un danger pour les équipes qui avaient un bon attrapeur parce que, s'ils n'en possédaient pas, eux savaient marquer. Lily voyait bien qu'ils s'étaient encore améliorés depuis l'année précédente.

Dans un élan de masochisme, Lily focalisa son attention sur le commentateur, pour savoir ce qui se disait.

- Serpentard domine largement la rencontre, et les Gryffondor sont totalement dépassés par ce qui se passe sur le terrain. Du côté des…

Lily oublia la voix du commentateur. Elle ne pouvait pas se permettre de l'écouter. Elle continua sa recherche du Vif d'Or, grimaçant lorsque les deux buts suivants des Serpentard se suivirent à même pas cinq minutes d'intervalle.

Lily se força à respirer profondément, et elle se surprit en train de prier pour trouver rapidement le Vif. Gryffondor ne pouvait pas se permettre ça. Pas aujourd'hui. Elle était bien meilleure que Liechmann, elle le savait. Elle n'avait plus qu'à le prouver.

Le quatorzième but de Serpentard la laissa de marbre.

Elle venait de repérer le Vif d'Or.

- Potter a vu le Vif ! entendit-elle lorsqu'elle descendit en piqué vers la petite boule dorée.

Elle oublia tout, pendant une fraction de secondes. Elle oublia de regarder où étaient les Cognards, elle ne songea pas à se demander si le nouveau but qui venait d'être inscrit était pour les Serpentard ou pour les Gryffondor. Elle se concentra uniquement sur la petite balle dorée, la petite balle qui lui permettrait d'éviter à Gryffondor une défaite lourde, honteuse et douloureuse, qui resterait gravée jusqu'à la fin de l'année dans la mémoire de chacun. Elle ne voulait vraiment pas de ça.

La défaite de Gryffondor ne serait pas pour aujourd'hui, songea-t-elle en attrapant la balle et en entendant les cris de soulagement de la tribune des Gryffondor.

Sa défaite en tant que capitaine, en revanche, risquait d'être ancrée dans l'esprit de chacun pour un long moment.

Le silence dans les vestiaires de Gryffondor était tel qu'une personne non avertie y pénétrant aurait pu croire que l'équipe venait de perdre son premier match. Pourtant, c'était tout le contraire. Ils avaient gagné. L'humeur n'était pas à la fête pour la simple raison que les sept joueurs avaient totalement conscience que cette victoire n'était pas réellement méritée. Ils auraient pu faire bien mieux.

Ils auraient dû faire bien mieux.

Lily inspira profondément. Elle posa ses mains sur ses genoux, les fixa quelques instants, avant de se lever précautionneusement.

- Il n'y aura pas de débriefing aujourd'hui.

La tension et la colère dans sa voix étaient perceptibles par tous, et ils tressaillirent sous le choc d'entendre ces deux humeurs dans le ton de leur capitaine. Elle n'était pas réputée pour perdre le contrôle d'elle-même, mais les joueurs se doutaient que si le débriefing n'avait pas lieu le jour même de leur match, c'était parce que Lily Potter ne se sentait pas en mesure de le faire sans perdre son sang-froid. La victoire aurait dû être plus facile, les erreurs idiotes n'auraient pas dû être commises. Et pourtant, elles le furent.

- On se voit demain, à vingt heures, sur le terrain, ajouta Lily. Et vous avez intérêt à avoir songé à vos erreurs du jour, parce que tous, vous allez devoir me les rapporter. Peu importe le temps que ça prendra.

Sur ces mots, Lily se dirigea vers la sortie des vestiaires.

- Je vous laisse refermer, termina-t-elle.

Et elle se moqua totalement que des personnes soient dans son dos. Elle avait bien d'autres choses à penser.

À peine était-elle dehors qu'une grande fatigue s'abattit sur ses épaules. Elle voulait parler de ce match catastrophique, mais elle ne voulait pas en parler avec quelqu'un qui analyserait chacune des erreurs qu'elle avait pu faire en tant que capitaine. Elle voulait mettre des mots sur ce qu'elle avait raté dans les entraînements, sans que la personne qui l'écouterait lui fasse le reproche qu'elle aurait dû prévoir de telles lacunes dans sa stratégie. Elle voulait revivre ce match, mais au calme. Pas avec des personnes qui tenteraient de lui remonter le moral. Pas avec Meredith, pas avec Matt, pas avec Louis ou Hugo, pas avec ses frères ou ses parents. Et pas avec Jason. Pas alors qu'il l'avait supportée dans sa décision, et qu'elle prouvait que cette décision était mauvaise.

Elle voulait une oreille attentive, rien de plus. Quelqu'un qui n'avait rien à voir avec le Quidditch.

- Eh, Lily…

Elle se retourna vivement. À côté de la porte des vestiaires se tenait Basile. Il lui sourit maladroitement, et Lily essaya de lui rendre son sourire, sans y parvenir totalement.

- Je me doute que ça ne va pas trop, murmura Basile.

- On fait aller, répondit Lily en haussant les épaules.

Il secoua doucement la tête.

- Même moi, je ne te crois pas, c'est pour dire à quel point tu as l'air mal…

Lily étouffa un rire amer.

- Ce match était nul. À oublier…

- Non… Tu n'as pas envie de l'oublier, j'en suis certain, murmura Basile.

À nouveau, elle haussa les épaules. Il l'avait bien cernée, mais elle n'allait pas le lui avouer.

- Tu veux en discuter ? proposa Basile. On pourrait aller rejoindre Meredith, et Matt, et…

- Non, le coupa Lily.

Basile se tut immédiatement.

- Je ne veux pas en parler avec trop de monde, expliqua Lily.

- Oh… Dans ce cas, est-ce que tu veux que…

Basile se tut et regarda autour de lui, apparemment gêné par ce qu'il voulait dire.

- On peut en parler que tous les deux, si tu le souhaites, lui proposa-t-il rapidement.

Aussitôt, il rougit, mais Lily ne le remarqua même pas.

Elle venait de réaliser qu'effectivement, Basile était certainement l'oreille attentive dont elle avait affreusement besoin. Elle rougit à cette simple pensée, avant de hocher la tête, son visage se fendant d'un sourire.

- Oui, on peut faire ça… Mais on reste dehors. Je n'ai pas envie de retourner dans la salle commune, et entendre les reproches, les murmures, et toutes les paroles désagréables ou pleines de compassion qui vont m'être faites…

Compréhensif, Basile hocha la tête, et rejoignit Lily en deux enjambées. Il glissa son bras sous celui de la jeune fille, et lui désigna les gradins. C'était encore l'endroit où ils seraient le mieux installés pour leur discussion.

Lentement, ils s'y dirigèrent. Aussi lentement qu'ils réalisaient que ce contact avec l'autre ne leur déplaisait certainement pas.


Note d'auteur.

Bon, j'ai oublié de le faire la semaine dernière, donc je vais le faire immédiatement cette fois : merci DelfineNotPadfoot pour les corrections hebdomadaires ! Surtout que vu son emploi du temps actuel, c'est un peu un miracle qu'elle trouve le temps de le faire.

Sinon, merci beaucoup à vous tous pour vos superbes reviews ! Et d'ailleurs, tant que j'y pense, je m'en vais faire les réponses aux reviews des anonymes :

titietrominet, sache que l'envie de prendre Jason dans tes bras est totalement naturelle, et même plutôt saine, ah ah ! C'est Jason, quoi ;). Moi-même, j'ai du mal à écrire qu'il s'intéresse à Lily. J'ai plutôt envie qu'il s'intéresse à moi, vois-tu ! Si tu veux tout savoir, c'est généralement Meredith qui gagne à la bataille explosive ; Matt aime trop voir les cartes exploser, et Lily se laisse facilement distraire ;)... Merci pour ta review :)

Curieuse, tout d'abord, bienvenue ! Parce que je ne crois pas qu'on se soit déjà croisées ? Aucun souci pour une seule et même review, surtout que te répondre sur Invisible aurait été plutôt compliqué, maintenant que sa publication est terminée. Alooors, une trilogie concernant Albus et Faith... Je comprends ton raisonnement, c'est vrai que ça serait logique ;). Seulement, je n'ai pas tant l'imagination pour cela. Et puis, pour être honnête, ça serait bien trop fatigant à écrire. Faith et Albus passent leur temps à se disputer ! Ils ne savent communiquer que cette façon, c'est horrible ! Du coup, écrire toute une histoire sur eux serait vraiment trop, trop lourd. Je ne pense pas pouvoir le faire, malheureusement. Pour entamer la deuxième partie de ta review, je te rassure, je suis plutôt rassurée de voir des choses qui te dérangent, parce que j'aurais peur sinon, si tout te convenait ^^ Je vais essayer de répondre à ce que je peux répondre. Pour être honnête, euuuuh... Je n'ai jamais été capable de mettre Scorpius dans une maison, dans Invisible ^^'. Le fait que tu sois la première à le remarquer m'étonne, mais voilà, hum. Pas le plus beau moment de ma vie. Je pense quand même qu'il est à Serpentard ; mais Poufsouffle lui convient aussi tout à fait ;) ! Donc là, pour le coup, c'est du choix du lecteur. Il me semble que pour Albus, il est dit qu'il était à Gryffondor, mais peut-être que non ? Là, je t'avoue que je doute. Quant aux capitaines, il est vrai que ce n'est pas forcément appuyé, et que je ne rappelle pas leur maison, parce que j'avais peur que ce soit un peu lourd, vu la distance qui est prise avec eux dès le début de l'histoire. Mais je vois que ça peut embrouiller, donc je ferai en sorte de le rappeler plus clairement dans un prochain chapitre :) Pour le temps qui passe, là, je ne peux rien te dire, à part que c'est le point de vue des personnages, et qu'il faut s'adapter avec eux, du coup ^^' Quant aux anagrammes, bah... pareil, je n'ai pas grand-chose à te dire, si ce n'est qu'un anagramme, ce n'est jamais simple à résoudre ;) ! Merci pour cette loooongue review, à laquelle j'ai longuement répondu, du coup...

Bon, revenons-en à ce chapitre ! Comme vous pouvez le constater, tout ne va pas ultra bien dans l'équipe des Gryffondor. Leur premier match ne s'est pas super bien passé, et évidemment, c'est Basile qui vient en parler à Lily le premier... Là, j'en connais plus d'une qui vont sauter au plafond (mais il est interdit de trop se plaindre de Basile dans vos reviews, j'ai souvent envie de me taper la tête contre les murs quand j'écris sur lui, ne retournons donc pas le couteau dans la plaie ^^)

Je ne crois pas avoir autre chose à vous dire, je vais donc vous laisser là-dessus. Ah, si, simplement ! Je ne serai pas en France les deux prochaines semaines, pour la publication des chapitres ; mais elle aura toutefois bien lieu ! Seulement, il y aura peut-être un décalage pour vous, à cause du décalage horaire. Voilà, sur ce, je vous souhaite une bonne semaine. Moi, je vais me regarder un petit film, au lieu de travailler, ah ah !