Disclaimer : Harry Potter, qu'on ne devrait même plus présenter, appartient à J.K. Rowling. Et moi, à mes heures perdues, j'écris des fanfictions sur cet univers.
… Ou pas si tranquille que cela.
Cela faisait deux jours que Lily avait rompu avec Basile, et, pour le moment, elle avait gardé l'information pour elle. Elle ne doutait pas que Basile en ait déjà parlé à des amis, mais de son côté, elle voulait savourer cette nouvelle liberté seule. Non pas que sa relation avec Basile l'ait enfermée dans un quelconque carcan. Simplement, elle se sentait très bien toute seule, et elle voulait profiter de cette nouvelle étape dans sa vie sans personne pour la partager avec elle.
En plus, elle était persuadée que la plupart de ses amis, ou connaissances, ou membres de sa famille, chercheraient à la consoler, alors qu'elle ne ressentait pas du tout le besoin d'être consolée.
Enfin, presque pas. Elle devait reconnaître qu'une petite partie de son être était mal. Non pas du fait de la rupture même, sinon du fait qu'elle avait l'impression d'avoir pris un chemin qui n'était pas du tout le sien en sortant avec Basile. Or, cette constatation l'effrayait. Lily avait toujours été connue pour ses décisions réfléchies, posées, et qui donnaient du sens à sa vie. Et à présent, elle se disait qu'elle avait fait fausse route pendant non pas quelques semaines, sinon plusieurs mois. C'était vertigineux, et légèrement agaçant. C'était la seule ombre au tableau de sa rupture.
C'était pour cela que Lily se retenait d'en parler à qui que ce soit. Elle était effrayée par l'idée que dans son entourage, on lui fasse remarquer l'erreur qu'elle avait commise en se mettant en couple avec Basile. C'était typiquement le genre de réflexion qu'elle ne voulait pas entendre. Elle s'en voulait déjà bien assez comme ça.
De plus, Lily avait craint que ses amis changent leurs plans de vacances pour venir la voir, une fois qu'elle leur aurait confié la nouvelle, ce qu'elle ne désirait surtout pas. Elle se refusait d'être la personne qui leur demandait de bouleverser tout leur programme pour venir lui parler. Et puis, elle estimait être en capacité de pouvoir gérer toute seule ce changement dans sa vie. Non, vraiment, Lily n'avait pas besoin de l'aide de quiconque. Elle était très bien toute seule.
Pour être aussi totalement honnête, elle ne se sentait pas très fière d'avoir rompu avec Basile juste après l'avoir présenté à ses parents, et elle n'avait aucune envie qu'on lui en fasse la remarque.
Définitivement, Lily avait envie de digérer sa rupture toute seule. Et avec beaucoup de Quidditch, si possible.
Sur ce dernier point, elle était plutôt chanceuse. Habituellement, elle couvrait avec sa mère quelques petits matchs, jamais des matchs très importants et dont l'enjeu était de taille. Cet été, toutefois, était différent. Comme quatre ans auparavant, les équipes de Quidditch du monde entier cherchaient à se qualifier pour la Coupe du Monde qui aurait lieu l'année suivante. Sa mère étant une journaliste sportive reconnue, elle était souvent envoyée pour couvrir les matchs – et elle réussissait toujours à emmener Lily dans ses valises. Avant, ses trois enfants venaient avec elle, mais maintenant qu'Albus et James travaillaient, ils n'avaient plus le temps. De plus, ils avaient leurs occupations. Ginny se rappelait parfois avec nostalgie de l'époque où ses trois enfants la suivaient sur les terrains, et se calmaient enfin lorsqu'ils voyaient apparaître des balais dans leur champ de vision. Elle se souvenait aussi de ce temps où ils portaient des plumes de rechange pour leur mère, qui avait la fâcheuse manie de les briser lorsqu'elle était en déplacement. Si elle n'avait plus trois enfants à côté d'elle pour porter ses affaires de secours, Ginny avait toutefois Lily, qui avait souvent des remarques pertinentes sur les matchs qui se déroulaient sous ses yeux.
Ginny jeta d'ailleurs un coup d'œil en coin à sa fille. Lily semblait légèrement ailleurs, depuis quelques jours. Elle avait beau être une mère attentive, Ginny n'était pas en mesure de savoir ce qui perturbait réellement Lily. Elle avait toujours laissé à sa fille la possibilité de garder le silence si elle le souhaitait, mais elle sentait bien qu'aujourd'hui, la jeune fille avait besoin de se confier. Jeune fille, ou jeune femme, songea avec nostalgie Ginny. Lily avait eu dix-sept ans, et elle avait eu du mal à retenir un sanglot lorsqu'elle avait offert à sa dernière la montre des sorciers entrant dans l'âge adulte. La seule chose qui l'avait rassurée, et lui avait fait comprendre que Lily aurait encore besoin de ses parents un temps durant, c'est que la jeune fille n'était pas très douée en transplanage, et préférait de loin le transplanage d'escorte, ce qui faisait qu'elle demandait encore à ses parents de l'emmener à différents endroits.
Ginny soupira et se concentra sur le match. Les sourcils froncés de Lily ne l'aidaient pas à lui demander des explications. Elle n'était pas certaine que sa fille soit prête à s'ouvrir, et, en même temps, Ginny se demandait si le silence de Lily n'était pas dû à de la concentration. Parfois, elle aurait voulu que Lily soit aussi ouverte qu'Albus. Si leurs trois enfants avaient pu être aussi prolixes que leur deuxième enfant, Harry et Ginny auraient eu bien moins de soucis à se faire…
Les gradins étaient quasiment vides. Personne ne faisait le déplacement pour le match opposant le Burkina Faso à l'Afrique du Sud. Seuls les journalistes étaient présents, dans l'espoir de glaner des informations et de découvrir de nouveaux espoirs, qui promettraient une Coupe du Monde surprenante. Pour l'instant, cela dit, rien ne sortait de l'ordinaire. L'Afrique du Sud dominait largement la rencontre.
Ginny écrivit quelques mots sur la nouvelle poursuiveuse du Burkina Faso avant de se tourner vers Lily, qui avait changé de position. Les coudes sur les genoux, elle avait les mains en coupole, sur lesquelles se posait son menton, et fixait le terrain avec une intensité qui ne lui ressemblait pas. Ginny se décida à bousculer un peu les choses.
- Tu penses quoi, du match ?
- Hum ?
Ginny fronça les sourcils. Lily ne demandait jamais de répéter quoi que ce soit, lorsqu'il s'agissait de Quidditch. Ginny réitéra donc sa demande, Lily la regardant à présent.
- Oh. Pas grand-chose, reconnut Lily avec une petite moue. Le résultat est évident. Dommage. Le Burkina Faso a de bons balais, mais une mauvaise défense…
La jeune femme soupira, et se redressa.
- Ils se battent quand même avec courage.
Ginny devait bien reconnaître cela. Si le résultat était couru d'avance, ce n'était pas pour autant que les futurs perdants se laissaient faire. Ils défendaient leur honneur.
- Hâte d'être à l'année prochaine, pour les véritables matchs ? demanda Ginny avec un léger sourire.
Comme elle pouvait s'y attendre, le regard de Lily s'illumina. Elle vivait Quidditch.
- Bien sûr ! Oh, ça va être tellement bien… Même si l'Écosse ne va jamais réussir à se qualifier, grimaça la jeune fille au désespoir.
L'Écosse était l'équipe que supportait Lily, depuis toujours. Elle était en grande admiration devant l'hymne, les mascottes, l'engouement des supporters.
Ginny éclata de rire. Si Ron entendait cela, il deviendrait fou. Pour lui, que Lily supporte l'Écosse était une hérésie, tout comme il n'avait jamais compris qu'on puisse supporter une autre équipe que les Canons de Chudley. Il avait vécu comme une trahison que Ginny joue pour les Harpies.
- Est-ce que tu voudras que je demande des places supplémentaires dans les loges ? demanda doucement Ginny.
Lily sourit et hocha la tête.
- Volontiers ! Matt et Meredith seront ravis d'avoir de bonnes places.
Ginny ne répondit pas tout de suite. Elle attendit qu'une réaction se fasse remarquer sur le visage de Lily, mais rien ne vint. Elle poussa donc un peu le destin en insistant.
- Je ne pensais pas à eux deux, à vrai dire…
Lily regarda sa mère sans comprendre. Et puis, horrifiée, elle ouvrit de grands yeux, avant de se mordre la lèvre inférieure, ne sachant où se mettre. Ginny comprit alors ce qui dérangeait Lily depuis quelques jours. C'était en lien avec Basile. Forcément.
- Je pensais à Basile…
La grimace de Lily fit comprendre à Ginny qu'en effet, quelque chose n'allait pas avec le petit ami de sa fille.
- Oui…, murmura Lily en repoussant ses lunettes sur son nez avant de tirer sur un nœud de sa tignasse. Basile. Ouais…
Elle rit nerveusement, osant à peine regarder sa mère qui voyait bien la gêne qui empourprait les traits de sa fille.
- Il y a un problème avec Basile ?
Le regard de Lily se fit de plus en plus fuyant, avant qu'elle ne rende finalement les armes.
- D'accord, souffla la jeune fille. En même temps, je ne vais pas cacher la nouvelle indéfiniment… J'ai rompu avec Basile.
- Oh…
- Non, ne prends pas cet air désolé, maman, s'il te plaît ! la supplia Lily. C'était pour le mieux. En fait, je ne suis pas triste de cette rupture.
Lily mentait, elle était triste dans un sens, mais surtout du fait qu'elle ait été aveuglée par sa relation avec Basile. Elle réalisait que tout n'avait été qu'une mascarade, à laquelle elle aurait pu mettre fin il y avait bien longtemps déjà. Seulement, elle n'avait pas l'intention de l'avouer à sa mère.
- Je suis désolée, marmonna Lily. Je vous l'ai présenté, et juste après, j'ai rompu avec lui. Ce n'est vraiment pas bien…
Ginny lui pressa l'épaule avec sympathie. Elle n'allait pas juger sa fille là-dessus, certainement pas. Lily commettait des erreurs, comme tout le monde, et elle avait fini par dire que son histoire avec Basile en était une. Mais Ginny ne lui ferait aucun reproche à ce sujet.
- Je vais en parler à papa, Albus et James dès qu'on rentrera, soupira Lily. Mais je ne voulais pas leur dire immédiatement. J'avais besoin de faire le vide, reconnut-elle. À présent, j'y vois un peu plus clair… Je leur dirai.
Elle sourit doucement à sa mère, qui se sentit rassurée. Lily n'était pas triste de sa rupture. Ses sentiments ne semblaient pas être en miettes. Simplement, une rupture restait quelque chose de difficile, et Ginny concevait totalement que sa fille ait eu besoin d'un peu de temps pour elle pour accepter cette nouvelle situation.
Ginny arrêta donc d'observer sa fille. Si Lily était en paix avec elle-même, c'était le mieux qui puisse lui arriver.
…
Annoncer à son père qu'elle n'était plus avec Basile avait été plus simple que ne l'avait craint Lily. En fait, Harry Potter avait simplement hoché la tête, disant, un peu maladroitement, à sa fille que si elle avait besoin de parler, elle pouvait le faire. Lily savait bien sûr que son père ne serait pas à l'aise dans une telle conversation, pas plus qu'elle ne le serait elle-même. Mais, au moins, à présent, son père était au courant.
Il ne lui restait plus qu'à prévenir ses frères.
Elle leur avait donné rendez-vous dans la boutique de James, qu'il tenait seul, cette après-midi, son patron étant parti pour une raison que James avait apparemment oubliée. James n'avait jamais eu une très bonne mémoire pour tout ce qui touchait aux détails, pas plus qu'il était réellement capable d'être organisé. C'était une des principales différences qu'il avait avec son frère et sa sœur.
Lily arriva devant la boutique d'apothicaire où travaillait son frère, et poussa la porte. Comme elle pouvait s'y attendre, à une telle période de l'année, il n'y avait pas une grande affluence. Et comme elle s'en doutait, Albus n'était pas encore arrivé. La ponctualité d'Albus n'était pas sa principale qualité, loin de là. Lily se dirigea vers le comptoir, où James patientait, l'air absent.
- Salut ! dit-elle joyeusement.
James parut se réveiller en constatant la présence de sa sœur. Il lui sourit doucement, l'air un peu ailleurs toutefois. Le cœur de Lily se serra dans sa poitrine. Évidemment. James était toujours dans un tel état lorsqu'il pensait à Astrid. Et il pensait forcément à elle, en cet instant. L'été était la période la plus difficile pour James, parce que c'était à ce moment qu'Astrid avait été déclarée morte. Comme Lily ne pouvait rien faire pour changer l'état de son frère, elle se composa un sourire de façade, et répondit à son embrassade, faisant comme si elle ne remarquait pas le manque d'enthousiasme de James.
- Albus va être en retard, lui apprit James. Comme toujours…, ajouta-t-il en levant les yeux au ciel. Mais installe-toi. Tu veux quelque chose à boire ?
Lily hocha la tête, et son frère partit à la recherche de préparation à base de caféine sous le comptoir, tout en discutant avec la jeune femme de l'avancement des matchs en vue de la Coupe du Monde de l'année à venir. James en était à sourire doucement de l'agacement de Lily quant à la trop petite chance qu'avaient les Écossais de se qualifier quand la porte du magasin s'ouvrit à nouveau, et que la voix tonitruante d'Albus se fit entendre.
- Je sais, je sais, je suis en retard, mais j'ai une bonne excuse, j'avais une vente sur le feu ! Sur le feu, chaudron, vous saisissez la blague ? s'esclaffa-t-il avant de les rejoindre.
D'un coup de baguette magique, il attira à lui une chaise de l'arrière-boutique, et s'y assit, souriant de toutes ses dents.
- Oh, allez, faites au moins semblant d'apprécier ma blague…
James et Lily échangèrent un regard entendu.
- Non, répondirent-ils en chœur.
- Mais je t'ai préparé une boisson, dit James en tendant une tasse fumante à son frère, qui la prit sans hésiter.
Albus ne paraissait cependant pas vexé du manque de rires suite à sa blague. Albus ne se laissait pas décontenancer par des détails de ce genre. Il passa une main fatiguée dans ses cheveux, qui ne se plaquèrent pas pour autant sur son crâne.
- Tu devrais vraiment utiliser cette lotion, pouffa Lily.
Albus la fusilla du regard.
- Toi aussi, répliqua-t-il en lui tirant la langue. Tes cheveux forment un seul et unique nœud, à force…
Lily lui lança un regard noir. Avant que cela ne tourne à la dispute générale, James leva des mains apaisantes vers son frère et sa sœur.
- On ne se dispute pas, aujourd'hui. On est là parce que Lily veut nous parler de quelque chose. Donc, on la laisse parler, termina-t-il en offrant un regard d'avertissement à son frère.
Albus prit la mine la plus innocente dont il était capable, avant de regarder avec un intérêt non feint sa petite sœur.
- Alors, Lily, qu'est-ce que tu voulais nous dire ?
Lily se retrouva alors en proie à l'anxiété. Ce n'était pourtant pas grand-chose, ce qu'elle devait leur annoncer ! Elle se doutait même que ses frères seraient contents de la nouvelle. Mais pour autant, elle n'avait pas envie de partager trop rapidement ce qu'elle avait fait – à savoir, rompre avec Basile. Toutefois, sous l'insistance des regards de James et d'Albus, elle se retrouva incapable de résister bien longtemps. Alors, d'un seul souffle, elle lâcha :
- J'ai rompu avec Basile.
Elle compta dans sa tête. Cinq secondes. Ce fut le temps nécessaire à Albus pour tenter de gommer la joie qui peignait ses traits. James, lui, paraissait plus ennuyé.
- J'aurais bien voulu le rencontrer, tout de même…
- Non, grimaça Albus. Tu n'aurais pas voulu.
Lily lui lança un autre regard noir. Albus la toisa, narquois.
- Quoi ? Tu ne sors plus avec lui, je peux donc abandonner tout faux semblant. Cela dit, s'il a été méchant, ou quoi que ce soit d'autre avec toi, suite à la rupture, tu peux nous le dire. On ira lui refaire le portrait, se proposa-t-il joyeusement.
Lily eut du mal à retenir un sourire.
- Ce ne sera pas nécessaire. Il était plus choqué qu'autre chose. Il n'a pas vraiment bougé après notre rupture… J'ai eu le temps de partir avant qu'il ne demande trop d'explications, avoua-t-elle sans être réellement fière d'elle.
Sa remarque eut le mérite de faire rire ses frères.
- Eh ! les réprimanda-t-elle.
- Désolé, souffla James. C'est juste que c'est typiquement le comportement qu'aurait pu avoir Albus, mais de ta part, je suis plus surpris, avoua-t-il.
Lily haussa les épaules, confuse. C'était pourtant bien ce qu'elle avait fait.
- Plus sérieusement… Tu vas bien ? demanda Albus. Une rupture peut être douloureuse, même lorsque c'est nous qui décidons de rompre.
Lily sourit.
- Je vais bien, ne vous inquiétez pas.
Elle ne leur dit pas qu'elle se sentait nulle d'avoir tenté une relation qui ne menait clairement à rien. Elle ne voulait pas les entendre lui dire qu'ils avaient essayé de lui faire comprendre cela des mois durant.
Après tout, Lily allait bien, dans le sens où tous l'entendaient. Elle n'était pas anéantie par sa rupture.
Elle se sentait simplement très bête d'avoir démarré cette relation.
…
Lily avait toujours trouvé stupide d'aller seule dans un établissement pour boire un verre. Elle n'en voyait pas l'intérêt, pour elle tout du moins. Lorsqu'elle allait dans un pub, elle avait envie d'être entourée de sa famille ou de ses amis, afin de discuter avec eux, et de partager un bon moment. Jamais elle n'aurait cru qu'un jour, de son propre chef, elle pousserait la porte d'un pub et y entrerait sans être à la recherche de quelqu'un. Pourtant, c'est exactement ce qu'elle faisait aujourd'hui. Entre ses amis à qui elle n'avait toujours pas annoncé la nouvelle, et sa famille qui jonglait entre la joie qu'elle ne soit plus avec Basile et la gêne d'en discuter avec elle pour savoir si elle allait bien, Lily se sentait à l'étroit. Alors, elle avait fui la maison des Potter, et était allée traîner sur le Chemin de Traverse, avant de décider qu'il était temps pour elle de trouver un bar où s'arrêter.
C'était donc pour cela qu'elle était dans un petit pub peu connu du Chemin de Traverse, terminant sa première et unique Bièraubeurre de l'après-midi. Elle ne voulait rien d'autre qu'un petit moment de paix, et elle venait de l'avoir.
Seulement, les choses ne se passent que rarement comme on l'avait prévu, et Lily aurait dû s'en méfier. Sur le tabouret à côté du sien, une jeune femme qu'elle connaissait plutôt bien vint s'asseoir.
- Enfin, je croise une Potter qui a la tête sur les épaules ! s'exclama Faith Gomenez, avant de se tourner vers le barman. Une Bièraubeurre, et la même chose pour elle, continua-t-elle.
Lily ouvrit la bouche pour protester, mais la petite amie de son frère ne lui en laissa pas le temps.
- Chut, c'est moi qui offre. Et tu vas m'écouter me plaindre de ton frère, en échange de boissons. D'accord ?
Lily était trop abasourdie pour répondre quoi que ce soit. Alors, Faith prit cela pour un accord, et se mit à parler, et à dire tout ce que Lily aurait bien voulu ne pas savoir concernant sa relation avec son frère. Les disputes incessantes, les mots qu'ils n'arrêtaient pas de se lancer pour se faire mal, le fait que cela les blessait énormément, les silences insupportables, leurs réconciliations charnelles. Mais pas cette fois. Non, aujourd'hui, Faith Gomenez en avait marre, et le disait avec toute sa verve. Lily était d'accord, cependant. Albus avait dépassé les bornes, en n'écoutant pas Faith alors qu'elle discutait avec lui, et en lui disant qu'il n'avait pas prévu qu'ils s'installent ensemble. Son frère n'avait, bien évidemment, aucune délicatesse en réserve dès lors qu'il s'agissait de Faith – clairement, ses sentiments pour la jeune femme l'empêchaient de réfléchir calmement. Mais de là à lui dire qu'il ne voulait pas vivre avec elle, ni qu'il voulait d'enfants avec elle, alors que ce n'était même pas le sujet de la conversation… Au bout de la troisième Bièraubeurre et alors que la soirée venait de débuter, Lily sortit des mouchoirs de son sac, et les offrit à Faith, qui en fit aussitôt usage. La jeune femme avait vraiment besoin de s'épancher. Lily ferait en sorte d'aller tirer les oreilles de son frère, ensuite. Il était capable de se comporter comme le pire des goujats, lorsqu'il ne faisait pas attention à ses paroles.
Finalement, les larmes de Faith finirent par se tarir, et ses reniflements par s'espacer. Son mascara avait coulé, mais Lily arrangea cela d'un coup de baguette magique.
- Et voilà, dit-elle avec un petit sourire. Tu vas mieux ?
Faith inspira un grand coup.
- Oui, avoua-t-elle. Merci, Lily. Et désolée de t'avoir fait vivre ça…
Lily la rassura d'un geste.
- Il n'y a aucun problème. Et puis, pour une fois, ça change. Ce n'est pas moi qui suis en train de me plaindre de mes frères…
Faith éclata de rire entre deux sanglots. Elle retrouva ensuite son calme, et tenta de remettre de l'ordre dans son apparence. Lorsqu'elle en fut satisfaite, elle regarda Lily, qui lui offrit un hochement de tête en signe d'assentiment.
- Tu es très jolie. Et laisse-toi le temps de te calmer avant de retourner voir Al, conseilla-t-elle. Il n'est pas nécessaire que vous essayiez de vous parler alors que vous êtes dans un tel état… Ce serait contre-productif.
Faith sourit doucement, avant de serrer Lily dans ses bras.
- Tu as raison. Merci du conseil, Lily.
- Merci pour les Bièraubeurres ! répliqua la jeune fille.
- Je te raccompagne ? proposa Faith en se levant.
- Non, je vais rester encore un peu, dit Lily, bien qu'elle ne sache pas pourquoi cette envie venait de lui prendre.
Faith hocha la tête, et s'éloigna rapidement sur ses talons. Une véritable tornade, incapable de rester en place. C'était aussi pour cela qu'avec Albus, ils passaient leur temps à se disputer. Ils étaient trop vigoureux pour rester calmes, même au sein de leur relation.
Lily regarda les bouteilles vides, juste avant que le barman ne les fasse disparaître, et ne lui demande si elle voulait encore boire quelque chose. Elle secoua doucement la tête.
- Non, je vais y aller, dit-elle doucement.
En même temps qu'elle disait cela, elle se leva. La limite des verres était atteinte. Elle ne devait pas en boire un seul de plus, si elle voulait être certaine de transplaner sans problème. Malheureusement, cette soirée ne voulait plus se terminer. Lily venait de se lever que deux mains puissantes s'abattirent sur ses épaules et la firent pivoter violemment, malmenant son estomac.
- Voilà ce que je vous disais, les garçons ! Quand vous voulez vous faire connaître, il faut avoir les bons contacts. Et les Potter en font partie ! Lily, comment vas-tu ma petite reine ?
- Cyrus ! s'exclama Lily avec un grand sourire, avant de se faire entraîner dans une embrassade qui lui broya quelques côtes. Comment vas-tu ?
- Mais très bien, très bien !
Le sélectionneur de l'équipe dénicheuse de talents les Hippogriffes Voyageurs, Cyrus Vandermein, était un vieil ami de la famille Potter. Il avait toujours eu un faible pour Lily, et le lui disait à chaque fois qu'il la croisait. Et aujourd'hui, il était en face d'elle, dans ce pub, avec ses joueurs derrière lui. Cependant, il ne laissa pas à Lily le temps de les regarder.
- Je suis content de te voir ! J'emmenais mes joueurs en sortie, et figure-toi que je leur disais qu'il était important de se faire bien voir de certaines personnes. Dont les Potter ! ajouta-t-il avec un clin d'œil.
Lily éclata de rire.
- Tu sais très bien, Cyrus, qu'acheter un Potter est impossible, pouffa-t-elle.
Cyrus leva les bras au ciel, désespéré.
- J'ai pourtant essayé en t'offrant un Vif d'Or en peluche quand tu étais enfant, mais rien à faire, tu es restée insensible à mon charme… Mais est-ce que je peux quand même t'offrir une petite Bièraubeurre, et te présenter mes joueurs ? demanda-t-il avec une lueur d'espoir dans l'œil.
Lily grimaça.
- Pas une Bièraubeurre, mais pourquoi pas…
- Ne dis pas n'importe quoi, la coupa-t-il. Une Bièraubeurre pour la demoiselle !
La seconde suivante, Cyrus tonitruait vers le barman sa commande, et une minute plus tard, Lily avait une nouvelle bouteille à la main. Elle se retint de grimacer, et but une première gorgée, pour faire bonne mesure.
- Alors, que je te présente… Comme tu le sais, je sélectionne surtout des joueurs à l'étranger.
Lily hocha la tête, et but une petite gorgée de sa boisson, la regrettant par avance.
- Cet été, j'ai quinze joueurs. Les gars, venez ici ! s'exclama Cyrus en faisant signe à ses joueurs de venir le voir. Je vous présente une Potter, donc. Lily Potter. Retenez son nom, parce que si vous voulez que sa mère soit gentille avec vous, il vaut mieux parler en bien de sa fille. Lily, voici mes…
Mais Lily ne le laissa pas terminer sa phrase. Elle venait de reconnaître un des joueurs de Cyrus. Elle ouvrit de grands yeux.
- Jason ?!
L'ancien attrapeur des Serdaigle se tenait à l'arrière, les mains enfoncées dans les poches, et regardant à peine Lily. Mais à présent qu'elle venait de le repérer, il ne pouvait plus faire semblant de ne pas l'avoir reconnue.
- Tu le connais ? s'étonna Cyrus en les dévisageant tour à tour. Mince… C'était mon petit effet de la soirée. Je voulais te présenter le seul joueur pas étranger. Un petit génie, ce garçon… Il était à Poudlard, mais tu t'en doutes, donc.
Lily hocha la tête, ne sachant quoi dire de plus. Jason ne lui offrait pas un regard engageant, et elle ne savait pas quoi dire de plus. Elle se tourna vers Cyrus, dissimulant sa gêne dans une autre gorgée de Bièraubeurre. Elle allait vraiment le regretter.
- Jason et moi étions concurrents. Mon pire adversaire…
- Elle ne se débrouillait pas trop mal non plus, intervint Jason, l'air indifférent.
Cyrus les regarda l'un après l'autre, avant d'éclater de rire.
- Je sais bien, j'ai vu le match vous opposant ! Je voulais le présenter à ta mère, Lily, mais elle n'a pas pu faire le déplacement le jour convenu, parce qu'elle avait apparemment un repas de famille… Il paraît que tu présentais ton petit ami à ta famille ?
Lily s'étouffa avec une nouvelle gorgée de Bièraubeurre. Décidément, rien ne se passait comme prévu, ce soir.
- Oui…, murmura-t-elle du bout des lèvres, remarquant sans peine le regard noir de Jason.
- Et alors, il a été apprécié ?
Lily hocha la tête.
- Tant mieux, tant mieux… Il est là, ce soir ? s'enquit Cyrus.
Lily ferma les yeux. Autant le dire tout de suite, non ? Plutôt que de laisser cette situation perdurer…
- Il se trouve que j'ai rompu avec lui.
Cyrus ouvrit de grands yeux, mais n'eut pas le temps de dire quoi que ce soit.
- Tu as rompu avec Martell ?! s'exclama Jason, apparemment choqué.
Lily rougit, avant de hausser les épaules.
- Est-ce que nous pourrions éviter de parler de ça ? grommela-t-elle. Je croyais que tu voulais que je parle de Quidditch, Cyrus ? demanda-t-elle l'air de rien.
Cyrus hocha la tête, visiblement content que Lily relance elle-même le sujet.
- Oui ! Allez vous installer à une table, dit Cyrus. Et parlez Quidditch ! Seek, je te laisse faire les présentations avec les joueurs. Moi, je vous laisse entre jeunes.
Lily n'eut pas le temps de protester. Aussitôt, elle fut emportée par les quinze joueurs que Cyrus entraînaient, Jason la protégeant de la foule en créant un espace sécuritaire autour d'elle, de sorte à ce que personne ne soit dans son dos. Et Lily réalisa alors que Jason faisait toujours en sorte que personne ne se place dans son dos. D'ailleurs, il lui réserva une place, à la table où ils s'installèrent, contre le mur, afin que personne ne puisse passer derrière elle. Elle aurait dû remarquer tout ça, bien avant. Jason savait toujours quoi faire pour que Lily se sente à l'aise. Forcément.
Elle voulut dire quelque chose à Jason, mais elle n'en eut pas le temps. Elle fut immédiatement envahie par des dizaines de questions sur le Quidditch, les matchs qu'elle avait vus, les rencontres qu'elle avait faites. Alors, elle répondit comme elle le put à toutes les questions, essayant de faire abstraction de la présence de Jason à côté d'elle, bien que ce soit vraiment difficile. De temps à autre, Jason disait quelque chose, et Lily se rappelait pourquoi elle avait été amie avec lui, et pourquoi il lui avait tant manqué. Et pourquoi, par Merlin, elle avait tellement envie de retrouver cette simplicité avec Jason… C'était tellement bon, d'être à côté de lui. Juste ça. Elle n'en demandait pas plus. Elle voulait simplement sentir sa présence à côté d'elle, cette présence qui n'était pas teintée de leurs disputes, ni de leur éloignement, ni de la tension qui les avait habités, ces derniers mois.
En fait, elle était réellement bien, à côté de Jason. C'était sa place.
Ou peut-être que les nombreuses boissons qu'on lui servait depuis qu'elle était assise avaient pris possession de ses pensées, et l'empêchaient de réfléchir correctement. Elle avait l'esprit légèrement embrumé, mais elle se faisait toujours comprendre, apparemment, puisqu'un batteur venait de dire qu'il essaierait la feinte qu'elle venait de partager avec lui, pour éviter les Cognards adverses.
Petit à petit, toutefois, Lily sentit qu'elle n'était pas au mieux de sa forme. Au même moment, Cyrus revint vers ses joueurs.
- Les garçons, il va être temps de rentrer !
D'un seul mouvement, ils se levèrent tous, et Lily envia leur rapidité à exécuter ce geste qui lui paraissait être le bout du monde. Elle grimaça, et regarda Jason, le seul à être resté assis. Elle se pencha vers lui.
- Avant que vous n'arriviez, j'avais déjà bu un peu… Je crois que je ne vais pas pouvoir rentrer seule, avoua-t-elle piteusement.
- Je peux te ramener, si tu le souhaites, proposa spontanément Jason.
Elle fronça les sourcils.
- Je n'ai pas envie que mes parents sachent que je suis rentrée aussi tard, non plus, grimaça-t-elle.
Jason la regarda, désolé, avant de se gratter la nuque.
- Euh… Je vis encore chez mes parents, mais dans le grenier. On l'a aménagé en appartement indépendant. Je peux te laisser ma chambre ? proposa-t-il en rougissant. Mais tes parents ne vont pas s'inquiéter si tu ne rentres pas ?
Lily secoua la tête.
- Je leur ai dit que je resterais peut-être dormir chez une amie qu'ils ne connaissent pas.
Jamais Lily n'avait autant apprécié connaître Miss Sombre, qui était l'alibi parfait pour cette soirée.
Jason sourit.
- Tu mens à tes parents ? C'est mal, Lily.
Elle éclata de rire.
- Peut-être, mais ça m'arrange bien, ce soir. Tu es sûr que ça ne te dérange pas ? demanda-t-elle.
Jason ne répondit pas, et se leva, avant de l'aider à faire de même. Le bar était en train de se vider. Les autres joueurs ne les avaient pas attendus, se doutant que ces deux-là pouvaient encore avoir des choses à se dire, puisqu'ils avaient passé une grande partie de leur scolarité ensemble.
- Tu vas réussir à marcher seule ? s'enquit Jason.
Le fait que Lily tangue lui apprit que non.
- Super…, marmonna-t-il en passant son bras gauche sous le droit de Lily. Allez… On y va.
Sans grande conviction, Lily se laissa entraîner par Jason. Elle ne le regardait pas, se laissant porter par le mouvement, au grand soulagement de Jason, qui ne se sentait pas de discuter avec une fille ayant bu un peu trop. De plus, son esprit était déjà encombré de trop de pensées pour qu'il puisse réellement engager une quelconque conversation avec Lily. Elle avait rompu avec Martell. Bien. Et il se retrouvait à la loger chez lui ce soir parce qu'elle était trop éméchée pour se montrer ainsi devant ses parents. Doublement bien. Jason poussa un profond soupir. Dans quelle galère s'était-il encore fourré ?
- On y va, Lily. Et fais en sorte que ton estomac reste accroché, s'il te plaît…
Sa remarque eut le mérite de faire rire la jeune fille – rire qui mourut dans sa gorge après le transplanage d'escorte. Un bref instant, en voyant sa peau pâle et ses traits tirés, Jason eut peur qu'elle ne vomisse. Heureusement pour lui, elle se remit rapidement du choc.
Ils étaient à présent au pied de la demeure des Seek. Toutes les lumières étaient éteintes – sa mère ne l'attendait jamais. Jason fit le tour de la maison, soutenant toujours Lily. Ils arrivèrent au bas d'un escalier, qui menait directement au grenier, où Jason avait installé ses quartiers, ayant une micro indépendance, même s'il ne quittait pas réellement le toit familial. La montée des marches fut pénible, mais finalement, ils y arrivèrent. Jason ouvrit la porte, et poussa Lily à l'intérieur, sans qu'elle n'oppose aucune résistance. Il se mordit la lèvre. Il aurait dû empêcher ses coéquipiers de lui offrir des verres, mais il devait reconnaître qu'absorbé par ses retrouvailles avec la jeune femme, il n'avait pas cherché plus loin qu'à profiter du moment présent. Et maintenant, il se sentait particulièrement coupable.
- Euh… Ma chambre est là, désigna-t-il d'un mouvement de tête, gêné.
Mais Lily ne fit aucun geste montrant qu'elle allait s'y rendre. Résigné, Jason l'y conduisit sans rien dire.
- Voilà…, murmura-t-il en menant Lily aux côtés de son lit.
- Merci, souffla la jeune femme.
Jason hocha la tête, avant de regarder autour de lui.
- Bon… C'est plus ou moins rangé. C'est pas un palace, mais normalement, tu devrais t'y plaire pour la nuit, continua-t-il en reportant son attention sur Lily. Wow ! Potter, qu'est-ce que tu fiches ?! s'exclama-t-il avant de couvrir ses yeux.
Mais ça ne l'avait pas empêché de remarquer que Lily avait ôté son tee-shirt, et qu'elle était tatouée.
Merlin, Lily était tatouée ?
- Oups…, murmura Lily, paraissant absente. Désolée. Je n'ai pas vu… Tu es gêné ? s'enquit-elle.
- Oui ! Potter, rhabille-toi ! s'exclama Jason, en colère sans qu'il ne sache réellement pourquoi.
- Faut pas, dit-elle, toujours dans son monde. Je veux dire, si je n'étais pas sortie avec Basile, ça aurait été avec toi, donc ça ne devrait pas te gêner.
Ébahi, Jason retint sa respiration. Que venait de dire Lily ?
- Pardon ?
- Bah oui, continua-t-elle comme si c'était l'évidence même. C'est ce que m'a dit Meredith. Elle a peut-être raison. Pas vrai ? Mais en même temps, si tu n'étais pas aussi gentil, j'aurais peut-être attendu que tu me demandes de sortir avec toi…
Jason sentit poindre la colère. Elle se moquait de lui, pas vrai ? Des mois sans être claire avec lui, des semaines à jouer à il ne savait quel jeu, pour préserver leur relation, son aveuglement qui l'avait fait souffrir… Et en plus, elle disait de lui qu'il était trop « gentil », et que c'était pour cela qu'elle n'était pas sortie avec lui ? Est-ce qu'elle était sincèrement en train de lui dire qu'il aurait dû être plus direct, moins sympathique avec elle, plus franc et plus envahissant ?
- Gentil ? Pardon, Lily, de ne pas t'avoir coincée dans une relation avec moi comme l'a fait Martell !
Lily fronça les sourcils.
- Il m'a coincée dans rien du tout ! Je me suis coincée toute seule.
- Enfin ! s'exclama Jason en levant les bras. Elle le reconnaît !
- Eh ! s'écria Lily. Si tu avais été plus clair, aussi…
- Lily, je te connaissais depuis des années ! J'avais prévu de te demander de sortir avec moi à Pré-au-Lard, mais Martell l'a fait avant moi ! Et je ne sais même pas pourquoi je te raconte ça, parce que cette conversation n'a pas lieu d'être ! poursuivit Jason en fermant les yeux.
Grossière erreur. Il l'avait fait pour arrêter d'avoir le regard attiré par Lily et son tatouage au bas ventre, mais malheureusement, elle en avait profité pour se rapprocher. Il sentait son parfum. C'est tout ce qu'il sentit avant que les lèvres de Lily ne se posent sur les siennes, bloquant pour quelques secondes toute pensée rationnelle.
C'était agréable. Vraiment très agréable. Jason aurait pu se laisser emporter par le baiser. Sauf qu'il était Jason, justement. Il ouvrit les yeux, se saisit des poignets de Lily, et la repoussa doucement mais fermement. C'était sincèrement difficile à faire, mais il savait qu'il devait faire cela. Il n'y avait pas d'alternative possible. Ce n'était pas le bon moment pour embrasser Lily Potter. Pas alors qu'elle avait clairement trop bu, qu'elle n'était pas en mesure de réfléchir correctement et qu'ils venaient de se disputer. Pas alors qu'elle n'avait pas de tee-shirt, non plus.
Lily le regardait avec surprise, et, à son avis, Jason possédait exactement le même air incrédule qu'elle, en cet instant. Il n'était pas certain de savoir comment il avait réussi à avoir cet éclair de lucidité, et à mettre une barrière entre eux deux. Les yeux de Lily le fixaient avec curiosité, gêne et colère. Jason déglutit. Il devait vraiment disparaître. Il relâcha brusquement Lily, et se recula d'un bon mètre avant de parler, bafouillant.
- Je te laisse te coucher. Je vais dormir dans le canapé… Sur le canapé, plutôt, se reprit-il en se sentant rougir. Hem. Si tu as besoin de quoi que ce soit… Bref, je suis à côté. Voilà.
Il se retourna vivement, s'arrachant de la vue de Lily, se maudissant de tous les noms pour des motifs qu'il n'arrivait pas à clarifier. Il voulait simplement que cette soirée se termine. Il sortit donc de sa chambre, fermant la porte derrière lui, se demandant comment tout ceci avait pu se produire en l'espace d'une seule soirée.
Merlin. Demain matin, lorsque Lily serait plus à même de comprendre ce qu'elle faisait, ils auraient une réelle discussion.
…
Lorsque Lily se réveilla le lendemain matin, le mal de crâne lancinant qu'elle ressentit lui permit de comprendre qu'elle avait bu un peu trop de boissons la veille au soir. Et, étonnamment, la douleur lui rapporta douloureusement tous les souvenirs de la soirée, des souvenirs qu'elle aurait peut-être préféré oublier. Alcool, Faith, Cyrus… Joueurs de Quidditch. Jason.
Jason.
Oh. Merlin.
Lily se redressa vivement. Elle n'était pas dans son lit. Elle était dans celui de Jason. Qui lui avait proposé de dormir chez lui, vu qu'elle ne voulait pas que ses parents l'entendent rentrer et tituber. Jason qui lui avait laissé sa chambre. Et Lily qui…
Elle se mordit la lèvre, et se passa une main dans ses cheveux emmêlés.
Elle n'avait pas embrassé Jason, si ?
Il lui faudrait certainement attendre que ce dernier se réveille pour en savoir plus. Mais Lily n'était pas certaine d'avoir envie d'attendre. Alors, elle fit quelque chose de très, très lâche. Tout sauf Gryffondor. Elle devrait en rougir, d'agir d'une telle façon. En fait, elle en rougissait, à l'instant même.
Elle se leva discrètement du lit, ramassa son tee-shirt, seul vêtement qu'elle avait ôté – en y repensant, son rougissement repartit de plus belle – retrouva ses lunettes, les glissa sur son nez, et alla coller son oreille contre la porte de la chambre. Elle n'entendit rien. Jason devait encore dormir. Elle ouvrit doucement la porte de la chambre du jeune homme, et le vit, étalé sur son canapé, la bouche ouverte, dormant profondément. Parfait.
Sur la pointe des pieds, Lily sortit de la chambre, et traversa le salon, ses chaussures à la main. Elle atteignit la porte sans encombre – elle ne remercierait jamais assez le sommeil profond de Jason – et sortit dans l'air mordant de la matinée, maudissant à nouveau son crâne. Une fois la porte refermée derrière elle, elle inspira profondément. Et sans rien laisser comme mot à Jason, elle transplana dès qu'elle eut remis ses chaussures.
…
Lily devait reconnaître qu'elle avait toujours un peu critiqué Albus. Depuis qu'il était sorti de Poudlard, il enchaînait les soirées, et elle le trouvait un peu insouciant, de ce côté-ci. Seulement, Albus avait aussi appris à assumer les lendemains de soirée grâce à des potions l'aidant à récupérer plus vite. Et il avait laissé certaines de ces potions chez ses parents, même s'il n'y vivait plus, ce qui signifiait que Lily avait pu en boire, et se sentir d'attaque à affronter ses parents, qui, finalement, n'avaient pas eu beaucoup de questions à poser à leur fille concernant sa soirée de la veille. C'était tant mieux.
À présent, Lily et ses parents étaient à table, parlant de Quidditch – ou, plutôt, Harry et Ginny discutaient de Quidditch tandis que Lily jouait distraitement avec sa purée. Elle avait fui Jason pour la journée, très bien. Mais pour le reste de sa vie, comment est-ce qu'elle allait faire ? C'était une autre histoire.
Question existentielle du jour, donc : quand on s'appelle Lily Luna Potter et que toute la communauté sorcière vous connaît, comment faites-vous pour ne pas être retrouvée ?
Si quelqu'un trouvait la question à cette réponse, elle était preneuse.
Note d'auteur.
Oui. Je sais. Je suis grave en retard, et j'en ai franchement honte. Du coup, cette note d'auteur risque de s'étirer (une fois de plus, mais vous devez avoir l'habitude, avec moi !) Je suis pas du genre à tout raconter de ma vie (quoique...), mais j'avoue qu'avec le retard que j'ai pris, c'est le minimum que je vous dois.
Comme vous le savez, j'étais en stage, ces derniers temps. Le dernier chapitre a été posté lors de ma dernière semaine de stage ; autant vous dire que ça a été fait de façon assez "à l'arrache", parce que j'étais pressée, et avec beaucoup de choses à régler (mon stage se situait dans le sud-est, ma fac est dans le nord - donc oui, il y avait encore un déménagement de programmé...). Une fois mon stage fait, et mon retour dans la ville de mes études, les péripéties ne se sont (malheureusement) pas arrêtées. Déjà, je n'avais plus internet chez moi, du fait du départ des colocs qui avaient la boxe. Ensuite, j'avais comme qui dirait un mémoire à rendre, et aucune motivation pour m'y mettre. Genre, vraiment aucune motivation pour ça. C'était assez catastrophique, à vrai dire... Du coup, j'ai dit que non, je n'irais pas sur ff tant que tout ce bazar ne serait pas réglé. Ce qui a été fait vendredi dernier. Du coup, me revoici, quasiment un mois après le dernier chapitre.
Et j'en suis désolée. J'essaie toujours d'être à l'heure, mais clairement, ce n'est pas mon fort en ce moment. J'espère sincèrement que j'arriverai à maintenir le rythme hebdomadaire durant le mois de juin, et peut-être cet été, mais... n'allons pas trop vite en besogne. D'abord, ce mois-ci. Ensuite, il y aura encore un déménagement de prévu. Doux Merlin, cela va être un vrai bordel. Je ne sais pas quand est-ce que ma vie sera à nouveau calme, et tout ça... Jamais, peut-être :') ? En plus, je n'ai même pas de bonnes nouvelles à vous donner, genre "Oui, toute l'histoire est écrite", parce que je n'ai pas eu le temps de m'y mettre. J'ai pu rouvrir un chapitre samedi pour la première fois en un mois. C'était horrible, j'avais que mon style d'écriture pour le mémoire qui venait, en plus. Bref.
Allez, plus sérieusement, ou presque. Déjà, un gros merci à tous d'être encore là, malgré l'irrégularité des posts. C'est la première fois que ça m'arrive, et je sais que ce n'est pas le mieux pour vous. Désolée, désolée.
Sinon, pour continuer ce looooong pavé, un grand merci à tous pour vos reviews, et pour les revieweurs anonymes, voici une petite réponse à vos messages ! Et on remercie DelfineNotPadfoot pour ses corrections :)
Sariaa, comme tu dis, une bonne chose de faite ! Tant mieux si cette fic te plaît, j'espère que cela continuera à être le cas au fur et à mesure de ta lecture.
titietrominet, si tu veux la vérité, je crois que tout le monde a eu l'impression de larguer Basile ET de se libérer d'un poids une fois que ce fut chose faite ;)... Je comprends ta danse de la joie, je pense que j'ai dû faire la même à l'époque de l'écriture de ce passage ^^
Gabrielle, oui, enfin ! Tant mieux si cette histoire te plaît jusqu'à présent, j'espère sincèrement que ça sera encore le cas par la suite ;). N'hésite pas à me le dire au fur et à mesure de ta lecture ;) !
Sur ce. Je crois avoir tout dit ? En tout cas, je l'espère. Il ne manquerait plus que j'oublie des choses, alors que ça fait des semaines que j'avais disparu des écrans... Mais du coup, je pense que tout est là. Et je m'en vais à présent dormir (ou écrire. Je n'ai pas encore décidé, à dire vrai). A très vite.
Ah, j'en profite pour rajouter que de toute évidence, je vais revenir à la parution du mardi. Voilà, cette fois, je vous laisse vraiment tranquille :)
