Disclaimer : Tout est à JK, rien ne m'appartient sauf les OC.

Résumé : Une catastrophe dans son laboratoire conduit à des conséquences inattendues sur le maître des potions. À cause d'un malheureux accident, il se voit obliger de surveiller Potter et sa bande de plus près. Mais lui, qui le protègera des hormones de ces adolescents ? SS/HP


ROUGE COMME GRYFFONDOR

« Il est nécessaire de comprendre la réalité avant de pouvoir l'accepter et seule l'acceptation de la réalité peut permettre la guérison. »

Albus Dumbledore.


Chapitre 1

La métamorphose de Snape

Il était près de deux heures du matin lorsque Severus Snape, professeur de potions, franchit les barrières magiques de Poudlard. Sa démarche autrefois élégante et gracieuse était devenue mal assurée. Il boitait et semblait s'être blessé à la jambe. Il avait le visage recouvert de sueurs et de sang. Il mit du temps à rejoindre les cachots du château mais il y parvint quand même avec beaucoup de difficulté.

Il retira sa cape et se dirigea mollement vers son laboratoire privé. Il chercha d'une main tremblante un flacon de potions mais il ne le trouva pas alors il se mit à lire toutes les étiquettes des potions de l'étage avec frénésie. Dans sa hâte, il fit tomber quelques flacons de potions et il n'eut guère le temps de réparer ses dégâts que les flacons s'entrechoquèrent entre eux. Les liquides se mélangèrent et Severus écarquilla les yeux. Il était bien trop tard. Il se précipita vers le salon mais il n'eut jamais le temps d'atteindre la porte car il glissa et sa tête cogna fortement le sol bétonné de son laboratoire. Il poussa un gémissement douloureux et sentit sa vue se brouiller. Il ne devait pas respirer les…

Le professeur de Poudlard resta inconscient quelques heures et se réveilla avec d'atroces maux de tête. Il poussa un faible gémissement et plissa des yeux alors qu'il essayait de se redresser en position assise. Il jeta un coup d'œil autour de lui et constata qu'il n'y avait pas eu de gros dégâts dans la salle. Il sentit un liquide poisseux couler sur sa tempe et passa sa main dessus. Il était en train de saigner. Il se leva en s'appuyant sur l'une des parois du laboratoire et trébucha lorsqu'il fit un pas en avant. Il grommela dans sa barbe et constata avec consternation que sa robe était devenue bien trop grande et trop ample pour lui. Il fronça les sourcils intrigué et se dirigea vers la salle de bain de sa chambre.

Un hurlement puissant retentit dans tout le château en provenance des cachots. Les tableaux à proximité se couvrirent les oreilles tandis que les fantômes prirent la poudre d'escampette.

Le maître des potions observa son reflet dans le miroir et poussa un second cri peu viril. Il se tâta le visage et toucha sa chevelure qui était devenue lisse et soyeuse. Il retira sa robe poisseuse et recouverte de suie pour admirer son corps. Là, ce fut la goutte de trop. Il ne pouvait pas gérer plus. Non, c'était impossible.

Et il retomba dans les pommes.

Lorsqu'il émergea de nouveau des limbes de l'inconscience, il passa ses mains sur son corps en se disant qu'il avait sûrement rêvé et qu'il venait de faire un cauchemar mais malheureusement pour lui, c'était bel et bien la réalité. Il émit un couinement pitoyable et se releva du carrelage froid de la salle de bain.

— Misère, gémit-il en admirant son nouveau reflet dans le miroir.

Il sortit de la salle de bain et revêtit une cape pour couvrir son corps puis il quitta ses appartements. Il fallait faire quelque chose.

À cette heure-ci de la nuit, le château était silencieux. Il n'y avait pratiquement plus personne à Poudlard à cette période de l'année. Le maître des potions arriva enfin devant le bureau du directeur et donna le mot de passe à la gargouille qui gardait l'entrée. Il monta les marches d'escaliers et pénétra dans le bureau de Dumbledore.

— Albus ! l'appela-t-il en hurlant son prénom.

Il plaqua brutalement ses mains sur sa bouche lorsqu'il entendit le son de sa nouvelle voix. Il était décidément mais vraiment maudit.

Fawkes, le phénix de Dumbledore qui dormait paisiblement sur son perchoir se réveilla à cause du vacarme causé par le maître des potions. L'oiseau pencha la tête sur le côté et cligna des yeux en regardant le professeur de potions.

— Pas un mot sinon je te plume, lentement et douloureusement, menaça Severus.

L'oiseau émit un son qui ressemblait à un rire. Même sous cette nouvelle apparence, il semblerait que Fawkes l'ait reconnu et qu'il se foutait de sa gueule.

— Toi ! Je te jure que…

Severus avait dégainé sa baguette et se dirigeait d'un air menaçant vers le volatile qui s'amusait à ses dépens lorsque Dumbledore émergea de ses appartements vêtu d'une robe de chambre affolante et quelque peu colorée.

— Qu'est-ce qui se passe ici ? demanda Albus d'une voix ensommeillée.

Pendant ce temps, Fawkes continuait de rire et manqua plusieurs fois de tomber du haut de son perchoir. Severus lança un regard noir au phénix puis se tourna vers le directeur.

— Albus, nous avons un problème, commença Severus.

— Euh…excusez-moi, jeune fille mais nous connaissons-nous ? Et que faîtes-vous à Poudlard dans mon bureau ? le questionna Albus qui darda son regard sur lui.

Le maître des potions grinça des dents à l'appellation « jeune fille » et sentit une pulsion meurtrière grandir en lui lorsque Fawkes tomba de son perchoir et qu'il continua à rire un peu plus.

— C'est moi, Severus Snape, siffla le maître des potions. J'ai eu un petit problème dans mon laboratoire de potions qui a eu des conséquences sur mon corps.

Le choixpeau magique qui était entreposé dans un coin du bureau du directeur se mit à rire lui-aussi bien vite suivi par les portraits des anciens directeurs de Poudlard. Le professeur de potions commença à rougir de fureur et serra les poings. Il était en colère, très en colère et était prêt à lancer un sort à ces imbéciles qui ne cessaient de se moquer de lui.

— Oh ! Severus ? fit Albus étonné.

— Oui c'est bien moi. En quelle langue dois-je vous le dire ? s'énerva Severus.

— C'est que…c'est…hum…inattendu, dit le directeur tout en pesant ses mots.

— Quoi qu'il en soit, vous devriez faire quelque chose à ce problème-là ! lança le maître des potions en présentant son bras gauche.

Albus baissa la tête et regarda le dessin qui marquait la peau du bras gauche de son professeur de potions. À la place de la marque des ténèbres, un magnifique papillon coloré sur une branche de feuille.

Les portraits se penchèrent un peu pour voir ce qu'il y avait sur le bras du maître des potions tout comme Fawkes et le choixpeau magique. Dans un synchro parfait, ils éclatèrent tous de rire. Fawkes tapa son aile sur le sol tout en émettant des sons plus qu'étranges.

— Eh ben ! fit Dumbledore assez stupéfait.

— Severus, vous nous aviez caché que vous étiez une fille aussi fleur bleue, lança Phineas Black d'un ton moqueur.

— Je ne suis pas une fille, grogna Severus.

— Ma chère enfant, nous ne voyons qu'une fille devant nous, répliqua Heliotrope Wilkins.

— Un mot de plus et je vous promets que je vous incendie tous ! menaça le maître des potions en braquant sa baguette sur les portraits des anciens directeurs de Poudlard.

— Severus…

— Je vous ferai remarquer mesdames et messieurs que, puisque je n'ai plus la marque des ténèbres sur mon bras, je ne peux plus espionner pour le compte de l'ordre et donc veiller aux fesses de votre maudit élu !

— Notre élu ? releva Armando Dippet. Le vôtre, ma chère enfant. Nous, nous sommes déjà morts.

— Je ne suis pas une fille ! s'énerva Severus.

— Vous êtes-vous regardé dans la glace ce matin ? railla Dexter Fortescue.

— Albus, faîtes quelque chose, ordonna le maître des potions en se tournant vers le directeur.

— Du thé ? proposa Albus.

Severus soupira de lassitude et prit place dans un fauteuil. Il accepta la tasse de thé que lui tendait Albus et but une gorgée de la boisson chaude.

— Que s'est-il passé ? le questionna Albus.

— À mon retour de la réunion avec le seigneur des ténèbres, je me suis dirigé vers mon labo pour calmer les tremblements dus aux nombreux doloris que j'avais reçu.

Albus lança un regard désolé au maître des potions. Severus se contenta de renifler avec dédain. Il n'avait pas besoin de la pitié du directeur. Il avait fait ses choix depuis longtemps et ne regrettait rien.

— Il avait brisé mes fioles de potion durant la séance de torture alors quand je suis revenu, j'ai été directement au labo et comme mes mains tremblaient, je n'ai pas pu prévenir la catastrophe qui se produisit dans le labo. Lorsque j'ai constaté les dégâts que j'avais causé, j'ai voulu sortir mais au moment où j'atteignais la porte, j'ai glissé et à mon réveil, je me suis retrouvé ainsi ! termina Severus en désignant sa nouvelle apparence.

En effet, le maître des potions avait laissé place à une jeune fille âgée de seize ans à la chevelure auburn et aux yeux d'un bleu vif. Un visage fin et symétrique aux lèvres d'un rouge carmin, une silhouette fine et élancée.

— Effectivement, c'est assez inattendu, dit Albus.

— Cet accident compromet ma couverture d'espion car je n'aurai plus de contact avec le seigneur des ténèbres pendant une durée indéterminée, expliqua Severus.

— Pensez-vous être capable de…

— Je suis maître de potions, Albus, le coupa sèchement Severus. Bien sûr que je suis capable d'inverser les effets. Il me faudra simplement un certain temps avant d'y parvenir mais j'y arriverai.

— Si vous le dîtes, mon enfant. Si vous le dîtes.

— Que faisons-nous maintenant ? demanda Severus.

— Attendez ! Je voudrais vérifier quelque chose.

Albus sortit sa baguette et l'agita dans un mouvement gracieux. Severus sentit comme une chaleur l'envahir puis le sort se dissipa peu à peu.

— C'est bien ce qu'il me semblait, dit le directeur en se parlant à lui-même.

— Quoi ? questionna Severus, perdu.

— Vous n'êtes pas la même personne, répondit Albus.

— Pourriez-vous éclairer ma lanterne ?

— Vous n'avez plus la marque des ténèbres alors que nous savons vous et moi qu'il est impossible de la faire disparaître. De plus, vous n'êtes plus liés à aucun serment inviolable, expliqua le directeur.

— Quoi ? s'écria Severus, effaré. Co…comment est-ce possible ?

— Vous n'êtes tout simplement plus la même personne, répondit Albus. Et vous ressemblez étrangement à ma sœur.

— Elle était blonde, répliqua le maître des potions.

Albus hocha simplement la tête.

— Si l'on remplace la couleur de vos cheveux par du blond, vous…

— Là n'est pas le sujet, Albus, l'interrompit Severus.

Le maître des potions ne souhaitait guère poursuivre ce sujet. Il connaissait une grande partie de la vie du vieux sorcier et était au courant de l'évènement tragique qui avait frappé la famille Dumbledore. Il savait que son mentor se sentait coupable du décès de sa jeune sœur et qu'il ne se pardonnerait jamais ce malheureux accident.

— Oui, vous avez raison.

— Que faisons-nous ? répéta de nouveau Severus.

— En attendant de trouver un remède à votre petit problème, je vous suggère de prendre une nouvelle identité et vous veillerez ainsi à la sécurité d'Harry en tant qu'étudiante à Poudlard.

— En tant qu'étudiante ?! Mais Albus, vous n'y pensez tout de même pas !

— Que pensez-vous d'Ariana Kendra Dumbledore, petite-fille d'Albus Dumbledore ? proposa le directeur.

— Albus, je…

— C'est parfait, le coupa Albus d'un ton joyeux. Demain, je préviendrai Minerva pour qu'elle vous accompagne faire quelques emplettes au chemin de traverse. Vous verrez, Minerva a bon goût en matière de vêtements. J'aurai bien aimé vous accompagner mais comme vous le savez, j'ai des affaires urgentes à régler.

— Mais…

— Vous devriez vous coucher. Le jour se lèvera dans peu de temps et de plus, après vos courses, j'irai vous déposer au terrier chez les Weasley.

— Il n'en est pas question ! tonna Severus. Je n'irai pas vivre chez cette bande de rouquins !

— Calmez-vous, mon enfant. Je vous y envoie simplement pour que vous puissiez veiller au plus près sur Harry et que vous passiez le reste de vos vacances auprès d'enfants de votre âge, dit Albus d'une voix posée.

— Je ne suis pas un enfant, Albus, protesta Severus.

— Ariana, évitez donc de contester les choix de votre grand-père et allez donc vous coucher, lança Phineas, amusé.

Aussitôt, le bureau d'Albus fut empli de rire. Tous les portraits étaient pliés de rire et s'esclaffaient comme des démons. Fawkes et le choixpeau magique se mêlèrent aux rires des portraits.

— Riez mais prenez garde à vous car ma vengeance sera terrible, avertit le maître des potions.

— Des promesses, toujours des promesses, fit Elizabeth Burke d'un ton doucereux.

— Remettez-moi votre baguette, dit Albus en s'adressant au maître des potions.

— Quoi ? Pourquoi ? s'insurgea Severus.

— Vous ne pourrez plus utiliser votre baguette tant que vous aurez cette apparence. Plusieurs membres de l'ordre pourront la reconnaître et se poseront des questions quant à votre identité. Souhaitez-vous mettre l'ordre dans la confidence concernant votre…

— Tenez, grogna Severus en remettant sa baguette à Albus.

— Je demanderai à Minerva d'ajouter une baguette sur la liste de vos courses, dit le directeur.

— Puis-je me retirer maintenant ? demanda Severus sarcastique.

— Je vous attendrai dans mon bureau à sept heures, l'informa Albus. Bonne nuit.

— Bonne nuit, marmonna Severus avant de quitter le bureau de Dumbledore.

Alors qu'il se rendait dans ses cachots, il pesta tout au long de son chemin contre les dieux qui s'amusaient à faire de sa vie un véritable enfer sur terre. Il aurait mieux fait de mourir en 81 après le décès de Lily. Mais non, il avait eu la stupide idée de se mettre au service de Dumbledore pour protéger le morveux de Potter. Il était carrément maudit. À croire qu'on lui faisait payer les actes d'une autre vie.

Il ne pensait pas qu'il aurait pu tomber aussi bas. Se transformer en jeune fille ! Non mais quel malheur ! Il pourrait mettre fin à ses souffrances en avalant une simple potion. Un poison indolore très efficace. Aussi puissant qu'un Avada Kedavra. La personne mourrait aussitôt la potion ingurgitée, sans douleur. Un poison si efficace qu'il n'était pas détectable.

Il retrouva la fraîcheur de ses cachots et pénétra dans ses appartements. Il se dirigea vers le laboratoire et examina les dégâts. Il y avait eu une petite explosion dans la pièce mais rien d'irréparable. Il remarqua une fiole vide dans un coin près de l'étagère où il stockait ses potions et la ramassa avec précaution. Lorsqu'il lut l'étiquette de la fiole, il comprit maintenant pourquoi il ressemblait tant à la sœur de Dumbledore.

La potion était celle qu'il préparait pour contenir le maléfice de l'horcrux qui tuerait inévitablement le vieux sorcier. Pour sa préparation, il avait eu besoin du sang et d'un cheveu d'Albus. Cela expliquait en partie son apparence actuelle mais rien n'expliquait le changement de sexe et son rajeunissement.

Il commença à nettoyer le laboratoire et récupéra quelques échantillons pour pouvoir préparer un remède. Il était hors de question pour lui de rester une journée de plus dans ce corps. Lorsqu'il termina de nettoyer la salle, il alla prendre une douche et s'endormit comme une souche.

Le lendemain matin, le professeur de potions se réveilla d'un lourd sommeil et bailla à s'en décocher la mâchoire. Il quitta son lit et alla à la salle de bain où il se brossa les dents et passa sous la douche. Son hurlement réverbéra dans tout le château. Il écarquilla les yeux horrifié lorsqu'il vit qu'à la place de ses bijoux de famille se trouvait un sexe féminin. Puis, il se rappela les évènements de la veille et se calma un tant soit peu.

Il ricana nerveusement et se passa une main dans les cheveux. Dire qu'il n'y connaissait rien à l'anatomie féminine. Il avait lu quelques bouquins sur le sexe féminin mais n'en avait jamais vu de si près. Oui, le professeur de potions de Poudlard était toujours vierge. Comment cela aurait-il pu en être autrement ? Il n'attirait guère les femmes avec son apparence froide et son comportement asocial. De surcroît, avoir une relation sexuelle avec qui que ce soit ne l'avait jamais intéressé. Il se plaisait bien ainsi. Il était un être asexué. Rien d'étrange à cela. C'était un choix.

Il sortit de la douche et se dirigea vers son armoire à linge. Il n'avait pas de vêtements féminins et encore des vêtements qui pourraient lui convenir. Il était devenu bien trop frêle et fragile. Il avait l'impression d'être une poupée de porcelaine qui pourrait se briser à n'importe quel moment et il détestait ça. Il détestait se sentir aussi fragile, aussi faible. Sa magie depuis sa métamorphose était différente, beaucoup plus sensible et agitée. Il ne se reconnaissait plus. Evidemment, puisqu'il était devenu une jeune adolescente.

Finalement, il se surprit à regretter les séances de torture du seigneur des ténèbres.

Il grommela et enfila une chemise qui faisait office de robe courte sur son nouveau corps puis il passa une cape pour couvrir ses interminables jambes. Enfin préparé, il prit le sac qui contenait les échantillons de la veille et alla rejoindre le directeur dans son bureau.

Quand il entra dans le bureau de Dumbledore, il découvrit que ce dernier n'était pas seul et qu'il était en compagnie du professeur de métamorphose, Minerva McGonagall.

— Ah ! Te voilà enfin ! Avance donc, mon enfant, dit Albus avec un sourire malicieux.

Severus se dit qu'il n'aimait pas trop le regard pétillant du directeur et encore moins les ricanements qui provenaient des portraits.

— Oh par Godric ! s'exclama Minerva en se tournant vers Severus. Albus, elle ressemble tellement à Ariana !

Le maître des potions se retint de lever les yeux au ciel et s'avança simplement dans le bureau. Plus vite il en finirait avec cette histoire plus vite il pourrait retrouver son apparence normale.

— Bonjour.

— Bonjour, miss Dumbledore. Minerva McGonagall, professeur de métamorphose, directrice de la maison Gryffondor et directrice adjointe de Poudlard, se présenta la vieille femme.

— Ariana Dumbledore, fit Severus d'une voix atone.

Il fusilla Albus du regard et le maudit dans son cœur pour l'avoir mis dans une situation pareille. Obligé de se faire passer pour une ado. Quelle malédiction !

— Minerva, comme je vous l'ai expliqué tout à l'heure, Ariana aurait besoin de faire des courses et je comptais sur votre aide pour…

— Ne vous inquiétez pas Albus, je m'en charge.

— Merci beaucoup, très chère, la remercia Albus.

— Nous ferions mieux d'y aller, jeune fille, dit Minerva qui s'était levée du fauteuil dans lequel elle était assise.

— Avant, pourrais-je parler à mon…grand-père, s'il vous plaît ? demanda Severus tout en avalant difficilement sa salive avant de terminer sa phrase.

— Bien sûr, acquiesça Minerva. Je vous attends à l'extérieur.

Et le professeur de métamorphose quitta le bureau de Dumbledore.

— Pourrais-je savoir qui occupera mon poste de professeur de Défenses Contre les Forces du Mal en mon absence ? questionna Severus.

— Vous verrez à la rentrée comme tous les élèves, répondit simplement Albus.

— Je ne suis plus élève, Albus ! Auriez-vous oublié que le seigneur des ténèbres en veut à votre vie ? Il sait parfaitement que Draco n'est pas capable de vous tuer. Il punit simplement la famille Malfoy pour l'échec de Lucius et crée une diversion pour vous atteindre ! s'énerva Severus.

— Je suis sincèrement touché par votre inquiétude Severus mais en attendant que vous ne retrouviez votre apparence, je saurai me débrouiller sans vous.

— Ainsi donc je ne vous sers à rien sans la marque, cracha Severus amer.

— Vous m'avez mal compris, Severus. Au contraire, je préfère vous savoir loin de Voldemort et suis ravi de vous voir libéré de cette marque. Ce n'est pas parce que vous ne pouvez plus espionner pour le compte de l'ordre que vous ne m'êtes plus d'aucune utilité. Cet accident pourrait même nous être bénéfique puisque vous pourrez veiller sur Harry de bien plus près qu'auparavant. De plus, vous êtes libérés de tous serments inviolables. Vous pouvez continuer à vous battre à mes côtés ou vous pouvez partir et reconstruire votre vie ailleurs. Je ne vous en voudrais pas. Après tout, vous et Harry méritez plus que quiconque une seconde chance.

Severus évalua un instant la sincérité des propos du directeur et finit par croire en Albus.

— À tout à l'heure, lança Severus.

Il avait fait son choix depuis des années et serment ou pas, il allait poursuivre sa mission et continuer à protéger l'élu.

Le maître des potions quitta à son tour le bureau de Dumbledore et rejoignit Minerva près de la gargouille tandis qu'Albus s'affalait dans son fauteuil, le regard rivé sur le vide.

— La guerre contre Voldemort vient de basculer, dit Albus, le visage sombre.

— Quand allez-vous lui dire la vérité ? l'interrogea Phineas.

— Je ne sais pas, Phineas, répondit Albus.

— Mais la prophétie, protesta Newt Scamander.

— Avant l'incident d'hier soir, nous n'étions même pas sûrs que cette jeune fille existait, répliqua Albus.

— Mais elle existe, rétorqua Ambrose Swott.

— Du moins, de façon très étrange, ajouta Armando Dippet.

— Mais la prophétie ne concernait-elle pas un descendant d'Albus ? demanda Heliotrope Wilkins, perplexe.

— Mais où aviez-vous donc les yeux ma chère Wilkins ? N'avez-vous donc pas vu que notre cher professeur de potions est devenu Ariana Dumbledore, par la même occasion, descendante d'Albus ? lança Ambrose Swott.

— Qui sait ce que ce gamin a encore trafiqué dans son laboratoire, renifla Basile Fronsac avec dédain.

— Gamine, mon cher Basile, pas gamin, le corrigea Phineas.

— Une bien jolie jeune fille, dit Dilys Derwent. Si elle avait grandi à mon époque, j'aurai tôt fait de demander sa main à ses parents.

— Salazar vous en préserve mon cher Dilys. Cette jeune fille, bien que très séduisante, n'est pas femme à marier. Auriez-vous donc oublié le caractère de notre cher Severus ? rétorqua Vindictus Viridian.

— Moi, je vous le dis mes amis, y'en a un qui ne connaît pas son bonheur, dit Phineas d'un ton très sérieux.

— Pourquoi dîtes-vous cela, Black ? lui demanda Ambrose Swott.

— Parce que je compatis sincèrement à la souffrance qu'endurera l'homme qui épousera notre chère Ariana, répondit Phineas.

Et tout le monde partit dans un fou rire.

— Vous parlez de ma petite-fille, Phineas, lui fit remarquer Dumbledore.

— Avouez mon jeune ami que votre petite-fille n'est pas si commode que ça.

Albus secoua la tête et laissa un sourire amusé se glisser sur ses lèvres. Il était vrai qu'il avait désormais une petite-fille hors du commun et quelque peu spécial. Il ne restait plus qu'à observer le cours des évènements.

Cette nouvelle année scolaire promettait d'être riche en émotions.