Chapitre 2
Il était maudit
Le maître des potions, désormais connu sous le nom d'Ariana Dumbledore, marchait aux côtés de la directrice adjointe de Poudlard sous un soleil de plomb. C'était bientôt la fin de l'été mais il faisait affreusement chaud sur le chemin de traverse. Il y avait une foule immense qui se pressait sur la rue commerçante.
— Nous allons commencer par vous acheter des vêtements, ensuite nous finirons avec vos effets scolaires, annonça le professeur McGonagall.
L'ancien espion de l'ordre se contenta d'acquiescer d'un faible hochement de tête et se laissa entraîner dans l'une des célèbres boutiques du chemin de traverse, Madame Guipure, prêt-à-porter pour mages et sorciers. Lorsqu'ils entrèrent la boutique, une femme de petite taille replète et souriante se précipita aussitôt vers eux.
— Minerva ! Quel plaisir de vous revoir, très chère ! s'exclama la commerçante, ravie.
— Également, fit Minerva avec un sourire poli.
— Que puis-je donc pour vous ? Est-ce pour une nouvelle robe ? demanda la commerçante en lançant un regard à la rousse qui se tenait derrière Minerva.
— Nous sommes ici pour refaire la garde-robe de miss Dumbledore, répondit Minerva.
— Dumbledore ? releva madame Guipure, interloquée. Serait-ce sa…
— Petite-fille, la coupa Minerva.
— Oh !
La petite sorcière détailla la rousse qui ne savait plus où se mettre. Le maître des potions détestait être reluqué de cette manière et envoya un regard noir à la bonne femme pour qu'elle cesse de le regarder ainsi mais apparemment, la commerçante ne fut guère impressionnée.
— Approche-toi, ma petite, lui intima madame Guipure.
Severus émit un reniflement dédaigneux et s'avança vers la commerçante qui fit apparaître un mètre ruban. Aussitôt, le maître des potions se vit épingler de toutes parts tandis que la commerçante marmonnait dans sa barbe, un air concentré sur le visage. De temps à autre, elle hochait la tête et Severus se retint de demander ce qui était en train de se passer.
Il poussa un petit couinement lorsqu'il se vit retirer ses vêtements et qu'il se retrouva en caleçon devant les deux sorcières. Il n'avait même pas remarqué que madame Guipure avait baissé les stores de la boutique et qu'elle avait glissé une pancarte devant la porte sur laquelle était inscrite : « Indisponible pour le moment ».
Le maître des potions cacha sa poitrine avec ses mains et rougit furieusement sous le regard de ses aînées.
— Ne soyez donc pas si timide, ma chère enfant. Nous sommes entre femmes ici, gloussa la commerçante.
Severus se retint de lancer un juron et se contenta de grincer des dents de colère tout en maudissant dans son cœur Albus Dumbledore en passant par son ascendance jusqu'à sa peut-être descendance.
— Dis donc, vous avez été très gâtée par la nature, vous ! fit remarquer la petite sorcière tout en désignant la poitrine assez généreuse du maître des potions.
Severus se dit qu'à sa prochaine rencontre avec le seigneur des ténèbres, il lui demanderait et le supplierait même s'il le fallait d'achever sa misérable vie. Si les choses continuaient de se dérouler ainsi, il n'était pas certain de ne pas commettre quelques meurtres avant d'aller se livrer lui-même aux aurors.
Pourquoi était-il maudit à ce point ? Changer en adolescente ? En adolescent, il aurait certainement mieux vécu ce changement mais en fille ? Non, ce n'était pas possible. Il n'allait pas tenir le coup bien longtemps et encore moins avec le genre de réflexion que venait de lui lancer la commerçante.
— Soie ou coton ? l'interrogea la commerçante.
— Quoi ?
— Quelle est la matière habituelle de vos sous-vêtements ? explicita la petite sorcière.
Le maître des potions regarda la commerçante complètement paumé. Il n'avait aucune idée de quoi elle était en train de parler. Il n'avait jamais été une femme alors qu'était-il censé lui répondre ?
— Nous prendrons les deux, vint Minerva à son secours.
Il ne put s'empêcher de pousser un profond soupir mais tout de même discret.
— La soie et le coton sont les deux seules matières à utiliser pour les sous-vêtements, compris ? dit le professeur McGonagall en se tournant vers lui.
Génial ! Le voilà en train de parler chiffon avec la vieille chèvre. Il hocha simplement la tête sans se poser de questions. De toutes manières, il n'allait pas rester indéfiniment ainsi. Il finirait par retrouver son apparence ainsi que le peu de fierté qu'il lui restait en réserve.
Et sa journée en enfer continua avec le babillage incessant des deux sorcières. Il crut pendant un instant que Minerva allait acheter tout le magasin tant il voyait les vêtements défiler sous les yeux et les commandes à n'en plus finir. Il soupçonnait le vieux fou d'y être pour quelque chose.
Il hésita entre le dégoût et la fuite lorsqu'on lui présenta plusieurs modèles de jupes. Lui, Severus Snape, allait devoir porter des jupes ? Il n'était absolument et en aucun cas pas question ! Il n'allait certainement pas se travestir juste pour les beaux yeux de Dumbledore.
Malheureusement pour lui, ses protestations ne furent guère prises en compte. Minerva lui acheta plusieurs robes, trois chapeaux pointus, plusieurs capes de différentes couleurs, quelques pulls, diverses chaussures, des jupes, des gants protecteurs en cuir de dragon et surtout, beaucoup de sous-vêtements.
Alors qu'il se demandait comment se mettait les bouts de tissus appeler sous-vêtements, la directrice adjointe de Poudlard lui demanda de se changer. Minerva lui remit une robe dans les mains avec un ensemble de dessous en soie. Le maître des potions regarda les sous-vêtements d'un air horrifié.
Elle ne voulait quand même pas qu'il porte ça, n'est-ce pas ?
Un regard vers la directrice des lions lui confirma que oui, il allait devoir porter ces bouts de tissus.
— Qu'attendez-vous ? Le déluge ? demanda Minerva d'un ton sec.
— C'est…que…euh, bredouilla-t-il, décontenancé.
— Faîtes un peu vite, jeune fille, le pressa madame Guipure.
Severus observa l'ensemble de sous-vêtement et récupéra un bout de tissus, les yeux plissés.
Comment était-il censé porter quelque chose d'aussi fin et petit ?
Le bout de tissu qu'il tenait dans la main était, à ce qu'il supposait, une culotte donc il n'eut pas beaucoup de mal à l'enfiler. Il se retint presque de pousser un cri de triomphe en ayant réussi à dompter le tissu. Il se tortilla légèrement, n'étant guère habitué à ce genre de matière et encore moins à ce genre de sous-vêtements. C'était vraiment étrange pour lui de porter une culotte de femme. Puis, il fallait maintenant s'attaquer au dernier bout de tissu. Un soutien-gorge à ce qu'il avait compris. Il regarda le soutien, perplexe.
Madame Guipure n'en pouvant plus de la lenteur de l'adolescente, se décida à lui donner un coup de mains puisque visiblement, elle ne semblait pas savoir se vêtir convenablement toute seule. Le maître des potions poussa un petit cri fort peu masculin lorsqu'il se vit habiller par la petite sorcière qui lui mit correctement le soutien-gorge autour de la poitrine. Il examina le soutien, intrigué.
Puis, il réussit au bout d'une demi-heure à enfiler tout seul sa robe.
— Au revoir ! lança la petite sorcière alors que Severus et Minerva quittaient la boutique.
Severus venait à peine de quitter la boutique de vêtements que Minerva l'entraîna dans un autre. Il était déjà essoufflé et n'avait qu'envie d'une seule chose, de quitter cet endroit. Ils se trouvaient dans un magasin de produits cosmétiques. Il ne dit rien et laissa Minerva faire les achats à sa place. De toutes les manières, il n'utiliserait aucun des produits qu'elles étaient en train d'acheter puisqu'il retrouverait dans peu de temps son apparence normal.
Il sortit de ses sombres pensées lorsque l'une des vendeuses s'approcha de lui et qu'elle prit l'une de ses mèches de cheveux entre les doigts. Elle palpa la chevelure rousse du maître des potions et ignora allègrement les protestations de ce dernier. Elle et sa collègue refilèrent à Minerva toute une pile de produits de beauté. En guise de cadeau, elles offrirent au maître des potions, un kit de maquillage et ainsi qu'un parfum qui selon elles, venait d'être mis sur le marché par l'un des plus grands parfumeurs du monde sorcier.
S'il avait eu sa baguette sur lui, Severus était sûr qu'il n'aurait pas hésité à avada kédavriser les deux vendeuses.
Le maître des potions n'arrivait pas à croire qu'une femme avait besoin d'autant de choses. Il se demandait comment elles réussissaient à ne pas ruiner leurs maris à cette allure-là. Finalement, il était heureux de ne pas avoir eu de femme sinon, ce serait tout son salaire de professeur de Poudlard et son héritage qui seraient passés dans les achats de son épouse. Il n'avait pas fait une si mauvaise affaire que ça en restant célibataire.
Il eut même un peu d'empathie pour ce cher Lucius car il savait combien l'épouse du blond aimait faire des emplettes chaque semaine. Un goût pour les achats transmis à son unique fils, Draco.
Après avoir fini, avec le magasin de beauté, ils se dirigèrent vers la boutique d'Ollivander.
L'intérieur de la boutique était sombre, austère et paraissait légèrement négligé. Il y avait longtemps qu'il n'avait remis les pieds dans cette boutique. Il avait l'impression d'être redevenu un enfant de onze ans qui allait acheter sa baguette magique. Il se souvint de son impatience à avoir enfin sa baguette. Du sourire de sa mère alors qu'il la tirait par la main pour qu'elle avance un peu plus vite. Sa mine s'assombrit aussitôt à ses souvenirs d'enfance. Il n'aimait guère se rappeler cette période de sa vie car derrière les sourires de sa mère, se cachait toujours une profonde tristesse.
— Bonjour, dit une voix douce.
Severus sortit brusquement de sa rêverie et posa son regard sur le vieil homme qui se tenait devant eux. Ses grands yeux pâles brillaient comme deux lunes dans la pénombre de la boutique.
— Bonjour.
— Votre visage m'est étrangement familier et pourtant je suis sûr de ne vous avoir jamais vu.
Ollivander s'approcha du maître des potions et Severus ne fut guère déstabilisé par l'étrange comportement du vieil homme. Il y était habitué.
— Seriez-vous la fille de Dumbledore ? questionna Ollivander.
— Sa petite-fille.
— Ah, oui, oui, bien sûr, dit l'homme. Vous ressemblez beaucoup à votre grand-père. Je me souviens quand il est venu acheter sa première baguette, j'ai l'impression que c'était hier. 27,5 centimètres, Difficile à manier et puissante, bois de cerisier. Excellente baguette pour les duels.
Ollivander fixa le maître des potions avant de se tourner vers la directrice adjointe de Poudlard.
— Minerva ! Minerva McGonagall ! Quel plaisir de vous revoir…
— Nous sommes pressées, Ollivander, fit la sorcière d'une voix sèche.
— Oui, bien sûr.
Ollivander sortit de sa poche un mètre ruban avec des marques en argent.
— De quelle main tenez-vous la baguette ? demanda-t-il en s'adressant à Severus.
— Avec la droite, répondit Severus.
— Tendez le bras. Voilà.
Il mesura le bras de Severus, de l'épaule jusqu'au bout des doigts, puis du poignet au coude, puis la hauteur de l'épaule jusqu'aux pieds, puis du genou à l'aisselle et enfin, il prit son tour de tête.
Le vieil homme alla prendre des boîtes disposées sur des étagères tandis que le mètre ruban continuait tout seul de prendre les dernières mesures nécessaires. Notamment l'écartement des narines.
— Ça ira comme ça, dit l'homme, et le mètre ruban tomba en un petit tas sur le sol. Essayez donc celle-ci Miss Dumbledore. Elle est en bois de hêtre et contient du ventricule de dragon, 22,5 centimètres. Très flexible, agréable à tenir en main. Prenez-la et agitez-la un peu.
Severus prit la baguette et la fit tournoyer légèrement. Mais Ollivander la lui arracha presque aussitôt des mains et lui en fit essayer une autre.
— Bois d'érable et plume de phénix, 17,5 centimètres, très flexible, Essayez...
Le maître des potions l'essaya mais à peine avait-il levé la baguette qu'Ollivander la lui arracha également des mains.
— Non, plutôt celle-ci, bois d'ébène et crin de licorne, 21,25 centimètres, très souple. Allez-y, essayez.
Severus l'essaya, puis une autre encore. Il commençait à devenir quelque peu inquiet. Peut-être aurait-il valu pour lui qu'Albus lui rende sa baguette puisqu'aucune autre ne semblait lui convenir. Bientôt, il y eut un monceau de baguettes magiques posées sur la chaise en bois mince, mais aucune ne convenait.
— Une client difficile, commenta Ollivander d'un air satisfait. Vous me rappelez Mr Potter lorsqu'il est venu dans ma boutique pour la toute première fois. Il nous a fallu du temps mais il a fini par trouver celle qui lui convenait le mieux.
Severus se retint de lever les yeux au ciel. Il n'y avait que le nom du survivant dans la bouche de tous les sorciers. À croire qu'il était leur dieu à tous ! Même Merlin n'était pas aussi adulé dans le monde sorcier que ce Potter.
— Voyons celle-ci. Une combinaison originale : bois de houx et crin de sombral, 33,75 centimètres. Très puissante, difficile à manier.
Severus prit la baguette et sentit aussitôt une étrange chaleur se répandre dans ses doigts. Il cligna plusieurs fois des paupières, surpris. C'était la première fois qu'il se sentait aussi à l'aise avec une baguette. Sa première baguette était faite pour lui mais celle-ci avait quelque chose de plus que l'autre n'avait pas.
— Bravo ! s'écria Ollivander.
Il reprit la baguette et la remit dans sa boîte qu'il enveloppa de papier kraft. Minerva paya les sept gallions que coûtait la baguette et le vieil homme les raccompagna jusqu'à la porte de sa boutique. Ils poursuivirent leurs achats avec le magasin de Fleury et Bott où ils achetèrent les livres scolaires dont Severus aurait besoin pour l'année. Ils finirent leurs emplettes avec la Ménagerie magique.
La boutique n'était pas très grande et les murs étaient entièrement recouverts de cages. Il y régnait un vacarme permanent, accompagné d'une forte odeur. Les créatures qui occupaient les cages passaient leur temps à piailler, couiner, caqueter, siffler.
Le maître des potions se faufila au milieu des cages et s'arrêta devant celle d'un corbeau.
— Je prends celui-ci, dit-il en se tournant vers le professeur McGonagall.
— Miss Dumbledore, ce n'est pas un hibou, lui fit remarquer Minerva.
— Je ne veux pas de hibou, répliqua Severus en affrontant la sorcière du regard.
Minerva finit par pousser un profond soupir, ne désirant guère s'éterniser plus longtemps sur le chemin de traverse. Elle avait autre chose à faire que de materner une adolescente.
— Très bien, concéda-t-elle.
Severus afficha un sourire satisfait et prit le corbeau. Alors qu'il se dirigeait vers le comptoir, il fut attiré par les voix d'enfants qui s'extasiaient devant un animal. Il se rapprocha et put voir l'objet qui attirait tant de foules. Un boursouf. Lui-aussi, lorsqu'il avait onze ans, il aurait souhaité avoir un boursouf mais malheureusement, sa mère n'avait pas assez d'argent pour lui en acheter. Minerva capta le regard du maître des potions et elle lui offrit l'animal. Après plusieurs protestations, Severus finit par accepter le cadeau de la directrice des lions.
Lorsqu'ils sortirent de l'animalerie, le soleil était déjà en train de se coucher. Ils se dirigèrent vers la zone de transplanage et retournèrent à Poudlard.
À l'école, ils trouvèrent le directeur en pleine discussion dans la grande salle avec pratiquement tous les membres de l'Ordre du Phénix. Le maître des potions fronça les sourcils tout en se demandant pourquoi Dumbledore avait convoqué les membres de l'ordre à l'école.
— Minerva ! Ariana ! s'exclama le vieux sorcier.
Minerva et Severus rendirent le salut des membres de l'ordre.
— Que se passe-t-il ? demanda Severus.
— Rien, mon enfant, lui répondit Albus. Minerva, aidez-la à faire ses valises, je vous prie.
— Mais, commença à protester le maître des potions.
— Pas maintenant, l'interrompit Albus.
Severus lança un regard noir au directeur et se tourna vers le professeur de métamorphose.
— Je saurai me débrouiller, merci, lança-t-il sèchement.
Il récupéra ses sacs et quitta la grande salle, ses affaires flottant derrière lui. Il se retrouva dans ses cachots et commença à faire ses valises. Il récupéra son sac à potions d'urgence. Il en aurait probablement besoin. Il se dirigea dans sa chambre et ouvrit le tiroir de sa table de chevet pour en ressortir un pistolet 9mm. Il vérifia qu'il était chargé et le cacha sur lui.
Même les moldus pouvaient être dangereux sans magie.
— Severus ? l'interpella Albus depuis le salon.
Severus sortit de sa chambre, ses affaires toutes prêtes et lança un regard noir à Albus. Il n'arrivait pas à croire que le vieux fou osait lui faire une chose pareille. Il avait été changé en femme. Il avait subi une journée de shopping avec Minerva et maintenant, Albus poussait le vice un peu plus loin. Beaucoup trop loin en l'obligeant à aller vivre chez les rouquins.
— Pourquoi avoir convoqué les membres de l'ordre à Poudlard ? le questionna-t-il.
— J'ai informé nos amis de votre existence. Maintenant que vous êtes ma petite-fille…
— Je ne suis pas votre petite-fille, cingla Severus.
Albus laissa tomber le sujet et préféra tendre la main au maître des potions. Il avait des affaires urgentes à régler. Severus s'approcha et prit la main que lui tendait son mentor. Albus était le seul à pouvoir transplaner dans l'enceinte de Poudlard car il était le directeur de l'établissement.
Malgré des années d'habitude, il détestait toujours autant transplaner. C'était le moyen de transport sorcier qu'il détestait le plus. Lorsque la pression sur son corps se relâcha et qu'il fut à nouveau capable de respirer, il se retrouva debout à côté de Dumbledore, sur une route de campagne, face à une demeure biscornue. Il n'était venu que deux ou trois fois mais il reconnut sans mal le Terrier.
Severus et Dumbledore se dirigèrent vers la porte de derrière du Terrier, entourée comme à l'accoutumée d'un amas de vieilles bottes et de chaudrons rouillés. Dumbledore frappa trois fois et Severus vit soudain quelqu'un bouger derrière la fenêtre de la cuisine.
— Qui est là ? demanda une voix féminine que Severus reconnut comme étant celle de Molly Weasley. Annoncez-vous !
— C'est moi, Dumbledore.
La porte s'ouvrit aussitôt et Molly Weasley apparut dans l'encadrement, petite, replète, vêtue d'une robe verte. La femme porta toute son attention sur Severus qui se retint de remettre la bonne femme à sa place pour avoir osé le reluquer de cette manière. Il était vraiment maudit puisqu'à cause de Dumbledore, il devait jouer le rôle de sa petite-fille et en tant qu'espion, il ne pouvait pas se permettre de griller sa couverture. Non mais quelle misère !
— Oh Merlin ! Comme elle est jolie ! s'exclama Molly.
Severus regarda par-dessus l'épaule de Molly et vit que la femme n'était pas toute seule dans la cuisine. En effet, il y avait la cadette Weasley, Ronald, Mademoiselle-Je-Sais-Tout et Potter.
— Molly, je vous présente Ariana, ma petite-fille. Ariana, voici, Mrs Weasley, présenta Dumbledore.
— Enchanté, fit Severus d'un ton poli.
— Mais entre donc, ma chérie !
Severus entra dans la cuisine et fut très vite débarrassé de ses affaires par Molly qui ordonna à son fils cadet et à Potter d'aller les poser dans la chambre des filles. Ainsi donc, il allait devoir dormir avec les deux lionnes. Il n'avait pas imaginé un miracle car il savait que la demeure des Weasley était bien trop petite pour accueillir une nouvelle personne.
— Tu veux boire quelque chose ? lui demanda Molly.
— Non, merci, refusa-t-il.
— Molly, je vous renouvelle mes sincères remerciements. Prenez bien soin d'elle.
— Ne vous inquiétez pas, Albus. Votre petite-fille est entre de bonnes mains, assura Molly.
Albus acquiesça de la tête et salua les deux gryffondors qui étaient restées en retrait.
— Je compte sur toi pour être sage et polie, dit Albus en s'adressant à Severus.
Le maître des potions grinça des dents, la mâchoire serrée. Le vieux fou s'amusait à ses propres dépens. Mais rira bien qui rira le dernier. Albus déposa un baiser sur son front et Severus sentit comme un frisson lui parcourir l'échine.
— On se retrouve à Poudlard. Passe une bonne fin de vacances, lança Albus avant de quitter le Terrier.
Severus regarda la porte close et posa une main sur son front. Depuis le décès de sa mère, il n'avait plus jamais reçu de baiser sur le front. Le cœur de Severus se comprima violemment dans sa poitrine au souvenir de sa mère.
— Salut, moi c'est Hermione Granger, se présenta la lionne en lui tendant la main. Et elle, c'est Ginny Weasley.
Severus regarda la main de la gryffondor. Que faisait-il ? Dumbledore l'avait implicitement menacé avant de partir. Il lui avait ordonné d'être sage et poli. Traduction : il ne devait pas la jouer à la Snape mais plutôt à la Dumbledore.
Il était vraiment maudit !
— Ariana Dumbledore, se présenta-t-il à son tour en acceptant la main de Granger.
Il sentait que la fin des vacances n'allait pas être de tout repos chez les rouquins. Surtout s'il devait surveiller, en l'occurrence espionner Potter et sa bande.
Oui, il était définitivement maudit.
