Disclaimer : Harry Potter, qu'on ne devrait même plus présenter, appartient à J.K. Rowling. Et moi, à mes heures perdues, j'écris des fanfictions sur cet univers.
Cette vie chamboulée, et ce passé qui revient.
Le pub Le Loup Boiteux n'était pas celui dont la réputation était la plus parfaite du Chemin de Traverse, et c'était d'ailleurs bien pour cela que Lily avait demandé à ses frères de l'y retrouver. Elle craignait trop qu'ils croisent du monde qu'ils connaissaient dans les autres pubs du Chemin de Traverse. Elle voulait qu'ils aient un peu la paix, et qu'ils ne soient pas dérangés. Ils avaient besoin de se retrouver en dehors de l'agitation ambiante. C'est pour cela que Lily avait choisi ce pub. Il était méconnu, à cause de la mauvaise réputation de l'ancien propriétaire.
Le pub n'avait pas su se faire apprécier du grand public en se nommant tout d'abord Le Loup-Garou mordeur. Si la plaisanterie avait fait rire quelques sorciers aux idées extrémistes, la majorité s'était soulevée pour protester contre ce nom, qui ne menait nulle part ailleurs qu'à la haine cultivant la haine. Ou aux idées fausses et préconçues. Le nom avait été changé, mais le mal était fait. Le pub n'avait pu espérer redorer son blason que depuis quelques mois, lors d'un changement de propriétaire. Pour autant, la clientèle était formée, et peu appréciée.
Lily, dans l'établissement vide, attendait patiemment au comptoir que ses frères arrivent. La porte s'ouvrit. Elle se tourna légèrement, et les vit entrer, l'air surpris de se trouver là. Elle sourit en les voyant.
- Je sais, ce n'est pas le type d'établissement auquel je vous ai habitués, mais on ne devrait croiser personne que l'on connaît. C'est déjà bien, non ?
- Si tu le dis…, murmura Albus en regardant d'un œil désapprobateur le tableau au-dessus de l'étagère des bouteilles.
Sa sœur suivit son regard, et rougit, gênée.
- Oui, bon, euh… Je ne voulais pas aller dans un pub à la réputation irréprochable.
- C'est certain que ce n'est pas ce qu'on peut dire d'un bar où l'on accroche une peinture d'un groupe de loups-garous en train de festoyer, grimaça James.
- Croyez-le ou non, mais elle est indécrochable, leur dit le barman, les surprenant avec son arrivée subite. Glu perpétuelle. J'ai appelé des gars du Ministère, mais évidemment, ils ont mieux à faire… Il faut que je pense à mettre un drap pour cacher cette horreur. Qu'est-ce que je vous sers, les jeunes ?
- On peut attendre un peu ? demanda Albus, qui avait toujours eu la sainte horreur de commander à peine installé – même s'il prenait toujours la même chose.
- Comme vous voulez. Simplement, on nous a prévenus que nos petites équipes dénicheuses de talents de Quidditch allaient passer faire un tour par-là. Si vous voulez éviter de commander quand il y aura du monde…
C'était une plaisanterie, se dit soudainement Lily. Les équipes dénicheuses de talents ? Cela voulait dire, éventuellement, Jason Seek. Non, par Merlin. Elle avait choisi ce pub parce qu'elle pensait que personne qu'elle connaissait n'allait venir ! Ce n'était pas pour croiser Jason…
- Bièraubeurre, décida rapidement James. Pour nous trois. Fais pas cette tête, Al, t'aurais pas pris autre chose.
Il s'attendit à la réflexion approbatrice de sa sœur, mais ne l'entendit pas. Albus tourna la tête à gauche pour regarder sa sœur. James tourna la tête à droite pour faire pareil.
- Lily ? demandèrent-ils dans un même ensemble.
- Euh… Vous ne voudriez pas qu'on change de bar, par hasard ? murmura-t-elle piteusement.
Moins d'une minute après qu'elle ait dit cela, ils avaient tous les trois une bouteille à la main. Albus porta la sienne à ses lèvres rapidement, avant de regarder, songeur, sa petite sœur.
- Lily, c'est quoi le problème exactement ?
- Quel problème ? tenta-t-elle vaillamment.
- Celui que tu essaies de nous cacher ? proposa James.
- Ce n'est rien d'important, assura-t-elle. De toute façon, on doit simplement passer une soirée tranquille, entre frères et sœurs, pas vrai ? Avant que je ne reparte, avant que… James ne fasse une dépression nerveuse ! Ah. Voilà. Si on doit parler des problèmes de chacun, on devrait commencer par James. Et ensuite, on enchaînerait avec Albus. Et pour finir, si on n'est pas trop déprimés, alors seulement on parlerait de moi. Mais comme on ne veut pas parler de nos problèmes… On pourrait parler de tout et de rien, pas vrai ? proposa-t-elle d'une petite voix.
James et Albus échangèrent un regard entendu par-dessus la tête de Lily.
- Elle nous cache quelque chose, affirma James.
- De toute évidence, confirma Albus. Maintenant, il faut découvrir comment la faire parler…
- La ferme, grommela-t-elle alors que la porte s'ouvrant et laissant passer un flot de sportifs noyait ses paroles.
Le temps que le calme revienne, Lily avait repris contenance, et fixait James.
- Quand je serai de nouveau à Poudlard, tu ne devras pas te laisser aller, d'accord ?
- Promis, petite sœur, je ne me laisserai pas aller. Pas de fainéantise, je me lèverai avant midi, je…
James se tut lorsqu'il reçut une claque à l'arrière de la tête.
- Je crois que je l'ai bien méritée, celle-ci, grimaça-t-il.
- Tu sais ce que je veux dire. Tu n'as pas le droit de te languir pour Astrid. Tu la snobes. C'est tout ce que je veux que tu fasses. Elle t'a snobé ces dernières années, donc tu peux bien le faire toi aussi…
- C'est plus compliqué que cela, Lily, tu le sais…
Lily leva les yeux au ciel, et se tourna vers Albus, à la recherche d'un soutien. Son frère soupira, mais se résigna.
- Elle a raison, James. En quelques jours, elle a su te retourner comme une crêpe… Merlin, j'aime les crêpes, murmura-t-il songeur. Vous pensez qu'on…
- Al…, soupirèrent Lily et James en chœur.
- Pardon. Mais la nourriture, c'est… D'accord, je me tais ! James, la petite gamine a raison.
- La petite gamine va te faire mal, siffla Lily.
- Même pas en rêve, assura Albus. Ce qu'elle veut dire, c'est que tu as toujours été guidé par tes sentiments, et ça t'a bien réussi, mais là…
- Là, tu fonces dans un mur, et puis c'est tout, grommela Lily. Enfin, tous tes souvenirs vont être effacés, ensuite !
- Hein ? s'exclama Albus.
- C'est quoi cette histoire ? s'étonna James.
Lily rougit.
- Je ne vous l'ai pas dit ? J'ai dû oublier, murmura-t-elle. Je… Le premier jour, lorsque je l'ai vue, avec ce grand type… Il y a eu cette histoire, à un moment. Astrid, ou le type, je ne sais plus, a parlé du fait qu'à la fin de l'audience, eh bien… Tes souvenirs seront effacés.
Un silence suivit cette déclaration. Lily pouvait lire dans les yeux d'Albus et de James qu'ils se sentaient aussi mal qu'elle lorsqu'elle avait compris ce que cela signifiait. Ils étaient nauséeux.
Comment pouvait-on être prêt à modifier, ou effacer, sciemment la mémoire de quelqu'un ?
- Je suis désolée, murmura Lily d'une petite voix. J'étais persuadée t'en avoir déjà parlé. Je…
Elle se mordit la lèvre, et James posa une main rassurante sur son épaule. Albus fit de même.
- C'est pas grave, Lily. Et puis, j'aurais dû m'en douter. Ils n'ont fait que parler de « nettoyage », des trucs comme ça, aujourd'hui. J'aurais dû savoir qu'après le retour à la vie d'Astrid, la vie ne pouvait pas reprendre son cours naturellement.
La rouquine hocha la tête, toujours aussi mal à l'aise.
- Allez, tu n'y es pour rien, lui assura Albus. Et puis, pour une fois que tu gaffes, plutôt que moi ! s'esclaffa-t-il. Merlin, tu te souviens quand Basile est venu à la maison ? Je me suis trompé de prénom ! Heureusement que vous avez rompu juste après…
- Quoi ? Pourquoi je ne suis pas au courant ? s'offusqua James.
Lily rougit encore plus.
- Al, si tu pouvais… oublier cet incident, surtout en ce moment, ça m'arrangerait, grommela-t-elle.
- Pourquoi ? s'étonna Albus. Ne me dis pas que tu comptes retourner avec Basile.
- Non, je ne…
Elle se tut, les yeux sur la personne qui venait de se planter derrière Albus.
- Salut, Jay ! dit James, tranquillement.
Et ce que craignait Lily s'était produit. Jason faisait partie de ceux qui venaient ce soir dans ce pub. Sa soirée était géniale. Sa vie toute entière était géniale. Pourquoi est-ce qu'elle ne pouvait pas gérer un problème à la fois ?
- Je me disais bien que le clan Potter était parmi nous… Vous êtes repérables, expliqua Jason.
- Les Potter ont cette qualité indéniable, reconnut Albus en se retournant, tout sourire. Tu veux rester avec nous ?
Jay regarda la table qu'il venait de quitter.
- Je pense que Jay avait prévu de passer du temps avec ses amis, plutôt qu'avec nous, siffla Lily.
- Depuis quand tu es méchante avec Jay ? rétorqua Albus.
- C'est vrai, Lily, depuis quand tu es aussi peu sympathique avec moi ? rétorqua Jay. Je crois qu'ils vont pouvoir se passer de moi, le temps d'une Bièraubeurre.
- Adjugé, tu restes avec nous ! s'exclama James. Tu vas pouvoir nous raconter comment ça se passe, dans ces petites équipes…
Lily lança un regard d'avertissement à son frère, qui lui adressa un sourire amusé.
- Oh, c'est pas pire qu'à Poudlard…
Il se tut quelques instants, ne sachant comment réagir devant celui qui était sorti avec celle que son équipe surnommait la Tyrannique.
- C'est certain qu'après que tu sois devenu capitaine, les entraînements devaient être plus agréables qu'au temps d'Astrid, grommela James en buvant – trop – rapidement une gorgée.
- Plus agréables ? railla Lily. Les Serdaigle revenaient en pleurs.
- Et aujourd'hui, je reviens en pleurs, grommela Jason. Franchement, si j'avais su…
- Mais justement, nous, on veut savoir, insista Albus.
- Pourquoi ? s'étonna Jason. Toi, tu t'intéresses aux équipes de Quidditch ?
- Je prends des renseignements. On ne sait jamais, ça pourrait intéresser quelqu'un que je connais, répondit Albus, nonchalant.
Lily se figea sur son tabouret. James fixa son frère. Jason passa d'Albus à James, de James à Lily, de Lily à James.
- J'ai l'impression d'avoir raté un épisode…
- Tu n'as pas fait ça, gronda Lily en dardant des yeux noirs sur Albus.
- Fait quoi ? demanda Albus, faussement innocent.
- Tu n'es pas allé fouiller dans mon sac lorsque tu as vu que je te cachais quelque chose ! s'exclama-t-elle rageusement.
Albus frappa dans ses mains.
- Ah, ah ! Je savais que tu les cachais intentionnellement !
- Enfin, Lily, tu sais qu'il ne faut jamais rien montrer lorsqu'Albus est dans la maison ! soupira James.
- Parce que tu étais au courant ?! se récria Albus. Tu étais au courant, et pas moi ? Je suis… vexé n'est pas le mot. Je suis dévasté !
- Au courant de quoi ? s'enquit Jason.
- Lily a reçu trois lettres d'équipes dénicheuses, expliqua Albus. Quoi ? De toute façon, ça n'allait pas rester secret longtemps…
- Trois ?! s'exclama Jay. Mais pourquoi tu ne me l'as pas dit ?
- Et pourquoi je te l'aurais dit ? rétorqua Lily.
- Oui, pourquoi elle te l'aurait dit ? répliqua Albus. Nous sommes ses frères. Et elle ne me l'a même pas dit.
- J'ai l'impression que tu caches beaucoup de choses à beaucoup de monde, Lily, lui reprocha à moitié James qui, en réalité, s'amusait follement de cette situation qui mettait quelqu'un d'autre que lui dans l'embarras.
- Par Morgane, vous allez bien me foutre la paix ?! s'exclama Lily. Je cache ce que je veux, à qui je veux ! C'est compris ?!
Elle darda ses yeux noirs sur Jason, qui déglutit et s'intéressa tout à coup au comptoir. Puis sur James, qui leva les mains en signe de paix. Enfin, sur Albus, qui leva les yeux au ciel, mais hocha tout de même la tête.
- Merci, dit-elle avec colère. Je voulais simplement boire une Bièraubeurre avec mes frères, et voilà que ça se transforme en… en…
- Inquisition ? lui proposa Jason.
- Oh, toi, la ferme, parce que tu commences sérieusement à me taper sur le système, à être toujours là où je suis.
Frappé par la colère dans le ton de sa petite sœur, elle qui avait toujours entretenu de très bonnes relations avec Jason, James regarda le garçon, qui semblait en vouloir à la rousse, mais pas que pour la méchanceté de ses propos.
- C'est quoi le problème ? demanda lentement Albus, qui réalisait lui aussi que tout n'était pas normal.
- Le problème, c'est que j'aimerais bien qu'on me laisse tranquille. Oui, il y a des choses que je ne dis pas. Est-ce que je peux vous jurer que vous les saurez en temps voulu, pour que vous me laissiez tranquille quelques heures ?
James et Albus se regardèrent, sachant par avance ce qu'ils allaient dire.
- Bien sûr, Lily, tout ce que tu veux, dit tranquillement James.
- Du moment que tu gardes aussi secret ton tatouage, nous, on est d'accord avec tout, enchaîna Albus.
- Trop aimable, grommela leur petite sœur.
- Je suis plutôt d'accord avec eux, ajouta Jason. Pour le tatouage, en tout cas.
La tête de Lily s'affaissant douloureusement sur le comptoir camoufla le bruit des cervicales craquant des deux frères alors qu'ils se tournaient violemment vers Jay, qui réalisait tout juste ce qu'il venait de dire.
- J'aurais mieux fait de me taire, je crois, murmura Jason.
- Ce tatouage est situé sur une zone de notre petite sœur que tu ne devrais pas avoir vue, gronda Albus.
- Ce qui signifie que tu as dix secondes pour commencer des explications qui ont plutôt intérêt à être convaincantes. Sinon, au bout des dix secondes, nous allons être obligés de t'expliquer, à force de gestes très explicites, pourquoi les vengeances des Potter ne sont pas de très bons moments à passer, ajouta James.
La pomme d'Adam de Jason fit quelques rapides va-et-vient avant que le jeune homme ne réussisse à parler.
- Merlin, soupira Jay. Merlin. Écoutez, les gars, je…
Lily ne pouvait pas le laisser faire. Elle devait intervenir. C'était le moment où elle empêchait Jason de donner sa propre version de l'histoire.
Alors, elle le fit. Elle leur raconta la première partie de la soirée. Celle où Jason et elle se retrouvaient dans un bar, qu'elle n'était pas en forme, qu'il lui proposait de dormir chez lui, qu'elle se déshabillait devant lui. Et puis voilà. Elle arrêta là son histoire. Elle occulta le baiser, la fuite au petit matin, et elle espérait que Jason n'ajouterait rien à cette histoire.
- Mais j'étais dans un tel état qu'en arrivant dans sa chambre, j'ai commencé à me déshabiller avant qu'il ne sorte. Fin de l'histoire, acheva Lily.
- Ouais, fin de l'histoire, grinça Jason en se levant rapidement. Fin de l'histoire… Toujours la même chose.
Jason s'était éloigné pour aller rejoindre ses coéquipiers quand Albus releva la tête de sa petite sœur.
- Fin de l'histoire, réellement ? demanda-t-il doucement.
Elle grimaça.
- Pas tout à fait.
Elle se tut ensuite obstinément.
- Lily, tu es avec tes frères. On ne va pas te juger, lui rappela James.
- Au pire des cas, on ira simplement refaire le portrait de Jay.
Elle étouffa un rire tout sauf joyeux.
- Ce qui n'est pas si grave que ça, finalement, assura James.
- Et puis, quoi qu'il ait pu se passer, c'est toujours moins pire que ce qui se passe dans nos vies. Regarde. Ça fait des années que Faith et moi, ça va bien avant de plonger dans un gouffre. Et James, il a réussi à convaincre sa copine de mourir tellement il était horrible à vivre.
- C'est un coup bas, ça, grimaça James.
- C'est pour le bien de notre sœur, lui assura Albus avec un sourire désolé. Mais pour me faire pardonner, je te promets de faire le ménage de ton appartement les cinq prochaines semaines. Même la poussière.
- Oh, c'est gentil. Et tu crois que…
- Est-ce que vous allez me laisser parler ? grommela Lily.
Ils se turent immédiatement.
- Je… je crois qu'après avoir commencé à me déshabiller devant lui, j'ai réalisé ce qui se passait, et… je ne suis plus tout à fait sûre de ce que je lui ai dit, mais c'était par rapport à ce qu'avait dit Meredith au cours de l'année, que si je n'étais pas sortie avec Basile, ça aurait été avec Jay, et…
Lily grimaça, avant de poursuivre. Elle raconta comment elle avait dit de Jason qu'il était « gentil », comment il s'était énervé, et elle aussi, du moins, si elle se souvenait correctement de la soirée. Elle ajouta ensuite qu'elle l'avait embrassé, s'attendant à une réaction de ses frères. Réaction qui ne vint pas. Elle ajouta qu'elle avait fui de chez Jason, qu'elle avait évité toutes ses lettres, qu'elle ne l'avait plus croisé avant ce jour, à la boutique de Quidditch, au début des vacances, comme sachant où elle se trouverait. Et puis, elle se tut.
- En même temps, murmura Albus, pas la peine d'être un Serdaigle pour se douter que c'est le premier magasin où tu irais le premier jour de tes vacances…
Lily choisit d'ignorer la pique.
- Il a voulu en reparler, mais moi, je ne sais pas quoi lui dire ! C'est… Merlin, c'est Jay !
Elle paraissait dépitée, et assurée aussi que tout cela n'était qu'un mauvais rêve. Tellement mauvais rêve qu'elle ne comprit pas le regard désolé de ses grands frères.
- On lui dit ? demanda Albus à son grand frère.
- On n'a pas le choix, reconnut James.
- Me dire quoi ? demanda Lily, suspicieuse.
- Que Jay le Vif en pince pour toi depuis… la fin de sa sixième année, débita Albus.
- Attends, comment tu peux savoir ça ? s'étonna Lily. Tu n'étais plus à Poudlard…
- Hugo et Louis sont de très bons espions, et ils ont des sœurs, donc forcément, ils ont accepté de me dire tout ce qui te concernait, et concernait des garçons. Comment est-ce que tu crois que j'ai pu être au courant pour toi et Basile moins de vingt-quatre heures après que vous vous soyez mis ensemble ?
- Quoi ?! Non mais t'es incroyable ! s'exclama-telle, les joues rouges.
Et dire que ses cousins avaient osé lui affirmer qu'ils n'étaient pas ceux ayant vendu la mèche à Albus…
- C'est ma principale qualité, assura Albus. Pour en revenir à nos dragons, quand tu m'as dit que tu sortais avec quelqu'un, je pensais que c'était lui.
- C'était légèrement évident, il faut dire, ajouta James. Même en étant à l'autre bout du continent, je m'en doutais, alors…
Lily soupira.
- Je ne suis pas…
- Intéressée ? railla Albus. C'est cela, oui.
- Non, ce n'est pas ce que je veux dire ! C'est simplement que… Quand j'étais avec Basile, j'ai dû lui jurer des dizaines de fois que Jay ne m'intéressait pas. Et à peine ai-je rompu avec lui que j'en embrasse un autre, qui est Jay ? Ce n'est pas moi, ça !
- T'as raison, reconnut Albus. Ce n'est pas toi. C'est simplement nous. Notre côté Potter. Un peu trop tête brûlée. Ça fait parfois des dégâts. Ceci dit, Lily, je crois que si tu ne veux pas sortir avec Jay, c'est une chose. Lui cacher tout ce que tu retiens depuis cet été, c'en est une autre. Pas vrai, James ?
Lequel hocha la tête, regardant sa petite sœur avec intérêt. Il était certain qu'elle leur cachait autre chose.
- Ce n'est pas tout, n'est-ce pas ?
Lily secoua la tête. Quitte à tout avouer ce soir, autant en rajouter une couche. Elle décida alors de leur parler de l'Amortentia. Cette fichue potion qui lui avait lancé les odeurs de Jason en pleine figure, alors qu'elle n'avait pas envie d'être confrontée à la réalité immédiatement.
C'est seulement une fois qu'elle eut terminé de parler que Lily réalisa à quel point elle avait besoin de parler de tout ceci. Cela lui faisait beaucoup de bien de se confier à ses frères, même si cela ne l'aidait pas à se décider à parler à Jason.
Mais c'était sans compter sur ses frères, qui, bien évidemment, finirent par la pousser à aller voir l'attrapeur, malgré les doutes de Lily. Elle avait été si horrible avec lui ces derniers temps… Pourtant, ses frères n'arrêtaient pas d'insister. Ils semblaient prêts à la jeter dans les bras d'un garçon, ce qui n'était pas dans leurs habitudes.
Sauf que Lily n'avait pas envie d'y aller. Elle avait bien trop peur de ce qui pourrait découler de cette discussion. Mais rien à faire. Ses frères ne semblaient pas prêts à la laisser sortir de ce pub si elle n'était pas allée parler à Jason.
- Très bien !
Elle lâcha sa Bièraubeurre, et se leva.
- Mais toi, tu vas voir Faith, et tu arrêtes de la faire pleurer, dit-elle à Albus. Et toi, tu vas parler à Astrid, et pas en la regardant avec des yeux de fléreur. Plutôt avec des yeux de dragon. Compris ?
Elle tourna les talons, se retenant de leur lancer d'autres réflexions bien senties. Pour une fois, elle était autant en tort qu'eux, sur un même sujet. Elle ne pouvait rien leur reprocher. Elle se dirigea alors vers la table où était assis Jason, qui la regardait venir tranquillement. Elle s'installa en face de lui, et se tordit les mains.
- Salut, souffla-t-elle finalement.
Jason hocha la tête.
- Je crois qu'il faut qu'on parle, murmura Lily.
- Je crois qu'il faut qu'on parle depuis des mois, répliqua Jason. Ce n'est pas moi qui évite la conversation, lui rappela-t-il.
Lily acquiesça, une grimace déformant ses traits. Jason avait bien évidemment raison. Mais elle se sentait tellement mal…
- Je suis désolée pour ça. C'est juste que… Jason, je suis terrifiée.
Il haussa un sourcil.
- C'est pas comme… Avec Basile, c'était simple. C'était un copain, mais rien de plus. Et je sais que ça ne sera pas pareil avec toi. Et ça me terrifie. Et je n'arrive pas à réfléchir correctement à ce que ça pourrait donner, et je n'arrive pas à comprendre pourquoi ça me terrifie autant. Et puis, je vois les couples autour de moi, et je me compare à eux, et j'ai pas l'impression d'être dans la même dimension, et… J'ai juste peur, avoua-t-elle du bout des lèvres.
Jason sourit doucement.
- C'est simplement une question de peur, alors ? s'enquit-il.
Lily secoua la tête.
- Bien sûr que non. Il y aussi ma fierté mal placée, du fait de m'être trompée sur toute la ligne avec Basile.
Jason se pencha vers elle.
- Lily… On se trompe toujours, en amour. Toujours. Mais c'est pas grave. Ce sont des choses qui arrivent.
Elle hocha la tête, souriant timidement.
- Je crois que je l'ai compris maintenant…
- Bien, murmura Jason. Enfin.
Lily soupira.
- Mais…
- Mais tant que toute cette histoire avec Astrid ne s'est pas terminée, tu ne penses pas avoir les idées assez claires pour me proposer quoi que ce soit, c'est bien ça ?
Honteuse, Lily hocha la tête. Jason sourit.
- Pour être honnête, j'ai beau t'avoir bousculée l'autre jour, je ne suis pas non plus tout à fait à l'aise avec ça. Je te propose quelque chose. Je continue de t'envoyer des lettres, tu les lis, cette fois, et tu y réponds. Et on avisera lorsque Astrid sera à nouveau sortie de nos vies. Tu en penses quoi ?
Lily sourit.
- J'en pense que c'est une très bonne idée.
- Parfait, murmura Jason. Alors on fait comme ça. On avance tout doucement. On règle déjà tout ce qu'on a laissé en suspens ces derniers jours, et on verra ensuite pour le reste. D'accord ?
Lily acquiesça, avant de se lever.
- Promis, les prochaines lettres, je les lirai.
Jason se retint d'éclater de rire, alors que Lily le saluait, gênée, et sortait du pub.
Rien n'était encore réglé entre Jason et elle, c'était certain.
Mais ça prenait la bonne direction, et c'était déjà ça.
…
Les prémices d'un repas traînaient sur la table des Potter, mais Lily, qui avait entamé la préparation du repas, n'avait pas pu poursuivre, à cause de l'arrivée de ses deux frères. Elle ne les avait pas revus depuis qu'ils avaient parlé à Jason la veille, mais elle voulait être certaine qu'ils n'avaient pas exagéré leur rôle de grands frères protecteurs.
- Vous n'avez pas été trop horribles avec Jason ? demanda Lily d'une petite voix.
Ses frères se regardèrent, échangeant un regard pas loin du sadisme, aux yeux de la jeune fille.
- Juste assez pour qu'il nous avoue qu'il t'envoyait des lettres…, commença James.
- Et il est de notre devoir de les trouver ! compléta Albus.
Ce dernier se mit rapidement derrière sa sœur, et la prit dans ses bras, l'empêchant de faire le moindre mouvement. James, de son côté, avait attiré jusqu'à lui les cours de Lily, et commençait à fouiller dans la prise de notes de sa petite sœur.
- Qu'est-ce que vous faites ? s'enquit Lily, soudainement suspicieuse.
- On regarde si Meredith a écrit quoi que ce soit à propos de Jason dans un de vos cours.
- Si on voulait s'échanger des mots, on le ferait sur des parchemins différents de nos cours…, releva Lily.
- On ne sait jamais ! protesta Albus. James, tu veux bien allumer les lumières des autres pièces ?
Lily et James ne purent s'empêcher de ricaner.
- T'as toujours peur du noir.
- Je n'ai pas peur du noir ! protesta Albus, alors que James s'exécutait, tout en souriant.
- Un petit peu, quand même…, dit Lily, en essayant de se dégager.
Mais c'était peine perdue. Elle dut observer passivement James, qui décortiquait ses notes, tandis qu'Albus jouait avec les cheveux emmêlés de sa sœur. Lily regarda l'horloge de la cuisine. Son père était allé chercher sa mère, qui transplanait à quelques mètres de là. Ils ne devraient plus tarder, et elle serait enfin libérée.
À l'instant où elle se faisait cette réflexion, la voix de leur mère parvint aux trois enfants Potter.
- Tu sais, je crois vraiment qu'Albus n'a jamais réussi à vaincre sa peur du noir et des espaces clos, soupira Ginny en ouvrant la porte d'accès à la cuisine.
- Je n'ai pas peur du noir ! s'écria Albus, insurgé.
- Merlin, vous êtes enfin là, soupira Lily, visiblement désespérée. Ils sont insupportables, geignit-elle. Depuis qu'ils sont arrivés, ils ne me lâchent plus.
- Bonne année ! chantonna James.
Il agissait comme si cela ne faisait pas quatre jours qu'il n'avait plus donné signe de vie en cette période festive, mais Lily se doutait qu'il ne faisait pas le fier de réapparaître ainsi.
- Bonne année, mon grand, répondirent en chœur ses parents.
- Al, lâche ta sœur, ajouta Ginny.
- Et James, on t'a déjà demandé de ne pas fouiller dans les affaires de ta sœur.
- Comment vous faites pour déjouer tous mes sortilèges ? murmura Lily, désespérée, et tentant de se défaire de l'étreinte de son frère, sans qu'il ne lui prête aucune attention, comme il n'en avait prêté aucune aux paroles de sa mère.
- Vous restez manger ? dit Ginny.
- Lily nous a dit qu'il y avait de la purée de citrouille.
- Et du faisan.
- La réponse est donc oui, comprit Harry. Al, vraiment, lâche ta sœur.
Albus soupira, mais se décida à écouter son père, lequel s'approchait de James.
- Comment vas-tu ?
- Bien, assura James. Je voulais juste…
Son fils aîné se balança d'avant en arrière sur ses talons, les mains enfoncées dans les poches. Il n'osait pas exprimer sa requête, après ses longues journées de silence, mais il n'en avait pas besoin. Son père hocha la tête pour lui dire qu'il était d'accord avec celle-ci, et qu'il allait lui dire tout ce qu'il pouvait.
Lily aurait voulu intervenir, et supplier son père de dire à James qu'il ne devait pas chercher à en savoir plus en ce qui concernait Astrid. Malheureusement, c'était sans compter sur Albus, qui n'arrêtait pas de jouer avec ses cheveux.
- Al, laisse mes cheveux tranquilles, soupira Lily.
- Ou sinon quoi ? railla son frère. Tu crois avoir des moyens de pression sur moi, petite sœur ?
- Faith Gomenez ? hasarda-t-elle avec ironie.
Lily se faisait une joie de donner à ses parents tous les détails de la relation saccadée et tumultueuse que partageaient Faith et Albus. Sauf que lorsqu'elle le faisait, c'était généralement parce qu'elle n'avait rien à se reprocher ou à cacher, de son côté. Or, aujourd'hui, Lily avait des choses à cacher à ses parents. Elle se mordilla aussitôt la lèvre, réalisant tardivement qu'elle en avait trop dit, et qu'Albus allait en profiter.
- Al, viens m'aider, exigea aussitôt Ginny, sentant poindre la catastrophe.
- Bien sûr ! s'empressa-t-il d'accepter. J'en profite pour te demander, maman… tu connais un peu les équipes qui recherchent des nouveaux talents ?
- Je te rappelle que j'ai été dans une équipe dénicheuse de nouveaux joueurs avant de faire partie des Harpies, soupira Ginny en levant les yeux au ciel. Alors oui, je les connais.
- Et tu dirais que laquelle est la mieux ? La tienne ?
Ginny fronça les sourcils, et regarda plus attentivement son fils. Ses enfants aimaient le Quidditch, c'était certain. Mais jamais Albus ne lançait de lui-même une conversation sur le sujet. C'était la spécialité de Lily.
- Albus, ferme-la, grommela cette dernière en se levant à moitié.
- Ou celle des Preux Sorciers ? À moins que celle des joueurs des Marais de l'Hampshire soit plus intéressante ?
- Je vais aller chercher du bois, dit Lily en se levant. Papa, tu viens avec moi ?
- Il y a plein de bois dans la cheminée, petite sœur, tu ne bouges pas, répliqua Albus avec un grand sourire qui fit perdre à Lily l'envie de fuir. Fallait pas me chercher, et fallait pas espérer que je garderais ça pour moi. Surtout que j'ai déjà acheté un gâteau pour qu'on fête ça, s'empressa-t-il d'ajouter. Allez, maman, devine ! dit Albus comme un gamin surexcité devant son sapin de Noël. Devine qui a reçu trois lettres des trois équipes que je viens de citer ? James ?
Son grand frère agita sa baguette, et des roulements de tambour se firent entendre dans la cuisine.
- C'est Lily ! s'exclamèrent gaiement les deux frangins.
- Je vous déteste, siffla Lily. Vraiment. Je vais vous faire souffrir pour ça, vous n'avez même pas idée.
- J'ai apporté un gâteau aux fruits pour fêter ça ! protesta Albus. Tu n'as pas le droit de me détester ! Eh ! Non, non, tu ne m'auras pas, Potter l'Éclair !
Il s'éloigna vivement de sa sœur, dont l'air déterminé ne laissait présager qu'une chose. Elle n'abandonnerait pas sa proie. C'était le même air qu'elle avait lorsqu'elle avait repéré le Vif d'Or sur le terrain.
- Tu vas le regretter, Al ! s'écria-t-elle en se mettant à courir derrière son frère qui avait déjà atteint l'escalier.
Abandonnant la cuisine et la présence rassurante de leurs parents, Albus se dirigea immédiatement vers les étages, songeant certainement à aller se barricader dans sa chambre. Sauf que Lily n'était pas dupe. Elle savait ce qu'il comptait faire. C'est pour cela qu'elle se dépêcha de le suivre, et qu'atteignant le palier peu de temps après lui, elle put lui lancer un sortilège de Saucisson en moins de temps qu'il n'en fallait pour le dire – surtout qu'elle l'avait fait de manière silencieuse. Son frère s'immobilisa, et commença à tomber. Lily fit apparaître un matelas, sur lequel tomba Albus. Lily s'approcha de lui, et sourit en le voyant lui lancer des regards noirs.
- Tu apprendras, Albus, qu'il ne faut pas trop m'embêter, ces temps-ci, dit-elle en s'agenouillant à ses côtés. Bon… Papa et James ne vont pas tarder à monter, alors il faut que je te cache avant qu'ils n'arrivent.
Lily regarda autour d'elle. Il y avait le choix entre la chambre d'Albus, mais ça ne serait pas réellement une punition, le grenier ou encore un placard.
La dernière solution était cruelle, surtout qu'Albus n'appréciait ni le noir, ni les espaces confinés.
En même temps, ça lui apprendrait à lancer ainsi les secrets de Lily.
La jeune fille se releva.
- Désolée, Al, dit-elle en ouvrant la porte du placard, avant de soulever le corps d'Albus grâce au sortilège de Levicorpus.
Malgré les regards indignés d'Albus, elle ne fléchit pas, et enferma sans hésitation son frère dans le placard. Elle partit ensuite dans sa chambre, le temps que son père et James passent dans le couloir pour aller dans le bureau de leur père. Ensuite, elle ressortit de sa chambre, passa devant le placard, auquel elle murmura un « Courage » plein d'ironie, et redescendit dans la cuisine, où sa mère s'affairait pour le repas.
- Ah, c'est bien que tu sois revenue, dit aussitôt Ginny. Est-ce que tu peux m'aider avec la purée de citrouille ?
Lily se mit aussitôt à la tâche, demandant à sa mère des nouvelles concernant les équipes en phase de qualification de la Coupe du Monde de Quidditch. Apparemment, le Japon n'avait vraiment pas un bon gardien.
Elles en étaient à discuter des prochains matchs auxquels pourrait assister Lily lorsque James redescendit dans la cuisine. Sans un regard pour elles, il se dirigea vers la cheminée, prit une grosse poignée de Poudre de Cheminette, et se lança dans le réseau, au grand dam de Lily.
Lorsque les flammes vertes eurent disparu, Lily se tourna vers sa mère, réprobatrice.
- Papa n'aurait jamais dû lui dire ce qu'il lui a dit.
Peut-être disait-elle cela aussi parce qu'elle était jalouse de l'attention soudaine que James portait à Astrid, mais la raison principale restait que Lily estimait que cette fille n'avait plus aucun droit sur son frère, et que la seule chose que devrait faire James était de l'ignorer.
Ginny haussa les épaules, et prit place en face de sa fille.
- C'est difficile de juger lorsque nous ne sommes pas dans la situation, lui rappela-t-elle. Jamais James ne t'aurait donné des conseils concernant ta relation avec Basile.
- La différence résidant dans le fait que Basile ne se soit pas fait passer pour mort, je doute que la comparaison soit possible, grimaça Lily. Et Basile était souvent à côté de la plaque, mais…
Sa mère s'esclaffa.
- Tu sais qu'il a quand même dit à ton père qu'il était très heureux de sortir avec toi, mais qu'il l'était encore plus parce que tu faisais partie d'une famille célèbre ?
Lily grimaça.
- Oui, bon, Basile n'est définitivement pas un exemple. Il n'était pas très doué avec les mots, reconnut-elle. Mais pour autant…
- Lily…, l'interrompit sa mère. Même si la perspective de cette rencontre ne te plaît pas, ton frère en a réellement besoin. On ne peut pas aller contre ça.
La jeune fille comprit qu'il ne servait à rien de continuer sur cette voie en voyant que sa mère n'en savait pas plus qu'elle sur la situation globale, mais qu'elle faisait confiance à son mari pour ne pas envoyer James au gibet. Ils étaient des parents. Tout ce qu'ils faisaient, c'était pour le bien de leur fils.
- Il aurait quand même pu manger quelque chose avant de partir, grommela Lily.
- Il y en aura plus pour Albus, comme ça, rit sa mère.
Ginny fronça alors les sourcils, avant de poser un regard inquisiteur sur sa fille, qui s'intéressa à ses ongles. Ce que Lily ne faisait jamais. Et Albus n'était plus en vue depuis de trop nombreuses minutes.
- Lily ? demanda-t-elle d'une voix forte.
- Hum ?
- Où est ton frère ?
- Tu l'as vu disparaître dans les flammes, à l'instant ! s'étonna Lily.
- L'autre frère.
- Ah. Lui. Non, pour l'instant, ce n'est plus mon frère. Il a vendu des informations capitales.
C'était parfois très difficile d'être parent, se dit Ginny, tout en se demandant comment sa mère avait fait pour élever sept enfants qui avaient tous du répondant.
- Où se trouve ton frère qui n'est pour l'instant plus ton frère ?
Sa fille leva des yeux innocents, couplés à un sourire angélique, vers Ginny.
- Je jure que s'il est enfermé dans un placard obscur, ce n'est pas de ma faute.
- Vous n'êtes pas croyables, soupira Ginny. Allez, va le chercher, on passe à table.
- Je suis obligée ?!
- Oui, jeune fille, sinon, on passera le repas à parler de tes lettres ! rétorqua sa mère. Et si tu n'y vas pas, je te promets de te priver de sorties, que tu sois majeure ou non !
Lily soupira. Franchement, sa mère ne se rendait pas compte que Lily avait voulu rendre service à tout le monde en les débarrassant d'Albus. Mais comme elle n'avait pas envie de parler de ses sélections, elle se leva, et se décida à aller libérer son frère.
Note d'auteur.
Incroyable mais vrai : je suis capable d'être en AVANCE.
En fait, j'avais oublié mon accord pour faire du baby-sitting, cette semaine. Et du coup, mardi, je ne serai pas trop disponible pour poster un chapitre. Plutôt que de vous faire attendre encore une semaine, comme je suis grave généreuse, je vous donne ce chapitre maintenant. Je sais, je suis trop cool comme auteur :D ! (J'aime beaucoup me lancer des fleurs, vous remarquerez... Bref)
Que vous dire... Oh, si. En fait, ça a rien à voir avec ce chapitre, mais en fait, si. Breeeeef. Comme vous le savez, Albus a peur du noir. Mais pas une vraie grosse phobie, je vous rassure. Lily n'est pas aussi cruelle que ça. C'est une petite peur. L'important n'est pas là-dedans, mais plutôt en moi, auto-proclamée porte-parole des personnes qui ont des phobies et peurs irrationnelles. Arrêtez d'en parler à ceux qui ont des phobies. S'IL VOUS PLAÎT ! Ce cri vient du cœur. Vous n'avez pas idée d'à quel point c'est agaçant... et d'à quel point ça peut nous angoisser encore plus. Dans mon cas, j'aime pas les espaces confinés. Très peu de personnes le savent, parce que ça ne vient pas toujours dans les conversations de prime abord. Mais les gens ont ce fichu besoin de nous le rappeler à un moment où on arrivait à s'en passer. Du coup, moi, dans l'idéal, j'évite les ascenseurs et les bains de foule, normal, je me sens trop oppressée. Mais une fois, je me sentais bien, j'étais prête à prendre l'ascenseur, et là, la personne avec qui j'étais me dit "Ah, mais tu n'as plus peur ? C'est cool ! Mais si tu préfères, on prend un autre chemin." Ou comment cette personne m'a rappelée une phobie au-dessus de laquelle j'avais réussi à passer, que j'avais oublié un bref instant, parce que l'ascenseur était assez grand. J'ai plus pris d'ascenseur pendant une année entière, après ça. Et je connaissais quelqu'un qui vivait au neuvième étage...
Bon, en vrai, ma vie, on s'en fout. Ce que je veux dire, c'est que, dans la majorité des cas, on arrive à gérer nos peurs, etc. On les évite au maximum. Tout seul, comme des grands. Pas la peine de nous les rappeler. S'il vous plaît. (Mon cri de détresse du jour. Voilà) (Et si les gens ont peur du noir, ne les enfermez pas dans un placard, comme Lily le fait avec son frère ^^')
SUR CE. On a croisé JASON ! C'est trop cool. Et Lily a, pour une fois, eu la décence de lui parler. On pourrait presque lui pardonner tous les chapitres où elle a fait en sorte d'éviter ce pauvre garçon, mais non, ne lui pardonnons pas avant la fin de cette histoire, ça serait trop simple.
Oh, en parlant de cette histoire. Non, il n'y aura pas d'histoire écrite sur Faith et Albus. Je profite de cette note d'auteur pour le rappeler à tout le monde. Histoire que les messages privés allant dans ce sens cessent ;)...
Bon, cette note d'auteur s'étend à nouveau, faut que j'arrête. Merci à tous pour vos reviews qui font chaud au cœur, c'est un plaisir de vous retrouver à chaque fois :) Merci à titietrominet, oui, je suis obligée de la terminer, il y a un moment où je n'ai plus d'inspiration pour tout écrire, j'en ai peur ^^. Et on n'oublie pas de remercier DelfineNotPadfoot pour ses corrections hebdomadaires !
Allez, à mardi dans 10 jours, promis, le chapitre sera là !
