"- Nagisa, je ne suis pas persuadée que cela marche... Et si Karma n'agissait pas comme tu le prévois ?" demanda Isogai, un peu perplexe

Le bleuté baissa les yeux, réfléchissant. Non, il était persuadé de ce qu'il avançait. Il était certain de ce que ferait son ami, il ne le connaissait que trop bien. Et puis, avec tout ce qu'il avait entendu... Il en était sur.

"- Je suis certain qu'il ne viendra pas la deuxième semaine. Il sèche souvent les cours, je suis sur qu'il ne viendra pas cette semaine là. C'est la semaine où elle devrait... mourir. Il ne viendra pas. Il est déjà à moitié déprimé... Et puis, au pire des cas, si il vient, je l'occuperais." répliqua le petit aux couettes

Cependant, un autre problème ce posait désormais. Une semaine. Le délais était court. Très court. Ils consacreraient une semaine à Karma et sa tante. Et la deuxième semaine, ces sept jours ci, seraient très durs à gérer niveau timing. Mais ils le feraient. Ils trouveraient un moyen.

"- Maintenant, il ne nous reste plus qu'à trouver comment." s'exclama Karasuma

Ils avaient impliqués les professeurs dans leur complot. Parce que, tous savaient qu'ils pourraient les aider. Et de l'aide, ils en avaient bien besoin.

"- J'ai ma petite idée. Mais... Il va vous falloir une volonté d'enfer, car vous allez devoir aller demander cela au directeur lui même." commenta Koro-sensei, une idée derrière la tête

Tous ce regardèrent, jugeant le pour et le contre. Ils hésitaient. Ce fût la personne que l'on attendait le moins sur ce sujet qui débloqua la situation.

"- Hé, je sais pas vous, mais là, ont parle d'une vie humaine. J'ai déjà fait la connerie par le passé avec Shiro, de ne pas voir l'importance d'une vie. Et c'est cet abruti à la tête rouge qui m'a fait comprendre ma connerie. Franchement, osez me dire que vous vous sentiriez pas tous coupables si on le laissait dans sa merde juste pour une question d'honneur ?" fit Terasaka, les bras croisés sur son torse

Nagisa ce tourna vers lui, et lui sourit, heureux de voir que finalement, leur classe entière était encore bien plus unie qu'il ne le pensait. Ils étaient tous, comme une grande famille. Et ça, ils avaient bien l'intention de le faire comprendre à Karma, qui ne l'avait peut être pas encore réalisé, comme il disait que sa tante était sa seule famille. Mais c'était faux. Et ils lui prouverait.

Des regards échangés, quelques secondes de silence, avant que tous tombèrent d'accord avec Terasaka. Ils feraient ce qu'il faut pour aider un membre de leur famille.

Le lendemain, pendant les cours, tous remarquèrent le changement chez leur ami aux cheveux rouges. Bon, il n'était pas particulièrement attentifs en tant normal, mais là, c'était pire encore. Il regardait par la fenêtre depuis environs une heure et demi, et ces yeux semblaient totalement dans le vide. Même Koro-sensei semblait ne pas vraiment savoir comme aborder le problème.

Par chance, la sonnerie résonna le changement de cours, pour aller en EPS. Alors que tous ce dirigeait vers le terrain, Nagisa pu voir le poulpe jaune retenir ce diriger vers le bureau au fond de la classe.

Apparemment, Karma n'avait même pas entendu la sonnerie, puisqu'il n'avait pas bougé.

"- Karma-kun, je peux te parler ?" demanda le professeur, bien qu'il parlerait tout de même, malgré un refus

Nagisa tourna les talons pour aller en cours. Il n'avait pas le choix, lui, n'aimait pas sécher. Il avait le faible espoir que leur professeur principal arrive à lui remonter un peu le moral.

"- Oui, sensei ?"

"- Je voudrais seulement parler, de tout et de rien. Tu ne trompes personne en restant silencieux, tu sais ?"

"- J'avais 10 ans quand mes parents m'ont laissés tomber. Voyages d'Affaires qu'ils disaient. Tout le monde à part moi, à l'époque, savait qu'ils s'en allaient juste pour ce débarrasser de ce fils inutile et agaçant qu'ils avaient. Mais ma tante à toujours été contre les principes de mes parents, et m'a accueillie chez elle jusqu'à ce que je grandisse assez pour me débrouiller mieux."

Le professeur écoutait, d'une oreille sage. Il avait promis, le jour où Karma s'était jeté de la falaise en essayant de l'assassiner, que si il tombait à nouveau, il le rattraperait à nouveau. Et là qu'il tombait, il le rattraperait. Même si ce n'était pas une chute réellement, c'était tout comme.

Le gouffre de la dépression de la mort d'un proche était probablement comparable à n'importe quelle falaise au niveau de la douleur.

"- Et puis... Avant je n'ai jamais vraiment pensé à mes parents ou quoi. J'étais simplement comme ma tante m'avait apprit à être. Mais maintenant que je sais dans quel état elle est et... Ce que lui ont fait mes parents, j'arrive plus à être comme ça. Je veux dire... C'est inhumain. Ma mère et ma tante sont sœur, et elle ne s'est même pas donnée la peine de lui téléphoner. Alors qu'elle va mourir." Le rouquin baissa les yeux

"- Je comprend. Mais, si il le faut, je t'emmènerais la voir à nouveau."

"- Hein ? Non, c'est bon."

"- Ecoute, si ta mère regrette, alors c'est son problème. Elle n'aura pas fait le nécessaire, ce sera sa faute. En revanche, toi, tu tiens à elle. Si tu ne lui dis pas au revoir d'une meilleure façon que ce que tu as fais hier, tu vas vraiment le regretter."

Soudain, Karma ce mit à rire. Ce qui surpris un peu le professeur, qui ne s'attendait clairement pas à cette réaction de la part de son élève.

"- Vous êtes drôle, sensei, vous savez ! Je suis censé faire ça comment, hein ? Vous me demandez de me demander d'aller voir la personne qui compte le plus à mes yeux, et de lui dire "Bon, je te dis au revoir, puisque tu vas mourir et que je n'ai pas ce putain d'argent nécessaire pour te sauver !" ? Non, je ne le ferais pas. Vous allez peut être me prendre pour un con, mais... Je ne peux pas."

Et, comme si son hilarité n'avait jamais existé, le jeune homme reprit un visage triste, comme si il mesurait après coup le poids des mots qu'il venait de dire.

"- C'est juste que, je pensais être fort. Je pensais être le diable de la classe End, celui qui vous a blessé en premier, celui qui vous tuera, et celui que toute la classe appelle le sadique de service. Et maintenant, je suis tellement minable. Je pensais pas que la mort d'un être chers pouvait blesser à ce point." Il baissa la tête, et ces poings ce serrèrent

Koro-sensei ne dirait rien à ce sujet, sachant parfaitement que celui aux cheveux rouges était probablement celui qui tenait le plus à son honneur de toute la classe, mais, le professeur savait parfaitement qu'il pleurait, malgré sa tentative de le cacher en baissant la tête. Il soupira, avec tristesse. Lui même ce rappelait, avoir perdu la femme qui lui était le plus chers. Un souvenir douloureux.

"- Tu sais, Karma-kun, tu peux être le diable de la classe E. Tu n'en restes pas moins un enfant. Pour l'instant, tu en est toujours un. Et, même pour un adulte, perdre un proche est très, très dur. Alors, tu n'as pas à te sentir minable. N'importe qui réagirait de cette façon. Même le plus fort et le plus terrible des hommes."

Le professeur s'en alla en direction de la porte, pensant qu'il était temps de laisser son élève un peu seul pour qu'il puisse réfléchir.

"- Mais n'oublis pas une chose. Même le plus seul des hommes n'est jamais réellement seul. Ta tante, n'est pas ta seule famille."

Sur ces paroles, le professeur sortit de la salle de classe, d'où ils n'avaient pas bougés. Une fois qu'il fut sortit, Karma reporta son attention sur le bois de son bureau, et il murmura, pour lui-même : "- Qu'en savez vous. Amy est ma seule famille. Je serais seul, après."

Il soupira.

Ce soir là, Nagisa voulait rentrer avec Karma. Il l'attendait, juste devant la sortie du bâtiment.

Pourtant, le bleuté lui même n'était pas certain. Il sentait encore la douceur des lèvres sur les siennes. Il n'osait même pas y repenser, à peine le faisait-il qu'il rougissait comme une tomate.

Lorsqu'il entendit du bruit, Nagisa inspira pour ce donner du courage.

"- Hey, Karma, on rentre ensemble ?"

"- Ouai, si tu veux."

A son ton, Nagisa pouvait dire qu'il avait l'air déjà un petit peu mieux. Le problème, c'est que mieux il ce portait, plus les chances que leurs plans tombent à l'eau étaient risqués. Et cela brisait le cœur de Nagisa, mais... Il n'aurait sans doute pas le choix que de briser encore plus son meilleur ami. Cependant, l'amour, l'amitié et la compassion qu'il ressentait pour celui aux cheveux rouges le retenait. Mais, il n'avait pas le choix. Sinon, leur travail à tous serait gâché.

"- Tu sais, j'ai réfléchi..."

"- Hm ?" Karma releva les yeux du lait à la fraise qu'il sirotait

"- Je ne veux pas te blesser mais... Je pense que tu deviens petit à petit comme tes parents."

L'autre jeune homme manqua de s'étouffer avec ça boisson lorsqu'il entendit cela. Il lança un regard mauvais au bleuté.

"- Qu'est ce que tu racontes ?! C'est toi qui m'a dis hier que-"

"- Je veux dire, tu es là à boire tranquillement ton lait à la fraise, et à discuter avec moi alors que ta tante est en train de mourir seule dans son coin... C'est cruel."

L'expression du sadique changea et ce muta en de la colère, ainsi qu'un petit fond de tristesse. Il poussa le petit bleuté contre un arbre, violemment.

"- Enfoiré. Je le savais, tu n'es rien que quelqu'un comme les autres. Tu sais quoi ? Je regrette de t'avoir embrassé hier soir. Si j'avais su, jamais je ne serais devenu ton meilleur ami. Et puis, tiens, ça tombe bien, je le suis plus. Va donc chialer dans les jupes de ta mère, ou dans celles de ta chère Kayano, comme tu le veux. Me fais plus chier, je veux plus te voir."

Puis, avec colère, il le relâcha avant de tourner les talons et de rentrer seul chez lui, d'un pas plus qu'énervé.

"- Nagisa, tu vas bien ?!" demanda Maehara en s'approchant de lui

"- On a tout vu de loin, qu'est ce qu'il s'est passé ?!" s'exclama Kanzaki, inquiète

Nagisa restait sans bouger, les yeux attristés. Il regrettait tellement d'avoir eu à faire ça. Et... Les mots de Karma avaient été tellement durs pour lui. Karma savait très bien le calvaire qu'il vivait avec sa mère. Ainsi que celui qu'il vivait avec Kayano, qui l'aimait mais que lui, n'aimait pas. Et surtout... Nagisa ne pu se retenir d'éclater en sanglot.

"- Je n'ai pas eu le choix. Il commençait déjà à aller mieux, nous n'aurions jamais pu la semaine prochaine... Cela ne l'aurait pas fait. Je-Je... Il m'a dit... Qu'il regrettait d'avoir été mon meilleur ami... Il..."

Maheara s'occupa de la situation, et posa une main sur l'épaule du bleuté.

"- Nagisa. N'oublis pas que tu fais tout ça pour la bonne cause. Tu l'as fais pour lui, il ne pensait pas ces mots, il était en colère. Quand il saura la vérité, il comprendra, et il ne pensera plus du tout ce qu'il t'as dis."

Le jeune Shiota hocha la tête, mais pour ne pas mentir, il n'en était pas certain. Les mots qu'il avait dit à celui qu'il aimait avaient pour but de le replonger dans la dépression. C'était le but recherché, et le but atteint. Seulement... Il ce sentait tellement coupable d'avoir pu dire de telles horreurs qu'il ne pensait même pas. Il n'avait qu'une hâte : Que tout cela soit finit. Et pour que tout puisse être finit, ils devraient restés fixés sur leur objectif.

Pour l'occasion, Koro-sensei avait suspendu les cours durant toute la deuxième semaine de cours. Il leur avait promis de les aider, le moment venu. Ils étaient actuellement jeudi. Encore une journée, à tenir. Plus qu'une.

Le jour suivant, Karma n'a pas adressé la parole une seule fois à Nagisa. Plus déprimé qu'avant, il ne s'était même pas donné la peine de montrer un tant soit peu de respect pour le cours du professeur tentaculaire. Il s'était levé en pleins milieu du cours, et était sortit sans même demander la permission, pour s'en aller définitivement du bâtiment. A ces yeux, le discours de la veille de Koro-Sensei n'était rien qu'un tas de phrases déblatérés juste pour remuer le couteau dans la plaie et le voir faible, et Nagisa... Nagisa avait été une grande déception.

Il en était tombé amoureux, et maintenant, il en souffrait. Il aurait dû s'en douter, il avait toujours eu le don pour offrir sa confiance aux mauvaises personnes. Alors qu'il commençait à ce sentir mal, il n'avait plus qu'une seule envie, rentrer chez lui. Alors s'était ce qu'il avait fait. Il était rentré chez lui, sans plus de cérémonie.

Toute la classe savait que, cet événement signait le début de leur plan d'action.

"- S'il vous plait, si nous avons voulu vous parler, à tout les deux, c'est pour vous demander votre aide. Nous serons les portes paroles de la classe E. SI vous voulez bien nous accorder un petit peu de votre temps..."

Les deux Asano, père et fils, regardèrent les deux délégués, avant d'accepter.

"- Nous aurions besoin de l'ensemble des classes du collège Kunugigaoka. Nous souhaiterions en fait...-"

"- Je vois. Vos arguments sont convaincants, et vous avez eu le courage de venir vous adressez à moi en personne ici, dans mon bureau. Alors, si vous réussissez à convaincre toutes les classes, vous avez mon accord. Pour le Mercredi et le Jeudi uniquement." conclut le Directeur, à la joie des deux délégués

Alors qu'ils sortaient du bureau, Asano Gakushuu les rejoint rapidement.

"- Hey, attendez. Je n'ai jamais dis que j'étais d'accord. Et sans mon aide, vous ne réussirez jamais à convaincre les autres classes."

Isogai baissa les yeux, avant de redresser la tête, déjà pleins d'idées d'arguments. Lorsqu'elle était sortie de l'hôpital, et qu'ils lui avaient expliqué la situation, Bitch-Sensei leur avaient apprit à tenir un discours argumentatif capable de soumettre l'ennemi. Si au début, tous avaient trouvés cela inutile, en fait, cela s'avérait l'être, au final.

"- Une vie humaine est en jeu. Nous ne faisons pas ça pour vous amuser ou nous amuser. Ce ne sera pas un duel comme nous en avons l'habitude. Il s'agira là d'esprit d'équipe. Pour une vie humaine. Il serait dommage que les élèves du collège apprennent que le fils du Directeur à laissé une vie humaine par simple caprice."

La fille avec lui sourit, amusée par le discours de son ami délégué de la classe End. Asano, lui, semblait peser le pour et le contre, avant de finalement hocher la tête, donnant son accord. Alors qu'ils sortaient du bâtiment principal, le garçon brun regarda sa montre. Ils étaient le Lundi, 09h59.

Ils leurs restaient deux jours pour tout organiser et être prêt pour Mardi et Mercredi. La classe s'était alors divisée en trois groupes. Un qui gérait l'hôpital et Amy. Un qui gérait Mardi et Mercredi, et un plus petit qui s'assurait que Karma ne vienne pas pointer le bout de son nez ici.

Leur plan allait bientôt entrer en action.