2 octobre 1710. Point de vue d'Angélica :

Cela faisait déjà un mois que j'étais rentrée au manoir Di Rosebourg, mon frère William m'avait accueilli à bras ouvert comme si nous ne nous étions point vue depuis des siècles.

Aujourd'hui le ciel était nuageux sans pour autant être désagréable. Je sortis donc du manoir d'un pas pressé tout en mettant mes gants, je me dirigeai vers les écuries quand j'entendis Cécilia m'appeler.

-Votre Altesse ! Le temps ne semble guère clément, je vous en prie renoncez à sortir aujourd'hui. M'implora t-elle. Vous risquez d'attraper la mort !

-Mais non, sotties ! Protestai-je avec un geste dédaigneux de la main. Ce ne sont que quelques nuages et l'air est bon. Je vais juste faire une promenade à cheval tout l'après-midi...et seule ! Rajoutai-je.

-Seule ! Vous êtes sûr ? Mais...

-N'ayez crainte Cécilia, je resterai dans la propriété et de toute façon celle-ci est bien gardée.

-Oui mais la propriété est immense et entourée de forêt à perte de vue.

-Cessez d'insister Cécilia. Dis-je soudainement agacée. J'ai dis que je sortirai donc je sortirai ! Vous pouvez disposer.

Je détestai lui parler de cette façon mais il était nécessaire de maintenir une distance entre elle et moi quand nous étions en public. J'allais avoir froid disait-elle ? Pff n'importe quoi ! Pensai-je en riant intérieurement. Elle m'avait fait revêtir une chaude robe en velours marron foncé. J'avais également un élégant chapeau avec un voile très fin en dentelle noir qui atteignait mes lèvres.

Je repris donc mon chemin vers les écuries où mon cheval m'attendait, déjà scellé. L'écuyer m'aida à monter sur mon cheval puis m'en alla parcourir les bois que je connaissais déjà par cœur. Sur le chemin je songeai à tout ce qui s'était produit depuis ce fameux jour à Volterra, non pas qu'il m'obsède mais je me surprend par fois à repenser à cet homme. Qui était-il donc ? La question demeurai sans réponse. Enfin...je chassai cette pensée de mon esprit et je me reconcentrai sur le chemin.

J'ignore combien de temps je suis restée là à galoper, perdu dans mes pensées le paysage défilai sous mes yeux sans que j'y prête la moindre attention. Je galopai en direction de la falaise quand soudainement mon cheval s'immobilisa, j'eus la chance de ne point basculer en avant. Je relevai la tête, choquée, moi qui suis une bonne cavalière je ne m'attendais pas du tout à ça. Mon cheval, Prince Noir, s'agita sans aucune raison.

-Ohh, doucement mon beau ! Que t'arrive t-il ?

Je ne parvenais pas à le calmer, quelque chose semblait l'avoir perturbé. J'arrivai tout de même à l'apaiser le temps de descendre. Prince noir était vraiment très grand comparé à moi, je me positionnai devant lui puis lui caressa la tête en lui murmurant des mots doux. J'attrapai ensuite la sangle de son harnais et tira dessus pour le faire avancer mais il resta immobile, c'était incroyable ! Jamais il n'avait fait ça auparavant. Je regardais autour de moi personne aux alentours.

-Allez ! Qu'est-ce qui t'arrive ?!

J'essayais de le faire avancer mais rien à faire, ce cheval était aussi têtu et obstiné que moi. Puis je ne sais trop pourquoi je me mis à lui parler :-Mais c'est quoi ton problème ? Explique-moi !

Quelque chose n'allait vraiment pas avec ce cheval. Il me fixai comme si il attendait quelque chose...mais quoi ? Oh mon Dieu ! J'étais ridicule, discuter avec mon cheval. Puis j'entendis le galop d'un autre cheval qui venait dans notre direction. Il ne manquait plus que ça, je gardais la tête baissé vers Prince Noir qui rapprocha son museau de mon front puis curieusement je n'entendis plus le galop du cheval inconnu. Tout à coup je sursauta en entendant la voix du cavalier derrière moi.

-Puis-je vous offrir mon aide, Altesse ?

Je me retournais :-De cette hauteur je ne pense pas que...Je m'arrêtai brusquement en reconnaissant l'homme en face de moi. C'était...l'inconnu de Volterra. Il m'adressa un sourire éblouissant et descendit de son cheval en me faisant ensuite une petite révérence. C'était la première fois que je le voyais d'aussi près...ses yeux...ils étaient rouges !

Mais je me ressaisis et lui demanda:- Et à qui ai-je l'honneur ?

-Oh veuillez m'excuser, quelle impolitesse de ma part, je me nomme Aro Volturi Duca di Toscana...et votre plus humble serviteur. Ajouta t-il.

Le Duca di Toscana ? Ce titre me disais quelque chose.

-Permettez...Dit-il en me prenant la main puis y déposa un baiser.

Il avait un regard terriblement envoûtant, cet homme était de loin le plus beau qu'il mettais donné de voir.

-Ravie de vous rencontrer. Murmurai-je.

-Pas autant que moi Altesse. Me dit-il en souriant.

-Puis-je vous demander ce qui vous amène ici, Signore ? Il tenait toujours ma main dans la sienne. Je la retirai immédiatement quelque peu gênée.

-Oh je ne suis que de passage, je faisais simplement un détour pour rentrer chez moi, ces bois sont très agréable...on y trouve des surprises inattendu.

C'est moi la surprise inattendu ?! Pensai-je ironiquement. Il regarda mon cheval, celui-ci réagit à son regard.

-Calme toi mon beau. Dis-je en le caressant.

-Votre compagnon n'a pas l'air de charmante humeur.

-Vraiment vous l'avez remarqué ? C'est bien la première fois qu'il se comporte ainsi. Il a l'air d'être effrayé mais je ne sais pas pourquoi.

-Accepterez-vous de monter le mien ? Me proposa t-il. Je m'occuperai du votre, vous pourrez ainsi continuer votre promenade si vous me permettez de vous accompagner.

Je réfléchi quelques instants à cette proposition. Pourquoi pas...après tout il était plutôt charmant et courtois mais je ressentais tout même un léger malaise à cause de ce qui passé il y a un mois. Savait-il déjà qui j'étais à ce moment là ?

-Je veux bien. C'est fort aimable à vous.

Je m'avançais donc vers son cheval en mettant mes mains sur la scelle et passant mon pied droit dans l'étrillé quand soudain je me sentis soulevée comme une plume pour me retrouver assise sur le cheval.

Je regardais le Signore Volturi et compris que c'était lui qui m'avait aidé à monter sur le cheval:- Merci. Dis-je simplement.

-Je vous en prie. Dit-il.

Il se dirigea ensuite vers mon cheval et le monta, à ma grande surprise celui-ci avança enfin ! Je poursuivi donc mon chemin avec cet homme à mes côtés, qui ne cessait de me fixer intensément.

Sans le regarder je lui demanda:-Il me semble avoir déjà entendu votre nom quelque part, ne seriez-vous pas l'homme dont mon père me fait l'éloge depuis quelques temps ?

Il me sourit:- L'éloge dîtes-vous ? Vous me flattez ma chère...si je puis vous appeler ainsi ?

-Vous pouvez. Je l'observai plus attentivement et remarqua une chaîne autour de son cou avec un pendentif en forme de ''V''. Cela fait longtemps que vous êtes arrivé par ici ?

-Il y a tout juste deux semaines.

-Pour quelle raison ? Demandai-je plus que curieuse.

-Le Roi m'a fait mander. Je loge dans un château non loin d'ici.

-Si ce n'est pas indiscret pourquoi mon père vous a fait mandé ?

Il me sourit de nouveau mais cette fois ci de manière indulgente.

-Vous êtes bien curieuse Altesse.

Je me suis mis à rougir devant mon indiscrétion:- Si mes questions vous indispose ne vous sentez point obligé d'y répondre.

Il se mit alors à rire allègrement, je fus choquée en entendant ce rire aiguë et espiègle qui j'en étais sûr resterai gravé dans ma mémoire à jamais ! Il se reprit cependant.

- Vos questions ne m'indisposent pas du tout, n'ayez crainte. Mais puis-je vous poser quelques questions à mon tour ?

J'acquiesçais d'un signe de tête.

-Puis-je savoir ce que vous faisiez à Volterra ce jour là ?

Je cru que mon cœur venait de s'arrêter, il y venait enfin ! Ciel, en avait-il parlé à mon père ?! Je ne le souhaitai pas pour lui. Puis comme si il avait lu mes pensés il me dit :

-Non je n'ai point parlé de ce que j'ai vu à votre père. Mais si vous me permettez vous êtes une délicieuse danseuse. Il est tellement rare de voir une jeune femme de votre rang se déguiser en paysanne pour aller profiter de la joie de vivre du petit peuple.

J'arrêtai soudain mon cheval et le regarda droit dans les yeux:- Vous moquez-vous de moi ?

Il paru surprit:- Pas le moins du monde.

-Jurez-moi que vous ne parlerez de cela à personne ! Jurez-le moi !

-Je vous le jure devant Dieu, Altesse.

Sur ces mots nous continuâmes notre route, il ne cessait de me dévisager. Je ne pouvais m'empêcher de le fixer à mon tour, il était si beau avec ses cheveux noirs et son sourire... jusque ici je n'avais jamais prêté attention aux hommes, mais lui il avait fait naître en moi une vrai fascination. C'était comme si je l'avais toujours connu, c'est ridicule je le savait.

-Viendriez-vous au bal, votre Altesse ?

-Comment ? Dis-je en sortant de mes pensées.

-Je vous demandais si j'aurais le plaisir de vous voir au bal, qu'organise le Roi ?

-Bien sur que j'y serais... je n'ai point le choix on me demande rarement mon avis. Oh... pardon j'en ai trop dit !

-Non, ne dîtes point cela, ne vous excusez point, moi je souhaite l'entendre, vous savez qu'il serait dommage que vous n'y allez pas !

-pourquoi dont ?

-Parce que vous priveriez aux gens l'occasion de vous voir.

Je lui souris, je commençais à l'apprécier, mais je restais tout de même sur mes gardes on ne sait jamais à quoi s'attendre avec les hommes. Nous discutâmes de pleins de choses, quand il aborda des sujets plus personnel.

-Êtes-vous fiancée, votre Altesse ?

-Non, et cela ne vous regarde pas ! Signore.

-Excusez moi je ne voulais pas vous...

-Et vous êtes-vous marié ?

-Oui, mais pourquoi me posez-vous cette question ?

-Pour rien , mais si vous êtes marié, pourquoi n'êtes vous point avec elle ?

-Votre père souhaite vous garder plus longtemps auprès de lui, n'est ce pas c'est pour cela que vous n'êtes toujours point mariée, je ne me trompe pas ?! Dit-il en ignorant superbement ma question.

Je le regardais outrée par ces propos, mais en même temps je l'avais bien cherché. Cependant pas question de perdre la face devant lui.

-Comment osez-vous ! Signore je ne vous permet pas !

-Ne vous mettez pas en colère. Dit-il d'un ton calme.

-Si je me met en colère c'est de votre faute ! Que savez-vous du Roi et de notre famille ?

-Oh... bien plus que vous ne le pensez, Altesse.

-Vous êtes bien présomptueux ! Mêlez-vous de ce qui vous regarde !

Il cessa de sourire, son comportement me scandalisait, cela fait seulement un mois que cet homme connaissait mon père et parlait comme si il connaissait toute sa vie.

-Votre Altesse, je vous demande de bien vouloir me pardonner. Je ne vous importunerais plus !

Il tourna la tête et cessa de me regarder, soudain je me sentis honteuse de mettre emportée ainsi, il fallait que je m'excuse.

-Signore ! Il tourna la tête vers moi. C'est moi qui me suis mal conduite...

-Je vous en prie, je n'avais pas à vous parler de la sorte. Vous avez raison cela ne me regarde en rien.

-Disons seulement que mon père et moi nous...enfin j'essaye de faire de mon mieux et...

Je sentais les larmes me monter aux yeux, depuis la fuite de ma mère, mon père en à était inconsolable, il comptait toujours sur ma mère pour prendre les décisions et maintenant c'est moi qui les prenait pour lui, il fallait le dire il n'était plus qu'une épave, j'ai toujours été sa préféré, et mon père ne m'a jamais rien refusé, je suis née avec une cuillère en or dans la bouche. Je n'est jamais manquée de rien, il m'a tout donné sauf du temps !

-Quelque chose ne va pas ? Demanda t-il en voyant mon trouble.

-Je vais bien oubliez ce que je vous ai dit !

-Non vous ne pouvais pas aller bien, le rôle et la place qu'on vous demande d'occuper et très difficile, croyez moi je le sais ! Beaucoup on remarqué l'attachement du Roi pour vous et même que certains ce sont déjà employé à causer votre perte !

-Ça, je le sais ! On m'a apprit à analyser les gens, et je les méprise tous, la reine de ce pays c'est moi ! Ceux qui prétendent le contraire ne sont que des imbéciles prisonniers de leur lamentables vie, alors oui j'aime me déguiser pour danser avec le petit peule qui sont certainement milles fois plus respectable que les nobles !

Il me regarda surprit puis il rit doucement:- Et bien ma chère princesse, vous me surprenez beaucoup, je crois que vos ennemis vous sous-estime. Vous êtes jeune, mais déjà si expérimenté, et d'une telle intelligence cela et tellement rare chez une personne de votre âge.

-Ne parlait jamais à personnes de ce dont nous avons parlés ! dis-je en rougissant légèrement devant tant de flatterie.

-Je vous le promet! Dit-il, mais dîtes moi ce qui vous rend si... unique ?

-Que voulez vous dire ? Il m'observait sans aucune retenue.

-Vous êtes la première femme que je rencontre qui possède de telles qualités.

-Et quelles sont-elles ?

Il eut un sourire en coin et des yeux percent, c'était effrayant comme regard, on aurait dit qu'il allait me dévorer !

-La détermination, l'intelligence, la douceur, et un certain mépris du protocole... comme quand vous vous êtes enfui du couvent dans lequel vous avez enfermé votre père.

Comment savait-il pour le couvent, pourquoi mon père lui aurait raconté cela ?

-Vous êtes perspicace Signore, mais ça c'est personnel et ne vous regarde pas !

Je n'attendis pas qu'il réponde et partie au galop, je ne supportais plus son regard sur moi. Je me retournais pour voir s'il me suivait, et oui il me suivait il fallait que je le sème dans les bois, cet homme était effrayant, charment à première vue, mes ses yeux rouges me déstabilisais. Je continuais de galoper hors du sentier passant dans les rivières, je me retrouvais de nouveau sur le chemin, je me retournais, il n'était plus là. Mais au moment où je tournais la tête je vis un tronc d'arbre déraciné sur la route le cheval se cambra et je lâchais prise, puis retomba lourdement au sol. J'ouvris difficilement les yeux, j'avais un mal de crane épouvantable, soudain j'entendis quelqu'un près de moi...je levai la tête et vis deux yeux rouges et un sourire de prédateur, puis je sombrais dans l'inconscience.

A suivre...

XXX

Cc à tous, encore merci pour vos commentaires et merci de suivre cette fiction. Je suis ravie qu'elle vous plaisent. Alors, alors...il semblerai que Aro ce soit montré un tantinet trop curieux, mais le caractère enflammé d'Angélica n'a pas arrangé les choses. Que va-t-il ce passer après? Et bien vous saurez la suite la semaine prochaine! A bientôt.