UNE VIE DE MENSONGE
Bonsoir à tous!
Tout d'abord, merci à Sarah March pour la correction et merci à Gin Lise et aliena wyvern pour vos reviews, qui me font toujours autant plaisir
Je remercie tout ceux qui ont mit cette fic en favori et qui la follow et tout ceux qui lisent cette fic en général :)
Aujourd'hui, nous avons un chapitre un peu plus court que je l'espère vous satisfera quand même :)
Chapitre 6 :
Quand Alnia fut arrivée sur la grande terrasse, le premier nain qui la vit fut Kili qui ouvrit de grands yeux. Très vite, tous les nains la virent tandis qu'elle se dirigeait vers la table où il y avait la compagnie. Elle s'assit entre Kili et Dwalin pendant que les autres la complimentaient sur sa tenue.
Alnia se sentit rougir tout en les remerciant. Ils commencèrent alors à manger tranquillement (du moins, aussi tranquillement que possible avec des nains).
« Où est la viande ? » demanda Alnia après une minute à la chercher sur la table « Ne me dites quand même pas que vous l'avez déjà mangé ? »
« J'aimerais bien » grogna Dwalin « Mais non. Il y en a pas »
« Super » soupira la naine
Donc, ce soir-là, que de la verdure. Ce n'est pas que ça la dérangeait spécialement, c'est juste que elle avait du mal à imaginer un repas sans viande.
Mais bon, ils n'avaient pas trop le choix apparemment. Aussi, elle se servit très généreusement de la salade avec plusieurs légumes, même si elle se demandait sérieusement si elle tiendrait toute la nuit avec ça.
« Hey » l'interpella doucement Kili « Il nous reste un peu de viande. On va aller faire notre propre festin après, si tu veux te joindre à nous »
« On verra » répondit Alnia avec un sourire
Kili n'insista pas et retourna à son assiette. Comme toujours, le repas se passa bien malgré le fait que les nains n'appréciaient pas spécialement les elfes, jusqu'à ne pas aimer leur musique. Ce fut à un tel point que Bofur finit par se mettre debout sur la table en chantant une chanson paillarde. Malgré le fait qu'Alnia se sentait un peu gênée pour les elfes, elle ne put réprimer son rire.
Les nains finirent par se lever, ainsi qu'Alnia et se retrouvèrent sur un grand balcon qui leur avait été réservé. Mais quand Alnia remarqua qu'ils étaient en train de détruire des meubles en bois pour pouvoir faire un feu de camp, elle ne put s'empêcher de protester. Malheureusement, elle avait beau crier son désaccord, autant parler à un mur.
Ils continuèrent donc de manger, finissant leur viande dans un grand bruit. Environ une heure après qu'ils se soient installés, Alnia vit Fili et son frère revenir avec un grand baril d'hydromel.
« Vous êtes pas sérieux ?! » les réprimanda-t-elle
Les deux nains prirent des airs innocents et hochèrent les épaules. Alnia soupira en levant les bras au ciel. Elle préféra partir se coucher plutôt que d'être complice de ça. Elle appréciait beaucoup les nains, mais là c'en était trop. Elle leur souhaita donc une bonne nuit à la compagnie.
Elle se dirigea alors vers sa chambre et croisa Thorin qui semblait tellement absorbé par ses pensées qu'il ne la vit pas. Sans le faire exprès il la bouscula, et elle aurait bien fini par terre s'il ne l'avait pas rattrapée.
« Si vous voulez me tuer, vous auriez dû laisser ce Gazat le faire »
« Excusez-moi, je ne vous avais pas vu »
« Vous semblez préoccupé » remarqua Alnia
« Vous savez bien ce que je pense des elfes » grogna-t-il
« Oui j'avais cru comprendre »
« Où sont les autres ? »
« En train de faire un feu de camp avec tous les meubles en bois qu'ils ont pu trouver, et tout ça en en buvant de l'hydromel qu'ils ont été cherché sans demander l'avis de qui que ce soit »
Thorin soupira mais ne put s'empêcher d'avoir un petit sourire. Bien qu'il réprouve leur comportement, il devait bien avouer que ça l'amusait en même temps.
« Je dois y aller, Elrond et Gandalf m'attendent » soupira-t-il
« Ca à l'air de vous réjouir » se moqua la naine
« Vous n'avez pas idée » continua Thorin « Bonne nuit » lui dit-il avant de continuer sa route
Alnia lui souhaita aussi une bonne nuit et repartit en direction de sa chambre.
*Et encore une occasion ratée* entendit-elle une voix goguenarde dans sa tête
Alnia ne se faisait pas d'illusions, elle n'y arriverait jamais. Si encore il n'y avait que sa vie qui était en jeu, il n'y aurait pas de problème. Jamais elle n'aurait accepté. Mais là il s'agissait de la vie de plusieurs personnes qui n'avaient rien demandé. Tout en pensant à sa meilleure amie tellement loin, elle mit une chemise de nuit blanche et se glissa dans les draps incroyablement doux, non sans ayant tisonné le feu de la cheminée avant.
Si seulement elle pouvait prévenir Fornost. Elle pourrait leur dire de partir au plus vite, elle n'aurait pas à accomplir cette mission et elle serait libre.
Mais elle n'avait rien pour les prévenir. Alnia était coincée, elle le sentait bien. Et puis elle pensait à tous ces nains. Elle appréciait énormément Fili et Kili. Quant à Thorin, il était un peu prématuré de dire qu'elle l'appréciait énormément, mais il pouvait être agréable de discuter avec lui. Et dire qu'elle devait les tuer. Elle se sentait mal rien qu'en y pensant.
C'est dans cet esprit tourmenté qu'elle finit par s'endormir.
Il fait sombre et froid. Une odeur métallique lui monte au nez. Non loin, un feu illumine la noirceur de la nuit, mais il ne s'agit pas d'un feu de camp. Non, c'est un village qui brûle. Elle entend les gens qui hurlent, l'odeur du sang se mélange à celle de la chaire brûlée. Elle n'est plus dans le village, elle bien plus loin. Elle sent un corps près d'elle, mais ce dernier ne bouge pas. Elle tient encore une main dans la sienne, mais cette main est froide et sans vie. C'est alors qu'elle entend des feuilles bouger non loin. Son cœur bat à la chamade.
« C'est pas vrai » entend-t-elle une voix qu'elle connait
La personne s'approche et se penche au-dessus des deux corps. Qui que ce soit, on la retourne sur le dos mais elle ne voit pas le visage, sa vue se brouillant par les ténèbres l'entourant.
« Vivante » souffla une voix féminine près d'elle
C'est alors que des bras la soulèvent doucement et l'emmènent. Elle est incapable de résister ou de se débattre. Elle s'enfonce de plus en plus dans l'inconscient, mais pourtant elle entend distinctement une voix lointaine crier « Daelonna » avant qu'elle ne perde totalement conscience…
Comme toujours, Alnia se réveilla. Ce rêve était différent des autres car pour la première fois, elle avait entendu une voix. Cette voix féminine qu'elle connaissait bien. C'était celle de sa mère, elle la reconnaitrait entre mille. Mais pourquoi était-elle dans ce rêve ? Alnia secoua la tête et se redressa dans son lit. Le soleil n'était pas encore levé, le ciel était encore à cheval entre la nuit et le jour. Quand le soleil va apparaitre mais que la lune est encore visible. Alnia alla se mettre sur le grand balcon surplombant la vallée quand quelque chose attira son regard en bas. Elle vit alors Kili assis sur un banc tout seul, lançant des cailloux dans la rivière non loin. Elle se dirigea alors vers la salle de bain. Elle se lava puis alla passer un pantalon noir et une tunique bleu fendu sur les côtés. Elle attacha ses dagues autour de sa taille.
Une fois qu'elle eut fini d'attacher ses cheveux, elle sortit de sa chambre dans le but de rejoindre Kili dehors. Passant par les cuisines, elle en profita pour prendre deux viennoiseries. Elle trouva rapidement Kili qui n'avait pas bougé. Ce dernier ayant entendu du bruit se retourna et sembla surprit de la voir là.
« Qu'est-ce que tu fais là si tôt ? » demanda-t-elle
« Je pourrais te poser la même question »
« Je n'arrivais pas à dormir, et je t'ai vu depuis mon balcon. Il est juste au-dessus »
Kili lança un regard furtif vers le haut et se retourna vers la rivière.
« Tiens, j'ai pris ça dans les cuisines » lui dit-elle en lui tendant la viennoiserie
« Tu as volé ça ? » dit-il sur le ton de l'amusement
« Si ça t'ennuie, je peux aller le remettre là-bas »
«Non mais c'est juste que je ne te pensais pas capable de voler. Vu la scène que tu nous as faite hier à cause du baril » lança-t-il en rigolant
« Mais ce n'est pas pareil » protesta-t-elle alors que Kili lui lançait un regard éloquent « Bon d'accord, c'est du vol, mais moi au moins c'est moins visible »
Kili rigola en croquant dans sa viennoiserie. Ils mangèrent doucement, en silence.
« Tu ne m'as toujours pas dit ce que tu fais là » remarqua Alnia
« Comme toi, je n'arrivais pas à dormir. Quelque chose me tracasse »
« Qu'est-ce que c'est ? »
« Toi » répondit Kili
Alnia le regarda avec des yeux surpris alors que Kili gardait son regard vers la rivière.
« Comment ça moi ? » demanda la naine
« Tu nous caches quelque chose, je le sais. Et quoi que ce soit, ça te fait souffrir. Je le vois bien. J'aimerais pouvoir t'aider, mais je ne peux rien faire si tu ne me dis rien »
Un long silence prit place entre eux tandis que les rôles s'étaient inversés. Kili regardait maintenant Alnia d'un air inquisiteur alors qu'elle ne pouvait soutenir son regard. Kili finit par détourner les yeux en soupirant et commença à se lever.
« Tu ne pourras rien faire de toute façon » souffla finalement Alnia
Kili se tourna vers elle en entendant ce qu'elle avait dit.
« Qu'est-ce que tu en sais ? »
« Je le sais, c'est tout »
« Je pensais que tu avais confiance en moi. Laisse-moi t'aider Alnia » dit-il d'une voix douce
Alnia tourna son regard vers lui alors qu'elle sentait les larmes monter.
« J'ai confiance en toi Kili, ce n'est pas ça le problème »
« Alors c'est quoi ? »
Alnia s'enferma de nouveau dans son mutisme tandis que Kili se rasseyait près d'elle.
« Je ne peux rien te dire » souffla-t-elle
Puis elle tenta de se lever, mais Kili la retint par le bras, la forçant à rester assise.
« Non, tu ne t'enfuis pas. Pas tant que tu ne m'auras rien dit » lança-t-il tout en serrant le bras de la naine
« Kili, tu me fais mal »
Le nain relâcha son bras en s'excusant, mais Alnia resta sur le banc, le regard baissé.
« J'aimerais pouvoir te parler mais… »
« Alnia, tu sais que tu peux tout me dire »
« Pas ça » dit-elle d'une voix rauque
Les larmes qu'elle avait tant tenté de retenir avaient finalement finit par couler, roulant librement sur ces joues. Voyant dans qu'elle état elle était, Kili ne put s'empêcher de se sentir mal. Il la prit doucement dans ces bras, tandis qu'elle continuait de pleurer doucement.
« Pourquoi tu t'infliges ça ? Tu as besoin d'en parler. Tu ne peux pas tout garder pour toi »
« Tu ne comprends pas »
« Alors explique-moi »
« A la minute où tu sauras, tu me haïras. Tu voudras même certainement ma mort » lâcha-t-elle d'un coup
Choqué par ce qu'elle venait de dire, Kili l'écarta doucement et la regarda dans ses yeux rougis par les larmes.
« De quoi tu parles Alnia ? Pourquoi je voudrais te tuer ? Je ne te ferais jamais de mal »
« Je suis tellement désolée » hoqueta-t-elle
« De quoi ? Tu n'as rien fait qui demande des excuses »
Alnia se sentait déchirée intérieurement. Une partie d'elle voulait tout lui dire, le supplier de la pardonner. Mais l'autre voulait s'éloigner à tout prix, ne rien lui dire. Tout arrêter là. Elle ne savait plus quoi faire, mais il était trop tard maintenant. Elle en avait trop dit, ou pas assez.
« On m'y a obligé. Je ne voulais pas »
« De quoi du parles ? » demanda doucement Kili
« Je t'ai menti. Je vous ai tous menti, depuis le début »
Kili lui lança un regard interloqué tandis qu'Alnia lui avouait tout. Ses origines, ses frères, la véritable raison de sa présence parmi les nains. A mesure qu'elle parlait, elle sentait les mains de Kili la lâcher peu à peu. Elle pouvait sentir son regard sur elle, mais elle était incapable de le soutenir. Elle savait qu'il la regardait avec haine, peut-être même avec dégoût et elle savait qu'elle ne pourrait supporter de le voir la regarder comme ça.
« Crois-moi, je suis incapable de te faire quoi que ce soit, ou à ton frère ou ton oncle »
« Tu es ici pour nous tuer »
« Kili, je suis désolé » dit Alnia qui continuait de pleurer « On ne m'a pas laissé le choix, et j'ai beau faire, je n'arrive même pas à m'imaginer entrain de te faire du mal »
Kili se leva et lui tourna le dos. Il ne savait plus quoi penser. Il savait qu'elle cachait quelque chose, mais jamais il n'aurait pensé à ça.
« Comment veux-tu que j'ai confiance en toi maintenant ? » demanda-t-il
« S'il te plait, laisse-moi t'expliquer. Et après, tu pourras aller voir Thorin. Tu pourras tout lui dire, je ne t'en empêcherais pas »
« Non » refusa-t-il « Je ne veux plus rien entendre »
Sur ces mots, il tourna les talons et retourna dans la grande demeure, laissant une Alnia complètement déboussolée. Elle pleurait toujours, ses larmes coulant sans retenue. Sa fin était arrivée, Kili allait tout dire à son oncle et c'était certain qu'il allait la tuer. Alnia n'en doutait pas.
Pendant de longues heures, Alnia resta sur ce banc, à attendre que quelqu'un vienne la chercher pour lui dire que Thorin voulait la voir. Ou qu'il vienne directement, peu importe, tout ce qu'elle voulait c'est que ça aille vite. Elle se sentait misérable, elle avait bien sentit qu'elle avait déçu Kili et c'était normal. L'idée qu'il puisse la haïr lui était insupportable, mais c'était le cas. Il la haïssait certainement, et bientôt toute la compagnie la haïrait et réclamerait sa tête. Elle pourrait s'enfuir, quitter Fondcombe et échapper au courroux de Thorin, mais dans ce cas-là, elle se retrouverait sous celui de ses frères qui eux ne la tueront pas, mais rendrons son existence pire que la mort. Alors à choisir, elle préférait encore attendre que Thorin vienne et l'exécute sur le champ. Pendant plus de trois heures elle était là, quand enfin elle entendit quelqu'un derrière elle. Alnia se raidit mais ne se retourna pas. Elle attendit de voir Thorin entrer dans son champ de vision, ou d'entendre sa voix grave mais rien ne vint. A la place, elle entendit la voix chantante d'Arielyn.
« Vous êtes là. Voilà une heure que je vous cherche. Le petit déjeuner est servi »
« Je n'ai pas faim » lui dit doucement Alnia
« Vous allez bien ? » s'inquiéta l'elfe
« Oui, je n'ai pas beaucoup dormit cette nuit. C'est tout »
« Allez venez » insista Arielyn « Il faut que vous mangiez. Vos compagnons sont tous levés et ils vous attendent »
« Non, vraiment. Je vous remercie. Avez-vous un terrain d'entraînement ? »
« Oui, bien sûr »
« Pouvez-vous m'y conduire s'il vous plait »
Arielyn ne sembla pas trop pour le fait qu'elle ne mange rien mais consentit néanmoins à l'y conduire.
Alnia n'avait aucune envie de faire face à la compagnie pour le moment, et surtout pas à Kili. Après plusieurs minutes de marche, et après avoir été cherché son épée dans sa chambre, elles se retrouvèrent dans un grand espace à découvert avec un abri où les armes étaient déposées, des cibles étaient alignées sur la gauche du terrain.
Alnia remercia l'elfe qui prit congé tandis qu'Alnia commençait à faire quelques mouvements avec son épée. Par la même occasion, elle tentait d'oublier la peur la consumant petit à petit. La peur de voir apparaître à tout moment la compagnie, les yeux emplis de haine. Mais rien n'y faisait. Elle n'arrêtait pas d'imaginer qu'ils allaient arriver bientôt et la tuer sans regret. Elle était tellement absorbée par tout ça que ses mouvements n'étaient absolument pas coordonnés, elle était maladroite et avait même réussi à se couper. Elle décida de s'exercer au tir à l'arc et alla dans l'abri chercher un carquois rempli de flèches et un arc adapté à sa taille.
Elle tira d'innombrables flèches sur les cibles, et aucune ne les atteignaient.
« Et bien, ce n'est pas ton jour » entendit-elle une voix grave derrière elle
Elle se raidit instantanément en entendant cette voix, mais ce n'était pas celle à laquelle elle s'était attendue. Elle se retourna doucement, l'appréhension lui tordant l'estomac. Dwalin était juste là, la regardant avec une lueur moqueuse dans les yeux, mais aucune haine. Alnia fut surprise par ce dernier point. Il ne semblait pas en colère ou quoi que ce soit, il était tout simplement lui-même.
« Comment tu as su que j'étais là ? » demanda la naine
« Tu n'es pas venue au petit-déjeuner et personne de la compagnie ne t'a vue de la matinée. Une elfe ma finalement dit que tu étais là »
Alnia hocha la tête mais au fond, elle ne comprenait rien. Toute la compagnie avait dit ne pas l'avoir vu, pourtant elle avait vu Kili. Ou bien était-il lui aussi absent au petit-déjeuner ?
« Kili était là ? » demanda-t-elle
« Oui, mais il n'avait pas l'air bien. Il est parti s'allonger un peu. Pourquoi cette question ? »
« Non, pour rien »
Donc il avait été là, et pourtant il n'avait rien dit. Mais pourquoi ? En toute logique, il aurait dû aller prévenir la compagnie à la minute où il l'avait laissé. Ou alors, avait-il d'abord voulu en parler à son oncle avant d'en parler aux autres ? Alnia ne comprenait plus rien.
« Ça va ? » demanda Dwalin
« Oui » menti Alnia « Je crois que je vais arrêter les frais pour aujourd'hui. Tu as raison, ce n'est pas mon jour » dit-elle en se forçant à sourire
Elle alla redéposer l'arc et le carquois dans l'abri quand Dwalin l'interpella.
« Ecoute, on va rester ici encore quelques temps, alors si ça te dit on peut s'entraîner ensemble de temps en temps » proposa-t-il
« D'accord, si tu veux »
Puis Alnia sortit du terrain d'entraînement. Elle commença par aller dans sa chambre déposer son épée et se relaver rapidement. Elle refit son bandage, remettant de l'onguent, avant de se rhabiller et de sortir, bien décider à trouver Kili pour lui parler.
Elle se mit à le chercher partout avant de se rappeler que Dwalin lui avait dit qu'il était allé se coucher. Problème, elle ne savait absolument pas où était sa chambre. Elle finit néanmoins par tomber sur son frère qui lui lança un sourire en la voyant. Bon, manifestement lui non plus ne savait rien.
« Pourquoi tu n'es pas venue manger avec nous ce matin ? » lui demanda-t-il
« Je n'avais pas faim. Comment va ton frère ? J'ai vu Dwalin, il m'a dit qu'il était pas bien ce matin »
« Oui, c'est vrai. Il dort là. T'inquiète pas, il a dû un peu trop boire hier soir, c'est tout » plaisanta le blond
Pour la seconde fois de la journée, Alnia se força à sourire.
« Au fait, Thorin veut te voir » annonça soudainement Fili
A ces mots, la naine sentit son sang se glacer dans ses veines. Ainsi, Kili lui en avait parlé. Elle sentit un frisson lui parcourir la colonne vertébrale.
« Alnia, ça va ? Tu es toute pâle »
« Oui, ne t'en fais pas. Où est Thorin ? »
« Ecoute, si tu ne te sens pas bien je pense que Thorin pourra comprendre… »
« Non » le coupa Alnia « S'il veut me voir, autant que j'y aille tout de suite »
*Inutile de retarder l'échéance. Je ne peux pas y échapper* pensa-t-elle
Fili acquiesça, non sans lui lancer un regard inquiet. Il l'emmena alors à travers les longs couloirs pour finalement se retrouver sur une petite place complètement vide, à l'exception d'un nain qui était là, regardant l'horizon par-dessus la balustrade d'un balcon.
Alnia avança d'un pas tremblant vers Thorin tandis que Fili tournait les talons. Elle savait ce qui allait se produire. Après environ une minute elle se racla la gorge, devenue complètement sèche. Thorin se tourna alors vers elle, mais rien chez lui n'exprimait la colère ou la rage. Mais Alnia se rappela que Fili lui avait dit qu'il n'exprimait jamais ses sentiments.
« Fili m'a dit que vous vouliez me voir » dit-elle d'une petite voix
« Oui » affirma-t-il « J'en ai parlé ce matin aux autres, mais vous n'étiez pas là. Le Seigneur Elrond pourra lire notre carte dans 5 jours. Donc nous allons rester ici jusque-là »
« Je vois » comprit Alnia
« Ça va nous permettre de nous reposer avant de reprendre notre route. Alors profitez-en »
Alnia hocha la tête et resta là. Elle s'attendait à ce qu'il dise autre chose, mais rien ne vint. Alors là, elle était totalement perdue.
« C'est tout ? » se risqua-t-elle tout de même à demander
Thorin la regarda d'un œil interloqué en répondant :
« Oui, mais si vous avez quelque chose à me dire, allez-y »
« Non » répondit Alnia, un petit peu trop rapidement « Désolé, mais la manière dont Fili m'a dit que vous vouliez me voir, je pensais qu'il était arrivé quelque chose de grave » tenta-t-elle de se justifier « Je peux y aller ? »
Thorin hocha la tête tandis qu'Alnia tournait les talons. Elle ne comprenait vraiment pas. Personne n'était au courant, Kili n'avait rien dit. Mais pourquoi faisait-il cela ? Elle devait absolument lui parler.
Mais cela s'avéra difficile. En effet, il passait son temps à l'éviter. Kili avait du mal à croire ce qu'elle lui avait dit, mais d'un autre côté, il avait du mal à comprendre. Il savait qu'il aurait dû tout dire à son oncle, mais il n'arrivait pas à s'y résoudre. Pourquoi ? Il n'en savait rien. Enfin si, parce qu'il savait qu'à la minute où son oncle saurait il la tuerait sans chercher à comprendre. Kili appréciait beaucoup Alnia, et il n'arrivait pas à la voir comme une tueuse.
Alnia de son côté, souffrait de cette distance que Kili avait mis entre eux. Bien entendu, elle le comprenait parfaitement. Elle ne le blâmait pas pour ça, mais elle voulait comprendre pourquoi elle était toujours là. Pourquoi n'avait-il toujours rien dit ? Fili avait remarqué cette distance entre les deux, dès le premier jour. Le second diner qu'ils passèrent à Fondcombe, Alnia s'était assise entre Bilbon et Fili. Kili quant à lui, avait pris soin de se tenir éloigné d'elle.
« Vous vous êtes disputés avec mon frère ? » demanda Fili au cours de la soirée
« C'est trois fois rien » lui dit-elle
Fili voyait bien qu'Alnia souffrait de cette distance, et que son frère aussi. Mais la raison lui échappait. Cette distance dura deux jours, deux jours durant lesquels Kili fuyait Alnia, ne lui parlait jamais.
Alnia quant à elle passait beaucoup de temps soit avec Dwalin sur le terrain d'entraînement, même parfois avec Fili, soit dans la grande bibliothèque de Fondcombe avec Bilbon, soit toute seule à arpenter les longs corridors, contemplant les splendeurs que Fondcombe lui offrait. Mais malgré tout ça, il y avait toujours cette peur au fond d'elle. Elle commençait à se dire que Kili le faisait exprès. Peut-être ne disait-il rien jusqu'à ce la pression soit trop forte pour elle et qu'elle aille d'elle-même trouver Thorin et tout lui avouer. Parfois, elle avait l'impression de devenir folle, comme si des yeux invisibles l'observaient, la jugeaient.
C'est au cours de l'après-midi du deuxième jour que les choses changèrent. Alnia était en train de s'entraîner avec Dwalin. Comme souvent, elle se retrouva au sol et Dwalin l'aida à se relever.
« Je pense que ça ira pour aujourd'hui » annonça Dwalin légèrement essoufflé
Alnia devait admettre qu'elle l'aimait bien, même si elle savait pertinemment qu'il pourrait l'écraser en une seconde. Depuis le début, elle avait l'impression de le connaitre. Elle tourna les talons pour retourner dans sa chambre quand elle vit Kili debout à quelques mètres d'elle. Il la regardait, mais il ne semblait pas en colère. Simplement préoccupé. Alnia commença à s'avancer quand il lui attrapa le bras quand elle passa près de lui.
« Je peux te parler ? » demanda-t-il
Alnia acquiesça d'un mouvement de tête et le suivit. Ils se retrouvèrent finalement au même endroit que lorsqu'Alnia lui avait tout dit. Juste sous le balcon de la naine.
Elle s'assit sur le banc tandis que lui restait debout, le regard fixer sur la rivière. Un long silence s'installa entre eux. Kili ne savait pas par où commencer, il n'arrivait pas à mettre de mots sur ce qu'il voulait dire. Alnia resta assise, attendant qu'il parle, les yeux fixés dans l'herbe verte et parsemée de quelques fleurs.
« Je ne comprends plus rien » commença soudainement Kili
Alnia tourna alors son regard vers lui, interloquée.
« Qu'est-ce que tu ne comprends pas ? » demanda-t-elle d'une voix timide
« Ça fait des semaines que tu es avec nous, tu as eu mille occasions, et tu n'as rien fait » continua Kili, toujours dos à Alnia « Depuis que tu me l'as dit, je n'arrête pas d'y penser. Plus d'une fois j'ai failli aller voir Thorin pour tout lui dire, quand je me disais que c'était le meilleur moyen de nous protéger de toi »
« Pourquoi tu l'as pas fait ? Pourquoi tu ne lui a rien dit ? » questionna la naine
« Parce que je sais qu'il te tuera, sans se poser de questions » rétorqua-t-il « Mais moi, je n'arrive pas à m'y résoudre. Je n'arrête pas de m'interroger. Tu aurais pu le faire des milliers de fois, plus d'une fois on s'est retrouvés seuls tous les deux, tu n'as rien fait. Tu aurais pu laisser les orcs nous tuer quand ils ont capturés les autres, mais non. La nuit, tu aurais pu dire à celui qui était de garde d'aller dormir pour prendre son tour et en profiter »
« J'y ai pensé » admit-elle « Mais je ne pouvais pas. Ce n'est pas moi Kili. Rien que le fait d'y penser me donne envie de vomir »
« Je ne sais plus quoi penser. Une part de moi me dit qu'il vaudrait mieux que je te tue maintenant, mais une autre veut comprendre. Comprendre pourquoi tu fais ça, pourquoi tu as accepté »
« Qu'est-ce que tu attends de moi Kili ? »
Il se retourna pour la première fois vers elle et dit d'un ton dur :
« Tout. J'attends que tu me dise absolument tout »
Alors, que va-t-il se passer? Et bien rendez vous la prochaine fois pour le savoir ;)
D'ici là, portez vous bien!
Bisous!
