UNE VIE DE MENSONGE

Bonsoir à tous!

Désolé pour ce retard, j'espère que vous me pardonnerez lol ;)

Bref, voici mon septième chapitre. Au programme: confession, chanson et le retour du nain mystère ^^ (entre étoile et en italique)

Merci à Sarah March pour la correction et merci à aliena wyvern et Gin Lise pour leur review qui me font toujours autant plaisir :)

J'espère en tout cas que ce chapitre vous plaira :)

Bonne lecture


Chapitre 7

« Qu'est-ce que tu attends de moi Kili ? »
Il se retourna pour la première fois vers elle et dit d'un ton dur :
« Tout. J'attends que tu me dises absolument tout »

...

Alnia resta à l'observer quelques secondes. Comment pourrait-elle refuser ? Elle lui devait bien ça.

« D'accord, je te dirai tout ce que tu veux savoir » accepta-t-elle

« Sans mensonge » ajouta Kili « Si je sens que tu ne me dis pas la vérité, je vais voir Thorin sur le champ »

« Très bien » souffla Alnia « C'est d'accord, mais avant je voudrais que tu ne m'interrompes pas. Que tu me laisses parler jusqu'au bout, car c'est déjà suffisamment dur pour moi »

« Bien, je te laisse parler »

Alnia inspira un grand coup en tentant de rassembler ses idées et se lança :

« Mon nom est bien Alnia. Mais je ne suis pas née à Fornost comme j'ai pu le dire. Je suis née aux Montagnes Grises, mon père, ma mère ainsi que mes frères sont des Gazat »

« Tes frères ? » répéta doucement Kili, surprit « Désolé, continue » enchaina-t-il face au regard d'Alnia

« Oui, j'ai deux frères. Ils sont jumeaux et leur nom est Drokl et Drelk. Je les hais au plus haut point. Je t'ai parlé des humiliations que je subissais, des insultes et des coups » Kili acquiesça tandis qu'Alnia poursuivait « Tout cela était vrai. Dans ma famille, la seule qui m'a vraiment aimée c'est ma mère. Mon père a toujours fait comme si je n'existais pas et mes frères se sont toujours montrer odieux avec moi. Quand ma mère était encore en vie, ça allait à peu près, mais quand elle est morte, ça a empiré. Les coups de fouet dont je t'ai parlés, je les ai bien reçus. Je peux même te montrer mon dos si tu ne me crois pas. C'est même mon propre frère qui m'a fouettée »

Pendant tout le temps où elle parlait, Kili ouvrit de grands yeux. Elle disait la vérité, il le sentait. Personne ne pouvait inventer de telle chose et encore moins en si peu de temps.

« Si j'ai accepté d'entrer dans cette compagnie » continua Alnia « C'est pour ce village d'Homme, Fornost. Il existe réellement, j'ai mon amie qui y habite. Quand mes frères m'ont dit qu'il fallait que j'infiltre la compagnie pour tuer ton oncle, j'ai tout de suite dit non, qu'ils pouvaient me tuer. Mais ils ont alors menacé d'attaquer Fornost et je sais que s'ils y vont, il n'y aura aucun survivant. Et je ne te raconte même pas ce qu'ils font aux femmes » finit Alnia les larmes aux yeux

« Et pour mon frère et moi ? » demanda Kili

« Tu te souviens, il y a quelque jour tu es venue me chercher quand j'étais près de la rivière »

« Oui, j'avais bien remarqué ce jour-là que quelque chose n'allait pas »

« Un de mes frères était venu. C'est ce jour-là qu'il m'a dit que je devais aussi m'en prendre à toi et à ton frère. J'ai tout de suite dit non, que je refusais de vous faire du mal. Mais il a commencé à me menacer de son épée et il m'a rappelé ce qu'il se passerait si j'échouais »

« Comment a-t-il réussit à te retrouver ? Et comment ont-ils sut pour la quête ? »

« Ils ont des espions. C'est ce que je vous avais dit au Poney Fringuant le soir où j'ai intégré la compagnie. Ça aussi c'était vrai. Un espion a entendu Gandalf parler à Thorin. Et puis, mes frères me font suivre, c'est comme ça qu'ils m'ont retrouvée. Mais je ne pense pas que leur espion est pu pénétrer ici »

Kili lui tourna le dos tandis qu'Alnia attendait une réaction de sa part. Elle se sentait comme un condamné, attendant que la sentence de mort soit prononcée. Elle ne savait pas s'il l'avait cru, mais elle savait que dans tous les cas il devrait aller voir son oncle.

« Je suis sincèrement désolée Kili » s'excusa Alnia « Je suis incapable de te faire du mal. Maintenant que tu sais tout, tu peux aller voir Thorin et tout lui dire si tu veux »

« Non » dit soudainement Kili

« Quoi ? »

Kili se retourna vers elle et s'avança en la regardant dans les yeux.

« Je n'irais rien lui dire, parce qu'il te tuera. Et je ne le veux pas »

« Kili, je viens de te dire… »

« Je sais ce que tu as dit » la coupa-t-il « Et je sais que tu ne ferais jamais de mal à qui que ce soit. Je sais que tu ne me feras rien »

« Comment tu peux en être aussi sûr ? » demanda la naine

« Parce que je le sais. Et puis, regarde, on est seuls tous les deux. Tu sors d'un entraînement et tu as toujours ton épée et tes dagues avec toi, alors que moi je n'ai aucune arme. Si tu avais vraiment voulu me tuer, tu aurais pu essayer depuis cinq minutes. Je t'ai même tourné le dos, et je t'avoue que je ne craignais absolument rien. Je savais que n'étais pas une tueuse »

Alnia était abasourdie par ce qu'il lui disait.

« Quoi, c'était un test ? »

« J'ai confiance en toi Alnia, je sais que tu ne nous fera rien. Et je n'irais pas parler à Thorin, je te le promets »

Alnia lui sourit alors qu'elle sentait les larmes couler. Kili vint s'asseoir près d'elle et la prit dans ses bras.

« Tu ferais mieux d'aller lui dire » lança Alnia

« Pourquoi je ferais ça ? » demanda-t-il « Il te tuera Alnia »

« Justement » soupira-t-elle tandis que Kili la regardait dans les yeux « Tu dois comprendre Kili, si j'échoue ils attaquent Fornost et tueront tous ceux qui y habitent. Au moins si je meure, ils penseront peut-être que c'est en essayant que j'ai été tuée. Ils laisseront alors la ville »

« Tu y crois vraiment ? » demanda-t-il d'un ton sceptique

« La seule raison qu'ils ont d'attaquer Fornost, c'est pour m'atteindre moi. Alors si je ne suis plus là… »

« Non, je ne laisserais pas faire ça » refusa Kili

« Tu ne peux pas me demander de risquer leur vie » protesta Alnia

« On trouvera un moyen de les protéger »

« Comment ? Je n'ai aucun moyen de les prévenir »

Kili devait admettre qu'elle avait raison. Comment les prévenir ? Il ne pouvait pas laisser des gens se faire tuer, et il était absolument hors de question qu'il laisse Thorin faire quoi que ce soit à Alnia. Sa décision était prise, il protégerait Alnia, même s'il devait se battre contre son propre oncle pour ça. Il ne lui dévoilerait pas ce qu'il venait d'entendre, mais il pensait en même temps à tous ces Hommes en danger. Comment les protéger eux ?

« Elrond » souffla soudain l'archer « On devrait aller lui en parler, il aura peut-être un moyen »

« Kili… »

« Alnia écoute moi, il n'est pas question que j'aille voir Thorin pour qu'il vienne te tuer, c'est compris ? On va aller demander de l'aide à Elrond »

Alnia était vraiment touchée du fait qu'il se souciait d'elle, même si elle ne comprenait pas trop pourquoi.

« Pourquoi tu veux à ce point me protéger ? Si ton oncle l'apprend et qu'en plus il comprend que tu savait et que tu ne lui as rien dit, il risque de t'en vouloir »

« Je m'en fiche. Tu n'as rien fait Alnia. Tu as été piégée, on ne t'a pas laissée le choix. Si jamais il vient à l'apprendre, on lui expliquera »

« Tu crois vraiment qu'il voudra seulement écouter ? »

Kili réfléchit à sa question. Au fond, il connaissait parfaitement la réponse, Thorin n'écoutera pas mais Kili n'avait pas l'intention de laisser tomber Alnia.

« Ne te soucie pas de ça pour l'instant » voulu-t-il la tranquilliser « Il ne sait rien, et il ne l'apprendra peut-être jamais. Maintenant vient, on va voir Elrond » lui dit-il en lui tendant la main

Alnia lui lança un sourire touché en prenant sa main. Elle était vraiment soulagée de voir que Kili lui faisait toujours confiance, même si elle ne comprenait vraiment pas comment il faisait. Il était vraiment quelqu'un de naturellement gentil et à qui on pouvait se confier sans problème. Jamais Alnia n'aurait pensé qu'il puisse l'écouter comme ça et qu'il puisse surtout continuer à être comme il avait toujours été avec elle.
Ils commencèrent à avancer doucement dans la grande demeure elfique. Ils marchèrent en silence côte à côte.

« Comment tu fais ? » demanda soudainement Alnia

« Comment je fais quoi ? »

« Continuer à me faire confiance. Pour me pardonner »

Kili rigola doucement avant de répondre.

« Parce que je n'ai rien à pardonner. Tu n'as rien fait de mal, tout cela n'est pas de ta faute. Et je te jure que tes frères paieront pour ce qu'ils t'ont fait »

Alnia sourit doucement à sa remarque, mais elle doutait qu'il puisse faire quoi que ce soit contre ses frères.

« Donc, même à ton frère… »

« Même à lui je ne dirais rien, parce que lui par contre ira voir Thorin »

Ils continuèrent par la suite à marcher en silence quand ils croisèrent Lindir sur leur route.

« Pouvez-vous nous dire où nous pouvons trouver le Seigneur Elrond ? » demanda Alnia

« Dans la bibliothèque. Il doit être dans la pièce au fond à gauche » répondit l'elfe

Alnia le remercia et continua sa route avec Kili. Ils arrivèrent finalement à la grande bibliothèque où des kilomètres d'étagères s'alignaient, entourant de grande table ronde en pierre sculptée. De grandes colonnades soutenaient le haut plafond en arche. Ils se dirigèrent finalement vers une lourde porte de bois sombre sculptée. Ils s'arrêtèrent devant et Alnia hésita à frapper. Mais avant qu'elle n'ait pu se décider, elle entendit la voix douce d'Elrond résonner de derrière la porte.

« Entrez »

Les deux nains échangèrent un regard surpris et poussèrent la lourde porte. Une grande pièce, dans le même style que la bibliothèque s'ouvrait devant eux. Une table ronde en pierre était au centre, et derrière de grandes arches s'ouvraient sur un balcon sans rambarde, caché par un rideau d'eau et surplombant toute la vallée.
Les deux nains saluèrent le grand elfe qui en fit de même avant de les inviter à s'asseoir.

« Que puis-je faire pour vous ? » demanda Elrond de cette voix si particulière

« Auriez-vous un moyen d'envoyer un message dans un village assez loin d'ici ? » demanda Kili « Et de préférence, sans qu'il puisse être intercepté ? »

« Pour quelle raison en avez-vous besoin ? »

« Il faut que je prévienne un village d'hommes qu'ils sont en danger » répondit Alnia

« Fornost » déclara Elrond

Alnia et Kili lui lancèrent un regard surprit.

« Comment… ? » commença Alnia

« J'ai tout de suite su quand vous êtes arrivez ici que vous n'aviez pas tout dit à vos compagnons au sujet de votre présence parmi eux » annonça Elrond en se levant

« C'est vrai » admit la naine « Mais je suis incapable de faire ce pourquoi je suis là. Mes frères m'ont choisie parce que je ne ressemble pas aux Gazat, et c'est vrai. Je ne peux même pas tuer, alors que si ça avait été quelqu'un d'autre, je suis sûre que ça aurait été fait depuis longtemps »

« Vous avez parfaitement raison » lui dit Elrond « Vous êtes en tout point différente d'eux, tellement qu'on pourrait se poser la question de savoir si vous êtes réellement une Gazat, ce dont je doute de plus en plus »

« Comment ça ? » demanda Alnia, inquiète par ce qu'il sous-entendait « Que voulez-vous dire ? Qu'on me mentirait depuis ma naissance ? »

« Pas depuis votre naissance, mais depuis que vous avez un certain âge » déclara-t-il d'un ton énigmatique « Je peux vous aider » informa-t-il finalement

« Vraiment ? » questionna Kili

« Oui. Voilà quelques temps que je surveille d'assez près l'évolution dans les Montagnes Grises. J'ai quelques troupes qui sont aux alentour et qui protègeront les villes proches. Mais je peux vous permettre de transmettre un message à Fornost »

« Comment ? » demanda Alnia pleine d'espoir

Elrond alla ouvrir un placard qui se trouvait sur la droite et en sortit un petit miroir au cadre d'argent et décoré de motifs fleuris.

« Grâce à ce miroir » répondit Elrond « Il vous suffira d'appeler la personne que vous voulez contacter à travers ce miroir, et alors cette personne pourra vous voir dans n'importe quel autre miroir à proximité »

Alnia le regarda avec de grands yeux tandis qu'il lui tendait le miroir.

« Vraiment ? » demanda-t-elle en prenant le miroir d'une main tremblante

Elrond hocha la tête quand Kili attira son attention.

« Vous ne parlerez de tout ça à personne, n'est-ce pas ? Je suis le seul à être au courant, et si mon oncle venait à l'apprendre… »

« Ne vous inquiétez pas, ce n'est pas à moi de dire quoi que ce soit » le tranquillisa Elrond

Alnia le remercia d'un mouvement de tête avant de se lever avec Kili. Ce dernier sortit de la pièce alors qu'Alnia restait un peu en retrait.

« Vous aussi vous me croyez quand je dis que je leur ferai rien ? »

« Bien sûr » affirma l'elfe « Et j'espère que comme votre ami et moi-même, les autres vous croiront aussi »

« Ça, j'en doute » soupira la naine « Encore merci Seigneur Elrond » dit-elle en s'inclinant doucement, avant de sortir de la salle à la suite de Kili.

Ce dernier l'attendait derrière la porte et lui fit un sourire en la voyant apparaitre.

« Tu vois. Je t'avais dit qu'il nous aiderait »

« Mmh… » fit Alnia

« Qu'est-ce qu'il y a ? Tu devrais être soulagée, tu n'auras pas à nous faire quoi que ce soit et tu vas pouvoir prévenir ton amie »

« Je suis soulagée, vraiment » annonça Alnia « J'essaie juste de comprendre ce que m'a dit Elrond. Il doute que je sois une Gazat, pourtant j'ai vécu toute ma vie à Ered Mithrin »

« Je ne sais pas quoi te dire » avoua Kili en commencent à marcher « On ne t'a jamais rien dit qui sous-entendait que tu n'étais pas de là-bas ? »

« Depuis toujours mes frères font en sorte que je ne me sente pas chez moi dans ces montagnes. Je ne me suis jamais identifiée à ces monstres que sont les Gazat. Et bien que je n'ai jamais eu l'impression d'avoir ma place dans ces montagnes, je sais que j'y suis née »

« Qu'est ce qui te le prouve ? C'est vrai Alnia, regarde toi. Tu es complètement différente d'eux, que ce soit physiquement ou moralement. Tu n'es en rien comparable aux Gazat »

« Tu sous-entends quoi exactement ? »

« Que peut-être, on ne t'as pas tout dit »

Alnia soupira. Elle ne savait plus quoi penser. Elle était sûre d'être née dans les Montagnes Grises, et voilà qu'aujourd'hui on remettait ça en doute. Et pourtant, elle savait parfaitement que c'était possible. Elle n'avait jamais ressemblée à son père ni même à sa mère. Cette dernière lui avait dit que le fait qu'elle soit différente des autres Gazat devait venir sans doute d'une branche éloignée de la famille, et jamais Alnia n'avait douté de la véracité de ses propos. Jusqu'à aujourd'hui. Et si on lui avait menti ? Mais alors dans ce cas, qui était-elle réellement ? Et puis, si la famille dans laquelle elle avait été élevée n'était pas la sienne, sa vraie famille l'aurait recherchée non ? Alnia était complètement perdue. Elle aurait tellement voulu voir sa mère là, tout de suite et lui demander de l'éclaircir…

. . . .

À Fornost

Rilasina était chez elle, assise dans son fauteuil un livre à la main. Pourtant elle ne parvenait pas à lire. Les mots et les phrases s'enchainaient sous ses yeux sans qu'elle n'en saisisse le sens. Voilà des mois qu'elle n'avait plus eu de nouvelles d'Alnia, et elle était vraiment inquiète pour elle. Plus ça allait, et plus elle se disait qu'elle avait peut-être fini par mourir sous les coups de ses frères et à chaque fois, cette pensée la faisait fondre en larmes. Elle se souvenait à peine de la dernière fois qu'elle l'avait vue. C'était en pleine nuit, elle avait avec elle deux dagues et une épée, ainsi qu'un sac sur le dos et une tenue de voyage. Elle était juste venue lui dire qu'elle partait pendant un certain temps et puis elle était partie dans la nuit noire après avoir serré Rilasina dans ses bras. La jeune humaine avait tenté de savoir où elle allait, mais Alnia avait refusé de lui dire. Rilasina soupira et finit par ranger son livre dans sa bibliothèque. C'est en se dirigeant vers sa cuisine pour se préparer une tasse de thé qu'elle entendit une voix, tel un murmure.

« Il y a quelqu'un ? » demanda-t-elle à voix haute

Pas de réponse. La jeune humaine se secoua alors la tête, se disant qu'elle avait sans doute rêvé. Mais c'est alors qu'elle entendit de nouveau la voix.

« Sina » souffla cette voix

Rilasina se raidit en entendant ça. Il n'y avait qu'une personne qui l'appelait comme ça.

« Alnia ? » demanda-t-elle dans le vide

« Oui, c'est moi » fit la voix de son amie

« Où es-tu ? »

« Le salon »

Rilasina sentit son cœur s'emballer et elle repartie dans son salon en courant presque, mais fut déçue en constatant qu'il était vide.

« Regarde le miroir » fit la voix

« Quoi ? » demanda l'humaine en se tournant vers le dit miroir

Elle se figea alors. Face à elle, dans son miroir, elle ne vit pas son reflet mais l'image de son amie, comme si elle regardait à travers une fenêtre. Rilasina fut choquée de voir ça. Comment était-ce possible ?

« Alnia, mais comment… »

« Plus tard » la coupa Alnia « Sina, il faut que tu m'écoute attentivement. La ville est en danger, tu dois faire en sorte faire sortir le plus de gens possible et rapidement »

« Attends, comment ça ? Alnia, où es-tu ? Ca fait des mois que je n'ai plus de nouvelle et voilà que tu apparais dans mon miroir et que tu me dis d'évacuer la ville. J'aimerais que tu m'expliques »

« Je vais bien, ne t'en fais pas. Là où je suis, je suis en sécurité. Pour le moment. Mais tu dois me faire confiance, les Gazat vont venir d'ici peu. Pas avant plusieurs jours je pense, le temps qu'ils sachent que je refuse »

« Que qui sache quoi ? » demanda Rilasina, définitivement perdue « Que refuses-tu ? »

Alnia soupira et commença à répondre.

« Je suis à Fondcombe, dans la cité elfique. Si je suis partie, c'est parce que mes frères m'ont obligée à suivre des nains pour que j'en tue trois, ou alors ils attaquent Fornost. Le problème, c'est que je suis incapable de leur faire du mal, je ne peux pas. Le Seigneur Elrond m'a alors donné un miroir pour que je puisse te contacter et te prévenir. Il m'a dit que des troupes d'elfes étaient aux alentours et qu'ils protègent les villes autour des Montagnes Grises »

« Dans la cité elfique ? » répéta l'humaine, abasourdie « Et bien sûr que tu ne les tueras pas, tu n'es pas une tueuse. Ces nains, ils ne sont pas au courant ? »

« Non, enfin il y en a un qui sait mais il me protège. S'il te plait Sina, fait ce que je te dis »

« Je ferai ce que je peux » accepta l'humaine « Mais Alnia… »

« Je ne peux pas rester plus longtemps Sina, on m'attend »

Alnia tourna la tête et regarda quelque chose que Rilasina ne pouvait pas voir.

« J'arrive Kili » dit-elle à quelqu'un

« Qui est Kili ? » voulu savoir Rilasina

« L'un des nains, je t'expliquerais. N'oublie pas, protège les autant que tu peux »

Rilasina hocha la tête et avant qu'elle n'est pu ajouter quoi que ce soit, Alnia disparut pour laisser place au reflet de la jeune humaine. Avait-elle rêvé ? Rilasina en doutait.
Elle sortit alors de chez elle en hâte pour réunir le plus de monde possible et faire en sorte que tout aille pour le mieux pour Fornost.

. . . .

A Fondcombe

Alnia tenait toujours le miroir en main quand elle sentit une main se poser sur son épaule. Kili était près d'elle et tentait par ce geste de la réconforter.

« Ça va ? »

« Oui, ça m'a fait bizarre de la voir, c'est tout. En tout cas, je sais qu'elle va bien »

« Il faut qu'on y aille. Les autres vont nous attendre pour dîner »

Alnia hocha la tête, rangea le miroir dans le tiroir de la coiffeuse et sortit de sa chambre avec Kili.

« Je ne te remercierais jamais assez Kili »

« Arrête Alnia. N'importe quel ami ferait pareil »

« Je n'en suis pas si sûre » répliqua la naine « N'importe qui d'autre aurait été prévenir Thorin ou m'aurais tuée sur place mais pas toi »

« Bien évidemment que non. Parce que j'ai toujours eu confiance en toi, et aussi parce que je voulais comprendre avant de faire quelque chose que j'aurais regretté »

« Donc ça ne te fais rien de mentir à ton oncle ? Ou à ton frère ? »

« Je n'aime pas leur mentir, mais si c'est la seule façon de te garder en vie, je le ferai » déclara-t-il d'une voix assurée

Alnia lui sourit une énième fois et c'est toujours avec un grand sourire qu'elle arriva avec l'archer à la salle du dîner. Tous étaient déjà là et les attendait. Kili et Alnia s'assirent l'un à côté de l'autre tandis que Fili, assit à côté de son frère, les regardait d'un drôle d'air.

« Que t'arrive-t-il nadadê ? » demanda Kili au bout de quelques minutes

« Depuis quand vous êtes réconciliés tous les deux ? »

« Depuis environ deux ou trois heures » répondit Alnia

« Et vous ne voulez toujours pas me dire pourquoi vous étiez fâchés ? »

« Il m'a fait la tête parce que l'autre matin je l'ai envoyé promener. Je n'étais pas d'humeur et il est venu me déranger. Apparemment il trouvait drôle de m'énerver d'avantage alors j'ai fini par lui donner un coup et ça ne lui a pas plu » inventa Alnia en souriant légèrement.

Fili leva les yeux au ciel avant de retourner à son assiette. Le repas se passa bien, bien qu'il finisse en bataille de nourriture au grand désespoir des elfes. Et oui, Alnia en lançait aussi. Elle avait l'impression que ça faisait une éternité qu'elle n'avait pas ri ainsi. C'était comme si son cœur avait été délesté d'un poids trop lourd. Mais elle savait qu'il faudrait qu'un jour elle fasse face au courroux de ses frères qui, elle le savait, serait terrible.
Cependant, elle ne pensa pas à ses frères ce soir-là. Encore une fois, après le repas, les nains allèrent s'isoler entre eux, et comme la dernière fois, Fili et Kili avaient disparu quelques minutes et étaient revenus avec un tonneau d'hydromel.

« Vous savez que les elfes vont finir par s'en rendre compte ? » expliqua Alnia, mais en rigolant néanmoins

« Bah » répondit Fili en haussant les épaules « S'ils ne voulaient pas qu'on en prenne, ils n'avaient qu'à mieux le cacher »

Alnia rigola de plus belle, mais resta néanmoins avec eux ce soir-là. Ils discutaient tous ensemble, racontant des souvenirs ou des blagues, chantant des chansons. Ils restèrent là pendant de longues heures.

« Alnia » appela Bofur

La naine se tourna vers le marchand de jouet, l'écoutant attentivement.

« Sais-tu chanter ? »

« Je ne sais pas trop » répondit-elle sincèrement « Aussi bien que les autres j'imagine »

« Chante-nous quelque chose » lança Kili

« Non, s'il te plait Kili. Ne m'oblige pas »

« Allez, comme ça on te dira si tu chantes bien ou non » renchérit son frère

Alnia soupira devant l'insistance des nains et se mit à chercher une chanson dans sa mémoire. A vrai dire, elle n'en connaissait qu'une seule qui remontait loin dans son enfance. C'était une chanson que sa mère lui chantait, enfin elle croyait puisque cela semblait remonter à tellement longtemps. Et pourtant, les paroles étaient toujours gravées dans sa mémoire.

"Minuit, tourne toi vers la lune
Oublie ton infortune
Revis tes souvenirs
Si tu trouves
Le bonheur au plus profond de toi
Alors la vie renaîtra

Seule, sous la lune blafarde
Frissonnant sous mes hardes
Je songe à mon passé
J'étais belle
Et je ne connaissais que la joie
O mémoire, souviens-toi

Heures d'angoisse et de poisse
Quand les lampes se meurent
Dans les fumée de cette aube glacée
Un autre jour s'est levé

O jour, que ta lumière arrive
Il faut que je survive
Je dois lutter encore
A l'aurore
La nuit ne sera plus qu'un souvenir
Un nouveau jour va venir

Ombre et lumière sous les fougères
Mascarade sans fin
Comme une fleur qui s'étiole et se meurt
Mes souvenirs s'effacent

Touche-moi, ne me laisse pas seule
Seule avec la mémoire
De mes jours de bonheur
Si tu oses
Tu sauras toute la vérité
Vois... le soleil s'est levé"

Une fois sa chanson finie, Alnia sentit tous les regards tournés vers elle. Elle ne savait même pas d'où lui venait cette chanson, elle avait l'impression de l'avoir entendue il y avait une éternité de ça et pourtant, elle se souvenait de chaque parole. Elle se souvenait d'entendre une voix féminine la lui chanter, sa mère très certainement.

Elle n'avait même pas remarqué que pendant qu'elle chantait, Thorin était arrivé et l'avait écouté lui aussi.

« C'est une très jolie chanson » complimenta Dori

« Et tu as une très jolie voix » renchérit Bofur

« Merci, c'est une chanson que je connais depuis toujours je crois, mais je ne sais pas vraiment d'où »

Chacun commença alors à donner son avis sur la prestation d'Alnia. Elle se sentit rougir sous les compliments de ses compagnons. Après ça, leur soirée reprit bon train et tous buvaient plus qu'ils n'auraient dû. Quelques-uns étaient partis se coucher, mais certains comme Kili, Fili, Bofur, Nori, Gloìn, Bifur et même Alnia restèrent encore plusieurs heures…

. . . .

*Comment peut-elle connaitre cette chanson ? Je la connais, je l'ai entendue presque toute mon enfance. Il faut dire que j'en sais peu sur elle. Quand je pense qu'elle a bien failli être tuée. Je ne sais pas pourquoi, mais le fait d'avoir vu son sang couler ma rempli d'une rage meurtrière. Je n'avais eu alors qu'une envie : remonter de ce trou et tous les tuer. Mais bon, au moins elle est vivante. Et puis elle avait l'air réellement heureuse ce soir. Je crois bien que c'est la première fois que je la vois rire, et c'est agréable. Et sa voix était vraiment belle. Mais maintenant, reste à savoir comment elle peut connaitre cette chanson. Chanson qui, la dernière fois que je l'ai entendu, était chantée par ma propre mère. Quelques jours avant sa mort, elle l'avait chanté pour Elle. Il faut que je sache…*

. . . .

Lorsqu'Alnia se réveilla le lendemain, il était déjà tard. Ce matin-là, elle regretta bien vite d'avoir autant bu la veille. Elle avait l'impression que ça tête allait exploser. A chaque mouvement qu'elle faisait, c'était comme si son cerveau se cognait à toutes les parois de son crâne. Sa chambre était plongée dans l'obscurité, tous les rideaux tirés mais la vive lumière que l'on pouvait apercevoir entre les rideaux montrait qu'en effet, il devait être très tard.

Après quelques minutes, Alnia se rendit compte qu'il y avait un problème, elle sentait quelqu'un dans son dos. Elle n'était pas seule, quelqu'un d'autre était allongé dans son lit. Autre problème, elle n'avait aucun souvenir de la soirée de la veille. Ces derniers s'arrêtaient au moment où elle avait chantée, après c'était le trou noir. Elle se retourna doucement, ouvrit les yeux. Elle découvrit alors Kili, endormi profondément à côté d'elle.

« C'est pas vrai » souffla-t-elle

Elle n'avait tout de même pas… ? Avec Kili ? Non pas que l'idée était répugnante en soit, il fallait bien admettre que Kili était un nain plutôt beau, mais jamais elle ne pourrait le regarder de nouveau en face dans ce cas-là. La couverture s'arrêtait à sa taille, et Alnia constata très rapidement qu'il était torse nu, ce qui n'aida pas pour les doutes s'immisçant dans ses pensées. Néanmoins, elle ne put s'empêcher de regarder son torse bien fait, des pectoraux bien dessinés sur lesquels il y avait une fine toison noire. Ses abdos semblaient plus que dur et Alnia dû retenir sa main d'aller vérifier si c'était le cas. Pourquoi réagissait-elle comme ça ?

« Kili réveille-toi » dit-elle en le secouant par l'épaule

Il se contenta de grogner, avant d'attraper la naine et de la serrer contre lui. Alnia resta pétrifiée.

« Kili » grogna-t-elle en tentant de se libérer de ses bras.

Elle soupira et finit par le pincer au bras. Il se réveilla d'un coup, poussant un petit cri de douleur. Alnia en profita pour se libérer tandis que Kili se tenait le crâne.

« Ma tête » se plaignit-il

Alnia se racla la gorge et Kili la regarda avec surprise.

« Qu'est-ce que tu fais là ? » demanda-t-il

« C'est plutôt à moi de te poser la question » rétorqua la naine « C'est toi qui est dans mon lit »

Kili regarda autour de lui et se rendit compte qu'en effet il n'était pas dans sa chambre. C'est alors que la soirée de la veille lui revint en mémoire.

« Rassure-moi » continua Alnia « Tu as toujours ton pantalon ? »

« Oui, bien sûr » répondit Kili mais en vérifiant tout de même

Alnia soupira de soulagement

« Au moins, il ne s'est rien passé »

« Si il c'était passé quelque chose, crois-moi tu t'en souviendrais » dit-il d'un ton enjôleur

Alnia leva les yeux au ciel avant de se tourner de nouveau vers lui.

« Alors, pourquoi es-tu là ? »

« C'est toi qui a voulu que je dorme ici. Tu avais beaucoup bu hier soir et je t'ai raccompagné. Quand j'ai voulu partir, tu m'as attrapé et tu m'as demandé de dormir ici et avant que je n'aie pu dire quoi que ce soit, tu t'étais endormie dans mes bras. Alors, oui j'ai retiré ma tunique mais rien de plus »

Alnia se sentit rougir affreusement. Il fallait vraiment qu'elle arrête l'alcool.

« Ce n'est pas vrai »
se lamenta-t-elle en se prenant la tête dans les mains « Je suis désolé Kili »

« Ne t'en fait pas. On a tous beaucoup bu, je suppose que la journée va être calme pour la compagnie »

Alnia hocha la tête et se leva. Instantanément, la tête lui tourna et elle se ressaya.

« Ça va ? » demanda Kili en rigolant

« Oui, je dois juste y aller doucement »

« Bon et bien, je crois que je vais retourner dans ma chambre »

Alnia acquiesça d'un mouvement de tête tandis qu'elle sentait le lit bouger derrière elle. La porte se referma bientôt, non sans que Kili lui lance un « à tout à l'heure ».

Alnia se releva alors et se dirigea vers la salle de bain. Elle fit couler l'eau dans la baignoire et s'immergea totalement dans le liquide qu'elle avait fait couler froid. Cela eu l'effet de la réveiller un bon coup, puis elle sortit et alla s'habiller d'un pantalon blanc et d'une tunique verte feuillage. Alors qu'elle finissait tout juste de s'habiller, quelqu'un toqua à sa porte. Elle alla ouvrir et découvrit Arielyn de l'autre côté, une tasse fumante à la main.

« Bonjour mademoiselle » salua l'elfe en entrant « Vous êtes enfin réveillée »

« Qu'elle heure est-il ? » voulu savoir Alnia

« Bientôt 15 heures » répondit Arielyn « La tasse est pour vous, pour calmer votre mal de tête »

Alnia saisit alors la tasse des mains de l'elfe, étonnée de savoir qu'elle avait dormit si longtemps. Cette fois-ci c'était décidé, ne plus jamais boire d'alcool et encore moins avec des nains. La mixture dégageait une odeur de plusieurs plantes. Elle but à petite gorgée et sentit presque instantanément son mal de tête la quitter.

« Je vous remercie »

« Je vous en prie. Votre chef demande à vous voir, ainsi que toute la compagnie »

Arielyn conduisit alors la naine à travers les longs corridors. Alnia se demandait bien pourquoi Thorin réunissait tout le monde, bien qu'elle se doutait que c'était par rapport à leur départ imminent.
Elles arrivèrent finalement sur le grand balcon qui leur était réservé, là où ils avaient passé la soirée de la veille. Tous étaient là, attendant Alnia qui était la dernière arrivée.

« Désolé du retard » s'excusa Alnia

« C'est sûr que lorsque on a la gueule de bois, c'est dur de se lever » railla Thorin

Alnia décida de l'ignorer et se plaça près de Kili.

« Bien, maintenant que tout le monde est enfin arrivé » commença Thorin en lançant un regard lourd de sous-entendus à Alnia « Je dois vous annoncer que l'on part demain. Seul Gandalf est au courant. Comme je le craignais, les elfes s'opposent à notre quête, aussi nous partirons un peu avant l'aube »

Tous les nains acquiescèrent, y compris Alnia et Bilbon bien que ces derniers soient un peu déçus de partir. Enfin, à vrai dire, Alnia n'était pas déçue, elle était terrorisée. Elle ne savait pas ce qui les attendait dehors. A Fondcombe, ils étaient en sécurité, mais elle savait très bien que ses frères ne la lâcheraient pas. Et elle était vraiment apeurée à l'idée que Thorin découvre tout.

Après leur petite réunion, chacun alla vaquer à ses occupations et Alnia préféra aller préparer ses affaires. Tandis qu'elle rassemblait le tout dans sa chambre, de légers coups furent frappés à sa porte.

« Entrez ! »

« Alors, tu te sens mieux ? » entendit-elle la voix de Kili

« Oui oui, Arielyn m'a apporté de quoi calmer mon mal de tête »

« Je sais que tu t'inquiètes Alnia, mais il n'y a vraiment pas de quoi. Thorin ne saura pas… »

« Ce n'est pas ça qui m'inquiète, mais plutôt que mes frères me retrouvent »

« Dans ce cas, je m'occuperai d'eux avant même qu'ils ne pensent à faire quoi que ce soit »

Alnia lui sourit tendrement mais resta inquiète tout de même. Bien que Kili veuille la protéger et que c'était un très bon combattant, elle savait très bien qu'il y avait peu de chance qu'il s'en sorte face à Drelk et Drokl.

La jeune naine se fit alors la promesse de faire en sorte que ses frères n'atteignent jamais Kili ou qui que ce soit dans la compagnie. Personne ne mourrait par sa faute, et si elle devait se faire tuer pour ça, et bien d'accord. La mort ne l'effrayait pas, plus maintenant.


Et voilà!

La semaine prochaine, on quitte Fondcombe

La chanson est tirée de la comédie musicale Cats, il s'agit de la version française de la chanson Memory (que je vous conseille d'écouter, c'est une très jolie chanson)

Alors, des idées pour ce nain?

Bisous et à la prochaine!