UNE VIE DE MENSONGE
Bonsoir!
Olala, absolument désolée pour ce retard, mais j'ai eu un peu de mal à écrire ce chapitre et pas eu forcément le temps. Mais ne vous en faites pas, je n'oubli pas cette fic.
Je remercie comme toujours ma bêta Sarah March pour m'avoir corrigé et aliena wyvern, AnanasPower et Gin Lise pour leur review :)
Je vous laisse à ce onzième chapitre
Chapitre 11
Les jours passaient et se ressemblaient. Ils marchaient, encore et encore, ne s'arrêtant que quelques minutes le jour pour manger, et le soir pour établir un campement. Déjà une semaine qu'ils avaient échappé aux orcs et à Azog, mais la peur qu'ils puissent les retrouver était toujours là. Aussi, ils continuaient de marcher, quelques fois ne s'arrêtant même pas la nuit. Ils continuaient d'avancer, un jour sous la pluie et sur un sol boueux, un autre jour sous un soleil bas et nullement réchauffant. L'automne semblait s'être installé pour un long moment, les arbres avaient changé leurs manteaux verts pour un feuillage allant de l'orange au jaune. Sous leurs pieds, les feuilles mortes tombées craquaient tandis que la compagnie avançait en silence la plupart du temps.
Alnia était épuisée par ce voyage. Le soir au moment de manger, elle était amorphe et mangeait ce qu'on lui donnait sans prendre la peine de savoir ce qu'il y avait dans son assiette. Et puis juste après, elle s'écroulait et s'endormait presque instantanément et le plus souvent, lorsqu'elle se réveillait le lendemain, Kili était couché près d'elle, un bras protecteur autour de sa taille.
Mais voilà qu'une nuit, le sommeil ne parvenait pas jusqu'à elle. Elle restait allongée sur le dos, regardant la voute céleste et réfléchissant une énième fois à ce que lui avait dit Elrond. Elle ne serait pas une Gazat, mais pourtant elle avait toujours vécu là-bas, d'aussi loin que remonte sa mémoire. Il est vrai, elle avait très peu de souvenirs de sa petite enfance, mais comme la plupart des gens non ?
Après plusieurs minutes à essayer de trouver le sommeil en vain, elle se leva et alla s'asseoir près du feu rougeoyant à côté de Nori alors de garde cette nuit-là.
« Tu n'arrives pas à dormir Alnia ? »
« Non » affirma-t-elle « Ça ne t'ennuie pas si je reste là ? »
Pas du tout, ça me fera un peu de compagnie » répondit-il avec un sourire
Alnia sourit doucement à son tour. La nuit était claire ce soir-là, bien que fraiche. Alnia tisonnait un peu le feu avec une branche qu'elle avait trouvée, tout en continuant de penser aux paroles d'Elrond. Sans qu'elle ne s'en rende compte, elle s'était mise à chantonner tout en fixant les flammes dansantes.
« Qu'est-ce que tu chantes ? » demanda Nori
« C'est une chanson qu'une amie m'avait apprise »
« Des Montagnes Grises ? »
« Certainement pas » rigola doucement la naine « Je n'avais pas d'amis là-bas. Non, c'est à Fornost que je l'ai apprise »
« Chante-la »
Elle lui sourit doucement. C'était une chanson qu'elle avait apprise de Rilasina, elle-même la connaissant de sa mère.
« Je cueillerais une belle rose pour mon amour
Je cueillerais une rose rouge ployant sous le vent
L'amour est dans mon cœur et essaie de prouver
Ce que votre cœur sait
Je me piquerais le doigt sur une épine
Je me piquerais le doigt à en saigner
Rouge est mon cœur, blessé et mélancolique
Il a besoin du vôtre
Je garderais un doigt sur mes lèvres
J'attendrais, en gardant mon secret
Mon cœur me fera souffrir, tant qu'il ne chantera pas
En union avec le vôtre »
« C'est très jolie »
« Merci » souffla Alnia
Ils restèrent par la suite silencieux, attendant que le jour se lève doucement. Quand les nuages commencèrent à se teinter de couleurs rosées, Alnia et Nori réveillèrent les autres qui peinèrent à émerger. Tandis que tous rangèrent leurs affaires, Alnia réchauffa la viande qui leur restait pour le petit-déjeuner. Ils mangèrent tous ensemble.
« Tu n'as pas dormi cette nuit ? » demanda Kili qui vint s'asseoir près de la naine
« Pas beaucoup non » admit-elle « Je n'arrête pas de penser à ce que m'a dit Elrond » avoua-t-elle à voix plus basse
« On finira bien par comprendre ce qu'il a voulu dire. Ne t'inquiète pas »
Alnia haussa les épaules sans répondre. Elle ne savait plus vraiment quoi penser.
« On repart » annonça soudainement la voix autoritaire de Thorin une fois qu'ils eurent mangé un peu
Depuis le passage par les Monts Brumeux, il semblait un peu parano. Ayant toujours l'impression qu'on les observait, le chef faisait toujours en sorte de quitter leur camp le plus vite possible, tout en effaçant les traces de leur passage.
Ce jour-là, le ciel était chargé de nuage gris et un vent froid d'automne fouettait leurs visages. Ils étaient de nouveau passés par une montagne, bien moins dangereuse que les Monts Brumeux. Le sentier était creusé dans la montagne même, suffisamment large pour laisser passer deux nains côtes à côtes, exception faite à Bombur. Le chemin ne montait pas beaucoup et ils restèrent environ deux jours à marcher dans ce sentier. Quand ils le quittèrent, ils continuèrent tout de même à marcher le long du pan de roche. Ils étaient sur le point d'installer leur campement un soir quand ils entendirent un hurlement non loin, peut-être même bien trop proche pour leur propre sécurité.
A l'entente de ce cri, qu'ils reconnurent tous comme étant celui d'un warg, tous mouvements s'arrêtèrent. Tous regardaient autour d'eux, s'attendant à tout moment voir apparaitre un warg monté par un orc. Ce qui ne tarda pas à arriver, mais le warg était sans cavalier et s'attaqua à eux. Très vite, il fut réduit au silence mais ils pouvaient en entendre d'autres arriver. Ils se mirent à courir quand un autre grand loup se retrouva devant eux. Comme le premier, il ne dura pas longtemps mais d'autres étaient à leur trousse. Plusieurs wargs s'attaquèrent à eux, mais aucun ne survécut. Ils éliminèrent quatre wargs au final puis ils trouvèrent une petite grotte où se mettre à l'abri.
Ils restèrent silencieux quelques minutes, essayant d'entendre un quelconque son annonçant l'arrivée d'autres warg, mais rien ne vint.
Personne n'osait parler, ou même respirer. La tension était plus que palpable. Les minutes défilaient d'une lenteur inconsidérée, les secondes s'étirant à l'infini, rendant l'instant encore plus inquiétant. Seul se faisaient entendre les respirations des membres de la compagnie, bien qu'ils tentaient de les calmer. Chacun pouvait sentir son cœur tambouriner fortement dans sa poitrine, à tel point qu'ils avaient peur que les wargs, e finissent par les entendre.
Après un certain temps à rester dans la grotte, ils ressortirent discrètement. Plus aucun bruit de warg ne se faisait entendre.
« Nous ne nous arrêterons pas cette nuit » annonça Thorin « On continue d'avancer, mais restez le plus près possible de la montagne ! Nous devons être les plus discrets possibles »
La compagnie acquiesça et commença à avancer doucement et en silence. Ils marchèrent des heures durant, ne s'arrêtant pas une seule fois. Ils marchèrent, encore et encore mais on a beau faire, une fois que le corps n'en peut plus, il s'arrête. C'est ce qu'il se passa pour Alnia. Son corps était épuisé et n'en pouvait plus. Le fait de n'avoir rien mangé de la soirée et d'avoir très peu dormi, voire pas du tout, la nuit dernière n'aidaient pas. Elle trébucha sur une pierre, et s'écroula sur le sol de tout son long.
« Alnia ! » appela la voix de Kili « Ça va ? »
« Je n'en peux plus » dit-elle d'une voix essoufflée « J'ai besoin d'une pause, et je pense ne pas être la seule »
« On doit continuer, les orcs ne sont pas loin » refusa le roi nain
« Thorin, on ira pas bien loin épuisés comme on est » objecta-t-elle
« Elle a raison » intervint Gandalf « Une pause d'une heure ou deux ne nous fera pas de mal »
Thorin finit par céder, conscient malgré tout qu'ils ne pourraient continuer bien longtemps à ce rythme. Ravie à l'idée d'avoir une pause, la compagnie s'assit à même le sol et Bombur sortit des morceaux de viande séchée qu'il distribua à tout le monde. Quand Alnia eut fini de manger, elle s'endormit quelques instants contre l'épaule de Kili. Elle se réveilla environ une heure plus tard quand elle sentit quelqu'un la secouer par l'épaule.
« Qu'est ce qui se passe ? » demanda-t-elle d'une voix endormie
« On va repartir, lève-toi ! »
Elle acquiesça et se leva tant bien que mal, mais néanmoins reposée.
« Maitre Sacquet » appela soudainement Thorin « Montez un peu plus haut et regardez si vous voyez quelque chose »
Le hobbit acquiesça, bien que l'idée d'y aller seul ne l'enchantait pas vraiment, il s'arma de courage et emprunta un petit sentier qui montait suffisamment haut pour voir tout ce qu'il y avait dans les environs. Pendant ce temps, la compagnie resta au même endroit, attendant le retour de leur cambrioleur. Alnia ne pouvait s'empêcher de s'inquiéter pour le hobbit. Qui sait ce qu'il pouvait y avoir là-haut, et on l'y envoyait seul. Bien qu'elle ne doutait pas de son courage, elle ne pensait pas qu'il pourrait survivre à un affrontement contre un orc ou un warg.
« Vous êtes sûr que c'était une bonne idée de le laisser y aller seul ? »
« D'après le magicien, il n'y a pas plus discret qu'un hobbit » objecta Thorin
« Et donc vous l'envoyer là-bas pour vérifier si c'est vrai c'est ça ? » lui reprocha Alnia
« Bien sûr que non » rétorqua le nain « Mais vous devez admettre qu'il est bien plus discret que n'importe lequel d'entre nous »
« C'est vrai mais… »
« Ne vous en faites pas Alnia » s'interposa Gandalf « J'ai toute confiance en Bilbon, il ira bien »
Malgré ses mots, Alnia ne put s'empêcher de remarquer que le magicien semblait tout de même s'inquiéter pour le hobbit. Ils restèrent alors là pendant plusieurs minutes, à attendre son retour. Ce qui se produisit environ dix minutes plus tard. Il arriva en courant sur le sentier, visiblement apeuré par quelque chose, mais seul Alnia semblait l'avoir remarqué.
« Alors ? » commença Thorin « La horde est proche ? »
« Trop proche » affirma Bilbon « A deux lieues, pas plus. Mais ce n'est pas le pire »
« Les loups ont flairé votre odeur ? » s'inquiéta Dwalin
« Pas encore, mais ça viendra. Nous avons un autre problème »
« Ils vous ont vu ? » questionna Gandalf
« Quoi ? » fit Bilbon
« Ils vous ont vu » affirma finalement le magicien
« Non non »
« Ah qu'est-ce que je vous disais ? » s'enthousiasma le mage gris « Plus discret qu'une souris, l'étoffe d'un cambrioleur »
Les nains autour commencèrent à approuver ses paroles, sauf Alnia qui tentait d'écouter ce que Bilbon essayait de dire.
« Mais fermez-là ! » s'énerva-t-elle, ce qui eut pour effet de ramener le silence dans le groupe « Excusez-moi, mais Bilbon n'a pas fini de parler, vous pourriez au moins l'écouter jusqu'au bout »
Le hobbit lui lança un regard reconnaissant avant de poursuivre :
« J'essaie de vous dire qu'il y a autre chose là-haut de peut-être plus dangereux que des orcs »
A ses mots, tous les nains se lancèrent des regards inquiets.
« Cela avait-il la forme d'un ours ? » demanda Gandalf très sérieusement
« Oui » affirma Bilbon légèrement surpris par la question « Mais plus gros, bien plus gros »
« Vous saviez pour cette bête ? » lança Bofur en direction du magicien « Il nous faut rebrousser chemin »
« Et tomber aux mains des orcs ? » rétorqua Dwalin
« Dans tous les cas, on ne peut pas rester ici » intervint Alnia
Là-dessus, les nains commencèrent à se disputer quand la voix de Gandalf s'éleva à nouveau.
« Il y a une maison non loin dans laquelle nous pourrions trouver refuge »
« La maison de qui ? » demanda Thorin suspicieux « D'un ami ou d'un ennemi ? »
« Ni l'un ni l'autre » répondit l'Istari « Il nous aidera ou il nous tuera »
« Super » soupira Alnia
« Quel choix avons-nous » grogna le roi nain
« Aucun » affirma Gandalf quand un fort rugissement se fit entendre non loin.
Préférant suivre les conseils du magicien, la compagnie se mit à courir dans la direction qu'il indiquait. Ils se mirent donc à courir une fois de plus à travers les bois. Ils courraient toujours plus vite, tentant d'échapper aux grognements qu'ils pouvaient entendre derrière eux, grognements témoignant de la présence d'une bête assez grosse. Cela faisait presque une heure qu'ils courraient quand enfin ils aperçurent une maison devant eux. Ils accélérèrent quand soudainement le grognement se fit plus fort et que de lourds bruits de pattes frappant la terre résonnaient derrière eux. Alnia risqua un regard et vit pendant quelques secondes un immense ours noir, bien plus gros que ce qu'il devrait être, courir à une vitesse folle vers eux. Cette vision l'encouragea à accélérer et très vite la compagnie se retrouva devant la grande porte de bois, fermé par une planche qu'il fallait soulever.
Et aucune nains n'eut l'idée de soulever la dite planche, tous s'énervant sur la porte.
« Vous n'êtes pas capables d'ouvrir une porte ou quoi ?! » s'énerva Alnia en poussant les autres pour se retrouver devant la porte
Elle commença à soulever la planche mais celle-ci était bien trop lourde, et elle pouvait entendre l'animal se rapprocher dangereusement.
Quelqu'un l'écarta alors et Dwalin et Thorin prirent sa place et ouvrirent la porte. Tous les nains s'engouffrèrent vivement dans la grande maison avant de refermer la porte de justesse sur le museau noir de l'ours. Après ça, les nains restèrent sans bouger, essoufflés et leur cœur tambourinant comme jamais.
« C'était quoi ça ? » demanda Bofur
« Ca, c'était notre hôte » répondit Gandalf comme si c'était quelque chose de normal
« Je vous demande pardon ? » fit Alnia « Vous voulez parler de ce monstre qui était à deux doigts de nous prendre comme diner ? »
« Exactement » affirma le magicien « C'est un changeur de peau. Son nom est Beorn. Parfois c'est un grand ours noir, parfois un homme grand et fort. Si l'ours est imprévisible, l'homme peut entendre raison. Cependant, c'est quelqu'un qui n'aime pas beaucoup les nains »
« Et vous n'avez pas eu le bon sens de nous en avertir »
grogna Alnia « Vous nous amenez dans une maison qui s'avère appartenir à un homme qui se transforme en ours et qui déteste les nains. Je ne sais pas si vous l'avez remarqué, mais la plupart des personnes présentes ici sont des nains »
« Vous n'avez pas à vous inquiéter, je saurai comment lui parler »
« Il s'éloigne » annonça Ori collé à la porte
« Eloigne-toi de là ! » gronda Dori en tirant son jeune cousin « Ce n'est pas naturel, il doit être soumis à un maléfice »
« Ne dîtes pas de bêtises, il n'est soumis qu'à son propre enchantement » lui dit Gandalf
« Et donc vous proposez quoi ? Que l'on reste sagement ici jusqu'à ce qu'il revienne tous nous tuer un par un ? » railla Alnia
« Je ne vous aurais pas amené ici si je n'étais pas absolument sûr d'être en mesure de le convaincre » lança le magicien d'une voix sévère « Maintenant allez-vous reposer, vous tous. Vous ne craignez rien ici cette nuit »
Alnia se détourna du magicien, que peu rassurée par ses paroles. La maison était absolument gigantesque. Même pour un humain, la table était haute. Alnia suivit les autres dans l'étable au fond, où du foin était déposé au sol avant de s'y allonger aux côtés de Kili. Bien que l'idée de s'endormir dans une maison appartenant à quelqu'un d'apparemment assez dangereux ne l'enchantait pas, elle s'endormit rapidement, toujours quelque peu inquiète de ce qu'il se passerait le lendemain et surtout de leur rencontre prochaine avec leur 'hôte'.
Alors, comment va se passer la rencontre avec Beorn? ;)
Ce chapitre est un peu plus court que les précédents, mais je vais m'améliorer pour les prochains. Je ne peux pas vous donner une date de publication, reprenant les cours la semaine prochaine.
Au passage, la petite chanson vient de la série Poldark (avec Aidan Turner *.*), chanté par le personnage Demelza, série que je vous conseille, au même titre qu'une nouvelle adaptation du livre Les Dix petits nègres (encore avec Aidan Turner) (merci aliena de m'en avoir parlé ;) )
Je vous laisse. N'oubliez pas la petite review et à la prochaine! ;)
